La stigmatisation liée au COVID-19 et à la vaccination

Santé

Notes au radiodiffuseur

La pandémie du COVID-19 est apparue le 16 novembre 2019 à Wuhan en Chine. Elle s’est rapidement propagée dans le monde, occasionnant plusieurs millions de morts. L’impact de la pandémie COVID-19a amené les scientifiques à une révolution dans le mode de production des vaccins. Pour des vaccins qui prenaient habituellement une dizaine d’années pour être homologués, il a fallu moins de deux ans pour produire plusieurs pour lutter contre le COVID-19 bien que le processus de fabrication a adhéré aux normes scientifiques en la matière.

Cependant, le manque d’information sur la maladie, la méfiance par rapport aux vaccins et l’apparition occasionnelle d’effets secondaires chez les premières personnes vaccinées, ont soulevé de nombreuses inquiétudes et cela a amplifié les fausses informations sur la vaccination. Également, la nouveauté de la maladie et sa virulence ont augmenté la stigmatisation des patients de COVID-19 et les vaccins du COVID-19. Pourtant, elle peut être traitée comme des autres maladies nécessitent un isolement du patient, à l’instar de la variole, de la rougeole et bien d’autres maladies pour lesquelles la vaccination est indispensable. A l’heure actuelle, le vaccin du COVID-19 est le meilleur moyen pour se protéger.

Ce texte radiophonique met en avant la voix d’un patient s’est remis du COVID-19. Il est basé sur des interviews réelles et donne des informations justes et avérées sur la vaccination, grâce aux apports de deux experts.

Pour produire ce texte sur votre station, vous pouvez choisir d’utiliser des voix d’acteurs ou d’actrices pour incarner le rôle des experts ou l’adapter à votre situation locale. Dans ce cas, dès le début de l’émission, assurez-vous d’informer votre auditoire que les voix utilisées sont celles d’acteur.trice.s, et non celles des personnes interrogées à l’origine.

De même, vous pouvez vous inspirer de ce texte pour faire des recherches sur un sujet similaire touchant à votre région, et écrire votre propre texte. Vous pourrez par exemple poser les questions suivantes à vos interlocuteurs :

  • Comment impliquer la communauté dans la réduction de la stigmatisation des malades du COVID-19?
  • Pourquoi tant de vaccins pour une même maladie?
  • Pourquoi faut-il observer les mesures barrières, même après la vaccination?
  • L’abondante couverture médiatique du COVID-19 et des vaccins COVID-19 a-t-elle contribué à la propagation de fausses nouvelles?

Durée estimée du texte radiophonique avec la musique, l’intro et l’extro : 30 mn

Texte

MONTEE DE L’INDICATIF MUSICAL, PUIS FONDU ENCHAINE

ANIMATEUR.TRICE :
Auditeurs et auditrices, bienvenue à notre émission de ce jour. Au regard de l’ampleur que prennent les fausses nouvelles sur le COVID-19, la stigmatisation à la maladie et à la vaccination contre le COVID-19 est toujours d’actualité.

À travers cette émission, nous vous invitons à prendre conscience des conséquences de cette stigmatisation sur les patients de COVID-19 et à reconnaître les efforts continus pour permettre à la population de se faire vacciner en toute sécurité.

Pour débattre du sujet, nous recevons trois intervenants. Premièrement, Dr Koabié Bakouan est médecin chef du district de Nouna. À sa suite, Tasseré Kaboré, qui est le Chargé de communication à la Direction de la Prévention par la vaccination et ancien consultant COVAX à l’UNICEF. Enfin, un patient qui s’est remis duCOVID-19 a accepté de partager leur histoire sous anonymat.

MONTEE DE LA MUSIQUE INSTRUMENTALE, PUIS FONDU ENCHAINE

ANIMATEUR.TRICE :
Messieurs, soyez les bienvenus dans nos studios.

Commençons avec Dr Koabié Bakouan. Il est le médecin chef du district de Nouna à un centre de santé en contact direct avec la population. Dr, avez-vous déjà reçu des malades de COVID-19 qui se sont rétablis?

