{"id":11286,"date":"2018-03-15T19:27:24","date_gmt":"2018-03-15T16:27:24","guid":{"rendered":"https:\/\/scripts.farmradio.fm\/fr\/?post_type=radio-resource-packs&#038;p=11286"},"modified":"2024-04-19T16:11:15","modified_gmt":"2024-04-19T13:11:15","slug":"eh-oui-les-galagos-se-mangent-les-agriculteurs-malawites-utilisent-des-plantes-indigenes-pour-combattre-les-ravageurs-et-les-maladies-du-betail","status":"publish","type":"radio-script","link":"https:\/\/scripts.farmradio.fm\/fr\/texte-radiophonique\/eh-oui-les-galagos-se-mangent-les-agriculteurs-malawites-utilisent-des-plantes-indigenes-pour-combattre-les-ravageurs-et-les-maladies-du-betail\/","title":{"rendered":"Eh oui, les galagos se mangent : Les agriculteurs malawites utilisent des plantes indig\u00e8nes pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail"},"content":{"rendered":"<p><em>L\u2019INDICATIF SONORE MONTE ET EST MAINTENU SOUS LA VOIX DU NARRATEUR. <\/em><\/p>\n<p><strong>NARRATEUR :<\/strong> Bienvenue \u00e0 une \u00e9mission sp\u00e9ciale sur (nom de la station de radio) intitul\u00e9e<em> Changa ndi nyamando<\/em>, ou \u00ab Eh oui, les galagos se mangent. \u00bb, un proverbe malawite qui signifie que tout comme les galagos sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9s, mais demeurent tout de m\u00eame une source importante de prot\u00e9ines, de m\u00eame les produits biochimiques \u00e0 base de plantes n\u00e9glig\u00e9es peuvent \u00eatre un moyen efficace pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une s\u00e9rie en trois parties qui fait un gros plan sur un groupe d\u2019agriculteurs malawites qui emploient des techniques biochimiques, ou des pesticides \u00e0 base de plantes, pour pr\u00e9venir et combattre les ravageurs et les maladies plut\u00f4t que d\u2019utiliser des produits chimiques. Vous \u00eates avec moi, (nom de l\u2019animateur\/animatrice).<\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE MONTE, EST MAINTENU, PUIS EST \u00c0 PEINE PERCEPTIBLE. <\/em><\/p>\n<p><strong>NARRATEUR :<\/strong>Dans cette s\u00e9rie de trois parties, nous vous proposons des r\u00e9cits d\u2019agriculteurs et d\u2019agricultrices qui utilisent des produits biochimiques dans deux localit\u00e9s du Malawi, \u00e0 savoir \u00e0 Ekwendeni dans le district de Mzimba dans la R\u00e9gion du Nord, et \u00e0 Lobi dans le district de Dedza dans la R\u00e9gion du Centre. Ces paysans re\u00e7oivent l\u2019assistance d\u2019un projet qui les aide \u00e0 cultiver suivant des principes agro\u00e9cologiques. Des pesticides botaniques et des m\u00e9dicaments v\u00e9t\u00e9rinaires biologiques leur permettent de r\u00e9ussir suffisamment au point qu\u2019ils peuvent acheter du b\u00e9tail et construire des maisons avec des toits m\u00e9talliques gr\u00e2ce \u00e0 la vente de denr\u00e9es et de b\u00e9tail vuln\u00e9rables habituellement aux ravageurs et aux maladies.<\/p>\n<p>Plusieurs agriculteurs affirment qu\u2019il faut beaucoup de produits chimiques pour lutter contre les ravageurs du pois d\u2019Angole. La famille d\u2019Esther Maona avait l\u2019habitude de r\u00e9colter un seau de pois d\u2019Angole seulement sur une acre. Mais, maintenant, son histoire a totalement chang\u00e9.<\/p>\n<p>Soyez \u00e0 l\u2019\u00e9coute Esther Maona et ses amies, Dalina Tembo et Anita Chitaya du village de Chisangano. Ces femmes \u00e9taient toutes souriantes bavardant avec Gladson Makowa, journaliste en d\u00e9veloppement au Malawi.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Que signifie l\u2019agro\u00e9cologie pour vous? Esther?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA : <\/strong> Pour nous agriculteurs, l\u2019agro\u00e9cologie signifie la diversit\u00e9 et l\u2019int\u00e9gration de plusieurs techniques agricoles, y compris l\u2019utilisation de compost de fumier et la non-utilisation de produits chimiques.<br \/>\n<strong>DALINA TEMBO :<\/strong> \u00c0 travers cette m\u00e9thode agricole, nous \u00e9changeons entre agriculteurs des techniques qui facilitent et rentabilisent nos activit\u00e9s agricoles. Une de ces techniques consiste \u00e0 v\u00e9rifier l\u2019\u00e9tat de d\u00e9gradation de nos sols et \u00e0 essayer de reconstituer ou d\u2019am\u00e9liorer la fertilit\u00e9 du sol.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Merci, Dalina. Esther a mentionn\u00e9 que vous n\u2019utilisez pas de produits chimiques quand vous cultivez. Comment vous y prenez-vous? Anita?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA : <\/strong>Nous plantons diverses cultures et herbes qui contribuent \u00e0 reconstituer la fertilit\u00e9 du sol de mani\u00e8re int\u00e9gr\u00e9e. Par exemple : nous associons les arachides et le pois d\u2019Angole au soja dans un champ. Tr\u00e8s souvent, nous rencontrons des probl\u00e8mes avec les insectes qui attaquent nos cultures, surtout le pois d\u2019Angole. C\u2019est \u00e0 ce moment que nous int\u00e9grons la T\u00e9phrosie de Vogel qui sert g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 rendre le sol plus fertile. Mais dans ce cas, nous nous en servons comme un produit biochimique. Nous prenons des feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel que nous \u00e9crasons et faisons mac\u00e9rer dans de l\u2019eau. Puis, nous prenons cette eau et nous l\u2019aspergeons sur les parties des champs o\u00f9 les insectes posent des probl\u00e8mes, et nous obtenons un soulagement. Sinon, lorsque nous voulons garder notre ma\u00efs s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l\u2019abri des charan\u00e7ons, nous \u00e9crasons des feuilles s\u00e9ch\u00e9es de T\u00e9phrosie de Vogel et m\u00e9langeons la poudre obtenue aux grains s\u00e9ch\u00e9s. Les charan\u00e7ons n\u2019attaquent plus les grains.<br \/>\n<strong>DALINA TEMBO :<\/strong>Nous cultivons le ma\u00efs de mani\u00e8re plus intensive, soit un plant par trou, avec un espace de 25 centim\u00e8tres entre chaque plant. Nous utilisons des techniques biologiques pour conserver les grains de ma\u00efs. Si vous ne souhaitez pas appliquer de la poudre de feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel aux grains de ma\u00efs, vous pouvez remplacer cela par de la cendre. Nous faisons br\u00fbler des cosses de l\u00e9gumineuses et tamisons la cendre. Ensuite nous ajoutons celle-ci aux grains de ma\u00efs. Il faut en mettre juste assez de sorte que la cendre soit visible.<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>C\u2019est le pois d\u2019Angole qui est plus vuln\u00e9rable aux insectes. Les scarab\u00e9es nous causent aussi des soucis avec cette culture. Par cons\u00e9quent, pour les g\u00e9rer, nous \u00e9crasons des feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel. Puis, pendant que les feuilles sont encore fra\u00eeches et vertes, nous les faisons mac\u00e9rer dans un seau d\u2019eau, et si on n\u2019a pas de pulv\u00e9risateur, nous aspergeons la concoction sur les plantes \u00e0 l\u2019aide d\u2019un balai. Il faut tremper le balai dans la solution se trouvant dans le seau et asperger le liquide sur les plantes par la suite. Si vous utilisez un pulv\u00e9risateur, il est important de filtrer la solution pour emp\u00eacher que les petites particules de feuilles et d\u2019autres particules n\u2019obstruent le pulv\u00e9risateur.