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Script 94.2

Notes to broadcasters

Mega FM est basée dans la ville septentrionale de Gulu, en Ouganda. La station de radio a été créée par le gouvernement britannique par l’entremise du ministère du Développement international, en partenariat avec le gouvernement ougandais. Mega, qui signifie « mien » en dialecte lwo, est réputée pour ses actions pacificatrices dans une région qui a connu pendant deux décennies l’un des conflits les plus violents au monde – la rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur. La radio a pour mission de fournir des informations pertinentes, opportunes et précises sur de meilleures pratiques agricoles, sur les entreprises agricoles et sur d’autres enjeux agricoles. Pour ce faire, elle fait appel à des spécialistes de divers secteurs agricoles.

En 2008, Mega FM a collaboré au projet de l’IRRRA (Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique) de Radios Rurales Internationales, une recherche-action visant à mesurer l’efficacité de la radio comme outil d’amélioration de la sécurité alimentaire des agriculteurs africains. Cette recherche visait également à voir de quelle manière les TIC peuvent aider la radio à informer plus efficacement les agriculteurs de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Ghana, du Mali et du Malawi sur tout ce qui touche à la sécurité alimentaire.

La culture des arbres fruitiers a fait l’objet de la deuxième campagne radio diffusée par Mega FM et faisait suite à la première campagne ayant trait à la promotion de l’apiculture moderne. Les deux campagnes se sont étalées sur six mois. Ce sont les agriculteurs des trois communautés de Coo Pee, dans le district de Gulu, d’Abululyek, dans le district d’Oyam, et de Pagak, dans le district d’Amuru, qui ont décidé de se concentrer sur l’arboriculture fruitière. Ce sont les trois communautés de recherche où les agriculteurs ont adopté la production fruitière tout en écoutant la campagne radio. Figurent au nombre des autres communautés de recherche la communauté de contrôle qui n’a pas du tout écouté la campagne et les communautés d’écoute passive qui ont écouté la radio sans aucun contact avec les radiodiffuseurs et sans le soutien du secteur de la vulgarisation agricole.

Du fait de la poursuite de la guerre dans la région, bon nombre d’arbres fruitiers ont été coupés, ce qui, aux dires des agriculteurs, a constitué un grave revers pour leurs activités agricoles. Les agriculteurs ont manifesté leur intérêt pour la culture plus intense des arbres fruitiers en vue d’améliorer leur sécurité alimentaire et parce qu’il y a un marché facile pour les fruits. Par exemple, une compagnie de jus de fruits appelée Britania achète toutes sortes de fruits pour faire les jus. Au nombre de ces fruits figurent les oranges, les mangues et les ananas. En outre, les agriculteurs ont choisi l’arboriculture fruitière afin d’augmenter la densité des arbres dans la partie nord de l’Ouganda, qui a été fortement déboisée pendant la guerre.

Une émission intitulée Tet tipuwaa ou « À l’ombre » a été lancée le 18 novembre 2009. De plus, Mega FM a lancé une émission pilote sur les TIC dans laquelle des messages textes sur la production fruitière ont été envoyés aux agriculteurs et leur ont annoncé les émissions à venir.

Pour obtenir plus de détails sur le projet de l’IRRRA, consultez le site Web de Radios Rurales Internationales à l’adressehttp://frrp.wpengine.com/francais/partners/afrri/index.asp.

Le présent texte repose sur des entrevues réelles. Vous pouvez vous inspirer de ce texte pour faire des recherches et rédiger un texte sur un sujet semblable dans votre région. Ou encore vous pourriez choisir de produire ce texte dans votre station de radio en utilisant des voix d’acteurs pour représenter les gens qui parlent. Si tel est le cas, veuillez vous assurer de prévenir, au début de l’émission, que les voix sont celles d’acteurs et non pas des personnes initialement impliquées dans les entrevues.

Script

Personnages :

  • Réalisatrice de l’émission agricole – Grace Amito

Agriculteurs chefs de file dans leurs communautés :

  • Tom Okello (agriculteur)
  • Janet Akot (agricultrice)
  • Peter Okwera (agriculteur)

Agents de vulgarisation :

  • Samuel Abwola, agent forestier du District, Gulu (homme)
  • Tombo Nyombi, gestionnaire des parcours, Autorité nationale des forêts (homme)

Animatrice :
Bonjour, chers auditeurs et auditrices, je m’appelle Grace Amito et je suis la réalisatrice et la présentatrice de l’émission agricole, ici sur Mega FM, dans le nord de l’Ouganda.

