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Introduction
Les systèmes agroalimentaires englobent l’ensemble des activités de la chaîne de valeur agricole, de la culture à la consommation en passant par la récolte, la transformation, le conditionnement, le transport, la distribution, le commerce, l’achat, la préparation et l’élimination des déchets.
Lorsqu’on aborde un aspect quelconque de ce système, il est important de prendre en compte les éléments suivants: la division du travail selon le genre ; le contrôle des ressources et des actifs, y compris des revenus ; le pouvoir de décision ; l’emploi du temps et le travail de soins non rémunéré ; la position des genres dans la chaîne de valeur. En Ouganda, les femmes fournissent une grande partie de la main-d’œuvre nécessaire à la culture et à la récolte des denrées alimentaires. Cependant, ce sont les hommes qui dominent la commercialisation des récoltes, en raison des revenus qu’ils tirent de ces activités (division du travail selon le genre). De plus, les femmes dominent la production et le commerce informel, tandis que les hommes dominent la production de cultures à forte valeur ajoutée et la transformation à forte valeur ajoutée (position dans la chaîne de valeur).
Pourquoi ce sujet est-il important pour les auditeurs et auditrices ?
- La performance du système agroalimentaire est directement liée à la productivité des femmes. Les femmes représentent la majeure parties de la main-d’œuvre agricole. Elles dominent l’agriculture à petite échelle, qui produit la majeure partie de la nourriture du pays. La production alimentaire nationale pourrait être augmentée si certaines des contraintes auxquelles les femmes sont confrontées, telles que l’accès à la terre, aux intrants et au financement, étaient levées.
- Les femmes sont principalement responsables de la production alimentaire du ménage, de la préparation des repas et des décisions en matière de nutrition, autant d’éléments liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
- Le système agroalimentaire recèle un potentiel économique inexploité, car les femmes sont fortement concentrées dans l’agriculture à faible valeur ajoutée et dans le commerce informel. Elles sont sous-représentées dans la transformation, les services agroalimentaires et les marchés à forte valeur ajoutée.
- Il existe un déficit d’inclusion financière et d’accès au crédit. Les femmes sont actives au sein de groupes d’épargne, font preuve d’une grande discipline de remboursement, mais ont un accès limité au crédit formel. Celte situation crée une inefficacité majeure dans le système financier. Remédier à cette situation permettrait d’améliorer les investissements dans l’agriculture, la croissance des entreprises rurales et la stabilité des institutions financières.
- Il est important d’écouter les femmes lors de l’élaboration des politiques, du renforcement des systèmes alimentaires, de l’amélioration des moyens de subsistance et de la promotion d’un développement plus équitable. Lorsque leur voix est exclue, l’ensemble du système perd en efficacité et en équité.
Les femmes ougandaises actives dans les systèmes agroalimentaires doivent connaître :
- les opportunités offertes par les systèmes agroalimentaires à différentes étapes de la production agricole.
- comment s’impliquer dans les systèmes agroalimentaires à différentes étapes de la production agricole ;
- le potentiel des systèmes agroalimentaires pour les autonomiser au sein de leurs communautés.
- comment s’organiser pour s’impliquer dans la chaîne de valeur des systèmes agroalimentaires.
- le potentiel des systèmes agroalimentaires pour améliorer leurs moyens de subsistance économiques.
- les défis existant dans les systèmes agroalimentaires et la manière de les minimiser.
- les compétences nécessaires à chaque étape de la production agricole.
- l’impact du changement climatique sur les systèmes agroalimentaires.
- comment gérer des entreprises de transformation villageoises prospères et viables sur le plan commercial.
- où obtenir les certifications et licences nécessaires pour gérer des entreprises de transformation alimentaire au niveau des villages.
Quels sont les faits marquants concernant les femmes ougandaises dans les systèmes agroalimentaires ?
Le secteur agricole ougandais emploie environ 70 % de la main-d’œuvre du pays, dont plus de 70 % sont des femmes, principalement actives dans l’élevage de petits ruminants et la production végétale. Les femmes ougandaises fournissent environ 60 % de la main-d’œuvre pour la culture des légumineuses, des tubercules et des racines.
