Innovation des jeunes dans l’entrepreneuriat agricole : l’emballage, un atout pour attirer la clientèle

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Notes au radiodiffuseur

En République démocratique du Congo (RDC), les jeunes s’engagent dans l’entrepreneuriat agricole pour subvenir à leurs besoins vitaux. Ainsi, ils s’investissent dans la culture des fruits et légumes.

Ce texte radiophonique met en lumière l’initiative de jeunes agriculteurs qui se servent de l’emballage de leurs produits comme un outil de marketing efficace pour séduire la clientèle. Cet emballage devient ainsi un moyen stratégique qui reflète la qualité et l’authenticité de leurs produits agricoles. En développant une offre attrayante, ces jeunes acquièrent également des compétences essentielles en gestion, en marketing et en entrepreneuriat.

Pour produire une émission similaire sur l’usage des emballages dans la pratique de la culture des légumes et des épices pour attirer la clientèle, vous pourriez vous inspirer de ce texte. Si vous décidez de le présenter dans le cadre de votre émission régulière, vous pouvez choisir des acteurs et actrices vocales ou des animateurs et animatrices pour représenter les personnes interviewées. Dans ce cas, veuillez informer votre auditoire au début de l’émission, qu’il s’agit de voix d’acteurs et d’actrices ou d’animateurs et d’animatrices et non celles des véritables personnes interviewées.

Si vous souhaitez créer des émissions sur l’usage des emballages dans la pratique de la culture des légumes et des épices pour attirer la clientèle, entretenez-vous avec un entrepreneur agricole et un expert agroalimentaire. Vous pourriez par exemple, poser les questions suivantes à vos interlocuteurs :

  • Grâce à quelle technique vos légumes et épices sont sûrs pour la consommation?
  • Quelles mesures prenez-vous pour prévenir la contamination des cultures par des agents pathogènes ou des produits chimiques nocifs?
  • Quelles sont les méthodes que vous avez mises en place pour la vente efficace ou accélérée de vos produits?
  • Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs agricoles pour se démarquer grâce à l’emballage
  • Quels types d’emballages sont les plus adaptés aux légumes frais et aux épices transformées ?

Texte

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné

 

ANIMATEUR.TRICE:
Bonjour chers auditeurs et auditrices, bienvenue dans notre émission. Aujourd’hui, nous parlerons des jeunes qui s’intéressent à la culture des légumes et des épices dans la province du Kasaï-central en RDC.

Dierci Kamba est un jeune producteur de légumes et d’épices depuis deux ans. Aujourd’hui, il nous parle de ses techniques pour attirer la clientèle. Nous allons également donner la parole à son ami Michel Tshisanga avec qui il a créé son entreprise agricole appelée Agri-Congo. Enfin, nous recevrons dans le cadre de cette émission, Séraphin Kankonde, un expert qui reviendra sur quelques stratégies pouvant aider les entrepreneurs agricoles à booster leurs activités.

 

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné

 

ANIMATEUR.TRICE:
Bonjour Monsieur Dierci Kamba, merci d’avoir accepté à notre invitation. Vous êtes, depuis 2022, le responsable de l’entreprise agricole dénommée Agri-Congo, spécialisée dans la culture maraîchère. Dites-nous ce qui vous a motivé à vous lancer dans la culture des légumes et des épices?

DIERCI KAMBA :
Je me suis lancé dans la culture des légumes et des épices pour répondre au besoin pressant de la communauté. Je suis motivé à produire les épices et légumes parce que dans notre province du Kasaï-central, il y a une insuffisance d’épices et de légumes sur le marché. Nous faisons face à l’importation des épices en provenance de Lubumbashi, une de province de la République démocratique du Congo. Ce qui rend les épices chers. C’est ainsi qu’en tant qu’entrepreneur, j’ai préféré répondre à ce besoin de la communauté.

ANIMATEUR.TRICE :
À quel moment avez jugé opportun de vous lancer dans l’agroalimentaire?

 

DIERCI KAMBA :
Je suis dans la culture des légumes et des épices depuis deux ans. L’idée de me lancer dans les activités agricoles m’est venue après avoir suivi la formation au centre des ressources organisée par le conseil provincial de la jeunesse. J’ai jugé opportun de me lancer dans l’agroalimentaire au moment où j’ai constaté que la production agricole seule ne suffisait pas à créer une réelle valeur économique. Les pertes post-récolte, la fluctuation des prix et la demande croissante pour des produits transformés, mieux emballés et plus durables m’ont convaincu qu’il fallait aller au-delà de la culture Ma famille n’avait pas les moyens pour me permettre de poursuivre mes études universitaires. C’est ainsi que je me suis inscrit à cette formation de trois mois au terme de laquelle, j’ai reçu mon attestation. C’est là que j’ai eu quelques notions clés des activités agricoles. Ainsi, je me suis lancé sans attendre dans la culture maraîchère après avoir créé ma propre entreprise.

