Côte d’Ivoire : des femmes prennent la parole sur la santé reproductive

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Notes au radiodiffuseur

Créée en 2003, à Bouaké, au plus fort de la crise militaro-civile, l’ONG AIDSCOM, Association Ivoirienne pour le Développement Social et Communautaire, intervient dans les domaines de la santé communautaire et principalement sur le volet sensibilisation au VIH-SIDA.

Pleinement dans les domaines de la santé communautaire, de la bonne gouvernance, de l’éducation, de la cohésion sociale et de l’agriculture, AIDSCOM s’est intéressée aux multiples décès de femmes et jeunes filles enceintes ayant tenté des avortements. Pour ce faire, elle a lancé, dans des communautés urbaines et rurales, un projet sur la perception de l’accès à la santé sexuelle et reproductive dénommé Aladjé [le bonheur, en langue Baoulé].

Ce qui a permis à un très grand nombre d’hommes et de femmes de se prononcer ouvertement sur l’accès à l’information liée à la SSR, santé sexuelle et de la reproduction ,  véritable tabou dans les communautés y compris les intellectuels et surtout  favoriser un dialogue qui sauve des vies.

La restitution a permis autorités administratives, coutumières, le milieu de la santé publique de la région de Gbèkè de s’approprier les résultats de cette enquête d’opinion. Les femmes de la zone rurale ont fait des propositions pour mieux échanger de santé sexuelle et reproductive dans des villages de Diabo, Bouaké, Brobo, Botro, Djébonoua, Béoumi et Sakassou.

Ce texte radiophonique explique l’importance de la SSR pour les femmes à travers le projet « Aladjé. » Il inclut les interventions de cinq (5) personnes ressources. Ruth Koffi, Assistante au projet Aladjé ; Kassy NZI Emma, travailleuse sociale, Euphrasie Kouassi, enseignante ; Dr Kouadio Kouadio Narcisse, Gynéco-Obstétricien-Assistant chef de clinique, CHU de Bouaké, Enseignant-chercheur à l’université Alassane OUATTARA et Dr Edouard Kouakou Kra, Psycho-sociologue de la Santé. Ils nous donneront des explications approfondies sur le sujet.

Il découle d’entretiens authentiques réalisés avec des membres de AIDSCOM et des acteurs sociaux en relation avec la problématique de l’accès à l’information relative à la santé sexuelle et de la reproduction. Pour votre radio et pour et les besoins de l’émission, vous pourriez utiliser des personnages pour camper les voix de chacun des intervenants. Vous prendrez le soin d’informer préalablement l’auditoire des doublures opérées avec des voix autres que celles des vrais individus interviewés.

Vous pourriez poser les questions suivantes:

• Quels conseils donneriez-vous à d’autres femmes qui veulent accéder à la SSR?
• Comment le projet ‘Aladjé’ a-t-il changé la vie des femmes dans leur quotidien?
• Quels sont les mythes sociaux à briser concernant les questions de SSR liées au genre?

Durée de l’émission, y compris l’intro et l’extro : 25 à 30 minutes.

Texte

SFX : INDICATIF SONORE

ANIMATEUR.TRICE :
Aujourd’hui, nous parlons de SSR, santé sexuelle et de la reproduction des jeunes filles en Côte d’Ivoire. Ruth Koffi nous raconte comment sa famille l’a guidée dès ses premières règles, un accompagnement qui a profondément marqué sa vie et ses choix, et qui peut inspirer d’autres jeunes filles à mieux comprendre leur corps et leurs droits. Je vais commencer par une question simple : Mlle Koffi, avez-vous déjà pu aborder ces sujets avec votre mère?

RUTH KOFFI :
Oui, j’ai eu la chance de discuter avec ma mère et ma tante, qui est sage-femme, sur ce sujet. Cela m’a aidée à éviter une grossesse pendant mes études. Quand ma grande cousine a eu ses premières règles, j’en ai parlé à ma mère. Elle m’a alors préparée à ce changement de corps et aux responsabilités qui viennent avec. Elle m’a aussi expliqué que si l’on a des relations sexuelles sans protection, cela peut entraîner une grossesse et interrompre les études.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est-ce que ces échanges ont eu comme impact sur vous?

RUTH KOFFI :
Être prévenue dès mes premières règles par ma propre mère m’a permis d’éviter une situation regrettable. J’ai des amies qui n’ont pas eu cette chance et qui sont tombées enceintes.

ANIMATEUR.TRICE :
Et votre père, qu’en a-t-il pensé?

