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Au cours des derniers mois, les prix des carburants ont grimpé puis chuté en raison de la crise économique mondiale. On a connu des hausses des prix alimentaires et du coût de la vie, qui ont persisté malgré la baisse des prix des carburants. Au Kenya, l’organisme sans but lucratif Help Self Help Centre contribue à offrir une solution de rechange abordable et écologique aux combustibles fossiles comme le pétrole, le gaz et le charbon. Elle collabore avec des petits exploitants agricoles en vue de produire du biodiesel à partir de graines disponibles localement qui contiennent de l’huile (oléagineuses).

L’Afrique est souvent tributaire de la biomasse pour son énergie, ce qui peut engendrer des impacts environnementaux négatifs et une pénurie d’énergie pour la majorité des populations. La plupart des pays africains qui peuvent produire des biocarburants ont une capacité limitée pour le faire à grande échelle. En outre, les projets de biocarburants à grande échelle ont fait l’objet de critiques. Mais des solutions à petite échelle, comme celle qui est illustrée dans le présent texte, peuvent sortir les gens de la pauvreté, en offrant beaucoup d’autres possibilités aux collectivités.

Dans le texte qui suit, deux agricultrices qui sont impliquées dans la culture de plantes oléagineuses et la récolte de graines vont nous dire de quelle façon ce projet les aide à satisfaire leurs besoins quotidiens. Nous écouterons également M. Bernard Muchiri, directeur du Help Self Help Centre, qui expliquera comment l’organisme travaille avec les agriculteurs.

Dans ce texte, le personnage appelé « Jane » parle d’utiliser des graines de tournesol pour obtenir de l’huile. En général, il est beaucoup moins rentable de fabriquer du diesel à partir de sources comestibles qu’à partir de plantes non comestibles. Toutefois, dans ce cas précis, « Jane » n’a peut-être accès qu’à des graines de tournesol.

Le présent texte repose sur des entrevues réelles. Pour produire ce texte dans votre station, vous pourriez choisir d’utiliser des acteurs pour représenter le chef du village et de modifier le libellé du texte pour l’adapter à votre situation locale. Si tel est le cas, veuillez vous assurer de prévenir votre auditoire au début de l’émission que les voix sont celles d’acteurs, et non pas des personnes initialement impliquées dans les entrevues, et que l’émission a été adaptée pour votre auditoire, mais qu’elle repose sur des entrevues réelles.

Script

Montée de l’indicatif musical et fondu enchaîné sous les voix

ANIMATEUR :
Bonjour et bienvenue à notre émission portant sur l’agriculture. Dans la circonscription de Kieni du district de Nyeri au Kenya, une ONG locale appelée Help Self Help Centre offre une solution de rechange écologique aux combustibles fossiles. Elle produit du biodiesel à partir de graines oléagineuses trouvées dans la zone locale et ramassées par les agriculteurs locaux. Au cours de notre émission d’aujourd’hui, nous écouterons deux agricultrices qui font pousser et récoltent des graines oléagineuses. Nous entendrons également M. Bernard Muchiri, directeur du Help Self Help Centre.

Montée de l’indicatif musical et fondu enchaîné

ANIMATEUR :
Nous allons débuter avec M. Bernard Muchiri, le directeur duHelp Self Help Centre.Ce centre a beaucoup d’autres projets. Pourquoi avez-vous choisi de vous lancer dans le biodiesel?

MUCHIRI :
L’idée du biodiesel a surgi lorsque nous nous sommes rendu compte qu’il existe dans ce pays un tas de ressources qui ne sont pas utilisées et qui pourraient se transformer en revenu pour les petits exploitants agricoles. Nous avons effectué beaucoup de recherche et développement et nous avons trouvé des arbres et des plantes qui produisent des graines oléagineuses.

ANIMATEUR :
Quelles graines utilisez-vous en particulier?

MUCHIRI :
Il existe plusieurs sortes de graines : l’alembelembe (ou croton), le ricin commun et le châtaignier du Cap.

ANIMATEUR :
Pourquoi avez-vous choisi d’utiliser ces graines plutôt que d’autres comme le jatropha?

MUCHIRI :
Nous avons choisi ces graines parce que ces plantes poussent déjà en grandes quantités dans la région du projet.

ANIMATEUR :
Combien offrez-vous à un agriculteur pour un kilo de graines?

MUCHIRI :
Cela dépend du genre de graine. Pour le croton, nous offrons cinq shillings le kilo, parce que les graines sont très difficiles à écraser pour fabriquer le biodiesel. Pour le ricin commun, nous offrons dix shillings et, pour le châtaignier du Cap, nous offrons 15 shillings. Essentiellement, il faut quatre kilos de graines pour produire un litre d’huile.

ANIMATEUR :
Que diriez-vous à des agriculteurs qui aimeraient fournir des graines pour ce projet?

MUCHIRI :
Je leur recommanderais de commencer avec ce qu’ils ont et de ne pas changer radicalement leurs systèmes de production. Au lieu de cela, ils peuvent tout simplement planter dans leurs champs quelques crotons ou ricins communs ou châtaigniers du Cap et les intégrer dans leur système d’exploitation. En diversifiant leurs cultures de cette façon, ils peuvent en tirer l’avantage supplémentaire de réduire le risque d’avoir des récoltes déficitaires. L’autre élément important que je leur recommanderais c’est de s’organiser au sein d’un groupe et ensuite de ramasser les graines jusqu’à temps d’en avoir assez, soit environ une tonne. Une fois que vous avez une tonne de graines, alors vous pouvez nous contacter et nous pouvons venir les chercher et vous payer pour les graines. Il est évident que les groupes d’agriculteurs devraient communiquer en premier avec le Help Self Help Centre pour s’assurer que leurs graines seront achetées.

