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Campagne Radio Participative de Nkhotakota Community Radio sur la culture du maïs 1-1 : Amélioration de la sécurité alimentaire des agriculteurs du Malawi

Animateur 1 : Bienvenue à notre émission. Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un projet mis en œuvre par la Nkhotakota Community Radio au Malawi, en collaboration avec l’Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique de Radios Rurales Internationales, ou IRRRA. Nkhotakota Community Radio a diffusé une Campagne Radio Participative, ou CRP, sur le thème d’une semence de maïs par trou de plantation (culture du maïs 1-1).

Animateur 2 : Durant l’émission d’aujourd’hui, nous allons évoquer la réussite de la CRP. Restez à l’écoute pour en apprendre davantage sur la façon dont ce projet unique a non seulement contribué à une meilleure sécurité alimentaire dans le district de Nkhotakota, mais a aussi impliqué étroitement les agriculteurs dans la réalisation et la diffusion des émissions et leur a donné l’occasion de s’exprimer à l’antenne!

Pause musicale de 30 secondes, puis fondu enchaîné sous la voix de l’animateur

Animateur 2 : Bienvenue de nouveau à l’émission. Radios Rurales Internationalesest une ONG canadienne qui a mis sur pied – de 2007 à 2010 – un projet appelé Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique ou IRRRA. Ce projet s’est déroulé dans cinq pays africains : l’Ouganda, la Tanzanie, le Malawi, le Ghana et le Mali.

Animateur 1 : Un des créations uniques de l’IRRRA a été les Campagnes Radios Participatives ou CRP. Ces campagnes ont été diffusées par des stations de radio locales et ont impliqué les agriculteurs locaux. Durant chaque campagne, on a demandé aux agriculteurs de choisir une pratique agricole qui leur permettrait d’améliorer leur sécurité alimentaire. Cette pratique agricole est ensuite devenue l’axe principal de la campagne.

Animateur 2 : Des agriculteurs mais aussi des agents de vulgarisation agricole et des experts agricoles se sont concertés pour choisir une pratique agricole. Une fois le choix fait, les agriculteurs et les autres intervenants ont contribué à l’élaboration du contenu réel de l’émission.

Les agriculteurs ont interagi avec la station de radio tout au long de la campagne. Outre l’écoute des émissions de radio, les agriculteurs ont utilisé leurs téléphones mobiles pour dialoguer avec les animateurs et les réalisateurs. Ils ont également reçu, sur leurs téléphones mobiles, des informations sur la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation. Ces informations leur ont permis de se décider en faveur, ou non, de l’adoption de ce mode de culture du maïs.

Animateur 1 : Le maïs est la deuxième denrée alimentaire en importance dans la zone de diffusion de la radio. Les agriculteurs locaux avaient entendu toutes sortes de choses au sujet de la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation. Ils avaient entendu dire que cette méthode permettait d’accroître le rendement, réduisait les besoins de désherbage et diminuait l’érosion du sol. Mais beaucoup d’idées fausses circulaient à propos de ce genre de culture du maïs. Les agriculteurs avaient entendu dire qu’elle exigeait plus d’engrais et qu’elle nécessitait beaucoup de main-d’œuvre. Un des objectifs de la campagne était justement de corriger ces idées fausses.

Animateur 1 : Les agriculteurs et autres experts agricoles ayant choisi de se concentrer sur ce mode de culture durant la campagne étaient convaincus que la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation apporterait une plus grande sécurité alimentaire aux agriculteurs de la région. Par conséquent, en septembre 2009, l’IRRRA et Nkhotakota Community Radio ont lancé une CRP sur le mode d’une semence par trou de plantation.

Pause musicale de 10 secondes

Animateur 2 : Le 29 septembre 2009, Nkhotakota Community Radio a diffusé la première partie d’une émission hebdomadaire intitulée Phindu muulimi, ce qui signifie « Agriculture productive ». L’émission a été retransmise les mercredis soirs au cours des six mois suivants. C’est Victor Asumani qui réalisait l’émission, tandis que Ganizani Njanje en était l’animateur habituel.