DR KOABIE BAKOUAN :
Oui! Malheureusement, nous avons constaté que tous ces malades n’étaient pas vaccinés. Avec eux, l’urgence n’était plus de les sensibiliser, mais de les aider à se rétablir.

ANIMATEUR.TRICE :
Certaines personnes craignent que la vaccination contre le COVID-19 n’affaiblisse leur immunité. Que répondez-vous à cela M. Tasseré Kaboré?

TASSERE KABORE:
A ce jour, plus de 60% de la population mondiale a reçu au moins une dose d’un vaccin contre le COVID-19 en toute sécurité. Près de huit milliards de doses ont été administrées dans le monde et plusieurs millions sont maintenant administrées chaque jour. Les vaccins COVID-19 sont sûrs et efficaces. Ils ont été testés sur des dizaines de milliers de sujets lors des essais cliniques.

Les vaccins ont satisfait aux normes scientifiques rigoureuses au niveau mondial, de même qu’au Burkina Faso. Ces normes sont liées à la sécurité, l’efficacité et la qualité de fabrication nécessaires pour l’approbation ou l’autorisation d’un vaccin. Comme tous les vaccins, leur sécurité a été et continuera d’être contrôlée par la surveillance et la gestion des effets secondaires. De ce point de vue, les vaccins ne peuvent en aucun cas affaiblir de l’immunité chez un sujet vacciné, bien au contraire. Alors, je peux confirmer l’efficacité des vaccins fournis au Burkina Faso.

ANIMATEUR.TRICE :
Mais pourquoi ce tollé général contre les vaccins?

TASSERE KABORE :
Le tollé général sur les vaccins contre le COVID-19 est dû au déni de la maladie, au manque d’information, aux fausses nouvelles, à la peur des effets secondaires, à la rapidité du développement des vaccins, à la désinformation et à l’abondance de l’attention des médias sur la question, parmi d’autres facteurs.

ANIMATEUR.TRICE :
Présent dans nos studios, un patient qui s’est remis du COVID-19 a accepté témoigner sous anonymat. Dites-nous, comment avez-vous contracté la maladie?

PATIENT :
Je ne saurais vous le dire avec précision. Rien n’est clair dans ma tête. En effet, j’ai séjourné dans la capitale où j’ai rendu visite à ma famille. J’ai rencontré quelques connaissances mais toutes étaient en bonne santé. C’était pendant la première apparition de la maladie au Burkina Faso, entre mars et avril 2020. Les mesures barrières étaient souhaitées mais pas strictes. Je suis rentré dans un car de transport en commun où seuls quelques-uns des passagers dont moi avions des cache-nez. C’est pour vous dire que je ne sais pas exactement où j’ai contracté le COVID-19, puisqu’aucun membre de ma famille à la capitale n’a fait la maladie. Peut-être je l’ai contracté auprès des connaissances à qui j’ai rendu visite ou dans le car, puisque nous sommes restés en milieu confiné pendant près de quatre à cinq heures de voyage.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment avez-su que vous étiez malade?

PATIENT:
Quatre à cinq jours après mon arrivée à mon poste de travail, je sentais constamment la fatigue, avec de fréquentes migraines et un mal-être général. J’ai informé mon supérieur hiérarchique de mon état de santé et puis j’ai décidé de m’interner seul pour ne pas mettre les autres en danger. Une équipe médicale est venue faire le prélèvement et a confirmé dix jours plus tard que j’étais effectivement malade du COVID-19.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment les gens se sont-ils comportés avec vous pendant votre maladie?

PATIENT :
Les locataires avec lesquels j’habitais la cour commune étaient tous très mal à l’aise. Tout le monde me fuyait. Par chance, je vis seul. L’équipe médicale essayait de cacher mon identité en faisait ses visites la nuit. Mais leur accoutrement de blouses blanches a intrigué les gens. Je suis resté seul, enfermé dans la maison pendant plus de vingt jours, comme un prisonnier. Seule l’équipe médicale avait le droit de me ravitailler en vivres et en eau. J’ai failli faire une dépression. Seuls les appels constants de mon épouse et de ma famille m’ont permis de garder le moral et de ne pas tenter l’irréparable. Chaque jour, le gouvernement faisait le point de l’évolution de la maladie. Je m’attardais sur le nombre de morts espérant ne pas le prochain. J’ai vécu dans l’angoisse.