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>S\u2019agit-il des seules techniques biochimiques que vous utilisez?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Non, nous emp\u00eachons \u00e9galement les ch\u00e8vres de brouter nos cultures en faisant tremper de la bouse de ch\u00e8vre dans de l\u2019eau.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quelle quantit\u00e9 de bouse de ch\u00e8vre m\u00e9langez-vous avec de l\u2019eau?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Cela d\u00e9pend de la superficie de votre champ, mais vous pouvez ajouter un seau de bouse de ch\u00e8vre de 15 litres \u00e0 20 litres d\u2019eau. Nous m\u00e9langeons le tout, et pulv\u00e9risons ou appliquons le m\u00e9lange aux abords du champ que vous voulez emp\u00eacher les ch\u00e8vres de d\u00e9truire. Vous pouvez \u00e9galement utiliser un balai pour asperger le m\u00e9lange. Ainsi, les ch\u00e8vres ne mangeront pas les cultures et n\u2019entreront pas dans le champ.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Donc, elles ne brouteront pas les plantes?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>Non. Dans le m\u00eame champ de pois d\u2019Angole, on peut \u00e9viter la pr\u00e9sence d\u2019insectes en utilisant du piment oiseau. Nous prenons une quantit\u00e9 substantielle de piment, disons par exemple : 200 grammes, car les piments ne p\u00e8sent pas lourd, et nous les \u00e9crasons dans un mortier. Nous les m\u00e9langeons avec un pain de savon \u00e9cras\u00e9 auparavant pour lui permettre de se dissoudre facilement dans l\u2019eau. Puis nous ajoutons au moins 20 litres d\u2019eau. Le lendemain, nous appliquons ou aspergeons cette solution sur les cultures. En faisant cela, vous repoussez ou tuez les scarab\u00e9es, les chenilles et d\u2019autres insectes.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Qu\u2019utilisez-vous d\u2019autre comme insecticide biologique?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Nous utilisons d\u2019autres extraits de plantes et plantes indig\u00e8nes, dont le <em>muuluka [Securidaca longepedunculata]<\/em>, le <em>muwawani [Cassia abbreviata]<\/em>, les arbustes appel\u00e9s<em> deliya [Tithonia diversifoli]<\/em> et plusieurs autres. <em>[Note de la r\u00e9daction : cf. la liste des esp\u00e8ces \u00e0 la fin de la partie 3 pour voir les noms communs dans d\u2019autres langues des esp\u00e8ces mentionn\u00e9es dans le texte radiophonique.]<\/em> En ce qui concerne toutes ces plantes, nous \u00e9crasons les feuilles et les faisons mac\u00e9rer dans de l\u2019eau, puis, nous pulv\u00e9risons le liquide obtenu sur les cultures qui ont des probl\u00e8mes.<br \/>\n<strong>DALINA TEMBO :<\/strong>Nous utilisons aussi l\u2019arbre appel\u00e9 <em>muwawani<\/em> pour soigner et pr\u00e9venir les maladies des poules, du b\u00e9tail, des porcs et d\u2019animaux d\u2019\u00e9levage. Il faut simplement vous assurer de leur faire boire de l\u2019eau contenant des extraits de ces plantes ou de m\u00e9langer ces extraits \u00e0 leurs aliments.<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Nous utilisons \u00e9galement les fruits du <em>mvunguti [Keielia Africana]<\/em> pour soigner le b\u00e9tail et les porcs. Nous mettons quelques fruits dans l\u2019eau de boisson du b\u00e9tail. \u00c0 mesure qu\u2019ils boivent, cela les soigne ou \u00e9vite qu\u2019ils soient infect\u00e9s par exemple : par la fi\u00e8vre rhod\u00e9sienne ou la peste porcine africaine. Avec les plantes am\u00e8res telles que le <em>muwawani<\/em>, nous m\u00e9langeons parfois la concoction \u00e0 leurs aliments.<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>Nous utilisons aussi l\u2019aloe vera de la m\u00eame mani\u00e8re que le <em>mvunguti<\/em>. Nous l\u2019\u00e9crasons et le m\u00e9langeons aux aliments, ou en mettons simplement dans l\u2019eau de boisson des animaux. Les poules d\u2019autres personnes peuvent mourir, mais les v\u00f4tres ne mourront pas s\u2019il y a la maladie de Newcastle dans la r\u00e9gion.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Avez-vous eu la l\u00e9gionnaire d\u2019automne ici?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Si, l\u2019an dernier, nous en avons eu.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Qu\u2019utilisez-vous pour combattre la l\u00e9gionnaire d\u2019automne qui cause autant de ravages?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>Nous avons utilis\u00e9 un m\u00e9lange fait \u00e0 base de <em>muwawani<\/em> et de <em>dema [Dolichos kilimandscharicus]<\/em>. Nous avons \u00e9galement pil\u00e9 des tubercules de <em>dema<\/em> que nous avons pulv\u00e9ris\u00e9s sur le champ de ma\u00efs. Les l\u00e9gionnaires sont mortes.<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA : <\/strong>Une autre fa\u00e7on de tuer ces l\u00e9gionnaires qui causent tant de ravages consiste \u00e0 enduire de terre les parties en forme d\u2019entonnoir de tous les plants de ma\u00efs. Quand nous avons fait cela, les l\u00e9gionnaires sont mortes et toutes les panicules de ma\u00efs se sont bien form\u00e9es sans probl\u00e8mes. Nous avons utilis\u00e9 la terre plus que les autres m\u00e9thodes novatrices. Nous avons simplement enduit les feuilles, les n\u0153uds et les parties en forme d\u2019entonnoir du plant de ma\u00efs avec de la terre provenant du champ.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA <\/strong>:Laquelle des m\u00e9thodes, \u00e0 savoir l\u2019ajout de la terre ou l\u2019utilisation du <em>muwawani<\/em>, est la plus efficace pour le nouveau ravageur, \u00e0 savoir la l\u00e9gionnaire d\u2019automne?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>Le <em>muwawani<\/em> a \u00e9t\u00e9 plus efficace quand les plants \u00e9taient petits, mais quand les fleurs \u00e9taient sur le point d\u2019\u00e9clore, nous avons utilis\u00e9 de la terre et cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s efficace.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>D\u2019accord, vous m\u2019avez dit beaucoup de choses par rapport \u00e0 ce que vous utilisez comme insecticides biologiques. Qu\u2019est-ce qui vous a incit\u00e9 \u00e0 utiliser ces innovations?