RUTH KOFFI :
[Rire] Il a juste dit à ma mère : « C’est votre affaire de femmes, arrangez-vous pour que cela ne m’arrive pas ici. »

ANIMATEUR.TRICE :
On en vient maintenant au projet Aladjé. Pouvez-vous nous expliquer dans quel contexte il a été mis en œuvre?

RUTH KOFFI :
Le projet répond aux conséquences négatives du silence autour de la santé sexuelle et de la reproduction. Par exemple, au Collège moderne de Fronan, près de 57 km de Bouaké, et au Lycée moderne de Guiglo, dans l’Ouest, plus de 350 cas de grossesse chez des adolescentes ont été enregistrés au premier trimestre de l’année scolaire 2025-2026. Cette situation est liée à un accès très limité à l’information sur le droit à la santé sexuelle et de la reproduction. Pour y remédier, le projet Aladjé, qui signifie « le bonheur, la joie » en langue Baoulé, a été lancé auprès de 1 114 femmes dans la région de Gbèkè, autour de Bouaké.

ANIMATEUR.TRICE :
Quel est le constat relevé sur le terrain?

RUTH KOFFI :
L’enquête montre que six avortements sur dix sont clandestins. Les jeunes filles craignent de garder une grossesse pour des raisons que la communauté ne comprend pas, et l’hôpital n’offre pas toujours de soutien, mais parfois de la stigmatisation. Face à cela, beaucoup ont recours à des avortements clandestins, malgré les risques pour leur santé.

ANIMATEUR.TRICE :
Et qu’ont confié les femmes interrogées?

RUTH KOFFI :
Elles ont reconnu qu’elles ne savaient presque rien sur la santé sexuelle et de la reproduction, et surtout qu’elles souhaitaient pouvoir en parler librement pour éviter que leurs filles ne vivent les mêmes difficultés. Elles sont conscientes que les avortements hors circuit médical sont très dangereux. Entre le risque de mort, l’incapacité à avoir une nouvelle grossesse dans l’avenir, les femmes interrogées sont conscientes du fait que les avortements ne sont pas une bonne chose.

ANIMATEUR.TRICE :
A côté de vous, Mme Kassy, travailleuse sociale. Alors, que pouvez-vous nous dire sur le sujet?

EMMA NZI KASSY :
La problématique est réelle, les décès visibles, les douleurs muettes mais évidentes. On a peur d’affronter directement le problème car l’accès à la santé sexuelle et de la reproduction est une réalité.

ANIMATEUR.TRICE :
Je suis curieux.se de savoir comment vous avez géré ce problème lorsque vous avez eu vos premières règles. Comment cela s’est-il passé?

EMMA NZI KASSY :
Je me suis informée sur la sexualité auprès d’ainées, qui nous donnaient parfois des potions pour interrompre une grossesse. On ne parle jamais de sexualité dans la famille. Pour beaucoup de parents, en parler revient à pousser les adolescents à la dépravation. Même dans des familles instruites, le droit à la santé sexuelle et de la reproduction n’est pas enseigné en profondeur. Résultat : les jeunes filles de quinze (15) ans à vingt et un (21 utilisent souvent des contraceptifs de tout type, car elles craignent surtout les grossesses et ont peu de personnes à qui se confier.

ANIMATEUR.TRICE :
Dîtes-nous, qu’est-ce qui fait que l’on ne parle pas de santé sexuelle et de la reproduction dans les sociétés africaines?

EMMA NZI KASSY :
En Afrique, tout ce que l’on ne peut expliquer est souvent considéré comme tabou. Les parents évitent d’en parler pour ne pas “inciter” les adolescents. Même aujourd’hui, bien que des réponses existent, il reste interdit d’aborder ces sujets en public. Beaucoup de femmes ont recours à des avortements clandestins par ignorance de la loi et hésitent à se rendre dans les centres de santé par peur de la stigmatisation.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que vous pouvez mieux expliquer cela?

EMMA NZI KASSY :
Pour répondre aux attentes de l’opinion internationale, la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un texte législatif : la loi numéro 2024-358 du 11 juin 2024 qui stipule que « l’avortement peut être sécurisé dans certains cas, notamment en cas de grossesse issue d’un viol, ou lorsque la vie de la mère ou de l’enfant est en danger ». Malheureusement, ce texte reste méconnu du grand public et aucune campagne de promotion n’a été menée. Des blocages subsistent également sur le plan de la stigmatisation. Dans les centres de santé, les jeunes filles craignent d’être critiquées par le personnel soignant, qui considère parfois que s’informer ou utiliser des contraceptifs signifie qu’elles sont “disponibles pour les garçons”. Pour éviter d’être jugées, elles préfèrent rester dans l’ombre et ne pas chercher d’information.

