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Script 95.5

Notes to broadcasters

Radios Rurales Internationales distribue des Ensemble de ressources pour la radio agricole pour deux raisons. La première est que cela aide les diffuseurs africains de radio rurale à présenter des connaissances exactes et pertinentes à leurs auditeurs-agriculteurs. La deuxième est que cela permet de soutenir les radiodiffuseurs dans la création de programmes qui mettent en avant les opinions, les désirs, les processus décisionnels et les idées des africains ruraux. Les programmes interactifs sont un moyen d’atteindre ce second objectif.

Les normes de diffusion VOICE de Radios Rurales Internationales pour les émissions agricoles s’adressent à cet objectif. Le « O » est pour Opportunité – Les émissions donnent aux agriculteurs l’opportunité de parler et de se faire entendre sur tous les sujets. Elles sont centrées sur l’encouragement des petits exploitants agricoles à énumérer leurs préoccupations, à en discuter et à s’organiser pour prendre les mesures pertinentes. [Note de l’éditeur: voir la fin du document pour  la description complète de ces normes]

Ce dossier d’information pour les radiodiffuseurs définit la programmation interactive, donne quelques exemples de formats interactifs typiques, et propose huit exemples de programmes interactifs diffusés en ce moment ou par le passé, par des stations africaines. Ces divers programmes montrent la grande variété de raisons justifiant la diffusion de programmes interactifs, et l’éventail des avantages qu’un programme interactif peut offrir.

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Qu’est-ce qu’un programme interactif?

Les programmes interactifs sont des programmes qui impliquent ou encouragent une communication bidirectionnelle entre une station de radio et ses auditeurs. Une telle communication peut se faire en face-à-face; elle peut se faire au téléphone, via messages-textes ou par le biais de lettres; ou encore, elle peut se faire par l’intermédiaire de Facebook et d’autres mécanismes en ligne. La communication bidirectionnelle peut se faire entre un auditeur et un radiodiffuseur, entre un auditeur et un politicien, entre un auditeur et un agent de vulgarisation, entre un auditeur et un représentant d’ONG, ou entre deux auditeurs ou plus. Les programmes interactifs peuvent être enregistrés en studio ou sur le terrain, et impliquent des conversations entre deux personnes ou de nombreuses personnes.

La radio interactive permet aux auditeurs de faire entendre leur voix et leurs opinions à la radio et dans leur communauté. Elle aide à assurer que le contenu des programmes de radio soit dicté par les besoins de la communauté et les idées de la communauté. Pour une station de radio, un grand avantage des programmes interactifs est qu’ils constituent une opportunité d’obtenir des commentaires sur ce qui est important pour une communauté. En animant une programmation interactive, une station peut parvenir à mieux comprendre ce que son auditoire veut et ce dont il a besoin.

Les programmes interactifs qui donnent aux auditeurs l’opportunité d’entendre leurs propres voix en ondes sont aussi parmi les plus populaires de tous les programmes de radio. Les programmes permettant aux auditeurs d’appeler ou de texter l’animateur sont populaires en partie parce que les gens adorent s’entendre parler eux-mêmes -et entendre parler des gens comme eux. Nous sommes tous curieux de savoir ce que d’autres personnes pensent et ressentent.

Bien sûr, les talk-shows ne sont pas la seule manière d’inviter une audience à participer. D’autres types de programmes sont aussi interactifs, par exemple: les demandes musicales, les annonces classées gratuites, les concours en ondes, les jeux, la recherche d’auditeurs ayant des talents particuliers, les appels et les programmes « questions et réponses ». Les vox populi, les émissions sur le terrain et les panels de discussion peuvent aussi répondre à la définition de programmes interactifs.

Les programmes interactifs sont participatifs parce qu’ils donnent l’autorité aux auditeurs de nommer leurs propres problèmes et de décider de leurs propres buts, tout en prenant leurs propres décisions. Les programmes interactifs peuvent tenir lieu de forum pour laisser s’exprimer les griefs et les espoirs de la communauté, pour célébrer les succès de la communauté, et pour aborder des problématiques sérieuses et profondes.

Par exemple, un réalisateur peut identifier un sujet d’intérêt pour une bonne partie de la communauté, puis enregistrer les plaintes et les griefs des gens à leur domicile ou à leur lieu de travail. L’enregistrement est ensuite présenté au maire ou à une autre autorité responsable. Les plaintes de la population et la réponse de l’administrateur sont diffusées dans un programme qui présente donc les deux perspectives du problème, et les auditeurs sont invités à téléphoner ou à envoyer des SMS en ondes.