L’agriculture est le pivot de l’économie ougandaise et elle emploie plus de 70% de la population, dont 80% de femmes. Elle représente 43% du produit intérieur brut du pays. L’agriculture ougandaise dépend de la saison des pluies et repose sur des technologies de base telles que le sarclage. Quatre-vingt-dix pour cent des travaux agricoles sont effectués par de petits exploitants agricoles sur des parcelles de terre d’environ un hectare seulement. Il est essentiel de réformer l’agriculture en Ouganda afin d’améliorer l’économie du pays. Les stations de radio telles que Mega FM ont joué un rôle prépondérant dans la réforme de l’économie.

Mega FM diffuse des émissions agricoles du lundi au vendredi. L’émission aborde des sujets qui vont de l’élevage à l’apiculture en passant par la culture du riz, des haricots, des pommes de terre et des arbres fruitiers, pour ne citer que quelques exemples.
En novembre 2009, Mega FM a collaboré à l’Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique, ou IRRRA, pour diffuser une série d’émissions faisant la promotion des arbres fruitiers dans le nord de l’Ouganda. L’émission sur les arbres fruitiers s’intitulaitTetipu waa, ce qui signifie «À l’ombre». Cette émission était diffusée tous les mercredis de 14 à 15heures. La plupart des émissions étaient préenregistrées. Mais, une fois par mois, nous avions une émission-débat en direct où j’ai invité des spécialistes du ministère des Forêts et de l’Autorité nationale des forêts pour répondre aux questions des agriculteurs et aborder leurs sujets de préoccupation. J’étais la présentatrice et la réalisatrice de l’émission et j’étais assistée en studio par Nickie Afaya.

Les auditeurs pourraient se poser la question suivante: «Qu’est-ce qui prouve que les agriculteurs – femmes, hommes et jeunes – s’intéressent à l’arboriculture fruitière?» On peut répondre à cette question en disant que ce sont les agriculteurs des trois communautés d’écoute active de Coo pee, d’Abululyec et de Pagak qui ont choisi cette pratique. Durant les discussions avec la station de radio, avec le personnel de l’IRRRA et avec les autres collaborateurs, les agriculteurs ont confié que l’amélioration de la culture des arbres fruitiers devait être au centre de la campagne radio. Et, dans la région, la culture des arbres fruitiers a reçu beaucoup d’appui. Quelques agriculteurs s’adonnaient déjà à l’arboriculture fruitière et les conditions météorologiques de la région sont propices à ce genre de culture. En outre, il y a un marché facile pour les fruits au nord de l’Ouganda et dans les environs. Les arbres fruitiers cultivés dans la région produisent des mangues, des oranges, des avocats, des jaquiers, des fruits de la passion, des goyaves, des papayes, des ananas et des bananes.

De nombreux experts ont aussi apporté leur soutien aux agriculteurs tentés par la production fruitière. Ainsi, la section pépinières de la Faculté des sciences agronomiques de l’Université de Gulu a greffé des variétés améliorées dont les agriculteurs ont pu obtenir de jeunes plants. De plus, le bureau de district des Services consultatifs agricoles nationaux, l’Autorité nationale des forêts et le Département de foresterie du district ont collaboré étroitement avec les agriculteurs. Des groupes d’agriculteurs ont également travaillé à la commercialisation des fruits.

Je serai de retour en ondes après une courte pause musicale pour vous en dire plus long au sujet de la Campagne Radio Participative de Mega FM sur la culture des arbres fruitiers.

Courte pause musicale

Animatrice :
Bienvenue de nouveau à notre émission sur la Campagne Radio Participative de Mega FM portant sur la culture des arbres fruitiers.

