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Script 79.9

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2006, c’est l’Année internationale de la désertification pour les Nations Unies! Pendant toute l’année, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes vont ?uvrer pour faire reculer le désert. Les Nations Unies, les communicateurs, les leaders d’opinion – tout le monde a du pain sur la planche!

Car empêcher les gens de mettre le feu aux forêts et aux champs n’est vraiment pas la joie. Une cause importante des feux de brousse est la chasse aux rats et aux autres rongeurs. Les chasseurs allument des feux pour faire fuir les rats, dont se délectent de nombreuses familles rurales. Pourtant, les feux de brousse accentuent la déforestation et la désertification chez nous en Afrique. Comme vous le verrez dans le texte radiophonique qui suit, pour une partie de chasse qui va peut être rapporter moins d’un dollar, des forêts sont brûlées. Chaque année, le désert avance un peu plus à cause de ces actions.

La production du charbon de bois ou encore du bois de chauffage, indispensable pour la cuisson des repas, encourage aussi la déforestation à grande vitesse. Le reboisement est la solution inévitable. Et ça marche! Des décennies après la destruction progressive et sauvage des forêts au sud de Bénin, les plantations de cocotiers sont de plus en plus nombreuses parce que, animés d’un élan mercantile qui a favorisé en douceur le reboisement, des propriétaires terriens ont succombé à l’appât du gain avec la vente de noix de coco. Mais la volonté populaire doit être suscitée autour du reboisement, et pas seulement pour réaliser des gains économiques! Les rites officiels de plantation d’arbres, organisés le 1er juin de chaque année avec l’appui du gouvernement, mobilisent très peu les populations locales et beaucoup de plants meurent faute d’être arrosés ou entretenus. C’est le résultat d’un manque d’engagement citoyen.

Mais les médias doivent aussi être beaucoup plus associés dans leur ensemble pour une éducation sur l’environnement beaucoup plus réussie. L’environnement durable, c’est l’affaire de tout le monde!

Script

Personnages :

Sagbo et Hoovi, écoliers
Instituteur
Parents
Employé
Président de la Commission des lois
Journaliste

Bruit du vent et bruissement des herbes.

Sagbo
(à bout de souffle) : Hé tue le! Il va s’échapper!

Hoovi
(haletant) : Oh, il est entré là, dans cette broussaille.

Sagbo
: Ha! ça non! Il va falloir qu’on mette le feu à ce champ, alors que je n’ai pas la moindre allumette!

Hoovi
: Mais moi, si. J’ai sur moi le briquet que tante Nansi a offert à grand père pour sa pipe.

Sagbo
(le taquinant) : C’est vrai que tu as parfois le sens de la réplique!

Hoovi
(en colère) : Fais attention à ce que tu dis! Je ne tolère pas que tu m’injuries de cette façon!

Sagbo
: Hé, allons, je blaguais. Je voulais juste te taquiner un peu!

Pause pendant que Hoovi allume l’herbe, ensuite bruit de l’herbe qui brûle.

Hoovi
: J’ai vu un autre rat pénétrer dans cette partie là!

Sagbo
: Mets y aussi le feu!

Hoovi
: Le voilà qui s’en va!

Bruit du gourdin de chasse qui s’écrase dans la brousse, puis au sol.

Hoovi
: Tu l’as tué?

Sagbo
: Enfin oui! Je suis adroit moi!

Hoovi
: Laisse moi le voir. Oh, c’est tellement gros! On va se faire de l’argent avec ça! On pourrait le vendre au moins un dollar. (Pause) Ou préférerais tu qu’on assaisonne la soupe avec?

Sagbo
: Quoi? Penses tu que tu vas goûter à cela? Ce petit rat, je ne veux pas le partager avec toi.

Hoovi
: Tu m’étonnes, Sagbo. On a chassé ensemble et ce n’est pas la première fois. Qu’est ce qui t’arrive?

Sagbo
: Ce qui m’arrive, c’est que je veux te donner une leçon d’adresse à la chasse! ça t’apprendra à être plus adroit les autres fois et à ne plus laisser les rats se sauver!

Instituteur
(au micro) : C’est vous qui avez brûlé cette forêt? (Silence pendant un moment.) Hoovi?

Hoovi
: (très lentement et à contrec?ur) Oui maitre.

Instituteur
: Vous avez mis le feu simplement pour tuer un rat? Vous ne savez pas qu’en mettant le feu à nos forêts, pour chasser de petits rats qui valent moins d’un dollar, vous contribuez à la destruction de notre forêt et vous favorisez l’avancée de la désertification?