L’émission proposait des entrevues en studio et sur le terrain, des poèmes, des micros-trottoirs et des débats de formats plus interactifs, tels que des tribunes sélectives, des tribunes libres, des réponses aux lettres des auditeurs et des tables rondes.

La station de radio diffusait des informations et des conseils sur les techniques de la culture du maïs 1-1 et évoquait ses avantages et ses enjeux. Elle encourageait les agriculteurs à interagir librement avec les radiodiffuseurs et les experts agricoles.

Animateur 1 : Après six mois, il était devenu évident que l’émission avait réussi à encourager les agriculteurs à adopter la culture du maïs à raison d’une semence par trou. Les chercheurs ont constaté que 30 % des agriculteurs des communautés pouvant écouter l’émission et interagir avec les radiodiffuseurs et les experts agricoles avaient choisi ce mode de culture. Dans les communautés pouvant écouter l’émission, mais sans interaction avec les diffuseurs et les experts agricoles, 33 % des agriculteurs avaient opté pour cette pratique agricole. Dans les communautés n’ayant pas pu écouter l’émission et n’ayant eu aucun contact avec les radiodiffuseurs et les experts agricoles, seulement 13 % des agriculteurs avaient adopté ce mode de culture du maïs.

Animateur 2 : Mais est-ce que ce succès a continué? En septembre 2011, 18 mois après l’achèvement de la campagne, Clare Likagwa, de Farm Radio Malawi, a interviewé deux agriculteurs locaux et une agente de vulgarisation agricole au sujet de leur expérience touchant la culture du maïs 1-1 avant, pendant et après la campagne. En juillet 2011, Radios Rurales Internationales a interviewé Victor Asumani de Nkhotakota Community Radio. Nous entendrons les entrevues que Clare Likagwa a menées auprès des agriculteurs après une courte pause.

Courte pause musicale

Clare Likagwa : Pouvez-vous vous présenter, monsieur, s’il vous plaît?

Abasi Abibo : Je m’appelle Abasi Abibo. J’habite le village de Chikombe, dans l’Autorité traditionnelle de Mphonde. J’ai 52 ans et je suis agriculteur. Je cultive du manioc, du maïs et du riz, mais surtout du maïs.

Clare Likagwa : Depuis combien de temps cultivez-vous du maïs?

Abasi Abibo : Je pratique la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation depuis trois ans maintenant, mais je cultive du maïs depuis huit ans.

Clare Likagwa : Qui vous a parlé de ce mode de culture?

Abasi Abibo : Ce sont des agents de vulgarisation agricole. Nous avons juste quelques agents de vulgarisation agricole mais nous avons la chance d’avoir une station de radio fiable ici à Nkhotakota, Radio Nkhotakota. Ce que les agents de vulgarisation agricole ne parviennent pas à nous dire directement, nous pouvons l’entendre à la radio. De plus, Nkhotakota a lancé une campagne radiophonique sur ce mode de culture du maïs.

Clare Likagwa : Lorsque vous avez écouté la campagne, qu’avez-vous fait?

Abasi Abibo : J’ai suivi toutes les recommandations. Par exemple, j’ai réaligné les billons en les espaçant de 75 centimètres chacun, j’ai préparé des trous de plantation à 25 centimètres de distance chacun et j’ai répandu deux poignées de fumier par trou de plantation. J’ai également suivi les conseils concernant l’utilisation de l’engrais et confectionné des cloisons pour conserver l’humidité dans le champ. Ensuite, nous avons désherbé le moment venu et nous nous sommes rendus dans le champ pour vérifier les invasions de parasites.

Clare Likagwa : Quelle était la superficie de votre parcelle cultivée en maïs à raison d’une semence par trou de plantation durant la campagne et quel a été votre rendement?

Abasi Abibo : J’ai cultivé une terre d’environ une acre et j’ai récolté 60 sacs de maïs. J’ai utilisé deux sacs de 50 kilos d’engrais.

