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Script 94.1

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1. Introduction – des histoires vraies sur la façon dont les Campagnes Radios Participatives (CRP) et les émissions portant sur les Services de renseignements sur les marchés (SRM) de l’IRRRA ont aidé des petits exploitants agricoles africains

Histoire 1 : CRP sur le margousier au Ghana : Georgina Kare, agricultrice à Odumase, au Ghana, déclare : « J’ai entendu parler du margousier à l’émission de l’IRRRA. J’ai coupé des feuilles sèchées de margousier, puis je les ai mises dans un sac et je les ai répandues sur les aubergines. C’était l’an dernier. Cette année, j’ai l’intention d’augmenter ma superficie cultivée et de voir si cela peut m’aider encore davantage. J’ai obtenu 30 cedis ghanéens de ma très petite ferme, et ma famille et moi-même avons aussi mangé bon nombre des aubergines. »

Histoire 2 : Services de renseignements sur les marchés (SRM) en Tanzanie : Happytime Shilingi élève des poulets locaux, cultive du riz et du maïs et vend ses produits frais sur le marché du village local une fois par semaine. Avant que Radio Maria ne diffuse sa émission sur les SRM, ses principaux défis en matière de commercialisation étaient son manque de connaissance des meilleurs marchés, les bas prix offerts par les intermédiaires et son incapacité à vendre ses 30 poulets.

Shilingi a été interviewé à l’émission de Radio Maria et a écouté les émissions diffusées entre mars et juin 2010. Lorsqu’il a entendu les prix des poulets sur les divers marchés, il a cessé de vendre ses produits à un si bas prix et s’est trouvé mieux armé pour marchander avec les intermédiaires. Inspirés par les conseils offerts durant l’émission portant sur les SRM, lui et ses voisins ont organisé un groupe pour rassembler leurs poulets et les vendre ensemble. Après la diffusion par la station des coordonnées du groupe, des acheteurs sont venus de Dar es Salaam, Morogoro et Iringa pour acheter directement leurs poulets entre 6 000 et 9 000 shillings tanzaniens – soit des prix bien meilleurs que ceux qu’ils recevaient des intermédiaires locaux.

Histoire 3 : CRP sur le compost au Mali : Adama Coulibaly est un agriculteur de Massala, dans le centre-sud du Mali. Il mentionne : « Je ne peux pas comprendre les agriculteurs qui disent que la saison des pluies n’est pas bonne pour eux quand il s’agit de production. J’ai un frère qui travaille à Bamako. À chaque saison des pluies, il m’envoie de l’argent pour acheter des intrants agricoles comme de l’engrais. Mais, cette année, lorsque la campagne radio a débuté sur ORTM Ségou, j’ai commencé à produire du compost. J’ai divisé mon champ en deux sections. Sur un hectare, j’ai mis du compost et sur le reste j’ai mis de l’engrais. Après trois semaines, les plantes ayant reçu du compost dépassaient nettement les autres en taille! Je me suis dit : ‘Je le savais.’ J’ai dit à mon frère que nous pouvions dorénavant utiliser l’argent qu’il nous envoie à d’autres fins. Je tiens seulement à remercier Fousseyni Diarra de la radio ORTM Ségou. C’est une vedette pour nous les agriculteurs. »

2. Renseignements de base sur l’Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique (IRRRA)

La présente section fournit des renseignements de base sur l’IRRRA. Elle explique comment a fonctionné le projet de l’IRRRA, présente et définit les Campagnes Radios Participatives (CRP) et les émissions portant sur les Services de renseignements sur les marchés (SRM), et décrit brièvement cinq CRP et donne une vue d’ensemble des émissions sur les SRM en vedette dans cette pochette.

Introduction à l’IRRRA
L’Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique (IRRRA) a enquêté sur la capacité de la radio à aborder et améliorer la sécurité alimentaire des petits exploitants agricoles dans cinq nations africaines : le Ghana, le Mali, l’Ouganda, la Tanzanie et le Malawi. Le projet a débuté en mai 2007 et s’est achevé en décembre 2010. L’IRRRA a été mise en oeuvre par Radios Rurales Internationales en partenariat avec l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), avec l’appui de la Fondation Bill & Melinda Gates.

