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L’oiseau matinal attrape le vers: Kambalame kolawirira ndiko kamatola nyongolotsi

CHIBWE

CHEF

SECRÉTAIRE

TEMBO

NAMILAZI

FEMME

 

Messages principaux:

Achetez vos semences auprès de sources fiables. Si vous plantez des semences recyclées ou que vous les achetez auprès de sources non fiables, assurez-vous d’avoir le temps de tester leur taux de germination.

Achetez vos semences suffisamment tôt pour pouvoir les planter dès les premières pluies efficaces de semis.

Assurez-vous d’avoir de nombreux moyens d’obtenir de la nourriture et des revenus, car il n’y a pas de certitude quant à la culture et l’entreprise qui marcheront.

 

MONTÉE DU GÉNÉRIQUE ET FONDU SOUS LA VOIX DU PRÉSENTATEUR

 

PRÉSENTATEUR:             Aujourd’hui, nous présentons un feuilleton intitulé « L’oiseau matinal attrape le vers » ou « Kambalame kolawirira ndiko kamatola nyongolotsi », comme on dit en chichewa. Ici, votre présentateur, _____, pour vous présenter ce feuilleton, sur (nom de la station de radio).

Plus tard dans le programme, nous ouvrirons nos lignes téléphoniques et SMS pour discuter des endroits où on peut acheter des bonnes semences près de votre communauté, et aussi si l’on peut dire, juste en regardant des semences, si elles auront un haut taux de germination ou non. Nos numéros de téléphone sont _____ et nos lignes SMS sont _____.

MONTÉE DU GÉNÉRIQUE ET FONDU ENCHAÎNÉ AVEC CE QUI SUIT

NARRATEUR:        Quelles plantes allez-vous semer cette année? Quels cultivars d’arachides aimez-vous -et pourquoi? Aujourd’hui, notre feuilleton considère les défis auxquels les gens font face quand ils veulent acheter de bonnes semences pour leur zone locale, et les dangers qu’il y a à acheter des semences de sources non-fiables. Il discute aussi les avantages de la diversifications des sources de revenus et de nourriture. Voici L’oiseau matinal attrape le vers.

GÉNÉRIQUE

SCÈNE UN

 

EFFETS SONORES:              ON FRAPPE À UNE PORTE

 

CHEF:                        Oui… un instant, j’arrive.

 

EFFETS SONORES:             LA PORTE S’OUVRE

 

CHEF:                        Oh, c’est M. Chibwe. Comment allez-vous?

 

CHIBWE:                  Je vais bien, chef de village.

 

CHEF:                       Comment puis-je vous aider, M. Chibwe? Avez-vous des problèmes avec votre nouveau moulin à maïs?

 

CHIBWE:                  Non, mon Chief. Le nouveau moulin à maïs fonctionne bien.

 

CHEF:                       M. Chibwe, permettez-moi de vous remercier encore une fois d’avoir réduit la distance que nos femmes doivent parcourir. Le centre de commerce était le seul endroit où les gens pouvaient trouver un moulin à maïs. Cinq kilomètres à pied, c’est une longue distance.

 

CHIBWE:                 Je vous en prie. Je suis content que vous m’ayez soutenu et que vous m’ayez permis d’acheter un moulin à maïs. Et non seulement ça. Vous m’avez donné un endroit stratégique au bord de la route qui traverse le village.

 

CHEF:                       Je vous en prie; c’est notre travail et notre responsabilité en tant que chefs.

 

CHIBWE:                 C’est bien que vous ayez donné des terrains à tous les villageois qui voulaient construire une épicerie -ou tout autre type de boutique. C’était admirable.

 

CHEF:                       Je crois que ma population va établir un bon centre de commerce dans mon village. Si vous échouez, j’inviterai des riches à bâtir leurs boutiques.

 

CHIBWE:                 Non, nous allons construire des boutiques pour mieux servir nos frères et sœurs. Cela sera un facteur de développement et de pensée créative pour les jeunes de ce village.

 

CHEF:                       Que puis-je faire pour vous, M. Chibwe?

 

CHIBWE:                 Merci, Monsieur. Je voudrais acheter le cultivar de semences d’arachides que vous cultivez.

 

CHEF:                        Le Chalimbana 2000?

 

CHIBWE:                  Oui, Chalimbana. Est-ce Chalimbana 2000 maintenant?

 

CHEF:                       Oui, j’ai entendu dire qu’on a amélioré le Chalimbana que nous connaissons. Mais pourquoi la voulez-vous?

 

CHIBWE:                 J’ai remarqué qu’elle se vend bien si on la vend fraîche ou cuite.

 

CHEF:                       Oui, beaucoup de gens de la ville adorent manger le Chalimbana maintenant, fraîche ou cuite.

 

CHIBWE:                 Les gens ont gagné de l’argent en faisant ça, l’année dernière. Les arachides non écalées se sont vendues à 9000 kwacha par sac. Je pense que c’est une bonne affaire car les arachides sont encore fraîches; elles ne sont pas séchées et ratatinées. Tu as une bonne intuition que tu as eue de vendre des arachides non écalées la saison dernière.

 

CHEF:                       Ça a été en effet une bonne intuition parce que les arachides séchées  et écalées se vendent seulement 250 kwacha le kilo! J’ai vendu à un prix bien meilleur que ça. Mais j’ai pris ce risque pour une bonne raison. Je n’ai récolté que six sacs. J’en ai vendu deux sacs frais et j’ai gardé quatre sacs.

 

CHIBWE:                  Quelle surface avez-vous ensemencée avec des arachides?

 

CHEF:                        J’ai ensemencé un demi-acre.

 

CHIBWE:                 (PAS IMPRESSIONNÉ) Mais pourquoi ce faible rendement? Je veux la sorte de Chalimbana qui a bien produit –celle que je t’ai vu faire sécher après la récolte. Les arachides étaient grosses et pleines à l’intérieur des gousses.

 

CHEF:                       Avez-vous vu ces arachides dans le jardin ou avez-vous vu celles qui avaient été récoltées, à la maison?

 

CHIBWE:                 J’ai vu celles qui avaient été récoltées à la maison.

 

CHEF:                       Ok. Dans le jardin, il y a eu une catastrophe.

 

CHIBWE:                 Quelle catastrophe?

 

CHEF:                       La germination a été faible. J’étais tellement fâché que j’ai failli tout arraché pour ensemencer une autre plante. Mais ma femme a dit que je ferais mieux de les laisser pour la prochaine saison de semis.

 

CHIBWE:                 Je veux acheter la semence auprès de vous, et je veux éviter ces faibles taux de germination. Vendez-moi un peu de votre Chalimbana, s’il vous plaît.

 

CHEF:                       Désolé, j’en ai gardé juste assez pour mon propre semis. Je n’en ai pas en surplus. Cette année, je vais planter sur un terrain plus grand, deux acres.

 

CHIBWE:                 Vous avez gouté au sucre du Chalimbana maintenant, vous avez vu le bon côté du Chalimbana. (Note de l’éditeur: « goûter au sucre » signifie avoir une expérience positive.)

 

CHEF:                       Oui, je vais planter le cultivar Chalimbana 2000 parce que ses rendements sont meilleurs et il nécessite moins de pluie que le Chalimbana traditionnel. Avec le pactole que j’ai gagné l’an dernier en vendant mes arachides fraîches, je vais rehausser le niveau de mes activités agricoles.

 

CHIBWE:                 Oui, les gens aiment manger cette variété quand elle est fraîche. Dommage que le taux de germination n’ait pas été bon. Chef, j’étais certain que vous me vendriez des arachides qui germeraient.

 

CHEF:                       Vous me faites penser… L’an dernier, j’ai acheté mes graines d’arachides au marché à ciel ouvert parce que je n’arrivais pas à trouver des semences dans les endroits réputés. C’est peut-être parce qu’on ne s’est pas bien occupé de la semence… ou peut-être qu’elle a été trop séchée au marché.

 

CHIBWE:                 J’ai failli acheter au marché aussi, l’an dernier. Mais je ne sais pas quoi faire maintenant. Je veux diversifier même les variétés d’arachides que je cultive.

 

CHEF:                       Je vous souhaite bonne chance. J’ai entendu dire qu’il y a des boutiques d’agro-commerçants crédibles et d’autres sources crédibles dans de nombreuses régions du Malawi qui vendent ce Chalimbana 2000. Par exemple, il y a la Chitedze Research Station, l’ICRISAT et la NASFAM. (Note de l’éditeur: ICRISAT est l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides et NASFAM est l’acronyme de la National Smallholder Farmers’ Association of Malawi) Mais la demande est tellement forte que certaines personnes décident d’acheter les graines d’arachides afin de les utiliser comme semences. Pourquoi ne pas…?

 

CHIBWE:                 (L’INTERROMPANT)… acheter auprès de sources réputées et non au marché à ciel ouvert? Le problème est que nous n’avons pas une telle boutique dans notre région. Et comment quelqu’un peut-il faire ses cultures avec confiance quand ses semences viennent d’endroits douteux comme les marchés locaux? Elles sont laissées au soleil tous les jours, en attendant les acheteurs.

 

CHEF:                       Si le taux de germination n’avait pas été si faible, mon discours aurait été différent. Bien meilleur. J’aurais acheté un char à bœufs. Imaginez: avec seulement les deux sacs d’arachides fraîches, j’ai obtenu 18 000 kwacha.

 

CHIBWE:                 Oh oui! J’ai vu que les arachides fraîches se vendaient à bon prix, surtout votre cultivar Chalimbana -les gens se bousculaient pour l’avoir.

 

CHEF:                       Ils se bousculaient, en effet! Vous savez ce qui est arrivé… Un vendeur m’a rencontré alors que j’étais sur le point de faire sécher les arachides. Il a essayé de me convaincre de lui vendre les deux sacs d’arachides fraîches que j’étais sur le point de faire sécher. Il ne cessait d’augmenter son prix vu que je ne montrais aucun intérêt. Alors j’ai décidé d’essayer quelque chose de nouveau et je lui ai vendu les arachides fraîches.

 

CHIBWE:                 Neuf mille kwacha pour un sac d’arachides fraîches de 50 kilos, c’était un bon prix -je pourrais aussi lui en vendre. C’est la raison pour laquelle nous faisons de l’agriculture: pour vendre à des prix compétitifs comme ça!

 

CHEF:                       Quoi qu’il en soit, à cause de tout ça, cette année, j’en ai gardé juste assez pour que je puisse planter. Je suis désolée; je n’ai pas de semences en surplus à vendre.

 

CHIBWE:                 Ok, Chef, il faut que j’y aille. J’ai laissé Namilazi seule. Il faut que j’aille l’aider à faire redémarrer le moteur du moulin à maïs s’il s’arrête de fonctionner.

CHEF:                       Est-ce qu’elle le fait redémarrer quand tu n’es pas là et que les gens veulent l’utiliser?

 

CHIBWE:                 Oh oui. Elle sait comment le faire démarrer. Elle le fait manuellement avec un extracteur ou avec un démarreur moteur.

 

CHEF:                       (GLOUSSANT DE RIRE) De nos jours, les moulins à maïs ont des démarreurs moteurs comme les voitures.

 

CHIBWE:                  (HORS MICRO) Oui, Chef, à plus tard.

 

SCÈNE DE TRANSITION

 

SCÈNE DEUX

 

EFFETS SONORES: BRUIT DE TÉLÉPHONE FIXE, DE PLUS EN PLUS FORT

 

EFFETS SONORES: ON FRAPPE À LA PORTE

 

SECRÉTAIRE:        Entrez, M. Chibwe.

 

CHIBWE:                  Madame la secrétaire, pourquoi laissez-vous la porte ouverte?

 

SECRÉTAIRE:        Il fait chaud cette année, alors je voulais juste que l’air frais circule.

 

CHIBWE:                  Oui, il fait très chaud, et il n’est que 9 heures du matin.

 

SECRÉTAIRE:        Puis-je vous aider, M. Chibwe?

 

CHIBWE:                 Oui, Madame.

 

SECRÉTAIRE:        (PAUSE) Comment puis-je vous aider?

 

CHIBWE:                 Je veux des arachides Chalimbana pour les ensemencer.

 

SECRÉTAIRE:        Le Chalimbana était très en demande. Il n’y en a plus et il ne nous reste pas de semences. En fait, cette année, nous n’en avons pas entreposé parce que nous n’inscrivons plus de nouveaux membres -et souvenez-vous, c’est notre dernière année dans la région.

 

CHIBWE:                 (INQUIET) Quand vous serez partis, où irons-nous acheter des semences d’arachides? Qu’allons-nous faire?

 

SECRÉTAIRE:        Posez ces questions à M. Tembo. Il saura vous répondre, je crois.

 

CHIBWE:                  Merci, Madame.

 

SECRÉTAIRE:        Vous pouvez y aller. La personne qui était là est partie.

 

EFFETS SONORES:             ON FRAPPE À UNE PORTE

 

TEMBO:                    Entrez, M. Chibwe. J’ai entendu votre voix.

 

CHIBWE:                  Vous avez reconnu ma voix?

 

TEMBO:                    Pourquoi pas? Comment puis-je vous aider?

 

CHIBWE:                 Comme vous l’avez peut-être entendu, j’ai besoin de semences Chalimbana.

 

TEMBO:                   Nous n’avons pas de semences cette année. Nous avons tout distribué l’année dernière. Cette année, nous nous attendons à ce que tout le monde la recycle au moins une fois. La saison prochaine, nous stockerons et le CG7 et le Chalimbana, comme nous faisions avant. Mais n’avez-vous pas pris ces deux variétés la saison dernière?

 

CHIBWE:                 Je souhaitais apprendre toutes les astuces pour les cultiver et me concentrer sur les méthodes de culture et de conservation des arachides afin d’obtenir des gains maximum avec une variété. Il y avait tellement de choses à faire et à ne pas faire.

 

TEMBO:                   (GLOUSSANT DE RIRE) Vous appelez ça des choses à faire et à ne pas faire mais il s’agit simplement de bonnes pratiques pour cultiver les arachides.

 

CHIBWE:                 J’ai entendu dire que vous partez l’année prochaine. Comment allons-nous survivre sans vous?

 

TEMBO:                   Oui, il nous faut servir d’autres zones. Vous devez survivre cette année et réussir afin de montrer que c’est à vous que vous devez votre succès agricole. Il s’agit de vos activités agricoles et non des nôtres.

 

CHIBWE:                 Comment allons trouver de bonnes semences?

 

TEMBO:                   Nous vous laisserons de nouvelles semences et vous donnerons de bons conseils concernant les endroits où vous pouvez acheter des arachides, et la façon de vous en occuper. Nous laisserons simplement quelques semences pour la multiplication. Vous multiplierez les semences et vous nous rendrez le double des semences que nous vous aurons données, puis vous nous vendrez le reste de vos semences à un prix qui reste à déterminer.

 

CHIBWE:                 Ce serait bien. J’ai entendu dire que les boutiques de la NASFAM ont de bonnes semences, mais nous n’avons pas de boutique ici. La multiplication locale de semences est la meilleure approche à suivre.

 

TEMBO:                   Oui, nous avons testé un système où les agriculteurs multiplient et font passer des semences locales à leurs amis durant la première saison, et ça a bien marché. Nous vous mettrons aussi en contact avec des compagnies de semences afin qu’elles puissent vous donner des semences de base pour la multiplication.

 

CHIBWE:                 C’est bien. Veuillez venir le dire à tout le monde dans le groupe. Mais que devrais-je faire maintenant? J’ai besoin de semences.

 

TEMBO:                   Je ne sais pas. Le problème, c’est qu’au marché, on ne peut pas savoir si les arachides sont bien séchées ou non. Nous achetons nos semences auprès de l’organisation agricole appelée ICRISAT. Je vous encourage à acheter là-bas pour obtenir un bon taux de germination et un bon rendement. Ou bien, allez à la boutique NASFAM en ville.

 

CHIBWE:                 (ENTHOUSIASTE) J’ai une idée! Je vais acheter les arachides qui sont vendues au marché mais qui sont encore dans leurs coques.

 

TEMBO:                   Ce serait mieux parce que vous saurez que vous achetez le cultivar que vous voulez.

 

Cela peut aider si vous trouvez assez de semences dans les coques. Mais souvenez-vous que si les arachides ne sont pas bien mûres, certaines gousses pourraient être vides. Le problème avec les arachides du marché est que vous ne pouvez savoir combien de fois les semences ont été recyclées.

 

CHIBWE:                 Oui, mais je n’ai pas le choix. Je ne pense pas que j’irai en ville bientôt. Quand j’y suis allé, on disait que les semences ne seraient pas prêtes avant septembre.

 

TEMBO:                   On est en septembre maintenant, alors elles devraient être là. Allez acheter en ville. Rappelez-vous que le rendement diminue chaque année quand vous recyclez. (PAUSE) Mais je pensais que vous étiez millionnaire. Pourquoi ne pouvez-vous pas acheter en ville auprès de l’ICRISAT?

 

CHIBWE:                 Ce n’est pas parce qu’on est millionnaire qu’on doit dépenser l’argent n’importe comment. Enfin, bref, pourquoi est-ce qu’on ne vend pas ces bonnes semences plus près de chez nous, les agriculteurs?

 

TEMBO:                   Vous avez raison; on devrait. Je vais essayer de chercher pour voir où vous pouvez acheter des Chalimbana plus près d’ici.

 

CHIBWE:                 Il est facile de gaspiller l’argent. J’achète toujours ce que j’ai planifié acheter dès que je trouve de l’argent. Alors j’ai décidé d’acheter maintenant.

 

TEMBO:                   Faites attention quand vous achetez des semences. Sinon, vous perdrez de l’argent en choisissant des semences d’arachides qui ne germeront pas.

 

CHIBWE:                 C’est ce que je crains aussi. C’est pourquoi je voulais acheter auprès de mon chef. Mais il a déjà vendu ses semences d’arachides et il lui reste juste assez de semences pour lui.

 

TEMBO:                   Si vous achetez au marché, souvenez-vous de tester le taux de germination comme je vous l’ai appris.

 

CHIBWE:                  Oh oui, je le ferai avant que les pluies n’arrivent.

 

SCÈNE DE TRANSITION

 

SCÈNE TROIS

 

EFFETS SONORES:              BRUIT D’UN MOULIN À MAÏS AU DIESEL

NAMILAZI:             (PARLANT FORT À CAUSE DU BRUIT DU MOULIN À MAÏS) Qu’est-ce qu’il y a sur le vélo, mon mari Chibwe?

 

CHIBWE:                 Ce sont des arachides Chalimbana.

 

NAMILAZI:             Pourquoi faire?

 

CHIBWE:                 Je pensais que nous nous étions entendus pour commencer à faire de la transformation localement.

 

NAMILAZI:             Ok, laissez-moi arrêter le moteur. C’est la dernière personne. Vous devriez prendre la relève maintenant.

 

CHIBWE:                 (VOIX PLUS CALME MAINTENANT) On n’a qu’à fermer. Il est déjà six heures.

 

NAMILAZI:             Attendez, Chibwe, d’autres gens pourraient venir.

 

CHIBWE:                 Madame la patronne, pourquoi ne pouvons-nous pas partir? Si les gens ont besoin de nous, je reviendrai les servir. Ils savent où on habite.

 

NAMILAZI:             D’accord, allons-y; vous m’avez manqué, chéri. Vous m’avez laissée seule au moulin à maïs.

 

CHIBWE:                 Ne vous en faites pas; je n’ai aucun intérêt à laisser d’autres femmes me séduire. Et il vaut mieux que vous soyez là au moulin afin de protéger notre investissement. Aucune femme ne viendra essayer de vous séduire pour faire moudre son maïs gratuitement!

 

NAMILAZI:             Non, aucune ne ferait ça. (PROVOCANTE) Mais vous n’avez pas peur que les hommes me veuillent?

 

CHIMBWE:              Est-ce que vous iriez avec eux, laissant votre moulin à maïs? Les moulins à maïs ont beaucoup de valeur et sont difficiles à trouver.

 

NAMILAZI:             Il n’y a pas de problème. La plupart du temps, les hommes qui viennent au moulin à maïs sont ceux qui aiment leur femme le plus.

 

CHIBWE:                 Vous avez raison; je sais que vous êtes en sécurité. Ne vous inquiétez pas, je suis à vous.

 

NAMILAZI:             À moi seule…

 

CHIBWE:                 (CHUCHOTANT) Vous êtes la seule femme du grand patron dans le village.

 

NAMILAZI:             Pourquoi chuchotez-vous? Ne voulez-vous pas que les gens entendent que vous êtes le grand patron?

 

CHIBWE:                 Il y a un proverbe qui dit que quand on est riche, il vaut mieux ne pas déclarer ses richesses en public.

 

NAMILAZI:             D’accord. Parlons de ces semences d’arachides. Je me rappelle que, quand nous étions en train de niveler le sol, nous avons parlé de transformation et de diversification. Vous ne m’avez pas dit que vous alliez acheter des semences si vite. Ces semences Chalimbana sont-elles pour la transformation ou simplement pour la diversification?

 

CHIBWE:                 Je pense transformer une partie de ces arachides.

 

NAMILAZI:             Quel genre de transformation?

 

CHIBWE:                 Je pensais les faire cuire et les vendre fraîches, et en faire sécher une partie après la cuisson et ensuite les vendre. Qu’en pensez-vous?

 

NAMILAZI:             C’est une bonne idée. Personne n’a essayé de vendre des arachides séchées et cuites, au Malawi. Qui va faire la cuisson et le séchage -vous?

 

CHIBWE:                 Pourquoi pas vous, ma chérie?

 

NAMILAZI:             Non, pas moi. Il y a quelque chose que je dois faire, et que j’aime.

 

CHIBWE:                 Et qu’est-ce que c’est?

 

NAMILAZI:             Je fais tourner le moulin à maïs, et je vais bientôt engager un garçon pour acheter le fuel.

 

CHIBWE:                 Et qu’est-ce que je vais faire, moi?

 

NAMILAZI:             (UN PEU FÂCHÉE) M. Chibwe, est-ce que ces arachides Chalimbana sont un moyen pour me reléguer au rôle d’épouse sans droits? Est-ce une stratégie que vous avez créée pour m’évincer du moulin à maïs?

 

CHIBWE:                 D’accord, d’accord. Je comprends. Vous ne ferez pas cuire les arachides; je les vendrai fraîches.

 

NAMILAZI:             Non, ne vous inquiétez pas. Je les ferai cuire pour vous. Ne prenez pas une autre femme pour faire cuire les arachides pour vous. Je le ferai.

 

CHIBWE:                 Non, ma femme. Je comprends ce que vous dites. Je peux essayer de les faire cuire et de les faire sécher et de les vendre après le séchage. C’est simplement un essai, pour commencer. Si ça marche, alors nous engagerons quelqu’un pour le faire.

 

NAMILAZI:             Est-ce que vous dites ça de tout votre cœur?

 

CHIBWE:                 Croyez-moi sur parole; je suis certain que cela va arriver.

 

NAMILAZI:             Merci, mon chéri. Je sais que vous dites la vérité. Je vous connais. Alors, est-ce que je devrais engager un garçon pour acheter le fuel?

 

CHIBWE:                 Non, n’engagez pas de garçon. (PLAISANTANT) C’est moi votre garçon. J’irai moi-même aux stations d’essence. Je ne veux pas que quelqu’un achète du diesel contaminé et abîme notre moteur.

 

NAMILAZI:             Vous avez raison, mon chéri. On commencerait à crier au sorcier alors que ce serait du diesel bas de gamme qui endommage notre moulin à maïs!

 

CHIBWE:                 Oui, c’est ce que je ne veux pas. Je peux acheter du fuel en grandes quantités, dans des barils, et le transporter dans mon char à bœufs. En passant, combien avez-vous gagné?

 

NAMILAZI:             Ce matin, j’ai fait 10 000 kwacha. Je n’ai pas compté l’argent de cet après-midi. Vous devriez le déposer demain avant que ça ne s’accumule. Mais pourquoi avez-vous deux sacs de semences?

 

CHIBWE:                 Certaines sont en coque, mais il n’y en avait pas assez, alors j’en ai acheté qui sont déjà écalées.

 

NAMILAZI:             Il faut que vous testiez les taux de germination pour les deux.

 

CHIBWE:                 Demain matin, je vais les planter pour voir. Je vais les faire tremper ce soir pour accélérer la germination. Je peux en acheter d’autres si je constate des problèmes.

 

NAMILAZI:             Est-ce que vous vous souvenez comment tester le taux de germination?

 

CHIBWE:                 Oui, tout ce que j’ai à faire, c’est de faire tremper 10 à 20 graines de chacun de mes sacs, celles qui sont écalées et celles qui sont en coque. Après 24 heures, je les mets sur une serviette humide ou je les plante simplement dans le sol. Après trois à sept jours, elles germeront -ou ne germeront pas.

 

SCÈNE DE TRANSITION

 

SCÈNE QUATRE  

 

EFFETS SONORES: MOULIN À MAÏS

 

CHIBWE ET NAMILAZI PARLENT FORT À CAUSE DU BRUIT DU MOULIN À MAÏS. AUTRES GENS EN TRAIN DE PARLER, EN BRUITS DE FOND.

 

CHIBWE:                 S’il vous plaît, Namilazi, donnez-moi dix mille. Je veux acheter plus d’arachides.

