Spots radio sur la fertilité des sols
Notes au radiodiffuseur
La santé des sols est un enjeu particulièrement urgent pour l’Afrique. Les sols tropicaux ont tendance à se dégrader rapidement. Dans de nombreuses régions, les terres agricoles de bonne qualité sont rares et les sols sont fortement appauvris en nutriments. Une récente étude a montré que la fertilité des sols pouvait avoir un impact plus important sur la récolte de maïs que les variations de température, de précipitations ou de CO₂.
Or, les sols africains sont souvent pauvres en nutriments dès le départ. Si l’on ajoute à cela les effets combinés de périodes de jachère trop courtes, d’une culture continue, de l’agriculture sur brûlis, d’un labour excessif et d’autres facteurs, les sols peuvent se dégrader ou s’appauvrir gravement. De plus, une utilisation excessive d’intrants tels que les engrais synthétiques et les herbicides peut laisser des résidus qui s’accumulent et entravent l’action des micro-organismes. L’accumulation de sel dans le sol, souvent associée à l’irrigation, peut réduire la fertilité et limiter les rendements agricoles.
Pour en savoir plus sur la santé des sols, consultez cette fiche d’information et ce série d’enjeux.
Il existe plusieurs stratégies permettant d’améliorer la fertilité des sols et de réduire leur dégradation. Ces techniques sont encouragées par l’agriculture de conservation ainsi que par les pratiques d’agriculture circulaire et régénérative. Elles comprennent notamment :
- l’utilisation d’engrais et de fumier composté ;
- les cultures associées et la rotation des cultures ;
- les cultures de couverture et le paillage ;
- le travail minimal du sol.
Pour découvrir d’autres spots radio sur des thèmes similaires, consultez cette série consacrée à l’agroécologie et cette autre sur l’agriculture circulaire et régénérative.
Utilisez ces spots radio pour mettre en avant des informations clés sur la santé des sols ou rappeler aux agriculteurs et agricultrices les pratiques essentielles pour améliorer la fertilité l’agriculture circulaire et régénérative.
Utilisez ces spots radio pour mettre en avant des informations clés sur la santé des sols ou rappeler aux agriculteurs et agricultrices les pratiques essentielles pour améliorer la fertilité de leurs terres. Adaptez les pour qu’ils soient pertinents pour les habitants et habitantes de votre région et qu’ils apportent de bons conseils à vos auditeurs et auditrices. Enregistrez les avec les animateurs/animatrices de votre station ou des comédiens/comédiennes de doublage, en ajoutant de la musique ou des effets sonores pour les rendre accrocheurs, percutants et mémorables. Diffusez les spots radio lors de n’importe quelle émission liée à l’agriculture, ou même dans n’importe quelle émission de votre station.
Texte
Spot n° 1 : La santé des sols
Un signe de bonne santé du sol, c’est qu’il grouille d’organismes : vers de terre, termites, etc. Des champignons et des bactéries y vivent également.
Vérifiez si votre sol est sain et fertile. Observez-le. Voyez-vous des organismes à l’intérieur ?
Utilisez un kit d’analyse de sol ou un scanner pour une analyse plus précise. Vous pouvez également prendre une poignée de terre pour une analyse simple. Cela ressemble-t-il à un gâteau au chocolat ? Pressez votre poignée de terre. Un sol de bonne qualité restera légèrement compact, mais s’effritera facilement. S’il forme une motte dure ou s’effrite comme de la poussière, il a peut-être besoin de plus de matière organique.
Si votre sol a besoin d’un coup de pouce, essayez d’ajouter du fumier composté, d’utiliser du paillis et de limiter le travail du sol.
N’oubliez pas : lorsque vous prenez soin de votre sol, il prend soin de vous. Protégez votre sol aujourd’hui pour des récoltes plus abondantes demain.
Spot n° 2 : La santé du sol
Investissez dans votre sol en reconstituant sa matière organique, afin qu’il puisse retenir davantage d’eau et continuer à produire de la nourriture. Utilisez du paillis, des engrais verts et cultivez des légumineuses pour augmenter la teneur en azote et autres nutriments de votre sol. Apportez du fumier ou du compost pour redonner des nutriments au sol.