Alternativement, un programme interactif pourrait être basé sur l’enregistrement d’un groupe d’auditeurs radio qui ferait ses propres commentaires sur un programme particulier. Par exemple, de 1998 à 2001, il y avait un partenariat entre Panos, le diffuseur zambien national, et treize nouveaux clubs de femmes rurales. Les clubs se réunissaient chaque semaine pour écouter des programmes de radio et discuter de problématiques de développement. Ils enregistraient leurs discussions, qui étaient envoyées à un réalisateur. Le réalisateur a approché un officiel impliqué et lui a demandé de réagir aux problèmes soulevés par le club, en présentant des informations pertinentes et, si possible, en s’engageant à prendre des mesures pratiques. L’enregistrement et la réaction obtenue ont été édités ensemble et diffusés chaque semaine, de sorte que les clubs puissent les écouter et en discuter. Le réalisateur a fait un suivi auprès des répondants et des clubs pour s’assurer que les engagements pris soient respectés et que les clubs puissent avoir accès aux ressources promises.

Une grande question: D’accord, pourriez-vous dire. Les programmes interactifs semblent merveilleux. Mais les émissions avec tribunes téléphoniques, par exemple, ont-elle un quelconque effet, à part stimuler le débat public? Est-ce qu’elles permettent d’accomplir quoi que ce soit?

Dans de nombreux cas, la réponse est oui. En voici un exemple. En septembre 2010, un message-texte envoyé au Morning Show, à Joy FM, à Accra (Ghana), a soulevé un problème d’infestation par des mouches noires touchant une source d’eau potable, dans une communauté rurale. Le membre de l’Assemblée représentant cette localité avait déjà essayé, sans succès, d’attirer l’attention des autorités sanitaires sur le problème. Finalement, des discussions publiques et un suivi rigoureux par Joy FM ont permis une résolution du problème: on a offert aux personnes affectées des évaluations et des médicaments, et à la communauté un approvisionnement en eau potable (Voir http://edition.myjoyonline.com/pages/news/201012/57189.php, en anglais seulement).

Une des clés de ce succès est le fait que Joy FM avait acquis et maintenu la confiance de ses auditeurs, et avait cultivé des relations serrées avec des représentants civils à travers une longue période de temps. La persistance et l’intégrité soutenue de la station ont donné des résultats!

Les divers visages des programmes interactifs: formats pour radio interactive
Les stations de radio diffusent des programmes interactifs pour de nombreuses raisons, et il y a de nombreux genres de programmes interactifs. Les types de programmes interactifs incluent:

  • les émissions au cours desquelles les auditeurs peuvent téléphoner ou envoyer des messages-textes, du courrier envoyé à la station de radio (lettres)
  • les panels de discussion – en studio ou dans un endroit particulier
  • les débats publics
  • les émissions enregistrées sur le terrain

Voici quelques façons populaires de produire des programmes interactifs:

  • Invitez un agent de vulgarisation ou un autre expert en la matière, et invitez les auditeurs à appeler pour discuter du sujet choisi
  • Invitez un politicien local, régional ou national à expliquer des politiques gouvernementales locales ou à recevoir des commentaires sur ces politiques
  • Organisez un panel de discussion sur des sujets touchant l’agriculture
  • Donnez une enregistreuse à un groupe local d’auditeurs, et invitez les membres du groupe à enregistrer leurs commentaires concernant un programme particulier ou une problématique communautaire particulière. Utilisez cet enregistrement en ondes. (Cela peut aider à éduquer la station au sujet des priorités, des besoins et des préférences de la communauté.)

Huit programmes interactifs: Les huit exemples suivants montrent les nombreuses raisons qui peuvent pousser des stations de radio et des organisations de développement à produire des programmes interactifs. Ils illustrent aussi beaucoup des avantages des programmes interactifs.

1. Station: Mega FM (Gulu, Ouganda)
Nom du programme: Kabake

Justification du programme:

  • Promouvoir des débats ouverts sur les problèmes affectant les communautés du nord de l’Ouganda, y compris la réinstallation et le développement social et politique;
  • Améliorer la vie des personnes vulnérables en identifiant et en discutant les besoins et les solutions concernant le développement local;
  • Encourager la réintégration et la coexistence pacifique entre les gens issus de camps de déplacés internes.