ANIMATEUR :
C’était Bernard Muchiri, le directeur du Help Self Help Centre, l’organisme sans but lucratif qui aide les petits exploitants agricoles du district de Kieni au Kenya à gagner un peu d’argent en faisant pousser et en récoltant des graines oléagineuses. Écoutons un peu de musique de (nom de l’artiste local) avant de nous rendre jusqu’à Kieni pour rencontrer deux agricultrices qui font pousser et récoltent des graines pour faire du carburant biodiesel.

Intermède musical

ANIMATEUR :
Me revoilà. Au cours de notre émission d’aujourd’hui, nous apprenons comment les agriculteurs peuvent s’impliquer dans la production du biodiesel. Jane est la présidente de son groupe local d’entraide des femmes et l’une des agricultrices qui bénéficient du projet de biodiesel géré par leHelp Self Help Centredans la région de Kieni au Kenya. Jane, que faites-vous dans ce projet?

JANE :
Nous plantons des tournesols dans nos jardins. On nous a dit qu’en faisant pousser des tournesols on peut extraire de l’huile des graines. Nous pouvons satisfaire nos besoins quotidiens grâce à l’argent que nous tirons de la vente des graines au HSHC. J’ai planté les tournesols il y a deux mois et je les récolterai dans deux autres mois. Les tournesols poussent bien.

ANIMATEUR :
Plantez-vous seulement des tournesols ou faites-vous pousser d’autres cultures vivrières?

JANE :
J’ai d’autres aliments dans le jardin – des pommes de terre, du maïs et des haricots. Je les ai tous mélangés dans ma parcelle d’un quart d’acre.

ANIMATEUR :
Et comment se portent les autres plantes?

JANE :
Elles se portent bien.

ANIMATEUR :
Parlons de la récolte. Quelles sortes de graines ramassez-vous?

JANE :
Nous faisons pousser et nous récoltons des graines de croton. Dans le passé, nous ne savions pas comment utiliser les graines de croton; les agriculteurs avaient l’habitude de faire pousser ces arbres pour faire des clôtures dans notre région. Mais nous nous rendons maintenant compte que nous pouvons vendre les graines et en tirer un revenu.

ANIMATEUR :
Ramassez-vous d’autres graines?

JANE :
Nous récoltons aussi des châtaignes du Cap dans la zone située près de notre forêt.

ANIMATEUR :
Faites-vous le ramassage tous les jours?

JANE :
Trois fois par semaine

ANIMATEUR :
En une journée, combien ramassez-vous de kilos?

JANE :
Une vingtaine. Nous faisons la récolte en groupe.

ANIMATEUR :
(Pause)Joséphine est une autre petite exploitante agricole et elle est secrétaire du groupe de ramassage de graines de Mathina. Combien de membres compte votre groupe?

JOSÉPHINE :
Nous avons trente membres.

ANIMATEUR :
De quelle façon cette entreprise a-t-elle aidé les agricultrices dans leur vie de tous les jours?

JOSÉPHINE :
Nous dépensons l’argent pour acheter des ustensiles, de la nourriture et des vêtements. Nous ramassons 20 kilos par jour et nous le faisons trois fois par semaine.

ANIMATEUR :
En moyenne, combien d’argent recevez-vous?

JOSÉPHINE :
Nous recevons 600 shillings kenyans(environ 7,75 dollars américains ou 5,50 euros)par semaine.

ANIMATEUR:
Pour en revenir à vous, Jane, après le ramassage des graines, que se passe-t-il en attendant de recevoir votre argent?

JANE :
Lorsque nous ramassons des graines de la forêt, nous les pesons en présence de tous les membres. Nous inscrivons le poids et ensuite nous téléphonons auHSHCou bien ce sont eux qui nous appellent. Ils apportent l’argent et ils nous paient sur place. Ensuite, ils transportent les graines jusqu’à leur bureau.

ANIMATEUR :
Espérez-vous faire pousser un jour des crotons et d’autres graines dans votre jardin?

JANE :
Oui, nous voulons encourager nos agriculteurs à planter les graines dans nos fermes. Ensuite, nous les montrerons à d’autres agriculteurs afin que les graines survivent. J’encourage les agriculteurs à planter les arbres parce qu’ils sont très beaux dans le jardin et les graines rapportent un revenu. En outre, nous voulons que leHelp Self Help Centrenous construise un propagateur de graines.

ANIMATEUR :
Qu’est-ce que c’est un propagateur de graines?

JANE :
C’est un dispositif qui maintient un environnement chaud et humide pour y faire pousser les graines et les boutures.

ANIMATEUR :
Merci, Jane.(Pause, puis s’adressant à son auditoire radiophonique)Vous avez entendu vos collègues agricultrices vous dire comment générer un revenu en faisant pousser dans votre jardin des plantes qui produisent des graines et comment vous impliquer en groupe dans la récolte des graines. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la façon de commencer à faire pousser ou à ramasser des graines oléagineuses, communiquez avec(nom de la station de radiodiffusion).Merci d’avoir été à l’écoute.

Montée de l’indicatif musical et fondu enchaîné

Acknowledgements

Rédaction : Winnie Onyimbo, Trans World Radio, Kenya.

Révision : Neil Noble, conseiller technique, Practical Answers, Practical Action

Traduction française : Jean-Luc Malherbe, Société Ardenn, Ottawa, Canada

Information Sources

Nota : Voici les noms scientifiques des plantes mentionnées dans ce texte

Alembelembe (ou croton) : Croton megalocarpus
Ricin commun : Ricimus communis
Châtaignier du Cap : Calodendrum capense 9