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Montée de l’indicatif musical puis fondu enchaîné

ANIMATEUR :
Mes salutations, chers auditeurs et auditrices, et bienvenue à cette émission. Je m’appelle _________. Aujourd’hui, nous allons parler d’une culture qui peut vous nourrir et vous rapporter un revenu supérieur. Pour certains agriculteurs, cela pourrait même leur sauver la vie! (Pause)

Dans l’est du Kenya, les agriculteurs en sont arrivés à reconnaître la valeur de cultiver et de transformer le manioc, une plante que l’on avait l’habitude de considérer seulement comme une culture de gens pauvres. Ces agriculteurs cultivent le manioc dans leurs petites fermes. Et en s’organisant en groupes, ils sont capables de tirer les avantages maximums de la commercialisation collective de leurs produits frais.

J’ai rendu visite à quelques agriculteurs et je leur ai parlé de la culture du manioc. Je me suis également entretenu avec un représentant de Farm Concern International, un organisme qui établit un lien entre ces agriculteurs et le marché. En premier lieu, nous allons entendre Margaret Nduko, agricultrice dont la famille n’avait pas de nourriture jusqu’à ce que le manioc leur sauve la vie.

Montée de l’indicatif musical et fondu enchaîné. Bruit d’une broyeuse, puis fondu enchaîné et maintien durant la conversation.

ANIMATEUR :
Bonjour, Margaret. Que cultiviez-vous avant de commencer à faire pousser du manioc?

NDUKO :
Je cultivais du maïs pour nourrir ma famille et aussi pour en vendre.

ANIMATEUR :
Alors, pourquoi êtes-vous passée à la culture du manioc?

NDUKO :
Avant, je pensais que le manioc était une culture de gens pauvres. Jusqu’à ce que ma récolte de maïs me déçoive. Durant trois saisons consécutives, je n’ai pas eu de récolte. Ma famille n’avait rien à manger et mes enfants ont quitté l’école parce que je ne pouvais pas payer leurs frais de scolarité. Donc, l’an dernier, lorsque j’ai entendu parler du manioc, j’ai convaincu mon mari d’essayer d’en cultiver.

ANIMATEUR :
Et il a accepté?

NDUKO :
Au début, il était très réticent, mais il a fini par accepter et nous avons essayé de cultiver la nouvelle variété de manioc. Nous avons eu une très bonne récolte.

ANIMATEUR :
En quoi le manioc a-t-il changé votre vie?

Nduko :
Ce fut une très bonne année (rires). Ma famille a eu de la nourriture durant la saison sèche et j’en ai vendu un peu. Maintenant, mes enfants sont de retour à l’école. Nous avons décidé qu’il faudra en planter davantage la saison prochaine.

ANIMATEUR :
Auditeurs et auditrices, je m’entretiens avec Margaret Nduko et nous sommes à la boutique du groupe des agriculteurs de Mitaboni, qui se trouve dans le marché local du district de Kathiani dans la Province orientale du Kenya. L’endroit est occupé! Certaines femmes broient, d’autres cuisinent et d’autres encore vendent des produits du manioc. Je suis curieux au sujet des machines présentes dans la pièce et j’ai donc interrogé Margaret, qui est aussi la représentante des femmes du groupe de Mitaboni, à leur sujet.

ANIMATEUR :
Ces deux machines ici … commençons par celle qui se trouve à votre droite – à quoi sert-elle?

NDUKO :
C’est une déchiqueteuse de manioc. Cet orifice d’entrée indique où nous mettons le manioc. Les lames que vous voyez à l’intérieur déchiquettent le manioc en petits morceaux qui sont ensuite prêts pour le séchage. La machine fonctionne à l’électricité ou avec d’autres sources d’énergie, ou bien elle peut aussi déchiqueter manuellement.

ANIMATEUR :
Qu’en est-il de l’autremachine?

NDUKO :
Celle-là est une broyeuse. Après que les copeaux de manioc sont secs, cette machine les réduit en farine.

ANIMATEUR :
Elle ressemble à une meule à farine de maïs ou de blé et fait le même bruit.

NDUKO :
Oui, c’est la même chose.

ANIMATEUR :
Parlez-vous aux autres femmes des avantages de cultiver le manioc?

