Notes au radiodiffuseur
Ce dossier aborde quatre stratégies permettant d’améliorer la fertilité des sols, dont il est question dans le présent article :
- L’utilisation d’engrais et de fumier composté ;
- Les cultures intercalaires et la rotation des cultures ;
- Les cultures de couverture et le paillage ;
- Le travail minimal du sol.
Compte tenu de l’importance de ce sujet et du nombre de pratiques pouvant être abordées, vous souhaiterez peut-être consacrer plusieurs épisodes à ce thème ou vous concentrer sur les pratiques les mieux adaptées à votre région.
Ce dossier propose quelques spots radio que vous pouvez intégrer à votre émission pour diffuser des informations essentielles. Vous pouvez également rédiger vos propres spots en vous inspirant des pratiques que vous aborderez dans l’émission ou créer un spot scénarisé relatant l’expérience d’agriculteurs et d’agricultrices.
Nous vous encourageons à intégrer le témoignage d’agriculteurs et d’agricultrices, y compris de femmes qui privilégient certaines pratiques pour améliorer la fertilité des sols ou en tirer des avantages différents. Vous pouvez aborder ce sujet à travers des interviews, des reportages et/ou des micros-trottoirs et une rubrique de prise d’appels.
Les informations clés ci-dessous fournissent des détails sur diverses pratiques visant à améliorer la fertilité des sols. N’hésitez pas à suivre les liens pour obtenir davantage d’informations sur une pratique en particulier.
Texte
Informations clés
La préservation de la santé des sols représente un impératif particulièrement pressant pour le continent africain. Les sols tropicaux ont tendance à se dégrader rapidement en raison des activités humaines. Dans de nombreuses régions, les terres agricoles de bonne qualité sont limitées et le taux d’appauvrissement en nutriments des sols est élevé. Une récente étude a révélé que la fertilité des sols pouvait avoir un impact plus significatif sur la récolte de maïs que les variations de température, de précipitations ou de dioxyde de carbone (CO₂). (1)
Or, les sols africains sont souvent pauvres en nutriments dès le départ. Si l’on ajoute à cela les effets combinés de périodes de jachère trop courtes, d’une culture continue, de l’agriculture sur brûlis, d’un labour excessif et d’autres facteurs, les sols peuvent se dégrader ou s’appauvrir gravement. De plus, une utilisation excessive d’intrants tels que les engrais synthétiques et les herbicides peut laisser des résidus qui s’accumulent et entravent l’action des micro-organismes. L’accumulation de sel dans le sol, souvent associée à l’irrigation, peut réduire la fertilité et limiter les rendements agricoles.
Un sol fertile présente les propriétés suivantes :
- Il est riche en nutriments indispensables à la nutrition des plantes, notamment l’azote, le phosphore et le potassium (N-P-K).
- Il contient des oligo-éléments, qui sont également essentiels à la nutrition des plantes, mais dont les besoins sont bien moindres. On peut citer notamment le bore, le cobalt, le cuivre, le fer etc.
- Il contient une bonne teneur en matière organique, ce qui améliore la structure du sol et sa capacité à retenir l’eau.
- Le pH du sol est équilibré.
- Il présente également une bonne structure, ce qui lui permet de bien retenir l’eau et de bien se drainer.
- Il abrite toute une gamme de macro-organismes (vers de terre, termites, etc.) et de micro-organismes (champignons, bactéries, etc.) qui favorisent la croissance et la santé des plantes.
En savoir plus sur la santé des sols.
Vous pouvez en savoir plus concernant les propriétés de votre sol à partir d’un test ou d’une analyse de sol, qui peuvent vous indiquer les cultures et les pratiques de préparation du sol recommandées en fonction de l’état du sol. Cependant, le test de la poignée de terre peut vous fournir certains renseignements élémentaires.
- Prélever une petite poignée de terre, et retirer les pierres, les racines ou les tiges. Mélangez celle-ci tranquillement avec quelques gouttes d’eau pour former de l’argile humide ou de la boue. Formez une boule de la taille d’un noyau d’avocat.
- Pressez délicatement la boule entre le pouce et l’index. Laissez une mince bandelette plate de boue couler le long de votre doigt.
- Si la bandelette est friable et courte, cela indique une forte teneur en sable, ce qui signifie que l’eau et les éléments nutritifs s’écoulent rapidement. Si la bandelette est courte, d’environ 1 pouce, cela indique un sol limoneux ou silteux, qui offre un bon mélange d’air, d’eau et de nutriments pour la croissance des plantes. Une bandelette de plus de deux pouces indique une forte teneur en argile.