ANIMATEUR.TRICE :
Dr Koabié Bakouan, le patient dit avoir souffert de la stigmatisation, étant malade du COVID-19. Quelle explication donnez-vous à cela?

DR KOABIE BAKOUAN :
La stigmatisation liée au COVID-19 est le fait de dénoncer ou de critiquer publiquement quelqu’un qui est atteint de la maladie du COVID-19. Elle peut obliger les patients à cacher leur identité car, si leur infection était connue, elle pourrait leur porter préjudice. C’est le cas des porteurs du VIH et du COVID-19. La stigmatisation peut être particulièrement dangereuse lorsqu’elle s’identifie à une ethnie ou un groupe social. La communauté internationale a interpellé certains médias qui parlent du «COVID chinois» ou à appeler les malades avec l’appellation «cas COVID ».

ANIMATEUR.TRICE :
Selon vous M. Tasséré Kaboré, tout le monde peut souffrir de cette stigmatisation?

TASSERE KABORE :
La nouveauté du COVID-19 et la peur de l’inconnu ont conduit à la stigmatisation du COVID-19. Cette stigmatisation se manifeste par le rejet des personnes malades ou des personnes qui travaillent dans les centres de dépistage et de traitement du COVID-19 de la part de leurs proches, collaborateurs, collègues et même leur voisinage.

ANIMATEUR.TRICE :
Après que vous ayez récupéré, comment votre entourage a-t-il réagi?

PATIENT :
Quand je suis sorti, j’ai senti des regards d’accusation. C’était comme si c’était ma faute si la maladie était arrivée dans cette région. Je n’ai pas beaucoup senti de la compassion ou de la compréhension que je suis involontairement victime de cette maladie. Pour certains, j’étais devenu « un cas de COVID ». Mes amis et mes connaissances ont pris des distances vis-à-vis de ma personne.

Mais lorsque la maladie a commencé à se déclarer dans deux ou trois autres localités de ma ville, les gens ont commencé à comprendre que cela peut arriver à tout le monde. Ce n’est qu’à partir de ce moment que quelques personnes ont compati pour moi. Mais il était trop tard, ma vie avait déjà été affectée.

ANIMATEUR.TRICE :
Dr, que faudrait-il faire face à la stigmatisation?

DR KOABIE BAKOUAN :
Il faut faire confiance aux services de santé et avoir l’empathie pour les personnes touchées. Essayer de comprendre la maladie et adopter des mesures pratiques et efficaces permettant aux individus de se protéger, ainsi que leurs proches. La maladie a été déclarée en Asie pour la première fois. Mais ce n’est une raison suffisante pour dire «le COVID-19 asiatique ou chinois» ou même traiter les personnes atteintes de la maladie de « cas COVID-19». Enfin, il ne faut pas répéter ou partager des rumeurs non confirmées.

ANIMATEUR.TRICE :
Merci pour ces précisions. Nous revenons à notre patient remis du COVID-19 pour savoir quel est son plus grand regret aujourd’hui, entre le fait de ne pas avoir reçu la vaccination à temps ou avoir écouté les rumeurs.

PATIENT :
Pendant ma maladie, je me sentais coupable d’être le premier à contracté le COVID-19 dans ma zone. Malheureusement, nous qui avions été les premiers à faire la maladie au Burkina Faso, avions beaucoup souffert. Il n’y avait pas de vaccination. Les messages sur les mesures barrières n’ont pas fait l’objet d’une grande publicité. Mon plus grand regret est de n’avoir pas pris assez de précautions, notamment en respectant les mesures barrières. En ce sens, je peux dire que les rumeurs nous ont amené à occulter la réalité de la maladie.

ANIMATEUR.TRICE :
Après votre guérison, pourquoi avez-vous accepté de se faire vacciné contre le COVID-19?

