Comment l’agroécologie protège la nature et favorise les cultures

Changement climatiqueEnvironnementSanté des sols

Notes au radiodiffuseur

Dans de nombreuses communautés rurales, les agriculteurs et agricultrices constatent des changements dans les saisons. Les pluies sont de moins en moins prévisibles, les périodes de sécheresse sont plus longues et les inondations sont plus fréquentes. Ces changements rendent la culture des plantes et la planification de l’avenir plus difficiles.

L’agroécologie est une méthode agricole qui travaille en harmonie avec la nature pour protéger et préserver l’environnement. Alors que le changement climatique continue d’affecter l’agriculture, elle offre une solution pratique et durable aux agriculteurs et agricultrices.

Le secteur agricole est en effet très vulnérable au changement climatique. Les agriculteurs et agricultrices sont confrontés à des défis croissants, tels qu’une faible pluviométrie entraînant la sécheresse et des précipitations excessives provoquant des inondations. En adoptant l’agroécologie, les agriculteurs et agricultrices peuvent renforcer la résilience de leurs cultures et augmenter leurs chances d’obtenir une récolte stable, par rapport à ceux qui s’appuient uniquement sur l’agriculture pluviale conventionnelle.

Ce script radio montre comment l’agroécologie peut aider les agriculteurs et agricultrices à s’adapter au changement climatique et à maintenir des rendements plus fiables, même en période de sécheresse. Il présente les expériences d’agriculteurs et agricultrices du district de Chamwino, Région de Dodoma, en Tanzanie.

Pour adapter ce programme à votre station, vous pouvez faire appel à des comédiens de doublage ou adapter le contenu pour refléter les réalités locales. Si c’est le cas, assurez-vous d’informer votre public et d’expliquer que le programme est basé sur de véritables entretiens adaptés à un public plus large.

Si vous souhaitez produire votre propre émission sur l’agroécologie, pensez à interviewer des agriculteurs et agricultrices locaux et des experts en environnement. Vous pourriez leur poser des questions telles que :

Vous pourriez leur poser des questions telles que :

  • Qu’est-ce que l’agriculture agroécologique et comment fonctionne-t-elle ?
  • Quels sont les avantages de l’agriculture agroécologique et en quoi cela profite-t-il aux agriculteurs et agricultrices ?
  • Combien d’agriculteurs et d’agricultrices de votre région pratiquent l’agroécologie ? Quels sont les défis auxquels ils sont confrontés?

La durée de l’émission, introduction et conclusion comprises, est d’environ 25 minutes.

Texte

MUSIQUE D’INTRO, PUIS FONDU

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Bonjour chers auditeurs / chères auditrices, je m’appelle [nom] et dans cet épisode, nous allons découvrir comment l’agroécologie peut aider les agriculteurs et agricultrices tanzaniens à surmonter les défis croissants liés au changement climatique.

Ici, à Dodoma, les agriculteurs et agricultrices sont souvent confrontés à la sécheresse, à des précipitations imprévisibles et à une baisse de la fertilité des sols. Et si une méthode agricole existait pour restaurer les terres, améliorer les récoltes et protéger l’environnement ? C’est là qu’intervient l’agroécologie.

Aujourd’hui, nous allons visiter trois villages de la région de Dodoma — Nzali, Mvumi Makulu et Makoje — pour écouter directement les agriculteurs et agricultrices qui utilisent des méthodes agroécologiques pour cultiver leurs terres. Ils nous expliqueront comment ils mettent en pratique ces méthodes et les avantages qu’ils en ont tirés.

Nous entendrons également le témoignage d’un expert de Sustainable Agriculture Tanzania (SAT). Notre périple commence dans le village de Nzali, où nous rencontrons Asha Lucas, mère de trois enfants, qui pratique l’agroécologie dans sa ferme depuis plusieurs années. Il est 10 heures du matin dans sa ferme, où elle s’affaire à s’occuper de ses cultures, mais elle accepte gentiment de nous parler tout en travaillant.

 

SFX
MUSIQUE D’AMBIANCE, PUIS FONDU

 

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Bonjour Asha, et merci de nous accueillir aujourd’hui. Nous avons cru comprendre que vous pratiquiez l’agroécologie comme méthode agricole principale. Pourriez-vous nous dire depuis combien de temps vous faites cela, et ce que l’agroécologie signifie pour vous ?