 

NAMILAZI:             Ces semences n’étaient pas suffisantes?

 

CHIBWE:                 Non, les arachides ne font pas de bonnes semences -elles n’ont pas germé. Je suppose que nous pouvons les faire rôtir pour qu’elles servent d’assaisonnement.

 

NAMILAZI:             Les deux sortes sont-elles mauvaises (écalées et non-écalées)?

 

CHIBWE:                 Non, ce sont juste les arachides qui étaient déjà écalées qui sont mauvaises. Elles ne germent pas assez bien.

 

NAMILAZI:             Rien – par de germination?

 

CHIBWE:                 Pas rien, mais le taux est tellement bas que je ne peux pas m’y fier. Sept sur 10 ont germé. Les arachides non-écalées ont toutes germé.

 

NAMILAZI:             On nous a toujours dit qu’on devrait acheter des arachides non-écalées et les garder non-écalées jusqu’à ce que les pluies viennent ou soient sur le point de tomber.

 

CHIBWE:                 Le chef a dit qu’il serait sage de tester la germination avant la venue des pluies. Ses arachides ont été une catastrophe l’année dernière. Très peu d’arachides ont germé – et il ne savait pas que ses semences avaient un faible taux de germination jusqu’au moment où ils les a plantées dans son jardin. Il n’a pas eu l’opportunité de les tester.

 

FEMME:                   Pourquoi tester les arachides? Je viens d’acheter les miennes au marché local.

 

CHIBWE:                 Il est bon de savoir si les semences sont bonnes avant que les pluies n’arrivent. Ainsi, on peut éviter le choc dû à une mauvaise germination.

 

FEMME:                   Comment puis-je tester le taux de germination de mes arachides?

 

CHIBWE:                 La façon la plus facile est de planter au moins dix arachides. Je préfère les faire tremper quand je vais me coucher, et au matin, je les plante dans un pot ou dans un endroit protégé. Ensuite, j’attends trois à sept jours pour voir si elles germent.

 

NAMILAZI:             On peut aussi simplement les mettre sur une serviette humide et voir si elles forment des pousses saines.

 

FEMME:                   Je vais planter les arachides quelque part et observer combien germent. Merci -j’ai appris quelque chose. Voilà pourquoi tu t’enrichis, l’ami. Tu sais te préparer pour ces choses.

 

NAMILAZI:             Non seulement il sait bien se préparer, mais il discute des choses en famille.

 

FEMME:                   Merci, Madame. Vous êtes une femme bien. Avant, je pensais que vous étiez réservée et que vous ne vouliez pas nous parler. Désolée, j’avais tort. Merci.

 

NAMILAZI:             Il n’y a pas de quoi.

 

MONTÉE DU GÉNÉRIQUE ET FONDU SOUS LA VOIX DU PRÉSENTATEUR

 

PRÉSENTATEUR: En attendant de vous retrouver la semaine prochaine, à la même heure, je suggère que vous considériez diversifier votre entreprise agricole. Même avec des arachides: vous pouvez cultiver des arachides fraîches, vous pouvez les transformer en huile et en faire beaucoup d’autres choses. La diversification vous donne un certain nombre de sources de revenus et de nourriture. Et cela vous aide à garantir un approvisionnement sûr en nourriture ainsi que de bons revenus. Souvenez-vous d’acheter les semences d’arachides assez tôt afin de pouvoir tester le taux de germination avant que les pluies n’arrivent. Mais rappelez-vous aussi qu’il faut acheter auprès de vendeurs de semences réputés qui sont situés aussi près de chez vous que possible.

 

Vous étiez en compagnie de (nom du présentateur). Soyez des nôtres la semaine prochaine.

 

MONTÉE DU GÉNÉRIQUE, MAINTIEN DU VOLUME, ET SORTIE EN FONDU

Série d’enjeux : La chaîne de valeur des arachides au Malawi, la production

Enregistrez et révisez cette ressource sous forme de document Word.

1.      Introduction et mode d’utilisation de cette série d’enjeux

La présente série d’enjeux est destinée à fournir aux radiodiffuseurs les renseignements nécessaires pour contribuer à créer des émissions de radio efficaces et divertissantes sur la culture des arachides. La série d’enjeux se concentre sur les arachides au Malawi, mais l’information sera pertinente, avec quelques modifications possibles, pour d’autres pays de l’Afrique subsaharienne où l’on cultive des arachides.

La série d’enjeux commence avec cette introduction, puis raconte l’histoire d’une agricultrice productrice d’arachides au Malawi.

La section 3 présente des renseignements sur la culture des arachides et donne une brève introduction sur la chaîne de valeur des arachides au Malawi. (Veuillez consulter l’Ensemble de ressources 95, Élément 9 – Introduction aux chaînes de valeur – pour obtenir la définition d’une « chaîne de valeur » et pour comprendre pourquoi les chaînes de valeur sont importantes à la fois pour les diffuseurs et pour les agriculteurs.)[VC1]  Veuillez noter que notre prochain Ensemble de ressources ciblera les aspects post-récolte de la chaîne de valeur des arachides.

Dans la section 4, nous formulons quelques suggestions pour créer une émission sur la production des arachides.

Dans la dernière section, la section 5, nous énumérons des sources pour obtenir de plus amples informations sur la production des arachides, y compris des organismes-ressources, des émissions de radio en ligne, des vidéos en ligne et des documents en ligne.

Vous pourriez utiliser de plusieurs façons l’information contenue dans la présente série d’enjeux. Par exemple :

  • Vous pourriez utiliser l’histoire de la section 2 comme point de départ pour créer des histoires dans votre propre région, en interviewant des producteurs d’arachides.
  • Vous pourriez utiliser l’information de la section 3 comme renseignements de base dans n’importe quelle émission sur les arachides.
  • Vous pourriez utiliser les suggestions de la section 4 comme points de départ pour créer une émission sur les arachides, peut-être aussi en utilisant l’information de la section 3 pour alimenter votre émission.
  • Vous pourriez contacter un ou plusieurs des organismes mentionnés à la section 5 pour obtenir de l’information ou pour trouver des experts à interviewer.
  • Vous pourriez utiliser l’information contenue dans les ressources audio et vidéo en ligne, à la section 5, pour contribuer à créer des émissions sur les arachides.

2.      Histoire d’arachide

Mme Francena Jere est une jeune cinquantenaire productrice d’arachides, qui habite dans le village de Mikayeli, dans le district de Mchinji, à une centaine de kilomètres de Lilongwe, la capitale du Malawi. Son mari et elle ont cinq enfants – une fille et quatre garçons. L’un d’eux est marié, un autre enseigne et les trois autres vont encore à l’école.

En 2001, Mme Jere a décidé de quitter Lilongwe, où vit et travaille son mari, pour venir s’installer dans le village et cultiver la terre. La vie était difficile lorsque le salaire de son mari était le seul revenu pour subvenir aux besoins de la famille. Elle voulait cultiver suffisamment sur un peu plus d’un hectare pour que sa famille puisse subsister pendant un an et pour pouvoir combler les besoins urgents comme les frais de scolarité de leurs enfants.

Les premières années, elle a cultivé du maïs et un peu d’arachides pour la consommation familiale. Elle a utilisé des semences d’arachides locales, recyclées, et a suivi les pratiques culturales traditionnelles, apprises de ses parents.

En 2002, Mme Jere a compris que les arachides pouvaient accroître son revenu et a donc consacré un peu moins d’un quart d’hectare à cette culture. L’agent de vulgarisation local lui a recommandé de planter des variétés améliorées, procurant des rendements plus élevés et plus résistantes à la maladie, et il lui a expliqué comment éviter les aflatoxines et d’autres maladies en améliorant les pratiques de culture, de récolte, de décorticage et d’entreposage.

Mme Jere est allée dans une école commerciale agricole pour comprendre comment transformer sa production d’arachides en une entreprise. Les collègues de classe ont décidé de conjuguer leurs efforts et de s’entraider pour cultiver des arachides destinées à la vente. Leurs rendements ont été bons durant la première campagne. Ils ont vendu leurs arachides collectivement et Mme Jere a gagné assez d’argent pour agrandir la parcelle familiale consacrée aux arachides et faire vivre sa famille. Son entreprise d’arachides commençait à bien tourner!

Depuis, Mme Jere a accru de nouveau sa production d’arachides. Les arachides que vend son groupe sont peu contaminées par les aflatoxines et sont donc considérées comme des arachides du commerce équitable, ce qui rapporte davantage aux agricultrices. L’école commerciale agricole a créé une coopérative autorisée à vendre des arachides en vrac dans le pays et à l’étranger. Mme Jere a l’intention d’acheter d’autres terres pour cultiver davantage d’arachides cette année. Ses enfants sont maintenant en santé et bien nourris, et elle s’en occupe bien.

Grâce aux arachides, à ses études agricoles, à un agent de vulgarisation utile et à sa détermination, Mme Jere ne retournera plus jamais en arrière.

3.      Renseignements sur la production d’arachides au Malawi

Généralités : Les arachides sont l’une des principales cultures vivrières et commerciales au Malawi. Elles sont surtout cultivées par de petits agriculteurs démunis, en majorité des femmes. Environ un cinquième des agriculteurs du Malawi cultivent des arachides. La plupart des petits producteurs d’arachides utilisent peu ou pas d’engrais ou de pesticides.

Les agriculteurs du Malawi cultivent des arachides principalement pour leur propre consommation et vendent les excédents. Les arachides sont une bonne source de protéines, de vitamines et d’huiles végétales et elles occupent une place importante dans le régime alimentaire de la population, dans presque tout le pays.

On peut cultiver les arachides à peu de frais. C’est une culture commerciale d’entrée relativement facile, parce qu’elle n’exige pas de compétences spécialisées, pas de matériel spécial, ni d’engrais. Les arachides demandent normalement de la main-d’œuvre familiale et un peu de main-d’œuvre rémunérée.

Au Malawi, les arachides sont généralement considérées comme une culture vivrière plutôt qu’une culture commerciale. D’habitude, les agriculteurs ne consultent donc pas les agents de vulgarisation lorsqu’ils ont des problèmes, ce qui fait qu’ils ne sont pas toujours informés des bonnes pratiques de culture des arachides.

Les arachides peuvent être une importante source de revenu, en particulier pour les agricultrices qui, au Malawi, ont été largement exclues de cultures commerciales telles que le tabac. Les arachides procurent plus du quart des revenus des petits agriculteurs au Malawi.

Même si les arachides sont cultivées dans presque tous les 28 districts du Malawi, 70 % de la récolte provient de la région du centre. Les arachides sont surtout cultivées dans les plaines des districts suivants : Lilongwe, Kasungu, Mchinji, Mzimba, Salima, Balaka, Ntchisi, Dowa et Thyolo.

Habituellement, les producteurs d’arachides cultivent environ un acre (0,4 hectare) d’arachides. Les femmes consacrent plus de terres à la culture des arachides que les hommes et en font plus souvent une culture vivrière. Récemment, les hommes ont commencé à consacrer plus de terres aux arachides, surtout comme culture commerciale. Les arachides sont une culture pluviale au Malawi; moins de 1 % des cultures d’arachides sont irriguées.

Les arachides poussent bien quand elles suivent immédiatement une culture bien gérée et engraissée comme le maïs, parce qu’elles fixent bien les nutriments résiduels. Pour de meilleurs résultats, il ne faudrait pas cultiver l’arachide dans le même champ pendant deux années d’affilée. On réduit ainsi les dégâts attribuables aux maladies véhiculées par le sol, aux organismes parasites vivant dans le sol et aux mauvaises herbes.

L’arachide peut être cultivée en rotation avec de nombreuses autres cultures et peut suivre n’importe quelle céréale, racine ou tubercule, par exemple le maïs, le sorgho, le petit mil, le manioc, la patate douce ou le tournesol. Les arachides ne devraient pas être semées après avoir cultivé des légumineuses, du coton ou du tabac, afin de réduire les attaques des ravageurs et les maladies.

Même si l’arachide tolère la sécheresse, un sol suffisamment humide au moment des semailles accroît les rendements.

Jusqu’à la fin des années 1980, les arachides étaient l’une des principales cultures d’exportation du Malawi, les exportations annuelles se situant autour de 50 000 tonnes. Le marché à l’exportation s’est effondré, principalement à cause du taux élevé de contamination par les aflatoxines dans les arachides du Malawi. Autre cause de l’effondrement des prix, les politiques du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui ont mis fin au monopole de la société de commerce d’État (ADMARC), principal débouché des produits frais de tous les agriculteurs du Malawi. Sans le monopole de l’ADMARC, les agriculteurs ont de plus en plus vendu leurs arachides à des négociants et des vendeurs, les systèmes de classement se sont dégradés et les prix ont chuté.

Semences et cultivars d’arachides

La plupart des petits producteurs d’arachides utilisent des graines provenant de la récolte précédente. D’autres en achètent de vendeurs ou les obtiennent d’ONG. Mais pour accroître les rendements, il est recommandé d’utiliser des semences de haute qualité. Les graines d’arachides destinées à être plantées devraient être décortiquées à la main et triées afin d’éliminer les graines sans tégument, pas mûres, moisies, cassées ou trop petites.

Les cultivars les plus populaires sont le CG7 (rouge) et le Chalimbana (beige). Parmi les autres cultivars qu’encourage actuellement le ministère de l’Agriculture, citons Nsinjiro, Baka, Kakoma (aussi appelé JL24) et Chalimbana 2005.

Il est conseillé aux agriculteurs d’utiliser des cultivars améliorés, non seulement parce que certains donnent des rendements plus élevés, mais aussi parce qu’ils sont plus résistants aux maladies, telles que la rosette et les aflatoxines. Le cultivar Kakoma est plus vulnérable aux maladies que les autres. Les cultivars Baka, Chitala et Kakoma sont hâtifs. Ils mettent de 90 à 120 jours pour arriver à maturité. Même si les cultivars Chalimbana et CG7 peuvent mettre jusqu’à 150 jours avant d’arriver à maturité, le Chalimbana 2005 constitue une amélioration du cultivar Chalimbana. Bien qu’il mette le même temps pour arriver à maturité (150 jours), il donne des rendements plus élevés et il est moins vulnérable aux maladies. Dans les régions où la saison des pluies est courte, il est conseillé de cultiver des variétés hâtives comme les cultivars Baka, Kakoma et Nsinjiro. Le CG7 résiste cependant mieux à la sécheresse et peut donc être cultivé dans de nombreuses régions.

arachides

Figure 1 : Diagramme d’un plant d’arachides

Pratiques agricoles

Plantation

La préparation du sol pour la culture des arachides s’effectue avant le début de la saison de croissance. Les agriculteurs sèment les arachides avant le début de la pleine saison des pluies, mais après les premières « pluies effectives ». (Note de la rédaction : L’expression « pluies effectives » est très répandue au Malawi et désigne des pluies suffisantes pour pouvoir semer. Les arachides ont besoin d’au moins 26 millimètres de pluie avant d’être semées. On disait autrefois que les arachides étaient semées aux « premières pluies » mais, comme le climat change, les premières pluies ne sont habituellement plus suffisantes pour effectuer les semailles.)

Les agriculteurs plantent habituellement des arachides après des cultures telles que le maïs et le tabac. Mais il est recommandé de planter les arachides avec toutes les autres cultures importantes.

Les billons peuvent être aplatis (pour ceux qui veulent semer deux rangs par billon). Il ne faut pas planter les graines immédiatement après de fortes pluies, sinon elles absorbent trop d’eau, ce qui les fait pourrir. Semer après de fortes pluies provoque aussi une compaction excessive du sol, ce qui peut empêcher la germination.

Les semailles précoces améliorent les rendements, en partie parce que les arachides évitent le stress des sécheresses de fin de saison. Il permet aussi d’éviter des maladies comme la rosette et la tavelure des feuilles dont peuvent souffrir les arachides lorsqu’elles sont semées tardivement. D’importants retards dans les semailles peuvent réduire les rendements de 50 % et diminuer la qualité des arachides.

Les arachides cultivées sur des billons ont tendance à produire davantage, probablement parce que le sol ameubli des billons favorise le développement des gousses et l’arrachage. Les billons fermés retiennent mieux l’humidité du sol que les billons ouverts. Les billons sont normalement distants de 75 centimètres. Lorsqu’ils sont distants de 75 centimètres, on peut semer deux rangs sur chaque billon, à 30 centimètres d’intervalle. Des rangs doubles à cet espacement permettent aux plants d’arachides de couvrir le sol assez rapidement, ce qui crée de l’ombrage et empêche les mauvaises herbes de pousser.

L’espacement des plants dépend du cultivar. Par exemple, les semences de CG-7 et de Chalimbana sont plantées à 15 centimètres d’intervalle dans un rang. Les cultivars précoces tels que Kakoma, Baka, et Chitala sont espacés de 10 centimètres.

Les cultivars améliorés augmenteront les rendements, mais il faut aussi de bonnes pratiques de gestion pour obtenir de bons rendements. Il faut donc semer tôt, planter des graines de bonne qualité et choisir les cultivars recommandés. Presque toutes les activités liées à la culture des arachides sont manuelles.

Sarclage

Étant donné que les plants d’arachides ne luttent pas efficacement contre les mauvaises herbes, en particulier pendant les six premières semaines après les semailles, il est important de sarcler dans les 45 jours qui suivent l’ensemencement. La rotation des cultures peut réduire certains types de mauvaises herbes. Il est recommandé de désherber les arachides au moins deux fois durant la saison de croissance. Le premier sarclage peut se faire à la houe. Les autres désherbages devraient se faire à la main, pour éviter d’endommager les gousses du pied d’arachide en train de se développer.

Gestion des maladies et des ravageurs

Plusieurs maladies peuvent entraîner des pertes considérables.

Rosette de l’arachide

La rosette de l’arachide est une maladie virale transmise par des insectes appelés aphides. La rosette est la maladie de l’arachide la plus destructrice et elle peut faire perdre toute la récolte dans les cas les plus graves. Elle est courante au Malawi et dans d’autres pays africains producteurs d’arachides. Les années de grande sécheresse, la rosette est plus grave et les agriculteurs peuvent perdre toute leur récolte. Si la rosette frappe à la floraison, les pertes de rendement sont très élevées.

Un ensemencement précoce et dense aide à lutter contre la rosette en couvrant le sol aussi vite que possible et en limitant le mouvement des aphides vecteurs de la maladie. Les cultivars d’arachides résistants à la rosette sont largement cultivés en Afrique. Au Malawi, de nombreux agriculteurs alternent les arachides et le maïs pour lutter contre la rosette de l’arachide.

Aflatoxines

Les aflatoxines ne sont pas vraiment une maladie; il s’agit plutôt d’une substance toxique produite par un champignon microscopique (que les agriculteurs appellent un « germe »). Ce champignon (dont le nom scientifique est Aspergillus flavus) se développe habituellement sur les gousses et les semences d’arachides et produit des aflatoxines. Les arachides contaminées par les aflatoxines sont toxiques pour l’être humain et peuvent provoquer un cancer du foie et le rachitisme chez les jeunes enfants. Elles sont également toxiques pour le bétail. Pour que les arachides puissent être exportées vers des pays occidentaux, les niveaux d’aflatoxines doivent être très bas. Lorsque les semences d’arachides sont contaminées par les aflatoxines, la graine est moisie et ne peut être semée.

Les aflatoxines peuvent contaminer les arachides à n’importe quel moment pendant la production et après la récolte – dans le champ, pendant la récolte, pendant le séchage et pendant l’entreposage. La contamination est plus probable dans le champ durant les sécheresses, parce que les gousses d’arachides peuvent se fendiller par temps sec, ce qui permet aux champignons de se répandre.

Afin de réduire la contamination par les aflatoxines dans les champs d’arachides, les pratiques suivantes sont recommandées :

  • Utiliser des cultivars améliorés.
  • Effectuer une rotation des cultures.
  • Semer tôt afin que la récolte s’effectue quand il y a encore de l’humidité dans le sol et que les gousses ne se fendillent pas pour permettre la multiplication des champignons.
    • Espacer les plants correctement pour ombrager le sol et maintenir l’humidité dans le sol.
    • Dans la mesure du possible, appliquer de la chaux pour durcir les gousses et réduire le risque de fendillement. Le taux d’application est de 200 kg à l’hectare, après la floraison. La chaux contient du calcium qui durcit la membrane de la gousse et réduit le risque d’infection. Il est également recommandé d’ajouter des engrais riches en phosphore, tels que SSP et D-Compound.
    • Épandre du fumier pendant les semailles peut aider à réduire l’infection et la contamination par les aflatoxines. Le fumier favorise aussi le développent de micro-organismes vivant dans le sol qui gèrent les infections transmises par le sol ou les semences.
    • Dans la mesure du possible, irriguer les arachides si la saison des pluies est courte.
    • Lutter contre les maladies et les ravageurs tels que les termites.

Lorsque les agriculteurs utilisent des cultivars améliorés et de bonnes pratiques de gestion, les niveaux d’aflatoxines peuvent être faibles à la récolte. Mais les niveaux d’aflatoxines peuvent augmenter rapidement avec de mauvaises techniques de séchage, lorsqu’on arrose les gousses pour ramollir les coquilles ou lorsque des arachides contaminées sont mêlées à des arachides saines. Par conséquent, il est crucial de lutter contre les aflatoxines après la récolte. (Consultez l’Élément 2 dans le présent Ensemble de ressources pour en savoir davantage sur le contrôle de aflatoxines après la récolte.) [VC2]

Tavelure précoce et tardive des feuilles

Environ un mois après l’ensemencement, de petites taches peuvent apparaître sur les feuilles, puis s’agrandir et brunir ou noircir. C’est de la tavelure précoce. De six à huit semaines après les semailles, de grandes taches circulaires noires sont le symptôme de la tavelure tardive.

Parce que les champignons (que les agriculteurs appellent des « germes ») qui provoquent la tavelure des feuilles se nourrissent principalement des résidus des cultures de rotation dans le sol, enlever les plants spontanés (ceux qui poussent tout seul après la saison précédente) et enterrer les résidus de culture au début de la préparation du sol peuvent réduire fortement la tavelure précoce et tardive.

Termites

Les termites peuvent endommager les racines et les tiges des pieds d’arachides et percer des trous dans les gousses, ce qui endommage les arachides. Lorsque les termites endommagent les gousses, elles créent aussi un point d’entrée pour les champignons qui produisent les aflatoxines.

Afin de lutter contre les termites :

  • Enterrer les résidus de culture de céréales comme le maïs assez tôt. À mesure qu’ils se décomposent, les résidus dégagent de la chaleur qui repousse les termites.
  • Détruire les termitières et enlever les reines : Il est important de détruire complètement les termitières. Une destruction partielle n’est pas efficace.
  • Semer tôt : Les arachides pourront mûrir avant les sécheresses de fin de saison. Des semailles précoces favorisent des plants plus sains et plus vigoureux qui peuvent mieux résister aux attaques de termites.
  • Bien espacer les plants est également important. Un bon espacement peut donner des rendements assez élevés pour compenser les pertes dues aux termites.
  • Récolter promptement : Retarder la récolte accroît les dommages dus aux termites.
  • Appliquer des produits chimiques.
  • Éviter de butter et de désherber en même temps. Ces deux activités devraient être séparées.

Fertilité des sols

Les arachides sont des légumineuses et fixent donc l’azote dans le sol, ce qui améliore la fertilité des sols pour la culture suivante. Par exemple, planter des arachides améliore les rendements du maïs cultivé après les arachides. Les arachides tolèrent des sols faibles en azote. Leur vaste système racinaire leur permet d’utiliser l’engrais ou le fumier appliqué aux récoltes précédentes de la rotation.

Mais l’application directe d’engrais accroîtra les rendements des arachides, en particulier dans les sols infertiles. Au Malawi, les agents de vulgarisation recommandent que les agriculteurs appliquent de 100 à 150 kilos d’engrais D-compound à l’hectare, lors de la préparation du sol, pour cultiver des arachides. L’engrais D-compound est 8-8-15 (NPK) et il contient du soufre et du bore. Il n’est pas recommandé d’appliquer des engrais à forte teneur en azote parce qu’ils favorisent la croissance végétative. Il faut plutôt appliquer un engrais riche en phosphore tel que le Single Super Phosphate (SSP).

Pour les agriculteurs qui n’ont pas les moyens d’acheter de l’engrais, il est recommandé d’appliquer deux poignées de fumier par station ou trou de plantation. Ou encore, les agriculteurs peuvent ouvrir le billon durant la préparation du sol et étendre 20 kilos de fumier par billon de 10 mètres. 

Les arachides cultivées dans des sols pauvres en calcium produiront de très petites gousses. Afin d’équilibrer les sols pauvres en calcium, il suffit d’ajouter du gypse au moment de la floraison, à raison de 200 à 400 kg/ha selon les taux de calcium dans le sol. Les agriculteurs devraient demander des analyses du sol afin de connaître les niveaux de nutriments dans leur sol. (Note de la rédaction : Au Malawi, les agriculteurs peuvent demander aux agents de vulgarisation d’effectuer des analyses gratuites du sol sur leur ferme.)

Les arachides réagissent bien au fumier, qui fournit des nutriments mais qui aide aussi à équilibrer l’acidité du sol.