Format: Débats pré-enregistrés dans des villages.
Type d’interactivité: Débats sur les lieux de l’enregistrement.
Description: En langue acholi, un kabake se définit comme un forum au cours duquel des membres de la communauté se réunissent pour discuter de leurs problèmes et trouver des solutions communes. Le kabake offre aux citoyens, tant urbains que ruraux, une opportunité de discuter en groupe de sujets politiques et sociaux. Une équipe de modérateurs et du personnel technique se rendent même dans les communautés les plus enclavées pour enregistrer les débats. Le programme est diffusé tous les dimanches pendant 90 minutes, depuis 2003.
Résultats: Une évaluation faite en 2010 a montré que le programme est très populaire. Les leaders locaux prennent au sérieux les opinions et les plaintes de la communauté exprimées durant le programme. Le kabake a permis à la communauté de forcer des leaders locaux et des organisations de la société civile à prendre leurs responsabilités. Grâce aux débats et aux émissions, les communautés se sont organisées elles-mêmes afin de s’impliquer dans des projets, y compris des projets de réinstallation et de promotion de la coexistence pacifique. On dit des débats qu’ils comblent un vide concernant les responsabilités relatives au gouvernement et à la démocratie, dans la région.
Pour plus d’informations: Konrad Adanaeur Stiftung: Kabake! Interactive radio at grassroots level in Uganda. http://www.kas.de/uganda/en/publications/23197/ (en anglais)

2. Station: CBS (Kampala, Ouganda)
Nom du programme: Nekolera Gyange (Je gère ma propre entreprise)

Justification du programme: Offrir aux gens d’affaires marginalisés (travailleurs indépendants faisant partie de « l’économie informelle », gérant habituellement des micro-entreprises ou des petites entreprises) l’opportunité de prendre la parole afin qu’ils influencent leur environnement de travail et les décisions en matière de politiques, une tribune pour la discussion, et un canal pour recevoir des informations qui sont importantes pour la survie de leur entreprise.

Format: Le format magazine inclut des actualités économiques, des talk-shows, des interviews avec des gérants de petites entreprises, des experts techniques et des décideurs, et une tribune téléphonique diffusée en direct. Soixante-dix à quatre-vingt pour cent du temps d’antenne consiste en des interviews, des dialogues et d’autres genres d’interactions impliquant des auditeurs. Il y a des concours pour promouvoir le développement d’entreprises, des opportunités pour les entreprises qui veulent acheter des produits de petites ou micro- entreprises d’annoncer leurs offres gratuitement, et un suivi par les réalisateurs du programme des plaintes reçues par les gérants de petites entreprises.

Type d’interactivité: Tribune téléphonique.

Description: Diffusé pour la première fois en octobre 1999. L’International Labour Organization’s In Focus Programme on Boosting Employment through Small Enterprise Development (SEED) offre un soutien technique à CBS en vue d’assurer la viabilité commerciale des programmes, assurant ainsi que les programmes puissent évoluer et se développer sans financement public continu.
Diffusé pour la première fois en octobre 1999. Le personnel assigné au programme conduit des recherches sur une problématique donnée, selon des techniques de journalisme d’enquête, puis interviewe des gérants de petites entreprises, des experts techniques et des autorités gouvernementales, dans la localité. Il procède ensuite au mixage et à l’édition des interviews, avec la narration du présentateur, pour compléter l’article de fond. Souvent, les articles sont reliés à un talk-show diffusé en direct, incluant des représentants de chacun de ces trois groupes. Ensuite, le personnel donne aux auditeurs l’opportunité de faire des commentaires, soit dans le cadre d’une tribune téléphonique diffusée en direct durant la section réservée à cet effet, soit par le biais d’appels téléphoniques, de courriers et de fac-similés transmis après l’émission. Pour finir, l’équipe fait un suivi des problèmes discutés durant le programme afin d’identifier les changements qui auraient pu se produire. La trame de cette histoire se poursuit durant plusieurs émissions.

Résultats: Une évaluation du programme a montré que 40% des propriétaires de micro-entreprises et petites entreprises sont de fidèles auditeurs. Neuf des dix entreprises présentées dans le programme ont rapporté des bénéfices commerciaux après qu’ils sont passés dans le programme. La moitié des programmes présentés ont vu leurs ventes augmenter et deux (20%) ont engagé de nouveaux employés. Cinq des six décideurs qui ont participé au programme ont rapporté que leur attitude et leurs politiques ont changé après le programme. L’un d’eux a dit qu’il a reçu beaucoup d’appels après son passage à la radio, lors duquel il se plaignait des taxes officielles brimant les commerçants. Le représentant a soulevé le problème auprès de l’Autorité ougandaise du revenu et les brimades ont cessé. Des données qualitatives suggèrent que les impacts les plus significatifs du programme incluaient les suivants:

  • on a démontré aux publicitaires commerciaux et aux décideurs l’importance commerciale, économique et politique du secteur des petites entreprises;
  • on a donné l’occasion aux propriétaires de petites entreprises de prendre publiquement la parole, et ont les a mis en contact avec le système politique en développement, contribuant ainsi au développement de la société civile et de la démocratie ougandaises;
  • on a démontré que les programmes de style magazine ayant des formats interactifs peuvent être efficaces et générer un succès commercial

Pour plus d’informations: Organisation Internationale du Travail, 2002. An Information Revolution for Small Enterprise in Africa: Experience in Interactive Radio Formats in Africa. Disponible pour téléchargement à: http://www.ilo.org/empent/Publications/WCMS_117709/lang–en/index.htm (en anglais seulement).

