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Script 62.9

Notes to broadcasters

Ce drame radiophonique illustre certains aspects importants reliés à la croissance du nombre de victimes du VIH/SIDA. Il démontre également les problèmes auxquels doivent faire face les veuves qui tentent de réclamer leurs droits à la propriété et à l’héritage. On y discute en particulier des coutumes qui sont liées à l’héritage de ces femmes devenues veuves. Avant d’adapter ce texte ou de préparer votre propre document pour diffusion, il est important de faire des recherches sur les lois qui s’appliquent localement, les politiques et coutumes en regard des droits d’héritage de ces femmes suite à la mort de leur mari. Assurez-vous que vos informations sont actuelles et pertinentes pour les membres de votre auditoire.

Considérez les suggestions suivantes lors d’émissions portant sur les droits des femmes et sur les lois reliées à l’héritage:

  • Invitez des femmes à participer à une discussion de groupe portant sur les politiques locales du droit à l’héritage des femmes et comment celles-ci et la communauté entière en sont affectées.
  • Invitez un avocat qui pourra expliquer comment faire un testament et, si cela est possible, répondre aux questions de l’auditoire.

Script

Les personnages:

L’animateur:

Cheri:
Une jeune fermière, au début de la vingtaine; son mari se meurt du VIH/sida.
Nakudi:
Veuve, au milieu de la trentaine.

INTRODUIRE UN THEME MUSICAL ET LE SUPPRIMER GRADUELLEMENT (10 secondes).

SCENE 1

L’animateur: C’est triste de voir quelqu’un mourir du VIH/sida. Mais il est encore plus tragique de voir le sort réservé à la veuve et à ses enfants après la mort du mari. Ce récit illustre les problèmes reliés aux droits des femmes à l’héritage. L’histoire commence lorsque Cheri, une femme dont le mari se meurt du VIH/sida, demande conseil à une amie.

Cheri:
(préoccupée) Je ne sais que faire, Nakudi. Ben ne nous a pas encore quittés et déjà son frère Peter affirme qu’il veut hériter de ma personne. Peter a déjà une épouse et je ne veux pas devenir sa femme … (elle commence à pleurer)

Nakudi:
Cheri, mon amie, je connais ce genre de problèmes. Je les ai vécus à la mort de mon mari.

Cheri:
Mais tu possèdes encore ta maison, la terre … et ton indépendance. Comment as-tu fait?

Nakudi:
J’ai parlé à mon mari à cet égard. Nous étions très proches. Nous n’avions pas de bonnes relations avec les membres de sa famille et je craignais le pire après sa disparition. Tu devrais parler à Ben. Si tu le désires, je peux t’accompagner.

Cheri: Je ne sais pas…

Nakudi:
Ca vaut la peine d’essayer.

Cheri:
Je me sens si désemparée, Nakudi, et Ben si malade. Il m’est difficile de prendre soin de lui, de faire le labour et le sarclage, les travaux ménagers et de prendre soin de mes filles. Je suis si fatiguée. Nos cultures en souffrent… Je suis incapable de tout faire.

Nakudi:
Ma pauvre fille! Allons parler à Ben. Tu dois faire en sorte que les problèmes se résolvent.

Cheri:
J’ai peur.

Nakudi:
Je comprends. Je peux t’aider et je pense que tu es assez forte pour le faire.

INTRODUIRE LA MUSIQUE GRADUELLEMENT ET LA MAINTENIR EN FOND SONORE PENDANT QUE L’ANIMATEUR PARLE.

L’animateur
: Les lois coutumières qui permettent aux beaux-parents d’hériter de la propriété d’un homme décédé, et quelques fois de la femme de celui-ci, se voulaient une protection offerte aux veuves et à leurs enfants pour les protéger des abus et de la pauvreté. Cependant, on a abusé de ces lois.

Dans notre récit, Cheri est déterminée de faire en sorte que son beau-frère ne puisse hériter de sa propre personne. Elle parle avec son mari Ben et celui-ci comprend qu’après sa mort, sa femme aura besoin de sécurité financière et d’indépendance. Il accepte de signer un testament par lequel il cède à Cheri la propriété incluant le bétail. Ben demande à un de ses oncles d’apposer sa signature, agissant comme témoin. La sœur de Cheri et le chef du village ont aussi été témoins à ce testament. Ceci est important puisque Cheri aura besoin de l’appui de la communauté pour faire appliquer ses droits.

Plusieurs mois plus tard, après la mort de Ben, Nakudi rend visite à Cheri. Elle vit avec ses enfants dans la maison familiale.

