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1.
Introduction – Deux histoires véridiques sur les coopératives agricoles

Histoire 1
: Makuyuni se trouve sur la route principale entre Arusha et les parcs nationaux de Serengeti et de Ngorongoro en Tanzanie. Des flots de touristes traversent cette région. Mais, à quelques kilomètres de la route, vit un monde complètement différent. De petits expoitants agricoles cultivent de minuscules parcelles de terres arides. Des maisons simples sont éparpillées le long de pistes poussiéreuses et pleines de trous qui serpentent dans les collines. Beaucoup de gens doivent parcourir plusieurs kilomètres pour aller chercher de l’eau.

Le Centre coopératif suédois appuie le MWIWAMO, un réseau local de groupes d’agriculteurs de la région. Le MWIWAMO travaille à maints égards pour accroître les revenus des agriculteurs. «La majorité de nos membres sont en réalité des femmes», selon le travailleur sur le terrain Luhekelo Sanga. Les membres sont organisés en groupes d’une douzaine. Ils reçoivent une formation et des conseils individuels des travailleurs sur le terrain. L’égalité des sexes est un point de mire commun de leurs activités. Peu de femmes possèdent elles-mêmes des terres. Les femmes font la plupart du travail agricole, mais les hommes contrôlent les ressources et déterminent leur utilisation. Le MWIWAMO s’efforce d’identifier des façons d’accroître le revenu des petites niches agricoles qui sont traditionnellement identifiées comme du travail de femmes, telle la culture des légumes.

Les femmes qui collaborent avec le MWIWAMO ont également investi dans l’élevage des poulets. Maintenant qu’elles sont mieux informées sur l’alimentation, la prévention des maladies et les méthodes de construction de petits poulaillers, leurs activités ont pris de l’expansion et leur revenu a grimpé. L’apiculture et la production de miel ont également augmenté les revenus. De grandes ruches en bois pendent dans les arbres à l’extérieur de la maison d’Anna Saloni. Anna et les autres membres du groupe de l’apiculture ont été formées pour utiliser des ruches plus modernes en vue d’accroître la production de miel. Elles ont également appris comment conditionner le miel dans des bocaux avec de magnifiques étiquettes et comment aller plus loin que les marchés locaux, par exemple en ciblant les supermarchés.

Comme plusieurs autres femmes, Anna Saloni a reçu de l’aide pour construire un réservoir en terre pour emmagasiner de l’eau. Elle s’en sert aussi pour entreposer du maïs et d’autres récoltes qu’il faut protéger contre les rats et autres parasites.

Huit membres du MWIWAMO ont reçu une formation de deux mois comme paravétérinaires. «Surtout pendant la période des pluies, les animaux tombent souvent malades. J’essaie d’aider mes voisins du mieux que je peux», de dire l’un des nouveaux vétérinaires, Zakayo Saitabau.

Histoire 2
:
Une saine culture de tabac pousse dans les champs de Henry Chikanga Nyasulu et une énorme quantité de maïs sèche au soleil sur sa propriété familiale. Sa terre compte deux magnifiques maisons en briques avec une toiture en tôles ondulées. Nyasulu est trésorier de l’Association de petits exploitants agricoles de Joka au Malawi.

Né en 1966, M.Nyasulu a quitté l’école tôt parce que son père n’avait pas les moyens de payer ses frais de scolarité. Il a travaillé comme fermier au début des années 1990 et a été formé pour la culture du tabac. De retour chez lui, il a utilisé une partie de ses gains pour acheter du bétail et deux chèvres, a commencé à cultiver du tabac et s’est joint au Comité d’action collective du Club Msaope de Mawiri. La saison de végétation 1995-1996 a été bonne. M.Nyasulu a gagné plus d’argent que jamais dans sa vie – 22000 kwachas du Malawi (soit environ 145 $US).

Il était heureux de ses gains, mais le Club avait quelques problèmes, notamment la perte de ballots de tabac pendant le transport et la mise en marché. Alors, lorsque M. Nyasulu a entendu parler pour la première fois à la radio de la National Smallholder Farmers Association of Malawi (NASFAM) et de ses activités pour aider les petits exploitants agricoles, lui et les autres membres du Club ont décidé qu’ils pourraient bénéficier des conseils de la NASFAM. En 1999, le Club a été accepté et il est devenu l’un des membres fondateurs de l’Association de Joka.