ANIMATEUR.TRICE :
Pour vous lancer, avez-vous reçu du soutien?

DIERCI KAMBA :
Non! Depuis que j’ai créé l’entreprise, je n’ai reçu aucun soutien. Dès le début, avant de créer mon entreprise Agri-Congo, j’ai été confronté à d’énormes difficultés financières. Tellement motivé par mon idée d’entreprise, j’étais à la recherche d’une aide financière pour acquérir un espace afin de démarrer mes activités agricoles. Plus tard, j’ai rencontré quelqu’un à qui j’ai parlé de mon idée. Il m’a encouragé en m’offrant gratuitement 12 hectares. C’est le seul soutien que j’ai eu au début de ma carrière.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels sont les types des légumes et des épices que vous cultivez?

DIERCI KAMBA :
Je produis des amarantes, des gombos, des tomates, des céleris, des choux, des oignons et des piments. Certains de ces légumes et épices ont des besoins en eau variés. Par exemple, le gombo et le céleri sont assez exigeants en eau et nécessitent un arrosage régulier pour se développer correctement. Les tomates et les choux requièrent également un sol bien hydraté pour bien croître. Bien qu’ils aient des besoins modérés ou élevés en eau, ils peuvent souffrir en cas de sécheresse. Les tomates, en particulier, ont besoin d’une humidité suffisante, surtout pendant la phase de fructification.

En revanche, l’amarante et les oignons sont un peu plus tolérants aux conditions sèches, même si un bon niveau d’humidité reste idéal pour optimiser leur croissance. Je réfléchis à m’étendre à la culture du tarot et de la patate douce car j’ai besoin d’augmenter ma production pour répondre aux besoins de mes clients.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que l’activité vous est rentable?

DIERCI KAMBA :
Tout à fait! Nous produisons deux fois par an, et à chaque production, nous vendons pour 700.000 francs Cfa. Pour mes récoltes, je fais environ 10 à 12 tonnes par saison, selon les conditions climatiques et les soins apportés à mes cultures. Ainsi, je récolte 20 à 22 tonnes par an.

En termes de répartition, les tomates représentent environ 30% de ma production, suivies des gombos avec 25%. Les céleris et les choux constituent environ 15% chacun, tandis que les oignons et les piments représentent chacun environ 7%. Les amarantes complètent le reste.

Côté rentabilité, les légumes sont généralement plus rentables que les épices. Les tomates et les gombos sont vraiment rentables pour moi.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment veillez-vous à ce que les légumes et les épices que vous cultivez soient sûrs à la consommation?

DIERCI KAMBA :
Tout d’abord, nous choisissons des semences certifiées provenant de sources fiables, ce qui pose une bonne base pour la sécurité alimentaire.

Ensuite, nous privilégions les méthodes de culture biologique. Cela inclut la rotation des cultures et l’utilisation de compost. Ce qui nous permet de réduire l’utilisation de pesticides chimiques. De plus, nous veillons à ce que l’eau d’irrigation soit propre et exempte de contaminants.

 

ANIMATEUR.TRICE :
Quelles sont les méthodes mises en place pour la vente efficace ou accélérée de vos produits?

DIERCI KAMBA :
Nous nous sommes distingués des autres vendeurs sur le terrain. Pour la vente accélérée de nos produits, nous avons mis en place deux techniques. La première est que nous emballons nos produits avec des sachets biodégradables ou carrément avec des feuilles de tarot. C’est après ça que nous nous rendons auprès de nos clients qui sont d’abord identifiés. Ensuite, si nous remarquons que d’autres produits restent, nous commençons à chercher d’autres clients. Nous leur parlons de nos produits, s’ils sont intéressés, nous pouvons leur laisser ça à crédit ou ils achètent en payant cash. Pour d’autres, par moment, nous prenons rendez-vous pour la prochaine récolte.

ANIMATEUR.TRICE :
Merci beaucoup Monsieur Dierci Kamba pour ces précisions. A présent, nous allons recevoir Michel Tshisanga, coordonnateur de l’entreprise Agri-Congo. Comment avez-vous commencé à travailler dans cette entreprise agricole?