L’IRRRA avait pour but de découvrir, de documenter et de disséminer les meilleures pratiques pour utiliser les communications axées sur la radio en vue d’améliorer la sécurité alimentaire en Afrique. Avant l’IRRRA, les investissements dans des émissions de radio agricoles supposaient que, étant donné que la radio est le médium le plus accessible et le plus pertinent pour les agriculteurs en Afrique sub-saharienne, les informations agricoles fournies à la radio étaient valables et utiles. Mais il y avait très peu de preuves tangibles pour corroborer cette affirmation. Très peu d’études avaient mesuré soigneusement les changements résultant de la programmation destinée aux agriculteurs. Il n’était pas clair non plus quel genre d’émissions de radio et quel genre de stations de radio pourraient être très efficaces pour rejoindre les agriculteurs, accroître leurs connaissances et les appuyer pour entreprendre des pratiques améliorées. Sans ces preuves, il était difficile pour les bailleurs de fonds et les autres fournisseurs de ressources de savoir si, comment et à quelle échelle investir dans la radio agricole. Par conséquent, un objectif clé de l’IRRRA consistait à recueillir des preuves sur la façon dont les connaissances, les attitudes et les pratiques des agriculteurs pourraient changer après avoir écouté des émissions de radio agricoles.

Pour recueillir ces preuves, l’IRRRA a aidé les stations de radio à élaborer, diffuser et évaluer une série de Campagnes Radios Participatives. Deux ‘séries’ de ces campagnes ont rejoint environ 40 millions d’agriculteurs. La première série de 24 campagnes a été achevée au milieu de 2009 et la seconde en juin 2010. Les évaluations des résultats de ces campagnes ont été effectuées respectivement en janvier 2010 et en juillet 2010.

Campagnes Radios Participatives (CRP)
Après avoir examiné les approches traditionnelles des campagnes radiophoniques, l’équipe de l’IRRRA et ses partenaires ont convenu qu’un nouveau modèle s’imposait. L’IRRRA a créé un modèle qui insistait sur la participation et le dialogue avec les agriculteurs et qui valorisait les agriculteurs comme des décideurs plutôt que comme des destinataires passifs de l’information diffusée par la radio.

Les CRP se sont concentrées sur l’aide apportée aux agriculteurs pour prendre une décision éclairée en vue d’adopter ou non une nouvelle pratique agricole. L’approche des CRP reconnaît que les agriculteurs comprennent et peuvent exprimer leurs propres besoins, peuvent évaluer les options s’ils ont les bonnes informations et peuvent prendre la décision d’adopter – ou non – une pratique en particulier. Elle incite activement les agriculteurs à identifier et à choisir le thème de la campagne. Elle met en vedette leurs voix, leurs points de vue, leurs préoccupations et leurs questions.

Les CRP ont été mises en oeuvre en suivant les huits étapes suivantes :

1) Évaluations communautaires rapides : Des évaluations participatives rapides (ÉPR) ont été effectuées dans 100 communautés (quatre par station de radio participante, chacune typique de la région desservie par la station de radio). Cette recherche a permis de recueillir des renseignements sur les besoins des agriculteurs et sur leur mode d’utilisation de la radio.

2) Sélection de l’amélioration : Les partenaires du savoir (par exemple les établissements de recherches agricoles et les services de vulgarisation des universités) ont été incités à contribuer à l’identication des pratiques agricoles établies. La CRP recherchait des pratiques qui avaient été évaluées et dont l’incidence était jugée positive sur la nourriture et la sécurité nutritionnelle des agriculteurs ruraux dénués de ressources, lors de leur adoption généralisée. La CRP favorisait des pratiques rudimentaires sur le plan technologique et pouvant être mises en œuvre avec des ressources facilement disponibles.

3) Recherche formative : Lors des discussions en groupes de réflexion, des informations ont été recueillies sur les connaissances, l’attitude et le comportement ou les pratiques des auditeurs concernant la pratique agricole, leurs habitudes d’écoute de la radio et leurs préférences concernant le style des émissions de radio. Les organismes qui fournissent un enseignement agricole et des produits et services connexes ont également été identifiés.