Certaines coopératives agricoles ougandaises, qui s’adressent principalement aux femmes, les aident également à acheter des intrants, à commercialiser leurs récoltes et à obtenir des prêts.
Les groupes d’agricultrices en Ouganda n’ont pas besoin de partir de zéro : un écosystème d’institutions peut les aider à acquérir des compétences en transformation, à répondre aux normes du marché et à créer des entreprises rentables au niveau des villages. Parmi les principales institutions qui soutiennent les femmes dans la transformation agricole, on peut citer :
- l’Institut de recherche industrielle de l’Ouganda (UIRI), qui œuvre pour la transformation des groupes d’agriculteurs et d’agricultrices et d’agricultrices en petit(e)s transformateurs et transformatrices,
- le Bureau national ougandais de normalisation (UNBS), essentiel pour les groupes qui souhaitent accéder aux marchés formels,
- aBi Development Ltd, qui fournit des financements aux organisations d’agriculteurs et d’agricultrices et aux petites et moyennes entreprises,
- TechnoServe, qui soutient les agriculteurs et agricultrices, les coopératives et les transformateurs/transformatrices.
En Ouganda, les femmes ont un meilleur taux de remboursement des prêts que les hommes, mais sont considérées comme moins solvables par les systèmes financiers formels, car elles manquent souvent de garanties, de documents justificatifs et d’intégration des données. Cela signifie que les femmes sont solvables dans la pratique, mais qu’elles ont besoin de modèles de crédit basés sur les flux de trésorerie et non sur des garanties. Elles bénéficieraient également de l’intégration des données des groupes d’épargne (associations villageoises d’épargne et de crédit, et SACCO) dans le système de crédit formel, et de manière générale, de l’inclusion financière numérique.
Impact prévu du changement climatique sur les femmes ougandaises dans les systèmes agroalimentaires
Les femmes ougandaises sont davantage exposées aux risques et supportent un lourd fardeau pour s’adapter au changement climatique par rapport aux hommes. Pourtant, elles sont peut-être moins susceptibles de comprendre comment les aléas climatiques affectent la productivité agricole. Elles sont peut-être plus enclines à utiliser les prévisions de sécheresse et les prévisions météorologiques saisonnières pour élever des moutons, des chèvres et des poulets.
Au niveau de l’exploitation agricole, les femmes peuvent s’adapter au changement climatique en diversifiant les cultures, en gérant les sols et l’eau, et en pratiquant l’agroforesterie. Elles peuvent s’adapter au niveau des moyens de subsistance en diversifiant leurs sources de revenus, en s’impliquant dans la transformation agricole et en créant de petites entreprises. Elles peuvent également s’adapter au niveau social et institutionnel grâce à leurs groupes d’épargne, à leurs coopératives et au partage général des connaissances.
Dans les systèmes agroalimentaires, les femmes combinent innovation et résilience pour s’adapter au changement climatique : elles associent les savoirs traditionnels à des pratiques modernes adaptées au climat. Elles ont recours à l’action collective pour surmonter les contraintes en matière de ressources et diversifient leurs moyens de subsistance pour gérer les risques. Cependant, ces stratégies sont souvent menées à petite échelle et limitées par un accès restreint au financement, à la terre et à la technologie, ce qui signifie que leur plein potentiel n’est pas encore pleinement exploité.
Quels sont les principaux défis auxquels les femmes ougandaises sont confrontées dans les systèmes agroalimentaires ?
Les femmes œuvrant dans les systèmes agroalimentaires ougandais sont confrontées à des contraintes de ressources (terres, financement, intrants), à des obstacles structurels (normes, institutions), à des limitations du marché (accès, prix, chaînes de valeur) et à des risques émergents (changement climatique, fracture numérique). En conséquence, les femmes effectuent la majeure partie du travail, mais captent une part moindre de la valeur.
- Seules 16 % des femmes possèdent des terres enregistrées à leur nom, alors qu’elles fournissent plus de 70 % de la main-d’œuvre agricole. Cela signifie qu’elles ne peuvent pas utiliser la terre comme garantie pour obtenir des prêts leur permettant de cultiver de manière indépendante.
- L’accès inégal aux facilités de crédit empêche de nombreuses Ougandaises de se lancer dans la transformation agricole et la création de valeur ajoutée.