Clare Likagwa : Bien des gens croyaient que la culture du maïs 1-1 exigeait une importante main-d’œuvre et de grandes quantités d’engrais. Quelle a été votre expérience?

Abasi Abibo : Quand je me suis lancé dans cette pratique agricole, j’ai réalisé que ce n’était que des paroles, uniquement des rumeurs. Je n’ai pas rencontré de difficultés.

Clare Likagwa : Avez-vous changé votre production de maïs durant la saison qui a suivi la campagne radiophonique?

Abasi Abibo : L’an dernier, j’ai ajouté une demi-acre, ce qui faisait une acre et demie en tout.

Clare Likagwa : Pourquoi avez-vous augmenté la superficie de votre parcelle de maïs?

Abasi Abibo : Pour vérifier si cette pratique agricole était rentable. J’ai trouvé qu’elle était rentable étant donné que mes rendements ont augmenté. Même s’il n’a pas suffisamment plu, j’ai réussi à récolter 66 sacs de maïs.

Clare Likagwa : Avez-vous relevé des défis durant la période de végétation d’après-campagne?

Abasi Abibo : Le défi majeur a été l’insuffisance des précipitations. Les chutes de pluie ont été si peu nombreuses que les rendements ont diminué. Nous avons préparé la terre à temps et semé avec les premières pluies, mais il y a eu une longue période de sécheresse qui a eu des répercussions sur le rendement.

Clare Likagwa : Sur quels services de soutien pouvez-vous compter pour vous encourager à poursuivre ce mode de culture?

Abasi Abibo : L’organisation Total LandCare donne son appui aux agriculteurs pour qu’ils adoptent de nouvelles technologies agricoles telles que l’agriculture de conservation ayant trait au maïs. Sa principale tâche consiste à aider les agriculteurs à tirer un profit maximum de leur exploitation agricole. Par conséquent, l’organisation Total LandCare enseigne aux agriculteurs des pratiques telles que l’étalement de tiges de maïs comme paillis dans l’agriculture de conservation. Elle fournit également des intrants à crédit, même si la plupart des ressources proviennent des agriculteurs eux-mêmes.

De plus, des agriculteurs chefs de file suivent une formation dispensée par des agents de vulgarisation du ministère de l’Agriculture. Ils ont tout simplement étendu cette formation à nous. Nous avons un agriculteur chef de file dans notre communauté qui apporte son aide lorsque l’agent de vulgarisation agricole désigné est occupé.

Clare Likagwa : Comment décririez-vous vos relations avec les radiodiffuseurs durant la campagne?

Abasi Abibo : Nous avons eu des relations plutôt bonnes. Les radiodiffuseurs nous ont remis en mémoire des questions que nous pouvions avoir oubliées et nous ont communiqué des informations sur des activités et des pratiques nouvelles. Ils rendent encore ce service.

Animateur 1 : Nous serons de retour après une courte pause pour nous entretenir avec une agricultrice.

Courte pause musicale

Clare Likagwa : Bonjour madame, pouvez-vous vous présenter?

Magret Kamanga : Je m’appelle Magret Kamanga et je suis de l’Autorité traditionnelle de Mphonde. Je pratique la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation. J’ai 28 ans, je suis mariée et j’ai quatre enfants.

Clare Likagwa : Comment avez-vous commencé à pratiquer ce mode de culture?

Magret Kamanga : Quand je suis arrivée ici en 2005, je me suis jointe à un groupe de gens qui pratiquaient ce genre de culture. Ce sont eux qui m’ont initiée à cette pratique agricole. Ils m’ont dit que c’était leur agent de vulgarisation agricole qui la leur avait enseignée.

Clare Likagwa : Comment ont été les débuts?