MICHEL TSHISANGA :
Je considère mes débuts dans cette entreprise agricole comme une découverte. J’étais passionné de l’agriculture et une façon de réaliser cette passion était de faire partie d’un groupe de gens qui ont la même vision que moi. Au départ, je ne le faisais pas pour un salaire mais plutôt par passion. Au sein de l’entreprise Agri-Congo, je suis le coordonnateur. A ce titre, je supervise les opérations agricoles, j’assure la qualité des produits et je collabore avec l’équipe pour optimiser la production.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir l’agriculture comme domaine de travail?

MICHEL TSHISANGA :
J’ai d’abord suivi une formation au cours de laquelle j’ai compris l’importance des activités agricoles. L’intérêt pour la nutrition m’a poussé à chercher à comprendre comment les aliments sont cultivés. L’agriculture durable est essentielle pour la santé des consommateurs. Beaucoup de nos jeunes préfèrent souvent le travail de bureau, pourtant, il est tout à fait possible de gagner sa vie grâce aux activités agricoles.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment Dierci Kambi, le responsable de l’entreprise, vous aide-t-il à progresser dans votre rôle?

MICHEL TSHISANGA :
Il me guide en me donnant des conseils pratiques fondés sur son expérience, ce qui m’aide à prendre des décisions éclairées. Par exemple, il partage des stratégies efficaces qu’il a utilisées dans des situations similaires, ce qui me permet d’éviter des erreurs. De plus, il organise des réunions régulières où nous discutons de mes défis et de mes réussites, m’offrant des retours constructifs. Son soutien constant renforce ma confiance en moi et me motive à relever de nouveaux défis. Grâce à sa bienveillance, je me sens valorisé et encouragé à développer mes compétences.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels défis rencontrez-vous dans votre travail quotidien?

MICHEL TSHISANGA :

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné

ANIMATEUR.TRICE :
Merci beaucoup Monsieur Michel Tshisanga pour ce partage d’expériences. Pour terminer cette émission, nous recevrons Séraphin Kankonde, qui est spécialiste agro-alimentaire. Quelles sont les principales motivations qui poussent les jeunes à s’engager dans le secteur agricole aujourd’hui?

SERAPHIN KANKONDE :
Tout d’abord, il y a une forte prise de conscience des enjeux environnementaux et alimentaires. Beaucoup de jeunes sont motivés par le désir de contribuer à la sécurité alimentaire et à la durabilité. De plus, l’agriculture moderne offre des opportunités d’entrepreneuriat, avec des modèles économiques innovants

 

ANIMATEUR.TRICE :
Quels types de programmes éducatifs ou de formations sont disponibles pour encourager les jeunes à se lancer dans l’agriculture?

SERAPHIN KANKONDE :
Il existe de nombreux programmes éducatifs, allant des écoles agricoles aux formations professionnelles, des séminaires, et aux universités spécialisées. Des initiatives de mentorat et des stages en exploitation permettent également aux jeunes d’acquérir une expérience pratique. De plus, des ateliers et des cours en ligne sur des sujets comme l’agriculture durable et l’agroécologie deviennent de plus en plus populaires.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels sont les principaux défis auxquels les jeunes agriculteurs ou agricultrices font face actuellement?

SERAPHIN KANKONDE :
Les jeunes agriculteurs font face à plusieurs défis, notamment l’accès au financement, le coût élevé des terres et des équipements, lourdeurs administratives et une bureaucratie parfois décourageante. De plus, la gestion des risques liés au climat et aux marchés peut être intimidante pour ceux qui commencent. Enfin, il y a un besoin d’accompagnement et de formation continue pour naviguer dans un secteur en constante évolution

ANIMATEUR.TRICE :
Comment l’accès à une eau propre influence-t-il la productivité agricole, en particulier pour les jeunes agriculteurs?

SERAPHIN KANKONDE :
L’accès à une eau propre est crucial pour la productivité agricole. Une eau de qualité permet d’assurer une croissance saine des cultures et de réduire les risques de maladies. Pour les jeunes agriculteurs, cela signifie des rendements plus élevés et un meilleur retour sur investissement, ce qui est déterminant pour le succès de leurs exploitations.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment trouver la culture des légumes et des épices dans la province du Kasaï-central?

SERAPHIN KANKONDE :
La culture des légumes dans la province du Kasaï-Central présente à la fois des opportunités et des défis. D’une part, la diversité des sols et le climat favorable permettent une grande variété de cultures, ce qui peut répondre aux besoins alimentaires de la population locale. Les légumes tels que les tomates, l’ ail, les oignons ont un bon potentiel de marché, non seulement pour la consommation locale, mais aussi pour l’exportation vers d’autres régions.