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Nous avons trouv\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s important de tester ces produits indig\u00e8nes d\u2019origine biologique, car beaucoup de nouveaux insectes r\u00e9sistants ont fait leur apparition r\u00e9cemment. Nous ne trouvons pas les bons produits chimiques pour les insectes et ils co\u00fbtent cher. Par cons\u00e9quent, nous nous sommes concentr\u00e9s sur ces produits locaux d\u2019origine biologique en suivant \u00e9galement les pratiques de nos anc\u00eatres.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quels avantages concrets avez-vous enregistr\u00e9s en utilisant ces insecticides biologiques?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>Le pois d\u2019Angole est la culture qui nous pose des probl\u00e8mes avec les insectes. Sans produits chimiques, il est difficile de r\u00e9colter quoi que ce soit. Cependant, quand nous utilisons ces produits biochimiques, nous pouvons r\u00e9colter quelque chose. C\u2019est la m\u00eame chose pour le haricot.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quels changements avez-vous observ\u00e9s apr\u00e8s avoir utilis\u00e9 ces produits biochimiques?<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>La premi\u00e8re ann\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire en 2007, nous avons cultiv\u00e9 du pois d\u2019Angole, qui a tr\u00e8s bien produit. Mais apr\u00e8s avoir atteint une certaine hauteur et commenc\u00e9 \u00e0 fleurir, les fleurs ont attir\u00e9 les insectes, elles n\u2019ont jamais produit de cosses, et je n\u2019ai r\u00e9colt\u00e9 qu\u2019un seul seau sur une acre.<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>De plus, en 2007, j\u2019ai sem\u00e9 du pois d\u2019Angole et du soja sur une acre. Je voulais restaurer la fertilit\u00e9 du sol de mon champ, et j\u2019ai eu une bonne r\u00e9colte de soja, mais seulement un demi-seau de pois d\u2019Angole.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Comment avez-vous eu connaissance des innovations que vous utilisez?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>Dans le cadre du projet, on nous encourage \u00e0 faire des visites d\u2019\u00e9change et apprendre de nos amis. J\u2019ai rendu visite \u00e0 une de nos amies qui cultive du pois d\u2019Angole et lui ai demand\u00e9 comment elle le cultivait de sorte \u00e0 pouvoir r\u00e9colter quelque chose. C\u2019est l\u00e0-bas que j\u2019ai appris que je devais appliquer ces produits biochimiques. Je l\u2019ai essay\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0, mais c\u2019\u00e9tait trop tard. Cela a permis de repousser certains insectes et m\u00eame de les tuer, mais la production d\u2019une acre n\u2019a rempli qu\u2019un demi-seau. L\u2019ann\u00e9e suivante, j\u2019ai appliqu\u00e9 le <em>muwawani<\/em> avant et pendant la floraison, et j\u2019ai r\u00e9colt\u00e9 12 sacs de 50 kilogrammes.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Comment avez-vous utilis\u00e9 les produits biochimiques l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 vous avez r\u00e9colt\u00e9 12 sacs?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>J\u2019ai appliqu\u00e9 un m\u00e9lange de feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel et de <em>muwawani<\/em>. Je l\u2019ai fait deux fois. Quand j\u2019ai appliqu\u00e9 le m\u00e9lange la premi\u00e8re fois, il a plu le m\u00eame jour et l\u2019eau a emport\u00e9 mes produits chimiques d\u2019origine biologique. Cela m\u2019a fait mal, mais je n\u2019ai pas abandonn\u00e9. J\u2019ai appliqu\u00e9 \u00e0 nouveau le m\u00e9lange le jour suivant, et cela a fonctionn\u00e9. Les insectes ont \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9s effectivement de mon champ. L\u2019h\u00f4pital a achet\u00e9 mon pois d\u2019Angole pour les repas des patients. J\u2019ai achet\u00e9 trois ch\u00e8vres cette ann\u00e9e-l\u00e0. J\u2019ai pay\u00e9 les frais de scolarit\u00e9 de mon enfant avec le restant de l\u2019argent.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Combien avez-vous gagn\u00e9?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>J\u2019ai gagn\u00e9 78 000 kwacha malawites en 2008 (environ 1 160 $ US en 2008).<\/p>\n<p>Depuis ce moment, je cultive du pois d\u2019Angole et j\u2019applique les m\u00e9thodes biochimiques. J\u2019ai pu scolariser mon enfant qui travaille maintenant. J\u2019ai achet\u00e9 un terrain sur lequel j\u2019ai construit une maison recouverte d\u2019un toit m\u00e9tallique, et j\u2019ai agrandi mon champ d\u2019une acre \u00e0 huit acres.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quelle superficie consacrez-vous au pois d\u2019Angole?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA :<\/strong>Chaque ann\u00e9e, je cultive du pois d\u2019Angole sur une acre. L\u2019autre raison pour laquelle je cultive du pois d\u2019Angole, c\u2019est que les plants morcellent la terre et ramollissent la texture du sol. Il est tr\u00e8s facile de cultiver aux endroits o\u00f9 on a plant\u00e9 du pois d\u2019Angole.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Vous avez cultiv\u00e9 d\u2019abord du pois d\u2019Angole et acheter ces trois ch\u00e8vres. Combien de ch\u00e8vres poss\u00e9dez-vous maintenant?<br \/>\n<strong>ANITA CHITAYA <\/strong>:J\u2019ai 23 ch\u00e8vres, et quelques porcs et moutons. Nous vendons une partie et consommons l\u2019autre.<br \/>\n<strong>ESTHER MAONA :<\/strong>En ce qui me concerne, j\u2019ai vendu mon pois d\u2019Angole et ai achet\u00e9 une ch\u00e8vre. La ch\u00e8vre a mis bas et finalement, j\u2019ai atteint 48 ch\u00e8vres. En 2014, j\u2019ai vendu 22 ch\u00e8vres pour acheter une vache. J\u2019ai deux moutons, mais on m\u2019en a vol\u00e9. J\u2019ai construit \u00e9galement une maison avec un toit en t\u00f4les m\u00e9talliques. Comme nous avons du b\u00e9tail, nous \u00e9pandons beaucoup de fumier et r\u00e9coltons beaucoup de ma\u00efs gr\u00e2ce \u00e0 nos sols fertiles.<\/p>\n<p>J\u2019ai achet\u00e9 la premi\u00e8re vache en 2014 \u00e0 120 000 kwacha (environ 165 $ US). Elle a eu un veau. J\u2019ai achet\u00e9 une autre velle qui est devenue une vache maintenant qui est assez mature pour porter des veaux. Nous avons d\u00e9sormais trois bovins.<\/p>\n<p>Nous avons adh\u00e9r\u00e9 au projet Agro\u00e9cologique de paysan \u00e0 paysan t\u00f4t et, maintenant, apr\u00e8s avoir constat\u00e9 nos efforts, le projet nous donne l\u2019occasion d\u2019\u00eatre des promotrices, afin de promouvoir l\u2019agriculture agro\u00e9cologique aupr\u00e8s d\u2019autres agriculteurs de notre r\u00e9gion.<\/p>\n<p><strong>NARRATEUR :<\/strong>Nous sommes \u00e0 la fin de la premi\u00e8re partie de notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9missions sp\u00e9ciales en trois parties intitul\u00e9e <em>Changa ndi nyamanso<\/em> (Eh oui, les galagos se mangent.), un proverbe malawite qui signifie que tout comme les galagos sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9s, mais demeurent tout de m\u00eame une source importante de prot\u00e9ines, de m\u00eame les produits biochimiques \u00e0 base de plantes n\u00e9glig\u00e9es peuvent \u00eatre un moyen efficace pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail.<\/p>\n<p>Dans l\u2019\u00e9mission d\u2019aujourd\u2019hui, nous avons appris que la T\u00e9phrosie de Vogel, le muwawani, la terre, le piment et d\u2019autres plantes peuvent servir \u00e0 combattre des ravageurs tels que la l\u00e9gionnaire d\u2019automne dans les champs de ma\u00efs et pr\u00e9venir les maladies du b\u00e9tail. Les interviews ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es avec des agricultrices du nord du Malawi qui travaillent avec le projet Agro\u00e9cologique de paysan \u00e0 paysan.<br \/>\n<strong>EFFETS SONORES :<\/strong>INDICATIF SONORE MAINTENU AU PLUS BAS NIVEAU<br \/>\n<strong>NARRATEUR :<\/strong>Vous \u00e9tiez avec moi (nom de l\u2019animateur\/animatrice). Restez \u00e0 l\u2019\u00e9coute la semaine prochaine.<\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE AUGMENTE, PUIS S\u2019ESTOMPE.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>PARTIE 2: <\/strong><\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE MONTE ET SE MAINTIENT AU PLUS BAS NIVEAU. <\/em><\/p>\n<p><strong>NARRATEUR :<\/strong>Bienvenue \u00e0 une autre \u00e9mission sp\u00e9ciale, la deuxi\u00e8me de notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9missions en trois parties intitul\u00e9e <em>Changa ndi nyamanso<\/em>, ou \u00ab Eh oui, les galagos se mangent. \u00bb, un proverbe malawite qui signifie que tout comme les galagos sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9s, mais demeurent tout de m\u00eame une source importante de prot\u00e9ines, de m\u00eame les produits biochimiques \u00e0 base de plantes n\u00e9glig\u00e9es peuvent \u00eatre un moyen efficace pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail.<\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE AUGMENTE, PUIS PASSE EN FONDU ENCHA\u00ceN\u00c9 AVANT DE RESTER TR\u00c8S BAS. <\/em><\/p>\n<p><strong>NARRATEUR :<\/strong>Dans l\u2019\u00e9mission d\u2019aujourd\u2019hui, Gladson Makowa s\u2019entretient avec d\u2019autres agriculteurs impliqu\u00e9s dans le projet MAFFA dans la r\u00e9gion d\u2019Ekwendeni, au nord du Malawi. Leurs conversations nous r\u00e9v\u00e8lent dans quelle mesure les \u00e9leveurs de b\u00e9tail de la r\u00e9gion tirent profit de l\u2019utilisation de produits biochimiques pour prot\u00e9ger les c\u00e9r\u00e9ales entrepos\u00e9es et prot\u00e9ger leur b\u00e9tail contre les maladies, y compris la maladie dangereuse de Newcastle au niveau de l\u2019aviculture. Selon l\u2019agriculteur Aaron Moyo, on ne devrait jamais s\u2019inqui\u00e9ter si la maladie de Newcastle attaque les poules. Sans aucun doute, le<em> dema <\/em>soigne la maladie de Newcastle chez les poules, une chose qu\u2019il a apprise aupr\u00e8s de ses coll\u00e8gues \u00e9leveurs. \u00c9coutons Gladson.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quand vous entendez le terme \u00ab agro\u00e9cologie \u00bb, que signifie cela pour vous?<br \/>\n<strong>AARON MOYO :<\/strong>L\u2019agro\u00e9cologie nous aide avec le changement climatique. Les sols sont durs, mais quand nous appliquons les m\u00e9thodes agro\u00e9cologiques, les sols ramollissent, deviennent \u00e0 nouveau fertiles et exploitables.<br \/>\n<strong>WACKSON MAONA :<\/strong>L\u2019agro\u00e9cologie nous montre le fonctionnement de la nature, et nous permet de discuter et comparer les m\u00e9thodes agricoles traditionnelles avec les m\u00e9thodes agricoles modernes.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>En quoi l\u2019agro\u00e9cologie diff\u00e8re-t-elle des m\u00e9thodes agricoles que vous appliquiez autrefois dans cette r\u00e9gion?<br \/>\n<strong>MARIETTE HARA :<\/strong>Autrefois, on d\u00e9pendait des engrais. On \u00e9pandait l\u2019engrais deux fois, en guise de fumure de fond et de fumure de couverture. De nos jours, on \u00e9pand l\u2019engrais une fois seulement en guise de fumure de couverture, mais nous r\u00e9coltons suffisamment. Nous pratiquons \u00e9galement la rotation des cultures. Nous changeons les groupes de cultures qui se suivent.<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>La diff\u00e9rence entre les m\u00e9thodes agricoles que nous utilisions avant et l\u2019agro\u00e9cologie que nous enseigne l\u2019h\u00f4pital d\u2019Ekendweni r\u00e9side dans le fait que nous d\u00e9pendions autrefois des produits chimiques, mais, maintenant, nous utilisons des produits biochimiques. Nous utilisons des plantes comme produits biochimiques pour tuer les insectes et soigner les maladies.<\/p>\n<p>J\u2019ai cultiv\u00e9 du soja et du pois d\u2019Angole sur une acre. Apr\u00e8s avoir r\u00e9colt\u00e9 le pois d\u2019Angole, j\u2019ai m\u00e9lang\u00e9 les feuilles qui \u00e9taient tomb\u00e9es \u00e0 la terre, et j\u2019ai altern\u00e9 le pois d\u2019Angole avec du ma\u00efs jaune. Les plants de ma\u00efs n\u2019ont pas fl\u00e9tri pendant les p\u00e9riodes s\u00e8ches et nous avons obtenu une bonne r\u00e9colte. J\u2019ai utilis\u00e9 de l\u2019engrais comme fumure de couverture simplement parce que je me demandais si les feuilles de pois d\u2019Angole agiraient vraiment comme fumure de fond. Par cons\u00e9quent, j\u2019ai ajout\u00e9 cinq grammes \u00e0 chaque trou de plantation.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Avez-vous utilis\u00e9 des produits biochimiques?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Si. J\u2019ai fait un essai avec les feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel. Je les ai \u00e9cras\u00e9es, je les ai fait mac\u00e9rer dans de l\u2019eau, et ensuite j\u2019ai asperg\u00e9 le m\u00e9lange sur les l\u00e9gionnaires africaines et les l\u00e9gionnaires d\u2019automne. Les l\u00e9gionnaires sont mortes et les feuilles de ma\u00efs ont retrouv\u00e9 leur vigueur. Ainsi, j\u2019ai pu r\u00e9colter suffisamment de ma\u00efs. Nous faisons s\u00e9cher les feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel \u00e0 l\u2019ombre sur une natte, et nous nous en servons pour prot\u00e9ger nos c\u00e9r\u00e9ales. Nous \u00e9crasons les feuilles s\u00e9ch\u00e9es et les tamisons pour ensuite appliquer la poudre obtenue sur les grains de ma\u00efs que nous voulons entreposer. La poudre \u00e0 une couleur verd\u00e2tre, mais le gros perceur de c\u00e9r\u00e9ales n\u2019attaque pas le ma\u00efs. De plus, lorsque les ch\u00e8vres ont des tiques, nous les plongeons ou les aspergeons avec de l\u2019eau \u00e0 laquelle ont \u00e9t\u00e9 m\u00e9lang\u00e9es des feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel et elles gu\u00e9rissent.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Ajoutez-vous de la T\u00e9phrosie de Vogel au ma\u00efs que vous voulez utiliser comme semence ou pour votre consommation?