Après son acceptation au sein de la NASFAM, des transporteurs sont venus dans les champs des agriculteurs pour ramasser les ballots et le Club a eu sa première saison sans pertes de tabac. M.Nyasulu pensait que les 22000kwachas qu’il avait gagnés en adhérant au Club était une grosse somme. Mais les profits de sa première saison comme membre de l’Association de Joka ont été trois fois supérieurs!

M. Nyasulu a reçu une formation de l’Association de Joka sur la diversification des cultures. Il a décidé d’élargir sa base de revenus et d’accroître sa sécurité alimentaire en faisant pousser davantage de cultures commerciales et de cultures vivrières, notamment le paprika et le maïs.

Le niveau de vie de M.Nyasulu a augmenté considérablement : «Dès l’instant où j’ai adhéré à l’Association, j’ai su que j’avais trouvé de l’or. Depuis lors, tout ce que j‘ai fait ce sont des profits. Au cours de cette seule période, j’ai acheté cinq vaches supplémentaires… La saison dernière, j’ai bâti une autre maison et, comme je cultive beaucoup de maïs, j’ai ajouté trois autres granges.» À la différence de bien des gens dans le village, il n’a plus à se soucier de nourrir sa famille.

Cette année, M.Nyasulu a cultivé trois acres et demie en tabac et il espère réaliser un profit net d’environ 80000 kwachas (à peu près 525$US). Il a également cultivé trois acres de soja, paprika et maïs et 12 acres de manioc. Interrogé sur le secret de son succès, M.Nyasulu n’a pas mâché ses mots : «Tout d’abord, je m’assure d’assister à toutes les rencontres de l’Association. C’est là que j’obtiens des informations sur les bonnes méthodes de culture. Je m’assure de suivre les conseils donnés par les conseillers de l’Association et de mettre en oeuvre ce que l’on m’a enseigné durant les formations de l’Association. Un autre facteur contributif est le fait que je surveille de près mes ouvriers et que je travaille avec eux, parce que je suis celui qui assiste aux formations et que je dois m’assurer que le travail de mes ouvriers est conforme à ce que j’ai appris.»

Il ajoute: «Par dessus tout, je dois mon succès à ma femme qui m’a aidé constamment depuis le moment où j’ai adhéré à l’Association – même si je dois admettre qu’au début je ne voulais pas l’impliquer complètement dans l’entreprise. Toutefois, mon attitude a changé radicalement lorsque l’Association a démarré le programme d’égalité des genres. C’est alors qu’on nous a enseigné l’importance de faire les activités agricoles avec nos épouses. Maintenant, je considère ma femme comme faisant partie de l’entreprise. Depuis lors, elle sait combien nous avons vendu et je la consulte sur les dépenses à faire et sur l’utilisation du reste de l’argent.»

2.

Renseignements de base sur les coopératives agricoles

La présente section donne des renseignements de base sur les coopératives agricoles. Veuillez consulter les ressources à la section 4 pour plus d’informations.

Définitions

L’Alliance Coopérative Internationale définit une coopérative comme «une association autonome de personnes réunies volontairement pour satisfaire à leurs aspirations et besoins communs dans les domaines économique, social et culturel, par la constitution d’une entreprise qui leur appartient conjointement et qu’ils contrôlent démocratiquement.»

Voici les sept principes coopératifs reconnus à l’échelle internationale :

  • adhésion volontaire et libre;
  • contrôle démocratique des membres;
  • participation économique des membres;
  • autonomie et indépendance;
  • éducation, formation et information;
  • coopération entre les coopératives; et
  • préoccupation à l’égard de la collectivité.

Unecoopérativeagricole ou d’agriculteursest un groupe dans lequel les agriculteurs regroupent leurs ressources de certaines façons. La plupart des coopératives agricoles en Afrique sont descoopératives de services agricoles, ce qui signifie qu’elles sont possédées et exploitées par les membres et offrent différentes sortes de services aux membres agriculteurs individuels. Il existe deux principaux types de coopératives de services agricoles, lescoopérativesd’approvisionnementet lescoopératives de commercialisation.Lescoopérativesd’approvisionnementfournissent à leurs membres les intrants pour la production agricole, y compris les services pour les semences, les engrais, le carburant et les machines. Lescoopératives de commercialisationaident leurs membres pour la transformation, l’emballage, la distribution et la mise en marché des produits agricoles (à la fois les cultures et le bétail). Certaines coopératives fournissent à la fois les services pour les intrants et l’aide à la mise en marché. En outre, les agriculteurs à l’intérieur et à l’extérieur des coopératives sont souvent tributaires decoopératives de créditpour financer à la fois le fonds de roulement et les investissements.