3. Station: Radio Mang’elete (sud-est du Kenya)
Nom des programmes: Women and Development; Cake Share

Justification du programme: Permettre aux femmes rurales d’exprimer ouvertement leurs besoins et leurs opinions; améliorer le statut et l’implication des femmes à la radio communautaire; et donner la parole aux auditeurs de radio communautaire, surtout aux femmes, pour qu’ils puissent réagir aux programmes diffusés et participer à la création du contenu des programmes.

Format: Le programme Women and development [Femmes et développement] inclut des entrevues faites avec des femmes membres de groupes de femmes, plus des interviews avec d’autres femmes – par exemple, un programme sur les droits traditionnels et légaux des femmes a présenté des femmes qui travaillaient auprès d’ONG œuvrant dans le domaine du genre, ou qui étaient candidates à des postes locaux. Le programme Cake Share [Partage de gâteau] est un programme de débat communautaire.

Type d’interactivité: Les femmes donnent leur avis à la station, sur des sujets qui les intéressent, via le système AIR (voir ci-dessous). Leurs interventions sont intégrées aux deux programmes.

Description: Dans le cadre d’un projet de recherche universitaire partiellement financé par Microsoft, les femmes membres de groupes de femmes locaux ont reçu un système portatif d’enregistrement vocal muni d’une technologie appelée Advancement through Interactive Radio (AIR). Leurs messages étaient reçus à la station. (L’appareil est conçu pour NE PAS ressembler à un téléphone portable parce que les femmes avaient dit que sinon, leurs maris les prendraient probablement pour aller le vendre.) Les groupes de femmes ont créé des éléments d’émissions à diffuser, y compris des interviews de groupe, des fictions radiophoniques, des conversations menées par le groupe et des émissions-débats. Les mises en scène radiophoniques se sont concentrées sur des problèmes tels que l’abus d’alcool, la violence faite aux femmes, la gestion financière, et les connaissances traditionnelles que possèdent certains groupes de femmes – par exemple, comment planter des arbres et élever des abeilles. D’autres sujets incluent les réalisations de groupes de femmes, les rôles liés au genre, l’église, le VIH et le Sida, les droits des femmes, l’éducation, les droits fonciers, le traitement des veuves, le sexisme et la culture. Les problématiques que les femmes ont discutées dans le programme Women and Development ont mené à la création d’un programme de débat radiophonique appelé Cake Share, dans lequel et les hommes et les femmes débattent de sujets d’intérêt local. Durant un des épisodes, ils ont débattu de l’opinion selon laquelle les punitions traditionnelles ont du mérite car elles favorisent la fidélité conjugale. Durant un autre épisode, ils ont discuté de la situation des jeunes hommes qui ont des rapports sexuels avec des femmes plus âgées.

Résultats: Des évaluations d’impact ont montré que la programmation radio assistée de la technologie AIR est une façon de légitimer les préoccupations des femmes et leur permet de « se faire entendre » par les hommes, ce qui a donné lieu à des changements dans les relations hommes-femmes, au sein des communautés. Le projet a montré que les femmes sont désireuses de discuter de problématiques telles que le VIH et le Sida, la prostitution, la sorcellerie, la migration et l’éducation, et font preuve d’initiative en parlant en leur nom propre sur les ondes, en partie parce qu’elles considèrent la radio communautaire comme « le lieu facilitant le développement ». Les programmes portant sur les informations en santé et la prévention de la violence domestique ont conduit à des changements dans la communauté. Il en va de même pour un programme qui a diffusé des informations concernant du maïs empoisonné; les craintes de la communauté ont pu être contenues grâce à des radiodiffuseurs qui ont pris en considération les dangers potentiels. Les deux programmes de débat diffusés à ce jour ont suscité plus de cinquante coups de téléphones mobiles et de SMS adressés à la station, et au moins deux douzaines de lettres. Autant les jeunes femmes que les femmes âgées ont participé.
Pour plus d’informations: S. Revi Sterling. Advancement through Interactive Radio. Présentation Power Point. http://research.microsoft.com/en-us/events/indiasummerschool2010/sterling-msri_air.pdf
Revi Sterling, 2010. 89.1FM: The Place for Development: Power shifts and participatory spaces in ICTD. The Journal of Community Informatics. Volume 6, No. 1, 2010. http://ci-journal.net/index.php/ciejarticle/view/637/461 (en anglais seulement)