4) Conception de la campagne : Des ateliers ont rassemblé des employés de la radio, des agriculteurs, des agents de vulgarisation, des ONG locales et d’autres intervenants pour concevoir une CRP d’une durée de quatre à six mois. Le processus de conception a été appuyé par un Manuel des CRP produit par Radios Rurales Internationales. Chaque CRP comportait quatre étapes, avec des agriculteurs au cœur de chaque étape : 1) lancement de la campagne et identification de l’amélioration; 2) discussion de l’amélioration en rapport avec les besoins et les pratiques des agriculteurs locaux; 3) encourager les agriculteurs à prendre une décision éclairée au sujet de l’adoption de l’amélioration; 4) discussion sur la façon de mettre en œuvre l’amélioration, incluant la résolution des éventuels problèmes rencontrés.

5) Diffusion : Les campagnes ont été diffusées à une heure fiable, prévisible, à une heure que les agriculteurs avaient identifiée comme étant commode pour leur écoute.

6) Surveillance et évaluation : Les campagnes ont été évaluées en termes de leurs progrès en vue d’atteindre les objectifs fixés. Des correctifs ont été apportés à mi-parcours au besoin. Des données ont été recueillies par l’entremise de comptes rendus écrits de chaque épisode de la CRP, d’une analyse des rétroactions des auditeurs (par lettres, messages textes, courriels, appels téléphoniques, etc.), de discussions en groupes de réflexion (avec des hommes, des femmes et des jeunes dans les communautés d’écoute) et des observations détaillées « d’agriculteurs témoins » (trois par station de radio) – des agriculteurs ordinaires ayant accepté de noter leurs réactions suite aux émissions portant sur les CRP.

7) Évaluation sommative : Des assemblées publiques locales ont été organisées pour chaque station de radio et ses communautés associées. Grâce à ces discussions, nous avons identifié les forces, les faiblesses et les leçons tirées de la première série de CRP, ce qui nous a aidés à formuler des améliorations pour la deuxième série de campagnes. Les agriculteurs, les agents de vulgarisation, les radiodiffuseurs, les ONG partenaires et les autres intervenants se sont également rencontrés pendant un ou deux jours pour des discussions en petits groupes et des activités participatives.

8) Évaluation des résultats : À la fin de la deuxième série de CRP, une évaluation des résultats a été effectuée dans chaque pays. Les outils utilisés pour cette évaluation englobaient 4 500 sondages auprès des ménages (300 par station de radio) dans 90 communautés, des visites agricoles et des mesures sur le terrain, des entrevues avec des témoins privilégiés et la collecte de données provenant d’autres sources, comme les services nationaux de vulgarisation agricole.

Il convient de souligner que, même si les CRP ont nettement un rôle utile à jouer dans la programmation radiophonique destinée aux agriculteurs, elles ne constituent pas la seule forme de radio agricole dont les petits exploitants agricoles ont besoin. D’autres services, comme les Services de renseignements sur les marchés, les prévisions météorologiques et les émissions agricoles régulières sont également importants.

Instantané de quelques-unes des CRP réalisées par l’entremise de l’IRRRA
La présente section décrit brièvement cinq des CRP effectuées. Chacune de ces CRP est le sujet d’un texte contenu dans la présente pochette. Un certain nombre de textes additionnels portant sur d’autres CRP seront distribués au cours des prochains mois par l’entremise d’Agro Radio Hebdo.

1. La production fruitière en Ouganda (Mega FM, Gulu)

Pourquoi le choix de ce sujet?
Par suite de la guerre prolongée dans le nord de l’Ouganda, de nombreux arbres fruitiers ont été coupés, ce qui a constitué un grave revers pour les activités agricoles. Les agriculteurs se sont montrés intéressés à faire pousser davantage d’arbres fruitiers en vue d’améliorer la sécurité alimentaire de leurs ménages et en reconnaissant l’existence d’un marché favorable pour les fruits dans la région. La plantation d’arbres fruitiers allait aussi augmenter la densité des arbres dans une région fortement déboisée pendant la guerre. Une émission intitulée Tet tipuwaa ou « À l’ombre » a été lancée le 18 novembre 2009.