Un sol sablonneux nécessitera davantage de matière organique provenant d’un fumier de compost, ainsi qu’un arrosage léger et régulier, par exemple au moyen d’un système d’irrigation goutte à goutte. L’utilisation de demi-lunes ou de fosses « zaï » peut également contribuer à retenir l’eau et d’autres éléments nutritifs dans le sol s’il est sablonneux.
Vous pouvez également effectuer un test de percolation pour savoir à quelle vitesse l’eau s’infiltre dans votre sol. Un mauvais drainage peut être causé par un sol fortement compacté, un mauvais nivellement ou des sols argileux lourds.
- Creusez un trou de plus de 12 po (30 cm ou plus) de profondeur et de 4 à 12 po (10 à 30 cm) de largeur. Remplissez le trou d’eau et laissez-la s’infiltrer pour bien saturer le sol.
- Une fois l’eau drainée, rebouchez le trou. Mesurez la profondeur à laquelle l’eau s’est infiltrée.
- Au bout de 15 minutes, mesurez à nouveau le niveau d’eau pour voir de combien il a baissé. Multipliez cette baisse par quatre pour calculer le débit de drainage horaire. Vous pouvez également mesurer la profondeur du trou après une heure pour savoir de combien le niveau a baissé.
- L’idéal est que l’eau s’écoule à un rythme d’environ 1 à 3 pouces (2 à 9 centimètres) par heure. Cela indique un sol limoneux. Les sols qui s’égouttent plus lentement, soit moins d’un pouce (2 centimètres) par heure, ont un mauvais drainage et indiquent une forte teneur en argile. Un sol qui s’égoutte plus rapidement est sablonneux.
L’incorporation de fumier de compost peut favoriser le drainage, tout comme le fait de mettre le terrain en pente ou de creuser des tranchées peu profondes pour recueillir l’eau.
Il existe plusieurs stratégies pour améliorer la fertilité du sol et réduire sa dégradation. Ces techniques sont encouragées par l’agriculture de conservation et les pratiques d’agriculture circulaire et régénérative. Elles comprennent notamment :
- L’utilisation d’engrais et de fumier composté ;
- Les cultures associées et la rotation des cultures ;
- Les cultures de couverture et le paillage ;
- Un travail minimal du sol.
Les engrais et le compost
Les engrais sont des substances organiques ou minérales qui augmentent l’apport en nutriments dans le sol, favorisant ainsi directement la croissance des plantes. Ils sont épandus sur les champs cultivés afin d’accroître la productivité. Ils contiennent un, deux ou plusieurs des nutriments minéraux essentiels dont les plantes ont besoin, notamment les nutriments majeurs que sont l’azote, le potassium et le phosphore. Pour garantir une production agricole accrue tout en minimisant les effets négatifs de leur utilisation sur l’environnement, ils doivent être utilisés de manière appropriée. L’une des façons d’y parvenir consiste à utiliser les engrais de manière efficace et rationnelle. L’approche des 4R pour l’épandage d’engrais (gestion responsable des nutriments selon les 4R) repose sur quatre principes essentiels : la bonne source, la bonne dose, le bon moment et le bon endroit. Pour en savoir plus.
Les engrais organiques sont issus de déchets d’origine naturelle, tels que les résidus de culture et le fumier animal. Ils libèrent progressivement dans le sol des éléments tels que l’azote, le phosphore et le potassium grâce à l’action des micro-organismes du sol. Cela permet d’éviter que les plantes ne subissent des effets trop rapides qui pourraient compromettre leur développement. Les engrais organiques sont moins nocifs pour le sol et les plantes que les engrais chimiques.
Plusieurs techniques de fabrication de compost sont abordées dans cette fiche documentaire. L’une des techniques les plus courantes est le compostage en fosse. Voici les étapes de cette technique :
- Creusez une fosse d’environ trois mètres de large et d’un mètre de profondeur. La fosse doit de préférence être située dans à ombre, à l’abri du soleil direct et des infiltrations d’eau.
- Stabilisez les parois en les recouvrant de ciment et de pierres ; prévoyez un rebord d’environ 20 centimètres.