L’autre sorte de coopérative agricole, qui est beaucoup moins courante en Afrique, est unecoopérative de production agricoledans laquelle les ressources de production, comme les terres et les machines, sont regroupées et les membres cultivent conjointement.

Il conviendrait également de noter que les coopératives agricoles locales forment souvent des coopératives de deuxième niveau pour créer des économies d’échelle. Par exemple, un groupe de coopératives primaires pourrait collaborer pour construire des installations centrales d’entreposage, obtenir de meilleurs prix pour les intrants en vrac, vendre beaucoup plus efficacement et exercer une plus grande influence politique. Tout cela pourrait être atteint par la création d’entités coopératives plus grosses, par exemple régionales.

Les informations contenues dans cette section proviennent des sites Web suivants:

Avantages des coopératives

Les coopératives agricoles offrent trois sortes d’avantages– économiques, sociaux et politiques:

Avantageséconomiques:
Les coopératives agricoles créent des occasions pour les agriculteurs d’augmenter leur revenu. Cette situation peut atténuer la pauvreté aux niveaux local et national. Les coopératives peuvent aider les agriculteurs à accéder à des intrants agricoles, à des installations d’entreposage, à du crédit et à des renseignements sur les marchés, et elles peuvent améliorer la mise en marché de leurs produits. Les coopératives créent des possibilités d’emploi et permettent aux groupes défavorisés de s’organiser à leur avantage économique.

Avantagessociaux: Les coopératives offrent des avantages sociaux en protégeant leurs membres contre les risques et en s’attaquant aux importants problèmes sociaux. Les profits réalisés par les coopératives peuvent être utilisés au profit des membres comme ils l’entendent, par le biais d’une prise de décisions démocratique, par exemple en mettant sur pied des cliniques médicales et des garderies. Parmi les autres avantages sociaux des coopératives, mentionnons :

  • améliorer les conditions de vie et de travail des agriculteurs;
  • offrir des services financiers pour aider les membres à réagir aux problèmes inattendus;
  • mettre du crédit à la production et à la consommation à la disposition des petits exploitants agricoles;
  • offrir une assurance-production, uen assurance-santé, une assurance des frais funéraires et une assurance-vie et protéger les acheteurs contre l’adultération des produits de base; et
  • prendre des mesures sociales, comme des soins aux personnes âgées, aux enfants et aux personnes handicapées, et créer de l’emploi pour les personnes socialement défavorisées.
Avantagespolitiques:
Les coopératives peuvent jouer un rôle vital dans la vie publique et la société civile. Elles peuvent exprimer leurs points de vue sur les problèmes qui affectent le bien-être de leurs collectivités, y compris la conservation de l’environnement, les soins de santé publique et l’éducation. La contribution des coopératives à la vie civique repose sur le fait qu’elles fournissent aux membres des occasions de participer aux processus décisionnels démocratiques. Les principes d’adhésion volontaire et libre et de contrôle démocratique des membres garantissent que la coopérative est une école pour des valeurs comme l’honnêteté, la transparence et l’équité.

3.

Idées de production

Il existe de nombreuses façons de créer des émissions de radio efficaces et divertissantes sur les coopératives agricoles. Voici quelques suggestions.

Écrire et réaliser un feuilleton radiophonique de cinq minutes
sur un agriculteur qui adhère à une coopérative agricole pour aborder un ou des problèmes spécifiques relatifs au marketing des produits, à l’achat des intrants, à l’entreposage, aux pratiques agricoles ou à d’autres enjeux. Vous pourriez comparer à l’opposé son expérience positive avec celle d’un agriculteur confronté aux mêmes problèmes qui choisit de ne pas adhérer à une coopérative et ne reçoit pas les avantages de cette adhésion.