Mesures du succès
Voici les principaux objectifs de la campagne :

  • Augmentation du nombre de semis d’arbres fruitiers achetés et plantés par les agriculteurs
  • Accroissement de la superficie consacrée à la culture des arbres fruitiers
  • Nombre croissant d’agriculteurs à la recherche d’informations sur la culture des arbres fruitiers
  • Création d’un nombre accru de groupes d’agriculteurs

Messages clés contenus dans l’émission
L’émission a ciblé un certain nombre de messages clés, notamment :

  • L’importance et les avantages des arbres fruitiers
  • Les sources de semis d’arbres fruitiers de grande qualité
  • Des informations sur la commercialisation des fruits
  • Des informations sur les conditions climatiques et pédologiques appropriées pour faire pousser des arbres fruitiers
  • Les noms des principaux fournisseurs de services et les genres de services disponibles pour la culture des arbres fruitiers

Formats radiophoniques utilisés dans l’émission

  • Entrevues sur le terrain et en studio
  • Tribunes téléphoniques, messages textes et lettres
  • Micro-trottoirs
  • Musique

Résultats
La CRP a évalué les résultats dans trois différents types de communautés. Les membres des communautés d’écoute active (CÉA) étaient en mesure d’écouter la campagne et d’interagir avec les radiodiffuseurs et les partenaires du savoir, comme les agents de vulgarisation. Les membres des communautés d’écoute passive (CÉP) étaient en mesure d’écouter la campagne mais n’interagissaient pas avec les radiodiffuseurs ou les partenaires du savoir. Les communautés de contrôle (CC) ne pouvaient pas recevoir le signal radio ni interagir avec les radiodiffuseurs et les partenaires du savoir.

À la suite de la campagne sur la production fruitière, 46 % des agriculteurs des CÉA ont commencé à faire pousser des arbres fruitiers, comparativement à 31 % des agriculteurs des CÉP et à 5 % des agriculteurs des CC. En outre, une émission sur les Services de renseignements sur les marchés (menée en même temps) a abouti à l’obtention de meilleurs prix par les agriculteurs pour leurs fruits.

2. La transformation améliorée du beurre de karité au Mali (Radio Fanaka, Fana)

Pourquoi le choix de ce sujet?
Les femmes de Wolodo ont demandé de l’aide pour ajouter de la valeur aux noix de karité qu’elles récoltaient. Leur principale préoccupation consistait à tirer beaucoup plus d’argent du beurre de karité. Il s’agit de leur principale activité durant l’hivernage.

Mesures du succès

  • Nombre accru de femmes utilisant les méthodes visant à améliorer la transformation du beurre de karité
  • Formation de groupes de femmes pour améliorer la production et la commercialisation réussies du beurre de karité

Messages clés contenus dans l’émission

  • Comment recueillir le beurre de karité
  • La commercialisation des noix de karité
  • Les avantages d’une organisation sociale travaillant pour les femmes
  • Comment bâtir un groupe de femmes
  • Les étapes de préparation du beurre de karité amélioré
  • La commercialisation du beurre de karité

Formats radiophoniques utilisés dans l’émission

  • Entrevues sur le terrain, conversations enregistrées
  • Paysage sonore
  • Discussions communautaires, discussions en groupe
  • Tribunes téléphoniques
  • Mini-documentaire
  • Mini-dramatique

Résultats

  • Dans les CÉA, 41 % des agriculteurs ont commencé à utiliser la transformation améliorée des noix de karité depuis la campagne, comparativement à 21 % dans les CÉP et à 0 % dans les CC. En outre, la campagne a permis aux femmes de la région de former des organisations pour la promotion du beurre de karité.

3. Le vétiver au Malawi (Zodiak Broadcasting Station, Lilongwe)

Pourquoi le choix de ce sujet?
Un terrain vallonné couvre les trois quarts des terres dans la région de planification des servivces de vulgarisation de Mvera. Selon les agriculteurs locaux, le déboisement, l’érosion des sols et le ruissellement de l’eau de surface menacent le développement durable et la production agricole. L’utilisation du vétiver est considérée comme une méthode saine pour contribuer à contrôler l’érosion des sols et le ruissellement de l’eau de surface. Une émission intitulée Mlera nthaka ou « Conservation des sols » a commené à être diffusée le 7 novembre 2008 et sa radiodiffusion s’est terminée le 8 mai 2009.