- Seules environ 16 % de toutes les petites et moyennes entreprises agricoles en Ouganda sont détenues par des femmes, et leur représentation à la tête est faible. Pourtant, plus de 5,7 millions de femmes sont employées dans ce secteur et les femmes représentent plus de la moitié de la main-d’œuvre agricole ougandaise.
- Elles n’ont pas accès aux technologies agricoles permettant d’économiser de la main-d’œuvre et nécessaires à la culture des plantes.
- Les femmes sont les principales gardiennes des semences, mais elles n’ont pas accès à des semences de qualité et des semences contrefaites circulent souvent sur le marché.
- Si les femmes ne peuvent pas contrôler les bénéfices financiers tirés des récoltes, elles risquent de manquer de motivation pour augmenter les rendements.
- En Ouganda, les agricultrices sont plus susceptibles de gérer des terres sujettes aux inondations, aux glissements de terrain, à la dégradation et à l’érosion.
- Le faible accès au financement empêche les femmes d’acheter des intrants destinés à la régénération des sols.
- Les services de vulgarisation agricole s’adressent souvent davantage aux hommes qu’aux femmes. Les horaires de formation ne sont pas toujours adaptés à la charge de travail des femmes.
- Les femmes assument une lourde charge de travail non rémunérée, phénomène connu sous le nom de « manque de temps ». Elles doivent jongler entre l’agriculture, les tâches ménagères, la garde des enfants, la collecte d’eau et de bois de chauffage, ce qui leur laisse peu de temps pour développer leur activité, se former et participer aux activités du marché.
- Les normes culturelles et sociales font que, dans de nombreux endroits, la prise de décision est dominée par les hommes, les femmes étant confrontées à des restrictions en matière de mobilité et de leadership. Les rôles genrés peuvent limiter la croissance des entreprises dirigées par des femmes.
- Les femmes sont sous-représentées aux postes de direction des coopératives, au sein des réseaux agroalimentaires et dans les instances décisionnelles.
Informations clés sur la participation des femmes ougandaises aux systèmes agroalimentaires
Les sections suivantes comprennent divers conseils et études de cas. Utilisez ces informations pour en savoir plus sur le sujet avant de discuter avec des agriculteurs et agricultrices, des agents de développement et des groupes d’agriculteurs et d’agricultrices pour voir si des réussites similaires ont lieu dans votre communauté, ou si les femmes sont confrontées à des défis similaires dans votre région. Vous pouvez également partager ces exemples de réussite sous la forme d’un spot radio « Le saviez-vous ? ». Enfin, vous pourriez essayer de contacter les personnes mentionnées dans ces récits afin de partager des informations actualisées sur ce que leur réussite leur a permis d’accomplir.
L’importance des groupements d’agriculteurs et d’agricultrices pour les agricultrices
- Les groupes d’agriculteurs et d’agricultrices peuvent aider leurs membres à négocier de meilleurs prix ou à accéder à des crédits pour acheter des intrants, tels que des semences et des engrais, ainsi que des technologies, comme des kits d’irrigation goutte à goutte, des séchoirs solaires ou des réfrigérateurs.
- Les caisses de crédit et autres dispositifs peuvent aider les membres à épargner collectivement et à distribuer des prêts à faible taux d’intérêt pour permettre aux femmes d’accéder à des fonds afin de subvenir aux besoins de leur foyer ou de leur entreprise.
- Les groupes d’agricultrices peuvent accéder plus facilement à des prêts auprès d’institutions financières formelles.
- Après les récoltes, les groupes d’agriculteurs et d’agricultrices peuvent regrouper leurs productions et trouver plus facilement des acheteurs qui seraient intéressés par de grandes quantités. Le groupe peut également être en mesure de négocier un meilleur prix que celui que les femmes obtiendraient en vendant individuellement.
- Les groupes de femmes agricultrices peuvent planifier et rechercher des débouchés à l’avance et cultiver des produits qui seront en demande durant la saison.
- Les groupes d’agriculteurs et d’agricultrices peuvent également avoir un meilleur accès à la formation et offrir à leurs membres l’occasion de partager leurs connaissances, de poser des questions et, de manière générale, de se soutenir mutuellement dans l’apprentissage et l’amélioration de leurs exploitations.