- Ajoutez dans la fosse des résidus de culture hachés ou broyés, sur une épaisseur d’environ 20 centimètres. Arrosez jusqu’à ce que le tout soit humide.
- Recouvrez cette couche de cendres, puis d’une couche de fumier d’environ 10 centimètres d’épaisseur. Arrosez généreusement et recouvrez de cendres.
- Alternez des couches de paille ou de résidus de culture, de cendres et de fumier, puis à nouveau de cendres jusqu’à atteindre le bord de la fosse. Arrosez uniformément pour maintenir le compost humide.
- Retournez le contenu de la fosse chaque semaine pour accélérer la minéralisation et la décomposition. Le compost sera prêt au bout de 40 à 50 jours.
Vous pouvez également construire un tas de compost en surface, l’entourer de tuteurs ou de grillage pour lui donner une forme, puis le recouvrir d’une bâche en polyéthylène noire.
Cette technique peut demander beaucoup de travail lors du retournement, en particulier lorsqu’il est effectué pour la première fois.
Il peut être particulièrement bénéfique d’ajouter des résidus organiques riches en azote au compost. Les agriculteurs et agricultrices peuvent sélectionner des feuilles vert foncé, qui sont généralement plus riches en azote que les feuilles jaunes. Les feuilles vert foncé, qui se déchirent facilement et sont pauvres en lignine. Ces feuilles, qui sont pauvres en lignine et sans goût astringent (amer, dû aux polyphénols), constituent le meilleur engrais et peuvent être incorporées directement aux cultures annuelles. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Cultures associées et rotation des cultures
Certaines cultures peuvent pousser ensemble dans le même champ sans se gêner mutuellement (on parle alors de culture associée), tandis que d’autres favorisent la croissance les unes des autres. Le maïs et les haricots favorisent mutuellement leur croissance (on parle alors de mutualisme) : les haricots produisent de l’azote que le maïs consomme. Les hautes tiges de maïs protègent les haricots, tandis que les légumineuses à racines profondes, comme le pois cajan, peuvent percer les couches imperméables, aidant ainsi les racines du maïs à pénétrer plus profondément dans le sol.
Les agriculteurs et agricultrices peuvent également alterner les cultures sur une même parcelle, une pratique appelée « rotation des cultures ». La culture d’une seule espèce saison après saison sur une même parcelle s’appelle la « monoculture » ; celle-ci peut accroître l’incidence des ravageurs et des maladies, et appauvrir le sol.
L’une des principales raisons de pratiquer la rotation des cultures est que les « cultures extractives », telles que le maïs, le sorgho et le millet, puisent davantage de nutriments dans le sol que les autres. De même, le manioc n’apporte pas grand-chose au sol, si ce n’est qu’il contribue à l’ameublir, ce qui favorise son aération. Cultiver ces plantes sur la même parcelle année après année peut sérieusement appauvrir le sol en nutriments et réduire les rendements. D’autres cultures prélèvent très peu de nutriments dans le sol, mais y en apportent. On les appelle les « cultures donneuses ». Les légumineuses, telles que les arachides, les niébés, les pois chiches, le lablab et le soja entrent dans cette catégorie. Lors de la rotation des cultures, il est conseillé d’alterner entre les « cultures donneuses » et les « cultures preneuses ». Pour en savoir plus, consultez notre fiche documentaire sur l’agriculture de conservation.
Cultures de couverture et paillis
Couvrir le sol permet de limiter la croissance des mauvaises herbes et de réduire l’érosion de la couche supérieure de sol fertile. Cela permet également de préserver l’humidité du sol, en particulier dans les régions arides. Les cultures de couverture et le paillis permettent de maintenir la couverture du sol. Pour lutter contre l’érosion, les agriculteurs et agricultrices doivent maintenir une couverture du sol de 30 % après la récolte.
Ils peuvent notamment planter des cultures vivrières ou commerciales. L’utilisation de cultures de couverture légumineuses, telles que le mucuna, le chanvre solaire ou le haricot lablab, permet de réduire l’utilisation d’engrais chimiques de 60 à 80 % sans diminuer les rendements.
Les agriculteurs et agricultrices doivent veiller à choisir une culture de couverture qui n’entrave pas la croissance de la culture principale. Celles-ci peuvent être cultivées en association pour pousser en même temps que la culture principale. La culture de couverture peut également être plantée lors du désherbage de la culture principale ou après sa récolte (culture relais, culture séquentielle).