Récolte

Les agriculteurs devraient d’abord vérifier que leurs arachides sont mûres en échantillonnant des plants aux quatre coins du champ. Au moins 75 % des plants échantillonnés devraient être mûrs. Les plants d’arachides sont mûrs lorsque l’intérieur des gousses est brun fondé. Il n’est pas recommandé de se fier à la chute des feuilles pour déterminer la maturité puisque les feuilles peuvent tomber à cause de maladies. Les graines mûres ont une fine membrane semblable à du papier, de la même couleur que le cultivar et qui ne s’enlève pas facilement. Les graines qui ne sont pas mûres ont une membrane épaisse, charnue et pâle qui s’enlève facilement.

La récolte comprend plusieurs étapes : arrachage (déraciner les pieds), séchage, andainage (fanage), battage (détacher les gousses des tiges) et décorticage. Lorsque les pieds ont été arrachés, ils doivent sécher pendant quelques jours, en exposant les gousses à l’air. Après le séchage, elles sont andainées (fanées) hors-sol. L’andain devrait être construit de manière à laisser l’air circuler librement, ce qui assurera un séchage rapide et correct. (Pour les instructions sur la construction d’un andain Mandela, voir l’épisode 3 de l’Élément 2). Les gousses restent dans l’andain pendant deux à quatre semaines. Il faut commencer la récolte quand les graines s’entrechoquent dans leur gousse. On estime qu’une personne peut battre entre un et deux sacs de 50 kilos d’arachides par jour.

Rendements et causes des faibles rendements

Les producteurs d’arachides du Malawi obtiennent un rendement moyen de 1 000 kilos à l’hectare pour les cultivars CG7 et Nsinjiro et de 600 kilos à l’hectare pour le Chalimbana. Il est possible d’obtenir des rendements beaucoup plus élevés grâce à de bonnes pratiques de gestion, telles que celles indiquées dans la présente pochette. Dans les conditions idéales, le rendement maximum potentiel de ces cultivars est de 2 500 kilos à l’hectare pour le CG7, 2 000 kilos pour le Nsinjiro et 1 500 kilos pour le Chalimbana.

Les faibles rendements sont attribuables à plusieurs facteurs, notamment :

  • utilisation de semences recyclées ou de cultivars à faible rendement;
  • sols infertiles;
    • ravageurs et maladies;
  • concurrence d’autres cultures, du point de vue de la main-d’œuvre (L’arachide est une culture à forte intensité en main-d’œuvre. Les agriculteurs peuvent préférer consacrer du temps à d’autres cultures telles que le maïs, ce qui peut les amener à délaisser des activités importantes comme le sarclage.);
  • pluies erratiques et temps sec à des moments importants de la croissance de la plante, notamment juste après les semailles et vers la fin de la croissance de la plante;
  • manque de connaissances et de compétences concernant les bonnes pratiques de culture des arachides.

Alimentation et nutrition

Manger des arachides peut aider les familles à réduire la malnutrition, étant donné que les arachides sont riches en protéines et en huiles et sont une bonne source de vitamines, en particulier de vitamine E et de vitamine B. Les arachides sont une source particulièrement importante de protéines pour ceux qui n’ont pas un accès régulier et abordable à la viande, aux œufs ou aux produits laitiers.

Les arachides rôties sont une collation courante au Malawi et dans d’autres pays africains. La farine d’arachides entre souvent dans la composition des « relishes » (sauces), qui sont servies avec des aliments de base comme le maïs ou le riz, et les arachides sont également consommées rôties, crues, cuites et frites.

Les arachides dans l’alimentation du bétail

Les arachides peuvent servir d’aliments pour le bétail. Parce que les tiges de l’arachide et le tourteau de graines d’arachide sont riches en protéines, les arachides favorisent l’engraissement du bétail.

Donner des arachides au bétail est une pratique peu répandue au Malawi, pour plusieurs raisons, notamment :

  • l’importance des arachides comme source de protéines bon marché dans l’alimentation humaine;
  • l’absence d’usines de transformation;
  • le coût élevé du transport des régions de culture jusqu’aux usines d’aliments pour le bétail;
  • le prix peu élevé reçu par les agriculteurs lorsqu’ils vendent leurs produits à l’industrie des aliments pour le bétail.

Mais les tiges de l’arachide peuvent nourrir le bétail ou être compostées dans le sol.

Les femmes et les arachides

La récolte, le séchage et le décorticage des arachides sont généralement considérés comme des activités féminines, tandis que la préparation du sol, le buttage (pour permettre un bon développement souterrain des gousses) et la mise en marché sont effectués par les hommes et les femmes, encore que les hommes aient tendance à prendre les choses en main lorsque la récolte arrive sur le marché.

Les hommes et les femmes qui cultivent l’arachide peuvent avoir des points de vue différents sur cette culture. Un projet au Malawi a révélé que les préférences des femmes dépendent de la facilité de l’arrachage et du décorticage, du rendement élevé des graines et du goût. Les préférences des hommes dépendent des rendements élevés des graines et du fourrage, de la grosseur des graines et de la demande du marché[1].

La chaîne de valeur des arachides au Malawi : Survol

Le premier maillon de la chaîne de valeur des arachides au Malawi ce sont les fournisseurs d’intrants aux agriculteurs. (De fait, la plupart des petits agriculteurs utilisent des semences recyclées et n’achètent pas d’intrants tels que des engrais ou des pesticides pour cultiver l’arachide.) Les petits agriculteurs vendent habituellement leurs arachides (en effectuant un classement minimal) aux négociants du village ou du centre commercial le plus proche

Un petit nombre d’agriculteurs vendent leurs arachides fraîches à des négociants qui les revendent ensuite sur les marchés urbains. Les négociants vendent aussi les arachides à de petits négociants dans des centres commerciaux. Ces petits négociants classent et emballent les arachides en sacs de 50 kilos, qui sont ensuite vendus à de gros négociants, transformateurs et courtiers étrangers. Les gros courtiers ou transformateurs transforment une partie des arachides en beurre d’arachide et en arachides rôties salées. Certains de ces produits sont remballés en plus petites quantités et vendus dans les supermarchés, et le reste est exporté.

Les agriculteurs transforment chez eux quelques arachides en poudre ou en huile d’arachide, et en arachides cuites ou rôties. La plupart des arachides sont consommées à la maison et un petit pourcentage est destiné au marché local.

On estime que 60 % des arachides produites au Malawi sont consommées par les ménages ou vendues sur les marchés locaux. Les autres 40 % vont aux transformateurs, exportateurs, grossistes et détaillants, soit 25 % vendus au Malawi et 15 % exportés vers des pays comme le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Kenya. Par exemple, NASFAM Commercial, l’un des grands courtiers et acheteurs institutionnels du Malawi, exporte presque toutes ses arachides au Royaume-Uni dans le cadre d’un programme de commerce équitable.

Voici un diagramme de la chaîne de valeur des arachides au Malawi :

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Figure 2 – Chaîne de valeur des arachides au Malawi

La meilleure possibilité pour les producteurs d’arachides d’augmenter leurs revenus consiste à accroître les rendements. À l’heure actuelle, les rendements agricoles pour tous les cultivars ne dépassent pas 50 % du potentiel.

Le classement et une bonne manutention après la récolte permettraient aussi aux agriculteurs de négocier un prix plus élevé. Un problème résulte du fait que certains acheteurs offrent le même prix pour les arachides classées et non classées. La mise en marché collective, peu courante au Malawi, renforcerait aussi la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur. La plupart des petits agriculteurs du Malawi ne sont pas organisés, ils cultivent et vendent plutôt leurs arachides individuellement. Les agriculteurs organisés travaillent ensemble dans des clubs, associations ou coopératives, avec l’aide d’organismes agricoles, d’ONG et des ministères, y compris ceux indiqués dans la section 5 ci-après.

 

4.      Idées de production

Il existe de nombreuses façons de créer des émissions de radio portant sur la production des arachides. Voici quelques suggestions pour commencer.

  • Interviewer une cultivatrice d’arachides prospère de la région. Amenez-la à raconter son histoire à succès, les pratiques qu’elle utilise et demandez à l’auditoire de téléphoner ou d’envoyer des messages-textes avec des questions et des commentaires.
  • Interviewer un expert en matière d’arachides des services de vulgarisation ou d’un organisme de recherche régional, national ou international (on peut trouver une liste d’organismes à la section 5). Après l’interview, vous pourriez inviter l’auditoire à téléphoner ou à envoyer des messages-textes avec des questions et des commentaires. Voici quelques questions à poser à la personne invitée :
  • Quelles sont les meilleures possibilités pour les agriculteurs et les groupes d’agriculteurs en vue de bénéficier de la culture et de la transformation des arachides dans cette région?
  • Est-il important pour les agriculteurs individuels de se joindre à un groupe afin de bénéficier de la chaîne de valeur des arachides? Si oui, veuillez expliquer pourquoi.
    • Produire 4 à 6 annonces radiophoniques portant sur les avantages de cultiver des arachides. Chaque annonce pourrait débuter avec le même slogan « accrocheur » et aborder un avantage.
    • Organiser ou présider une table ronde sur les arachides dans votre collectivité. Invitez des représentants de divers groupes : groupes d’agriculteurs, agents de vulgarisation, représentants de ministères, sélectionneurs d’arachides, leaders traditionnels, représentants d’ONG et d’instituts de recherche qui travaillent avec les arachides, ainsi que des producteurs d’arachides individuels.
    • Interviewer des membres de groupes d’agriculteurs qui ont lancé des entreprises d’arachides prospères. Faites un suivi avec une émission en tribune téléphonique ou avec envoi de messages-textes qui débat pour savoir si l’approche du groupe fonctionnerait pour d’autres agriculteurs ou groupes d’agriculteurs.
    • Adapter les éléments de cette pochette à votre situation locale en effectuant des recherches locales. Faites un suivi des radiodiffusions des éléments avec des émissions en tribune téléphonique ou par l’envoi de messages-textes ou avec des discussions en table ronde.

5.      Autres ressources portant sur la chaîne de valeur des arachide au Malawi

Organismes-ressources

Voici quelques-uns des organismes qui sont impliqués dans la production des arachides au Malawi. Bon nombre de ces organismes s’efforcent de relever les défis des agriculteurs relatifs à la production des arachides.

  • ICRISAT : Osward Madzonga, agent scientifique principal, Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), Station de recherches agricoles de Chitedze, B.P. 1096, Lilongwe, Malawi. Tél. : +265 1 707 297. Cell. : 265 8 88 340 165. Courriel : omadzonga@gmail.com ou icrisat-malawi@cgair.org

Site Web : http://www.icrisat.org/

  • NASFAM : Winston Fulu, National Association of Smallholder Farmers in Malawi (NASFAM), B.P. 30716, Lilongwe 3, Malawi. Tél. : +265 1 772 866. Cell. : 265 9 92 957 011. Courriel : wfulu@nasfam.org ou nasfarm@nasfarm.org. Site Web : http://www.nasfam.org/
  • Ministry of Agriculture and Food Security, B.P. 30134, Lilongwe 3, Malawi. Tél. : +265 1 789 033. Télec. : +265 1 789 218. Site Web : www.moafsmw.org
  •  Ministère de l’Industrie et du Commerce, Gemini House, B.P. 30366, Capital City, Lilongwe 3, Malawi. Tél. : +265 1770244. Télec. : +265 1770680. Courriel : minci@malawi.net.

Programmes-ressources et documents

Programmes audio

  1. CTA Dossiers techniques de radio rurale : Weed control: Groundnuts. Téléchargez à http://ruralradio.cta.int/WeedControl.htm Transcription téléchargeable à : http://ruralradio.cta.int/WeedControl.htm
  2. CTA Dossiers techniques de radio rurale : Practical solutions for aflatoxins. Téléchargez à http://ruralradio.cta.int/FoodSafety.htm Transcription téléchargeable à : http://www.anancy.net/documents/file_en/ENG_RRRP_05-5_Food_safety.pdf
  3. CTA Dossiers techniques de radio rurale : Aflatoxines : Attention, danger de mort? Télécharger à : http://ruralradio.cta.int/fr/SecuriteSanitaire.htm

Vidéos

  1. Twin. Combating Aflatoxin in Malawi’s Groundnuts, Part I: The Aflatoxin Problem. http://www.youtube.com/watch?v=sPeZDai6TEI
  2. Twin. Combating Aflatoxin in Malawi’s Groundnuts, Part II: Twin’s Value Chain Approach. http://www.youtube.com/watch?v=ELpCmazKXqc
  3. Twin. Combating Aflatoxin in Malawi’s Goundnuts, Part III: Solutions to the aflatoxin problem in groundnuts. http://www.youtube.com/watch?v=h1Na4_LaYGA

Documents

  1. ESAANET (The East and Southern Africa Agribusiness Net), sans date. Crop guide for groundnuts. http://www.ntwk.esaanet.com/index.php?option=com_content&view=article&id=175:arachide-prodcution&catid=43:crop-guide&directory=133
  2. Regaining ground for Malawi’s groundnuts. New Agriculturist, Novembre 2012. http://www.new-ag.info/en/focus/focusItem.php?a=2841
  3. CEFA (Comitato Europeo per la Formazione e l’Agricoltura Onlus), 2011. Good agronomic practices for groundnuts in western Kenya. http://www.cefaonlus.it/uploads/files/475uk-GNUT_Manual.pdf
  4. NARO (Organisation nationale de recherches agricoles), 2002. Groundnut manual for Uganda: Recommended groundnut production practices for smallholder farmers in Uganda. http://teca.fao.org/sites/default/files/technology_files/Groundnut.pdf
  5. NARO (Organisation nationale de recherches agricoles), 2010. Management of Aflatoxins in Groundnuts. http://www.naro.go.ug/Information/narodocuments/arachide %20aflatotoxin %20mgt %20manual %20Uganda.pdf
  6. Isaac Minde et al., 2008. Constraints, challenges and opportunities in groundnut production and marketing in Malawi: Report No 4. ICRISAT (Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides), http://oar.icrisat.org/416/1/CO_200801.pdf

C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amis : Maintenir vos arachides exemptes de la contamination par l’aflatoxine.

Partie 1 :Charité bien ordonnée commence par soi-même

PERSONNAGES

CHIBWE : Ambitieux, ivrogne et
travailleur..

NAMILAZI : Épouse de M. Chibwe et sœur de M. Gama. Intelligente, c’est une décrocheuse de 8e année parce que ses parents n’avaient pas les moyens de payer les frais de scolarité de deux enfants au secondaire. Elle est restée dans son villageChibwe l’a épousée et il est venu habiter avec elle.

GAMA : Jeune producteur d’arachides travailleur, frère de Namilazi et donc beau-frère de Chibwe.

TEMBO : Agent de vulgarisation agricole dans une ONG qui promeut la production des arachides et d’autres légumineuses dans la région.

SECRÉTAIRE : Travaille dans l’ONG de M. Tembo.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ ET MAINTIEN SOUS LA NARRATION

ANIMATRICE : Bienvenue au premier épisode d’un feuilleton en quatre parties intitulé C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amis ou Wakutsina khutu ndi mnasi en langage chichewa. Au micro votre animatrice _________ et je vous livrerai un épisode de ce feuilleton tous les _____________ après-midi au cours des quatre prochaines semaines sur (nom de la station de radio). Après le feuilleton, qui comporte une discussion fictive avec un scientifique expert en arachides, nous ouvrirons nos lignes pour vos appels téléphoniques et vos messages-textes afin de parler de l’aflatoxine dans les arachides. Voici nos numéros pour les appels téléphoniques ____________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ VERS LA NARRATION

NARRATEUR : Saviez-vous que, lorsque nous mangeons des arachides qui sont pourries ou même partiellement pourries, nous consommons des poisons dangereux appelés aflatoxines, et que ces aflatoxines, en cas d’accumulation sur une période prolongée, peuvent provoquer un cancer du foie chez les adultes et une croissance retardée chez les enfants? Saviez-vous que l’aflatoxine s’accumule dans les graines et qu’elle peut être présente sans l’habituelle poudre ou substance noire – connue sous le nom de chuku en langage chichewa – qui nous montre que nos graines sont pourries?

FX : MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL (INSTRUMENTATION SEULEMENT) ET MAINTIEN À VOLUME BAS SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : Aujourd’hui, nous présentons le premier épisode d’un feuilleton en quatre parties qui montre ce que les agriculteurs peuvent faire pour empêcher la contamination des arachides par l’aflatoxine. Le premier épisode est centré sur l’obtention de bonnes semences et sur la prévention de n’importe quelle pourriture avant la plantation.

Plus tard au cours de l’émission, j’interviewerai le Dr Jasoni, un scientifique spécialiste des arachides. Bon feuilleton.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ VERS LA NARRATION

SCÈNE 1

FX : Chibwe chante comme un ivrogne. Il dépose négligemment un vélo contre sa maison. On peut entendre ci-après, sous la voix de Chibwe, le bruit du vélo qui tombe par terre.

FX : BRUITSAMBIANTS (CHÈVRES, POULETS)

CHIBWE : (APPELANT) Namilazi! Namilazi! Ma femme …

NAMILAZI : Oui, mon mari, M. Chibwe.

CHIBWE : Très bien … voue êtes revenue, ma femme. C’est la raison pour laquelle je vous aime … vous êtes toujours ponctuelle.

NAMILAZI : (ELLE RIT FIÈREMENT) Très bien, si vous le dites.

CHIBWE : Qui a apporté ce magnifique seau bleu en plastique?

NAMILAZI : C’est moi, mon mari.

CHIBWE : À qui appartient-il?

NAMILAZI : C’est à nous maintenant. J’en rêvais … mes amies ont les mêmes, mais le mien est le plus neuf.

CHIBWE : Je suis heureux pour vous, ma chérie. À quel prix avez-vous vendu ces sacs de 50 kilos d’arachides non décortiquées?

NAMILAZI : Je les ai vendus pour 6 000 kwachas le sac. (Note de la rédaction : 1 000 kwachas valent environ 3 $US) Regardez tout cet argent!

CHIBWE : Non, vous plaisantez! (RIRES) Je pensais que vous aviez emporté seulement deux sacs de graines non décortiquées? Tout cet argent … combien y a-t-il?

NAMILAZI : Dix mille kwachas. J’ai payé le seau 1 500 kwachas et j’ai donné 500 kwachas à notre fils James juste pour le remercier de m’avoir aidée à transporter les graines jusqu’au marché.

CHIBWE : Très bien…. Alors, où est James?

NAMILAZI : Il est resté là-basil veut faire réparer son téléphone mobile avec l’argent que je lui ai donné.

CHIBWE : Tout cet argent! Hé, les arachides représentent de l’argent de nos jours! Si vous aviez décortiqué ces graines, auraient-elles rempli le sac de 50 kilos?

NAMILAZI : Oui! En fait, je regrette de les vendre non décortiquées. Il y a une compagnie qui achète les graines décortiquées et bien classées à 400 kwachas le kilo.

CHIBWE : Quoi?! Cela ferait 20 000 kwachas le sac … Vous avez perdu de l’argent! Pourquoi, Namilazi?

NAMILAZI : C’est pourquoi je regrette. De toute façon, après une enquête minutieuse sur le meilleur marché, je me suis rendu compte que ce n’était pas si simple…. Ils parlaient de problèmes comme le chuku et de la teneur en humidité.

CHIBWE : (L’INTERROMPANT) L’aflatoxine? Ainsi, vous avez peur que vos graines soient pourries? Je pensais que nous éliminions les graines qui étaient pourries et que nous nous assurions d’emporter au marché uniquement les graines exemptes d’aflatoxine?

NAMILAZI : Ce n’est pas aussi simple. Ils testent avec des instruments pour voir les niveaux d’aflatoxine avant d’acheter. Ils disent que vous ne pouvez pas voir l’aflatoxine à l’œil nu. Ce que nous voyons, ce sont les germes qui pourrissent les graines. Certaines graines sont à demi-pourries sans présenter la matière noire que nous pouvons voir …. Ces graines à demi-pourries sont celles qu’ils refusent d’acheter parce qu’elles sont très dangereuses pour nos corps.

CHIBWE : Hein … Ils vont jusqu’à tester les graines avec leurs instruments?

NAMILAZI : Oui. Ils ont dit que les niveaux d’aflatoxine s’accumulent lentement … que les graines dont nous ne pouvons pas dire à l’œil nu qu’elles sont pourries sont très dangereuses. Tout cela dépend de la façon dont nous avons pris soin de nos semences et de nos arachides dans les champs, pendant la récolte, le séchage et l’entreposage.

CHIBWE : Très bien. Mais je veux cultiver des arachides même s’il y a des problèmes avec l’aflatoxine. Il y a de l’argent à faire avec les arachides, ma femme! J’apprendrai à éviter la contamination par l’aflatoxine à tous les stades.

NAMILAZI : Cela me paraît bien. Ils ont dit que même les graines que nous mangeons doivent être sécuritaires, parce que l’aflatoxine peut provoquer le cancer du foie et retarder la croissance des enfants.

CHIBWE : Vraiment?Vous en avez appris beaucoup …. Vous avez l’air d’une scientifique!

FX : LES DEUX SE METTENT À RIRE

CHIBWE : (DOUCEMENT) Alors, chérie … donnez-moi l’argent!

NAMILAZI : Quoi? Nous avions convenu que les graines sont à moi et sous mon contrôle. Pourquoi devrais-je vous donner l’argent?

CHIBWE : Les arachides sont maintenant devenues une culture d’hommes. Ne voyez-vous pas que c’est bien trop d’argent pour vous?

NAMILAZI : Pourquoi cela? J’ai aussi mes besoins personnels et je ne veux pas vous demander quoi que ce soit!

CHIBWE : Donccccc … vous voulez dire que vos arachides sont sous votre contrôle et que vous allez manger vos arachides seule?

NAMILAZI : Vous m’aiderez à les manger, ne vous inquiétez pas. Allez-vous boire de l’eau du seau?

CHIBWE : Je vais en boire.

FX : BRUIT D’EAU QUE L’ON VERSE DANS UN AUTRE SEAU

NAMILAZI : Donc, pourquoi pensez-vous que vous ne bénéficierez pas de l’argent que je tire de mes arachides? J’en ferai bon usage, pas en buvant de la bière! Avez-vous cessé de tenir vos promesses?

CHIBWE : Vous savez que je les tiens toujours, ma femme … mais …

NAMILAZI : (FÂCHÉE ET À VOIX HAUTE) Mais quoi? Nous avions convenu que les arachides sont à moi et pour mes besoins. Une récolte de femmes! Pourquoi voulez-vous changer aujourd’hui? Si vous voulez de l’argent pour de la bière, voici 500 kwachas. Je pense que cela suffit pour la bière d’aujourd’hui.

CHIBWE : Mercice sera pour demain. Je ne retournerai pas boire aujourd’hui. Je dois planifier comment je vais cultiver mes arachides cette année.

NAMILAZI : Je vous ai dit que les graines nous rapporteront assez d’argent pour les frais de scolarité de nos enfants. Le tabac peut nous aider à acheter des choses plus importantes, comme des tôles de fer pour avoir une meilleure maison et, à l’avenir, nous pourrons acheter des voitures et des charrettes à bœuf. Imaginez combien gagnera mon frère Gama cette année. Il est déjà au courant de l’aflatoxine, pensez-y!

CHIBWE : (N’ÉCOUTANT PAS, PRÉOCCUPÉ PAR SES CALCULS) Vous avez raison, ma femme…. Si vos 10 sacs non décortiqués étaient décortiqués et exempts d’aflatoxine, vous auriez pu gagner au moins 100 000 kwachas avec les cinq ou six sacs décortiqués obtenus. Cela signifie que Gama sera millionnaire cette année avec plus de 100 sacs de graines non décortiquées.

NAMILAZI : Vous voyez! Il achètera ce qu’il lui faut pour son mariage et pourra peut-être même bâtir une maison avec des tôles de fer.

CHIBWE : Bon, je vais commencer à cultiver des arachides immédiatement.

NAMILAZI : N’est-ce pas trop tard pour commencer?

CHIBWE : Humm … Je me demande où je vais trouver des semences. Combien de sacs de semences avons-nous?

NAMILAZI : J’ai gardé seulement un sac de graines non décortiquées pour la semencele reste est pour nourrir cette maison.

CHIBWE : Ces sept sacs qui restent sont pour la nourriture, ma femme? Ne mangeons pas les graines – gardons-les pour la semence.

NAMILAZI : Non, pourquoi! Si vous voulez cultiver sérieusement les arachides, vous devez acheter vos propres semences.

CHIBWE : Très bien. Pas d’autres chicanes. J’en achèterai. J’ai l’argent de mes ventes de tabac, rappelez-vous. Je ne me soucie plus de vos graines.

NAMILAZI : Je ne peux pas cesser d’ajouter des arachides dans notre porridge et dans nos légumes. Je ne veux pas que nous soyons mal nourris simplement parce que vous voulez commencer à cultiver des arachides.

CHIBWE : (EN COLÈRE MAINTENANT)Ce n’est pas ce que je voulais dire. La discussion est close et réglée – vous gagnez …. Laissez-moi partir pour aller acheter des semences à mon beau-frère Gama.

NAMILAZI : (HORS MICRO) C’est mieux. Je m’inquiétais que vous souhaitiez réussir à mes dépens! Nous avions déjà convenu qu’un sac de semence suffit pour ma petite parcelle. Et le reste des graines, c’est se nourrir.