4. Station: Radios communautaires diffusant en français, swahili et lingala: dans la région d’Ituri, dans le nord-est de la RDC; à Goma et à Kasugho, dans la Province du Nord Kivu, en RDC; à Bangui, en République Centrafricaine; et à Berbetari, à Bouar et à Bambari, en République Centrafricaine. (Ce projet a pris fin en juillet 2011.)
Nom des programmes: Le projet de radio interactive pour la justice incluait les programmes suivants:

  • Interactive Radio for Justice Base Series [Série radio interactive pour la justice]
  • Debating for Justice [Débats pour la justice]
  • A Child: Yesterday in the Bush, Today part of the Community [Un enfant: hier dans la brousse, aujourd’hui membre de la communauté]
  • Our Reconciliation [Notre réconciliation]
  • Our Dialogue for Peace and Justice [Notre dialogue pour la paix et la justice]
  • On the Track of Justice [Sur les traces de la justice]

Justification des programmes: Encourager le dialogue entre la population et les autorités nationales/internationales dans les régions où la Cour Pénale Internationale (CPI) enquête sur des crimes tels que des génocides et des crimes de guerre. Les représentants de ces autorités qui participent aux dialogues sont ceux qui sont responsables de prendre des décisions légales sur ces questions.

Format: Interactive Radio for Justice Base Series est un programme durant lequel les intervieweurs posent aux représentants de la CPI des questions envoyées par des membres de l’auditoire. Debating for Justice invite les représentants internationaux et nationaux, les leaders locaux et les membres d’organisations de la société civile dans un studio pour débattre de questions qui ont été posées par de nombreux auditeurs. Dans Our dialogue for Peace and Justice, une autorité en matière de justice internationale parle avec des leaders communautaires, dans des zones où des enquêtes criminelles internationales ont lieu.

Type d’interactivité: Réponses aux questions des auditeurs; panels de discussion.

Résultats: Une évaluation datant de 2011 a trouvé que la principale force du projet était sa capacité de changer les connaissances et les croyances des auditeurs. Par exemple, les auditeurs ont démontré des connaissances accrues concernant la CPI et les autorités nationales et judiciaires ainsi que leurs rôles respectifs. De plus, un plus grand nombre de membres de la communauté croyaient que les officiels de la CPI comprenaient leurs besoins. Un très grand pourcentage des membres de groupes d’auditeurs rapportaient une sensibilisation accrue par rapport à leur capacité d’apporter des changements positifs. Le projet a montré un progrès en intégrant les témoignages et les points de vue d’une diversité d’individus, en les encourageant à s’exprimer et à comprendre que leurs opinions et leurs questions comptent.
Pour plus d’informations: Site Web d’Interactive Radio for Justice: http://www.irfj.org/

5. Station: Mishapi Voice TV (Goma, RDC); Radio Maendeleo (Bukavu, RDC), RTG@ (Kinshasa, RDC); Contact FM (Kigali, Rwanda), Radio Salus (Butare, Rwanda); Radio Isanganiro (Bujumbura, Burundi)

Nom du programme: Génération Grands Lacs

Justification du programme: Produit par Search for Common Ground, Génération Grands Lacs est un programme conçu pour offrir un espace aux étudiants universitaires du Rwanda, du Burundi et de la RDC pour qu’ils communiquent entre eux, comblent les fossés qui les séparent, et proclament des messages de paix dans les situations de troubles et de violence telles que celles ayant présentement lieu dans l’Est de la RDC et dans toute la région des Grands Lacs.

Format: Des talk-shows de soixante minutes pour les jeunes, enregistrés en direct, chaque samedi. Le programme inclut des invités spéciaux, des interviews pré-enregistrées, des vox populi, de la musique et la participation du public par téléphone, email, SMS et Facebook. Les jeunes gens appellent, débattent et partagent leurs points de vue.

Type d’interactivité: Appels téléphoniques et messages-textes venant du public, courrier électronique et Facebook.
Description: Chaque semaine, la production de Génération Grands Lacs alterne entre la RDC, le Rwanda et le Burundi, impliquant des équipes de journalistes de toute la région. Le programme donne aux jeunes gens l’opportunité de parler, d’écouter et de s’instruire sur des problématiques et des difficultés affectant leur région. Les problèmes abordés incluent le genre, la violence, l’identité, la participation des jeunes à la vie politique et les problèmes d’appartenance ethnique et de nationalité.