Le paillage consiste à recouvrir le sol avec les résidus des cultures principales et des cultures de couverture. Dans les zones arides, le paillis recouvre le sol nu pendant les saisons sèches et crée un environnement humide propice à la plantation de cultures de couverture. Il est préférable d’utiliser des arbustes ou des arbres légumineux comme paillis, tels que le calliandra, le leucaena, le tephrosia, le crotalaria, le sesbania, le gliricidia ou le tithonia, car ils enrichissent le sol en azote tout en le recouvrant. Toutefois, les résidus de cultures légumineuses se décomposent rapidement lorsqu’ils sont utilisés comme paillis, car ils apportent des nutriments au sol. Pour prolonger la durée de vie du paillis à base de légumineuses, il est conseillé de le mélanger à des espèces herbacées. Les haies vives, qui font office de brise-vent, peuvent également être taillées pour servir de paillis et de fourrage pour le bétail. Pour en savoir plus, consultez notre fiche d’information sur l’utilisation d’une couverture végétale permanente.
Travail minimal du sol
Traditionnellement, les petit(e)s agriculteurs et agricultrices labourent l’ensemble du champ pour le maintenir propre et forment parfois des billons de semis. Le travail minimal du sol consiste, en revanche, à ne remuer la terre qu’aux endroits où les graines seront semées. Le reste du champ est laissé intact. Cela protège le sol des intempéries, notamment des fortes pluies.
Les agriculteurs et agricultrices peuvent mettre en œuvre le labour minimal à l’aide d’une houe ou d’outils tirés par des bœufs, tels que des décompacteurs. Ceux qui utilisent une houe creusent des fosses de plantation en rangées bien espacées, en veillant à percer la couche dure. Ceux qui utilisent des bœufs ont souvent recours au décompacteur Magoye, un outil à dents robustes qui peut être monté sur n’importe quel châssis de charrue ordinaire pour tracer des sillons en profondeur sous la couche dure.
Briser cette couche permet à l’eau de pluie de s’infiltrer dans le sol au lieu de s’écouler en surface. Les cultures peuvent alors étendre leurs racines au-delà de cette couche, suivre l’humidité plus en profondeur dans le sol et survivre aux périodes de sécheresse habituelles.
Le travail minimal du sol peut améliorer la structure et la fertilité du sol au fil des années. Il peut également augmenter le niveau d’humidité dans le sol. Découvrez-en davantage sur ces pratiques et d’autres pratiques d’agriculture de conservation.
Considérations relatives à l’égalité des genres et à l’inclusion
Lorsqu’on aborde l’agriculture en général, il est important de prendre en compte la division du travail entre les sexes, le contrôle des ressources et des actifs (y compris des revenus), le pouvoir de décision, l’emploi du temps, le travail de soin non rémunéré, ainsi que la place des femmes et des hommes dans la chaîne de valeur. En ce qui concerne la fertilité des sols, il est important de prendre en compte l’accès à la terre et le contrôle de celle-ci. Les femmes cultivent souvent des terres de moins bonne qualité, car ce sont les seules auxquelles elles ont accès. Elles disposent donc d’une fertilité des sols moindre.
Les femmes et les hommes peuvent également privilégier des cultures différentes pour la culture intercalaire ou les cultures de couverture. En Tanzanie, les agricultrices privilégient les cultures de couverture qui limitent la prolifération des mauvaises herbes, tandis que les agriculteurs optent pour celles qui leur permettent de générer des revenus supplémentaires grâce à la vente sur les marchés. En général, ce sont les femmes qui sont chargées du désherbage ; les cultures de couverture peuvent donc alléger leur charge de travail. Les femmes peuvent souhaiter pratiquer la culture intercalaire afin de diversifier l’alimentation de leur foyer. Cependant, elles peuvent ne pas avoir accès aux intrants nécessaires, comme les semences, pour mettre en œuvre cette pratique.
Certains outils agricoles ne sont pas adaptés à leur morphologie. La houe « chaka », par exemple, pèse entre 4 et 5 kilogrammes et le labour nécessite l’utilisation de bœufs.
La production de certains types d’engrais organiques requiert beaucoup de main-d’œuvre, de temps et de force. Cela peut s’avérer difficile pour les femmes, en particulier pour les mères de jeunes enfants qui sont très occupées. Le compostage peut toutefois être facilité en répartissant le travail entre plusieurs personnes. Au cours du processus de compostage, seules les premières étapes (le retournement du tas) sont difficiles. Après plusieurs semaines, la matière organique devient molle et facile à retourner.