Magret Kamanga : J’ai pratiqué ce mode de culture du maïs sur un terrain d’un quart d’acre. Au début, j’ai suivi la méthode traditionnelle qui consistait à utiliser des billons largement espacés. Mais j’ai tiré profit des conseils du groupe. J’ai réaligné les billons en laissant un intervalle de 75 centimètres entre chacun d’eux et un espace de 25 centimètres entre les plants. On m’a conseillé, après avoir semé, de répandre de l’engrais au bon moment. Lorsque la plante a eu trois feuilles, j’ai ajouté de l’engrais à la base de la tige. Trois semaines plus tard, j’ai répandu de l’engrais sur la surface de la terre.

Clare Likagwa : Quel a été le rendement par rapport aux saisons précédentes?

Magret Kamanga : Auparavant, mes rendements étaient très faibles. Je semais trois graines par trou à partir desquelles j’obtenais un bon épi et deux autres sous-développés. Mais, avec la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation, chaque plante avait un épi bien développé. Sur un terrain d’un quart d’acre, j’ai récolté 15 sacs de 50 kilos.

Clare Likagwa : Avez-vous entendu parler de la campagne radiophonique sur la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation?

Magret Kamanga : Oui, je l’ai suivie à la radio et j’ai échangé des points de vue avec quelques-uns des radiodiffuseurs qui sont venus dans la communauté.

Clare Likagwa : Au moment de la campagne radiophonique, vous étiez déjà au fait de cette pratique agricole. Avez-vous retiré un avantage supplémentaire de cette campagne radiophonique?

Magret Kamanga : La campagne radiophonique m’a appris beaucoup plus de choses et aussi éclairé sur des questions avec lesquelles je n’étais pas familière.

Clare Likagwa : Pouvez-vous me donner quelques exemples?

Magret Kamanga : La campagne radiophonique m’a rappelé que les activités agricoles doivent se faire au moment opportun. Par exemple, quand on disait à la radio qu’il était temps de désherber, je me précipitais sur ma houe pour désherber mon champ. Quand on annonçait sur les ondes qu’il était temps de répandre de l’engrais, je tenais compte de cet avis. Auparavant, je faisais ces activités, mais pas en temps voulu.

Clare Likagwa : Y a-t-il quelque chose d’autre que vous faites différemment depuis la campagne radiophonique?

Magret Kamanga : Oui, actuellement je pratique la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation de même que les pratiques agricoles de conservation telles que l’étalement de tiges de maïs sur le champ. Ce mode de culture du maïs a été mis en évidence lors de la campagne radiophonique.

Clare Likagwa : Quels sont vos plans concernant la production du maïs?

Magret Kamanga : Je veux continuer la culture du maïs 1-1 et poursuivre l’agriculture de conservation. Ce genre de culture est très avantageux pour moi. Il n’exige pas beaucoup de main-d’œuvre. Je suis capable de finir rapidement tout ce que j’ai à faire dans le champ de maïs. Cela me laisse le temps de me concentrer sur mes champs de riz et de manioc.

Animateur 2 : Nous reviendrons de nouveau à l’antenne, après une courte pause, pour nous entretenir avec Victor Asumani, le réalisateur des émissions sur la culture du maïs 1-1 diffusées par Nkhotakota Community Radio.

Courte pause musicale

Intervieweur : Bonjour! Nous savons que plusieurs agriculteurs ont adopté ce mode de culture à la suite de la campagne. Est-ce que la superficie cultivée en maïs à raison d’une semence par trou de plantation a augmenté, est restée la même ou a diminué depuis la fin de la Campagne Radio Participative?

Victor Asumani : La superficie a augmenté. Certaines personnes des districts voisins comme Salima ont aussi adopté cette pratique agricole. Le gouvernement du Malawi fait la promotion de ce mode de culture.

Intervieweur : Est-ce que d’autres organisations en font encore la promotion?

Victor Asumani : Oui. Le ministère de l’Agriculture en fait lui-même la promotion. En tant que station de radio, nous travaillons main dans la main avec le ministère de l’Agriculture. Et d’autres organisations en font encore la promotion. Ces organisations et la station de radio collaborent avec le ministère de l’Agriculture. Ces organisations nous transmettent des informations que nous diffusons sur les ondes.