Mesures du succès/objectifs

  • Sensibiliser les agriculteurs et les encourager à semer du vétiver
  • Sensibiliser les agriculteurs à l’importance du vétiver pour réduire l’érosion du sol
  • Donner aux agriculteurs des informations sur les semis et la gestion du vétiver
  • Connecter les agriculteurs avec d’autres institutions fournissant des services semblables

Messages clés contenus dans l’émission

  • Informations sur les variétés de vétiver et leurs qualités
  • Informations sur les avantages du vétiver
  • Informations sur l’obtention de semences de vétiver
  • Informations sur la façon d’établir et de gérer le vétiver

Formats radiophoniques utilisés dans l’émission

  • Tribunes téléphoniques sélectives, entrevues sur le terrain, discussions avec des spécialistes du sujet, des agents de vulgarisation et des agriculteurs
  • Conversations enregistrées, annonces publicitaires
  • Discussions communautaires, tribunes téléphoniques libres et chansons sur le vétiver écrites et chantées par les communautés
  • Rétroactions des auditeurs par le biais d’un programme mensuel de rétroaction, de lettres et de messages textes d’agriculteurs, par l’entremise du club des auditeurs de la radio et par des réunions d’évaluation dans les villages

Résultats

  • 44 % des agriculteurs ont commencé à semer du vétiver dans les CÉA depuis la campagne, comparativement à 45 % dans les CÉP et à 19 % dans les CC.

4. Compost au Ghana (Radio Ada, Big Ada, à l’est d’Accra)

Pourquoi le choix de ce sujet?
La terre dans la région entourant Radio Ada a été dégradée par l’érosion, les feux de brousse, l’exploitation abusive et l’acidification. Le principal problème auquel sont confrontés les agriculteurs locaux est la faible productivité, résultant de sols infertiles. Les agriculteurs et les autres intervenants ont estimé que l’information concernant l’utilisation du compost contribuerait à réduire l’infertilité des sols, à accroître les rendements et à augmenter la sécurité alimentaire des ménages par suite d’une meilleure disponibilité de nourriture toute l’année et à un revenu supérieur tiré de la vente des produits frais. En outre, comme la première CRP avait encouragé les agriculteurs à garder leurs animaux dans des enclos, tels les chèvres et les porcs, pour les empêcher de manger les cultures, les agriculteurs avaient une nouvelle source de fumier. La deuxième CRP s’est appuyée sur la première en trouvant une utilisation utile à ce fumier. Une émission intitulée Wabi nye ngla, wabi nye ngla yi ome ou « Agriculteurs et agricultrices, à vos houes » a été diffusée du 10 janvier au 25 mai 2010.

Mesures du succès

  • Davantage d’agriculteurs utilisant du compost
  • Davantage d’auditeurs demandant des informations sur l’utilisation du compost
  • Davantage d’agriculteurs pratiquant le paillage
  • Arrêt de la pratique du brûlage de la brousse

Messages clés contenus dans l’émission

  • Comprendre les causes de l’infertilité des sols
  • Comprendre la nécessité d’utiliser le fumier animal
  • Différentes méthodes d’application du fumier animal
  • Types de fumier animal
  • Informations sur la production et l’application du compost
  • Manutention et application appropriées du fumier animal

Formats radiophoniques utilisés dans l’émission

  • Entrevues en studio et sur le terrain avec des agriculteurs, des agents de vulgarisation et d’autres experts agricoles
  • Conversations enregistrées, discussions en groupe, discussions communautaires, dramatiques
  • Tribunes téléphoniques libres et sélectives, messages textes, micro-trottoirs

Résultats
Après la CRP, 68 % des agriculteurs avaient commencé à utiliser du compost dans les CÉA, comparativement à 48 % des agriculteurs des CÉP et à 0 % des agriculteurs des CC.