N’oubliez pas que vos déchets organiques ne sont pas de simples déchets. Vous pouvez les transformer en richesse, améliorer la santé de votre sol et obtenir des récoltes plus abondantes.
Spot n° 3 : Un sol sain
La présence d’organismes vivants tels que les vers de terre, les termites, les champignons et les bactéries est un bon indicateur de la santé du sol. Ces auxiliaires microscopiques favorisent la santé du sol et la croissance des plantes.
Que pouvez-vous faire pour vous assurer que ces nutriments et ces organismes soient présents dans votre sol ? Utilisez du fumier composté, issu de la décomposition de feuilles, de restes alimentaires, de résidus de culture et de fumier animal, qui contiennent tous ces nutriments.
Ne brûlez pas vos déchets organiques. Creusez une fosse à compost, nourrissez votre sol et aidez vos cultures à pousser plus vigoureusement.
Spot n° 4 : Les arbres à engrais
Mais certains arbres offrent des avantages supplémentaires, car ils fixent l’azote au fur et à mesure de leur croissance ou de leur décomposition. Les arbres fertilisants ont des feuilles idéales pour le paillage et le compostage, et se décomposent rapidement. Voilà une raison supplémentaire de planter des arbres dans votre exploitation.
Pensez au calliandra, au leucaena, au gliricidia, au faidherbia albida et au grevillea robusta, des variétés qui fixent l’azote atmosphérique dans le sol que les plantes peuvent utiliser.
Vous pouvez également planter plusieurs de ces espèces en brise-vent pour empêcher l’eau de s’évaporer. Il s’agit notamment de la gliricidia, de la grevillea, du ziziphus et du cassia. Ces espèces peuvent également fournir du fourrage pour le bétail. Voici donc huit excellentes raisons de planter des arbres, en particulier des arbres fertilisants, dans votre exploitation agricole.
Pour plus d’informations : https://scripts.farmradio.fm/fr/texte-radiophonique/fiche-documentaire-les-feux-allumes-deliberement-pour-lagriculture-leurs-impacts-et-les-alternatives/
Spot n° 5 : La structure du sol
Il faut également pratiquer le semis direct ou l’agriculture de conservation. Il faut perturber le sol le moins possible, uniquement là où les graines seront semées. Nous utilisons une houe pour creuser une fosse de plantation, mais on peut aussi utiliser un rippeur tiré par un bœuf.
C’est une méthode à essayer, car les pratiques traditionnelles appauvrissent notre sol.
Le travail minimal du sol peut améliorer sa structure et sa fertilité au fil des années. Il peut également augmenter le niveau d’humidité du sol.
Pour en savoir plus : https://scripts.farmradio.fm/fr/texte-radiophonique/fiche-documentaire-agriculture-de-conservation/
Spot n° 6 : La texture du sol
Celui-ci est court, d’environ 1 pouce, ce qui indique un sol limoneux ou sileux, c’est-à-dire un bon mélange d’air, d’eau et de nutriments pour la culture des plantes. C’est exactement ce que je recherchais.
S’il s’agissait d’un ruban de plus de 2 pouces, cela indiquerait une forte teneur en argile, qui est collante lorsqu’elle est humide et a tendance à se tasser fortement.
Spot n° 7 : Préparation du sol
Si votre champ est en pente et vallonné, labourez en travers de la pente ou en suivant les courbes de niveau, en créant des terrasses. Cela réduira l’érosion lors des fortes pluies. L’eau qui s’écoule prendra moins de vitesse et emportera moins de terre. Vous pouvez également construire des digues en terre ou en pierres pour ralentir le ruissellement de l’eau.
Si votre sol se compacte facilement, évitez d’utiliser des machines lourdes, comme des tracteurs. Cela ne ferait qu’empirer la situation, car le sol serait encore plus compacté, ce qui empêcherait l’eau de pluie de s’infiltrer. Incorporez de la matière organique pour ameublir le sol.