PATIENT :
Quand vous vous êtes remis d’une maladie qui a fait des ravages, vous prenez conscience de l’importance de la vie. Je me suis vacciné pour me protéger et protéger mon entourage. Je ne souhaite à personne ce que j’ai ressenti pendant cette maladie.

ANIMATEUR.TRICE :
Parlant des vaccins, par le passé, il a souvent fallu une dizaine d’années de tests avant de les homologuer. M. Kaboré, comment se fait-il que le vaccin COVID-19 ait été si rapidement mis sur le marché à peine un an après la découverte de la maladie?

TASSERE KABORE :
La vaccination contre le COVID-19 a bénéficié des progrès engrangés dans la recherche sur le SARS-CoV-1, responsable de l’épidémie de SRAs, le syndrome respiratoire aigu sévère en 2003. Ce sont des virus qui appartient à la famille des Coronavirus et que les scientifiques étudiaient depuis longtemps. La combinaison des efforts à l’échelle mondiale, la collaboration et la disponibilité des ressources a accéléré le processus du développement des vaccins afin de répondre au contexte d’urgence.

ANIMATEUR.TRICE :
Dr Bakouan, la vaccination nous dispense-t-elle de la pratique de mesures barrières comme le port de masques?

DR KOABIE BAKOUAN :
Absolument pas! Etre vacciné n’est un retour total à la liberté, au contact de proximité avec des inconnus. Le vaccin protège contre les formes graves de la maladie et de la mort. Mais il est important que les personnes vaccinées continuent de respecter les gestes barrières comme le port de masques pour se protéger de l’infection et éviter de contaminer leurs proches, mais bien entendu, les personnes vaccinées sont moins susceptibles d’être infectées que les personnes non vaccinées.

ANIMATEUR.TRICE :
Monsieur Kaboré, la vaccination contre le COVID-19 rend-t-elle l’homme ou la femme stérile ou infertile?

TASSERE KABORE :
Non! Les vaccins du COVID-19 ne peuvent pas rendre l’homme ou la femme stérile ou infertile. Malheureusement, beaucoup de personnes croient aux fausses nouvelles qui distillent à longueur de journée des contres vérités.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels sont les impacts des fausses rumeurs sur la vaccination contre le COVID-19?

TASSERE KABORE :
Ils créent de l’anxiété et une réticence à se faire vacciner. Elles peuvent également conduire à un déni de la maladie et un relâchement des mesures de prévention.

ANIMATEUR.TRICE :
A l’endroit de notre invité qui a fait la maladie, avez-vous gardé des symptômes graves du COVID-19?

PATIENT :
Heureusement, je n’ai pas eu de symptômes graves. Et pour cela, je salue l’équipe médicale qui m’a pris en charge. Elle me demandait constamment les moindres symptômes anormaux et ceux-ci étaient rapidement traités. L’équipe a veillé sur moi 24 heures sur 24, comme un bébé.

ANIMATEUR.TRICE :
Dr Bakouan, notre invité qui avait fait la maladie s’en est sorti sans symptômes graves. Quelles symptômes certains patients peuvent-ils avoir dû au COVID-19?

DR KOABIE BAKOUAN :
On distingue les symptômes temporaires ou à long terme. Les symptômes temporaires sont entre autres des comme des difficultés mentales, des maux de tête, des douleurs et des oppressions thoraciques, des toux, des problèmes de l’odorat et du goût, des douleurs, des troubles digestifs et des troubles cutanés.

Quant aux conséquences à long terme, on a parfois des impacts irréversibles chez les personnes ayant développé une forme grave du COVID-19. Le COVID-19 peut affecter le cœur, les poumons et le cerveau de différentes manières. Ensuite, le système immunitaire réagit et est débordé, créant une inflammation. Cette inflammation peut provoquer le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Il existe également des problèmes pulmonaires qui peuvent entraver la capacité du patient à respirer.

ANIMATEUR.TRICE :
Certaines personnes s’inquiètent des effets du vaccin. S’agit-il d’une désinformation ou leurs inquiétudes sont-elles réalistes?

