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Script 94.17

Notes to broadcasters

Les coopératives offrent de nombreux avantages à leurs membres. Elles aident les agriculteurs à commercialiser leurs récoltes, à avoir accès aux intrants agricoles et à diversifier leurs revenus. Ce faisant, les coopératives permettent aux agriculteurs d’augmenter leurs revenus, d’améliorer leur sécurité alimentaire et les aident aussi à prendre soin de la santé de leurs familles et à s’occuper de l’éducation de leurs enfants.

À l’image d’autres agriculteurs, les membres des coopératives agricoles sont parfois confrontés aux problèmes liés à la commercialisation, aux revenus, à la viabilité de leurs entreprises agricoles et ainsi de suite. Mais lorsque tous les membres s’attaquent ensemble à ces problèmes, les solutions sont plus faciles à trouver.

Le présent texte concerne la coopérative de Ngolowindo située au Malawi, évoque les circonstances de sa création, de même que ses réalisations et les problèmes auxquels elle fait face. Il met également en lumière le dynamisme et les avantages des coopératives. Ce texte pourrait inciter les coopératives, les clubs, les associations et les particuliers à apprendre à atténuer leurs problèmes et leurs appréhensions et à montrer comment maximiser leurs profits tout en restant viables.

Le texte aborde les soucis financiers auxquels les coopératives sont confrontées. Vous pourriez interviewer un expert en entreprises coopératives après avoir diffusé ce texte. Pour avoir un bon plan d’affaires pour une coopérative, on doit s’assurer que les tarifs d’électricité et les taux pratiqués sur les remboursements des prêts couvrent les coûts d’amortissement du matériel de sorte que, par exemple, on puisse remplacer les pompes au besoin. Lorsqu’on reçoit du matériel par l’entremise de subventions, il est très important de s’assurer que les coopératives examinent de très près la manière dont elles vont se maintenir, en incluant les coûts d’entretien et le remplacement des actifs donnés. Peut-être que la coopérative pourrait obtenir un prêt à long terme et devrait s’assurer que les taux de remboursement du prêt permettent de couvrir le prêt et les autres frais généraux.

Le présent texte repose sur des entrevues réelles. Vous pourriez vous en inspirer pour faire des recherches et rédiger un texte sur un sujet semblable dans votre région. Ou encore vous pourriez choisir de produire ce texte dans votre station en utilisant des voix d’acteurs pour représenter les gens qui parlent. Si tel est le cas, veuillez vous assurer de prévenir votre auditoire, au début de l’émission, que les voix sont celles d’acteurs et non pas des personnes initialement impliquées dans les entrevues.

Script

Animateur :
Bienvenue, chers auditeurs et auditrices, à l’émission (nom de l’émission) qui vous est présentée tous les (nommez le jour) sur votre station de radio. Comme d’habitude, c’est moi (nom du radiodiffuseur) qui anime l’émission.

Montée de l’indicatif musical et fondu enchaîné sous la voix de l’animateur

Animateur :
Chers auditeurs et auditrices, nous allons vous raconter aujourd’hui l’histoire authentique de la coopérative de Ngolowindo, connue également sous le nom «la tomate toujours souriante». Nous découvrirons ensemble comment cette coopérative a vu le jour, quels obstacles elle a eu à franchir et quels ont été les principaux ingrédients de sa réussite. Quels types de problèmes les membres des coopératives ont dû affronter au cours des 27 dernières années. Vont-ils survivre aux sérieux problèmes auxquels ils sont confrontés? Telles sont les questions que nous allons aborder dans notre émission d’aujourd’hui.

(Pause) Ngolowindo se trouve dans la région centrale du Malawi, à environ 10 kilomètres à l’est de Salima. J’ai visité plusieurs fois la coopérative de Ngolowindo. C’est une coopérative dynamique et pleine de ressources possédant un fort potentiel. Vous aurez l’occasion de vous en rendre compte au cours de l’entrevue qui suit. Je vous laisse avec notre reporteur qui s’apprête à s’entretenir avec la présidente de la coopérative.