Hoovi et Sagbo
: Oui, maitre mais…

Instituteur
(les interrompant) : Silence autour de moi! Apparemment, vous ne mettez pas en application les leçons de civisme que nous vous enseignons. à cause de gens comme vous, il faut une loi qui punit les auteurs des feux de brousse qui provoquent la déforestation sauvage. Bandes d’ennemis de la verdure! (Pause, puis reprise plus doucement) Mais c’est pas votre faute. Ce sont vos parents qui vous encouragent par leur silence coupable. Je vais le leur dire!

Ambiance de village. Les enfants s’amusent. Les adultes rient aux éclats. Fondu enchainé sous les voix du maitre et de parents.

Instituteur
: Bonsoir, chers parents!

Les parents
(collectivement) : Bonsoir maitre!

Un parent
: Apportez un siège à monsieur l’instituteur! (Courte pause pendant qu’on apporte un siège)

Instituteur
: Je suis venu vous parler de vos enfants. (Pause) Au lieu de vous aider aux champs ou de faire leurs devoirs, ils préfèrent dévaster les forêts en chassant les rats. Oui, ces animaux contiennent beaucoup de protéines et de calories et sont donc très nutritifs. Mais à l’allure où vont les feux de brousse, dans quelques années seulement notre région ne sera plus verte. Le climat va changer, en même temps que la pluviométrie, ce qui pourrait occasionner la faim et la famine. êtes vous prêts à affronter ces problèmes?

Les parents
(collectivement) : Non! Jamais!

Instituteur
: Lorsqu’on fait 1 + 1 cela donne toujours 2. Si vous ne voulez pas la famine, alors arrêtez les feux de brousse! être un bon citoyen, c’est aussi cela!

Des parents
(individuellement) : Oui, c’est vrai! Merci, monsieur l’instituteur, pour cette lumière! Que Dieu vous bénisse!

Instituteur
: Dès demain, j’irai voir le président de la Commission des lois dans la capitale pour lui demander de proposer une loi pour punir les feux de brousse sauvages. (Pause) J’ai déjà parlé aux parents de Hoovi et Sagbo, qui ont allumé un feu pour chasser des rats. Mais j’ai une idée. Me permettez-vous de les emmener avec moi pour leur faire visiter le bâtiment de l’Assemblée nationale?

Les parents de Hoovi et Sagbo
(collectivement) : Oui!

Fondu sonore enchainé. Bruit de voitures, de camions et de gens qui causent. L’instituteur et les enfants sont à la gare.

Instituteur
: Bon, terminus, on descend les gars! Monsieur le chauffeur, voici vos sous.

Hoovi
(d’une voix endormie) : Déjà l’arrivée? Mais ça a été trop rapide!

Sagbo
(le taquinant) : Lorsqu’on passe son temps à dormir, c’est ce qu’on dit à l’arrivée!

Hoovi
: (s’énervant) écoute, ne te moque pas de moi!

Instituteur
: Allez les gars, pressez le pas, notre destination n’est pas loin!

Sortie en fondu des bruits de la gare routière et arrivée en fondu des bruits de la ville – klaxons de voiture, etc.

Hoovi
: Nous sommes toujours au Bénin? Je n’ai jamais vu un bâtiment comme ça?

Sagbo
(le taquinant) : Non! Nous sommes aux états Unis. Regardez moi ce fermier à Paris!

Instituteur
: ça, c’est le Parlement béninois. Allez, on va prendre par cet escalier. (Bruits de pas qui gravissent l’escalier) Bonjour monsieur, nous désirons voir le président de la Commission des lois.

Employé
: Frappez à la deuxième porte et attendez.

Instituteur
: Merci monsieur.

Bruits de pas qui s’arrêtent, puis on frappe à la porte. Pause, puis bruit de la porte qui s’ouvre.

Président
: Veuillez entrer, cher monsieur!

Instituteur
: Bon après midi, Monsieur le président. Je suis instituteur à Abomey et je suis là avec deux de mes élèves.

Président
: Vous êtes en excursion de vacances, c’est ça?

Instituteur
: Non, monsieur, je suis venu vous proposer de présenter une loi pour sanctionner la déforestation et les feux de brousse sauvages qui ont cours dans notre pays et provoquent la déforestation.

Président
: Mais quelle idée géniale! J’y avais moi même déjà songé et je pense que le temps est venu. Merci pour cette initiative!

Instituteur
: Merci.