DR KOABIE BAKOUAN :
Au début, il y a eu beaucoup de craintes par rapport aux effets du vaccin. Mais avec le temps, nous avons compris que ce sont les fausses nouvelles qui étaient à la base de celles-ci. A la date du 3 juin 2022, nous avons 62 812 personnes vaccinées dans notre district dont 33 908 femmes. Comme les vaccins que nous utilisons pour les enfants, le vaccin du COVID-19 est sûr et efficace pour prévenir les maladies graves et la mort.

ANIMATEUR.TRICE :
Monsieur Kaboré, vous encouragez la population à se faire vacciner. Êtes-vous vacciné vous-mêmes?

TASSERE KABORE :
Bien sûr! Je fais partie des personnes qui ont cru au vaccin et qui ont été vaccinées lorsque le vaccin du COVID-19 a été introduit au Burkina Faso.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est-ce qui vous a motivé à se faire vacciner?

TASSERE KABORE :
Ce qui m’a motivé c’est ma conviction que la vaccination est une arme connue et reconnue pour lutter les épidémies dont le COVID-19. Par exemple, la vaccination a permis d’éradiquer la variole. Dans les formations sanitaires, dès la naissance, un bébé doit suivre un calendrier vaccinal contre la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche, la tuberculose, la fièvre jaune, la rougeole, les oreillons et la rubéole jusqu’à l’âge de deux ans. Parfois, avant la cinquième année d’âge chez les enfants, le ministère de la santé introduit d’autres vaccins pour prévenir d’autres types de maladies. Pourquoi certaines personnes acceptent ces vaccins et leurs effets secondaires mais critiquent le vaccin contre le COVID-19?

Le vaccin contre le COVID-19 renforce mon immunité et de protéger les personnes âgées et autres personnes porteuses de maladies chroniques telles que les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les affections respiratoireschroniques ou le diabète. En plus, je me suis fait vacciner pour protéger ma famille, mes amis et mon entourage contre le COVID-19. Les mêmes motifs doivent guider tout un chacun de nous.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment avez-vous réagi face aux inquiétudes de votre entourage?

TASSERE KABORE :
C’est vrai que certains de mes amis et de mes parents pensaient que j’étais bizarre, mais je suis resté serein parce que j’étais convaincu que la vaccination est une bonne chose pour moi. Fort heureusement, tous ceux qui me critiquaient sont aujourd’hui tous vaccinés.

ANIMATEUR.TRICE :
Face à la désinformation, quelles doivent être les sources d’information des gens sur le COVID-19?

DR KOABIE BAKOUAN :
Les sources d’information sur le COVID-19 doivent être les agents de santé et l’information que réalise le ministère de la santé et ses partenaires.

ANIMATEUR.TRICE :
Parmi les plus vulnérables telles que les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants et les nouveau-nés, qui sont ceux qui ne peuvent pas être vaccinés?

TASSERE KABORE :
Les personnes âgées et les femmes enceintes peuvent être vaccinées, et nous les encourageons à se faire vacciner car elles ont un risque plus élevé de souffrir d’une maladie grave et de mourir du COVID-19. Les enfants de 12 à 17 ans peuvent se faire vacciner avec une autorisation parentale. Par contre, il n’existe pas encore de doses pédiatriques pour la vaccination des enfants sous l’âge de 12 ans au Burkina Faso.

ANIMATEUR.TRICE :
Quelle est la meilleure option pour se protéger contre le COVID-19?

TASSERE KABORE :
Pour mieux se protéger, il faut se faire vacciner et respecter les mesures barrières comme le port d’un masque.

ANIMATEUR.TRICE :
Combien les gens paye-t-ils pour se faire vacciner?

TASSERE KABORE:
La vaccination contre le COVID-19 est entièrement gratuite au Burkina Faso. L’Etat et ses partenaires ont subventionné les vaccins afin de réduire les charges de santé pour les familles.

ANIMATEUR.TRICE :
Pensez-vous pas que cette gratuité est à l’origine des réticences à se faire vacciner?