Résultats: Il y a un très grand nombre d’auditeurs parmi les étudiants universitaires du Rwanda, du Burundi et de la RDC, et le programme atteint 30 à 60% de jeunes qui ne sont pas étudiants à l’université. Une étude d’impact a montré que: il existe une forte corrélation entre l’assiduité des auditeurs et la réduction des préjugés et les attitudes positives ; le programme donne lieu à une plus grande tolérance et à une réduction des attitudes négatives ; le programme enseigne aux jeunes à aborder les conflits de façon constructive. L’évaluation a montré qu’étant donnée la récente résurgence de la violence dans la région, l’émission joue un rôle crucial dans la transmission des messages de paix et de tolérance, et elle offre un espace pour le dialogue.

Pour plus d’informations: Radio for Peacebuilding Africa. Génération grands lacs : utiliser média pour promouvoir le dialogue et la tolérance. http://www.radiopeaceafrica.org/index.cfm?lang=fr&context_id=22&context=features&action=oneFeature&feature_id=1
Search for Common Ground. Generation Grands Lacs. Weekly Dialogues for Peace, Live on the Radio. http://www.sfcg.org/programmes/drcongo/pdf/generation_grands_lacs.pdf (en anglais seulement)

6. Station: Malawi Broadcasting Corporation (MBC) Radio One (nationwide public broadcaster)
Nom du programme: Kanthu n’khama

Justification du programme: Promouvoir le dialogue national en matière de problématiques de développement.

Format: Un magazine de 30 minutes diffusé tous les samedis après-midi, à 2 heures.

Type d’interactivité: Des clubs d’auditeurs radio conçoivent un programme basé sur leurs préoccupations (appelées « voix du village »), puis ils établissent un dialogue avec un prestataire de service pertinent (le « dialogue »), et ils produisent un programme intégrant la voix du village et le dialogue.

Description: Kanthu n’khama consiste en une revue du programme de la semaine précédente durant cinq minutes, suivie de dix minutes d’une voix de village provenant des communautés, d’extraits de scénarios mis en scène par des clubs d’écoute radio, puis de quinze minutes de réponses orientées vers des actions concrètes de la part des prestataires de services.

La production de Kanthu n’khama comprend deux étapes. Premièrement, des clubs d’écoute radio (CER) enregistrent une discussion durant laquelle ils analysent un problème local et expliquent comment ils pensent qu’on devrait le régler. Cet enregistrement est connu sous le nom de mawu (voix de village). Les voix de village sont exprimées sous forme de mises en scène, de chants traditionnels, de poésies et de discussion. Deuxièmement, la voix de village est présentée à prestataire de service qui écoute l’enregistrement et organise une discussion avec la communauté sur les problématiques soulevées. Une seconde discussion – entre le CER et le prestataire de service – est enregistrée: c’est le « dialogue ». À la fin du dialogue, un plan d’action est établi et les responsabilités du club d’écoute et du prestataire de service sont clairement définies. Le dialogue est essentiellement enregistré et animé par les membres du club d’écoute. Le réalisateur de MBC peaufine le programme sur le plan technique, écrit le texte, incluant celui du narrateur, et fait le mixage des segments du programme. Il y a eu des dialogues entre des CER et des décideurs et du personnel de première ligne. Parmi les prestataires de service, il y a eu des organisations publiques, des organisations privées et des organisations de la société civile.

Résultats: Le programme a permis aux communautés de convoquer des fonctionnaires hauts placés – tels que des ministres de cabinet – dans leur village, pour qu’ils rendent compte de décisions ou de services offerts par leur ministère. Dans le district de Mulanje, par exemple, on a demandé à un assistant de surveillance auprès du Ministère de la Santé de libérer un immeuble que la communauté avait construit pour qu’il serve de clinique pour les moins de cinq ans, mais que cet assistant avait temporairement occupé pendant deux ans après que sa maison a été emportée par des inondations. Ce fonctionnaire n’avait jamais pris la peine de se trouver un nouveau logement. La communauté a convoqué le fonctionnaire et a exigé qu’il paye des arriérés de frais de location puisqu’il avait réclamé une allocation de logement malgré le fait qu’il ne payait rien pour son logement.
Comme son contenu émane du terrain, le programme Kanthu n’khama instille un sentiment de contrôle des ondes radio nationales, en donnant aux communautés la capacité de décider du contenu du programme. Le jour et l’heure des diffusions ont été choisis par les communautés.

Pour plus d’informations: Linje Manyozo, 2007. Method and practice in participatory radio. Ecquid Novi: African Journalism Studies, 28 (1 & 2): 11-29.
Susan Sisya, Campaign for Social Change through Kanthu-N’khama. http://www.freewebs.com/linjem/kuchezanewsletter.htm (en français seulement).