NDUKO :
Oui, avec les autres membres de notre groupe, nous parlons aux femmes au marché et à la maison. Les femmes sont plus réceptives que les hommes et maintenant elles viennent même à la boutique et se renseignent sur les produits du manioc et sur la façon de cultiver le manioc.

ANIMATEUR :
Qu’en est-il de vos propres enfants? Ont-ils bénéficié du manioc?

NDUKO :
Mon dernier né a trois ans. Il est très fort et en bonne santé. Je l’ai sevré avec du gruau de manioc et de millet que je mélange avec ses autres aliments. Il aime ça. Sa santé n’est pas comparable à celle de mes autres enfants quand ils avaient son âge.

ANIMATEUR :
Quels projets futurs avez-vous pour le manioc?

NDUKO :
Nous voulons accroître notre superficie plantée en manioc d’une demi-acre à une acre. Cette culture a changé nos vies et j’encourage les autres femmes à l’essayer. Ce n’est pas une culture de gens pauvres.

Montée de bruits de broyeuses, puis fondu enchaîné vers des bruits de ferme. Diminution des bruits et maintien durant la conversation.

ANIMATEUR :
David Makau est un cultivateur de manioc et c’est aussi le président du groupe des agriculteurs de Mitaboni dans l’est du Kenya. J’ai visité sa ferme et j’ai été étonné par ses cultures de manioc qui semblaient en bonne santé. J’ai commencé par lui demander ce qu’il fait pour rendre ses plants de manioc aussi sains.

MAKAU :
Ces plants n’exigent pas grand-chose– mais voyez comme ils sont grands et en bonne santé! J’ai obtenu des boutures de la variété améliorée auprès de l’Institut de recherches agricoles du Kenya ou KARI. Tout ce que j’ai à faire c’est de creuser un trou de quatre pouces dans le sol pendant la saison des pluies, de planter la bouture et de désherber de temps en temps. Même si le temps est sec, elle bourgeonnera et poussera et, en sept à neuf mois, elle sera prête à récolter. Je n’ai pas besoin d’engrais ni de pesticide.

ANIMATEUR :
Je peux voir que beaucoup d’autres agriculteurs autour de vous cultivent aussi du manioc.

MAKAU :
Oui, la plupart d’entre eux font partie du groupe des cultivateurs de manioc. Nous sommes 110 agriculteurs à faire pousser actuellement cette culture dans nos petites fermes d’une demie à une acre. Nous avons dorénavant au total 21 acres que nous avons consacrées à la culture du manioc.

ANIMATEUR :
Avant de cultiver du manioc, que faisiez-vous pousser d’autre?

MMAKAU :
Surtout du maïs, des haricots et des légumes. Mais ils ne donnaient pas de bons résultats.

ANIMATEUR :
Pourquoi?

MAKAU :
Le climat a vraiment changé dans cette région. Au cours des dernières années, nous avons eu de nombreuses saisons sèches longues et nos saisons des pluies sont désormais plus courtes. Nous finissons donc par ne pas avoir de récolte de maïs, ni de légumes. La plupart des gens de cette région étaient tributaires de l’aide alimentaire du gouvernement jusqu’à il y a trois ans, lorsque nous avons commencé à cultiver le manioc amélioré.

ANIMATEUR :
Voyez-vous un changement dans la vie des agriculteurs depuis le moment où ils ont commencé à cultiver le manioc?

MAKAU :
Énormément, énormément. Les agriculteurs peuvent maintenant assumer toutes leurs dépenses quotidiennes grâce au manioc qu’ils récoltent et il y a un marché facile pour les tubercules et les boutures. Ils peuvent désormais payer aussi les frais de scolarité. Ils mangent également le manioc, parce que bon nombre d’entre eux se rendent compte que ce n’est pas seulement un aliment pour les pauvres, mais pour tout le monde.

ANIMATEUR :
Pendant que nous parlions avec Makau, un homme âgé apparemment en bonne santé est passé et nous a salués. Makau m’a présenté à son voisin, Joseph Musyoka, un enseignant retraité qui cultive aussi du manioc. En blaguant, je lui ai demandé si c’est en mangeant du manioc qu’il paraît plus jeune que son âge.