Musique pendant 10 secondes, puis sortie en fondu

Reporteur :
Bonjour Madame! Je m’appelle Gladson Makowa. J’aimerais vous parler de votre coopérative. Auriez-vous l’obligeance de vous présenter?

Eluby :
Je me nomme Eluby Tseke.

Reporteur :
Quel poste occupez-vous au sein de la coopérative de Ngolowindo?

Eluby :
Je suis la présidente de la coopérative de Ngolowindo.

Reporteur :
Quand cette coopérative a-t-elle vu le jour?

Eluby :
On a tout d’abord, en 1984, mis en place un système d’irrigation. Mais les vrais débuts de la coopérative datent de 2001.

Reporteur :
Comment a-t-on amorcé le projet d’irrigation?

Eluby :
Ce projet s’est mis en place comme n’importe quel projet de développement élaboré par le gouvernement. Il a pris forme avec l’Assemblée de district. Par la suite, le ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation, c’est ainsi qu’il s’appelait à l’époque, a donné son feu vert. Les représentants du Ministère ont rencontré l’Autorité traditionnelle en vue de l’informer et ils ont ensuite parlé du projet à tous les chefs de village. L’Union européenne a versé un peu d’argent et le gouvernement du Malawi s’est chargé de la gestion du projet.

Reporteur :
Comment est venue l’idée de se transformer en coopérative?

Eluby :
En 1998, le ministère de l’Irrigation a confié la responsabilité des systèmes d’irrigation à la population. Nous avons donc continué à travailler seuls. Puis, nous avons reçu quelques visiteurs du Collège de Bunda. Après nous avoir vu travailler d’arrache-pied et s’être rendu compte à quel point nous étions unis, ceux-ci nous ont conseillé de nous transformer en coopérative ou en association. Ils nous ont invités à communiquer avec le ministère de l’Industrie et du Commerce et à lui demander d’envoyer des représentants capables de nous donner de l’information sur les coopératives et les associations.

Reporteur :
Qu’avez-vous choisi?

Eluby :
Nous avons décidé de devenir une coopérative. Nous avions entendu dire qu’une coopérative était un groupe constitué de gens venus de leur plein gré et que les besoins et les problèmes de chacun étaient traités de manière égale. Les membres d’une coopérative contribuent financièrement au capital et partagent leurs idées, leurs intérêts et leur temps. Que la coopérative réalise des bénéfices ou enregistre des pertes, les membres partagent tout. Par conséquent, les gens ont voté à l’unanimité pour la création d’une coopérative.

Reporteur :
Quel est le secret du succès de votre coopérative et comment expliquer la longévité de votre groupe supérieure à 25 ans?

Eluby :
Une telle longévité s’explique par le fait que notre organisation répond aux besoins des gens. De plus, nous nous appuyons, au sein de la coopérative, sur différents comités responsables de questions diverses.

Reporteur :
Quels sont ces comités?

Eluby :
Nous avons un comité de gestion et, sous lui, d’autres sous-comités tels que ceux de l’irrigation, de la commercialisation, de discipline, du crédit, de l’éducation et des actifs.

Reporteur :
Quelles sont les tâches de ces sous-comités?

Eluby :
Le sous-comité des actifs s’occupe de tout ce qui touche aux outils et au matériel de la coopérative. Il loue des outils et s’assure que l’on retourne tout le matériel. Le sous-comité de discipline applique les règles et fait régner l’ordre parmi les membres.

Reporteur :
Quelles sont les règles de la coopérative?

Eluby :
Tu ne voleras point. Si un membre est surpris en flagrant délit de vol, il est aussitôt congédié. Tu ne commettras point d’adultère. Nous essayons de prévenir la pandémie de VIH et de sida parmi les membres. Nous veillons à ce que personne n’ait de relations sexuelles avec un autre membre du groupe. Si vous passez outre cet interdit, vous êtes automatiquement renvoyé.

Reporteur :
Cela veut-il dire qu’il est défendu d’épouser un autre membre du groupe?