- Les groupes d’agriculteurs et d’agricultrices peuvent renforcer le soutien social, réduire l’isolement et renforcer les liens communautaires. Ils constituent également un espace permettant de mieux faire entendre sa voix et d’exercer un leadership. Les groupes d’agriculteurs et d’agricultrices ou les groupes d’épargne offrent aux femmes une plateforme pour s’organiser, défendre leurs intérêts et influencer les politiques. Ils aident les femmes à participer aux processus décisionnels locaux et nationaux.
Opportunités pour les femmes ougandaises dans les systèmes agroalimentaires
La chaîne de valeur du système agroalimentaire offre aux femmes ougandaises des opportunités auxquelles elles peuvent s’engager pour améliorer leur situation économique et celle de leur foyer. La chaîne de valeur agricole comprend les intrants, la gestion des exploitations, la récolte, la gestion post-récolte, la transformation et la commercialisation. Voici quelques exemples de réussite de femmes dans le système agroalimentaire ougandais.
Intrants
En Ouganda, le manque d’accès à des semences de qualité entraîne de faibles rendements agricoles, ce qui se traduit par une insécurité alimentaire et une aggravation de la pauvreté chez les petites agricultrices. Cependant, lorsqu’elles ont accès à des variétés de semences améliorées, les rendements augmentent. Dans la région de Teso, l’accès à la variété améliorée de graines d’arachide Serenut 14R a aidé un groupe de femmes à augmenter leurs rendements. En 2024, Paulina Apolot a récolté 40 sacs d’arachides sur ses cinq acres de terre, soit son meilleur rendement à ce jour.
Les sols ougandais sont pauvres en matière organique et les ménages dirigés par des femmes n’utilisent généralement pas beaucoup d’engrais. Cependant, lorsque l’engrais est correctement appliqué et associé à de bonnes pratiques agronomiques, les rendements augmentent. Doreen Nansasi, une agricultrice de Kito, dans le centre de l’Ouganda, a augmenté de 60 % ses rendements de maïs et de haricots en utilisant un engrais mélangé localement.
Une entreprise dirigée par des femmes fait figure de pionnière dans le domaine des intrants agricoles et des services de conseil. Agrifarm Uganda a été fondée par Agnes Mbabazi. Mme Mbabazi possède de nombreuses années d’expérience et de formation dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire, acquises au sein d’entreprises, mais elle a créé sa propre entreprise et gère désormais entièrement Agrifarm Uganda. Aujourd’hui, l’entreprise importe et distribue des engrais, des semences améliorées et des produits phytosanitaires. Elle propose également des formations aux agriculteurs et agricultrices, un soutien technique et une aide à l’accès aux marchés. Elle a déjà touché plus de 100 000 petit(e)s agriculteurs et agricultrices dans 40 districts.
Les haricots constituent l’un des aliments de base en Ouganda et sont récemment devenus une culture de rente. Cependant, de nombreux producteurs de haricots sont confrontés à des défis liés aux ravageurs et aux maladies, qui menacent leur sécurité alimentaire et leurs revenus. Nabajja Jema les aide à les surmonter en utilisant des semences et des pesticides de qualité pour garantir de bonnes récoltes, une alimentation saine et de bons revenus. Elle déclare : « Les ravageurs et les maladies constituent un problème grave. Lorsqu’on plante des haricots destinés à la vente, il faut tenir compte des maladies. » Mme Jema met de l’argent de côté chaque saison pour acheter de bonnes semences et des pesticides auprès de fournisseurs certifiés. Elle estime que sans semences ni pesticides, un agriculteur ou agricultrice qui prévoit de vendre sa récolte ne fera pas de bénéfices.
Anna Okeng cultive dans le village de Kulu Ingatu, dans le district d’Oyam, en Ouganda. Elle cultive des variétés améliorées de manioc et en tire des bénéfices. Cette femme de 45 ans explique : « Cette saison, j’ai planté un hectare de NASE 14, car cette variété résiste à la mosaïque du manioc. » Elle est ravie de cultiver des variétés améliorées, qu’elle se procure généralement auprès d’autres agriculteurs et agricultrices de son voisinage. Elle affirme que grâce à la culture du manioc, elle a pu payer les frais de scolarité de ses enfants.