Pour les sols légers, recourez à des pratiques d’agriculture de conservation, comme le travail minimal ou l’absence de labour à la place du labour classique. En effet, les sols légers peuvent être facilement emportés par l’eau après le labour. L’ajout de matière organique peut également contribuer à améliorer les sols légers.
Ne construisez pas de buttes lors de la préparation du sol, sauf si sa profondeur est supérieure à 7,5 centimètres. Les buttes ne donnent pas non plus de bons résultats dans les sols noirs profonds, car ils se drainent mal et rendent la butte instable.
Lorsque le sol est mal préparé, les agriculteurs risquent de semer de manière irrégulière, ce qui entraîne de faibles rendements. Il est donc important de bien connaître votre type de sol et de préparer soigneusement votre terrain pour obtenir de meilleures récoltes.
Spot n° 8 : Le paillage
Premièrement : le paillis nourrit le sol à mesure qu’il se décompose. Il nourrit les vers de terre et d’autres organismes vivants, qui contribuent à ameublir le sol en se déplaçant.
Deuxièmement : le paillis limite la croissance des mauvaises herbes en ne leur laissant pas d’espace pour pousser. Les mauvaises herbes qui parviennent malgré tout à percer – comme le chiendent, le liseron ou l’oseille des champs – seront plus faciles à arracher.
Troisièmement : le paillis recouvre le sol, ce qui réduit l’évaporation et permet de retenir davantage d’humidité.
Essayez le paillage. Utilisez les résidus de culture et les déchets d’élagage des arbres et arbustes pour recouvrir votre sol. Mieux encore, utilisez des plantes riches en azote, comme la calliandra, le leucaena, la gliricidia, le grevillea robusta ou le cassia.
Évitez toutefois de pailler avec de la striga, du chiendent ou des mauvaises herbes ayant fleuri, car elles peuvent nuire à la croissance de vos cultures.
Pour plus d’informations sur les sources de paillis, consultez le site : https://scripts.farmradio.fm/fr/texte-radiophonique/fiche-documentaire-utiliser-la-couverture-permanente-du-sol-en-agriculture-de-conservation/
Spot n° 9 : le compost bokashi
Commencez par rassembler les ingrédients suivants : 5 kg de poussière de charbon de bois, 5 kg de cendres, 10 L de mélasse, 1 kg de levure, 100 L d’eau, 50 kg de son de blé, de riz ou de maïs, 150 kg de déchets animaux (environ 3 brouettes), 3 brouettes de terre végétale ou de terre forestière, 5 kg de poussière de roche et 300 kg de matière sèche, comme de la paille. Assurez-vous de disposer d’un tamis d’un centimètre.
Étape 2 : Mélangez 1 litre de mélasse avec 100 grammes de levure et 10 litres d’eau. Remuez. À part, mélangez les 5 kg de poussière de charbon de bois avec les 5 kg de cendres.
Il est maintenant temps de former des couches. Commencez par une couche de déchets animaux, puis ajoutez un peu du mélange de mélasse et de levure. Ajoutez ce mélange entre chaque couche. Ajoutez ensuite une couche de paille ou d’une autre matière sèche, puis un peu plus de mélange à la mélasse. Ajoutez ensuite de la terre végétale, le mélange de poussière de charbon de bois et de cendres, de la poussière de roche, ainsi que du blé ou du son, en ajoutant le mélange de mélasse entre chaque couche. Continuez à superposer les couches jusqu’à ce que tous les matériaux soient utilisés.
Retournez le mélange deux fois par jour pour bien le mélanger. Étalez-le et abaissez la hauteur du tas au fur et à mesure. Le mélange va naturellement chauffer, donc le fait de le mélanger et de l’étaler contribuera à le refroidir. Il est idéal de préparer le compost sous un abri.
Au bout d’un mois, le compost bokashi sera refroidi et prêt à l’emploi. Étalez-le pour le faire sécher à l’ombre. Une fois sec, tamisez-le, mettez-le en paquets et conservez-le dans un endroit frais et sec jusqu’à ce que vous l’utilisiez comme engrais de plantation ou d’apport de surface.