Eluby :
Non. Nous voulons éviter toute promiscuité sexuelle au sein du groupe. Si un homme marié a des rapports sexuels avec une femme célibataire ou une femme mariée, c’est le renvoi immédiat des deux partenaires. Et si une femme mariée a des relations sexuelles avec un homme marié ou célibataire, tous deux sont également congédiés. Nous ne voulons pas que la coopérative soit la source de maladies transmissibles sexuellement, telles que le VIH et le sida, ni brise des mariages.

Reporteur :
Est-ce que les gens apprécient ces règles?

Eluby :
Oui, ils en sont très heureux. Et ce sont eux qui ont établi ces règles. Ce sont quelques-unes des règles qui permettent à la coopérative de bien fonctionner.

Reporteur :
En quoi consistent les tâches du sous-comité de la commercialisation?

Eluby :
Le sous-comité de la commercialisation achète les récoltes que les membres de la coopérative font pousser et les vend ensuite sur les marchés.

Reporteur :
Comment le sous-comité trouve-t-il ces marchés?

Eluby :
On trouve parfois les marchés avant même de commencer à cultiver et quelquefois au moment des récoltes. Nous nous entendons, avant le début de la saison agricole, sur la superficie qui sera cultivée, sur la quantité qui sera produite et sur nos acheteurs potentiels.

Reporteur :
D’autres agriculteurs ont du mal à trouver des marchés. Comment vous en sortez-vous?

Eluby :
Nous nous en sortons dans la mesure où la plupart de nos gros acheteurs nous connaissent bien. Ils savent qui nous sommes et que nous produisons des fruits et des légumes de grande qualité.

Reporteur :
Y a-t-il des différences entre les agriculteurs qui sont membres d’une coopérative et ceux qui ne le sont pas?

Eluby :
Oh oui, il y a de nombreuses différences! Les membres réalisent de bons profits, ce qui leur permet d’acheter et d’entretenir leur maison. Parfois, il ne pleut pas assez et les cultures vivrières de l’année sont insuffisantes, alors l’argent fait défaut. Quand cela arrive, nous sommes en mesure d’aider les membres à semer et à faire pousser davantage de cultures vivrières et aussi à gagner de l’argent grâce à un fonds alimenté par les profits tirés de la vente des produits agricoles d’hiver.

Reporteur :
Si un membre de la coopérative ne parvient pas à produire suffisamment durant la saison hivernale en raison de problèmes imprévus, avez-vous une assurance qui le couvre?

Eluby :
Nous n’avons jamais eu de problèmes liés au non-remboursement de prêts. Les agriculteurs se sont toujours arrangés pour rembourser tous leurs prêts.

Reporteur :
Oh, alors vous bénéficiez de prêts et de crédit!

Eluby :
Oui. Le sous-comité du crédit gère les prêts. Il distribue les prêts et collecte les remboursements auprès des membres de la coopérative.
Reporteur :
Quels genres de prêts?

Eluby :
La coopérative achète des intrants en vrac pour bénéficier de remises. Ensuite, elle distribue ces intrants à ses membres sous forme de prêt. Nous déduisons les remboursements de ces prêts au moment des récoltes. Nous accordons également des prêts afin que les membres s’approvisionnent en électricité pour le pompage de l’eau. La coopérative doit payer les redevances d’eau tous les mois. Les frais d’électricité pour le pompage de l’eau sont également comptabilisés dans le remboursement des prêts consentis aux agriculteurs.

Reporteur :
Comment collectez-vous l’argent pour payer l’électricité?

Eluby :
Nous facturons chaque billon. Nous établissons chaque année le nombre d’hectares que nous allons attribuer à chaque culture. Par exemple, si nous envisageons de cultiver deux hectares de tomates, nous facturons un montant fixe par billon. Chaque billon mesure 100 mètres de long.

Reporteur :
À combien se chiffrent les frais d’électricité par billon?

Eluby :
Actuellement, nous facturons 650 kwachas malawiens par billon, soit environ quatre dollars américains.