Gestion agricole
L’adoption de meilleures pratiques agronomiques peut améliorer les rendements et les revenus agricoles. Grainpulse Limited et la Société financière internationale se sont associés pour former plus de 1 200 femmes ougandaises aux bonnes pratiques agricoles, comme l’épandage d’engrais et la lutte contre les ravageurs. Ces agricultrices ont ainsi pu augmenter leur productivité et de tripler leurs revenus issus de la vente de leurs récoltes, qui ont atteint 7,7 millions de dollars américains.
Josephine Nalwadda, agricultrice ougandaise et mère de quatorze enfants, a suivi une formation sur la planification, la gestion budgétaire et la tenue de registres, ce qui a permis d’améliorer les revenus de sa famille. Mme Nalwadda cultive du café à Kibali, un village situé à environ 55 kilomètres de Kampala, en Ouganda. Grâce à sa formation en littératie financière, elle épargne désormais auprès d’une coopérative et tient la comptabilité de l’association d’épargne de son village. Elle utilise ses nouvelles économies pour acheter un terrain et terminer la construction d’une nouvelle maison.
Dans le district de Pader, au nord de l’Ouganda, les femmes de la Pader Shea Nut and Agro-processing Society récoltent des plants dans leur pépinière pour les repiquer dans le but de restaurer les parcs de karité ougandais. Depuis 2004, la coopérative a réhabilité plus de 500 hectares, en associant cultures de karité à des cultures de maïs et de tournesol. Sarah Norah, la responsable de la coopérative, explique : « Nous espérons pouvoir augmenter les revenus de notre communauté. » Malgré les difficultés d’accès à des marchés plus vastes, la coopérative compte désormais plus de 1 400 membres et contribue ainsi au relèvement post-conflit et à l’autonomisation économique.
Voici quelques pratiques de gestion agricole de base que les femmes ougandaises actives dans les systèmes agroalimentaires peuvent adopter :
- Au début de la saison des pluies, préparer la terre en la labourant trois à quatre semaines avant les semis.
- Épandre du fumier ou du compost pendant la préparation du sol ou après les semis.
- Enlever les mauvaises herbes après le labour pour les empêcher de repousser ou de germer.
- Après les semis, surveiller les cultures pour détecter les mauvaises herbes, les maladies et les ravageurs.
- Pulvériser régulièrement des produits contre les ravageurs et les maladies et désherber la ferme.
- Une fois les cultures arrivées à maturité, récoltez-les rapidement pour éviter qu’elles ne s’abîment ou ne soient infestées par des ravageurs.
- Dans les régions où les précipitations sont rares, les groupes de femmes agricultrices peuvent mettre en commun leurs fonds pour acheter des kits d’irrigation destinés à arroser leurs cultures.
Valeur ajoutée
Les agricultrices ougandaises peuvent former des groupes de transformation au niveau des villages et s’engager dans la valorisation des produits après les récoltes. Cette valorisation permet d’augmenter la durée de conservation des cultures horticoles périssables et d’accroître les revenus des agriculteurs et agricultrices qui peuvent ainsi vendre leurs produits transformés plutôt que bruts.
L’Institut de recherche industrielle de l’Ouganda (UIRI) a formé 24 femmes de l’ouest du pays à la transformation du lait en ghee, yaourt, beurre, fromage, crème glacée et produits cosmétiques afin de diversifier leurs sources de revenus. Par la suite, les hommes les ont aidées à obtenir un prêt pour construire une mini-usine leur permettant de manipuler, de transformer et de conditionner leurs produits de manière adéquate et sûre. Cette initiative a contribué à briser le tabou selon lequel les femmes ne devaient pas travailler en dehors de leur foyer.
L’Alliance de Bioversity International et du CIAT, en collaboration avec Community Food Basket International (CFBI), a formé des agriculteurs et agricultrices de l’ouest de l’Ouganda à transformer le millet et le sorgho en farines composites rentables et riches en nutriments. Cette activité de valorisation gérée localement crée de nouvelles opportunités tant en termes de revenus que de nutrition.