ANIMATEUR.TRICE :
Autre invitée de ce rendez-vous, une enseignante du primaire. Mme Euphrasie Kouassi, pensez-vous que l’école peut aujourd’hui briser le silence traditionnel autour de la santé sexuelle et de la reproduction?

EUPHRASIE KOUASSI :
Nous abordons la question des grossesses précoces et de leurs conséquences sur l’avenir des jeunes filles. C’est une avancée importante, car à mon époque, il n’y avait pas de cours sur ce sujet et j’ai dû m’informer et me former seule. Malheureusement, beaucoup de filles de notre génération ont eu recours à des avortements clandestins. Selon le «Performance Monitoring and Accountability-PMA 2020, on estime que quatre à cinq pour cent des femmes en âge de procréer ont eu au moins un avortement potentiel [qui ont précédé] l’enquête, soit entre 209 000 et 288 000 avortements en Côte d’Ivoire.»

ANIMATEUR.TRICE :
Quels sont les aspects abordés dans les cours de façon concrète?

EUPHRASIE KOUASSI :
La majorité des enfants ont entre neuf (9) et onze (11) ans. Le pédagogue a choisi de procéder progressivement. On n’aborde pas la question dans toute sa complexité, mais on explique aux enfants ce qu’est une grossesse précoce. On décrit ensuite ses conséquences sur la scolarité, la cellule familiale et l’avenir de la jeune fille. Pour les garçons, on insiste sur l’importance de poursuivre leurs études et d’éviter l’abandon scolaire. Dans la pratique, l’éducation nationale fait tout son possible pour que les adolescentes enceintes puissent rester dans le circuit scolaire après leur accouchement. Il y a un report de scolarité. La jeune fille arrête les cours si elle veut et se consacre au suivi de la grosse jusqu’à l’accouchement. L’année scolaire qui suit son accouchement, elle revient à l’école pour reprendre les cours avec un suivi des inspecteurs scolaires là où avant, c’était le renvoi systématique.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que c’est seulement maintenant que l’éducation sexuelle existe dans l’enseignement en Côte d’Ivoire?

EUPHRASIE KOUASSI :
Non, en fait, l’éducation sexuelle est enseignée depuis des années au secondaire d’abord en éducation civique et morale devenue maintenant Education aux Droits de l’Homme et du Citoyen [EDHC]. On y abordait justement les risques de contraction de grossesse à partir du calcul des cycles menstruels de la femme.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que cela empêchait des jeunes filles, surtout élèves de tomber enceinte?

EUPHRASIE KOUASSI :
En vérité, il y avait peu de cas de grossesse enregistré dans les établissements secondaires. Peut-être que cela arrivait, par peur des parents, entre amies, les filles trouvaient des méthodes pour avorter justement car, au-delà du cours, juste pour des notes, on ne parlait pas en communauté de santé sexuelle et de la reproduction. Et, sans qu’on n’y comprenne grand-chose en vérité, les statistiques de grossesse ont explosé dans le pays.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette flambée de cas de grossesses?

EUPHRASIE KOUASSI :
Le snobisme né de la farouche volonté de nos jeunes filles, en milieu rural comme en ville, qui voudraient copier l’occident. Et le téléphone, la fulgurante percée de l’internet dans notre pays, a favorisé cet état de fait.

ANIMATEUR.TRICE :
Voici qui est un peu plus claire dans nos esprits mais, n’y-a-t-il pas des conséquences du point de vue médical ? Pour répondre, nous nous tournons vers Dr Kouadio Kouadio Narcisse, Assistant-chef de clinique, gynéco-obstétricien au Centre hospitalier et universitaire de Bouaké, enseignant-chercheur à l’unité de formation en sciences médicales de l’université Alassane Ouattara, c’est à Bouaké. Alors Dr Kouadio, que pouvez-vous dire à ce sujet?

DR KOUADIO KOUADIO :
Nous enregistrons du fait du silence autour de la santé sexuelle et de la reproduction, des décès maternels, des IST [infections sexuellement transmissibles]. Au plan social : le fait de ne plus pouvoir faire des enfants est source de divorce, avec un sentiment de culpabilité pour les femmes ayant avorté mais ne trouvant plus de grossesse dans leurs mariages, et souvent même le suicide.

ANIMATEUR.TRICE :
waouh! Jusqu’à ce point?