MAKAU :
(Rires) Peut-être… Ma femme et moi nous aimons le manioc et d’autres aliments traditionnels africains. Nous prenons du manioc pour le petit déjeuner, avec du thé, et avec du ragoût pour le déjeuner ou le dîner. Vous devriez la rencontrer – elle paraît encore plus jeune que moi! Nous demeurons occupés à la ferme, ce qui nous garde jeunes.

ANIMATEUR :
Puis-je voir comment vous cultivez votre manioc?

MUSYOKA :
Bien sûr, allons à ma ferme. C’est celle qui est juste à côté de celle de Makau.

Bruits de pas, puis fondu enchaîné. Montée des bruits de pas, puis sortie. Montée de bruits de la ferme, puis fondu enchaîné et maintien durant la conversation. Ces effets spéciaux durent de 8 à 10 secondes.

MUSYOKA :
Voici ma ferme d’une acre où je cultive du manioc et quelques autres cultures.

ANIMATEUR :
Je vois des légumes et des pois cajans (ambrevades, pois d’Angole) qui poussent entre les rangs de manioc.

MUSYOKA :
Oui. En fait, les niébés et les autres légumineuses comme les pois cajans libèrent des nutriments dans le sol.

ANIMATEUR :
Veuillez me faire une description, étape par étape, de la façon dont vous cultivez le manioc.

MUSYOKA :
Il vous faut des boutures du plant de manioc amélioré qui résiste à la sécheresse parce que, avec la variété KARI, une récolte est assurée en sept à neuf mois. Vous devriez le planter au début de la saison des pluies afin qu’il puisse germer avant le début de la saison sèche. La germination avant la saison sèche aide la plante à résister aux attaques des ravageurs et des maladies.

ANIMATEUR :
Parlons des boutures. Quelle devrait être leur grosseur?

MUSYOKA :
De cinq à sept pouces de long avec environ six à huit nœuds. Exact, Makau?

MAKAU :
C’est exact. Mais si vous tardez à planter durant la saison des pluies, vous pouvez faire les boutures légèrement plus longues. Ensuite, même si les deux bouts de la bouture sont mangés par des ravageurs, vous aurez encore un morceau de la bouture qui restera, En outre, plantez-le dans le sol à un angle 45 degrés et à un mètre de distance du prochain plant de manioc. C’est environ la distance entre vos pieds et votre taille ou deux fois la distance entre votre talon et le milieu de votre genou.

ANIMATEUR :
Que se passe-t-il si vous le plantez avec d’autres cultures, comme vous l’avez fait, Musyoka?

MUSYOKA :
Pour les cultures intercalaires, vous aurez besoin d’un peu plus d’espace entre les plants pour accueillir le tubercule de manioc car il se ramifie, et aussi pour que les autres cultures poussent bien.

ANIMATEUR :
Je sais que je peux manger le tubercule du manioc. Mais que faites-vous avec le reste de la plante après la récolte?

MAKAU :
Avec la nouvelle variété de manioc, rien n’est gaspillé, à la différence de notre variété traditionnelle qui était toxique pour les animaux et on ne pouvait pas manger les feuilles. Nous mangeons les feuilles comme des légumes et le tubercule comme un féculent. Nous utilisons certaines boutures de tiges pour faire pousser plus de manioc et nous vendons le reste des boutures de tiges aux agriculteurs qui veulent cultiver du manioc. Nous donnons également les feuilles et les tubercules à manger aux bovins et aux poulets.

MUSYOKA :
Maintenant, nous ajoutons aussi de la valeur à notre manioc. Il y a un marché pour cela dans l’industrie des aliments pour le bétail.

ANIMATEUR :
Et comment ajoutez-vous de la valeur au manioc?

MAKAU :
Nous déchiquetons le manioc en petits morceaux et nous le faisons sécher au soleil pendant environ une semaine après la récolte. Ensuite, il se garde de huit à neuf mois environ. Nous le vendons aussi à l’industrie des aliments pour le bétail sous forme de copeaux séchés. Nous obtenons généralement un bon prix lorsque nous le vendons en groupe.

Nous broyons aussi les copeaux en farine. Nous vendons la farine ou nous la mélangeons avec d’autres farines pour faire du gruau ou des beignets à vendre. Nous obtenons un peu d’argent lorsque nous le faisons en groupe. Nous fabriquons aussi des croustilles de manioc pour vendre aux enfants d’âge scolaire.