En 1996, Julian Omalla a fondé Delight Uganda Limited, la plus grande usine de transformation de jus d’Ouganda, qui emploie plus de 400 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 4 millions de dollars. Avant de lancer cette entreprise, elle vendait des fruits au marché avec une brouette. Aujourd’hui, son entreprise transforme des jus de mangue, de goyave et de citron biologiques de haute qualité, issus de fruits cultivés dans son verger de 1 700 acres situé dans le nord du pays. Des cultures vivrières et commerciales sont pratiquées en association dans le verger afin de renforcer la sécurité alimentaire et les revenus des communautés locales. En 2021, Delight Uganda Limited détenait 45 % du marché ougandais des jus de fruits. Par l’intermédiaire du Delight Farm Institute, Omalla a également formé 9 800 femmes à la culture de plants d’arbres fruitiers, à la culture intercalaire et aux activités post-récolte. Les stagiaires fournissent ensuite des fruits à Delight Uganda Limited, qui les transforme, leur garantissant ainsi des revenus durables.
En 2011, Lovin Kobusingye a fondé Kati Farms, une entreprise de transformation du poisson, avec 700 euros (820 dollars américains), dans le but de réduire les pertes et le gaspillage de poisson. Son entreprise s’approvisionne en tilapia et en poisson-chat bruts auprès de plus de 1 000 pisciculteurs. L’entreprise transforme le poisson en saucisses, poudre, cubes, biscuits, huile, filets, bâtonnets, en-cas, farine de poisson pour animaux de compagnie, ainsi qu’en poisson salé et séché. Les produits de la mer à valeur ajoutée de Kati Farms sont vendus dans les supermarchés, les restaurants et chez les marchands ambulants ougandais. En 2017, Kati Farms était évaluée à 350 000 euros (410 000 dollars américains) et employait 38 personnes, dont 28 femmes. L’entreprise faisait également travailler indirectement 500 autres personnes, notamment des livreurs et des vendeurs ambulants qui commercialisaient les produits de la pêche. Avant de créer Kati Farms, Mme Kobusingye a suivi, en 2011, une formation technique sur la valorisation des produits de la pêche dispensée par le ministère ougandais de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. Elle a ensuite bénéficié du soutien de l’Institut de recherche industrielle ougandais, dont elle a utilisé les équipements pour tester de nouvelles idées.
Dans le district d’Oyam, en Ouganda, les producteurs de manioc récoltent leur culture et la transforment en farine de manioc de haute qualité plutôt que de se contenter de vendre du manioc brut. Joyce Otim explique que la farine de manioc de haute qualité se vend quatre fois plus cher que le manioc frais et à l’état brut. En 2020, Mme Otim faisait partie des agricultrices qui formaient d’autres femmes à la production de farine de manioc de haute qualité à l’aide de machines de transformation à petite échelle. La farine de manioc de haute qualité est fabriquée à partir de manioc non fermenté et nécessite plusieurs étapes, notamment l’épluchage, le lavage, le râpage, le pressage, le séchage, la mouture et le tamisage du manioc.
Commercialisation et diversification des revenus
En 2021, 700 femmes de Mityana, en Ouganda, ont augmenté leurs revenus agricoles après avoir regroupé leur production de maïs pour répondre à la demande d’une grande entreprise avicole. Elles ont également fait passer leur épargne personnelle de moins d’un dollar à 8 dollars américains. La coopérative des cultivatrices de maïs de Mityana a été créée en juillet 2022 pour aider les femmes à lancer et à développer des entreprises rentables et durables.
Linet Nalugo Musana a d’abord reçu des plants de patates douces à chair orange d’une organisation non gouvernementale locale appelée Volunteer Efforts for Development Concerns, ou VEDCO. Mais c’est en écoutant les émissions agricoles diffusées sur Radio Simba et CBS FM en 2018 qu’elle a acquis les connaissances et les compétences nécessaires pour cultiver cette nouvelle variété de patate douce. Ces deux stations diffusent des émissions spécifiquement destinées aux cultivateurs et cultivatrices de patates douces à chair orange, en leur donnant des conseils sur les méthodes de plantation, la lutte contre les ravageurs et l’utilisation d’herbicides. Mme Musana a planté jusqu’à six acres par an et a gagné jusqu’à 3 millions de shillings ougandais (soit 803 dollars américains), bien plus qu’avec d’autres variétés de patates douces. Elle a également trouvé de nouveaux acheteurs grâce à la radio et vend 45 kg par semaine à l’Institut ougandais du cancer.