DR KOUADIO KOUADIO :
Bien sûr! Dans notre contexte, il est difficile pour une femme en couple de ne pas pouvoir avoir d’enfant. Elle devient souvent la risée de la belle-famille, même lorsque le problème ne vient pas d’elle. Presque toutes en sont affectées psychologiquement. La situation est encore plus difficile lorsque l’infertilité est liée à un avortement clandestin réalisé dans la jeunesse. Dans ce cas, elles ressentent souvent de la culpabilité. L’infertilité qui résulte de l’avortement découle des conséquences négatives de cet acte clandestin et non médicalisé. Les caillots sanguins ou restes du fœtus qui demeurent en la femme, quand ils ne sont pas traités, enlevés, pourrissent et conduisent souvent à l’ablation des trompes qui va causer un empêchement d’enfantement. On appelle cet acte médical, l’évacuation utérine. Si elle n’est pas effectuée, elle peut conduire à l’ablation des trompes par putréfaction des caillots de sang. Et donc à l’infertilité pour la femme, incapable de faire d’enfant.

ANIMATEUR.TRICE :
Un spécialiste de la psychologie est avec nous. Dr Edouard Kouakou Kra. Alors, que dire de cette situation de la santé sexuelle et de la reproductione et surtout pour vous qui avez été l’enquêteur de terrain, la raison de la mise en œuvre de ce projet Aladjé?

DR KOUAKOU KRA :
Le constat qui a motivé cette enquête et le lancement du projet Aladjé est clair : l’ONG AIDSCOM voulait répondre aux non-dits qui entraînent chaque année des pertes en vies humaines, des avortements clandestins et des grossesses en cours de scolarité. Tout cela résulte du silence qui entoure la santé sexuelle et de la reproduction. Sur le terrain, la majorité des femmes ont clairement indiqué qu’elles ne savaient presque rien sur le sujet. Pourtant, comme l’a souligné l’un de mes prédécesseurs, le cadre légal existe bel et bien. L’article 422 de la loi numéro 2024-358 du 11 juin 2024 a modifié la loi numéro 2019-574 du 26 juin 2019 du Code pénal et précise les conditions dans lesquelles l’avortement peut être pratiqué.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est-ce que vous avez demandé aux femmes interrogées dans le cadre de cette enquête?

DR KOUAKOU KRA :
L’armature du questionnaire tournait autour de leurs connaissances des droits liés à la santé sexuelle et de la reproduction. Le questionnaire demandait si les femmes savaient qu’il existe une loi sur l’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire, si elles avaient des connaissances sur l’hygiène menstruelle.

ANIMATEUR.TRICE :
Quelles ont été les réponses recueillies sur le terrain?

DR KOUAKOU KRA :
Les femmes, en milieu rural n’ont évidemment pas d’informations relatives à la loi. D’ailleurs, qui va leur en parler…L’avortement sécurisé, non plus. Personne ne veut en parler à cause des pressions religieuses et sociales. Les religieux, musulmans et chrétiens ne veulent pas entendre parler d’avortement. Donc, la Côte d’Ivoire n’a toujours pas ratifié le Protocole de Maputo relatif à la protection des droits de la femme.

ANIMATEUR.TRICE :
Pouvez-vous nous parler un peu de ce Protocole?

DR KOUAKOU KRA :
C’est un texte de l’Union Africaine dit Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatifs aux droits de la Femme. En son Article 14, le Protocole évoque le Droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction et stipule que «les États assurent le respect et la promotion des droits de la femme à la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive, le droit d’exercer un contrôle sur leur fécondité ; le libre choix des méthodes de contraception ; la protection des droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus.» Voici quelques grandes lignes de ce Protocole de l’Union Africaine pas encore en vigueur dans notre pays.

ANIMATEUR.TRICE :
Sont-ce seulement les femmes et jeunes filles qui étaient la cible de votre enquête?

DR KOUAKOU KRA :
Non, nous avons eu à nous intéresser aux leaders communautaires et guides religieux. Nous voulions savoir à peu près les mêmes choses que les femmes mais avec un accent sur l’approche communautaire de traitement de certains problèmes spécifiques liés justement à la perception portée sur la santé sexuelle et de la reproduction.

ANIMATEUR.TRICE :
Quand vous évoquez des «problèmes spécifiques», à quoi faîtes-vous allusion?

DR KOUAKOU KRA :
L’enquête cherchait à savoir comment ces leaders communautaires et guides religieux géraient les cas de viol et les cas de grossesse des jeunes filles dans les communautés. Et surtout, s’ils savaient qu’il existe la loi sur l’avortement sécurisé, obtenir donc leurs avis et suggestions.