Durant la campagne, Mega FM a voulu communiquer quelques messages clés aux agriculteurs:
Premièrement, améliorer les plants, faire mûrir les jeunes plants d’arbres fruitiers.
Deuxièmement, expliquer les avantages de l’arboriculture fruitière.
Troisièmement, expliquer les pratiques de bonne gestion, y compris l’application des engrais, la lutte contre les parasites et les maladies, le désherbage, l’élagage et l’irrigation pendant les périodes de sécheresse.
Quatrièmement, donner des informations sur la gestion après récolte des arbres et des fruits, sur la commercialisation des fruits et sur la tenue des dossiers concernant la commercialisation des fruits.

Nombre d’autres sujets ont été abordés durant la campagne et notamment :

  • l’ajout de valeur aux fruits comprenant l’entreposage et le transport des arbres et des fruits, les marques des produits et la préservation des fruits;
  • la conservation des espèces d’arbres indigènes et des terrains boisés;
  • le rôle important tenu par les arbres indigènes relativement à l’habitat de la faune, au fourrage pour les abeilles, aux matériaux de construction, aux fines herbes, à l’alimentation animale et aux médicaments destinés aux animaux et aux humains;
  • les arbres fruitiers en tant que source de revenus;
  • la façon dont les arbres empêchent l’érosion des sols;
  • la valeur nutritionnelle des fruits;
  • la valeur médicinale des arbres fruitiers;
  • la création d’emplois par le secteur de la foresterie;
  • les arbres comme brise-vent;
  • les arbres pour délimiter des frontières.

Mega FM a également effectué une expérience sur l’utilité des messages textes durant la campagne radio. Cette expérience avait pour objectif de voir comment les technologies interactives de l’information et des communications, ou TIC, pourraient améliorer l’aptitude de la radio et inciter les agriculteurs à adopter davantage de pratiques agricoles, telle que la culture des arbres fruitiers. Avant l’émission, j’ai reçu une formation portant sur l’utilisation du matériel des TIC, modem y compris. On a demandé à la réalisatrice de regrouper les numéros de téléphone des agriculteurs dans les régions cibles. On a ainsi pu recueillir 500 contacts téléphoniques que l’on a téléchargés dans l’ordinateur.

Les agriculteurs ont pu obtenir des informations, via les messages textes, concernant la disponibilité d’un matériel végétal de qualité pour différentes variétés provenant des fermes et des pépinières voisines. Cela a permis aux agriculteurs de se procurer du matériel végétal sans avoir à effectuer de longs déplacements. Les messages textes comprenaient aussi d’autres informations sur l’arboriculture fruitière et les prix du marché.

Durant la campagne radio sur les arbres fruitiers, la station a également envoyé des messages textes aux auditeurs des communautés d’écoute active pour les aviser de la tenue des émissions futures afin qu’ils puissent les capter au bon moment et suivre la campagne radio. Ces messages ont été envoyés au moins 30 minutes avant la diffusion de la campagne. On a invité les personnes ayant reçu ces messages à aviser les autres membres de leur communauté, par le bouche à oreille, étant donné qu’ils n’avaient pas de téléphone mobile.

Après la campagne, l’IRRRA et Mega FM ont interviewé des agriculteurs des trois communautés pour déterminer l’impact des messages textes sur les cotes d’écoute des campagnes radios et sur l’utilité des autres informations envoyées via les messages textes. On a interrogé 20 personnes dans chaque communauté – cinq hommes adultes, cinq femmes adultes, cinq jeunes hommes et cinq jeunes femmes.
Les émissions portant sur la Campagne Radio Participative, et notamment les services de messages textes, ont reçu de nombreux éloges, principalement parce que les agriculteurs ont obtenu des prix tout à fait convenables de la part des acheteurs.

Courte pause musicale

Animatrice :
Je dois reconnaître que, en tant que diffuseur, la Campagne Radio Participative a grandement contribué à changer ma programmation radiophonique. Ainsi, le nombre de mes auditeurs a augmenté. C’est parce que les messages textes que j’ai envoyés ont attiré de nombreux auditeurs. Je me souviens qu’un des agriculteurs affirmait dans son village, en se vantant, qu’il fallait passer par lui pour pouvoir parler à la populaire animatrice!