 

Interviewer les membres d’une coopérative
sur leurs expériences. Ces entrevues pourraient se dérouler dans les champs ou en studio. Voici quelques-unes des questions à poser.
  • Pourquoi avez-vous adhéré à la coopérative? Quels étaient les problèmes auxquels ils étaient confrontés et qu’ils espéraient résoudre en se joignant à une coopérative?
  • Quels avantages leur offre la coopérative – y compris les avantages économiques, sociaux et peut-être même politiques?
  • Qu’est-ce qu’ils aiment en particulier à propos de leur adhésion à la coopérative? Quelles choses pourraient mieux fonctionner dans la coopérative?
  • Comment sont-ils tenus de participer à la coopérative?
Interviewer un expert en matière de coopératives agricoles
d’un gouvernement, d’une ONG ou d’une organisation d’agriculteurs. Voici quelques questions à poser:
  • Quelles sortes de problèmes agricoles ou ruraux les coopératives abordent-elles avec efficacité?
  • Quels conseils avez-vous pour les agriculteurs qui sont intéressés à se joindre à une coopérative?
  • Les coopératives présentent-elles des avantages spécifiques pour les agricultrices?
  • Comment les membres des coopératives peuvent-ils s’assurer que les leaders (et les autres) gèrent les affaires de la coopérative équitablement et évitent la corruption?

 

Réaliser une émission avec une tribune téléphonique ou par l’envoi de messages-textes.
Invitez un expert en matière de coopératives agricoles ou des membres locaux d’une coopérative dans le studio et demandez-leur de faire une présentation sur la coopérative. Ensuite, invitez les auditeurs à envoyer des questions par téléphone ou par écrit sur des enjeux comme le fonctionnement de la coopérative, ses avantages, ses coûts et ses modalités d’adhésion.
Produire 4 à 6 annonces radiophoniques
sur les avantages des coopératives ou sur les étapes nécessaires pour créer une coopérative agricole. Chaque annonce pourrait débuter avec le même slogan « accrocheur» et aborder un élément important, notamment :
  • Comment les coopératives peuvent accroître les revenus des agriculteurs;
  • Comment les coopératives peuvent réduire le coût des intrants agricoles;
  • Comment les coopératives peuvent améliorer l’accès au crédit;
  • Comment gérer une coopérative pour minimiser la corruption; ou
  • Les sept principes des coopératives (voir ci-dessus).
  •  

    Organiser ou présider une table ronde
    sur les coopératives agricoles dans votre collectivité. Invitez divers représentants, notamment des agriculteurs progressistes, des leaders civiques et traditionnels, des entrepreneurs agricoles, des leaders ou des membres de groupes de femmes, des agents de vulgarisation et des représentants d’ONG. Si la discussion manque d’enthousiasme ou de divertissement, vous pourriez vous faire «l’avocat du diable» en citant quelques-uns des problèmes qui sont survenus dans des coopératives individuelles.
    Interviewer des membres de collectivités voisines (ou distantes)
    qui ont résolu avec succès des problèmes en créant une coopérative agricole ou en y adhérant. Faites un suivi avec une émission en tribune téléphonique ou par l’envoi de messages-textes qui considère si cette solution fonctionnerait pour les agriculteurs dans votre collectivité.

     

    Organisez un concours :
    invitez les auditeurs et les auditrices à présenter des poèmes ou des chansons sur les coopératives agricoles et offrez un prix aux meilleures propositions. Lisez tous les bons textes à l’antenne.

     

    4.

    Autres ressources sur les coopératives agricoles

    Quelques-unes de vos ressources les plus utiles seront les membres de coopératives agricoles locales. Ces personnes, surtout les membres de longue date mais aussi les nouveaux membres, peuvent offrir des idées sur le fonctionnement des coopératives et peuvent vous aiguiller vers d’autres personnes ayant des points de vue intéressants sur les coopératives. En outre, vous pouvez consulter les organismes, émissions de radio, documents en ligne/imprimés et vidéos qui suivent.

    Organismes-ressources centrés sur les coopératives agricoles

    Programmes-ressources et documents

    Émission de radio:

    Internet / documentsimprimés:

    Vidéo :

    Acknowledgements

    Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur en chef, Radios Rurales Internationales.
    Révision : John Juliandirecteur, Communications et politiques internationales, Association des coopératives du Canada.
    Traduction : Jean-Luc Malherbe, Société Ardenn, Ottawa, Canada.