SCENE 2

SONS D’ANIMAUX ET AUTRES BRUITS DU VILLAGE EN FOND DE SCENE.
LE SON D’UNE PERSONNE QUI FRAPPE A LA PORTE.

Cheri:
C’est toi, Nakudi! Je t’en prie, entre. Tu es toujours la bienvenue, ici. Puis-je te servir une tasse de thé?

Nakudi:
Oui, merci!

Cheri:
Plus tard, après le thé, je te montrerai quelque chose à l’extérieur. J’ai lancé une petite entreprise. Je fais l’élevage des abeilles! Mon voisin m’a démontré comment démarrer. Crois-le ou pas, mon beau-frère m’aide et je lui verse en contrepartie une part de mes profits. Je vends du miel et de la cire d’abeilles au marché. Je possède toujours une vache, quelques chèvres et des poules. Je suis ainsi capable de bien nourrir ma famille.

Nakudi:
Tu as pris de bonnes décisions, chère.

Cheri:
Ce n’est pas tout. Je viens tout juste de commercer un travail comme couturière. Nous fabriquons des uniformes et des robes. Je peux aussi faire des vêtements pour mes filles. Merci à Dieu d’avoir parlé à Ben. Il m’a aidé à organiser ma vie après sa mort. Dans son testament, il a spécifié que je devais garder la maison familiale. Je n’aurais pu accomplir tout ça sans tes avis et ton soutien.

Nakudi:
Tu es plus forte que tu ne le pensais. Je t’ai apporté une portion de mon fameux gâteau au miel.

Cheri:
Merci beaucoup. Prenons le thé et bavardons encore.

L’animateur:
Les femmes veuves comme Cheri peuvent choisir comment elles conduiront leur vie après la mort de leur mari. Quelques fois, la partie la plus difficile est d’expliquer la situation aux membres de la belle-famille. Tous doivent se rappeler que le partage est au cœur même des lois sur l’héritage. Aussi, faut-il souligner, que les coutumes touchant l’héritage pour les femmes, spécialement si elles impliquent des relations sexuelles, peuvent contribuer à répandre le VIH/sida.

Acknowledgements

Contribution: Belinda Bruce, Vancouver, Canada.

Révision: Dr Gladys Mutangadura, Etudes post-doctorales. Département de Sociologie, Université de Caroline du Nord, Chapel Hill, NC, E.-U.

Traduit de l’anglais par André Dionne, Lingua Inc.

Information Sources

“Women – Vulnerable but vital campaigners against AIDS,” Ofeibea Quist-Arcon, Senegal, 2001.
SITE INTERNET: http://allafrica.com/stories/200107020491.html

“Sustainable agriculture/rural development and vulnerability to the AIDS epidemic,” Daphne Topouzis and Jacques du Guerny, FAO and UNAIDS Joint Publications, 1999.

“Empowering widows in development – Uganda, Zimbabwe, 1999. SITE INTERNET:
http://www.oneworld.org/empoweringwidows/10countries/uganda.html; http://www.oneworld.org/empoweringwidows/10countries/zimbabwe.html

“Wife inheritance spurs AIDS rise in Kenya,” Stephen Buckley, Washington Post Foreign Service, 1997. SITE INTERNET: http://www.washingtonpost.com/wp-srv/inatl/longterm/africanlives/kenya/kenya_aids.htm

“COLUMN ONE: Kenyan widows’ new fear,” Ann M. Simmons, Los Angeles Times, Wednesday, February 25, 1998. SITE INTERNET: http://www.aegis.com/news/vv/1999/VV991201.html

“Theme: Legal rights: property and inheritance rights for women,” 1999. SITE INTERNET: http://www.sls.wau.nl/crds/congress/index.html#subtheme

“AIDS: The agony of Africa: Part 5: Death and the Second Sex,” Mark Schoofs, The Village Voice, Dec. 1 au 7, 1999. SITE INTERNET: http://www.sls.wau.nl/crds/congress/index.html#subtheme

“Policy Profile, HIV Prevention and Women’s Rights: Working for One Means Working for Both,” 1996. SITE INTERNET: http://www.fhi.org/en/aids/aidscap/aidspubs/serial/captions/v2-3/cp2313.html

“The Implications of HIV/AIDS for Rural Development Policy and Programming: 1 Focus on Sub-Saharan Africa, Study Paper No. 6.” SITE INTERNET: http://www.undp.org/hiv/publications/study/english/sp6ech1-2.htm