 

ASHA LUCAS :
Je pratique l’agroécologie depuis six ans. C’est une méthode agricole qui évite l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides nocifs. À la place, j’utilise des engrais naturels comme le fumier et le compost, et je plante également des graines conservées lors des récoltes précédentes.

 

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Waouh ! Quelles cultures cultivez-vous dans votre ferme en utilisant l’agroécologie ?

 

ASHA LUCAS :
Je cultive des tournesols, des arachides et du maïs, que j’associe à la culture de haricots sur trois acres de terre. Cela me permet de nourrir ma famille et de produire un excédent que je peux vendre.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Quels avantages avez-vous constatés avec ce type d’agriculture ?

ASHA LUCAS :
Grâce à l’agroécologie, je ne dépends plus des intrants chimiques coûteux. J’ai récolté jusqu’à dix sacs d’arachides et douze sacs de tournesol par acre, ce qui me rapporte jusqu’à 1,2 million de shillings tanzaniens (660 dollars canadiens) par saison.

J’ai utilisé ces revenus pour construire une maison, payer les frais de scolarité de mes enfants et assurer la sécurité alimentaire de ma famille. Dans des conditions similaires, mes pairs qui pratiquent l’agriculture conventionnelle n’obtiennent pas d’aussi bons rendements.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Après avoir écouté Asha, du village de Nzali, nous nous rendons à Mvumi Makulu où nous avons rencontré un autre agriculteur, Anord Chiulaji, qui va notamment nous expliquer comment fonctionnent les techniques agroécologiques, et en particulier leur capacité à préserver les sols et l’eau. Alors, M. Chiulaji, quelles sont vos méthodes ?

ANORD CHIULAJI :
Nous n’utilisons que des intrants écologiques biologiques, sans aucun produit chimique. L’une de nos méthodes s’appelle le « trou aux neuf graines » : nous creusons des trous profonds, y ajoutons du compost ou des déchets décomposés, puis plantons les graines selon un agencement spécifique. Cela permet de retenir l’eau lorsqu’il pleut et de garder le sol humide même pendant les périodes de sécheresse.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
M. Chiulaji explique que cette méthode permet de capter l’eau de pluie qui s’écoule, ce qui permet aux cultures de survivre pendant les périodes de sécheresse. Pour plus d’informations, vous pouvez vous adresser à votre bureau local de vulgarisation agricole ou aux représentants de la SAT.

Je vous redonne la parole, M. Chiulaji : comment gérez-vous les ravageurs dans votre exploitation ?

ANORD CHIULAJI :
Nous fabriquons des biopesticides à partir de feuilles et de graines de neem et de piments, ou d’urine de vache mélangée à de l’ail ou de l’aloe vera. Ceux-ci éloignent les ravageurs nuisibles sans tuer les insectes utiles.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Et comment faire pour que plus d’agriculteurs et d’agricultrices adoptent ce système ?

ANORD CHIULAJI :
L’éducation est essentielle. Lors des réunions publiques, les responsables devraient permettre à des experts ou à des agriculteurs et agricultrices formés comme nous de partager ces connaissances. Nous nous formons également les uns les autres et collaborons avec Sustainable Agriculture Tanzania (SAT).

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Après avoir écouté ces deux villageois, nous nous rendons au village de Makoje pour rencontrer un autre agriculteur et en savoir plus sur cette approche agricole. Nous sommes maintenant dans le village de Makoje où nous retrouvons Fredrick Kiseka. La pénurie d’eau est une préoccupation majeure dans ce village et Kiseka va nous expliquer comment ce type d’agriculture l’a préservé des problèmes d’eau auxquels sont confrontés les autres agriculteurs. Fredrick, comment gérez-vous l’eau dans votre exploitation grâce à cette technologie ?

FREDRICK KISEKA :
Nous utilisons des plates-bandes surélevées et des canaux d’irrigation sur les terres louées. Sur les terres que nous possédons, nous creusons des fossés en courbes de niveau qui captent et stockent l’eau de pluie pour une utilisation à long terme. Ces techniques réduisent l’érosion des sols et garantissent la survie des cultures pendant les périodes de sécheresse.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Grâce à cette technologie, vous récoltez beaucoup de produits. Quelles sont les opportunités commerciales ?