CHIBWE : (FATIGUÉ DE PARLER ET COMPLÈTEMENT SOBRE)Euh, Namilazi … Vous êtes comme une radio que j’ai allumée et maintenant vous n’arrêtez pas de parler! J’ai dit que j’allais acheter des semences, n’est-ce pas?

TRANSITION DE SCÈNE

NARRATEUR : M. Chibwe regrette de ne pas avoir appuyé sa femme dans la culture des arachides et d’avoir manqué de faire de l’argent avec les prix élevés. Il s’est juré de ne pas se joindre à un groupe d’agriculteurs pour cultiver des arachides en vue de gagner de l’argent. Mais où trouvera-t-il de bonnes semences?

MONTÉE DE LA MUSIQUE DE TRANSITION PUIS FONDU ENCHAÎNÉ VERS LA NARRATION

SCÈNE 2

FX : ON FRAPPE À LA PORTE

CHIBWE : (APPELANT)Gama! Mon beau-frère! Où êtes-vous?

GAMA : (BRUIT HORS MICRO DE CONTENANT ET D’EAU S’ÉCOULANT DU CONTENANT, PUIS D’UNE VOIX FORTE) M. Chibwe, mon beau-frère … (PAUSE, PUIS AU MICRO) Allons à l’intérieur … Je prenais un bain.

FX : PORTE QUI S’OUVRE ET SE FERME

GAMA : Asseyez-vous sur cette chaise, M. Chibwe. J’arrive. Laissez-moi simplement le temps de me changer.

CHIBWE : (AU MICRO, À VOIX HAUTE) Je ne prendrai pas beaucoup de votre temps. Je sais que vous voulez rendre visite à votre petite amie.

GAMA : (HORS MICRO DANS SA CHAMBRE) Oui … Je veux vous donner une belle-sœur. Rappelez-vous que je me marie cette année.

CHIBWE : Je veux seulement savoir si vous pouvez me vendre quelques sacs de graines.

GAMA : (AU MICRO MAINTENANT) Oui je peux, mon beau-frère. Combien de sacs voulez-vous?

CHIBWE : Quel est le prix d’un sac?

GAMA : Je pense que vous savez qu’une compagnie achète à 20 000 kwachas pour un sac de 50 kilos d’arachides décortiquées et classées. Et les vendeurs achètent les graines non décortiquées à 6 000 kwachas le sac de 50 kilos. Mais je peux vous donner un sac de graines non décortiquées à 5 000 kwachas parce que vous êtes mon beau-frère et que vous êtes comme un parent.

CHIBWE : Merci pour votre gentillesse, Gama.

GAMA : Mais qu’est-ce qui ne va pas avec vous? Je pensais que ma sœur avait planté et récolté assez de graines pour la nourriture.

CHIBWE : Je veux cultiver des arachides pour les vendre cette saison. Je veux suffisamment de semences pour deux acres. Je ne savais pas que la culture des arachides permettait de gagner de l’argent aussi facilement! De combien de sacs de semences ai-je besoin pour planter deux acres de terre?

GAMA : Oh, vous avez besoin de semences. Je n’en ai pas .… De toute façon, la culture des arachides ne permet pas de gagner de l’argent aussi facilement. C’est un travail dur, ce que vous savez à mon avis. Les arachides exigent beaucoup de main d’œuvre, comme le tabac.

CHIBWE : Laissons de côté le problème de main d’œuvre – vous savez que je cultive comme un tracteur. Pourquoi dites-vous que vos graines ne sont pas pour des semences? Que voulez-vous dire? Y a-t-il une différence?

GAMA : Oui, il y a une différence. J’ai recyclé mes graines depuis longtemeps maintenant. Je dois acheter de nouvelles semences propres et de bonne qualité pour la saison prochaine.

CHIBWE : Des semences propres et de bonne qualité? Que voulez-vous dire?

GAMA : Nous avons besoin de semences propres et de bonne qualité afin de produire de hauts rendements et des arachides de bonne qualité. Planter des semences de bonne qualité est aussi un moyen de prévenir la contamination par l’aflatoxine.

CHIBWE : Non, vous mentez. Je connais l’aflatoxine depuis mon enfance et il n’y a rien de spécial à propos de l’aflatoxine ou de la pourriture.

GAMA : Bien sûr, vous en avez entendu parler … mais vous devez savoir que les scientifiques ont découvert que les graines à demi-pourries contiennent de l’aflatoxine que nous ne pouvons pas voir à l’œil nu. Et elles sont très dangereuses pour les gens et les animaux qui en mangent.

CHIBWE : C’est ce que votre sœur me disait. Mais qu’est-ce que la pourriture ou l’aflatoxine a à voir avec des semences recyclées?

GAMA : Quand vous utilisez des semences recyclées, tout d’abord le rendement diminue au fil du temps. Planter trois fois suffit. Et si la semence n’est pas traitée avant la plantation, les champignons ou les germes qui causent la pourriture dans les graines s’accumulent rapidement. Si vous ne faites pas attention pendant que vous cultivez les arachides, le risque de pourriture des graines et d’accumulation du poison augmente de plus en plus.

CHIBWE : Êtes-vous sérieux?

GAMA : Oui! Très sérieux. C’est pourquoi nous avons besoin de bonnes semences propres et traitées provenant de producteurs locaux de semences de bonne réputation. Au moins une fois toutes les trois saisons de croissance. (PAUSE) Puis-je partir maintenant? Vous me retardez. Nous pouvons en parler demain … Je vous aiderai à trouver de bonnes semences.

FX : OUVERTURE ET FERMETURE D’UNE PORTE AVEC UN CADENAS

GAMA : Vous voyez, M. Chibwe, si vous plantez des semences de mauvaise qualité, de nombreuses graines pourriront dans votre jardin. Ensuite, vous raterez le bon marché. Et ce qui est pire encore, vous ne pouvez même pas manger ces graines. Elles sont dangereuses pour vos corps et pour vos enfants. Elles provoquent le cancer du foie. Et elles retardent la croissance des jeunes enfants.

CHIBWE : Dieu nous en protège … l’aflatoxine est tellement dangereuse.

GAMA : À demain. Nous irons ensemble chez mes amis qui vendent des semences.

CHIBWE : Vous ne vous êtes pas joint au groupe de multiplication des semences cette année?

GAMA : (HORS MICRO) Non. Je passais mon examen de quatrième année.

CHIBWE : (PARLANT FORT EN PARTANT) À demain. Soyez prudent et saluez ma sœur de ma part.

CHIBWE : (À LUI-MÊME, FRUSTRÉ ET NERVEUX. Ahhhhh … ainsi les arachides deviennent une culture pour laquelle nous devrons acheter des semences chaque année.

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE 3

FX : GENS ACHETANT ET VENDANT DES CHOSES AU MARCHÉ, D’AUTRES ATTENDANT DES MINIBUS

CHIBWE : Gama, mon beau-frère, je suis fatigué, affamé et assoiffé. Je n’ai pris ni nourriture, ni alcool aujourd’hui et il est presque 11 heures du matin.

GAMA : Je sais Chibwe, mon beau-frère. Pourquoi ne pas acheter un peu de nourriture pour refaire votre plein d’énergie?

CHIBWE : Pas maintenant. Vous savez que quand je prends une décision, je m’y tiens. C’est pourquoi, même si je bois de la bière, votre sœur ne fait pas partie des pauvres.

GAMA : Imaginez comme elle serait riche si vous ne buviez pas tout le temps!

CHIBWE : (DÉDAIGNEUX) C’est un autre problème … Gama, regarde comme ces graines ont l’air bonnes. Achetons-les. Les autres que nous avons visités ont déjà vendu toutes leurs graines.

GAMA : Mon beau-frère… Nous n’achetons pas de poulets d’élevage au marché (nkhuku yoweta sagula pa nsika)! (Note de la rédaction : Beaucoup de poulets vendus sur les marchés sont infectés de maladies comme la maladie de Newcastle, alors ce n’est pas une bonne idée d’élever des poulets que vous achetez au marché.) Avez-vous oublié ce que je vous ai dit hier? L’aflatoxine s’accumule lorsque vous recyclez les semences! La contamination par l’aflatoxine peut aussi être prévenue en évitant d’utiliser des semences recyclées. Savez-vous combien de fois ils ont planté ces graines que vous voyez au marché?

CHIBWE : Désolé, j’ai oublié.

GAMA : De toute façon, il ne s’agit pas uniquement de l’aflatoxine. Les semences recyclées donnent aussi de faibles rendements.

CHIBWE : Alors, retournons à la maison et recommençons au point de départ pour penser à d’autres sources.

GAMA : J’ai déjà une autre option. C’est pourquoi nous sommes dans ce centre commercial.

CHIBWE : Où allons-nous?

GAMA : Je veux vérifier auprès des organisations non gouvernementales qui m’ont aidé avec le projet de multiplication des semences. (Note de la rédaction : Insérez le nom d’ONG qui vendent des semences d’arachides localement.)

CHIBWE : Oh, ces organisations … Ouais, j’ai vu leurs bureaux derrière le marché près de cette grande boutique. Pourquoi ne me l’avez-vous pas dit?

GAMA : Je vous le dis maintenant. C’est là que nous allons.

CHIBWE : Très bien. Vous êtes effectivement intelligent, mon beau-frère. Je ne sais pas pourquoi vous êtes si pressé de vous marier. Qui sait? Vous pourriez peut-être aller à l’université.

FX : ON FRAPPE À LA PORTE

SECRÉTAIRE : Entrez.

FX : UNE PORTE S’OUVRE ET UN TÉLÉPHONE PORTABLE SONNE

GAMA : Mon beau-frère Chibwe, venez avec moi, entrez.

SECRÉTAIRE : Bonjour! Bonjour! (À ELLE-MÊME) Peut-être qu’il bipait seulement ou qu’il était à court d’unités …. Asseyez-vous, M. Gama. Voulez-vous voir M. Tembo? Laissez-moi voir s’il est disponible. Il se préparait à quitter le bureau …

GAMA : Merci, madame la secrétaire.

FX : UNE PORTE S’OUVRE, PAUSE, ET UNE PORTE SE FERME

SECRÉTAIRE : M. Gama, vous n’avez pas été très actif ces derniers temps. Aviez-vous quitté votre village? C’est l’an dernier que nous nous sommes rencontrés, n’est-ce pas?

GAMA : Oui, c’était l’année dernière. J’étais dans les environs mais j’étais simplement occupé avec des examens. Vous savez que je me suis présenté aux examens du certificat scolaire du Malawi.

SECRÉTAIRE : Comment cela s’est-il passé?

GAMA : Comme d’habitude … Je dirais moyen, ni trop difficile, ni trop facile.

SECRÉTAIRE : Vous pouvez entrer. M. Tembo vous consacrera seulement quelques minutes, car il est en retard pour une réunion.

GAMA : Merci.

SECRÉTAIRE : C’est bien de cultiver pendant que vous attendez les résultats de vos examens. Vous serez désormais un jeune agriculteur instruit.

BOTH : RIRES

FX : OUVERTURE ET FERMETURE D’UNE PORTE

TEMBO : Oh, jeune homme … Gama … Très bien, vous êtes avec votre beau-frère, M. Chibwe. Comment allez-vous, M. Chibwe, et Gama?

BOTH : Très bien et vous, M. Tembo?

TEMBO : Comme vous l’avez entendu, j’ai une réunion plus loin que votre village dans une heure. Comme puis-je vous aider, messieurs?

CHIBWE : J’aimerais me joindre à un club de producteurs d’arachides.

TEMBO : Il y a tellement d’agriculteurs qui se sont déjà joints au club. Pourquoi voulez-vous y adhérer? Pouvez-vous gérer le tabac et les arachides? Ce sont deux cultures à forte main d’œuvre.

CHIBWE : (DÉDAIGNEUX) C’est quoi des arachides? Vous savez, je fais pousser du tabac, mais je veux réduire ma superficie cultivée en tabac. Avec ces lobbies anti-tabac et le système de quotas que le gouvernement a réintroduit, je n’ai pas le choix, sauf celui de me diversifier. (Note de la rédaction : Le gouvernement malawien a introduit un système de quotas qui détermine combien de tabac les agriculteurs individuels peuvent cultiver.)

TEMBO : Cela me semble bien. Vous savez que la demande est très forte pour la formation en culture des arachides. Beaucoup de gens se sont inscrits. Voyons s’il nous reste de la place … Je me souviens que la liste de votre village était déjà complète … si cela est vrai, alors nous vendons d’abord les semences à nos membres et ensuite les semences restantes aux autres. Un moment s’il vous plaît … j’ai besoin de voir la secrétaire.

FX : OUVERTURE D’UNE PORTE

NARRATEUR : On dit qu’un malheur n’arrive jamais seul (amati ikakuona litsiro sikata).M. Chibwe aura-t-il la chance de se joindre au groupe des producteurs d’arachides?

Chers auditeurs, avez-vous déjà trouvé des semences pour la présente saison? Vous êtes-vous inscrits à la sorte d’agriculture que vous voulez pratiquer?N’oubliez pas : Si vous souhaitez dormir au milieu du lit,vous devez vous coucher tôt.

(Note de la rédaction : C’est un proverbe au Malawi qui signifie que, parce qu’il est plus sécuritaire pendant la guerre ou dans la brousse de dormir entre d’autres corps, ceux qui se couchent tôt ont une meilleure chance de dormir au milieu du lit.)

Écoutons et voyons ce qui se passe. M. Gama et M. Chibwe trouveront-ils de la place pour se joindre au club des arachides?

FX : OUVERTURE ET FERMETURE D’UNE PORTE

TEMBO : Oui, la liste est ici. Voyons voir … humm … Gama, vous êtes déjà inscrit ici. Votre président vous a inscrit et la secrétaire a mis votre nom sur la liste des bénéficiaires.

GAMA : Et mon beau-frère?

TEMBO : Non … Aucune chance. Nous pouvons seulement mettre votre nom sur une liste d’attente. Vous êtes la première personne sur la liste d’attente pour votre village.

CHIBWE : (SUPPLIANT) S’il vous plaît, monsieur, essayez de m’intégrer.

TEMBO : Vous savez que c’est premier arrivé, premier servi, vous devrez donc attendre l’année prochaine. Si quelqu’un se désiste avant les formations et la plantation, alors vous serez pris en considération.

CHIBWE : Monsieur, s’il vous plaît, y a-t-il un moyen?

TEMBO : Nous pouvons accueillir seulement 25 membres par groupe. Nous avons ajouté un second club dans votre village cette année – et celui-là aussi est complet. Vous ne serez donc autorisé à acheter des semences que lorsque tous les membres auront leurs semences. Après tout, votre ami s’est inscrit durant la dernière saison végétative lorsque les cultures étaient encore dans les champs.

FX : ON FRAPPE À LA PORTE. LA PORTE S’OUVRE.

SECRÉTAIRE : (HORS MICRO) Monsieur, une femme vient tout juste d’apporter cette lettre.

TEMBO : Très bien, donnez-la moi. A-t-elle dit quel était l’objet de la lettre?

SECRÉTAIRE : C’est un retrait d’adhésion. Mme Biti Njanje.

GAMA : Elle est de notre villageje la connais!

SECRÉTAIRE : Elle dit qu’elle est du village de Watch. Elle est venue pour se désinscrireelle a dit qu’elle suit son mari dans un autre village.

CHIBWE : Oui! Oui! Alors, je peux m’inscrire – elle est de mon village!

TEMBO : Vous êtes chanceux, M. Chibwe. Vous pouvez adhérer.

CHIBWE : Je suis content de ne plus être malchanceux.

FX : RIRES GÉNÉRALISÉS

TEMBO : Alors, quelle variété voulez-vous cultiver? Nous faisons la promotion de CG7, variété à enveloppe rouge qui donne un rendement élevé.

GAMA ET

CHIBWE : CG7.

TEMBO : Allez payer au bureau du caissier. Faites vite parce que j’ai une réunion dans un village plus éloigné que le vôtre. Je peux vous emmener avec vos arachides si vous n’avez pas d’autres choses à faire au centre commercial …

GAMA : (L’INTERROMPANT) Nous n’avons plus rien à faire au centre commercial, monsieur.

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE 4

FX : BRUIT DE CHANGEMENTS DE VITESSE D’UNE VOITURE. MAINTENIR LE BRUIT DE LA VOITURE SOUS LA NARRATION

TEMBO : M. Chibwe, êtes-vous sérieux en disant que vous allez démarrer avec trois acres d’arachides?

CHIBWE : Oui, monsieur.

TEMBO : Très bien. Veuillez vous assurer que vous et votre femme assisterez à nos formations. Si vos enfants sont libres, ils peuvent venir également.

CHIBWE : Je ne fais pas les choses seulement à l’essai. Je fais toujours les choses en y mettant toutes mes forces. Si j’échoue, j’échoue complètement. Et si je réussis, le succès devrait être total!

FX : RIRES

CHIBWE : Au fait, pourquoi ces graines sont-elles encore dans les cosses? C’est parce qu’elles sont pour les semences?

TEMBO : Vous en apprendrez beaucoup pendant les formations. Mais puisque vous avez déjà reçu vos graines, je vais vous expliquer pourquoi ces graines sont encore dans leurs cosses.

CHIBWE : Même si cela a pris du temps avant que l’aflatoxine pose un problème, la tradition de nos parents consistait à garder les semences dans leurs cosses. Avaient-ils raison?

TEMBO : Oui, cette tradition est bonne. Gama, rappelez-la à votre beau-frère quand il oublie, puisque vous en savez déjà tant.

GAMA : Très bien, monsieur.

TEMBO : M. Chibwe, à cause de l’aflatoxine, nous conseillons aux gens de pursuivre la tradition de conserver les semences dans leurs cosses.

GAMA : Une autre choseimportante consiste à utiliser dessemences de bonne qualité de variétés améliorées qui donnent un rendement élevé et résistantes aux maladies, ce qui est également primordial pour prévenir la contamination par l’aflatoxine.

TEMBO : Oui. Les semences que nous vous donnons ont été certifiées et traitées par l’équipe de recherche et elles sont exemptes des champignons qui produisent l’aflatoxine. Il vous suffit de prendre soin d’elles.

CHIBWE: D’accord. Que voulez-vous dire par l’expression prendre soin d’elles? Les graines peuvent-elles pourrir dans leurs cosses?

TEMBO: Oui elles pourrissent, mon gars. Prendre soin d’elles signifie réduire la contamination lors de l’entreposage des semences. Elles pourrissent si vous les entreposez dans des endroits humides, même si elles sont dans les cosses.

GAMA : Si je comprends bien, les cosses gardent les graines à la bonne température et au taux d’humidité minimum si elles sont complètement séchées. Ai-je tort?

TEMBO : Non, vous avez raison. Vous rappelez-vous comment nos parents avaient l’habitude de conserver la majorité de leurs semences?

CHIBWE : Comment pourrais-je oublier? Les cosses étaient suspendues juste au-dessus du feu à l’âtre dans la cuisine, comme les épis de maïs.

TEMBO : C’était la meilleure façon d’entreposer les cosses – et mêmes d’autres cultures. Vous savez que les cosses ont besoin d’être dans un endroit sec, et pas humide.

CHIBWE : Donc, vous voulez dire que si les cosses sont toujours suspendues dans la cuisine où se trouve la fumée, elles seront en sécurité?

TEMBO : Oui. En sécurité contre les charançons et parfois même contre les rats, et en sécurité contre les germes.

CHIBWE : Devrais-je donc entreposer mes semences dans la cuisine? Puis-je faire entrer dans une cuisine tous les sacs de semences nécessaires pour trois acres?

GAMA : Si votre cuisine est grande, vous pouvez faire un support d’un côté. Assurez-vous simplement qu’il ne touche pas le mur ni le plancher.

TEMBO : Si la cuisine est petite, vous pouvoir choisir une pièce sèche et faire un support là où vous pouvez suspendre les semences.

CHIBWE : Pourquoi insistez-vous sur un endroit sec?

TEMBO : Les graines doivent toujours avoir un taux d’humidité minimal. Quand il y a trop d’humidité, les germes attaquent plus facilement les graines et les font pourrir.

CHIBWE : Dois-je mettre les graines de nouveau au soleil avant de les entreproser?

TEMBO : Non, cela n’est pas nécessaire. Elles sont déjà sèches. Si elles n’étaient pas encore sèches, elles seraient déjà pourries. Le problème avec le séchage excessif des graines c’est qu’elles ont un faible taux de germination. Assurez-vous seulement que vous entreposez les graines dans un endroit qui est sec, pas humide et bien aéré. Et conservez-les dans leurs cosses jusqu’à ce que vous soyez prêt à les planter à l’approche des pluies.

GAMA : Merci, c’était aussi mon plan.

TEMBO : Très bien, je suis juste à temps pour ma réunion (BRUIT DE VOITURE S’ARRÊTANT). Je vais rencontrer des gens là-bas, alors le chauffeur vous reconduira chez vous …. Allez et prenez soin de vos semences. Je rencontrerai tout le groupe la semaine prochaine pour la première formation sur la préparation des terres. Soyez prudents.

FX : DÉMARRAGE D’UNE VOITURE

GAMA : Merci. Au plaisir, M. Tembo.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : M. Chibwe et ses amis seront de retour la semaine prochaine.

Aujourd’hui, je suis dans le studio avec le Dr Jasoni, chercheur et scientifique qui étudie l’amélioratiom génétique des arachides. Brièvement, que pouvez-vous dire au sujet des semences d’arachides et de l’aflatoxine, Dr Jasoni?

SCIENTIFIQUE : Ici au Malawi, nous avons grandi en sachant que le chuku est une matière noire et grisâtre que l’on peut enlever des cacahuètes avant de manger les graines. Souvent, nous gardons certaines des graines avec cette matière noire et nous les mélangeons avec de petites arachides pour faire de la nsinjiro (sauce) et nous vendons seulement les bonnes graines.

Mais les scientifiques ont fait la découverte affreuse que ce chuku est très malsain. Lorsque les graines pourrissent, les germes créent une substance empoisonnée appelée aflatoxine qui contamine les graines. Cette aflatoxine poison attaque notre corps, surtout le foie, et peut provoquer le cancer du foie. Les aflatoxines peuvent également retarder la croissance des enfants de moins de cinq ans et affaiblir le système immunitaire.

NARRATEUR : Quelque chose comme le sida?

SCIENTIFIQUE : Oui. Mais ces repercussions sur la santé ne se manifestent pas du jour au lendemain. Vous pouvez être infecté durant votre jeunesse et ne pas tomber malade avant d’être plus âgé. En fait, les aflatoxines sont si dangereuses que nous ne devons pas nourrir nos bovins ou nos poulets, ou d’autres animaux, avec des graines pourries. Le poison peut pénétrer dans leur lait et leur viande et revenir contaminer nos corps lorsque nous mangeons ces aliments.

NARRATEUR : Euh … C’est grave! Y a-t-il des moyens de prévenir cette pourriture et cette accumulation d’aflatoxine dans les graines?

SCIENTIFIQUE : Oui, mais il faut du travail et des efforts minutieux et nous devons nous entraider et travailler ensemble. Nous avons déjà entendu parler de certaines choses que les agriculteurs peuvent faire pour prévenir la contamination des semences. Il faut prendre cela au sérieux parce que c’est l’aflatoxine qui a empêché les arachides du Malawi d’être exportées vers les marchés extérieurs. Nous voulons que les exportations d’arachides reprennent.

NARRATEUR : Donc, Dr Jasoni, comment les agriculteurs peuvent-ils réellement arrêter ce pourrissement qui produit le poison appelé aflatoxine?

SCIENTIFIQUE : La prévention doit se faire à un certain nombre d’étapes dans la chaîne de valeur des arachides. Les germes qui provoquent l’aflatoxine ont besoin de chaleur et d’humidité. Nous devons donc nous assurer que les graines sont bien entretenues et complètement séchées. La première étape de la prévention consiste à sélectionner et à conserver les semences d’arachides pour les planter et la deuxième étape survient lorsque les graines poussent dans les champs. Et, bien sûr, nous devons cesser de manger des graines pourries sous toutes les formes …

NARRATEUR : (L’INTERROMPANT) … Hé, vous voulez dire que les graines peuvent pourrir pendant qu’elles poussent dans les champs?

SCIENTIFIQUE : Oui.

NARRATEUR : De quelle autre façon les graines pourrissent-elles?

SCIENTIFIQUE : De trois façons principales : quand les graines sont gardées plus longtemps qu’il ne faut dans le sol, quand elles sont entreposées dans des endroits chauds avec une mauvaise ventilation et quand elles sont séchées trop longtemps dans un endroit qui n’est pas bien ventilé après la récolte.

NARRATEUR : Que pouvons-nous faire d’autre pour empêcher ces germes qui produisent les aflatoxines d’attaquer nos graines?

SCIENTIFIQUE : Voici cinq choses à se rappeler. Premièrement : Utilisez des variétés améliorées et des semences traitées qui donnent des rendements élevés et sont résistantes aux maladies. Cela peut également contribuer à prévenir la contamination par l’aflatoxine.

Deuxièmement : Utilisez des semences de bonne qualité plutôt que des semences recyclées pour minimiser la possibilité de contamination par l’aflatoxine et de pourrissement.

