Le maïs en classe

Cultures agricoles

Notes au radiodiffuseur

Aujourd’hui je vais vous parler d’un jardin d’école. Il n’est pas question seulement d’agriculture. Et ça ne concerne pas seulement les agriculteurs. Si vous êtes enseignant(te) vous y trouverez peut être des idées qui peuvent profiter à vos élèves. Si vous êtes un parent, votre enfant peut tirer profit de l’expérience de ces élèves de Jamaïque.

Les enfants apprennent en faisant. C’est la devise de « All Age School » (l’école pour tous les âges) une école de Sligoville dans une région rurale de Jamaïque. La directrice de l’école, Claudette Power, croit que les élèves apprennent mieux dans le cadre de projets. C’est pourquoi elle a encouragé les élèves et les enseignants à cultiver un jardin d’école. Les enfants acquièrent un savoir faire qu’ils peuvent utiliser dans leur communauté. Les enseignants trouvent de nouvelles façons d’enseigner en incluant à leurs programmes des leçons apprises dans le jardin. Et tout le monde y trouvera une nourriture très bonne et nourrissante!

Sligoville est une communauté installée sur le flanc d’une colline au centre de la Jamaïque. Ici la terre riche est abondante. Et l’agriculture est un mode de vie pour beaucoup de gens.

L’école de Sligoville est située sur une côte au dessus du village. Un tableau près de la porte d’entrée énumère tous les projets de production de nourriture entrepris à l’école. Tous les projets tournent autour de leur jardin d’école. La semaine d’étude commence avec des discussions sur l’agriculture. La directrice parle de nouvelles idées sur l’agriculture. Les enseignants bâtissent leurs cours à partir de ces discussions.

Texte

En classe

Dans la salle de classe, les élèves travaillent sur un produit différent chaque année, à travers des activités nombreuses et différentes. Cette année, ils étudient le maïs. Les enseignants s’arrangent pour faire en sorte qu’un cours soit centré sur l’étude du maïs. Par exemple les élèves du début du secondaire étudient le maïs durant leur cours de musique. Ils chantent et composent des chansons sur le maïs et ce qu’il peut donner comme nourriture pour leurs familles. Les élèves de la classe au dessus confectionnent des objets d’artisanat à partir du maïs. Ils font des poupées et des instruments de musique avec des feuilles de maïs. Les élèves plus âgés étudient le vocabulaire de l’import export.

Ils apprennent l’emploi des temps et des mots ayant un rapport avec l’industrie agricole tels que les cultures, la plantation, les marchés et le salaire. Et ils écrivent des poèmes et des lettres sur la culture du maïs. Les enfants de la fin du secondaire étudient le maïs durant leurs cours de sciences. Ils étudient les différents insectes du maïs comme le ver du maïs (Heliothis zea) ou les pucerons des racines de maïs. Puis ils étudient les populations et apprennent comment réduire le nombre d’insectes indésirables dans le jardin.

Et puis il y a un autre avantage qui vous réjouira: l’amarante a très peu de problèmes avec les insectes ou les maladies.

Dans le jardin

Tous les enfants travaillent dans le jardin. Chaque classe s’occupe d’un petit lotissement avec quelques produits comme les carottes, le maïs et le thym. Les plus jeunes élèves cultivent des produits sur les côtés de l’école. Les plus âgés cultivent un grand jardin d’environ un acre de terrain appartenant à l’école. Cette année, ils ont planté des produits à racines comestibles comme les betteraves, les carottes, les ignames et les navets. Ils font pousser du maïs, des concombres, des tomates, de la laitue, des choux et des chaïotes (Sechium edule) en plein centre du jardin. Des rangées de plantain, de bananes et de cacao sont cultivées au fond du jardin.