Spots radio
1) Pratiques favorisant la fertilité des sols
NARRATEUR:Agriculteurs et agricultrices ! Si vos cultures souffrent parce que le sol a perdu sa fertilité, ne vous inquiétez pas. Vous pouvez régénérer votre sol et augmenter vos récoltes grâce à de simples pratiques agricoles régénératrices.
Avant le début de la saison des semis, éliminez manuellement les mauvaises herbes à l’aide d’une machette. Utilisez ensuite une houe ou une machette pour creuser des trous destinés à accueillir les graines ou les plants, afin de limiter le remuement du sol.
Au fur et à mesure que les cultures poussent, pulvérisez des biopesticides naturels pour éliminer les ravageurs et les maladies. N’utilisez des pesticides chimiques que pour éliminer les ravageurs et les maladies.
Le paillis, le compost et le fumier peuvent améliorer la fertilité du sol et le maintenir humide. Après la récolte, pratiquez la rotation des cultures en plantant des espèces différentes et non apparentées. Par exemple, si vous cultivez du maïs une saison, plantez des légumineuses comme des haricots la saison suivante. Cela améliore la santé du sol et permet de prévenir les ravageurs et les maladies.
Plantez des arbres fourragers tels que le calliandra, le faidherbia albida, le leucaena et le gliricidia et différentes espèces de ficus, en rangées espacées de 10 mètres. Ces arbres peuvent servir à nourrir votre bétail, mais ils contribuent également à fertiliser le sol, à fournir de l’ombre aux cultures et à limiter l’érosion.
2) Culture en bandes
NARRATEUR:Agriculteurs et agricultrices ! La culture en bandes consiste à planter différentes familles de plantes sur des parcelles de terre divisées en bandes proches les unes des autres. Par exemple, on peut cultiver des arachides avec des hibiscus. Les bandes de culture sont modifiées à chaque saison afin de pratiquer la rotation des cultures.
Il est important de ne pas cultiver des plantes de la même famille lors de la culture en bandes, car cela peut favoriser la prolifération des ravageurs et des maladies.
Voyons maintenant quelques-uns des avantages de cette technique.
Elle améliore la fertilité du sol et limite la croissance des mauvaises herbes..
La culture en bandes perturbe les déplacements et le cycle de vie des ravageurs dans une exploitation agricole.
Dans les systèmes de culture en bandes, les ravageurs et les maladies se propagent plus lentement, car les différentes variétés de cultures séparent leurs plantes hôtes.
La culture de différentes plantes en bandes permet aussi d’éviter l’apparition de maladies du sol.
3) Fabrication de fumier composté
NARRATEUR:Agriculteurs et agricultrices ! Pour cultiver des aliments sains tout en préservant l’environnement, utilisez du fumier composté ou tout autre type de fumier. Le fumier de bétail est de meilleure qualité lorsque leur alimentation comprend des résidus de cultures de légumineuses, comme les haricots, ainsi que des pois, tels que le niébé ou le pois cajan. Voici sept étapes pour fabriquer du fumier composté :
Tout d’abord, rassemblez des feuilles sèches et vertes, des tiges de cultures, des cendres, de la terre, de l’eau et un long bâton.
Ensuite, coupez les feuilles sèches en petits morceaux.
Troisièmement, creusez un trou de 1,5 mètre de long, de 1,5 mètre de large et de 25 à 50 centimètres de profondeur. Vous pouvez également construire un tas de compost en surface et utiliser des tuteurs ou du grillage pour lui donner une forme, puis le recouvrir d’une bâche en polyéthylène noire.
Quatrièmement, disposez des tiges de cultures d’une épaisseur de 15 à 25 centimètres au fond du trou et arrosez-les.
Cinquièmement, ajoutez une couche de feuilles sèches, puis une couche de feuilles vertes.
Sixièmement, répandez des cendres sur les feuilles.
Septièmement, ajoutez une couche de terre d’environ cinq à dix kilogrammes. Veillez à vaporiser un peu d’eau sur chaque couche.
Répétez l’opération en ajoutant des couches de la même manière jusqu’à ce que le tas atteigne une hauteur d’un mètre et demi de haut, puis laissez le tas se décomposer.
Deux jours plus tard, vérifiez la température du tas en enfonçant un long bâton au milieu. Si le bâton est chaud, le processus de compostage se déroule correctement. S’il n’est pas chaud, arrosez davantage.