7. Stations: Sanyu FM (Kampala, Ouganda), Radio WA (Lira, Ouganda), Savior FM (district d’Amuria, Ouganda), Delta FM (Soroti, Ouganda), Radio Pacis (Arua, Ouganda), Radio Pacis (Gulu, Ouganda)

Nom des programmes: Divers talk-shows améliorés par un logiciel spécial.

Justification du programme/projet: Encourager les communautés locales à rapporter les problèmes qu’elles ont avec les services publiques, et leur offrir une tribune leur permettant de participer et de discuter des problèmes de politiques; promouvoir la transparence, la sensibilisation et la responsabilité; donner aux auditeurs un sentiment de contrôle sur la façon dont les services publiques sont offerts.

Format: Messages-textes envoyés par les auditeurs, plus des interviews avec des leaders locaux basées sur les commentaires exprimés par les auditeurs dans leurs messages-textes.

Type d’interactivité: Messages-textes.

Description: Trac FM (une ONG) met à la disposition de stations de radio un logiciel qui gère des votes en ligne. Les auditeurs soumettent gratuitement leurs rapports ou leurs opinions sur des sujets suggérés par le radiodiffuseur, en anglais ou en langues locales, par SMS. Les présentateurs radio reçoivent une représentation graphique claire et instantanée des résultats de votes sur leur écran d’ordinateur, et ils le décrivent à leurs auditeurs durant les talk-shows. Les stations invitent les leaders locaux à commenter les données collectées et Trac FM s’assure que les données soient présentées aux autorités responsables.

Résultats: Le programme est en cours d’évaluation. Trac FM suggère que les émissions donnent la parole aux Ougandais ordinaires qui n’ont pas d’autre moyen de se faire entendre.

Pour plus d’informations: La Voix de l’Amérique, 3 février 2012. Innovative Radio Talk Show Gives Ugandans a Public Voice. http://www.voanews.com/content/innovative-radio-talk-shows-give-ugandans-a-public-voice-138712619/159555.html (en anglais seulement)
Site Web de TRAC FM: http://www.trac.pro/ (en anglais seulement)
Service de surveillance de TRAC. Vidéo YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=Lx_BivgFyww (en anglais seulement)

8. Stations: Peace FM (Accra, région du Ghana); Joy FM (région d’Accra)

Nom des programmes: Wo haw ne sen (en langue akan); Feedback (en anglais; ce programme n’est plus diffusé)

Justification du programme: Offrir un temps d’antenne aux auditeurs pour leur permettre de téléphoner afin de parler des problèmes qu’ils ont en matière de services (privés ou publics) à Accra.

Format: Appels téléphoniques et messages-textes provenant des auditeurs (seulement Radio Peace), plus des interviews avec des leaders locaux basées sur les commentaires reçus.

Type d’interactivité: Les auditeurs téléphonent ou envoient des messages-textes.

Description: Les auditeurs appellent ou envoient des messages-textes pour formuler des plaintes au sujet de services publics ou privés. Les stations font un suivi des plaintes et essaient d’assurer que les institutions concernées répondent ou résolvent les problèmes, si nécessaire. Les stations annoncent ensuite en ondes si le problème a effectivement été réglé. Le programme Feedback invitait des fonctionnaires dans le studio afin qu’ils répondent aux appels et aux questions du public. Wo haw ne est un panel permanent siégeant en studio, composé d’experts en droit, en médecine et en informatique. Le panel donne des réponses et des solutions relatives aux appels par rapport à des questions de santé, de droit, etc.

Résultats: Les réponses des présentateurs radio aux plaintes exprimées sont soigneusement formulées, sur la base d’enquêtes scrupuleuses et de réponses officielles obtenues de la source la plus appropriée. Les présentateurs enquêtent sur les plaintes et confirment leur authenticité. Par exemple, une présentatrice a reçu un appel d’un marchand ambulant qui disait que les employés du conseil municipal maltraitaient les marchands ambulants et volaient leur marchandise sous prétexte qu’elle ne devait pas être exposée sur le trottoir. Afin de faire son suivi, la présentatrice s’est déguisée en vendeuse ambulante et s’est jointe à d’autres marchands ambulants, dans la rue. Bien qu’elle n’a pas eut d’expérience directe de ce que le plaignant rapportait, elle est parvenue à trouver des preuves et à fait avancer l’affaire.
Joy FM et Peace FM étaient à l’époque les stations de radio les plus écoutées et les plus fiables d’Accra. Parmi les auditeurs de Peace FM, presque 6 sur 10 écoutaient Wo haw ne sen, tandis que la moitié des auditeurs de Joy FM écoutaient Feedback quand ce programme était en ondes. Pour Feedback, 50 à 60% des problèmes soulevés par les auditeurs entre 2005 et 2008 ont été résolus. Autrement dit, l’équipe avait enquêté sur le problème, avait établi et maintenu le contact avec des personnes-clés dans les institutions concernées, et avait annoncé en ondes et en direct que le problème avait été résolu.