Reporteur :
Auparavant, quand j’étais venu visiter Ngolowindo, vous m’aviez dit que votre principal problème était lié aux frais d’électricité. Qu’en est-il aujourd’hui?

Eluby :
Les tarifs élevés d’électricité constituent encore un grave problème. Nous demandons toujours au gouvernement de finaliser les négociations avec le fournisseur d’électricité pour que nous puissions bénéficier d’une subvention sur le prix de l’électricité. Nos factures sont toujours très élevées.

Reporteur :
Combien payez-vous par mois?

Eluby :
Quand nous n’utilisons qu’une pompe, nous payons autour de 125 000 kwachas par mois (Note de la rédaction: environ 820$US).

Reporteur :
Combien vous versent les membres tous les mois?

Eluby :
Nous ne collectons pas l’argent tous les mois mais à chaque récolte, environ tous les trois mois pour les cultures irriguées. Les cultures irriguées sont récoltées tous les trois mois pendant la saison sèche. Puis, nous recueillons pas moins de 300000 kwachas par récolte (Note de la rédaction : environ 2 000 $US).

Reporteur :
Est-ce que 300 000 kwachas constituent une somme suffisante pour payer toute la facture d’électricité?

Eluby :
Ce n’est pas assez.
Nous parvenons à payer toute la facture d’électricité uniquement quand nous faisons pousser des cultures de grande valeur comme les tomates. Mais nous perdons de l’argent quand nous utilisons les pompes pour arroser le maïs. Le maïs n’est pas extrêmement rentable en comparaison avec des cultures de grande valeur comme les tomates.
Reporteur :
La coopérative a tenu pendant longtemps sans s’effondrer en dépit des tarifs d’électricité élevés. Qui vous soutient?

Eluby :
Avec l’appui du gouvernement, nous sommes – toujours – en négociation avec la compagnie qui nous fournit l’électricité. Cette compagnie nous dit qu’elle peut baisser ses tarifs si nous acceptons d’utiliser l’électricité seulement la nuit.

Reporteur :
Quand allez-vous signer cet accord?

Eluby :
Nous attendons que le ministère de l’Irrigation mette la touche finale aux négociations en notre nom.

Reporteur :
Avez-vous des employés auxquels vous versez un salaire?

Eluby :
Oui, nous en avons quelques-uns – un chauffeur, un caissier, un magasinier et deux gardiens.

Reporteur :
Si vous avez un chauffeur, cela signifie que vous avez une voiture. Comment vous l’êtes-vous procurée?

Eluby :
Entre 2002 et 2004, une organisation non gouvernementale italienne, du nom de Coopération pour le développement des pays émergents, a été financée par l’Union européenne. Et grâce à cette organisation, nous avons pu disposer d’une camionnette.

Reporteur :
Quoi d’autre cette ONG a-t-elle fait pour vous aider?

Eluby :
Les membres de cette ONG nous ont acheté ce véhicule; ils ont construit un entrepôt, une chambre froide, creusé un puits et installé une pompe. Ils ont agrandi le réservoir de stockage d’eau et accru la superficie des parcelles irriguées par des canaux, qui est passée de 14 à 17 hectares. Nous avons en outre reçu une formation en gestion de coopératives pendant six mois. Les activités se sont étalées sur trois ans.

Reporteur :
Comment vous assurez-vous que vos dépenses liées à l’eau sont alignées sur votre revenu?

Eluby :
Nous recueillons l’argent des agriculteurs durant la vente des récoltes. Habituellement, nous nous mettons d’accord avec les membres sur le prix d’achat avant qu’ils ne cultivent la terre. Le prix auquel nous achetons leurs récoltes est fixé par la coopérative. Ce prix est légèrement inférieur au cours réel du marché. C’est parce que les fonds utilisés par la coopérative pour payer ses employés et régler les autres frais généraux sont prélevés à la source. Nous déduisons également en amont les coûts de l’électricité, des intrants et les autres dépenses.

Reporteur :
Pouvez-vous nous donner un exemple des prix que vous offrez aux agriculteurs et de vos prix de vente sur d’autres marchés?