DR KOABIE BAKOUAN :
Je ne le pense pas ainsi. En fait, c’est la disponibilité des vaccins qui est le problème, surtout en Afrique. Généralement, les africains et africaines estiment que ce qui est gratuit n’est pas de bonne qualité. Mais dans ce cas, elles voient la gratuité des vaccins comme un soulagement, un accompagnement du gouvernement et de ses partenaires à aider les couches vulnérables. Ensuite, à mon avis, les réticences résultent de l’incapacité des gouvernants à maintenir les mesures restrictives, par exemplesur l’utilisation des transports en commun, l’accès aux salles de spectacle, aux terrains de sport et d’autres espaces. Enfin, le COVID-19 semble avoir été moins mortel en Afrique que dans le reste du monde. Alors que l’Organisation mondiale de la santé déclarait que l’Afrique serait durement frappée, le contraire a alimenté toutes sortes de fausses nouvelles. C’est aussi l’une des raisons de la réticence à la vaccination.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment doit réagir celui qui est critiqué pour son port permanent de masque?

TASSERE KABORE :
Ils doivent continuer à utiliser les mesures barrières promues pour lutter contre le COVID-19, et se faire vacciner pour se protéger et protéger les autres.

ANIMATEUR.TRICE :
En tant que personne qui s’est remise du COVID-19, que pensez-vous de ceux qui doutent de l’efficacité des vaccins contre le COVID-19?

PATIENT:
Celui qui a vu la mort en face ne doute pas de l’efficacité du vaccin. Depuis que j’ai fait ma vaccination, je me porte bien, de même que ma famille. Il faut saluer les scientifiques qui a développé en un temps record des vaccins. Si les scientifiques n’avaient rien produit, les mêmes détracteurs les qualifieraient d’incompétents.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels conseils avez-vous à donner à ceux qui croient aux rumeurs et refusent de se faire vacciner?

PATIENT :
Mon premier conseil, c’est d’écouter les informations officielles dans les messages du ministère de la santé et de ses partenaires. Ensuite, se méfier des sources qui découragent à se faire vacciner, prétextant des informations de complot. Mon troisième conseil est de ne pas être une source de maladie pour les autres si vraiment on les aime. Enfin, le plus important consiste à respecter des mesures barrières et la vaccination.

ANIMATEUR.TRICE :
Nous sommes au terme de notre émission sur la stigmatisation la liée au COVID-19 et à la vaccination contre le COVID-19. L’histoire a montré que les épidémies et les pandémies ont tendance à générer la stigmatisation et la discrimination entre les malades et les personnes bien portantes. Aussi, la lutte contre la désinformation doit-elle être une préoccupation quotidienne. Les malades de COVID-19 doivent être traités avec beaucoup d’égards. La science a produit des vaccins pour protéger les gens, qu’il faut accepter prendre et promouvoir.

Nos sincères remerciements vont à l’endroit de nos invités, Messieurs Tasseré Kaboré, Chargé de communication à la Direction de la Prévention par la vaccination et ancien consultant COVAX à l’UNICEF; Dr Koabié Bakouan, médecin en chef du district de Nouna et notre invité qui s’est remis du COVID-19. Son témoignage nous donne la preuve qu’il est possible de se remettre du COVID-19 et continuer à vivre pleinement. Merci également à nos auditeurs et auditrices. Nous nous retrouverons la semaine prochaine pour une autre émission. D’ici à là, portez-vous bien.

 

Acknowledgements

Remerciements

Rédigé par : Ouaboué Bakouan, Journaliste, Dano, Burkina Faso

Révisé par : Dr Esther Chirwa-Mkandawire, Programme élargi de vaccination, ministère de la Santé, Malawi.

Entretiens et interviews :

Monsieur Tasseré Kaboré, Chargé de Communication à la Direction de la Prévention par la vaccination, ancien consultant COVAX à l’Unicef. Interview réalisée en juin 2022

Dr Koabié Bakouan, Médecin de chef du district de Nouna (Burkina Faso). Interview réalisée en juin 2022.

Le patient qui s’est remis du COVID-19. Interview réalisée en mai 2022.

La présente ressource a été produite grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.