5. Une semence de maïs par trou de plantation au Malawi (Nkhotakota Community Radio, Nkhotakota)

Pourquoi le choix de ce sujet?
Le maïs est la deuxième denrée la plus importante dans la zone de diffusion de la radio. Une semence de maïs par trou de plantation augmente le rendement à l’hectare, diminue les besoins de désherbage et réduit l’érosion des sols. Le ministère de l’Agriculture a déjà établi des ceintures de verdure comme parcelles de démonstration des technologies innovatives et nouvelles, qui peuvent être utilisées pour les semis de maïs à raison d’une semence par trou de plantation. L’émission Phindu muulimi ou « L’agriculture productive » a commencé à être diffusée le 28 septembre 2009 et s’est terminée le 19 mars 2010.

Mesures du succès

  • Nombre accru d’agriculteurs adoptant la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation
  • Augmentation de la superficie cultivée en maïs à raison d’une semence par trou de plantation en comparaison de la pratique de semis traditionnelle (trois par station de plantation)
  • Vigueur de la croissance du maïs
  • Récolte exceptionnelle, par ex. 35 sacs à l’acre
  • Pas de mauvaises herbes dans les champs
  • Les champs devraient attirer davantage l’attention des passants qui viennent pour s’informer auprès du propriétaire
  • Les agriculteurs seront en mesure d’acheter toutes les choses nécessaires pour leurs foyers

Messages clés contenus dans l’émission

  • Informations sur la préparation des terres
  • Aborder les idées fausses concernant les semis de maïs à raison d’une semence par trou de plantation
  • Formation de groupes d’agriculteurs
  • Informations sur l’application du fumier et des herbicides
  • Informations sur le désherbage, la gestion des parasites et des maladies
  • Informations sur la tenue de registres
  • Informations sur la gestion des cultures

Formats radiophoniques utilisés dans l’émission

  • Entrevues en studio et sur le terrain
  • Tribunes téléphoniques libres et sélectives, envois de lettres
  • Poèmes
  • Discussions en groupe
  • Musique traditionnelle
  • Micro-trottoirs
  • Débats

Résultats
Dans les CÉA, 30 % des agriculteurs ont commencé la culture du maïs à raison d’une semence par trou de plantation, comparativement à 33 % dans les CÉP et à 13 % dans les CC.

Les émissions sur les Services de renseignements sur les marchés (SRM) au Mali, Ghana, Ouganda et Tanzanie

Pourquoi le choix de ce sujet?
Durant les évaluations participatives rapides en milieu rural, environ 80 % des répondants dans les cinq pays de l’IRRRA ont identifié les SRM comme un besoin. Les services existants n’avaient pas la pérennité, la fiabilité, ni l’efficacité nécessaires pour répondre aux besoins des agriculteurs. En réponse, le plan initial de l’IRRRA a été modifié pour inclure les SRM au lieu d’une troisième campagne.

Mesures du succès et messages clés
Les mesures du succès, les objectifs et les messages clés ont varié quelque peu selon les pays, même si toutes les émissions partageaient les mêmes buts et incluaient des messages appropriés pour atteindre ces buts :

  • les petits exploitants agricoles/les auditeurs sont habilités à améliorer leur position sur le marché vis-à-vis des négociants et des autres intermédiaires présents sur les marchés;
  • les agriculteurs sont mieux informés des prix sur les marchés voisins et régionaux;
  • les agriculteurs ont accès à un éventail d’autres renseignements sur les marchés qui améliorent les prix qu’ils reçoivent pour leurs produits par des moyens comme la mise en marché collective, un meilleur choix de cultures, ainsi qu’un entreposage et une transformation plus efficaces.

Formats radiophoniques utilisés dans l’émission
Les méthodes ont varié d’un pays à l’autre, mais chaque station de radio enquêtait et diffusait essentiellement les prix des marchés locaux et régionaux, souvent en direct du marché. Dans bien des cas, les agriculteurs étaient invités à téléphoner et à offrir leurs produits frais et à discuter des problèmes de commercialisation.