Eluby :
Nos prix de vente dépendent de la demande sur le marché. Mais nous tâchons de vendre à un prix plus élevé que celui d’autres négociants. Par exemple, si l’offre sur le marché est de 80 kwachas le kilo, il est possible de payer à l’agriculteur 60 kwachas par kilo. Nous utilisons une balance et nous payons au kilo, tandis que d’autres petits négociants achètent «à vue de nez». Les agriculteurs savent que nous sommes plus justes que d’autres vendeurs. Nous ne marchandons pas; nos prix sont fixes. Nous achetons tous les produits de nos membres et nous tirons ensuite des plans pour savoir quoi faire avec les prochaines récoltes. Les autres vendeurs achètent juste assez pour eux-mêmes, autant qu’ils sont capables de gérer.

Reporteur :
Vous avez parlé de prêts consentis aux agriculteurs. En quoi diffèrent-ils des prêts des autres banques?

Eluby :
Nous achetons les choses en vrac à un prix avantageux. Sur ce prix d’achat bon marché, nous faisons payer 15% d’intérêt alors que les banques exigent entre 25 et 35% d’intérêt. Rappelez-vous, nous ne prêtons qu’à nos membres.

Reporteur :
Est-ce que les membres bénéficient de cette aubaine?

Eluby :
Les agriculteurs sont satisfaits. Certains ont construit des maisons, acheté du bétail, payé les frais de scolarité au secondaire pour leurs enfants et d’autres personnes à charge et ils ont bénéficié de plein d’autres avantages.

Reporteur :
Puisque les gens apprécient de faire partie de la coopérative, combien de membres comptez-vous?

Eluby :
Nous avons 145 membres et nous sommes en train d’examiner attentivement les demandes de 25 autres membres potentiels.

Reporteur :
Quelles sont les qualités que vous recherchez chez un membre?

Eluby :
Nous ne voulons pas de personnes reconnues coupables de vols, ni de gens atteints d’épilepsie. Nous avons un réservoir à eau qui est toujours ouvert ainsi que de grands canaux, alors nous ne voulons pas avoir d’accidents avec des personnes atteintes d’épilepsie. Nous voulons des gens qui travaillent dur. Nous les connaissons du fait que ce sont des gens avec lesquels nous vivons dans les villages.

Reporteur :
Si un membre de la coopérative a perdu un des ses proches et a des problèmes, quel appui reçoit-il?

Eluby :
Nous avons un compte d’aide sociale auquel tous les membres contribuent. Ce compte permet de venir en aide à ceux qui ont de graves problèmes, tel que l’enterrement d’un proche, qu’il s’agisse d’un enfant, d’une femme ou d’un mari. Notre coopérative a des membres chrétiens et musulmans. Nous accordons notre soutien à nos membres en accord avec leur foi.

Reporteur :
Quels sont les problèmes majeurs auxquels la coopérative est confrontée?

Eluby :
À l’heure actuelle, les trois pompes de nos trois puits sont en panne. Par conséquent, cette année nous n’avons pas encore commencé les cultures irriguées. Nous avons planté, mais il y a eu une pénurie d’eau à cause des pompes endommagées. Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles pompes. C’est le plus terrible problème que nous ayons jamais connu. Rappelez-vous qu’une grande partie de nos revenus sert à payer les frais d’électricité très élevés et que nous sommes toujours en négociation avec notre fournisseur d’électricité pour faire baisser ces tarifs. De plus, nous ne pouvons pas compter sur une clientèle stable capable d’acheter tous nos produits. Nous avons quelques acheteurs mais nous avons besoin d’avoir accès à davantage de marchés. Et les marchés que nous avons trouvés n’offrent pas de possibilités d’agriculture sous contrat. Voilà nos problèmes majeurs!

Reporteur :
Si vous n’avez pas commencé sérieusement les travaux agricoles cette année, qu’allez-vous faire pour vous assurer de faire pousser des cultures d’hiver ?