FREDRICK KISEKA :
Nous vendons localement et dans les quartiers et districts voisins. Nous aimerions toutefois nous développer et voir davantage d’investissements dans l’agriculture biologique, afin que davantage d’agriculteurs et agricultrices puissent se joindre à nous pour approvisionner nos marchés.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Mais ce type d’agriculture doit sûrement présenter certains défis. Quels sont-ils ?

FREDRICK KISEKA :
Lorsque l’on cultive sur des terres louées, on risque de perdre l’accès à celles-ci après y avoir apporté des améliorations. Cela décourage les investissements à long terme dans la conservation des sols et de l’eau.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Après un long périple au cours duquel nous avons visité trois villages et discuté avec des agriculteurs, installons-nous et invitons Elizabeth Girangai, responsable de projet chez Sustainable Agriculture Tanzania (SAT). Mme Girangai, pouvez-vous nous expliquer pourquoi SAT choisit de promouvoir l’agroécologie plutôt que d’autres technologies agricoles ?

ELIZABETH GIRANGAI :
Le changement climatique menace les systèmes alimentaires. L’agroécologie offre une solution à long terme, car elle résiste aux précipitations irrégulières, restaure la santé des sols et réduit la dépendance aux intrants coûteux. Rien qu’à Dodoma, nous avons formé plus de 20 000 agriculteurs et agricultrices.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Comment aidez-vous les agriculteurs et agricultrices à passer des anciennes pratiques agricoles à cette nouvelle technologie ?

ELIZABETH GIRANGAI :
Nous leur enseignons l’espacement adéquat, l’utilisation du fumier et comment éviter la contamination provenant des exploitations agricoles voisines utilisant des produits chimiques. Nous les formons également à la gestion de leur budget, à l’utilisation d’intrants naturels et à l’augmentation durable de leurs rendements.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Cela semble vraiment intéressant ! Quels sont les plus grands défis auxquels vous avez été confrontés jusqu’à présent ?

ELIZABETH GIRANGAI :
La main-d’œuvre et la sensibilisation. De nombreuses techniques nécessitent du temps et de la main-d’œuvre. De plus, lorsque les agriculteurs et agricultrices louent des terres, ils hésitent à investir car ces terres ne leur appartiennent pas. Nous avons besoin d’une meilleure compréhension de la part des propriétaires fonciers ainsi que du soutien de la communauté.

ANIMATEUR /ANIMATRICE :
Aujourd’hui, nous avons découvert comment des agriculteurs et agricultrices comme Asha, Anord et Fredrick utilisent l’agroécologie pour améliorer leurs récoltes, protéger l’environnement et surmonter les défis climatiques, le tout sans recourir à des produits chimiques. Nous avons également entendu Elizabeth Girangai, de SAT, expliquer en quoi la formation et les connaissances locales sont essentielles pour développer ce mouvement.

Si vous êtes agriculteur ou agricultrice souhaitez en savoir plus, contactez vos agents de vulgarisation agricole locaux ou contactez SAT pour connaître les possibilités de formation. Ensemble, nous pouvons construire un avenir agricole résilient, abordable et durable.

Merci de votre attention, à la prochaine, au revoir !

MUSIQUE DU GÉNÉRIQUE, PUIS FONDU AU NOIR.

 

Acknowledgements

Rédigé par :

Haika Kimaro, journaliste spécialisée dans l’agriculture de conservation innovante et respectueuse du climat, la conservation de la biodiversité et les énergies renouvelables

Révision : Eliud Letungaa, agent de terrain/expert en agroécologie – MVIWAARUSHA

Entretiens :

  • Asha Lucas, agricultrice, entretien réalisé le 14 mars 2025
  • Anord Joseph, agriculteur, entretien réalisé le 15 mars 2025
  • Fredrick Kiseka, agriculteur, entretien réalisé le 15 mars 2025
  • Elizabeth Gingirai – responsable de projet chez Sustainable Agriculture Tanzania (SAT), entretien réalisé le 3 juin 2025

 

Cette ressource a été réalisée avec le soutien financier de la Fondation Biovision.