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Je l\u2019ajoute au ma\u00efs que je conserve pour mes repas. Quand nous voulons consommer le ma\u00efs, nous le vannons et l\u2019amenons au moulin.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quelle quantit\u00e9 de feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel avez-vous utilis\u00e9e pour un sac de ma\u00efs de 50 kilogrammes?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>J\u2019utilise deux contenants de poudre d\u2019un demi-litre dans chaque sac de 50 kilogrammes. J\u2019en ai appliqu\u00e9 en mai et j\u2019ai consomm\u00e9 le ma\u00efs l\u2019ann\u00e9e suivante en janvier.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Si vous n\u2019appliquez pas la super poudre d\u2019Actellic ou d\u2019autres produits chimiques lorsque vous entreposez votre ma\u00efs, est-ce que votre ma\u00efs peut se conserver jusqu\u2019en janvier sans \u00eatre attaqu\u00e9 par des charan\u00e7ons?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Non, ce n\u2019est pas possible. Il y a le gros perceur de c\u00e9r\u00e9ales qui peut r\u00e9duire votre ma\u00efs en farine. Mais il n\u2019y avait aucune trace de charan\u00e7on dans le ma\u00efs qui contenait de la T\u00e9phrosie de Vogel. J\u2019ai appliqu\u00e9 la T\u00e9phrosie de Vogel \u00e0 cinq sacs de ma\u00efs pour faire un premier test. Cette ann\u00e9e, j\u2019en ai mis dans 15 sacs.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quelle quantit\u00e9 avez-vous pu pr\u00e9server en utilisant la T\u00e9phrosie de Vogel?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Avant, j\u2019utilisais deux bouteilles de super poudre d\u2019Actellic pour 15 sacs, et chaque bouteille co\u00fbtait 2 500 kwacha [environ 3,40 $ US]. Mais depuis deux ans, j\u2019utilise seulement la T\u00e9phrosie de Vogel pour prot\u00e9ger mes c\u00e9r\u00e9ales.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Avez-vous des probl\u00e8mes de termites dans cette r\u00e9gion?<br \/>\n<strong>PRESSING MOYO :<\/strong>Si, mais pas trop.<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Nous utilisons le <em>nkhadze [Euphorbia tirucali]<\/em> contre les termites. Nous le plantons seulement dans la partie du champ o\u00f9 il y a des termites. Nous laissons \u00e0 peu pr\u00e8s 20 m\u00e8tres entre les plants. Ils repoussent les termites de la zone. De m\u00eame, vous pouvez repousser les termites si vous en plantez pr\u00e8s de votre maison. Mais nous ne le plantons pas souvent pr\u00e8s des maisons \u00e0 cause des enfants. Cette plante est toxique, et si la s\u00e8ve laiteuse de la plante touche vos yeux, vous pourriez souffrir de c\u00e9cit\u00e9 nocturne.<br \/>\n<strong>LAINA NJUNGA :<\/strong>J\u2019applique de la T\u00e9phrosie aux grains de haricot et de pois d\u2019Angole entrepos\u00e9s. Je fais \u00e9galement mac\u00e9rer des feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel dans de l\u2019eau, et j\u2019asperge la solution avec un balai sur les parties du champ o\u00f9 se trouvent les l\u00e9gionnaires africaines ou d\u2019automne. Cela tue les l\u00e9gionnaires et le ma\u00efs survit.<br \/>\n<strong>MAURICE MAONA :<\/strong>J\u2019ai utilis\u00e9 les feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel \u00e9cras\u00e9es et mac\u00e9r\u00e9es pour traiter mes ch\u00e8vres contre les tiques et pr\u00e9venir la maladie transmise par les tiques. Une des ch\u00e8vres a eu deux chevreaux. Ces deux chevreaux ont eu une maladie qui les d\u00e9mangeait, et ils se grattaient tout le temps. J\u2019\u00e9tais stress\u00e9, car je savais que cela pourrait les faire souffrir plus tard et qu\u2019ils pourraient mourir d\u2019une maladie transmise par les tiques. Ils n\u2019avaient pas bonne mine. Mais quand je les ai nettoy\u00e9s avec la concoction \u00e0 base de T\u00e9phrosie de Vogel, ils ont \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ris. Ils sont en bonne sant\u00e9 et ils gambadent partout.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>O\u00f9 avez-vous entendu parler de ce rem\u00e8de?<br \/>\n<strong>MAURICE MAONA :<\/strong>Je me suis rendu chez monsieur Julius parce que je voulais qu\u2019il leur injecte un m\u00e9dicament chimique. Mais il n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la maison et j\u2019\u00e9tais pr\u00e9occup\u00e9. En retournant chez moi, j\u2019ai rencontr\u00e9 monsieur Maona, qui m\u2019a demand\u00e9 pourquoi j\u2019avais l\u2019air pr\u00e9occup\u00e9. Je lui ai expliqu\u00e9 que mes chevreaux \u00e9taient malades. Il m\u2019a sugg\u00e9r\u00e9 de les nettoyer avec la concoction de T\u00e9phrosie de Vogel.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quelle quantit\u00e9 de feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel avez-vous \u00e9cras\u00e9e?<br \/>\n<strong>MAURICE MAONA :<\/strong>Je crois que c\u2019\u00e9tait environ un kilogramme de feuilles, mac\u00e9r\u00e9es dans 10 litres d\u2019eau. Peu de temps apr\u00e8s avoir pr\u00e9par\u00e9 la concoction, j\u2019ai nettoy\u00e9 les chevreaux. Je les ai nettoy\u00e9s \u00e0 nouveau le lendemain.<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Quand je suis revenu \u00e0 la maison, on m\u2019a dit qu\u2019elle \u00e9tait venue chercher des produits chimiques. Comme j\u2019avais rencontr\u00e9 l\u2019\u00e9quipe d\u2019agro\u00e9cologie, j\u2019ai cess\u00e9 d\u2019utiliser les produits chimiques provenant du magasin. J\u2019ai des porcs que je nettoie habituellement avec une suspension de feuilles de T\u00e9phrosie de Vogel \u00e9galement.<\/p>\n<p>Un jour, des hommes qui ach\u00e8tent de la viande pour le boucher sont venus et ont trouv\u00e9 tous mes porcs verts \u00e0 cause de la concoction de T\u00e9phrosie de Vogel. Ils refus\u00e8rent d\u2019en acheter, car ils n\u2019avaient jamais vu des porcs blancs devenir verts \u00e0 cause de cette solution. Cependant, ils sont revenus quelques jours apr\u00e8s et les ont trouv\u00e9s normaux et qu\u2019ils pouvaient les acheter. Nous utilisons \u00e9galement un bain \u00e0 base de T\u00e9phrosie pour les b\u0153ufs qui labourent.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Madame Maurice, avez-vous un champ de T\u00e9phrosie de Vogel?<br \/>\n<strong>MAURICE MAONA :<\/strong>Non, monsieur Maona avait l\u2019habitude de me donner de la T\u00e9phrosie de Vogel. Mais j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en planter apr\u00e8s avoir observ\u00e9 les avantages qu\u2019elle procurait.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Quel montant d\u2019argent avez-vous \u00e9conomis\u00e9 en utilisant la T\u00e9phrosie de Vogel?<br \/>\n<strong>MAURICE MAONA :<\/strong>C\u2019est beaucoup d\u2019argent, une g\u00e9n\u00e9ration de ch\u00e8vres. C\u2019est difficile \u00e0 quantifier.