Eluby :
Nous avons porté les pompes chez des électriciens et des mécaniciens mais ils nous ont dit qu’elles étaient complètement usées et que nous devions les remplacer. Nous voulons en acheter des nouvelles avant la fin de la saison d’irrigation. Nous discutons toujours de ce sujet dans notre groupe.

Reporteur :
Le gouvernement achète des pompes pour d’autres petits exploitants agricoles… est-ce que cela vous a aidés ?

Eluby :
Le gouvernement ne nous a pas encore accordé son aide. Peut-être qu’il est toujours en train d’examiner de quelle façon il peut nous aider.

Reporteur :
Quel est le prix des pompes sur le marché?

Eluby :
Une petite pompe durable se vend 300 000 kwacha (2000$US). Les grosses pompes, comme celles que nous utilisons, coûtent environ 800000 kwachas (5250$US).

Reporteur :
Allez-vous pratiquer la culture irriguée cette année?

Eluby :
Notre saison d’hiver débute en février. Nous avons planté des tomates en février mais cela n’a pas donné le résultat escompté en raison de la pénurie d’eau. En ce moment, nous cherchons toujours des moyens de trouver une pompe.

Reporteur :
Avez-vous suffisamment de fonds dans le compte de votre coopérative pour continuer à fonctionner?

Eluby :
Je ne vous révèlerai pas le montant mais ce n’est pas la fin de l’existence de la coopérative. Nous nous rencontrons encore pour tenter de régler ce problème des pompes à eau. Nous allons essayer de négocier avec plusieurs compagnies pour qu’elles acceptent le versement d’un acompte et le paiement du solde plus tard. C’est une de nos options.

Reporteur :
Mais, au moins, vous avez assez d’argent pour verser un acompte à une compagnie – c’est bien cela?

Eluby :
Nous avons assez d’argent pour verser un acompte pour une petite pompe, mais nous estimons que ce n’est pas un bon choix pour un «grand jardin» comme le nôtre. Nous avons besoin d’une plus grosse pompe. C’est pourquoi je vous dis que nous cherchons toujours d’autres solutions.

Reporteur :
Pourriez-vous utiliser des pompes à essence?

Eluby :
Non, absolument pas. Elles ne peuvent pas faire le travail dont nous avons besoin. Nos puits ont 70 mètres de profondeur et les pompes à essence ne peuvent pas effectuer cette tâche. Et même si elles y parvenaient, le coût de fonctionnement serait plus élevé.

Reporteur :
Finalement, qu’allez-vous faire pour que Ngolowindo, la tomate toujours souriante, continue de sourire, comme le dit votre devise?

Eluby :
J’encourage tous les membres à rester unis et à contribuer à l’achat de la pompe qui nous est nécessaire afin que nous puissions continuer à profiter de la vie comme par le passé. Je demande aussi à tous les amis qui nous veulent du bien de nous aider à résoudre ce problème.

Reporteur :
Je vous remercie d’avoir partagé ces moments avec nous. Aujourd’hui, nous avons entendu Madame Eluby Tsekwe, présidente de la coopérative de Ngolowindo à Salima, au Malawi, qui nous a éclairés sur la gestion des coopératives, sur leurs avantages, mais aussi sur quelques-uns des défis auxquels elles sont confrontées.

N’oubliez pas que, dans une coopérative, vous échangez des idées et partagez les gains et les pertes. Comme le disaient les vieux sages : plusieurs cerveaux valent mieux qu’un et il est préférable de se joindre à un groupe où vous pouvez apprendre quelque chose. Formez des clubs et améliorez vos connaissances et votre pouvoir de négociation. Au micro votre reporteur, Gladson Makowa.

Acknowledgements

Rédaction : Gladson Makowa, étudiant à l’Université d’agriculture et de ressources naturelles de Lilongwe, au Malawi.

Révision : John Julian, directeur, communications et politiques internationales, Association des coopératives du Canada.
Traduction : Jean-Luc Malherbe, Société Ardenn, Ottawa, Canada.

Information Sources

Entrevue avec Mme Eluby Tsekwe, présidente de la Coopérative de Ngolowondo, district de Salima, région centrale du Malawi, le 2 juin 2011.