Cependant, il existe également des défis significatifs à surmonter. La gestion de l’eau est cruciale, surtout pendant les saisons de sécheresse. Il est essentiel d’adopter des techniques d’irrigation efficaces pour maximiser les rendements. De plus, l’accès à des formations et à des outils agricoles modernes reste limité pour de nombreux agriculteurs. Cela souligne l’importance de l’éducation et du partage des connaissances sur les pratiques durables et les innovations en matière de culture.

Il est également important de promouvoir des initiatives de coopération entre agriculteurs afin d’échanger des bonnes pratiques et de relever les défis communs. En conclusion, bien que la culture des légumes au Kasaï-Central offre un potentiel prometteur, il est nécessaire de travailler collectivement pour optimiser les ressources et améliorer les techniques agricoles. Je reste convaincu que, avec le bon soutien, cette région peut devenir un pôle de production de légumes de qualité.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment percevez-vous la stratégie de marketing à travers l’emballage des légumes et des épices?

SÉRAPHIN KANKONDE :
L’emballage des légumes et des épices est un aspect crucial qui mérite une attention particulière, surtout dans un marché en pleine expansion comme le nôtre. À mon avis, un bon emballage préserve non seulement la fraîcheur et la qualité des produits, mais il joue également un rôle clé dans l’attractivité pour les consommateurs. Actuellement, il existe encore des opportunités d’innovation dans ce domaine. Par exemple, l’utilisation de matériaux écoresponsables peut non seulement aider à réduire les déchets plastiques, mais aussi répondre à la demande croissante des consommateurs pour des produits durables.

J’encourage vivement les jeunes à envisager de s’engager dans le secteur de l’emballage. C’est un domaine où vous pouvez vraiment faire la différence tout en ajoutant de la valeur à vos produits. En explorant des solutions d’emballage créatives et durables, vous pouvez non seulement améliorer l’image de vos produits, mais aussi contribuer à un développement plus respectueux de l’environnement. Les jeunes entrepreneurs sont essentiels pour innover dans ces pratiques et transformer notre approche de l’emballage.

En embrassant cette voie, vous aurez l’occasion de vous démarquer sur le marché tout en faisant preuve de responsabilité sociale et environnementale. N’hésitez pas à participer à des ateliers ou à des programmations sur l’innovation et l’emballage, car chaque petite initiative compte. Ensemble, nous pouvons élever nos normes d’emballage et, par conséquent, améliorer la perception de nos légumes et épices, tant au niveau local qu’international.

ANIMATEUR.TRICE:
Merci beaucoup Monsieur Séraphin Kankonde. C’est ainsi que nous mettons un terme à notre émission axée sur l’usage des emballages dans la pratique de culture des légumes et des épices pour attirer la clientèle. Nous devons retenir que l’agriculture joue un rôle crucial dans l’avenir des jeunes, leur offrant des opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat. En s’engageant dans ce secteur, ils peuvent contribuer à la sécurité alimentaire tout en développant des compétences pratiques et techniques. L’agriculture moderne, avec ses innovations et ses pratiques durables, attire de plus en plus de jeunes, leur permettant de s’impliquer dans des projets qui favorisent à la fois l’économie locale et la préservation de l’environnement. En soutenant les jeunes agriculteurs et agricultrices, nous investissons dans un avenir plus durable et prospère.

 

Merci pour votre aimable attention, et à bientôt pour une nouvelle émission.

Acknowledgements

Rédaction : Pierre Kabakila Pasuanzambi journaliste et communicologue en république démocratique du Congo (RDC)

Révisé par : Leonard Jose Kazadi ingénieur Agronome. Assistant à l’Institut Superieur d’agronomie Tropicale en RDC.

Entretiens et interviews :

  • Dierci Kamba, responsable de l’entreprise Agri Congo. Interview réalisée le 6 septembre 2024.
  • Michel Tshisanga, coordonnateur adjoint de l’entreprise Agri Congo. Interview réalisée le 6 septembre 2024.
  • Séraphin Kankonde, expert en agroalimentaire, enseignant à l’université pédagogique de Kananga (UPKAN). Interview réalisée le 07 septembre 2024.

Information sources

  1. FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) : https://www.fao.org/home/en](https://www.fao.org/home/en
  2. IFAD (Fonds international de développement agricole) : https://www.ifad.org/en/](https://www.ifad.org/en/
  3. Helvetas : https://www.helvetas.org/en/switzerland](https://www.helvetas.org/en/switzerland