Le jardin est complètement biologique. Cela veut dire que les enfants n’utilisent pas d’insecticides chimiques sur leurs produits. Ils ont trouvé d’autres moyens d’éliminer les insectes. Ils ont appris que certaines herbes et fleurs plantées dans le jardin peuvent aident à éloigner les insectes. Par exemple, ils ont appris qu’une espèce particulière de souci élimine les vers minuscules qu’on trouve dans le sol et que l’on appelle des nématodes. Les nématodes attaquent les racines de nombreuses plantes.

Alors les enfants ont fait pousser des soucis autour de plusieurs de leurs produits. Ils fabriquent eux mêmes leurs insecticides. Ils ont planté des arbres de neem sur le devant du jardin. Les feuilles et les graines du neem peuvent être utilisées pour fabriquer une solution à vaporiser pour éliminer les insectes indésirables. Ils font aussi pousser de la menthe, du thym et du basilic pour éliminer les insectes. Les odeurs fortes de ces plantes éloignent certains insectes.

Tous les enfants apprennent à faire du compost. Ils utilisent le compost pour fertiliser leurs produits. Toute l’année, ils ramassent des matières nécessaires à la fabrication du compost chez eux, à l’école et dans les villages voisins. Cela inclut des restes de fruits et de légumes, du fumier d’origine animale, des feuilles et de l’herbe. Ils ramassent les crottes de rats et de chauve souris dans les caves proches. Ils rapportent de chez eux du fumier du bétail et des poules. Ils utilisent les crottes des lapins qu’ils élèvent dans une cage derrière l’école.

Le compost de l’école est divisé en deux tas séparés par une clôture de bambou. Les enfants transvasent des matières d’un côté vers l’autre deux à trois fois par semaine. Ainsi, les matières plus récentes sont remuées souvent. Ils recouvrent le compost d’un grand sac en plastique pour le protéger de la pluie et du soleil. Cela aide à maintenir le compost humide, mais pas trop. Les enfants font aussi pousser des jeunes plants dans une pépinière derrière l’école. Ils utilisent leurs récipients de boissons vides pour mettre les jeunes plants. Comme cela, ils recyclent leurs récipients de boissons au lieu de les jeter. Ils donnent certaines de ces jeunes plants à d’autres écoles de la région pour qu’elles puissent, à leur tour, démarrer leurs jardins d’école.

La réussite du jardin

Beaucoup de gens participent pour faire du jardin une réussite. Parents, anciens élèves et d’autres personnes de la communauté donnent des semences, des boutures et des jeunes plants. Deux membres de la communauté sont payés pour prendre en charge les tâches les plus difficiles du jardin. Les enfants apprennent ce qu’est l’agriculture biologique, le recyclage et l’histoire de l’agriculture au centre d’éducation environnementale du village, en ville. D’autres gens donnent des conseils gratuits et offrent une partie de leur temps tout au long de l’année.

La récolte est l’occasion de fêter. Les enfants mangent une grosse quantité des aliments qu’ils cultivent. Une partie sert à préparer des repas à la cantine de l’école. Des élèves emportent des fruits et des légumes chez eux. L’école vend aussi de la nourriture à la communauté.

Le jardin gagne sur tous les tableaux. Chaque année il remporte la première place au concours national des jardins d’écoles depuis qu’il existe. Les enfants en sont très fiers. Maintenant il va servir de jardin modèle pour que les autres écoles viennent le visiter et s’initier à l’agriculture biologique.

Vous aussi pourrez prendre cette école de Jamaïque comme modèle pour démarrer votre propre jardin d’école dans votre communauté.

– FIN –

Acknowledgements

Ce texte a été écrit par Belinda Bruce, Assistante éditrice au Réseau de radios rurales des pays en développement, Toronto, Canada.

Il est basé sur des entrevues accordé par le personnel, les étudiants et les membres de la communauté, qui sont impliqués dans le projet avec l’école « Sligoville All Ages School », et par Annie Gorski de l’organisation Peace Corps Volunteer à Sligoville, Jamaïque.