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Les porcs souffrent g\u00e9n\u00e9ralement de la peste porcine africaine. Quand vous utilisez la concoction \u00e0 base de T\u00e9phrosie de Vogel, vos porcs sont-ils touch\u00e9s par la peste porcine africaine?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>J\u2019ai appris que la propret\u00e9 \u00e9tait le premier moyen de pr\u00e9vention contre la peste porcine africaine. Le plancher de notre porcherie est en ciment. J\u2019\u00e9vite la pr\u00e9sence des tiques dans la porcherie en lavant les porcs et le plancher avec une concoction \u00e0 base de T\u00e9phrosie de Vogel une fois par semaine. Des amis d\u2019ailleurs m\u2019ont dit que la peste porcine tuait leurs porcs, mais je n\u2019en ai jamais eu chez moi.<\/p>\n<p>Vous avez demand\u00e9 combien nous \u00e9conomisons lorsqu\u2019on utilise des produits biochimiques pour le b\u00e9tail. Il y a un v\u00e9t\u00e9rinaire qui demande 500 kwacha [environ 0.70 $ US] pour chaque ch\u00e8vre ou porc, et 6 000 [environ 8.20 $ US] pour chaque vache auxquels il injecte le m\u00e9dicament. Depuis que nous avons appris l\u2019existence de ces produits biochimiques, nous n\u2019avons plus jamais utilis\u00e9 les injections. J\u2019ai 28 porcs et j\u2019applique la propret\u00e9 et l\u2019alimentation \u00e0 l\u2019\u00e9table pour \u00e9viter les vers.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Combien co\u00fbte un porc?<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Je vends un porc \u00e2g\u00e9 d\u2019une ann\u00e9e et demie et qui p\u00e8se plus de 100 kilogrammes \u00e0 100 000 kwacha [environ 135 $ US]. En 2017, j\u2019ai vendu cinq porcs. J\u2019ai achet\u00e9 des t\u00f4les m\u00e9talliques pour couvrir ma maison. Je vends les porcelets pour la reproduction en 8 000 et 10 000 kwacha [11 \u00e0 13 $ US]. Le probl\u00e8me c\u2019est que nous n\u2019avons pas de march\u00e9 pour les porcelets, bien qu\u2019il y ait beaucoup de demandes pour les gros porcs.<br \/>\n<strong>AARON MOYO :<\/strong>Pour les termites, on nous a dit qu\u2019ils aiment manger des choses mortes, par cons\u00e9quent, si nous voulons emp\u00eacher les termites de manger le ma\u00efs, nous devons appliquer la culture sans labour. Nous utilisons les tiges de ma\u00efs comme paillis. Les termites se nourrissent du paillis et \u00e9pargnent le ma\u00efs qui pousse.<\/p>\n<p>Une autre plante que le projet MAFFA nous a donn\u00e9e, mais que nous n\u2019utilisons pas beaucoup est une vari\u00e9t\u00e9 de pois \u00e0 gratter, appel\u00e9e <em>kalongonda<\/em> en langue chewa. J\u2019ai entendu des amis dire que cette plante gu\u00e9rissait la maladie de Newcastle. Alors maintenant j\u2019utilise le pois \u00e0 gratter pour soigner la maladie de Newcastle.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>Comment soignez-vous les poules atteintes de la maladie de Newcastle?<br \/>\n<strong>AARON MOYO :<\/strong>Je fais mac\u00e9rer des f\u00e8ves de pois \u00e0 gratter le matin, et puis je les r\u00e9duis en bouillie. J\u2019en donne seulement aux poules lorsqu\u2019elles pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes de la maladie. Puis, j\u2019en mets dans l\u2019eau de boisson des poules. \u00c7a gu\u00e9rit compl\u00e8tement la maladie de Newcastle.<br \/>\nMon ami a amen\u00e9 une poule qui \u00e9tait sur le point de mourir, mais j\u2019ai \u00e9cras\u00e9 des f\u00e8ves de pois \u00e0 gratter et je lui en ai fait boire le m\u00eame jour. Elle a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie et elle pond maintenant.<br \/>\n<strong>MAURICE MAONA :<\/strong>Nous emp\u00eachons \u00e9galement la maladie de Newcastle d\u2019entrer chez nous. Nous cherchons du piment, de l\u2019aloe vera et du <em>dema<\/em>, nous \u00e9crasons et m\u00e9langeons le tout avec l\u2019eau de boisson des poules.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong>O\u00f9 avez-vous appris cela?<br \/>\n<strong>AARON MOYO :<\/strong>Nous avons appris cela aupr\u00e8s des \u00e9leveurs de la r\u00e9gion de Kabwanda.<br \/>\n<strong>JULIUS THINDWA :<\/strong>Nous sommes all\u00e9s \u00e0 Dedza et avons appris qu\u2019ils utilisaient de la cendre sur leurs cultures de pois d\u2019Angole. Si on met de la cendre sous chaque plant de pois d\u2019Angole, les fourmis ne montent pas sur le plant. Lorsque celui-ci fleurit, nous mettons de la cendre sur les fleurs, et alors les mouches ne perturbent pas les fleurs. Il y a \u00e9galement un insecte qui vole autour de nos champs. Nous les capturons et les faisons br\u00fbler aux abords des champs, et le vent souffle leurs cendres vers les champs. Les autres insectes sentent l\u2019odeur de leurs amis et s\u2019enfuient.<br \/>\n<strong>NARRATEUR :<\/strong>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me partie de notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9missions sp\u00e9ciales en trois parties, intitul\u00e9e <em>Changa ndi nyamand<\/em>o, ou \u00ab Eh oui, les galagos se mangent. \u00bb, un proverbe malawite qui signifie que tout comme les galagos sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9s, mais demeurent tout de m\u00eame une source importante de prot\u00e9ines, de m\u00eame les produits biochimiques \u00e0 base de plantes n\u00e9glig\u00e9es peuvent \u00eatre un moyen efficace pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail.<\/p>\n<p>Dans l\u2019\u00e9mission d\u2019aujourd\u2019hui, nous avons appris que la T\u00e9phrosie de Vogel et la cendre pouvaient emp\u00eacher les charan\u00e7ons d\u2019attaquer nos c\u00e9r\u00e9ales et pr\u00e9venir \u00e9galement la pr\u00e9sence d\u2019insectes ravageurs au niveau de nos cultures et notre b\u00e9tail. Et n\u2019oubliez pas que les f\u00e8ves de pois \u00e0 gratter peuvent soigner la maladie de Newcastle chez les poules. Les interviews ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es avec des agriculteurs qui travaillent avec le projet Agro\u00e9cologique de paysan \u00e0 paysan du Malawi, au nord du Malawi.<\/p>\n<p><em>SONORE AUGMENTE ET EST MAINTENU BAS. <\/em><\/p>\n<p><strong>NARRATEUR :<\/strong> Vous \u00e9tiez avec moi (nom de l\u2019animateur\/animatrice) Soyez \u00e0 l\u2019\u00e9coute la semaine prochaine.<\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE AUGMENTE ET DISPARA\u00ceT. <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>PARTIE 3<\/strong><\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE AUGMENTE ET EST MAINTENU BAS. <\/em><br \/>\n<strong>NARRATEUR :<\/strong> Bienvenue \u00e0 une autre \u00e9mission sp\u00e9ciale, la troisi\u00e8me et derni\u00e8re de notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9mission en trois parties intitul\u00e9e <em>Changa ndi nyamando<\/em>, ou \u00ab Eh oui, les galagos se mangent. \u00bb, un proverbe malawite qui signifie que tout comme les galagos sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9s, mais demeurent tout de m\u00eame une source importante de prot\u00e9ines, de m\u00eame les produits biochimiques \u00e0 base de plantes n\u00e9glig\u00e9es peuvent \u00eatre un moyen efficace pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, nous diffusons la derni\u00e8re \u00e9mission concernant des agriculteurs impliqu\u00e9s dans un projet qui a r\u00e9ussi \u00e0 promouvoir l\u2019utilisation de techniques biochimiques, ainsi que la diversification des cultures et des aliments pour traiter les probl\u00e8mes de ravageurs et les maladies courantes du b\u00e9tail.