Pour plus d’informations, consultez la vidéo suivante : https://www.youtube.com/watch?v=JFDPFSo3AjQ
Spot n° 10 : Fumier composté
Avec un peu de temps, ces déchets organiques se décomposeront en fumier composté qui enrichira votre sol. Ne gaspillez pas ce potentiel. Transformez vos déchets végétaux et animaux en richesse.
Commencez par rassembler des feuilles sèches et vertes, des tiges de cultures, des cendres, de la terre, de l’eau et un long bâton.
Coupez ensuite les feuilles sèches en petits morceaux.
Troisièmement, creusez un trou de 1,5 m de long, 1,5 m de large et de 25 à 50 cm de profondeur. Vous pouvez également construire un tas de compost en surface et utiliser des tuteurs ou du grillage pour lui donner une forme, puis le recouvrir d’une bâche en polyéthylène noir. Ne recouvrez pas le tas trop hermétiquement ; contentez-vous de le maintenir à l’ombre.
Quatrièmement, disposez des tiges de cultures d’une épaisseur de 15 à 25 cm au fond de la fosse et aspergez-les d’eau.
Ajoutez ensuite une couche de feuilles sèches, puis une autre couche de feuilles vertes.
Répartissez ensuite de la cendre sur les feuilles.
Septième étape : ajoutez une couche de terre d’environ cinq à dix kilogrammes. Veillez à asperger chaque couche d’un peu d’eau.
Répétez l’opération en ajoutant des couches de la même manière jusqu’à ce que le tas atteigne une hauteur d’un mètre et demi, puis laissez-le se décomposer.
Au bout de deux jours, vérifiez la température du tas en enfonçant un long bâton au milieu. Si le bâton est encore chaud, le compostage se déroule correctement. S’il n’est pas chaud, arrosez davantage.
Votre compost sera prêt à l’emploi dans trois à sept semaines, lorsque les matières se seront décomposées. Vous pourrez alors l’incorporer à votre terre végétale, dans les trous de plantation ou à la base des plantes.
Pour plus d’informations : https://scripts.farmradio.fm/fr/texte-radiophonique/fiche-documentaire-engrais-bios/
Spot n° 11 : Alternatives aux feux agricoles
De plus, lorsque vous brûlez votre champ, vous risquez de perdre davantage de terre en cas de pluie.
Nous plantons également des gliricidias qui fixent l’azote dans le sol, font de l’ombre à nos cultures et contribuent à empêcher l’érosion du sol.
Un sol sain permet également de réduire l’impact des ravageurs et des maladies des plantes. Essayez ces alternatives au brûlage de vos champs.
Pour plus d’informations : https://scripts.farmradio.fm/fr/texte-radiophonique/fiche-documentaire-les-feux-allumes-deliberement-pour-lagriculture-leurs-impacts-et-les-alternatives/
Spot n° 12 : Pas de brûlage
Brûler les résidus de culture n’apporte qu’un bénéfice à court terme, limité à une seule saison. De nombreux nutriments essentiels, comme l’azote et le soufre, sont en effet libérés dans l’air lorsque les champs sont brûlés. De plus, le brûlage rend le sol vulnérable à l’érosion hydrique et à l’érosion éolienne, qui emportent les cendres ainsi que tous les bienfaits potentiels pour la culture.
Il est préférable d’incorporer les résidus de culture dans le sol. Appliquez du paillis et de l’engrais vert qui se décomposeront et enrichiront le sol en nutriments. Certes, cela peut demander plus de travail, notamment pour lutter contre les ravageurs, les maladies des plantes et les mauvaises herbes. Mais les avantages à long terme en valent la peine. Un sol sain aujourd’hui garantit des cultures plus résistantes à l’avenir.
Acknowledgements
Rédigé par : Kathryn Burnham, responsable des ressources radio, Farm Radio International
Révisé par : Jackson Ssonko, agent agricole de district, district de Mukono, et référent du pôle « Green Leaf Platform ».
Cette ressource est financée par la Fondation IKEA dans le cadre du projet « Plateformes de communication pour un dialogue durable et le partage des connaissances ».