Troisièmement : Conservez les semences dans leurs cosses pour minimiser l’attaque par les germes.

Quatrièmement : Conservez les semences entreposées dans un état aussi sec que possible sur un support surélevé, sans toucher le mur ni le plancher.

Et cinquièmement : Si vous voulez recycler vos semences, ou si vous avez acheté des semences au marché local ou à un ami, traitez-les avec du SeedMate ou du Thiram. Ce sont des fongicides qui peuvent réduire les risques d’infection par les champignons.

NARRATEUR : Merci, Dr Jasoni.

FX : MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ

NARRATEUR : Nous serons de retour la semaine prochaine pour en savoir davantage sur M. Chibwe et ses amis et pour parler encore des arachides et de l’aflatoxine avec le Dr Jasoni. Au revoir et à la prochaine.

FX : MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS SORTIE

ANIMATRICE : C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amisa été réalisé par ___________. Merci de votre écoute. Nous allons maintenant ouvrir nos lignes pour recevoir vos appels et vos messages-textes. Nous avons avec nous aujourd’hui (nom de l’expert) qui pourra répondre à vos questions sur les arachides et l’aflatoxine et sur les bonnes pratiques pour éviter cela. Voici nos numéros de téléphone __________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.

Épisode 2 :Esquiver un coup dépend du fait de voir venir le coup assez vite

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Messages pour cet épisode :

  1. Un sol bien drainé est idéal pour planter desarachides.
  2. Préparez la terre avant l’arrivée des pluies afin que les graines soient assez mûres pour tolérer les sécheresses tardives qui accroissent le risqued’aflatoxine.
  3. Le meilleur espacement est de 60 à75 centimètresentre les rangées d’arachides et de 10 à 15 centimètresentre les semences, selon la variété.
  4. Un bon désherbage est important. Les mauvaises herbes réduisent le rendement des arachideset accroissent le risque d’infestations par les insectes,comme les fourmis, et les attaques des rongeurs. Ces attaques de parasites augmentent le risquede contamination par l’aflatoxine.
  5. Une application de chaux agricole, également appelée gypse, dans le sol au moment de la floraison renforcit les cosses des arachideset réduit le risquede contamination par l’aflatoxine.

Au radiodiffuseur :Durée approximative de diffusion de l’épisode 2 : 35 à 40 minutes avec la musique d’introduction et de conclusion.

PERSONNAGES :

CHIBWE

NAMILAZI

TEMBO

GAMA

JAMES : Le fils unique deM. Chibweet de Mme Namilazi Chibwe. Garçon de 14 ans très intelligent en deuxième année au secondaire.

ANIMATRICE : Voici le deuxième d’une série de quatre épisodes d’un feuilleton que moi _________, votre animatrice, je vous livre tous les __________ après-midi sur les ondes de (nom de la station). L’Épisode 2 est intituléEsquiver un coup dépend du fait de voir venir le coup assez vite(Kuzinda chibakera nkulinga utachionera.) Nous allons maintenant débuter le feuilleton. Après le feuilleton, nous ouvrirons nos lignes pour vos appels téléphoniques et vos messages-textes afin de parler de l’aflatoxine dans les arachides. Voici nos numéros pour les appels téléphoniques ____________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL ET FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : Je suis persuadé que celles et ceux d’entre vous qui ont écouté le premier épisodede notre feuilletonsavent quelque chose à propos des dangers demanger des arachidesqui sont partiellement pourries. Vous avez appris que la consommation d’arachides contaminées par l’aflatoxine est dangereuse et, commel’aflatoxines’accumule dans nos corps au fil du temps, le résultat peut être un cancer du foie chez les adultes et une croissance retardéechez les enfants. Nousprésentons ce feuilleton pour montrer comment prévenir la contamination par l’aflatoxine dans les arachides. L’épisoded’aujourd’hui parle de la façon de minimiser l’aflatoxineen préparant la terre et en désherbant vos champs d’arachides.

MUSIQUE DE TRANSITION

SCÈNE 1

FX : M. CHIBWE CHANTE À TUE TÊTE,COMME UN IVROGNE, QU’IL PLANTERA PLUS D’ARACHIDES CETTE ANNÉE AFIN DE POUVOIR BOIRE DAVANTAGE L’ANNÉE PROCHAINE.

CHIBWE : (APPELANT) Namilazi! Namilazi! Namilazi!

FX : (HORS MICRO)BRUIT DE CASSEROLES DANS LA CUISINE

NAMILAZI : (HORS MICRO) Oui, M. Chibwe.

CHIBWE : Pourquoiavez-vous mis autant de temps avant de répondre?

NAMILAZI : Avez-vous commencé à m’appeler il y a longtemps?

CHIBWE : Oui! J’étais sur le point de repartir boire encore de la bière.

NAMILAZI : (CALME) Désolée, je suis occupée. Je ne pouvais pas vous entendre m’appeler.

CHIBWE : Où est ma nourriture, Namilazi?

NAMILAZI : Je suis encore en train de cuisiner. Je n’avais pas de relish, alors j’arrive tout juste du jardin.

CHIBWE : N’avez-vous pas vu le soleilhaut dans le ciel? Il est 14 heures … L’heure du déjeuner est passée mais vous n’avez pas encore cuisiné!

NAMILAZI : James voulait que nous finissions de défricher la terre sur laquelle vous étiez en train de travailler et je ne voulais pas le laisser seul. Je ne suis même pas allée chercher l’eau. Heureusement, il est parti tirer de l’eau pour moi.

CHIBWE : Tirer del’eau? Vousêtes tranquillement en train de transformer mon fils en une femme.

NAMILAZI : Qu’y a-t-il de féminin là-dedans? Ne voyez-vous pas que James sera un homme bon et bienveillant, qui est conscient des enjeux de l’égalité entre les sexes? Pas comme vous.

CHIBWE : (AMOUREUSEMENT) De toute façon, Namilazi, si je n’étais pas assez bienveillant et aimant, seriez-vous aussi grassette, comme une belle plante bien entretenue?

NAMILAZI : (AVEC AMOUR AUSSI) Je sais que James a hérité de vous cet amour et cette bienveillance.

CHIBWE : Ha! Ha! Ha! Très bien, mais ne le transformez pas en femme.

NAMILAZI : Une personne ne peut pas changer de sexeparce qu’elle exécute des tâches que la société considère faites pour une femme. Il se contente d’aider sa mère.

CHIBWE : (CHANGEANT DE SUJET) Apportez ma nourriture. Je veux retourner boire de la bière. Je n’ai pas fini de boire.

NAMILAZI : Attendez, j’ai presque terminé de cuisiner. Pourquoibuvez-vous au lieu de faire des billonspour nos arachides? Êtes-vous vraiment sérieux à propos de cultiver des arachides?

CHIBWE : Il est encore temps. Je ferai les billons à l’approche des pluies. (UN PEU THÉÂTRAL) Quand je verrai des éclairs dans le soir et quand j’entendrai le tonnerre – alors je saurai que les pluies sont imminentes.

NAMILAZI : Ne vous souvenez-vous pas de ce que M. Tembo nous a enseigné à propos de l’aflatoxine et de la plantation tardive des arachides?

CHIBWE : Oui, très très bien …. Il a dit que la préparation hâtive de la terre nous permet de planter avec les premières pluies abondantes. Et planter avec les premières pluiesnous aide à éviter les problèmes d’aflatoxinequi surgissent avec la sécheresse tardive lorsque les graines sont en train de mûrir.

NAMILAZI : Alors pourquoi vous comportez-vous comme si vousn’étiez pas vraiment intéressé à faire pousser les arachides avec peu d’aflatoxine? Voulez-vous que nos grainespourrissent et ne se vendent pas?

CHIBWE : (DOUCEMENT) Namilazi, rappelez-vous … il existe bien d’autres façons d’éviter l’aflatoxinelorsque vous préparez votre terre. L’espacement des billons et des grainesfait aussi partie du jeu.

NAMILAZI : Pourquoiparler de l’espacement des billons alors que vous n’avez même pas commencé à les faire? Vous savezquenous devons réaligner les billons. Et il s’agit de billons spéciaux qui prennent plus de temps à faire que d’habitude– mais nous n’avons même pas commencé!

CHIBWE : Namilazi, tout est sous contrôle. Apportez simplement la nourriture ici. (IRRITÉ) Pourquoiposez-vous des questions sur des choses que vous savez déjà? Êtes-vous une enseignante qui me fait passer un examen?

NAMILAZI : Souvenez-vous, nous avons adhéré à un club … Voulez-vous que nous soyons la risée de tout le monde, le dernier couple à planter?

CHIBWE : Ne vous inquiétez pas. Nous avons encore le temps. Nous finirons de préparer la terre à temps. Avez-vous oublié que je travaille comme un tracteur, une acre en deux jours seulement? Rappelez-vous :Les hommes forts peuvent laisser la porte grande ouverte la nuit et dormir sans crainte.

NAMILAZI : (IRRITÉE) Ce doit être une blague. Au cas où vous auriez oublié, mon mari, nous devons réaligner les billons dans le jardinà75 centimètresde distance. Et, ensuite,nous devons les aplanir comme une table afin de pouvoir avoir deux rangéesde graines distantes de 30 centimètres. Tout cela prend du temps!

CHIBWE : Du temps en effet, mais ne vous inquiétez pas. Siles pluiesarrivent tôt comme vous le dites, alorsnous planteronsles grainesoùvous les avez plantées l’an dernier. Cesbillons sont déjà au bon espacement.

NAMILAZI : (ÉLEVANT LA VOIX) Chibwe! Êtes-vous ivre? Ne vous comportez pas comme un enfant! Nous ne pouvons pas planterles grainesau même endroit que l’an dernier! Avez-vous oublié que nous devons faire une rotation des graines avec d’autrescultures commele maïs pour réduire les maladies?

CHIBWE : (CHANGEANT DE SUJET, SUR LA DÉFENSIVE) Donnez-moi simplement à manger … J’ai faim.

BRUIT DE SONNETTE DE BICYCLETTE

JAMES : (ARRIVANTAU MICRO) Papa, bougez-vous … Je veux poser mon vélo là. Aidez-moi … aidez-moi à tenir le vélo afin que je puisse retirer ce gros bidon d’eau.

CHIBWE : Es-tu un homme, James?

JAMES : Oui, vous savez que je suis un homme.

CHIBWE : Alors, sois fort. Ne peux-tu pas tenir le vélo avec tes hanches et ensuite retirer le bidond’eau?

JAMES : Très bien, vousme dites que je devrais le pencher sur mes hanches commececi … laissez-moi essayer de retirer le bidon… oui, c’est facile.

FX : BRUIT DUN GROS BIDON EN MÉTAL AVEC DE L’EAU DEDANS

CHIBWE : C’est parfait, le bon garçon à sa maman.

JAMES : Regardez, papa, vousêtes ivre au lieu d’aider maman à cultiver.

CHIBWE : (SÈCHEMENT) Toi, mon garçon, continue simplement à tirer de l’eau. Nous avons déjà abordé ce sujet avec tamère.

SCÈNE 2

FX : BRUIT DE FORTES PLUIES.MUSIQUE DE FOND À LA RADIO DURANT TOUTE CETTESCÈNE

CHIBWE : (SOBRE, D’UNE VOIX DÉCOURAGÉE) C’est vous, Namilazi, qui avez provoqué l’arrivée si précoce des pluies … vous les vouliez aussi tôt.

NAMILAZI : Ai-je un contrôle sur la météo?

JAMES : Vous n’écoutez que vous, papa … nous vous avons dit depuis longtemps de commencer àfaire les billons.

CHIBWE : (BRUSQUEMENT) Hé, toi fiston, quand es-tu né? Les arachidesdonnent bien quand on fait les billons aprèsl’arrivée des pluies.

JAMES : Papa, honnêtement, combien de jours vous faudra-t-il pour achever de travaillertrois acres?

CHIBWE : Environ … trois semaines …

JAMES : Pas trois jours? Je pensais que vous avez dit que vous étiez un tracteur qui ne prend qu’un jour oudeux pour une acre!

CHIBWE : (SUR LA DÉFENSIVE) Cessez ces observations inutiles! Prenez simplement vos houes et suivez-moi dans le jardinpour commencer à faire des billons.

NAMILAZI : Pas question. Quand nous étions en train de travailler, vous étiez en train de boire. C’est à votre tour de tracer des billons, mon mari! Par ailleurs, d’ici que vous acheviez de tracer les billons, il pourrait y avoir une période sèche. Pleuvra-t-il jusqu’à ce que nos graines soient arrivées à maturité? N’oubliez pas que l’aflatoxinepeut attaquer tard dans la saison lorsque les arachides sont stressées et presque mûres.

JAMES : Et quand finirez-vous de réarranger les billons à 75 centimètresde distance?

NAMILAZI : Je n’adhérerai pas au groupe de fabrication des billons. Je planterai du maïs où j’ai déjà tracé des billons.

CHIBWE : Je suis désoléveuillez me pardonner. Aidez-moi avec les billons. N’allez pas planter le maïs.

JAMES : C’est votre problème. Dites à votre bière de vous aider.Nous avons fait notre part.

FX : BRUIT DE RADIO:Chers agriculteurs, nous savons que vous avez reçu de fortes pluies au cours du mois de septembre, mais ne plantez pas. Cette pluie n’est pas la véritable première pluie. Continuez à préparer vos terres.

FX : RETOUR DE LA RADIO COMME MUSIQUE DE FOND

NAMILAZI : As-tu entendu ce qu’on a dit à la radio, James? Arrêtons de planter.

CHIBWE : Hé, quel soulagement!Maintenant, venez me rejoindre pour faire desbillons. J’ai cessé de boire de la bièrede toute façon. Je boirai après le travail.

NAMILAZI : Très bien, allons-y. Je pense que vous avez acheté de la chaux. Apportez les sacs et répandons la chaux là où nous allons faire les billons aujourd’hui.

CHIBWE : Oui, j’ai acheté de la chaux parce qu’ils ont dit que cela aide les grainesà avoir des cosses dures. Il faut l’épandre dans le jardinau moment de la floraison ou l’incorporer dans lebillon, n’est-ce pas?

JAMES : Oui. Je vais apporter ces deux sacs de chaux sur mon vélo. Mais demain je ne serai pas avec vousparce que l’école recommence.

NAMILAZI : Tu nous manqueras, mon fils.

SCÈNE 3

FX : BRUIT D’OISEAUX ET DE HOUES

JAMES : Très bien, maman et papa, révisons. Je veux m’assurer que vous vous rappelez de ce que M. Tembo nous a enseigné. Donc, voici ma première question :Pourquoine pouvons-nous pas planter les grainesdans la même terre que l’année dernière? Maman Namilazi?

NAMILAZI : On ditque lesgermesqui produisent l’aflatoxine et d’autres maladies sont déjà dans le sol et se multiplieront si vous ne pratiquez pas une rotation des cultures.

JAMES : Oui – deux points! À vous, papa – votre question maintenant. Pourquoidevons-nous réaligner lesbillons à 75 centimètres et non pas à 90 centimètrescomme c’était l’habitude dans ce jardin?

CHIBWE : (SE PLAIGNANT) James, tu m’as posé une question difficile … tu es partial…

JAMES : Alors, la question ira à maman pour deux points.

CHIBWE : Non attends! … Laisse-moi essayer.

JAMES : Vous avez déjà échoué, alors elle passe à maman.

NAMILAZI : Donne-lui une chance. Mais il ne peut pas réussir(PETIT RIRE) il a vendu ces leçons pour de la bière.

CHIBWE : Non,je pense me souvenir. On dit que les billons distants de 75 centimètressont assez proches pourque,si vous plantez deux rangées à 30 centimètresd’intervalle à la surface d’un billon … (MARMONNANT À LUI-MÊME) Mais quelle était la raison pour que les rangées soient si proches …?

JAMES : Maman, aidez-le.

NAMILAZI : M. Tembo a dit que les rangées devraient être assez proches pour ombrager le sol lorsque les arachidespoussent. Cela retient l’humiditédans le sol. Etcela réduit le stress surles graines et diminue les risques d’aflatoxine.

JAMES : Il a également dit que si le soln’est pas gorgé d’eau, nous pouvons plantersans billons, mais avec une distance de 30 à 45 centimètresentre les rangées.

NAMILAZI : Mais oùnous vivons, nous avons parfois de fortes pluies. Étant donné que les grainesdétestent un surplus d’eau, nous devrions faire des billons afinque les grainesse trouvent surélevées.

JAMES : Deux points!

CHIBWE : (SE PLAIGNANT) Tu te rappelles seulement de donner des points à ta mère!

JAMES : Très bien, deux points pour vous aussi … mais maman a maintenant quatre points.

CHIBWE : Parfait, laisse-moi ajouter aussi deux autres points. Il a dit que la période la plus délicate survient lorsque les grainesarrivent à maturité. C’est là qu’il y a de nombreuses périodes sèches et lescossesnesont pas encore épaisses, alorslesgermesqui causent lacontamination par l’aflatoxine peuvent facilement pénétrer dans les grainess’il n’y a pas assez d’humidité.

JAMES : Deux points … Étiez-vous en train de prétendre délibérément que vous ne saviez pas, papa?

CHIBWE : (IGNORANT LA QUESTION DE JAMES) Donc, planter tout près agit comme un paillis. Les feuillesfournissent un couvert pour le sol et le rendement est très élevé.

JAMES : Et n’oubliez pas que,pour ceux qui peuvent se le permettre, la chaux durcit les cosses et empêche les germes ou les champignons qui produisent l’aflatoxinede pénétrer dans les graines.

Donc, papa, on dirait que vous vous souvenez très bien de toutes les règles concernant la culture des arachides. Mais vous étiez occupé avec la bière juste pour causer des problèmes. Pourquoin’avez-vous pas commencé plus tôt à préparer la terre?

SCÈNE 4

NARRATEUR : La famille de Chibwe est chanceuse que la pluie qui esttombée était chizimalupsa, c’est-à-dire la pluie qui arrive pour avertir les agriculteursque la saison des pluies approche.Auditeurs et auditrices, avez-vous terminé de préparer votre terre pour éviter le problèmequi a presque surpris Chibwe?

FX : BRUIT D’OISEAUX ET DE HOUES DANS UN SOL DUR

NAMILAZI : James me manque aujourd’hui. Qui écourtera notre journée avec ses blagues et ses questions? Il n’est pas ici parce que nous avons retardé le début des billons … il est allé à l’école.

CHIBWE : Ne vous inquiétez pas, Namilazi, le gamin nous a beaucoup aidés! Il a défriché cette terre et enterré les résidus végétaux pour le fumier composté de l’an prochain. Je lui souhaite beaucoup de réussite à l’école.

NAMILAZI : Alors, qu’allons-nous faire avec le fumier composté de l’an passé tiré de la fosse à compost? Allons-nous le transporter de l’autre côté du champoù se trouve le maïs?

TEMBO : Namilazi et Chibwe… Non,ne l’enlevez pas …

NAMILAZI : (CHOQUÉE) Vous m’avez fait peur, M. Tembo …. Je ne savais pas que vous veniez.

CHIBWE : Vous m’avez fait peur aussi.

TEMBO : (PETIT RIRE) Oui, j’ai remarqué que vous étiez concentrés uniquement sur votre culture et votre bavardage.

CHIBWE : Bienvenue … Mais pourquoinous rendez-vous visite dans nos jardins?

TEMBO : J’observe simplement ce que font les agriculteurs. Et, au cas où vous auriez besoin de mes conseils ou oublié quelque chose, je suis ici.

NAMILAZI : Nous étions justement en train de parler de fumier – à savoir d’enlever ou non notrefumier composté. Vous disiez que nous ne devrions pas l’enlever. Pourquoi?

TEMBO : Parce que, même si les arachides fixent l’azote dans le sol, elles ont encore besoin de sols fertiles. Souvenez-vous, je vous l’ai dit, que vous pouvez appliquer de l’engrais, ainsi que de la chaux, sur les arachides?

CHIBWE : Oui, je m’en souviens … Mais j’ai réussi à acheter deux sacs de chaux agricole, qui était moins chère que de l’engrais.

TEMBO : Vous avez fait cela? Pourquoiavez-vous choisi de la chaux et non de l’engrais pour les arachides?

CHIBWE : Parce que vous avez dit que nos grainesont besoin d’avoir des cosses dures afin de pouvoir résister à une attaque fongique qui produit de l’aflatoxinelorsqu’ellesarrivent à maturité. Quant à l’engrais,nos sols sont assez fertiles. Nous appliquons du fumierchaqueannée. Après tout, les grainesn’ont pas besoin d’autant d’azote que le maïs.

NAMILAZI : Oui, je pensais que vous nous aviez dit cela.

TEMBO : Oui, c’est vrai. En fait, je suis sans voix … Vous vous en souvenez bien et je constate que votre famille est sérieuse pour essayer d’éviter la contamination par l’aflatoxine.

NAMILAZI : Oui, nous le sommes. Vous pouvez voir comment nous faisons nos billons. Plats en surface comme une table et espacés de 75 centimètresafin de pouvoir planter deux rangées distantes de 30 centimètres. Etles grainesseront espacées de15 centimètresparce que nousallons planter la variété CG7.

TEMBO : Pourquoiallez-vous planter deux rangées sur un billon, M. Chibwe?

CHIBWE : (INCERTAIN, UN PEU NERVEUX) Très bien … Êtes-vous en train de nous faire passer un test oude nous critiquer?

TEMBO : M. Chibwe, ayez confiance! Vousfaites des billons plats de 75 centimètres et vous plantez deux rangées distantes de 30 centimètres sur unbillon. Pourquoi?

CHIBWE : Nous nous souvenons encore que vous nous avez dit que les arachidespeuvent être attaquées par des champignons ou des germesqui provoquent la contamination par l’aflatoxinelorsqu’elles atteignent leur maturité …

NAMILAZI : … Et vous avez dit quesi nous plantons deux rangées, il nous faudra plus de semences, mais que la population végétale par acre sera dense … si bien …

CHIBWE : Si bien que le rendement sera supérieur à l’acre et que les feuilles couvriront rapidement le sol. Donc, nous n’aurons pas à nous soucier des sécheresses qui arrivent lorsque les grainesapprochent de leur maturité.

NAMILAZI : Vous avez dit que la sécheresse encourage lacontamination par l’aflatoxineparce qu’il n’y a pas assezd’humiditédansle sol.

CHIBWE : Alors, les arachides couvrent le sol et agissent comme un paillis pour la terre. Elles empêchent la germination des mauvaises herbes et conservent l’humiditédans lejardin.

TEMBO : Je suis étonné par la façon dont vous vous êtes souvenus de tout cela. Quel est votre truc?

NAMILAZI : Nous discutons de ces choses. Et vous rappelez-vous que nous avons assisté à la formation avec notre fils James? Il est comme notre professeur. Il nous questionne sur l’aflatoxinequand il veut.

TEMBO : Hé, je suis impressionné! Mais pourquoiavez-vous commencé si tard à faire des billons? Aurez-vous le temps de faire des billons sur le reste de la terre?

CHIBWE : Nous y arriverons. Nous aurons deux personnes en plus demain. Nous les paierons en nature avec du maïs.

TEMBO : Très bien. Vous avez beaucoup demaïs?

CHIBWE : Oui. Plus qu’il n’en faut pour ma petite famillecomposée d’un fils et de deux filles.

TEMBO : Où sont vos filles? Je ne les ai pas vues.

CHIBWE : Ce sont des jumelles identiques et elles sont toutes les deux à l’université.

TEMBO : Hé, c’est surprenant. Vous m’avez dit que vous étiez chanceux et je constate quevousêtes vraiment chanceux! Alors, au revoir, je m’en vais.

CHIBWE : Merci pour votre visite et pour vos encouragements à notre égard.

NAMILAZI : (PAUSE PENDANT LE DÉPART DE M. TEMBO, ENSUITE DOUCEMENT) Oh, M. Chibwe, c’est la raison pour laquelle vous buviez de la bière. Vousétiez en train de dupervos amis qui n’ont pas de maïsparce que vous vouliez les embaucher dans votre jardinparla suite.

CHIBWE : S’ils buvaient avec moi, c’est de leur faute. Je savais ce que je faisais. Et, au moins, j’ai été sauvé de mon pire embarras lorsque nous avons découvert que les pluiesétaient simplement des avertissements.

NAMILAZI : (ELLE APPELLE) M. Tembo …vous n’avez pas terminé à propos du fumier. Devrions-nous appliquer du fumier composté surnos arachides ou non? Sioui, comment?

TEMBO : (HORS MICRO) Les arachidesont aussi besoin de bons sols, pas de mauvais solscomme d’autres gens le pensent. Votresolpourrait sembler bon, M. Chibwe, parce que vous appliquez du fumierchaqueannée.

NAMILAZI : Oui, nous le faisons.

TEMBO : (HORS MICRO) Quand vous appliquez dufumiersur les arachides, vous ouvrez simplement le billon, vous faites une tranchée sur sa surface et vous appliquezlefumier. Au moins un seau tous les huit à dix mètres (Note de la rédaction : Normalement, les agriculteurs utilisent des seaux de 20litres). Et ensuite, enterrez le fumier. Après, c’est terminé et vous pouvez planter ici.