<\/p>\n<p><em>INDICATIF SONORE AUGMENTE, PASSE EN FONDU ENCHA\u00ceN\u00c9 PUIS DIMINUE.<\/em><br \/>\n<strong>NARRATEUR :<\/strong> Dans l\u2019\u00e9mission d\u2019aujourd\u2019hui, Gladson Makowa interviewe la coordonnatrice du Projet Agro\u00e9cologique de paysan \u00e0 paysan, madame Lizzie Shumba, \u00e0 l\u2019H\u00f4pital de la Mission presbyt\u00e9rienne de l\u2019\u00c9glise d\u2019Afrique centrale d\u2019Ekwendeni, \u00e0 Mzimba. Madame Shumba explique pourquoi l\u2019h\u00f4pital a introduit le projet sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition pour contribuer \u00e0 venir \u00e0 bout des nombreuses maladies dont souffraient les gens de la r\u00e9gion qui fr\u00e9quentaient l\u2019h\u00f4pital. Nous d\u00e9couvrons le fonctionnement du projet, et les avantages dont b\u00e9n\u00e9ficie un h\u00f4pital qui dirige un projet sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition de ce genre.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Veuillez vous pr\u00e9senter.<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Je m\u2019appelle Lizzie Shumba, et je suis la coordonnatrice du projet MAFFA, qui est le projet Agro\u00e9cologique de paysan \u00e0 paysan du Malawi.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA:<\/strong> Qu\u2019est-ce que c\u2019est que l\u2019agro\u00e9cologie?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> C\u2019est une strat\u00e9gie durable visant \u00e0 produire des denr\u00e9es \u00e0 bas co\u00fbt sans causer de torts aux populations.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quels principes l\u2019agriculture agro\u00e9cologique suit-elle?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Cela inclut l\u2019agriculture biologique et l\u2019utilisation d\u2019extraits de plante, notamment pour combattre les ravageurs et les maladies des cultures et des animaux et r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer le sol.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Pourquoi ce projet a-t-il \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Le projet a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 parce que, dans le pass\u00e9, les taux de malnutrition chez les enfants \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s dans les r\u00e9gions locales, et cette situation \u00e9tait due \u00e0 la d\u00e9gradation des sols et, par cons\u00e9quent, une mauvaise production alimentaire. Alors, nous avons trouv\u00e9 des solutions pour aider les agriculteurs \u00e0 am\u00e9liorer leur s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, et par la m\u00eame occasion la sant\u00e9 des personnes, ainsi que celle du sol.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quand avez-vous d\u00e9marr\u00e9 le projet?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Il a commenc\u00e9 en 2000 dans sept villages avec 30 agriculteurs et agricultrices. Actuellement, nous sommes pr\u00e9sents dans 284 villages avec plus de 17 000 agriculteurs. Autrefois, nous \u00e9tions limit\u00e9s \u00e0 la circonscription de l\u2019h\u00f4pital d\u2019Ekwendeni, qui a une superficie de 600 kilom\u00e8tres carr\u00e9s environ. Mais, maintenant, nous avons d\u00e9pass\u00e9 ce p\u00e9rim\u00e8tre en raison des avantages dont jouissent les paysans. Un plus grand nombre d\u2019agriculteurs souhaitent adh\u00e9rer au projet afin de pouvoir eux aussi utiliser diff\u00e9rentes pratiques agro\u00e9cologiques.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Dans quelles r\u00e9gions le projet intervient-il au Malawi?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Le projet intervient dans deux r\u00e9gions, soit \u00e0 Ekwendeni dans le district de Mzimba, et \u00e0 Lobi dans le district de Dedza.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quelles sont les denr\u00e9es qui principalement cultiv\u00e9es en association \u00e0 Ekwendeni et \u00e0 Dedza?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Principalement, nous faisons la promotion des l\u00e9gumineuses. On apprend aux paysans \u00e0 cultiver deux l\u00e9gumineuses de fa\u00e7on intercalaire ou une l\u00e9gumineuse et une c\u00e9r\u00e9ale sur une partie du champ. Plusieurs agriculteurs cultivent le pois d\u2019Angole et le soja ou les arachides en association, ou ils cultivent le ma\u00efs avec le pois d\u2019Angole. Durant les premi\u00e8res ann\u00e9es, les paysans recevaient un ensemble de solutions parmi lesquelles ils pouvaient faire leur choix.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> O\u00f9 trouvez-vous les semences de ces denr\u00e9es?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA : <\/strong> Au d\u00e9but, on achetait les semences \u00e0 l\u2019ICRISAT, et aussi aupr\u00e8s de la Soci\u00e9t\u00e9 de semences du Malawi. Mais, maintenant, nous avons mis en place un programme de multiplication de semences. Les paysans empruntent des semences, et nous retournent une partie apr\u00e8s les avoir cultiv\u00e9es. Par exemple : ils pourraient prendre cinq kilogrammes et nous redonner 10 kilogrammes de semences. Ces 10 kilogrammes de semences sont entrepos\u00e9s et sont offerts \u00e0 d\u2019autres paysans la saison agricole suivante.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quelle sorte de ma\u00efs encouragez-vous les gens \u00e0 cultiver?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA : <\/strong> Autrefois, on les encourageait \u00e0 cultiver le ma\u00efs blanc, car nous n\u2019en produisions pas nous-m\u00eames, et nous avons form\u00e9 les paysans pour cultiver le ma\u00efs blanc avec deux diff\u00e9rentes l\u00e9gumineuses en association sur un billon. On les encourageait \u00e0 semer une c\u00e9r\u00e9ale telles que le ma\u00efs apr\u00e8s cette culture intercalaire. Ils pouvaient trouver leurs propres semences, qu\u2019elles fussent hybrides ou locales.<\/p>\n<p>Mais avec le projet MAFFA qui a commenc\u00e9 en 2012, nous faisons la promotion du ma\u00efs orange. Nous avons eu cette vari\u00e9t\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019un paysan de Dedza. Nous travaillons \u00e9galement avec le Chancellor College de l\u2019Universit\u00e9 du Malawi, \u00e0 Dedza. Le ma\u00efs orange est une vari\u00e9t\u00e9 locale que les agriculteurs peuvent r\u00e9utiliser. Il est connu localement sous le nom de <em>mthikinya<\/em> et c\u2019est une vari\u00e9t\u00e9 pr\u00e9coce.