ANIMATEUR.TRICE :
Et qu’est-ce que cela a donné?

DR KOUAKOU KRA :
Ils se sont exprimés…comme il fallait s’y attendre, ils ne sont pas au courant de l’existence de cette disposition légale. En termes de suggestion, les leaders communautaires ont suggéré la poursuite de la sensibilisation publique afin que, en public, ils puissent entamer leur plaidoyer. Car, seuls, ce sera difficile de parler de ces questions aux femmes, les mentalités ne sont pas encore très prêtes.

ANIMATEUR.TRICE :
Il existe une partie de la population dont la situation reste particulièrement préoccupante dans ce domaine : les femmes vivant avec un handicap. Pour en parler, nous avons au téléphone Christine Somé, présidente de l’Union des associations des femmes vivant avec handicap de la région de Gbèkè. Alors, Mme Somé, pouvez-vous nous décrire la situation des femmes vivant avec un handicap face à la santé sexuelle et de la reproduction?

CHRISTINE SOME :
Merci de nous donner l’opportunité de parler de cette situation qui est pour nous une autre violation des droits de la femme. Car, il y a des familles qui refusent que leurs filles, vivant avec un handicap qui n’empêche pas de contracter une grossesse, soient mères. Dans notre union, nous avons aussi, des mères-célibataires du fait que, sans information sur la santé sexuelle et de la reproduction, dès la survenue de la grossesse, les auteurs de ces grossesses fuient et abandonnent nos sœurs.

ANIMATEUR.TRICE :
Que comptez-vous faire à partir de l’expérience du projet Aladjé?

CHRISTINE SOME :
La formation, nous allons sensibiliser et former nos membres, du milieu urbain et du milieu rural afin de mieux les outiller sur la problématique de la santé sexuelle de la reproduction.

ANIMATEUR.TRICE :
Malheureusement, le temps imparti à notre émission est écoulé. Merci à vous, nos invités, d’être venus aborder la question de la santé sexuelle et reproductive sans fioritures.

Votre avis sur la santé sexuelle et de la reproduction nous intéresse en donnant votre point de vue sur le sujet suivant : devrait-on, oui ou non, aborder de façon ouverte la question de la santé sexuelle et de la reproduction avec nos adolescents ? Veuillez communiquer avec la station de radio en composant ___________ . Vous pouvez aussi nous écrire à l’adresse suivante : ______________ . Soyez à l’écoute [la prochaine fois/demain/la semaine prochaine]. Nous aborderons une autre question d’importance sociale. Nous présenterons une émission concernant les effets du VIH/SIDA sur les enfants de notre communauté. Votre animateur, ____________ . Nous avons pris plaisir à présenter cette émission. Nous espérons que vous avez pris du plaisir à nous suivre. Merci.

Acknowledgements

Rédigé par : Issiaka N’guessan, journaliste résidant en Côte d’Ivoire

Révisé par : Viviane Mouhi-Ayehui, journaliste pour le développement, responsable de la communication et du plaidoyer à l’AIBEF

Ressources documentaires : https://e1.nmcdn.io/assets/engender/wp-content/uploads/imported-files/Policy-Paper.pdf  LOI SUR LA SANTÉ DE LA REPRODUCTION EN CÔTE D’IVOIRE : ON DIT QUOI ? 100 ANS APRÈS OÙ EN SOMMES-NOUS ? (1920-2021)

https://www.education.gouv.ci/index.php/Activite/details/370, Baisse des cas de grossesse en cours de scolarité : le CNDH félicite le gouvernement, mercredi 2 juillet 2025

https://www.education.gouv.ci/index.php/Reseaux/dossier, Grossesse en milieu scolaire

Information sources

Entretiens et interviews :

  • Ruth Koffi, Assistante au projet Aladjé. Interview réalisée le lundi 26 janvier 2026
  • Kassy NZI Emma, travailleuse sociale. Interview réalisée le lundi 26 janvier 2026
  • Euphrasie Kouassi, enseignante. Interview réalisée le mercredi 28 janvier 2026
  • Dr Kouadio Kouadio Narcisse, Gynéco-Obstétricien-Assistant chef de clinique, CHU de Bouaké, Enseignant-chercheur à l’université Alassane OUATTARA. Interview réalisée le 24 janvier 2026
  • Dr Edouard Kouakou Kra, Psycho-sociologue de la Santé. Interview réalisée le 24 janvier 2026

La présente nouvelle a été produite avec des fonds du projet PASSERELLE, mis en œuvre en partenariat avec l’EUMC grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.