NAMILAZI : J’ai entendu dire que le fumierconserve aussi l’humiditédans le sol.

TEMBO : (HORS MICRO) Oui, c’est le cas. Il peut aussi contribuer à prévenir la contamination par l’aflatoxine. Donc, si vous n’avez pas de chaux ou d’engrais, vous pouvez appliquer du fumier. Ça fonctionne. Ou planter simplement les grainessur des sols fertiles. Au revoir maintenant.

CHIBWE : (APPELANT) Vous avez engendré notre paressenous devrions avoir terminé cette partie maintenant!

TEMBO : (HORS MICRO, PETIT RIRE) C’est vrai … poursuivez vos travaux agricoles.

NAMILAZI : (APPELANT) Non,il blague … ce fut un plaisir de vous avoir ici. Vous insufflez de la confiance en nous. Quant à M. Chibwe, il a dit qu’il embauchera deux autres personnes demain pour nous aider à finir rapidement. Sans vos questions, il ne m’aurait pas révélé cela.

CHIBWE : (À VOIX BASSE) Namilazi … vousme mettez dans l’embarras. C’est entre nous deux. Vais-je commettre une erreur en embauchant deux personnes supplémentaires?

NAMILAZI : Non … mais vous ne m’en aviez pas parlé. Sa visite a été bénéfiqueil vous a obligé à révéler le secret expliquant pourquoi vous ne veniez pas travailler avec nous.

CHIBWE : Non, Namilazi, je vous l’aurais dit.

NAMILAZI : C’est bien cependant que vous embauchiez deux personnes. Cela diminuera ma tâche. Autrement, nous ne serions pas prêts de nous reposer de sitôt! La prochaine fois, communiquez-moi votre plan assez tôt afin que nous puissions profiter tous les deux de notre temps!

CHIBWE : Je suis heureux que vous soyez satisfaite d’avoir des bras supplémentaires. Le plan m’est venu simplement quand M. Tembo était ici. J’avais honte de mon retard dans la préparation de ma terre.

SCÈNE 5

FX : BRUIT D’OISEAUX ET DE DÉSHERBAGE

CHIBWE : (SURPRIS) Ah, Gama, pourquoiavez-vous commencé à désherber juste une semaineaprès la germination de vos graines? Ne pouvez-vous pas attendre que les mauvaises herbes poussent en premier?

GAMA : Monbeau-frère Chibwe, bienvenue. Mais pourquoiêtes-vous venu au jardinaujourd’hui?

CHIBWE : Je suis venu ici pour voir comment mes arachidesont germé.

GAMA : Alors, comment ont-elles germé?

CHIBWE : Très bien. Elles ont l’air très robustes.

GAMA : Lorsque vous avez regardé avec soin, avez-vous vu des plantes indésirables?

CHIBWE : Oui, j’ai remarqué que d’autres plantes avaient germé aussi. Il y avait quelques plants de maïs et d’autres que je n’ai pas pu identifier.

GAMA : Nous appelons ces plantes des mauvaises herbes. Elles ne sont pas désirées dans le jardin. C’est pourquoije fais du désherbage.

CHIBWE : Incluant le maïs?

GAMA : Oui, les plants de maïssont des mauvaises herbes. Les avez-vous plantés cette année?

CHIBWE : Non,mais c’est une culture recherchée. Ne mangez-vous pas de maïs?

GAMA : Je sais que nous avions l’habitude de faire des plantations intercalaires de maïs avec les arachides, mais cela était fait intentionnellement. Mais ici le maïsest une mauvaise herbe parce qu’il affectera les arachides.

CHIBWE : Ah, je vais laisser pousser un peu de ce maïs.

GAMA : Vous pouvez laisser le maïsdans la jachère, j’imagine. Quand les mauvaises herbes sont aussi petites, même plus courtes que la longueur d’un doigt, elles donnent l’impression de ne pas avoir d’incidences sur les arachides.

CHIBWE : C’est la raison pour laquelle je demande pourquoi vousdésherbez aussi tôt. Les mauvaises herbes sont si petites!

GAMA : Je ne veux pas attendre que les mauvaises herbes causent des problèmes en concurrençant mes arachides. Monbeau-frère, devinez combien il me faudra de jours pour terminer le désherbage de mes deux acres.

CHIBWE : Pas moins d’une semaine, même si vous travaillez le matin et l’après-midi.

GAMA : Oui. Mais si je n’avais pas commencé à désherber avant une autre semaine, le champserait un désastre! Les mauvaises herbes poussent plus vite que les arachides. Elles les empêcheront de prospérer. Alors, il vaut mieux commencer à désherber tôt que tard.

CHIBWE : Très bien! Très bien! J’ai saisi votre point de vue. Vous ne voulez pas avoir à donner de l’argent à des ouvriers journalierspour vous aider à désherber quand les mauvaises herbes étoufferontvos graines.

GAMA : Exactement … Et mon jardin de maïsm’attend aussi, ne l’oubliez pas. Je dois donc synchroniser très bien afin qu’aucune culture n’en souffre.

CHIBWE : Nous commencerons à désherber nos graines germées demain. Je désherberai mes arachides durant les deux prochaines semaines. Après les arachides, je passerai deux semaines à désherber monmaïs. Retournons à la maisonil est midi. Le repas doit être prêt.

GAMA : Vous partez …. Rappelez-vous comment vous chassez les gens quand ils vousretardent… Alors, allez-y. Je veux finir de désherber cette partie. Je vous trouverai.

SCÈNE 6

FX : ON FRAPPE

GAMA : Oui, qui est là?

CHIBWE : C’est moi, Chibwe. Que faites-vous aujourd’hui?

GAMA : Voulez-vous m’inviter quelque part? Je ne bois pas de bière, n’oubliez pas … voulez-vous m’acheter des boissons gazeuses?

CHIBWE : Allons prendre un verre et ensuitenous irons ensemble récolter le tabac. Vous savez,nous avons commencé à cueillir les feuilles basses.

GAMA : Eh, ainsivous pensez que je n’ai rien àfaire parce que je parle d’une boisson gazeuse?Ou bien la boisson gazeuse est-elle en paiement du travail que vousme demandez de faire?

CHIBWE : Non,comment puis-je vous payer pour ça? Vousêtes comme mon fils. Quel travail avez-vous à faire aujourd’hui?

GAMA : Avez-vous oublié que six à huitsemaines se sont écoulées depuis que nos grainesont germé?

CHIBWE : Qu’y a-t-il de si spécial environhuitsemaines après la germination?

GAMA : Je pensais qu’on vous avait dit de reconstruire nos billons – ce qu’on appelle les butter.

CHIBWE : Ohoui, je le sais. Le buttage permet de s’assurer que le billonest suffisamment gros pour couvrir les racines et que les graines sont sous le sol.

GAMA : Oui.Dites-moi simplement la raison de votre venue ici. Que voulez-vous, monbeau-frère?

CHIBWE : Monbeau-frère, je suis occupé avec le tabac. Je suis venu demander votre aide pourle tabac. Je ne butterai pas mesarachides. Pas du tout. J’ai pensé … Certains agriculteurs cultivent les arachides sans travail du sol. Alors, pourquoiles gens créent-ils cette tâche supplémentaire de travail du sol?

GAMA : Mais vos graines sont plantées sur desbillons. Elles ne le sont pas sur du terrain plat!

CHIBWE : Non,elles ne sont pas sur du terrain plat. Je pense que j’ai fait une erreur. J’aurais dû faire une culture sans travail du sol (sans labour).

GAMA : Simplementparce que vous êtes occupé, vous dites que vous allez passer à la culture sans travail du sol? Non!

CHIBWE : (IMPATIENT)Très bien, très bien … Je les butterai. Je devine que c’est pour queles arachides soient couvertes par le sol, afin de ne pas être exposées à ces insectes dont nous parlions – les fourmis et les autres. Je pense donc que le risquedecontamination par l’aflatoxine est plus faible lorsque vous buttez. C’est pourquoi je vais butter. Autrement, je suis fatigué de travailler et je commencerais dès maintenant la culture sans labour.

GAMA : Quoi? Vous ne pouvez pas arrêter de labourer lorsque vous avez déjà commencé à travailler le sol. Si vous souhaitez ne pas labourer, vous devez le faire au début de la saison! De toute façon, c’est une bonne décision de commencer àbutter, monbeau-frère.

CHIBWE : J’ai une autre question :Quand est-ce le bon moment de faire des cloisonspour récolterl’eau?

GAMA : On dit que cela dépend de votre région.

CHIBWE : Vous voulez dire que si les premières pluies sont toujours trop insuffisantes dans votre région, alors vous faites des cloisons avant de planter?

GAMA : Oui. Et si la région a toujours un problèmeau beau milieu des pluies, alors vous faites des cloisons lorsque vous désherbez. De cette façon, vous vous assurez que, durant le milieu des pluies, vous avez assez d’humiditédans le sol.

CHIBWE : Donc, si vous avez trop depluies, ôtez-vous les cloisons pour éviter les sols détrempés ?

GAMA : Oui, vous devez les ôter.

CHIBWE : On m’a dit qu’elles ne doivent pas avoir la même hauteur que les billons.

GAMA : C’est exactlescloisons doivent laisser échapper un peu d’eau. N’oubliez pas que les arachidesn’aiment pas se trouver dans un sol détrempé.

CHIBWE : Vousavez raison. Je pense que je ferai mes cloisons durant le buttage parce qu’on dit que le stress hydrique qui survient vers la maturité est ce qui accroît la contamination par l’aflatoxine. (Pause) Hé, ce travail est dur!

GAMA : C’est toujours dur quand vous faites beaucoup de travail sans un bon plan. Mais ne vous inquiétez pas. Vous deviendrez riche parce que vousappliquez beaucoup de bonnes pratiques.Au revoir. Saluez ma sœur et mon neveu.

CHIBWE : Je n’y manquerai pas.

SCÈNE 7

FX : BRUIT D’ARBRES QUE L’ON COUPEET D’UNE RADIO EN ARRIÈRE-PLAN JOUANT DE LA MUSIQUE, AVEC CHIBWE QUI CHANTE POUR ACCOMPAGNER

TEMBO : Excusez-moi, M. Chibwe, à quoi servent ces arbres?

NAMILAZI : Bienvenue, M. Tembo. Il ne peut pas vousentendre –il est occupé à couper des arbres pour sécherle tabac. Asseyez-vous.

TEMBO : Merci.

NAMILAZI : Comment allez-vous?

TEMBO : Bien, et vous?

CHIBWE : Aaah,M. Tembo … vousêtes ici. Quand êtes-vous arrivé?

TEMBO : Quand vous dansiez sur cette chanson d’amour zambienne!

CHIBWE : Euh, cette chanson que j’accompagnais en chantant… Cette chanson me rappelle bien des choses.

NAMILAZI : (ÉLEVANT LA VOIX) Cela lui rappelle des femmes qu’il a rencontrées à des ventes aux enchères à Lilongwe.

CHIBWE : Non,pas cela… justeque je serais riche maintenant si je n’avais fait des abus d’alcool ces années-là. C’est la chanson qui jouait quand j’ai commis une erreur dans ma vie.

NAMILAZI : Pourquoiniez-vous que vous vous souvenez d’autres femmes lorsque vous entendez cette chanson?

CHIBWE : M. Tembo, est-il vrai que les hommes qui boivent de la bièrevont toujours au bar pour voir aussi des prostituées?

TEMBO : Je ne sais pas car je n’ai jamais consommé d’alcool avant. Pourquoi y allez-vous, M. Chibwe?

NAMILAZI : Je n’ai jamais cru son histoire sur la façon dont il a perdu de l’argent. Je ne sais pas si l’argenta été perdu de la façon qu’il dit ou si une prostituée le lui a volé.

TEMBO : Pourquoipensez-vous cela?

NAMILAZI : Laissez-moi vous raconter l’histoire.

CHIBWE : Vous savez, je n’oublierai jamais cette histoire. Je déteste cette journée-là. Je ne sais pas pourquoij’ai décidé de boire de la bière en ville au lieu de revenir en premier lieu pour laisser de l’argent à Namilazi. L’argentétait destiné à acheter une charrette à boeufs et du bétail.

TEMBO : Pourquoi avez-vous bu en ville avant de rentrer à la maison?

CHIBWE : Je voulais en boire une froide sortant des congélateurs. Vous savez, dans le village,nous buvons de la bière chaude conservée dans despots d’eau.

TEMBO ET

NAMILAZI : RIRES

CHIBWE : Ensuite, j’ai commencé à être ivre et la musique sur laquelle je chantais jouait ce jour-là … J’ai commencé à danser et je suis allé à la caisse pour acheter une autre bière.

NAMILAZI : Que s’est-il alors passé?

CHIBWE : Je n’ai pas remis mon portefeuille correctement dans ma poche. Il est tombé sans que je m’en aperçoive. Pendant que je dansais, j’ai pensé voir le portefeuille de quelqu’un d’autre. Alors, j’ai dansé de façon à ramasser le portefeuille sur le sol sans me faire voir. Mais,ensuite, je l’ai mis dans une poche latérale différente de celle dans laquelle je voulais le mettre…

TEMBO ET

NAMILAZI : RIRES

CHIBWE : … Je me suis dit que je devrais économiser mon argent et utiliser l’argentque je venais de trouver pour acheter de la bière. Je ne savais pas que je volais mon propre argent dans mon propre portefeuille.

TEMBO : Ouais … Que s’est-il passé?

CHIBWE : J’ai changé la sorte de bièreque je buvais.

NAMILAZI : (ELLE RIT) Pour en acheter une plus chère?

CHIBWE : Oui … et j’ai payé une tournée de bièreà mes amis et aux gens qui se trouvaient dans le bar.

TEMBO : Ne pouviez-vous pas dire, d’après la couleur du portefeuille, que c’était le vôtre?

CHIBWE : Quelqu’un – peut-être moi-même – a marché dessus et il était devenu si sale que je ne pouvais pas dire que je volais mon propreargent.

TEMBO : Comment vous êtes-vous rendu compte que c’était votre propre argent?

CHIBWE : Je voulais réserver une chambre pour dormir en ville afin de pouvoir continuer à boire toute la nuit. J’ai fouillé dans la poche dans laquelle je croyais avoir mis mon portefeuille, mais je ne l’ai pas trouvé … Je suis resté figé pendant deux secondes et j’ai ensuite vérifié le portefeuille que j’avais trouvé. D’après le contenu, j’ai alors remarqué que c’était mon propre portefeuille. Mais j’avais dépensé la moitié de l’argent! J’ai pleuré comme un bébé et je suis rentré immédiatement à la maison.

TEMBO : Euh, comment pouvez-vous oublier une histoire comme celle-là? Vous savez, quand vous sortez pour affaires, concentrez-vous sur vos affaires. Ne vous laissez pas distraire par d’autres choses.

CHIBWE : Oui, vousavez raison. Alors, pourquoinous avez-vous rendu visite, M. Tembo?

TEMBO : Je suis ici pour affaires. J’étais avec M. Gama, votre beau-frère. Je l’ai trouvé en train de déraciner quelques mauvaises herbes et j’ai remarqué des mauvaises herbes dans votre jardinaussi. Quandallez-vous arracher ces mauvaises herbes?

CHIBWE : Je suis occupé avec le tabac. J’enlèverai cesmauvaises herbes probablement la semaine prochaine.

TEMBO : Non,M. Chibwe. Si possible, vous feriez mieux de les déraciner cette semaine.

CHIBWE : Pourquoi? Ne voyez-vous pas que mon or, mon tabac, va pourrir? La semaine prochaine, c’est seulement dans quelques jours. Nous sommes mercredi.

TEMBO : Dansvotre histoire, vous avez perdu l’argenten quelques heures à peine, pas même en quelques jours. Y a-t-il une différence?

CHIBWE : Mais que vais-je perdre si j’hésite à déraciner lesmauvaises herbes? Gama m’a dit combien il était important de désherberquandles grainesétaient jeunes. Mais pourquoiest-il si important de désherbermaintenant?

TEMBO : Namilazi, savez-vous ce que vous allez perdre si vous retardez l’arrachage des mauvaises herbes au stade de la floraison?

NAMILAZI : Je pense que nous allons perdre du rendement …

TEMBO : Oui! Cesmauvaises herbes perturbent beaucoup les graineselles perturbent la pénétration des racines dans le sol. Vos graines sont en pleine floraison maintenant. Si vous retardez davantage, vous perturberez la fertilisation des fleurslorsque vous arracherez les mauvaises herbes. La semaineprochaine, il y aura beaucoup de fleurs. Cela affectera le rendement directement.

NAMILAZI : Êtes-vous en train de dire qu’il y a un moment précis où les agriculteursdoivent arracher les mauvaises herbes dans les arachides en fleurs?

TEMBO : Oui! Quand seules quelques arachidesont commencé à fleurir. Vous ne pouvez pas attendre plus longtemps. Vous aurez une très grosse perte.

NAMILAZI : M. Chibwe, convenons de désherberdemain. Il a plu aujourd’hui, si bien que vous ne récolterez pas le tabacdemain matin. Ne pouvons-nous pas faire le désherbagedemain? C’est un petit travail, qui consiste simplement à arracher quelques mauvaises herbesà la main.

CHIBWE : En fait, vousêtes intelligente, Namilazi … vos filles à l’université tiennent cela de vous.

NAMILAZI : Oui! Mes filles ont hérité de mon intelligence. Vous rappelez-vous que j’avais été choisie pour aller au secondaire en ville avec mon frère, mais mes parents ne pouvaient pas se permettre de payer pour nous deux et ils ont choisi mon frère?

CHIBWE : Oui, je m’en souviens. Mais quand vous commencez à parler de cela, on dirait que vous voulez le divorce!

TEMBO : Non,M. Chibwe, elle se souvient simplement d’une perte éducative, justecommevous vous souveniez de votre perte d’argent.

CHIBWE : Je blaguais simplement. Vous savez, j’ai été chanceux d’épouser cette femme magnifique et intelligente. Nous arracherons cesmauvaises herbesdemain, afin que nos graines ne soient pas attaquées par des fourmis ou des souris.

NAMILAZI : Vous voyez, il parle d’insectes et de rongeurs qui attaquentles grainesà ce stade de maturité. Il est également intelligent, mais ses parents ont été trop indulgents et ne l’ont pas obligé à poursuivre ses études car ils étaient riches.

TEMBO : Oui, les souris et les fourmis peuvent accroître le risquedecontamination par l’aflatoxine– ce que nous essayons d’éviter à tout prix. C’est le stade le plus délicat des grainesdansle champjusqu’à la maturité et la récolte.

CHIBWE : Parfait. Nous continuerons à surveiller les graines.

TEMBO : Au revoir, M. et Mme Chibwe. Votrefamilleest admirable. Vous bavardez si librement commeun frère et unesœur. J’aime ça.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : Nous entendrons parler davantage de M. Chibweet de ses amis la semaine prochaine. Maintenant, nous allons de nouveau nous entretenir avec un scientifique agricole. Aujourd’hui, je suis encoredans le studio avec le Dr Jasoni, chercheur et scientifiquequi étudie l’amélioration génétique des arachides.

Qu’avez-vous apporté aujourd’hui à nos chers auditeursà propos de l’aflatoxine, Dr Jasoni?

SCIENTIFIQUE : Commeje l’ai dit la semaine dernière, noussommes dorénavant conscients que le chuku, la matière noire ou grisâtre que nous avions l’habitude d’enlever sur lescacahuètes, signifie que les graines sont contaminées par un dangereux poison appeléaflatoxine. Lefeuilletona parlé aujourd’huide la façon dont nous pouvons prévenir la contamination par l’aflatoxine grâce à de bonnes pratiques de préparation des terres.

NARRATEUR : Très bien, donc une bonne préparation des terres peut prévenir l’aflatoxine. Pourquoiinsistez-vous sur le mot « bonne » et pas sur n’importe quelle pratique de préparation des terres?

SCIENTIFIQUE : J’insiste sur le mot « bonne »parce quede nombreux agriculteurs pensent que les billons pour les arachidesdevraient être faits aprèsl’arrivée des pluies. Mais ce n’est pas vrai. En fait, si vous préparez les terres aprèsles pluies, vos grainesrateront les bonnes pluies et arriveront à maturité lorsqu’il y a de fréquentes sécheresses tardives.

NARRATEUR : Qu’y a-t-il de mal avec lessécheresses tardives?

SCIENTIFIQUE : Les grainesont besoin d’humiditéen fin de saison pour arriver à pleine maturité. Sil’eaun’est pas diponible dansle solen fin de saison lorsque les cosses sont tendres et pas assez fortes pour lutter contre les germes, les arachidessubiront un stress.

NARRATEUR : Vous avez dit « un stress ».Voulez-vous dire queleur systèmeimmunitaire s’affaiblit?

SCIENTIFIQUE : Oui, c’est comme si le système immunitaire des grainesest faible, si bienque lescosseslaissent entrer les germes. Lesgermes produisent le dangereuxpoison qu’est l’aflatoxinedont nousparlons. Les arachides sont des végétaux, donc elles n’ont pas vraiment de système immunitaire, mais c’est semblable au système immunitaired’une personne qui est faible et incapable de protéger contre une infection.

NARRATEUR : Quel est le lien entre lapréparation tardive des terres et la plantation tardive d’une part et les sécheresses tardives d’autre part?

SCIENTIFIQUE : Lapréparation tardive des terres entraîne une plantation tardive, et cela provoque une maturitétardive des graines.

NARRATEUR : Est-ce queles grainesqui sont plantées plus tôt ne font pas face au problèmede l’aflatoxine?

SCIENTIFIQUE : Si, mais pas autant. Il y a d’autres causes de contamination par l’aflatoxine, quenous partagerons à mesure que vous continuerez à écouter ce feuilleton. Cependant, une façon de renforcir les cosses et d’empêcher les germesde pénétrer dans les cossesconsiste à appliquer de la chaux agricole à la floraison. La chaux renforcitles cosses.

NARRATEUR : Quoi d’autre devrait savoir un agriculteurau sujet de la bonne préparation des terres?

SCIENTIFIQUE : Les agriculteursdevraient respecter un bon espacement. Si vous plantez sur desbillons, plantez deux rangées sur un billon plat, à30 centimètresde distance. Les billons devraient être espacés de 75 centimètres.

NARRATEUR : Si vous ne plantez pas sur des billons, comment faudrait-il faire?

SCIENTIFIQUE : Plantez en rangées espacées de30 à45 centimètres. Cet espacement garantit que les plants couvrent la surface et conservent l’humidité dans le sol, commesi vous mettiez du paillis sur la terre. Cela réduit le stress de la maturitétardive dont nous parlions.

NARRATEUR : Merci, Dr Jasoni.

FX : MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ

ANIMATRICE : L’épisode d’aujourd’hui, intitulé Esquiver un coup dépend du fait de voir venir le coup assez vite,a été réalisé par ___________. Merci de votre écoute. Nous allons maintenant ouvrir nos lignes pour recevoir vos appels et vos messages-textes. Nous avons avec nous aujourd’hui (nom de l’expert) qui pourra répondre à vos questions sur les arachides et l’aflatoxine et sur les bonnes pratiques pour éviter cela. Voici nos numéros de téléphone __________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.

APRÈS LE SEGMENT DES APPELS TÉLÉPHONIQUES

Animatrice : En attendant de vous retrouver la semaine prochaine à la même heure, au micro ____________ qui vous dit de prendre soin de vos arachidespour éviter le pourrissement qui les contamine avec l’aflatoxine. Je vous retrouverai la semaine prochaine, à la même heure et au même endroit.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL, MAINTIEN ET FONDU ENCHAÎNÉ

Épisode 3 : Une bonne chose n’arrive pas sans efforts

______________________________________________________

Messages

L’utilisation de la méthode de séchage Mandela cockpermettra de bien sécher les graines, de conserver une belle couleur, un bon niveau d’humiditéet une bonne germination des graines.

Évitez de répandre de l’eausurvos graineslorsque vous les décortiquez. Cela encourage les attaques fongiques et doncla contamination par l’aflatoxine.

PERSONNAGES

CHIBWE

NAMILAZI

JAMES

TEMBO

GAMA

Au radio diffuseur :Durée approximative de diffusion de l’épisode 3 : 20 à 25 minutes avec la musique d’introduction et de conclusion.

INDICATIF MUSICAL

ANIMATRICE : Aujourd’hui, nous présentons le troisième épisodede notre feuilleton intituléUne bonne chose n’arrive pas sans efforts ou Sikakudza kokha kaopa kulaulaen langage chichewa.Au micro, votre animateur/animatrice _____________, qui vous livre le feuilletontous les __________ après-midi sur les ondes de (nom de la station).

N’oubliez pas que, plus tard au cours de l’émission, nous ouvrirons nos lignes pour vos appels téléphoniques et vos messages-textes afin de parler des causes et des conséquences de l’aflatoxine, et aussi desprécautions que les agriculteurspeuvent prendre pour l’éviter. Voici nos numéros pour les appels téléphoniques ______________ et nos lignes pour les messages-textes ____________.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL ET FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : Il faut éviter le pourrissement desarachidesà tout prix. Il est très dangereux de manger des graines pourries– même celles que nos yeux et notre bouche ne peuvent pas détecter. Quand nous mangeons des graines pourries, un poison appeléaflatoxinepeut s’accumuler dans nos corps et provoquer le cancer du foie chez les adultes et une croissance retardéechez les enfants.