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quelles sont les diff\u00e9rences entre l\u2019agriculture agro\u00e9cologique et les vieilles m\u00e9thodes agricoles?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> La diff\u00e9rence majeure est qu\u2019avec les anciennes m\u00e9thodes agricoles, les agriculteurs utilisaient surtout des produits chimiques qu\u2019ils achetaient dans les magasins. Mais avec l\u2019agriculture agro\u00e9cologique, nous faisons la promotion de pesticides botaniques et de plantes telles que la T\u00e9phrosie de Vogel et le piment afin que les paysans puissent les utiliser comme pesticides dans les champs ou pour l\u2019entreposage. De plus, l\u2019agriculture agro\u00e9cologique est tr\u00e8s similaire \u00e0 la permaculture.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quels avantages l\u2019agriculture agro\u00e9cologique procure-t-elle aux paysans qui la pratiquent, et \u00e0 quoi sont-ils parvenus?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Les paysans sont en mesure de r\u00e9colter plus de denr\u00e9es qu\u2019avant. Autrefois, ils d\u00e9pendaient juste d\u2019une denr\u00e9e, qui \u00e9tait le ma\u00efs. Mais en int\u00e9grant diff\u00e9rentes l\u00e9gumineuses, ils diversifient leur alimentation quotidienne. Par cons\u00e9quent, nous avons pu r\u00e9duire les cas de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. En plus, la plupart des gens avec lesquels nous travaillons sont en bonne sant\u00e9 parce qu\u2019ils ont d\u00e9sormais un r\u00e9gime alimentaire vari\u00e9.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux pratiques agro\u00e9cologiques, les paysans ont vraiment am\u00e9lior\u00e9 leurs sols. Dans le pass\u00e9, ils ne pouvaient rien r\u00e9colter, mais apr\u00e8s avoir pratiqu\u00e9 la culture intercalaire avec les l\u00e9gumineuses et incorpor\u00e9 les r\u00e9sidus, ils r\u00e9coltent plus sur le m\u00eame lopin de terre.<\/p>\n<p>L\u2019agro\u00e9cologie implique aussi la r\u00e9cup\u00e9ration de l\u2019eau. Les paysans retiennent l\u2019eau dans leurs champs pour s\u2019assurer que les eaux de ruissellement n\u2019\u00e9rodent pas le sol. Nous leur apprenons \u00e0 faire des cloisons qui serviront \u00e0 retenir l\u2019eau.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quelles sont les principales pratiques qu\u2019utilisent les agriculteurs dans le projet agro\u00e9cologique?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Il y a la culture intercalaire de diff\u00e9rentes cultures, les techniques de r\u00e9cup\u00e9ration de l\u2019eau, la production et l\u2019\u00e9pandage du fumier de compost, l\u2019incorporation des r\u00e9sidus, et nous encourageons \u00e9galement la plantation en trous pour faciliter la conservation de l\u2019eau en raison du changement climatique.<\/p>\n<p>Nous pratiquons \u00e9galement la culture sans labour, cultivons des vari\u00e9t\u00e9s agroforesti\u00e8res dans les champs telles que le Gliricidia, le <em>mthethe [Acacia polyacantha]<\/em>, le <em>kesha [Senna spectabilis]<\/em> et le <em>nsangu [Faidherbia albida]<\/em>. Nous encourageons aussi les paysans \u00e0 utiliser des pesticides biologiques comme la T\u00e9phrosie de Vogel, l\u2019ail, le piment et les oignons. Certains agriculteurs qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 Salima ont obtenu des graines de neem qu\u2019ils ont test\u00e9es.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Comment les paysans produisent-ils les vari\u00e9t\u00e9s de plantes qu\u2019ils utilisent comme pesticides?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Ils les cultivent dans leurs champs \u00e0 la lisi\u00e8re ou sur les champs en jach\u00e8re. Ils s\u00e8ment du piment sur un lopin ou \u00e0 la lisi\u00e8re des champs. Parfois, les agriculteurs utilisent des feuilles de tabac contre les ravageurs, surtout dans les jardins potagers. Ils \u00e9crasent les feuilles de tabac, les font mac\u00e9rer toute la nuit et aspergent la solution sur les champs de l\u00e9gumes pour combattre les termites et tuer d\u2019autres ravageurs.<br \/>\n<strong>GLADSON MAKOWA :<\/strong> Quelle est la vision de votre projet en mati\u00e8re de pesticides?<br \/>\n<strong>LIZZIE SHUMBA :<\/strong> Nous avons cr\u00e9\u00e9 un centre de formation qui dispose de parcelles de d\u00e9monstration divis\u00e9es en zones. Dans une zone, nous am\u00e9nageons un jardin d\u2019herbes. Par cons\u00e9quent, nous travaillons \u00e0 cueillir toutes les herbes qui ont des attributs de produits biochimiques. Nous les plantons dans le champ, afin que les paysans puissent voir et savoir comment ces plantes fonctionnent et les tester dans leurs champs.<br \/>\n<strong>NARRATEUR :<\/strong> Merci.<\/p>\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la fin de la troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie de notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9missions sp\u00e9ciales intitul\u00e9e <em>Changa ndi nyamando<\/em>, ou \u00ab Eh oui, les galagos se mangent. \u00bb, un proverbe malawite qui signifie que tout comme les galagos sont g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9s, mais demeurent tout de m\u00eame une source importante de prot\u00e9ines, de m\u00eame les produits biochimiques \u00e0 base de plantes n\u00e9glig\u00e9es peuvent \u00eatre un moyen efficace pour combattre les ravageurs et les maladies du b\u00e9tail.<\/p>\n<p>Dans cette partie, nous avons interview\u00e9 la coordonnatrice du Projet Agro\u00e9cologique de paysan \u00e0 paysan, madame Lizzie Shumba, et avons vu comment des agriculteurs et des agricultrices qui adoptent une approche agro\u00e9cologique pour l\u2019agriculture ont tir\u00e9 profit de l\u2019utilisation de produits chimiques biologiques. Madame Shumba nous a expliqu\u00e9 comment le projet a d\u00e9marr\u00e9 comme un moyen de limiter la fr\u00e9quence des maladies et de la sous-nutrition dans la r\u00e9gion. Le projet a non seulement permis de r\u00e9gler le probl\u00e8me de faim, mais de lutter contre \u00e9galement contre la pauvret\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, les probl\u00e8mes de revenus et la malnutrition gr\u00e2ce \u00e0 la diversification des cultures et l\u2019utilisation des pratiques biologiques.<\/p>\n<p>Je suis votre animateur (nom de l\u2019animateur\/animatrice) qui vous dit : n\u2019oubliez pas, tout comme le proverbe malawite \u00ab Eh oui, les galagos se mangent. \u00bb, signifie qu\u2019il y a plusieurs sources de prot\u00e9ines, alors, les produits biochimiques \u00e0 base de plantes sont \u00e9galement un bon moyen pour combattre les insectes ravageurs et les maladies des animaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019INDICATIF SONORE MONTE ET EST MAINTENU SOUS LA VOIX DU NARRATEUR. 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