Intervieweur : Pensez-vous que la campagne a été un succès?

Victor Asumani : C’est une question primordiale (rires). Mais oui, la campagne a connu un grand succès. Je dis cela parce que, 16 mois après la campagne, les gens pratiquent toujours ce qu’on leur a enseigné pendant la campagne. Cela a été un succès pour les radiodiffuseurs parce que nous mettons à profit dans d’autres émissions les connaissances acquises durant la campagne.

Intervieweur : J’aimerais vous demander si la campagne a eu une influence quelconque sur votre rôle de radiodiffuseur. Tout d’abord, est-ce que la campagne a changé votre manière d’interagir avec votre auditoire?

Victor Asumani : Oui, cela a changé sur certains points. Tout d’abord, le personnel de la radio et certains membres de l’équipe de l’IRRRA sont allés rendre visite à des agriculteurs dans leurs champs et ont organisé un groupe de discussion. Nous n’avions pas fait ce genre de choses avant la campagne. Mais, grâce à la campagne, nous avons eu la chance de nous retrouver en tête à tête avec des agriculteurs. Ensuite, les agriculteurs ont participé en faisant des suggestions et en posant des questions au moyen de lettres et par l’entremise de tribunes sélectives et de tribunes libres.

Intervieweur : Est-ce que ce genre d’interaction avec vos auditeurs se poursuit?

Victor Asumani : Ouais, mais ça va, ça vient. La station de radio ne dispose pas de moyens de transport, excepté une ou deux bicyclettes que nous utilisons uniquement pour les endroits situés à proximité. Quand nous disposons d’un moyen de transport, nous nous rendons chez les agriculteurs. Nous animons encore des tribunes sélectives et libres, mais pas fréquemment. La plupart du temps, nous écrivons des lettres. Nous nous rendons parfois dans les champs pour interviewer des agriculteurs et, de temps à autre, ils viennent à la station de radio quand ils ont un problème ou une suggestion à faire dans le cadre de l’émission.

Intervieweur : En tant que radiodiffuseur, qu’avez-vous appris en menant la campagne?

Victor Asumani : L’enseignement que j’en ai tiré c’est que les habitants des communautés apprennent beaucoup quand vous allez directement à eux. Ils apprennent et ils changent facilement quand vous les impliquez dans la programmation. En même temps, nous devrions démontrer ce qu’ils ont entendu à la radio de sorte qu’ils puissent venir voir un champ de culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation. De cette manière, ils pourraient voir ce dont je parlais à la radio. Par conséquent, l’implication des agriculteurs est un excellent moyen de changer les pratiques agricoles.

Animateur 1 : Après une courte pause, Clare Ligawka va interviewer une agente de vulgarisation agricole qui a collaboré à la campagne radiophonique. Restez à l’écoute.

Courte pause musicale

Clare Likagwa : Pouvez-vous vous présenter, madame?

Florence Magomero : Je m’appelle Florence Magomero et je suis coordonnatrice de la mise en œuvre de la vulgarisation agricole pour la zone de planification de la vulgarisation agricole de Mphonde.

Clare Likagwa : Comment progresse la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation dans votre région?

Florence Magomero : Ce mode de culture est en hausse. Si on compare les deux saisons de croissance postérieures à la campagne radiophonique avec les précédentes, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à adopter cette pratique.

Clare Likagwa : À votre avis, pourquoi les agriculteurs sont-ils plus nombreux à se tourner vers ce mode de culture?

Florence Magomero : Il y a trois raisons. Premièrement, la campagne radiophonique a fait changer les choses. Les agriculteurs ne pensent plus que la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation exige beaucoup d’engrais. En outre, ils comprennent que « ravitailler » n’exige pas trop de main-d’œuvre. Par « ravitailler », j’entends remplacer les jeunes plants dans les trous où les graines n’ont pas germé. Il apparaît que la campagne a permis de corriger ces sortes d’idées fausses.