Résultats
Les émissions portant sur les SRM ont donné lieu à de nombreux cas de réussite. En voici deux :

  • Emelia Awakese dit que les émissions de Radio Ada sur les SRM dans la grande région d’Accra, au Ghana, ont été extrêmement utiles : « J’écoute les renseignements sur les marchés et je vais dans les endroits où les prix sont bas pour acheter des produits agricoles frais et ensuite je me rends sur les marchés où les prix sont élevés pour les revendre. Les gains tirés de la vente de mes propres produits agricoles frais ont doublé grâce à l’émission. En une seule saison, J’ai réussi à gagner 3 000 cédis ghanéens, dont une partie a servi à payer les frais de scolarité de ma fille et de mes deux fils. J’ai également utilisé 700 cédis ghanéens pour acheter des tôles en vue de recouvrir le toit de ma nouvelle maison. Et j’ai aussi économisé 1 000 cédis ghanéens à la banque. Je suis très enthousiaste. »
  • Nasur Odur déclare que l’émission portant sur les SRM sur Mega FM à Gulu, en Ouganda, l’a aidé à appliquer ses connaissances de l’utilisation des groupes d’agriculteurs pour regrouper les récoltes et les commercialiser. Cela a permis à son groupe d’agriculteurs d’avoir accès à des prix plus stables. Il affirme que l’information offerte par la radio a changé sa mentalité et lui a fait mieux comprendre la façon dont les agriculteurs peuvent fonctionner sur un marché : « Comprendre la valeur du tri et du classement des produits frais, entreposer et vendre en période de pénurie, établir des contacts avec les acheteurs et obtenir des mises à jour fréquentes sur les prix du marché ont été d’un grand secours pour les agriculteurs. » Après avoir exploré les plus gros marchés à Lira, Nasur s’est rendu compte de l’avantage d’acheter les produits frais à la récolte, puis de les entreposer et de les vendre lorsque les prix montent. Depuis 2010, il a augmenté sa superficie cultivée, construit une maison et embauché des ouvriers pour travailler sur ses terres. Ses enfants sont instruits jusqu’au niveau secondaire de deuxième cycle, leur nutrition s’est améliorée et il a ouvert un compte d’épargne dans une banque.

3. Comment les radiodiffuseurs peuvent-ils utiliser les CRP?

Les Campagnes Radios Participatives effectuées dans le cadre de l’IRRRA sont des projets intensifs, à long terme, qui exigent une recherche initiale, une planification minutieuse et détaillée, un réseautage entre de nombreux types d’intervenants durant toute la campagne et des processus d’évaluation complets. Elles ne sont donc pas faciles à reproduire.

Mais notre expérience et notre évaluation des CRP démontrent qu’elles ont un impact remarquable. Beaucoup de leçons tirées de la méthodologie des CRP peuvent être appliquées à d’autres formes de radio agricole. Ces leçons peuvent être mises en pratique par les stations de radio rurales partout, peu importe leur budget d’exploitation.

Voici quelques-uns des principaux enseignements tirés de nos CRP :

Impliquer les agriculteurs dans la programmation radiophonique : Les CRP ont démontré qu’en impliquant les agriculteurs dans le choix du sujet de la programmation, le choix de l’horaire de diffusion des épisodes (et des reprises) de la CRP, le choix ou même la création de la musique pour « l’indicatif musical », en leur donnant des occasions d’interagir avec les radiodiffuseurs – surtout au moyen des TIC comme les téléphones mobiles – et en interagissant continuellement avec eux durant toute la campagne, il en résulte une adoption supérieure de pratiques qui peuvent améliorer la sécurité alimentaire des ménages.

Incorporer les TIC : Les CRP ont démontré que les TIC constituent un outil précieux pour améliorer l’engagement et l’interaction des agriculteurs avec les émissions radiodiffusées et qu’elles augmentent l’écoute et améliorent l’efficacité des messages radiodiffusés.

Même les auditeurs passifs en bénéficient : Les CRP ont démontré que, même quand un petit nombre d’agriculteurs sont mobilisés par une station de radio sur une base continue et interactive, les auditeurs des autres communautés en bénéficient en s’informant sur des pratiques agricoles qui peuvent améliorer la sécurité alimentaire des ménages et en les adoptant. En outre, de nombreux agriculteurs de communautés plus éloignées, n’ayant pas entendu les radiodiffusions initiales, se montrent intéressés à acquérir plus de renseignements et de connaissances sur les pratiques et commencent à les appliquer.