La plupart des gens – y compris le personnel de Mega FM – avaient tendance à penser que l’émission agricole était uniquement destinée aux pauvres et aux illettrés. Mais, à présent, c’est devenu l’émission favorite! J’ai accueilli nombre de visiteurs, à la fois des agriculteurs et des spécialistes en foresterie, qui sont venus pour éclaircir des choses et voulaient savoir de quelle manière ils pourraient collaborer avec la station de radio.

J’ai aussi commencé à vendre des plants greffés et améliorés provenant du centre de la National Agricultural Research Organization de Kawanda et j’ai gagné pas mal d’argent. J’ai acheté des mangues et des oranges greffées pour 1800 shillings ougandais, à Kampala, et je les ai revendues 2500 shillings pour couvrir le coût du transport jusqu’à Gulu. En 2009, j’ai vendu 45000 mangues et oranges greffées à des agriculteurs et à des institutions. La majorité des autres négociants les vendaient pour 3500 shillings, mais mon prix (2500 shillings) a séduit de nombreux acheteurs.

Nous serons de retour après une courte pause pour demander à quelques agriculteurs quelle influence a eue sur eux la Campagne Radio Participative.

Courte pause musicale

Animatrice :
Maintenant il est temps d’écouter quelques agriculteurs. Voici Tom Okello, un agriculteur d’Abululyec.

Tom Okello :
J’ai été très heureux de recevoir des messages textes qui incluaient les prix du marché. J’ai toujours été roulé par les intermédiaires qui m’offrent les plus bas prix pour mes produits.

Animatrice :
Janet Akot est une agricultrice du district d’Oyam, en Ouganda. On lui a demandé si elle avait tiré profit des prix du marché via les messages textes.

Voici ce qu’elle a répondu:

Janet Akot :
J’avais l’habitude de vendre ma récolte à un prix très bas du fait que je n’étais pas du tout au courant des fluctuations du marché. Je me sentais souvent désorientée quand je faisais affaire avec les négociants. Je pensais que je devais accepter la première offre qui se présentait. Les informations sur la culture des arbres fruitiers m’ont beaucoup encouragée à commencer à planter des arbres pour améliorer mon revenu. J’ai un certain nombre de manguiers et de papayers, mais je ne savais pas que les fruits me feraient gagner ma vie.

Animatrice :
Voici à présent l’agriculteur Peter Okwera.

Peter Okwera :
La première fois que j’ai reçu des messages textes sur mon téléphone mobile, il s’agissait des derniers prix du marché. J’ai également reçu des informations sur les négociants qui offraient des aubaines, plus des renseignements de base sur la culture des arbres fruitiers. Maintenant, je peux choisir ce que je vais planter puisque j’ai toutes les informations de base dont j’ai besoin. Je peux aussi informer mes collègues et mes amis. Je peux leur dire quel prix ils devraient obtenir. Je peux même encourager plus d’agriculteurs à cultiver des arbres fruitiers.

Animatrice :
Mega FM a envoyé des informations via des messages textes sur les prix du marché et sur la culture des arbres fruitiers. Nous avons aussi dit aux agriculteurs quelles organisations gouvernementales pouvaient les aider à financer des projets agricoles et de quelle manière ils pouvaient se constituer en groupes.

Dans le cadre de l’émissionTetipu waa, on a interviewé un certain nombre d’agriculteurs et de spécialistes du ministère de la Foresterie. L’un d’entre eux s’appelait Samuel Abwola et était agent forestier dans le district de Gulu. Quand on lui a demandé comment les agriculteurs pourraient tirer profit de la culture des arbres fruitiers, il a tenu à dire ce qui suit.

Samuel Abwola :
Les arbres fruitiers purifient l’environnement en nettoyant l’air, en améliorant la qualité du sol, en empêchant l’érosion, en créant un habitat animal et en maintenant les sources d’eau précieuses. Ils améliorent également la nutrition. Une plus grande communication entre les acheteurs et les vendeurs génère une plus grande confiance. La compréhension s’améliore. Lorsque les agriculteurs ont plus de connaissances, ils sont mieux en mesure de comprendre et d’utiliser des produits agricoles commerciaux tels que les tracteurs, les pesticides, les engrais et le fumier. Les compagnies d’approvisionnements agricoles sont également plus disposées à explorer le marché des petits exploitants agricoles. Les émissions de radio ont donc joué un rôle important dans le processus.