Pour plus d’informations: Edem E. Selormey, 2012. Rethinking citizen voice: The case of radio call-ins in Accra, Ghana. http://www.institutions-africa.org/filestream/20120814-rethinking-citizen-voice-the-case-of-radio-call-ins-in-accra-ghana (en anglais seulement)

Problèmes de responsabilité et de sécurité en matière de programmes interactifs: Il est particulièrement important quand vous diffusez une programmation interactive que vous connaissiez bien et que vous respectiez les lois de votre pays sur la diffamation, les propos calomniateurs et, plus généralement, ce qui est considéré comme acceptable sur le plan de la pratique journalistique. Familiarisez-vous avec les lois et les règlements pertinents. La plupart des pays ont un conseil médiatique officiel qui surveille les média et pénalise les stations et les individus qui enfreignent la loi, les règlements et les pratiques.

Certains gouvernements, individus ou groupes peuvent aussi essayer de punir ceux qui diffusent des éléments qui ne leur plaisent pas (par des mesures extra-judiciaires telles que la violence et/ou les menaces). Bien entendu, les diffuseurs devraient user de leur droit à la liberté d’expression dans la mesure où la loi le leur permet, mais il est d’une importance vitale que les radiodiffuseurs fassent preuve de bon sens et assurent leur sécurité personnelle.

Ressources additionnelles: DW Academie: 10 tips on how to be a good host: http://blogs.dw-akademie.de/africa/?p=1313 (en anglais seulement)
DW Academie: Vox Pop: What’s good and bad about this journalistic format. http://blogs.dw-akademie.de/asia/2012/05/18/vox-pop-whats-good-and-bad-about-this-journalistic-format/ (en anglais seulement)
PANOS Eastern Africa. Getting it Right: A Journalist’s Guide to Conducting Community Radio Debate. 2011. http://www.panosea.org/resources/publications/RRD%20Debate%20Guide%20full%20Doc%20A5.pdf (en anglais seulement)
http://radio.frontlinesms.com/2012/08/frontlinesmsradio-adds-an-exciting-tool-to-the-mix-at-rite-fm-ghana/ (en anglais seulement)

Normes de diffusion VOICE de Radios Rurales Internationales pour les émissions agricoles: Radios Rurales Internationales, avec l’aide de nombreux radiodiffuseurs agricoles de toute l’Afrique sub-saharienne, a identifié les caractéristiques importantes qui devraient se retrouver dans la programmation radiophonique desservant les petits exploitants agricoles. Ces caractéristiques sont résumées sous l’acronyme « VOICE ». Les normes VOICE représentent un travail en cours et sont régulièrement révisées à la lumière des nouveaux apprentissages.

V pour Valeur – Les émissions ont une grande estime pour les agricultrices et les agriculteurs. Elles respectent les agriculteurs pour leur travail acharné en vue de produire de la nourriture pour leurs familles et pour les marchés, souvent en relevant de gros défis. Elles rejoignent les agriculteurs pour comprendre leur situation et sont déterminées à les appuyer dans leurs travaux agricoles et dans leurs efforts pour améliorer la vie rurale.

O pour Opportunité – Les émissions donnent aux agriculteurs l’opportunité de parler et de se faire entendre sur tous les sujets. Elles sont centrées sur l’encouragement des petits exploitants agricoles à énumérer leurs préoccupations, à en discuter et à s’organiser pour prendre les mesures pertinentes.

I pour Information – Les émissions donnent aux agriculteurs l’information dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.

C pour Constance – Les émissions sont diffusées d’une façon constante et à une heure commode, sur une base fiable, régulière, au moins hebdomadaire, à une heure où les agriculteurs peuvent les écouter.

E pour Envoûtement – Les émissions sont divertissantes et attirent un grand nombre d’agriculteurs. Il n’y a pas d’excuse pour faire des émissions radiophoniques agricoles ennuyeuses!

Acknowledgements

Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur en chef, Radios Rurales Internationales.

Révision : David Mowbray, gestionnaire, Formation et normes, Radios Rurales Internationales; Blythe McKay, gestionnaire, Ressources pour les radiodiffuseurs, Radios Rurales Internationales

Traduction : Madzouka B. Kokolo, Contractuelle

Projet réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)