Nous présentons ce feuilleton pour vous parler de ce poison, l’aflatoxine, et des pratiques que les agriculteurs peuvent suivre pour empêcher l’aflatoxine de contaminer leurs arachides. L’épisode d’aujourd’hui parlera de la façon de récolter, sécher et entreposer vos arachides de façon à éviter la contamination par l’aflatoxine.

INDICATIF MUSICAL

SCÈNE 1

FX : BRUITS D’OISEAUX ET D’AGRICULTEURS CREUSANT DANS LES CHAMPS

NAMILAZI : M. Chibwe, mon mari, maintenant que les graines sont prêtes, comment allons-nous les entreposer? Allons-nous déraciner les arachides et les suspendre la tête en bas pour les sécher?

CHIBWE : Namilazi,pensez-vous encore à les laisser ici dans le jardinpour sécher – de la façon dont vous l’avez toujours fait?

NAMILAZI : Oui – quel est le problème avec ça? Je pensais que c’était la façon recommandée.

CHIBWE : Je ne peux pas risquer de perdre mes grainesen les laissant dans le champ. Elles pourraient être volées.

NAMILAZI : Je me demandais seulement comment nousallons procéder. Je n’essaie pas de vous dire la bonne façon … Je veux seulement savoir ce que vous pensez.

CHIBWE : Namilazi, je pense que nous devrions tout d’abord creuser et déraciner autant d’arachides que nous pensons pouvoir réussir à ramasseraujourd’hui. Ensuite, nous ramènerons ces grainesrécoltées à la maison.

NAMILAZI : D’accord, c’est une bonne idée. Où allez-vous faire sécher les grainesà la maison?

CHIBWE : Sur le toit de notre cuisine.

NAMILAZI : Non,mon mari! Dites-moi que c’est une blague!

CHIBWE : Je n’ai pas le temps de blaguer. Je suis sérieux.

NAMILAZI : Sur les tôles de fer? Qu’a dit M. Tembo à propos du séchagedes grainessur des tôles de fer?Est-ce l’une des meilleures méthodes de séchagedes graines?

CHIBWE : (HAUSSANT LA VOIX) Je me moque de ce qu’a dit M. Tembo. Tout ce que je veux, c’est rapporter mes grainesà la maison. Elles vont sécher sans accumuler d’aflatoxine et je les vendrai toutes – c’est ce que je veux.

NAMILAZI : Alorspourquoiavons-nous desherbé trois fois et acheté ce remède … quel était son nom?

CHIBWE : (CRIANT) Vous en parlez – vous devriez savoir son nom.

NAMILAZI : Euh … d’où vient cette colère? Vous ne vous rappelez même plus du nomdu fongicide que vous avez acheté? Était-ce du Thiram? Pourquoiêtes-vous fâché, M. Chibwe?

CHIBWE : Dites-moi simplement où vous voulez en venir. Qu’est-ce que vous essayez de me dire?

GAMA : (ARRIVANTAU MICRO) Euh … quel est votre problème, Namilazi, et monbeau-frère Chibwe?

CHIBWE : Demandez à votre sœur.

GAMA : Je vous le demande à tous les deux.

JAMES : Papa, nous vous avons entendu crier à tue tête après maman. Quel est votre problème?

SILENCE

JAMES : Papa, nousvous parlons. Pourquoiétiez-vous en train de crier?

SILENCE

NAMILAZI : Il se moque de suivre les instructions qui nous ont été données. Il se fiche de s’assurer que nous préviendrons l’aflatoxine etque nos grainespeuvent être mangées et germeront.

CHIBWE : Je n’ai pas dit cela. Ai-je dit cela ?

NAMILAZI : Alors, qu’avez-vous dit ?

CHIBWE : J’ai dit que nousallons faire sécher les grainessurle toit de la cuisine, afin qu’elles sèchent aussi viteque possible. Ensuite, je pourrai les vendre et ne plus y penser. C’est ce que j’ai dit.

JAMES : Est-ce là ce que papa a dit, maman?

NAMILAZI : Oui, il a dit cela.

JAMES : Maman, quel est votre problème avec ça?

GAMA : Vous souvenez-vous qu’il n’est pas recommandé de faire sécher les grainessur des tôles de fer, ou sur le sol, mais seulement dans un endroit bien aéré commesur un support?

JAMES : Je sais cela. On dit que le séchagedes grainessurle toit les ferait sécher trop vite et que peu d’entres elles germeraient.

GAMA : My beau-frère, vous avezdesherbétrois fois … souhaitez-vous que tout ce travail n’ait servi à rien? Vousarrachez à temps juste quand il y a des taches noires à l’intérieur des cossesquand vous les ouvrez et quand les grainesont la pleine couleur rouge de CG7. Souhaitez-vous que tout ce travail n’ait servi à rien?

CHIBWE : Je pense aussi à l’aflatoxine. Le séchage sur le toit ne ferait pas pourrir les graineset les empêcherait d’avoir de l’aflatoxine. En fait, les grainessècheront même plus vite. Pas vrai? Quant à la germination, je m’en moque. Mes graines sont àvendre, pas àplanter.

JAMES : (LENTEMENT) Je crois que papa a raison … le séchagedes grainessur un toit de tôles de fer les empêchera d’être contaminées par l’aflatoxine. Mais elles sècheront plus rapidement. Le problème avec cette méthodec’est qu’elles pourraient ne pas germer quand nous les planterons.

GAMA : Oui, nous savons que les grainespeuvent sécher plus vite. Mais qu’en est-il de la qualité des graines? Sera-t-elle la même qu’avec un séchageselon une méthode recommandée?

CHIBWE : (IMPATIENT) Dites-moi simplement quelle serait, selon vous, la façon la meilleure et la plus rapide de faire sécher nos graines.

JAMES : Sur le support.

CHIBWE : Je n’ai ni le temps ni les matériaux pour construire un support.

JAMES : J’ai les matériaux et je le fabriqueai pour vous. Maman, puis-je utiliser ce tapis usé en roseau pour fabriquer le support?

NAMILAZI : Oui, mon fils.

JAMES : Merci, maman. Je retourne à la maisonpour fabriquer le support … mais ne vous querellez pas de nouveau pour des choses futiles!

GAMA : Beaucoup de gens dansle village admirent votrejardin, Chibwe. Ils veulent planter comme vous cette année, deux rangées sur unbillon.

JAMES : Oui, papa,beaucoup de gens disent que c’est étonnant que vos grainesn’ont pas flétri durantlasécheresse – les arachides couvraient le solsi bien, commedu paillis.

GAMA : Regardez simplement vos arachides!Elles sont nombreuses sur un plant et toutes bien développées. Ouah … admirables. Voulez-vous que tous vos efforts ne servent à rien?

CHIBWE : Ils ne serviront pas à rien. Mon fils va construire le support pour s’assurer que les graines soient bien séchées et nous les vendrons à cet acheteur qui vous les a prises la saison dernière.

GAMA : Cetteannée, vous allez être millionnaire!

CHIBWE : Évidemment.

GAMA : Au revoir. Je vais aider James, parce que je voudrais aussi utiliser le support pour sécher les miennes.

CHIBWE : (UN PEU INQUIET) Ne serez-vous pas trop tard? Ne pensez-vous pas que vos arachidescommenceront à pourrir dans le sold’ici que je finisse de faire sécher les miennes?

GAMA : J’essayais seulement de voir si vous étiez revenu à votre état normal. (RIRE)

CHIBWE : (BRUSQUEMENT) Sortez de ce jardin, vous les gars!

SCÈNE2

FX : COUPANT DES ARBRES AVEC UNEPANGA (MACHETTE)

TEMBO : Que fabriquez-vous avec votre oncle Gama, jeune homme?

JAMES : M. Tembo, nousfabriquons un support.

TEMBO : Pour quoi faire?

GAMA : Pour sécherles arachides.

TEMBO : Avez-vous déjà commncé à récolter?

JAMES : J’ai laissé papa en train de creuser et d’arracherles arachides, mais ils n’ont pas encore commencé à les ramasser.

TEMBO : Laissez cela et venez avec moi. Allons parler à vos parents.

JAMES : Qu’est-ce qui ne va pas, monsieur?

TEMBO : Laissez tout simplement cela et suivez-moi.

GAMA : (À JAMES, DOUCEMENT D’UNE VOIX INQUIÈTE)Ça alors … qu’avons-nous fait de mal cette fois-ci?

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE 3

FX : BRUIT D’OISEAUX

JAMES : RESPIRANT FORTEMENT, FATIGUÉ

NAMILAZI : James, qu’est-ce qui ne va pas? Je pensais que vous étiez censé fabriquer un support? Avez-vous terminé? M. Chibwe, regardez! James est de retour.

JAMES : Maman,je n’ai pas fini, c’est simplement que… (RESPIRANT FORTEMENT)

CHIBWE : Pourquoipointes-tu en direction de la maison et respires-tu si fort? Qu’est-il arrivé à Gama? Parle – vous grandissez!

JAMES : Papa, rien n’est arrivé à Gama. Il va bien et il arrive avec M. Tembo.

CHIBWE : Pourquoias-tu l’air si fatigué et si inquiet?

JAMES : J’ai couru vite pourvous dire queM. Tembo m’a empêché de fabriquer le support.

TEMBO : (ARRIVANTAU MICRO) Oui, je les ai empêchés et je les ai amenés iciafin que vous puissiez tous entendre pourquoije l’ai fait.

CHIBWE : Bienvenue, M. Tembo.

TEMBO : Vosarachidessemblent bien mûres, M. Chibwe. C’est bien de récolter si tôt. C’est très encourageant.

CHIBWE : Merci pour le beau compliment. Nous voulons que les acheteurs se disputent pour nos graines.

TEMBO : Je suis content que vous vouliez des graines de très bonne qualité. C’est la raison de ma présence ici maintenant …. Vous savez, leséchagesur un support est peut-être bon en Afrique équatorialeoù ils ont de fortes pluiestoutel’année. Mais,dans des endroits comme le Malawi, nousencourageons quelque chose qui fonctionnera mieux ici. C’est une nouvelle méthode appelée le Mandela cock.

CHIBWE : LeMandela cock? Qu’est-ce que c’est?

TEMBO : Vous faites sécher les grainesdans votre jardin.

NAMILAZI : Hé … c’est une option perdue d’avance! Je lui ai déjà dit de le faire et il a refusé!

CHIBWE : (BRUSQUEMENT)Silence! Ne vous rendez-vous pas compte que des hommes parlent? N’avez-vous aucun respect?

NAMILAZI : (PAUSE ET D’UNE VOIX DOUCE)M. Chibwe, mon mari, vous savez que j’ai du respect.M. Tembo est-il un homme ordinaire?Pourquoine devrais-je pas parler de questions qui me préoccupent, ainsi que ma famille, au conseiller qui peut nous appuyer?

JAMES : Dites-lui, maman … Papa, c’est fini le temps où les femmesn’étaient pas censées dire quoi que ce soit quand les hommes parlaient … Mais le Mandela cockm’intéresse, M. Tembo. Comment le fabriquez-vous?

TEMBO : M. Chibwe, je suis déçu de ce que vous avez dit à votre femme. Par conséquent, je n’expliquerai pas le Mandela cock. Je m’en vais.

NAMILAZI : Oui! Oui, ce qu’il adit est honteux! Comment peut-il m’empêcher de parler avec vous, notre conseiller? Et s’il dit cela pendant que vous êtes tous les deux ici, que dira-t-il une fois que vous serez partis?

TEMBO : Vousavez raison. Ce genre d’homme opprime les femmesen ne leur permettant pas de faire des choses qui peuvent aider leurs familles.

CHIBWE : Je suis vraiment désolé, M. Tembo. Pardonnez-moi. Je ne sais pas pourquoi Satanme suit aujourd’hui. Depuis ce matin, nous nous querellons pour des choses futiles … Je suis désolé. Laisse-moi, Satan! Je ne dirai plus d’autres choses stupides, je vous en prie.

NAMILAZI : M. Tembo, pardonnez-lui. Il est vraiment désolé. Je connaismon mari … il n’est pas jaloux parce que je vous parle. Il doit blaguer. Il blague beaucoup.

TEMBO : Très bien, je vais continuer juste parce que vous l’appuyez.

GAMA : (IMPATIENT)Mandela

JAMES : … cock!

TEMBO : Très bien! Donnez-moi la houe. Je vais faire la démonstration en construisant un Mandela cockici même.

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE 4

FX : BRUIT DE CREUSAGE DU SOL

NAMILAZI : Ce travail est en train de vous salir, M. Tembo. Gama et James, prenez-lui la houe.

TEMBO : Non, Namilazi et Chibwe, c’est mon travail. C’est pourquoije porte ces bottes de caoutchouc – afin d’être prêt pour toute éventualité. Maintenant, pour fabriquer un Mandela cock, nous commençons par faire une plate-formede terre ronde et plate d’environ 30 centimètresde hauteur et un mètre de largeur. Nous la piétinons afin qu’elle soit dure, parce que nousallons faire sécher nos grainesà son sommet.

JAMES : Nous allons faire sécher nos graines là?

TEMBO : Oui. Ensuite, nous prenons les plants d’arachidesarrachéset nous les empilons autour de la base circulaire avec les cossestournées vers le haut, de la façon dont nous avons toujours fait sécher les graines.

FX : BRUIT DE FEUILLES SÈCHES

CHIBWE : C’est magnifique avec les graines exposées vers le ciel.

TEMBO : Mais nous ne voulons pas que les grainessoient exposées vers le ciel. Nous voulons éviter cela parce que les grainessécheront trop vite et perdront en couleur et en qualité.

FX : BRUIT DE FEUILLES SÈCHES

TEMBO : Donnez-moi cesarachides … oui, ensuite nous empilons d’autres plants d’arachidesen cercle autour des côtés de la plate-forme, avec les grainesà l’intérieur du cercle.

NAMILAZI : D’accord, ensuite?

TEMBO : Nous continuons à empiler d’autres plants d’arachides par dessus cette première couche. Nous ajoutons des plants avec les grainestournées vers l’intérieur et un espacecirculaire au centre du taspour permettre à l’air de circuler. Nous continuons d’ajouter ces plants en cercle, en montant le cercle commeune petite hutte.

NAMILAZI : Mais il y a un espace ouvert au milieu. Qu’allons-nous en faire?

TEMBO : Cet espace demeure ouvert pour l’instant. Nous érigeons le tas. À mesure que nous montons, l’espace circulaire au centre rapetisse. Tout le tas a la forme d’un cône. Lorsque le tas atteint un mètre et demi de haut, le trou est très petit. Ensuite, vous fermez simplement le trou en plaçant unpaquet d’arachidesau sommet, avec les grainesvers l’intérieur et les feuilles vers l’extérieur comme ceci.

JAMES : Ouah, c’est magnifique!C’est commeune petite hutte bâtie avec des plants d’arachides … tout ce que je peux voir ce sont des feuilles. Personne ne pourrait deviner que ces feuillesrecouvrentdes arachidesà l’intérieur.

CHIBWE : Oui, les gens penseraient que vous gardez les feuillesà d’autres fins.

TEMBO : C’est unMandela cocket les arachidesvont sécher à un rythme lent mais sûr à l’intérieur. La couleur et la qualité devos grainesdemeureront très bonnes. Dans un Mandela cock, même si les pluiesarrivent, les arachidesne seront pas mouillées. La pluie s’écoulera simplement sur les feuilles.

JAMES : C’est facile. Comme maman et papa sont en train de creuser et d’arracher, je vais fabriquer ces Mandela cocks. J’étais inquiet quand vous m’avez dit d’arrêter ce que je faisais pour venir parler à mon père. Je me demandais si je vous avais causé du tort.

TEMBO : Bon, je suis désolé de vous avoir fait vivre ça …

JAMES : C’est correct.

TEMBO : Vous savez, nous avons découvert que les arachidessèchent trop vite quand nous les exposons au soleil ou quand nous utilisons d’autres méthodes de séchage. LeMandela cockcache les arachidesà l’intérieur, mais avec une ouverture au milieu pour laisser l’air circuler et pour sécher les grainestout en conservant la qualité.

CHIBWE : Merci.Je vais utiliser le Mandela cock. Tout ce que j’ai àfaire, c’est de venir de temps en temps au cours des prochaines semainespour vérifier si les arachidessont totalement sèches.

TEMBO : Oui, c’est tout. Mais je veux que James et Gama viennent à la parcelle de démonstration demain. Je veux que vous démontriez le Mandela cock,tandis que vos parents continueront à creuser et déraciner d’autres arachidesici.

AMES : Oui, nous viendrons. Merci, M. Tembo, pour cet honneur.

TEMBO : Continuez votre bon travail. J’apporterai bientôt les machines manuelles à décortiquer les graines. Elles sont déjà commandées mais l’envoi est bloqué quelque part. Je dois maintenant vous quitter.

CHIBWE : Portez-vous bien. Nous apprécions votre appui.

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE 5

FX : BRUIT DE GRAINES DÉCORTIQUÉES À LA MAIN

TEMBO : Combien de sacs avez-vous remplis avec des graines décortiquées, M. Chibwe?

CHIBWE : Pas beaucoup, M. Tembo. Nousvenons juste de commencer … mais mes mains me font mal. Si vous ne nous aviez pas dit de ne pas répandre d’eau sur les arachides, j’en aurais déjà arrosées quelques-unes.

TEMBO : Ne vous inquiétez pas. J’ai apporté quelques décortiqueuses manuelles pour faciliter votre travail. Je les ai ici.

NAMILAZI : C’est bien. Je me demandais pourquoivous nous parliez de ces choses sans nous en apporter quelques-unes!

TEMBO : Nous avons apporté deux machines pour les tester. Je vais vous laisser les deux, Namilazi, à titre de trésorière du club Tisungane. Donnez-moi votre rétroaction demain.

NAMILAZI : Pouvez-vous nous apprendre comment il faut s’en servir?

TEMBO : C’est simple. Vous devez travailler tous les deux en même temps. L’un remplit la machine avec les arachidespetit à petit, tandis que l’autre fait tourner les dents de décorticageavec cette poignée.

FX : BRUIT D’UNE DÉCORTIQUEUSE

CHIBWE : C’est facile.

TEMBO : J’ai testévos arachideset elles semblent bien sèches. N’oubliez pas de garder les arachidesdans des sacs de jute sur le support – le même support sur lequel vous avez gardé les semencesla dernière fois dans la maison. J’espère que vous n’avez pas démoli le support.

CHIBWE : Non,nous l’avons encore.

TEMBO : C’est bien … Regardez, vos graines sont d’un rouge pur. Pas de décoloration, juste magnifiques. Je ne pense pas que ces graineséchoueront au test de l’aflatoxine. Continuez simplement à bien les entreposer.

NAMILAZI : Que faisons-nous avec les grainesqui se cassent quand nous les décortiquons avec la machine?

TEMBO : Vous pouvez déclasser les graines cassées. Vous pouvez les rôtir et en faire du beurre d’arachides ou bien les vendre dans de petits sachets de plastique commeceux que les gens utilisent pour vendre des sucettes glacéeset de l’eau. C’est ce que font les agriculteurs et les gens d’affaires en Ouganda lorsqu’ils vendent des arachidesen ville.

NAMILAZI : C’est une bonne idée. Nous pourrions même faire de lasinjiro (Note de la rédaction :de la farine d’arachides) et l’emballer dans de petits sachets à vendre.

TEMBO : Oui, c’est bon, madame. Vous pourriez même acheter un extracteur à huile pour presser vous-même l’huile des graines. Vous pouvez vendre les résidus de la fabrication de l’huile comme aliment du bétail ou bien l’utiliser pour faire du relish.

CHIBWE : Nous ne pouvons pas gérer cette machine. Les presses à huile coûtent cher.

TEMBO : Vous pouvez la gérer.

CHIBWE : Comment?

TEMBO : Il y a deux façons. Vous pouvez obtenir un prêt de la banque avec notre organisme comme garant, ou bien nous pouvons les acheter et vous les louer.

NAMILAZI : Pourrions-nous acheter les décortiqueuses?

CHIBWE : Oui. Nous pourrions les acheter et les louer ensuite comme les gens du tabaclouent les presses.

TEMBO : C’est une autre bonne idée. Vous pouvez les louer moyennent des frais. Nous en discuterons avec les groupes.

FX : MUSIQUE DE TRANSITION

NARRATEUR : M. Chibweet ses amis seront de retour la semaine prochaine. Nous en arrivons maintenant au segment de notre discussion avec le scientifique. Comme d’habitude, je suis avec notre scientifique agricole attitré le Dr Jasoni.

SCIENTIFIQUE : Permettez-moi de profiter de cette occasion pour remercier les agriculteurs et les autres auditeurs qui suivent ce feuilleton.

NARRATEUR : Dr Jasoni, de quoi allons-nous parleraujourd’hui?

SCIENTIFIQUE : Chers auditeurs et auditrices, aujourd’huinous allons parler d’un autre stade très sensible de la production durant lequel les arachidespeuvent être contaminées pat l’aflatoxinesi nousne sommes pas prudents. Et c’est la récolte, le séchage et l’entreposage.

NARRATEUR : Très bien. Donc, larécolte est un stade très sensible. Quand les agriculteursdevraient-ils récolter leurs arachides, Dr Jasoni?

SCIENTIFIQUE : Bonne question. Les agriculteursdevraient récolterles arachidesquand elles sont à pleine maturité et quand il y a des taches noires dans les cosses lorsque vous les ouvrez. C’est le temps idéal pour récolter.

NARRATEUR : Que se passe-t-il si vous retardez votre récolte?

SCIENTIFIQUE : Nous avons dit qu’il s’agit d’un stade très sensible. Une grande contamination par l’aflatoxine peut donc survenir si vous retardez la récolte. Dansle sol, qui est alors sec, les germespeuvent attaquer. C’est aussi le moment où les termites et les souris peuvent attaquerles arachides, en les exposant aux germesqui causent la contamination par l’aflatoxine.

NARRATEUR : Comment les agriculteursdevraient-ils récolter?

SCIENTIFIQUE : Nous encourageonsles agriculteursàdéraciner les plants d’arachides. Étant donné que bien des sols sont compactés et durs, les agriculteursdoivent creuser dans le solpour dégagerles arachides, ensuite saisir le plant et bien secouer la terre. Elles sont ensuite prêtes pour le séchage.

NARRATEUR : Vousdites que les arachidesdoivent être séchées d’abord et pas ramassées – pourquoi?

SCIENTIFIQUE : Oui, le séchaged’abord, puis le ramassage ensuite. La qualité des graines est optimale quand elles sèchent lentement, pas rapidement. Elles sèchent trop vite quand nous les exposons directement à la lumière du soleil.

NARRATEUR : Donc, en séchant lentement, les grainesauront-elles plus de valeur?

SCIENTIFIQUE : Oui. Les grainesdoivent être attirantes aux yeux de l’acheteur. Les agriculteursdevraient donc essayer de maintenir la qualité deleurs grainesen utilisant le Mandela cock, tel que décrit dans l’épisode d’aujourd’hui.

NARRATEUR : Merci, Dr Jasoni, pour les messages du jour. Nous serons de retour la semaine prochaine avec un nouvel épisode.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

ANIMATRICE : L’épisode d’aujourd’hui, intitulé Une bonne chose n’arrive pas sans efforts,a été réalisé par ___________. Merci de votre écoute.

Nous allons maintenant ouvrir nos lignes pour recevoir vos appels et vos messages-textes. Nous avons avec nous aujourd’hui (nom de l’expert) qui pourra répondre à vos questions sur les arachides et l’aflatoxine et sur les bonnes pratiques pour éviter cela. Voici nos numéros de téléphone __________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.

APRÈS LES APPELS TÉLÉPHONIQUES

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS MAINTIEN SOUS LA NARRATION

ANIMATRICE : En attendant de vous retrouver la semaine prochaine à la même heure, au micro _________ qui vous dit de prendre soin de vos arachides pour éviter le pourrissement qui les contamine avec l’aflatoxine. Je vous retrouverai la semaine prochaine, à la même heure et au même endroit.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL, MAINTIEN ET FONDU ENCHAÎNÉ

_________________________________________________________________________

Épisode 4: Quand c’est à vous, vousêtes libre d’ouvrir et de regarder à votre gré

Messages:
Entreposez les arachidesdans les cossespour réduire le risqued’aflatoxine.

La meilleure façon d’entreposer les arachides,c’est dans des endroits bien aérés.

Au radio diffuseur :Durée approximative de diffusion de l’épisode 4 : 25 minutes avec la musique d’introduction et de conclusion.

ANIMATRICE : Bienvenue à notrefeuilleton que moi _________, votre animatrice, je vous livre tous les __________ après-midi sur les ondes de (nom de la station).C’est le quatrième et dernier épisode, intituléQuand c’est à vous, vous êtes libre d’ouvrir et de regarder à votre gré ou kanthu nkako uvundukula nuonaen langage chichewa. Nous allons maintenant commencer le feuilleton. Après le feuilleton, nous ouvrirons nos lignes pour vos appels téléphoniques et vos messages-textes afin de parler de l’aflatoxine dans les arachides. Voici nos numéros pour les appels téléphoniques ____________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL ET FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : Aujourd’hui, nous vous livrons le quatrième et dernier épisodede notre feuilleton sur l’aflatoxine. Plus tard au cours de l’émission, nous aurons une discussion avec le Dr Jasoni sur l’aflatoxinedans les arachides.Au cours du présent épisode, nous parlerons de _______­­­_________. C’estmaintenant le temps de notre feuilleton.