Votre compost sera prêt dans trois à sept semaines, selon les types de matières utilisées et le temps nécessaire à leur décomposition.
Fabriquer du compost est facile. C’est un moyen d’augmenter vos rendements.
4) La culture associée
NARRATEUR:Agriculteurs et agricultrices, savez-vous que la culture associée, avec la bonne combinaison de différentes cultures, peut augmenter vos rendements ? Qu’est-ce que la culture associée ? Il s’agit de cultiver deux ou plusieurs cultures ensemble dans un même champ.
Les cultures associées sont parfois plantées très proches les unes des autres, et parfois en rangées.
Il arrive même que des cultures à croissance rapide et à croissance lente soient plantées ensemble. La culture à croissance rapide est récoltée en premier, tandis que la culture à croissance lente continue de mûrir.
Il est parfois possible de planter une deuxième culture après la récolte de la première.
La culture associée permet d’améliorer la santé des sols et la biodiversité de l’environnement. Elle attire des insectes utiles qui luttent contre les ravageurs et augmentent les rendements.
Pourquoi ne pas commencer par associer une culture à racines profondes à une culture à racines superficielles ? Ou une culture haute à une culture plus basse qui a besoin d’ombre ?
Agriculteurs et agricultrices ! Pratiquez la culture associée pour augmenter vos rendements et manger sainement.
5) Les cultures de couverture
NARRATEUR: Agriculteurs et agricultrices ! Savez-vous comment les cultures de couverture peuvent aider votre exploitation agricole ?
Elles garantissent que votre sol reste recouvert. Cela présente cinq avantages principaux.
Deuxièmement, les cultures de couverture légumineuses enrichissent le sol en azote, ce qui améliore les rendements.
Troisièmement, de nombreuses cultures de couverture poussent rapidement et peuvent arriver à maturité pendant la courte saison des pluies.
Quatrièmement, elles réduisent la prolifération des mauvaises herbes, ce qui diminue le besoin de désherbage et réduit les coûts de main-d’œuvre.
Enfin, certaines cultures de couverture peuvent servir de nourriture pour les humains et le bétail.
Les cultures de couverture peuvent vous être utiles !
Témoignages d’agriculteurs et d’agricultrices
Royd Michelo, dans la province de Lusaka, en Zambie, a pratiqué la culture intercalaire de maïs, de haricots et de citrouilles. En pleine sécheresse, son enclos était l’un des rares espaces verts au milieu d’une terre aride et stérile. En 2024, le village de Nkhondola a été durement touché par la sécheresse. Mais sur l’exploitation de M. Michelo, arbres et cultures prospéraient, et malgré la sécheresse, il s’attendait à une bonne récolte. Agriculteur depuis 40 ans, il et sa famille ont adopté l’agroécologie en utilisant du paillis et du fumier animal pour restaurer leurs terres.
En 2023, la ferme de Sadiq Ayo, située dans le nord de l’Ouganda, a été frappée par la sécheresse due au changement climatique. Pour y faire face, il plante du soja comme culture de couverture, afin de protéger le sol du soleil et d’apporter des nutriments lorsque les feuilles se décomposent. Le soja est une culture résistante à la sécheresse. Il cultive également des champs qui avaient été abandonnés depuis 50 ans car ils étaient trop humides.
Markos Chneshu, originaire d’Éthiopie, pratique l’agriculture de conservation pour améliorer la fertilité de ses sols, notamment grâce au paillage, à la rotation des cultures et aux cultures intercalaires. Lorsque nous l’avons rencontré en 2019, il était en train de couper des résidus de maïs et de pois cajan séchés pour les étaler ensuite sur son champ en guise de paillis. Le paillis recouvre le sol, réduisant ainsi l’évaporation de l’humidité. Les résidus de culture recouvrant le sol empêchent également la prolifération des mauvaises herbes. De plus, lorsqu’ils se décomposent, ces résidus apportent des nutriments et de la matière organique au sol, ce qui améliore sa structure. Lorsque le paillis est constitué d’une légumineuse, comme le pois cajan, il renforce la fertilité du sol.