Dans le village d’Atek, dans le district de Kole, à environ 400 kilomètres au nord de Kampala, les membres du groupe de femmes Par-Pi Anyim cultivent des plants afin de générer des revenus supplémentaires et d’améliorer leur environnement local. Créé en 2002, le groupe comptait 30 membres en 2019 et disposait d’un terrain de 0,5 hectare. Les femmes ont découvert le commerce de la culture et de la vente de plants d’arbres en 2001 grâce à une organisation Canadian Physician for Aids and Relief (CPAR), qui soutient les personnes vivant avec le VIH. Les membres du groupe cultivent différents types de plants, notamment des pins, des eucalyptus, des orangers et des manguiers. Les prix des plants varient entre 1 000 et 5 000 shillings ougandais (0,27 à 1,35 dollar américain).
Le plus grand défi auquel les agriculteurs sont confrontés après la récolte est la commercialisation, en particulier si les produits sont périssables ou si l’offre est excédentaire. Voici quelques conseils pour aider les agricultrices ougandaises à commercialiser efficacement leurs produits :
- Rechercher des débouchés potentiels avant de planter, au début de la saison.
- Regroupez vos récoltes pour les vendre sur les marchés où la demande est forte.
- Stockez les produits non périssables comme les céréales sèches et attendez que les prix augmentent sur le marché. Si vous optez pour cette solution, investissez dans des technologies post-récolte pour éviter la détérioration des produits.
- Vendre en groupe pour renforcer leur pouvoir de négociation avec les intermédiaires et les courtiers lors de la vente de leurs produits agricoles.
- Créer des groupes de transformation artisanale pouvant accéder à des prêts et commercialiser leurs produits à valeur ajoutée.
Pour plus d’informations, consultez la fiche d’information de Radios Rurales Internationales sur le rôle des femmes dans la commercialisation des produits agricoles, qui se concentre sur le contexte ghanéen.
Soutien aux femmes ougandaises dans les systèmes agroalimentaires
Formation
La section ougandaise de l’African Women in Processing (AWIP) aide les femmes à transformer leurs petites industries artisanales en entreprises formelles en leur fournissant du matériel, des formations et des locaux.
L’African Women Agribusiness Network Uganda soutient les entreprises dirigées par des femmes en leur apportant des compétences, un accès au financement et des liens avec les marchés.
L’association Guzakuza Women in Agribusiness Association favorise la croissance des entreprises agroalimentaires dirigées par des femmes grâce au réseautage, à la formation et au mentorat.
Des prêts flexibles peuvent stimuler la croissance des entreprises agroalimentaires dirigées par des femmes. Aceli Africa s’associe à des coopératives d’épargne et de crédit (SACCO) en Ouganda et au Kenya afin qu’elles accordent des prêts aux petites et moyennes entreprises agricoles dirigées par des femmes.
Programmes de développement gouvernementaux
Le Modèle de développement paroissial (PDM) mis en place par le gouvernement est une approche multisectorielle qui vise à garantir la participation active de chaque Ougandais à l’économie formelle. La paroisse constitue ainsi le niveau administratif et opérationnel le plus bas pour la planification. L’un des objectifs est de promouvoir l’inclusion financière par le biais du Fonds renouvelable paroissial et des coopératives d’épargne et de crédit (SACCO), mais aussi d’accroître la productivité agricole et la commercialisation. Dans le domaine agricole, des experts aident chaque paroisse à sélectionner des projets susceptibles d’augmenter ses revenus. Les paroisses acquièrent de meilleures races d’animaux pour la viande et le lait, cultivent des produits à forte valeur ajoutée ou se lancent dans des activités de transformation. Dans le district de Kiryandongo, le PDM a aidé les femmes rizicultrices à augmenter les revenus de leur foyer de 450 % et a créé 200 emplois locaux après la mise en place d’une usine de transformation du riz. Florence Nabutono a obtenu un prêt d’un million de shillings ougandais (269 dollars américains) auprès d’une coopérative d’épargne et de crédit (SACCO) du PDM. Elle a utilisé ce prêt pour acheter une truie qui a mis bas. Elle a vendu les porcelets pour payer les frais de scolarité, puis a diversifié ses activités en créant une entreprise avicole florissante. Impressionné par son entreprise avicole, le président ougandais lui a accordé 10 millions de shillings ougandais supplémentaires (2 685 dollars américains) pour acheter des génisses destinées à la production laitière.