Président
: Dès demain, j’informerai le premier Secrétaire parlementaire pour qu’une telle loi soit présentée.

Instituteur
: Rencontrer quelqu’un comme vous a été une chance pour nous.

Président
: Avant que vous partiez, je souhaite que vous fassiez une entrevue avec un journaliste radiophonique. Il faut que les populations sachent qu’il y a de belles initiatives et qu’ils s’en inspirent! Attendez ici et je vais aller chercher le journaliste.

Il va chercher le journaliste. Bruits de pas. Courte pause puis bruits de pas revenant vers le micro.

Journaliste
(arrivant au micro) : Bonjour, monsieur. On m’a dit que vous avez beaucoup d’idées à partager avec les auditeurs et avec tous nos concitoyens!

Instituteur
: Nous sommes venus proposer une loi nouvelle pour punir ceux qui allument les feux de brousse et dévastent nos forêts et la biodiversité. En effet, la désertification nous interpelle tous! Tout le monde a du pain sur la planche et doit ?uvrer pour arrêter le désert! Il est vrai que mettre le feu aux forêts et aux champs nous aide à chasser des rats et des écureuils, mais chaque fois que l’on fait encourage fortement la déforestation. Pour une partie de chasse qui va rapporter moins d’un dollar, des forêts sont détruites. Ce n’est pas un acte citoyen!

Journaliste
: Est ce que vous nous dites que les feux de brousse sont responsables pour la désertification?

Instituteur
: Pas seulement les feux de brousse! Le charbon de bois ou encore le bois de chauffage encourage aussi la déforestation et la désertification. Le reboisement est la solution inévitable. La volonté populaire doit être suscitée autour du reboisement! Il y a des histoires de succès, par exemple des villes du Sahel comme Ouagadougou sont réputées être très vertes. C’est le résultat d’un engagement citoyen!

Les médias doivent jouer un plus grand rôle dans l’éducation du public sur le besoin d’avoir un environnement plus durable et plus sain. Avec la radio, des tas de gens peuvent être réunis en un temps record. Des messages essentiels peuvent être transmis et les résultats concluants ne se font pas attendre. Plusieurs organismes fournissent des ressources aux journalistes et aux acteurs sociaux. C’est le cas, par exemple, du Réseau de radios rurales des pays en développement basé à Ottawa, au Canada. Il s’agit d’un réseautage entre plusieurs centaines de radios dans les pays d’Afrique.

Journaliste
: Mais vous savez bien que les rats sont succulents!

Instituteur
: Il n’y a rien de plus succulent qu’un rat, surtout quand il est grillé! Mais nous pouvons les attraper sans brûler les champs! Il est plus facile d’élever un aulacode ou un rat palmiste ou encore des pintades que d’en chasser dans les champs! La solution, c’est l’élevage!!! Pour ceux qui insistent, les pièges sont une solution de rechange, mais attention à l’extermination des espèces!

Journaliste
: Et pour le bois de chauffage, peut être proposez vous qu’on en élève aussi!!!!

Instituteur
: Pas exactement. Mais si nous détruisons un arbre, nous devons penser à en planter un! Ceci doit être un réflexe! Mais il y a aussi ce qu’on appelle les énergies renouvelables. Par exemple, il y a des inventions qui utilisent les excréments humains ou animaux pour produire de l’énergie qui peut servir à faire fonctionner des machines ou à vous fournir de l’électricité pour alimenter vos maisons. Au Bénin, le projet Songhai est un modèle de projet agricole. On fabrique du biogaz à partir de fumier! C’est incroyable mais vrai! Avec des inventions comme ça, on peut dire adieu à la désertification! Et c’est notre responsabilité à tous.

Journaliste
: Un message à l’endroit de ceux qui souhaiteraient vous rencontrer?

Instituteur
: Je suis instituteur communautaire à Abomey. Tous ceux qui aimeraient me rencontrer peuvent s’y rendre. Merci.

Journaliste
: C’est moi qui vous remercie.

Président
: Vous avez été génial! Allez, faites un bon retour chez vous!

Instituteur
: Merci beaucoup et à un de ces jours!

Musique légère. L’instituteur, Hoovi et Sagbo sortent du Parlement.

Acknowledgements

Redaction : Pacome Tometissi, Reseau de Realisateurs et Journalistes pour Population et Developpement (ReJPoD) B.P. 1756, Abomey Calavi, Benin.
Redaction : Gillian Kabwe, agent de formation, Centre mondial de l’agroforesterie, Chipata, Zambie.