Souleymane Diao cultive ses terres dans la région de la Casamance, au Sénégal. Pour améliorer ses récoltes, il fabrique un engrais organique à partir d’un mélange de paille, de bouse de vache et d’eau. Il ajoute une couche de paille et de bouse de vache, puis de l’eau, et piétine le tout jusqu’à ce que le mélange soit homogène et compact. Il répète l’opération jusqu’à ce que le tas de compost atteigne un mètre de haut, puis le recouvre d’une bâche. Un mois plus tard, l’engrais naturel est prêt à l’emploi. M. Diao pratique également le « pâturage zéro ». Il clôture un espace d’un hectare et y fait entrer huit à dix vaches chaque nuit. Les animaux mélangent leur fumier et leur urine à l’herbe au fur et à mesure de leurs déplacements. Au bout de plusieurs mois, l’espace est fertilisé et il y sème ses cultures.
Quelques idées de questions pour l’entretien
Demandez aux agriculteurs et agricultrices :
- Quelles méthodes utilisez-vous pour améliorer la fertilité de vos sols ?
- S’ils utilisent des engrais chimiques, demandez leur :
- Quels engrais trouvez-vous efficaces ?
- Rencontrez-vous des difficultés pour vous procurer ces engrais ?
- Quelles étapes suivez-vous pour épandre ces engrais ?
- Quelles mesures prenez-vous pour garantir votre sécurité ?
- Avez-vous déjà essayé des méthodes biologiques pour améliorer la fertilité du sol, et quels sont les résultats par rapport aux engrais chimiques ?
- Si vous fabriquez du fumier composté :
- Veuillez décrire les étapes de fabrication. >/li>
- Quand et comment utilisez-vous ce fumier sur vos champs ?
- Rencontrez-vous des difficultés ?
- Quelle est la taille de votre exploitation ? Quelles cultures cultivez-vous ?
- Avez-vous essayé d’autres pratiques visant à améliorer la fertilité des sols ou d’autres engrais, et comment les comparez-vous ?
- S’ils pratiquent la culture intercalaire, s’ils plantent des cultures de couverture, s’ils ont recours à un travail minimal du sol ou au paillage, etc. :
- Quand avez-vous commencé à utiliser cette technique ?
- Quelles sont les étapes que vous suivez ?
- Quelles cultures plantez-vous et pourquoi ? Quelle est la taille de votre exploitation ?
- En quoi cette technique améliore-t-elle la fertilité de vos sols ?
- Comment avez-vous constaté une amélioration de vos récoltes ?
- Qu’avez-vous récolté avant d’utiliser cette technique et qu’avez-vous récolté l’année dernière ?
Questions à poser aux agents agricoles :
- Quelles sont les caractéristiques d’un sol fertile ? Comment les agriculteurs et agricultrices peuvent-ils/elles savoir si leur sol est fertile ?
- Quelles pratiques recommandez-vous en matière de fertilité des sols aux agriculteurs de cette région ? Vos recommandations varient-elles en fonction de la culture ou des caractéristiques du sol ?
- En quoi cette pratique améliore-t-elle la fertilité des sols ?
- Quelles sont les étapes de cette pratique recommandée ? Que doivent savoir les agriculteurs et agricultrices pour mettre en œuvre cette pratique ?
- Quels sont les défis auxquels les agriculteurs et agricultrices sont confrontés lorsqu’ils/elles adoptent les meilleures pratiques ?
Pour plus d’informations
Vous trouverez de nombreuses ressources sur la fertilité des sols sur les sites web « Scripts » de Radios Rurales Internationales ou « Barza infos ». Voici 10 ressources clés.
Barza Infos
2. Sénégal : De l’engrais bio fertilise les sols et augmente les revenus
Textes radiophoniques
5. Effets bénéfiques des cultures intercalaires, des cultures de couverture et de l’agroforesterie
7. Agriculture de conservation : rendements élevés, faibles coûts de production et sols plus fertiles
8. Plantez du Gliricidia sepium pour la fertilité des sols et le bois de chauffage.
Spots radio
Acknowledgements
Compilé par : Kathryn Burnham, responsable des ressources radio
Révisé par : Simon Mutambo, responsable agricole de district, administration locale du district de Mbale
Cette ressource est financée par la Fondation IKEA dans le cadre du projet « Plateformes de communication pour un dialogue durable et le partage des connaissances ».
Information sources
(1) Au-delà du climat, la dégradation des sols réduit les rendements du maïs. SciDev.Net. 21 avril 2026. https://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/news/plus-que-le-climat-la-degradation-des-sols-reduit-les-rendements-de-mais/