Faites un plan en plusieurs épisodes avec des étapes et des objectifs. Si vous souhaitez que votre émission couvre un thème sur une période prolongée, cela vous aidera de dresser un plan pour l’ensemble de l’émission. Pensez aux différentes étapes ou phases et aux objectifs pour chaque phase. Planifiez les genres de formats que vous utiliserez. Élaborez une « histoire principale » qui se déroule durant toute l’émission, en servant de lien entre tous les éléments. Ce processus de planification aboutira à une émission mieux réalisée et plus divertissante qui atteint des résultats formidables.

Adoptez une approche « axée sur une histoire » pour votre émission destinée aux agriculteurs : Placer une « histoire » concernant un véritable agriculteur au cœur de votre émission la rendra plus mémorable, mobilisatrice et efficace. Une histoire de base est un bref récit qui transmet le message central d’une campagne sous la forme d’une histoire.
Plus précisément, dans l’histoire de base d’une campagne :

  • le caractère et la situation d’un agriculteur précis sont révélés;
  • l’agriculteur est aux prises avec le problème de la campagne;
  • l’agriculteur résoud le problème en agissant de lui-même et en mettant en oeuvre avec succès l’amélioration de la campagne.

Suivre les normes de diffusion V.O.I.C.E. : Radios Rurales Internationales et ses partenaires ont élaboré un ensemble de normes pour appuyer la planification et l’évaluation d’émissions de radio agricoles efficaces. Nous les appelons les normes V.O.I.C.E.

Valeur. Nous avons une grande estime pour les agriculteurs. Nous les respectons pour leur travail acharné. Ils produisent des aliments pour leurs familles et pour les marchés et sont souvent confrontés à d’importants obstacles. Nous parlons longuement avec les agriculteurs pour comprendre leur vie et pour savoir comment la radio peut les aider.

Opportunité. Nous donnons aux agriculteurs l’occasion d’utiliser la radio d’une façon qui les aide à être des participants actifs au développement. Nous les aidons à :

  • se faire entendre à la radio,
  • cerner les enjeux qui les préoccupent,
  • discuter de ces enjeux et, au besoin,
  • s’organiser afin d’améliorer leur situation.

Information. Nous offrons aux agriculteurs l’information dont ils ont besoin pour maintenir et améliorer la qualité de la vie rurale. Nous présentons l’information d’une façon qui aide les agriculteurs à la comprendre et à l’utiliser. Cette information comporte les éléments suivants :

  • des discussions entre agriculteurs locaux au sujet d’enjeux importants pour eux;
  • des nouvelles sur ce que font les agriculteurs dans d’autres régions et pays;
  • des rapports sur le prix des produits locaux et des dotations agricoles sur le marché;
  • des rapports sur le climat et d’autres facteurs importants pour l’agriculture;
  • des commentaires d’agents de vulgarisation et d’autres personnes qui appuient les agriculteurs;
  • de la recherche, des scénarios, des dramatiques, etc., fournis par des organismes qui appuient les agriculteurs (p. ex. Radios Rurales Internationales);
  • des messages et des instructions sur la façon de gérer les urgences comme les inondations;
  • des campagnes qui encouragent les agriculteurs à adopter à plus grande échelle des améliorations cernées par d’autres agriculteurs afin de renforcer la sécurité alimentaire d’une façon durable.

Constance. Les agriculteurs peuvent compter sur nous. Nous produisons un programme fiable et régulier diffusé au moins une fois par semaine à une heure convenable pour eux. Lorsque cela est nécessaire, nous diffusons la même émission deux fois par semaine afin de joindre à la fois les hommes et les femmes.

Envoûtement. Nous faisons tout notre possible pour produire des programmes que les agriculteurs trouvent à la fois irrésistibles et utiles. Les programmes agricoles ennuyants sont inexcusables!

4. Autres ressources sur l’IRRRA

Liste des rapports sur l’IRRRA

 

Acknowledgements

Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur en chef, Radios Rurales Internationales.
Révision : Kevin Perkins, directeur général, Radios Rurales Internationales.
Traduction : Jean-Luc Malherbe, Société Ardenn, Ottawa, Canada.