Deuxièmement, quand il y a une plus grande quantité d’engrais dans une zone, de plus en plus de gens veulent cultiver du maïs. Le programme de subventions des engrais du gouvernement du Malawi a entraîné une augmentation de la quantité d’engrais. Il y a eu une augmentation de la culture du maïs 1-1 à la suite des expériences réussies d’agriculteurs ayant choisi ce mode de culture à haut rendement.

Troisièmement, le gouvernement a intensifié ses efforts pour identifier et former des agriculteurs chefs de file. Ces agriculteurs sont devenus des modèles pour la communauté. Leurs pratiques agricoles inspirent confiance à la communauté et leurs ménages bénéficient de la sécurité alimentaire. Ils aident à former des membres de la communauté. Ici à Mphonde, nous avons 42 agriculteurs chefs de file. Et, dans différentes communautés, il y a beaucoup de parcelles de démonstration privilégiant la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation.

Clare Likagwa : En ce qui concerne ce mode de culture, pourriez-vous établir une comparaison entre les saisons de la campagne et de l’après-campagne?

Florence Magomero : La plus grande différence est apparue lors de la dernière saison de croissance. Sur les 10 champs que nous avons visités, sept ou huit étaient consacrés à la culture du maïs 1-1, tandis que la pratique agricole traditionnelle – trois jeunes plants par trou – concernait uniquement deux champs. Au cours de la saison 2009-2010, plus de 2 500 familles d’agriculteurs ont pratiqué ce mode de culture sur plus de 260 hectares. Mais, la saison dernière, le nombre des agriculteurs a plus que doublé et la superficie cultivée a dépassé 2 000 hectares!

Les comportements des agriculteurs changent également. Ils avaient coutume de dire qu’ils ne pouvaient pas adopter ce mode de culture du maïs parce cela exigeait une trop grande quantité d’engrais. Mais, à présent, la plupart d’entre eux ont changé d’idée. Ils disent que si vous n’avez pas suffisamment d’engrais pour pratiquer cette méthode de culture sur tout votre champ, il est préférable de consacrer une partie de votre champ à ce genre de culture plutôt que de cultiver tout votre champ selon la méthode traditionnelle. Les agriculteurs accordent plus d’importance à ce qui fonctionne dans leurs champs plutôt qu’aux rumeurs sur la grande quantité d’engrais qu’exige la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation.

Clare Likagwa : De quelle aide bénéficie cette région pour la promotion de ce mode de culture du maïs?

Florence Magomero : Il existe un assez grand nombre de services de soutien. Divers essais de variétés sont effectués sur la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation impliquant un grand nombre d’agriculteurs. De plus, des agriculteurs chefs de file participent à la promotion de ce mode de culture. Dans la zone de planification, chaque subdivision dispose maintenant d’un agent de vulgarisation agricole, de sorte que tous les agriculteurs pourront être rejoints ou pourront entrer en contact avec l’agent de vulgarisation pour toutes leurs activités agricoles. Tout cela laisse entendre que, par rapport à la saison dernière, la présente saison de croissance verra un nouvel accroissement de ce mode de culture.

En outre, l’organisation Total LandCare, qui travaille avec nous, a enregistré un nombre croissant d’agriculteurs pratiquant l’agriculture de conservation. Cela inclut la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation.

Musique pendant cinq secondes, puis fondu enchaîné sous la voix de l’animateur

Animateur 1 : Aujourd’hui, vous avez entendu parler de la Campagne Radio Participative de Nkhotakota Community Radio sur la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation. Nous avons entendu le réalisateur de l’émission, des agriculteurs locaux et une agente de vulgarisation agricole.

Animateur 2 : Cette campagne a réussi à faire adopter aux agriculteurs locaux la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation. De plus en plus d’agriculteurs de la région adoptent ce mode de culture du maïs grâce à la CRP diffusée par la station de radio et au soutien d’autres organismes.

Animateur 1 : Merci d’avoir été à l’écoute de notre émission d’aujourd’hui. Au revoir et à la prochaine!

Animateur 2 : Au revoir!