ANIMATEUR :
Les gens modifient-ils leur attitude envers le manioc maintenant que vous y ajoutez de la valeur?

MUSYOKA :
Cela a pris du temps, mais les gens changent lentement. Mes enfants aiment les beignets et les croustilles de manioc et ils apprécient que la culture du manioc contribue à les nourrir et vêtir et à payer leurs frais de scolarité. Et ce n’était pas le cas il y a quelques années. C’est la plus vieille génération qui a pris du temps à changer. Mais, à l’heure actuelle, de plus en plus de gens viennent nous voir et nous demander de la farine. Surtout depuis qu’ils peuvent aussi la trouver dans les supermarchés.

MAKAU :
Même les femmes utilisent maintenant davantage le manioc depuis qu’elles ont découvert que leurs enfants n’ont plus à avoir faim car il existe une solution de rechange moins chère que la farine de maïs.

Montée de bruits de la ferme, puis fondu enchaîné.

ANIMATEUR :
Il s’agissait de David Makau et de Joseph Musyoka, cultivateurs de manioc dans l’est du Kenya et membres du groupe des agriculteurs de Mitaboni. Nous allons faire une courte pause pour entendre une chanson portant sur le manioc. Au retour, nous nous entretiendrons avec Julius Mburu de Farm Concern International, qui nous parlera de la demande de l’industrie du bétail pour le manioc.

SFX :
Faites jouer de la musique traditionnelle ou contemporaine qui parle du manioc. Vous pourriez demander à un groupe local d’enregistrer la musique pour vous. Si vous n’avez pas de musique appropriée, passez directement à la prochaine entrevue.

ANIMATEUR :
C’était de la belle musique par le groupe des femmes de Mitaboni alors qu’elles préparent le manioc et les beignets à vendre. (Note de la rédaction: Modifiez au besoin la phrase précédente.)

Nous parlons de la valeur du manioc, une culture autrefois appelée la nourriture des pauvres. J’ai rendu visite à un groupe d’agriculteurs dans la Province orientale. Les agriculteurs cultivent le manioc individuellement sur leurs petites fermes et ils vendent collectivement le manioc et ses produits aux consommateurs locaux et à l’industrie des aliments pour le bétail. Voici Julius Mburu de Farm Concern International.

MBURU :
La demande pour le manioc est élevée parce que le maïs et le blé coûtent trop cher. L’industrie des aliments pour le bétail et l’industrie alimentaire les remplacent maintenant par le manioc pour l’alimentation animale et humaine. Et nous avons maintenant plus de gens qui mangent du manioc ou l’utilisent sous forme de farine.

ANIMATEUR :
En quoi Farm Concern aide-t-elle les agriculteurs?

MBURU :
Nous fournissons du matériel de déchiquetage et de séchage pour les agriculteurs qui s’organisent en groupes de plus d’une centaine. Nous établissons également des liens entre les agriculteurs et le marché pour le manioc séché, en négociant avec l’industrie des aliments pour le bétail.

ANIMATEUR :
Apprenez-vous aux agriculteurs comment conserver et transformer le manioc?

MBURU :
Oui, les agriculteurs qui travaillent avec nous savent que la teneur en cyanure de potassium est élevée dans le manioc, mais qu’on peut facilement la gérer par la transformation. Ils réduisent le cyanure en coupant et en séchant immédiatement le manioc après la récolte. Nous leur enseignons également les rudiments de la comptabilité.

ANIMATEUR :
Et comment voyez-vous l’avenir du manioc?

MBURU :
Le manioc a beaucoup de potentiel. En plus de l’industrie du bétail, nous regardons vers l’industrie du papier et l’industrie de la colle.

ANIMATEUR :
Julius Mburu, de Farm Concern, nous amène à la fin de notre émission de ce jour. Nous avons entendu les agriculteurs Margaret Nduko, David Makau et Joseph Musyoka. Ils cultivent tous du manioc sur leurs petites fermes et sont capables de nourrir leurs familles et aussi de vendre en groupe le manioc et ses produits. Ils ne sont plus affamés ou en attente de l’aide alimentaire durant la saison sèche.

J’espère que vous avez appris quelque chose de nouveau aujourd’hui. Merci d’avoir été à l’écoute. Au micro ________ qui vous dit au revoir.