Animatrice :
Tombo Nyombi est le gestionnaire des parcours de l’Autorité nationale des forêts. Interrogé sur l’apport de la radio pour diffuser des informations liées à l’agriculture et sur l’envoi des messages textes, il a répondu ceci :

Tombo Nyombi :
Jusqu’à 80% des ménages de Lamwo, mon village, possèdent un poste de radio. La radio demeure la principale source d’informations pour bien des gens. Dans mon village, qui compte 40 familles, nous n’avons pas d’électricité. L’avantage des téléphones mobiles, c’est que l’on n’a pas besoin de les recharger très souvent. On peut les apporter dans les centres commerciaux locaux et les faire recharger pour seulement 500 shillings ougandais (Note de la rédaction : environ 0,20$US).

Animatrice :
Écoutons de nouveau l’agent forestier du district, Samuel Abwola.

Samuel Abwola :
La culture des arbres dans les petites fermes et aux alentours offre de nombreux avantages aux familles d’agriculteurs. Les arbres fournissent des produits nécessaires à un ménage tels que le bois de chauffage, les matériaux de construction, les fruits et d’autres aliments provenant des arbres. Ils fournissent des intrants agricoles tels que le fourrage pour les animaux et le paillis vert. Ils réduisent les risques environnementaux des agriculteurs en empêchant l’érosion et la dégradation des sols. Et ils participent à la stabilité financière des fermes en ajoutant à la diversité et à la répartition saisonnière des produits agricoles.

Pour que les agriculteurs puissent tirer pleinement parti de la culture des arbres fruitiers, les Services de renseignements sur les marchés – tels que ceux qui reçoivent l’appui des ministères de l’Agriculture – devraient fournir régulièrement les prix des fruits ainsi que ceux des céréales et des autres produits de première nécessité. Sans ces indications, les agriculteurs demeurent plongés dans l’ignorance. Ils ne savent pas quel prix demander au moment des négociations. Les services de vulgarisation devraient être formés pour aider les agriculteurs à développer et à utiliser les informations sur les marchés. Ces services devraient, entre autres choses, aider les agriculteurs à développer le marketing collectif afin que leurs fruits aient accès aux marchés internationaux.

Animatrice :
Tom Okello, quelles sont les premières étapes qui conduisent au succès de la production d’arbres fruitiers?

Tom Okello:
Tout d’abord, un agriculteur doit décider de la taille de la ferme qu’il peut gérer. Vous devez vous demander de combien d’argent vous avez besoin pour mener le style de vie que vous souhaitez avoir ou qu’il vous faut. Le Service national de conseils agricoles fournit gratuitement des plants d’arbres fruitiers. Mais cela ne sert à rien de planter beaucoup d’arbres fruitiers si vous n’avez par les fonds pour soutenir une grande production. Il vaut mieux commencer petit puis s’agrandir au fur et à mesure de l’augmentation de votre revenu.

Découvrez quels sont les meilleurs plants à cultiver pour atteindre vos objectifs. Apprenez à bien prendre soin de vos arbres et à les protéger des maladies. Trouvez d’autres personnes gérant leurs exploitations agricoles avec succès et tirez-en des enseignements.

Animatrice :
Voici maintenant l’agriculteur Peter Okwera.

PeterOkwera:
Après avoir écouté les émissions de radio sur les ondes de Mega FM, j’ai choisi de planter environ 40 orangers, qui donnent en particulier les oranges de Valence. J’ai eu auparavant quelques expériences malheureuses en plantant des arbres mais la culture des orangers n’a posé aucun problème. Lorsque l’émission a été diffusée, il semblait que planter des arbres fruitiers et en tirer profit était aussi simple que de compter jusqu’à un! J’ai pris ma décision et j’ai acheté des oranges de Valence à un expert agricole du district qui avait participé à des émissions de radio. Les orangers ont à présent trois ans. Les arbres ont commencé à produire des fruits à la fin de l’an dernier. Mais ils n’ont pas produit beaucoup de fruits. Quand j’ai communiqué avec l’homme qui m’avait vendu les arbres fruitiers, il m’a dit que les tiges des orangers n’étaient pas encore assez solides pour supporter de nombreux fruits. Je suis heureux toutefois de voir que la taille des oranges que j’ai cueillies était vraiment étonnante et elles étaient si agréables à regarder. J’ai pu vendre les oranges 1000 shillings ougandais pièce (Note de la rédaction : environ 0,40 $US), comparativement à 50 shillings (environ 0,02$US) pour des oranges de la région.