L’Operation Wealth Creation (OWC) est un programme gouvernemental lancé en 2013 pour encourager les Ougandais à se lancer dans l’agriculture commerciale, notamment en formant les petit(e)s agriculteurs et agricultrices et en soutenant le développement des entreprises locales. En 2026, l’OWC a également fait don de 8 millions de shillings ougandais (2 150 dollars américains) pour soutenir une coopérative d’épargne et de crédit (SACCO) destinée aux femmes exerçant une activité commerciale informelle dans les secteurs de l’alimentation et de l’élevage de volaille, dans la région de Laroo-Pece. Dans le district de Lira, un groupe de 15 femmes a reçu deux génisses du Programme national ougandais de services de conseil agricole (NAADS). Ces génisses leur fournissent 20 litres de lait par jour, qu’elles vendent entre 1 500 et 2 000 shillings ougandais (0,40 à 0,54 dollar américain) le litre. Le fumier produit chaque année par les génisses leur rapporte 1 million de shillings ougandais supplémentaires (269 dollars américains).
Programmes de financement rural
En Ouganda, l’agriculture de subsistance dépend fortement d’intrants tels que les semences, les engrais et les pesticides. Grâce aux programmes de financement rural, les agriculteurs peuvent se procurer des intrants de meilleure qualité, notamment des semences améliorées et certifiées. Cependant, les femmes rencontrent davantage d’obstacles que les hommes pour obtenir des prêts. Dans la région de Karamoja, Betty Nakut, mère de quatre enfants, fait partie d’un groupe d’épargne villageois où les femmes mettent leurs fonds en commun. Ces fonds lui ont permis de scolariser ses enfants et de cultiver des produits plus nutritifs et plus rentables, comme des haricots riches en fer. Les jeunes agricultrices peuvent également obtenir des prêts auprès de Simbuka pour transformer leurs activités agricoles en entreprises agricoles viables. En 2024, 600 jeunes femmes ont reçu 34 960 shillings ougandais (9,35 dollars américains) pendant 100 semaines pour développer leurs jeunes entreprises agricoles.
Vulgarisation agricole
En Ouganda, les services de vulgarisation agricole s’adressent souvent davantage aux hommes qu’aux femmes. Mais le vent tourne, car de plus en plus de femmes deviennent agents de vulgarisation. Margret, mère de quatre enfants forme des hommes et des femmes aux pratiques agronomiques telles que la lutte contre les ravageurs et les maladies, les techniques de plantation, le compostage, l’application de pesticides et la manutention des produits après la récolte. Elle forme cinq groupes d’agriculteurs et d’agricultrices composés de plus de 100 personnes. Dans le district de Lamwo, en Ouganda, la plupart des femmes ont été formées par les agents de vulgarisation agricole aux techniques de plantation résilientes, à la lutte contre les ravageurs et à la manutention post-récolte. Cette formation a permis d’augmenter les rendements agricoles et de donner aux femmes les moyens de devenir formatrices au sein de leur communauté, renforçant ainsi la sécurité alimentaire.
Acknowledgements
Rédigé par : James Karuga, journaliste agricole, Kenya
Révisé par : Stella Everline Adur Okello, économiste agricole, Organisation nationale de recherche agricole
Cette ressource est financée par la Fondation IKEA dans le cadre du projet « Plateformes de communication pour un dialogue durable et le partage des connaissances ».
Information sources
Où puis-je trouver d’autres ressources sur ce sujet ?
Documents
- Aisha Musaazi S. Nakitto, Seraphin Niyonsenga, Ndeye Yacine Barry, David O. Ouma, 2024. VALUE-UP: Policy Innovations to Advance Africa’s Food Processing Sector for Growth, Jobs, and Health. https://www.mamopanel.org/media/uploads/files/VALUE-UP_Policy_Innovations_to_Advance_Africas_Food_Processing_Sector_for_Growth_Jobs_and_Health.pdf (17.5 MB).
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