TRANSITION DE SCÈNEAVEC FONDU ENCHAÎNÉ VERS LA NARRATION

SCÈNE1

FX : BRUIT DE VÉLO QUI TOMBE

JAMES : Papa, ramassez votre vélo. Pourquoile laissez-vous par terre?

FX : OUVERTURE D’UNE PORTE QUE L’ON CLAQUE EN LA REFERMANT

GAMA : Ah, beau-frère Chibwe, venez nous parler du marché des arachides au centre commercial.

NAMILAZI : Gama et James, laissez-le seul. Je connais mon mari … il est frustré, mais il sera bien après avoir regagné une certaine énergie. Je pense qu’il a appris de mauvaises nouvelles, alors laissez-le. Si nous l’obligeons à parler, il sera fâché pour de petits riens.

JAMES : Maman, vous avez raison, donnons-lui un peu de temps.

FX : BRUIT DE GRAINES TRANSFÉRÉES D’UN SAC DANS UN CONTENANT

JAMES : J’ai terminé. C’était mon dernier contenant plein d’arachides à classer. Je veux aller jouer au football avec mes amis.

FX : UNE PORTE S’OUVRE

CHIBWE : Oui, mon fils, tu peux partir maintenant si tu veux. Laisse ces tâches inutiles et fais ce que tu veux.

JAMES : Je ne voulais pas dire que le travail est inutile, papa.

CHIBWE : Non,je sais que tu ne voulais pas dire ça. N’aies pas peur – tu n’as rien fait de mal. En fait, je pense que la culture des arachidesest une perte de temps …. (SE LAMENTANT) Pourquoiai-je commencé à cultiver les arachidesquand les prix étaient à la baisse?

JAMES : Cela signifie seulement que vous n’êtes pas cohérent, papa. Vous n’avez adhéré que lorsque vous avez vu l’argent. Tous les agriculteursle font.

CHIBWE : Que veux-tu dire? Gama, comprenez-vous votre neveu?

GAMA : Ne m’impliquez pas. Parlez simplement avec votre fils.

CHIBWE : (SE PLAIGNANT) Je me demandais … Pourquoilesarachidessont-elles devenues une culture d’hommes …? Cultiver des arachidessur une plus grande échelle n’était qu’une perte de temps. (NESE PLAIGNANT PAS) Mais explique-moi, mon fils, ce que tu veux dire quand tu affirmes que je ne suis pas cohérent?

JAMES : Je vais vous expliquer, papa, mais pour mieux le faire, dites-moi le prixdes grainesaumarché.

CHIBWE : Le prix du marché est très bas cette année. Imagine. J’ai fait tous les efforts pour m’assurer d’avoirde bonnes grainesexemptes d’aflatoxine et avec une belle couleur … mais les acheteursoffrent seulement 200 kwachas (Note de la rédaction : 60 cents US) le kilocette année.

GAMA : Quoi? Je pensais qu’ils achetaient à 300 ou 350 lorsque la saison des achats a commencé. Ai-je de mauvaises informations?

CHIBWE : Non. Ils disent que les prixbaissent parce que l’offre est supérieure à la demande.

GAMA : Imagine,d’un peu plus d’un dollar l’annéedernière à un demi-dollar le kilocette année! Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné?

CHIBWE : Vousêtes chanceux, mon beau-frère. L’annéedernière, vous avez gagné le gros lot. Savez-vous quoi … lorsque j’ai entendu ces nouvelles, c’était commesi de la glace se déplaçait sur tout mon corps. Je n’avais pas d’énergie même pour monter sur mon vélo. Je suis resté assis sans énergie.

NAMILAZI : Je peux imaginercomment vous vous sentiez, mon mari. Même maintenant, pendant que vous parlez, je n’ai pas l’énergie pour continuer à classer les graines.

GAMA : Moi non plus.

JAMES : Papa, souvenez-vous quand je disais que vous n’êtes pas cohérent dans vos pratiques agricoles? Vous bougez commelevent, en allant là où vous entendez qu’il y a de l’argentau lieu de créer vos propres idées pour gagner de l’argent.

CHIBWE : Explique, mon fils. As-tu une idée pour gagner de l’argent?

JAMES : Nous devons rester cohérents. Nous devrions faire pousserles mêmesculturesdans les mêmes quantités chaque année et nous perfectionnerons nos pratiques agricoles au fil du temps. Il y aura de mauvaises années commecelle-ci. Mais nous trouverons des moyens de contourner les faibles prix du marché. Certainesannées, nous vendrons des grainesfraîches parce qu’elles ont un bon prix. D’autresannées, nous ajouterons de la valeur en transformant les grainesen d’autres produits.

GAMA : Cela paraît beau quand tu le dis … comme si c’était facile. Ajouter de la valeur est bon en soi, mais leproblèmec’est que nous n’avons pas assez de capital pour acheter le matériel nécessaire pour ajouter de la valeur.

NAMILAZI : Je pense que je suis d’accord avec James. Quand le prix des grainesfraîches est bas, nous pouvons ajouter de la valeur. Par exemple, le prix de l’huile de cuisson ne baissera pas. Nouspouvons donc transformer nos grainesen huile de cuisson. Cinq litres d’huile ne se vendent pas pour moins de 4 000 kwachas (Note de la rédaction:12 $US). Je pense qu’il nous faut moins de 20 kilos de grainespour faire cinq litres d’huile. On peut aussi vendre les résidus de la fabrication de l’huile.

CHIBWE : Oui, vous avez raison. Mais calculons exactement combien il nous faut de kilos pour obtenir un litre d’huile avant de nous aventurer dans une entreprise de fabrication d’huile. Autrement, nous pourrions avoir une entreprise qui ne fait pas de bénéfices!

GAMA : D’accord. Mais il faut trouver où on peut acheter les presses à huile.

CHIBWE : M. Tembo a dit qu’il peut nous appuyer pour obtenir des prêts. Il y a un projetappeléUn Village Un produit et beaucoup d’autres initiatives qui appuient les agriculteurspour transformer leur récolteen produits manufacturés. Vous savez, nous pourrions aussi acheter la presse à huile et facturer un montant au kiloaux gens qui apportent leurs grainespour en faire de l’huile.

JAMES : C’est vrai, papa. Une autre chose,c’est que très peu de gens au Malawi vendent du beurre d’arachides. Si vous transformez un demi-kilo degrainesen beurre d’arachides, je pense que vous pouvez le vendre pour 500 kwachas (Note de la rédaction : 1,50 $US).

CHIBWE : Parfait. Continuons à classer les graines, en mettant les petites rabougries de côté et en séparantles grosses et les cassées. Les pourries et les rabougries devraient être jetées. Nous pouvons manger celles qui cassent durant le décorticage et celles qui sont classées, mais c’est tout.

GAMA : Où est cet acheteurqui faisait des tests pour l’aflatoxinel’année dernière?Est-il dans les environs?

CHIBWE : Je ne sais pas. Je pense qu’il reviendra. Mais peut-être qu’il achète aussi à bas prix cette année. Je ne l’ai pas vu. On dit qu’il achète seulement aux agriculteursavec lesquels il a un contrat.

GAMA : Mais n’avons-nous pas signé une entente avec lui par l’entremise de l’ONG de M. Tembo? Nous devions lui fournir 100 tonnes de graines des variétés CG7 et Nsinjiro à faible teneur en aflatoxineà un certain prix.

CHIBWE : Quel était le prix convenu?

GAMA : J’ai oublié.Mais même si nous nous en souvenons, pensez-vous qu’il va acheter à un prix supérieur à celui des autres acheteurs?

NAMILAZI : C’est une exigence. Cela fait partie du contrat quifixe un prix minimum si l’offreest abondante et un prix maximum si l’offre est faible.

CHIBWE : Ces conditions semblent bonnes, mais elles sont difficiles à faire appliquer. Les gens modifient les contrats à leur gré ou ils peuvent décider d’aller acheter ailleurs. S’il est pour acheter de nous, pourquoine l’ai-je pas vu sur le marché?

JAMES : Peut-être qu’il attend que les arachidessoient bien séchées. Il sait que le Mandela cocksèche les arachidesplus lentement que les méthodes de séchage habituelles.

GAMA : Même si je ne suis pas certain d’être en accord avec ce que dit James,je lui donnerai le bénéfice du doute … alors je suis d’accord avec luiquenous devrions soit vendre à l’acheteur avec lequel nous avons signé un contrat ou simplement ajouter de la valeur.

CHIBWE : Je doute qu’il achètera à un prix élevé. J’ai entendu dire que même les plus grosses associations au Malawiachètent à bas prix et leurs agriculteursvendent donc les graines en fraude à des vendeurs.

GAMA : Quel mal avons-nous fait, nous agriculteurs, à ces acheteurs? On nous a dit que les associations sont bonnes, mais même les associationsachètent à bas prix. Cela cause des problèmes, au lieu de montrer les avantages de travailler en collaborationdurant les années difficiles commecelle-ci.

CHIBWE : Nous les agriculteurs,nous sommes dans le pétrin. On dirait que personne ne se préoccupe de nous.

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE2

FX : KLAXON D’UN VÉHICULE. PORTE DE LA MAISON QUE L’ON OUVRE ET FERME.

CHIBWE : M. Tembo. Comment allez-vous? Ne descendez-vous pas de voiture?

TEMBO : Non,je me dépêche. Je suis venu vous dire que, même si d’autres acheteurspaient de très bas prix, nos acheteursvont venir ce week-end pour payer un très bon prix. Ce sont les acheteurs qui voulaient que nous et les autres cultivions des graines de haute qualité ayantpeu d’aflatoxine.

CHIBWE : À quel prix?

TEMBO : Les grainesde catégorie A avec très peu d’aflatoxine et séchées avec leMandela cockseront à 600 kwachas. Et les graines de catégorie B sans aflatoxinemais séchées selon les méthodes habituelles seront à 400 kwachas.

CHIBWE : (TRÈS CONTENT) Merci beaucoup! Je serai millionnaire cette année. Mais pourquoicet acheteurest-il si honnête?

TEMBO : Nous avions signé un contrat avec lui. Nous faisions de la culture sous contrat. Vous devez donc fournir la quantité stipulée dans le contrat. Nous devrons le payer pour sa perte si vous avez vendu les grainesà quelqu’un d’autre. Ne pensez même pas acheter à d’autres agriculteurs. Nous connaissons les variétés que nous avions distribuées.

CHIBWE : Saviez-vous que nous pensions acheter à d’autresagriculteurs, ceux qui se plaignent des bas prix?

TEMBO : Oui, je le savais. Mais si vous achetez à d’autres agriculteurs, quelle garantie aurez-vous à propos de l’aflatoxine?Voulez-vous perdre un marché à cause de l’insouciance d’autres gens?

CHIBWE : Vousavez raison …Je ne commettrai pas cette erreur. Après tous mes efforts et mon dur labeur pour maintenir la qualité de mes graines, je serai soulagé de les vendre enfin … (FIÈREMENT) Hé, les gens vont nous envier! Pendant qu’ils vendent à 50 cents, nous vendrons à un dollar et demi! C’est formidable!

TEMBO : C’est l’avantage de la culture sous contrat. Les acheteurs vous disent à l’avance quelle sorte de qualité ils recherchent et vous acceptez un prix minimum. Le contrat est exécutoire.

CHIBWE : Merci d’être si brillant en notre nom. Je vais commencer à classer maintenant.

TEMBO : Quoi? Vous n’avez pas commencé à classer?

CHIBWE : Non … mais …

TEMBO : L’acheteurva arriver et vous avez des graines non classées? Vous allez rater cette chance! Pourquoi, M. Chibwe?

CHIBWE : J’étais frustré à cause des bas prix du marché.

TEMBO : Vouliez-vous vendre vos grainesen fraude à d’autres négociants? Feriez-vous cela, M. Chibwe?

CHIBWE : Non,ce n’est pas ça.

TEMBO : Alors, pourquoicommencez-vous seulement maintenant à classer? Savez-vous que vous me mettrez dans une situation grave de bris de contrat si vous vendez nos grainesen fraude à d’autresacheteurs?

CHIBWE : Ce n’est pas ce que vous pensez! Nous avions juste cessé de classer au rythme rapide du début. Nous étions très lents parce que nous étions frustrés par les prix. Alors, donnez-nous un peu de temps pour finir le classement.

TEMBO : Retournez classer et dites à vos amis Gama et aux autres membres devotre club ce que je viens tout juste de vous annoncer. L’acheteurviendra dans une semaine. Vous feriez mieux de classer en faisant des heures supplémentaires pour vous assurer que je vous accorde unautre contrat la saison prochaine. Autrement, si vous avez vendu les graines en fraude, je ne participerai pas à votre négociation la saison prochaine.

CHIBWE : Ne vous inquiétez pas. Tout est beau. Je crois que tout le monde va retrouver le goût du travail avec lequel nous avons débuté la saison. Nous allons classer et fournir à notre acheteursuffisamment de graines de bonne qualité.

TEMBO : N’oubliez pas de décortiquer uniquement les grainesque vous voulez vendre. Le reste devrait demeurer en cossesdans les sacs dans un grenier.

CHIBWE : Oui, monsieur, c’est ce que nous avons fait. Nous avons décortiqué seulement ce que nous envisageons de vendre. Etnous gardons les grainespour l’alimentation et les semences en cossesà des endroits surélevés bien aérés sur le support.

TEMBO : Dites à tous lesagriculteurs – même à ceux qui ne sont pas dans notre groupe – d’écouter les marchés radiophoniques que Farm Radio Malawi et un certain nombre d’autres stations de radio viennent tout juste de lancer. Vous entendrez un large éventail deprixà la radio. Vous pourrez donc négocier en sachant où sont les marchéset quels sont les prix.

CHIBWE : D’accord, je le leur dirai.

TEMBO : Mais ne vendez pas nos grainesen fraude à d’autres acheteurs!

FX : DÉMARRAGE DU MOTEUR D’UNE VOITURE

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE3

FX : GRAINES QUE L’ON MET DANS UN CONTENANT

CHIBWE : J’ai compté 10 contenantsà classer pour James et 10 contenantspour vous, Namilazi, et je classerai12 contenants.

NAMILAZI : Non,mon mari … cela signifie que vous classerez quatre sacs de 50 kilosmais James et moi nous en ferons seulement trois et demi ce soir.

CHIBWE : Oui, et tout le travail avec les grainesse terminera là. Quiconque finira le premier ira au lit.

NAMILAZI : Je finirai de classer les miennes demain. Ou bien, si vous avez fini plus tôt tous les deux, vous pourrez m’aider. Regardez, je cuisinais votre nourriture lorsque vous avez commencé à classer les vôtres.

CHIBWE : Il n’est pas question de demainici. Souvenez-vous que l’acheteurvientdemain et nous ne savons pas où il commencera à recueillir les graines. Qui sait? M. Tembo pourrait amener l’acheteurchez nous en premier.

JAMES : Oui, de la même façon qu’il a apporté des choses et des technologies chez nous en premier. Vousavez raison, papa. Nous avons manqué le bateau le jour où nous nous sommes reposés.

NAMILAZI : Mais je cuisinais lorsque vous avez commencé tous les deux à classer.

JAMES : Maman, nous n’incluons pas les grainesque nous avons classées pendant que vous cuisiniez. Donc, peu importe quand vous terminerez, vous irez au lit. De toute façon, ne vous inquiétez pas, maman, si je termine tôt, je vous aiderai.

NAMILAZI : C’est toujours toi qui me donne un coup de main et pas ton père. Je devine que tu feras un bon mari, James.

CHIBWE : Oui, c’est vraiil tient de son père!

FX : RIRES GÉNÉRALISÉS

NAMILAZI : Oui, je pense qu’il tient de vous. Vous m’aimiez comme ça quand James était jeune. Vous m’emmeniez au puits de foragesur un vélo.

CHIBWE : Vous voyez. C’était parce qu’il n’y avait personne pour vous aider. Nos filles étaient à l’école, James était jeune …

JAMES : Pourquoiavez-vous changé maintenant, papa?

CHIBWE : Je n’ai pas changé. J’aime encore ta mère de la même façon qu’avant, mais je te laisse certaines tâches à toi, mon fils, pour aider ta mère.

JAMES : J’imagine que vous avez raison, papa. Parfois, vous me dites d’aider maman, quand vous voyez qu’elle semble fatiguée.

CHIBWE : Vous voyez? De toute façon, je vois notre familledevenir millionnaire demaingrâce à la culture des arachides. Mais le test pour l’aflatoxineme préoccupe encore.

NAMILAZI : Pourquoiêtes-vous préoccupé? Nous avons respecté tous les messagesqu’on nous a dit de suivre. Regardez, vous pouvez à peine trouver une graine pourrie dans nos arachides! J’ai confiance que nous serons numéro un en termes de qualité, de faible teneur en aflatoxineetde quantité denos graines.

JAMES : Moi aussij’ai la même impression.

CHIBWE : Si vous êtes si confiants tous les deux, qui suis-je pour douter de vous? Moi aussi – je vais prétendreque je suis confiant!

FX : CHANT D’UN COQ

JAMES : Hé, on est demain et noussommes encore en train de classer?

CHIBWE : Quelle heure est-il maintenant?

NAMILAZI : Mon téléphone portable indique qu’il est 2 heures et demie du matin.

JAMES : J’ai passé plus de 22 heures sans dormir! Souvenez-vous que je me suis levé à 4 heures pour commencer à classer les graines.

CHIBWE : Pensais-tu que devenir millionnaire arrivait facilement sans travailler? C’est proportionnel à votre travail. Souvenez-vous qu’une bonnechosen’arrive pas sans efforts.

JAMES : J’ai terminé le mien. Je vais commencer à aider maman maintenant.

NAMILAZI : Non,merci, tu peux partir et aller dormir, mon enfant. Je finirai avec ton père.

JAMES : (FATIGUÉ) Euh … Il est temps de se reposer. Le travail est fini. Hé, duranttout ce travail, on a entendu seulement parler de graines et d’aflatoxine, de graines et d’aflatoxine … nous devrions entendre une autre histoire maintenant! Fini l’égoïsmecette année, papa. Nous ne voulons plus entendre parler de perte accidentelle d’argentà cause de voleurs ou de malchances dans des endroits où l’on boit de la bière.

CHIBWE : Non,ne t’inquiète pas – je tiens à conserver ce statut de millionnaire. Souviens-toi que nous avons parlé d’ajouter de la valeur? Je pense que nous devrions acheter un moulin à maïs. Nous pourrions raccourcir la distance jusqu’au moulin à maïsen en ayant un dans notre village. Qu’en penses-tu?

JAMES : (HORS MICRO) C’est une très bonne idée. Mais vous en parlez maintenant pour que je n’aille pas me coucher – vous savez que j’aimerais en parler et que je resterais. Mais nous pourrons en parler demain. Bon matin … puisque nous sommes déjà le matin.

NAMILAZI : Bonne nuit, notre fils.

TRANSITION DE SCÈNE

SCÈNE4

CHIBWE : (IVRE) Oui, je suis millionnaire! Je suis millionnaire. Namilazi, vous êtes mariée à un millionnaire. Namilazi! Si je combine mes ventes de tabacet mes ventes de graines d’arachides, combien de millions cela fait-il?

NAMILAZI : M. Chibwe, vous criez.

CHIBWE : Oui, je suis heureux maintenant quenous avons récolté les fruits du travail de nos mains. Notre sueur a payé.Ne vous inquiétez pas, Namilazi, les voleurs ne peuvent pas nous attaquer. L’argent est à la banque! (PAUSE) L’avons-nous déposé à la banque, Namilazi?

NAMILAZI : Je pensais que nous l’avions déposé ensemble.

CHIBWE : Oui, c’est vrai. Je n’aipas volé mon propreargentcette fois-ci?

NAMILAZI : Non,mon mari, vous ne l’avez pas volé. J’étais témoin du dépôt à la banqueet je vous ai donné un peu d’argentpour boire de la bière.

CHIBWE : Merci. Je pensais que je rêvais d’être millionnaire mais que j’avais utilisé tout mon argentcommecette mauvaise annéeque je n’oublierai jamais. Tembo … Tembo est brillant. Personne ne peut le rouler.

NAMILAZI : Si vous êtes ivre, alors dormez.

CHIBWE : Je ne suis pas ivre. Tembo est un bon gars. Vous savez, Namilazi … Le dur labeur paie. Certaines personnes qui ont cultivé une acre voulaient avoir autant d’argentque moi!

NAMILAZI : Bon! M. Chibwe, allez au lit, s’il vous plaît.

CHIBWE : Est-ce que je mens en disant que des gens qui ont planté une demi-acre voulaient avoir autant d’argent que moi? Ils ont dit que les acheteurs étaient partiaux en achetant mes grainesà un prix si élevé.

NAMILAZI : L’acheteur est très expérimenté. Je veux dire, comment savait-il que nous avions suivi toutes les instructions? Il savait même quenous avions récolté nos grainesau bon moment.

CHIBWE : Il a dit quela couleur denos grainesétait juste super et que la couleur lui racontait une bonne histoire. La qualité des grainesa fait sourire l’acheteur. Il a payé sans discuter.

NAMILAZI : Vous voyez, c’est l’avantage de suivre les instructions des aides de terrain.

CHIBWE : Oui, vous avez raison, ma femme. Où est James?

NAMILAZI : Il est encore en ville. Il est parti s’acheter les chaussures qu’il a toujours admirées et que possèdent certains de ses amis.

CHIBWE : Cetteannée, je ne ferai plus d’erreurs. Je vous impliquerai, ma femme, dans tous les projets. Nous réaliserons nos rêves ensemble.

NAMILAZI : C’est bien mon mari.

MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : C’est la fin de la quatrième et dernière partie de notre feuilletonC’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amis.Comme toujours, je suis dans le studio avec le Dr Jasoni, chercheur scientifique qui travaille àl’amélioration génétique des arachides. Quel est le principal message pour aujourd’hui, Dr Jasoni?

SCIENTIFIQUE : La meilleure façon de garder les grainesen toute sécurité consiste à les entreposer dans leurs cossesdans des endroits bien aérés.

NARRATEUR : Mais c’est la même chose pour conserver au mieux les grainespour les planter.

SCIENTIFIQUE : Exactement. Nous voulons queles agriculteursentreposent les graines récoltéesdans le grenier des arachides, mais elles ne devraient pas être décortiquées. Vous devriez décortiquer les grainesseulement quand vous voulez les vendre.

NARRATEUR : Comment bâtir ce grenier dont vous parlez?

SCIENTIFIQUE : De la même façon que nous avons toujours construit des greniers, avec du bambou. C’est un greniertissé qui permet à l’air de traverser les parois. N’enduisez pas les parois de boue. Vous pouvez enduire le fond avec de la boue pour empêcher les grainesde tomber du greniersur le sol.

NARRATEUR : À quelle hauteur le grenierdevrait-il être surélevé du sol?

SCIENTIFIQUE : Bonne question. Les agriculteursperdent leur récolteà cause des rats lorsque le greniern’est pas surélevé. Vous devez surélever le grenierentre50 centimètreset un mètre du sol et attacher ungarde-rats. Ungarde-rats estune bande de métal qui entoure le greniercommeune jupe et empêche les rats de grimper dans le grenier. Vous devez aussi construire un toit de chaumepour votre grenier.

NARRATEUR : Y a-t-il d’autres sujets de discussionaujourd’hui?

SCIENTIFIQUE : Nous voulons insister sur un message dont nous avons déjà parlé – à savoir que les agriculteursne devraient pas manger les graines rabougries et flétries. Ces graines contiennent de l’aflatoxine. Ce sont les grainesqui n’ont pas de cossessolides parce qu’elles n’avaient pas encore mûri et elles ont flétri en séchant. Nous voulons que les agriculteurscessent de manger ces graines. Ilsméritent des graines de qualité. Ils peuvent donc manger les grainescassées et les graines entières, mais ces graines rabougries ne sont pas bonnes pour leur santé.

NARRATEUR : Merci, Dr Jasoni.

FX : MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS FONDU ENCHAÎNÉ SOUS LA NARRATION

NARRATEUR : Comme je le disais, c’étaitle quarième et dernier épisodedu feuilleton C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amis. Nous espérons que vous avez aimé le feuilleton. Votrestation locale va maintenant parler des arachides et de l’aflatoxine. Au revoir au nom deM. Chibweet de tous ses parents et amis.

FX : MONTÉE DE L’INDICATIF MUSICAL PUIS SORTIE EN FONDU ENCHAÎNÉ

ANIMATRICE : C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amisa été réalisé par __________. Merci de votre écoute. Nous allons maintenant ouvrir nos lignes pour recevoir vos appels et vos messages-textes. Nous avons avec nous aujourd’hui (nom de l’expert) qui pourra répondre à vos questions sur les arachides et l’aflatoxine et sur les bonnes pratiques pour éviter ce problème. Voici nos numéros de téléphone __________ et nos lignes pour les messages-textes _____________.