Animatrice :
Merci. Nous reviendrons en ondes après une courte pause pour conclure notre émission sur la Campagne Radio Participative de Mega FM qui concerne la culture des arbres fruitiers.

Courte pause musicale

Animatrice :
Avant la campagne à la radio, la dégradation de l’environnement dans le nord de l’Ouganda avait atteint des niveaux alarmants en raison du conflit de longue date. Durant les 20 années d’insurrection, les arbres ont été coupés sans discernement pour le bois d’œuvre et le bois de chauffage. Cela a provoqué l’érosion des sols et une diminution de leur fertilité. De manière incroyable, de vastes étendues de forêts, qui avaient auparavant protégé les bassins de captage de l’eau et empêché l’érosion des sols, ont été complètement détruites. Aujourd’hui, les pluies irrégulières causent de l’anxiété aux agriculteurs. La période entre novembre et avril, normalement consacrée aux cultures et à la récolte, devient de plus en plus imprévisible.

La Campagne Radio Participative sur la production fruitière a aidé à résoudre ces problèmes. Elle a contribué à améliorer la sécurité alimentaire des ménages en encourageant la consommation de fruits, en augmentant la disponibilité du bois de chauffage pour la cuisson et en accroissant le revenu des ménages grâce à la vente de fruits sur les marchés disponibles.

À la suite de la campagne, de nombreux agriculteurs se sont lancés dans la culture des arbres fruitiers. Dans les communautés qui pouvaient écouter les émissions de radio, recevoir des messages textes et le soutien des agents de vulgarisation, 46% des agriculteurs se sont mis à l’arboriculture fruitière. Dans les communautés qui pouvaient écouter les émissions mais ne recevaient ni soutien, ni informations, 31% des agriculteurs ont commencé la culture des arbres fruitiers. Et dans les communautés qui ne pouvaient pas écouter les émissions, seulement 5% des agriculteurs se sont lancés dans la culture fruitière.

En 2009, la demande pour les semis d’arbres a augmenté. Comme je l’ai mentionné plus haut, j’ai vendu 45000 plants greffés. En outre, bon nombre d’agriculteurs ont consulté les services de vulgarisation. Les jeunes étudiants en agriculture sont plus conscients des avantages de la plantation d’arbres. Des agriculteurs ont également consulté la station de radio au sujet de la plantation d’arbres. Au total, un pourcentage accru de jeunes, de femmes et d’hommes se sont mis à la culture fruitière.

Les agriculteurs qui ont commencé la culture d’arbres fruitiers poursuivent aujourd’hui cette même activité. Le programme a débuté en 2009, si bien que la plupart des arbres plantés par les agriculteurs poursuivent leur croissance.

Chers auditeurs et auditrices, tout a un début et une fin. Je suis désolée, mais je vais devoir vous quitter. Rappelez-vous que la culture fruitière est la voie à suivre si nous voulons promouvoir le développement durable. Ici Grace Amito qui vous dit au revoir et à la prochaine fois.

Acknowledgements

Rédaction : Grace Amito, Mega FM, lauréate du Prix George Atkins de la communication 2010 et réalisatrice de l’émission agricole sur 102 Mega FM, Gulu, un partenaire radiodiffuseur de Radios Rurales Internationales.
Révision : Emily Arayo, ancienne coordonnatrice nationale de la recherche, IRRRA-Uganda.
Traduction : Jean-Luc Malherbe, Société Ardenn, Ottawa, Canada.

Information Sources

Entrevues avec des agriculteurs :

  • Tom Okello, 13 février 2011
  • Janet Akot, 13 février 2011
  • Peter Okwera, 28 mars 2011

Agents de vulgarisation :

  • Samuel Abwola, agent forestier du District, Gulu, 27 mars 2011
  • Tombo Nyombi, gestionnaire des parcours, Autorité nationale des forêts, 14 avril 2011

Autres renseignements :