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La lutte contre les ravageurs des cultures et des récoltes est complexe et coûteuse. Elle requiert des moyens humains et matériels importants.

L’agriculture est le socle du développement humain. Au Mali, l’agriculture compte pour 43% du produit intérieur brut et 30% des revenus d’exportation. Trois quarts de la population active sont impliqués dans l’agriculture. L’importance de l’agriculture dans le développement économique du Mali est donc une évidence. Cependant, vu l’état de l’agriculture au Mali, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour parvenir à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaires.

Chaque année, les agriculteurs subissent des pertes significatives en matière de production céréalière. Les causes sont bien connues des cultivateurs: les aléas climatiques et les attaques des ravageurs de toutes sortes (principalement les oiseaux granivores, les rongeurs et les mauvaises herbes).

Ce texte est une interview réelle avec une rizicultrice malienne. Elle explique comment elle utilise des épouvantails et des bandes de cassettes dans son champ afin de faire fuir les oiseaux prédateurs.

Ce texte est basé sur d’authentiques interviews. Il pourrait vous servir d’inspiration pour conduire une recherche ou pour écrire un autre texte sur un sujet similaire touchant votre région. Alternativement, vous pourriez choisir de produire ce texte dans votre station, en ayant recours aux voix d’acteurs pour représenter les personnages. Le cas échéant, veuillez vous assurer d’informer l’auditoire, au début de l’émission, que les voix sont celles d’acteurs, et non celles des personnes impliquées dans l’interview originale.

Script

PERSONNAGES

Assétou Sidibé, animatrice
Kamboula Sakiliba, rizicultrice
Lassana Sidibé, riziculteur

Générique de l’émission

ANIMATRICE :
Mesdames et Messieurs, soyez les bienvenus sur le plateau de l’émission. Notre thème aujourd’hui est la riziculture, en particulier, la lutte contre les oiseaux ravageurs.

Générique de l’émission, puis fondu

ANIMATRICE :
Le défi numéro un à relever pour les riziculteurs maliens, c’est la lutte contre les oiseaux ravageurs qui leur posent tant de problèmes. Mais à toute difficulté, on trouve une solution.

La solution de Madame Kamboula Sakiliba, c’est l’utilisation de statuettes et de bandes de cassettes pour protéger ses champs.

Traditionnellement, la lutte contre les ravageurs se faisait de façons bien différentes. Lassana Sidibé est riziculteur. Quelles étaient ces méthodes-là, M. Sidibé?

LASSANA SIDIBE :
Autrefois, nous chassions les oiseaux ravageurs avec des frondes que nous fabriquions nous-mêmes. Nous formions des groupes et nous nous cachions dans des arbres. Lorsque nous voyions les oiseaux venir, nous lancions des pierres à l’aide de nos frondes et, immédiatement, les oiseaux s’enfuyaient.

ANIMATRICE :
Utilisiez-vous d’autres instruments?

LASSANA SIDIBE :
Oui, nous fabriquions aussi un autre instrument appelé balafon. Nous partions couper des branches d’arbres dans la forêt pour fabriquer cet instrument dont le son est très doux. Comme avec les frondes, nous montions sur les arbres et nous jouions de l’instrument lorsque nous voyions les oiseaux venir. Cela les faisait fuir aussi.

Pause musicale

ANIMATRICE :
Kamboula, vous êtes rizicultrice. À quel moment les oiseaux ravageurs commencent-ils à venir dans les champs de riz?

KAMBOULA SAKILIBA:
Ils commencent à venir dans les champs lorsque le riz a suffisamment poussé et que les panicules commencent à mûrir. Les oiseaux viennent alors sucer les grains laiteux et les avalent. Si vous ne les chassez pas à ce moment-là, il ne restera rien dans le champ.

ANIMATRICE :
Comment les combattez-vous?

KAMBOULA SAKILIBA:
Nous leur faisons peur en déguisant les troncs d’arbres. Quand les oiseaux voient les troncs d’arbres dans les champs, ils pensent que se sont des personnes parce que nous leur mettons des vêtements comme des épouvantails. Cela leur fait peur. Nous avons une autre méthode utilisant des bandes de cassettes. Nous collectons les vielles cassettes, nous en retirons les bandes et nous les attachons aux pousses de riz. Quand le vent souffle, les bandes font des bruits qui font fuir les oiseaux. Même s’il ne vente qu’un petit peu, les bandes restent en mouvement parce qu’elles sont si fines.

Pause musicale

ANIMATRICE :
Est-ce que ce sont les seules méthodes que vous utilisez pour chasser les oiseaux ravageurs?

KAMBOULA SAKILIBA:
Il y a aussi la méthode chimique utilisant des insecticides. Mais cette méthode est dangereuse. Elle peut nuire à la santé humaine et animale, surtout s’il y a surdosage. Si on utilise des insecticides dans les champs de riz, et que les oiseaux avalent le grain, ils risquent d’en mourir. On sait que les enfants se promènent partout, même dans les champs. S’ils voient des oiseaux tomber, ils les font cuire pour les manger. Ils peuvent tomber gravement malades et même mourir, à cause du poison que les oiseaux renferment. Les animaux domestiques tels que les bœufs, les chèvres et les moutons qui passent peuvent aussi brouter les pieds de riz et s’empoisonner.

Moi-même, je n’ai jamais utilisé cette méthode. J’utilise les épouvantails et les bandes de cassettes.

ANIMATRICE :
Comment avez-vous découvert cette méthode utilisant les bandes de cassettes?

KAMBOULA SAKILIBA:
C’étaient les enfants qui nous l’avaient montrée. Ils avaient l’habitude de ramasser des vielles cassettes, d’en enlever les bandes et d’en faire des cerfs-volants. Les cerfs-volants produisaient des bruits qui les amusaient beaucoup. Nous avons pensé que cela pourrait être un bon moyen de chasser les oiseaux de nos champs. Alors, on a fait un test et cela a bien été. Maintenant, les gens attachent des bandes de cassettes partout dans les champs.

ANIMATRICE :
Quels avantages tirez-vous de cette méthode?

KAMBOULA SAKILIBA:
Les avantages sont énormes car cela a réduit de beaucoup notre charge de travail. Les enfants n’ont plus besoin d’aller dans les champs pour faire fuir les oiseaux. Et les rendements se sont aussi beaucoup améliorés.

Pause musicale

ANIMATRICE :
Kamboula Sakiliba, nous vous remercions d’avoir partagé vos expériences avec nous.

Chers auditeurs et auditrices, nous étions dans le champ de Kamboula Sakiliba. Elle nous a fait part de son expérience en matière de lutte contre les oiseaux ravageurs dans les champs de riz.

Nous vous remercions pour votre attention.

Au revoir!

Générique de l’émission, puis fondu

Acknowledgements

  • Rédaction: Assétou Sidibé, Animatrice/Productrice à ORTM-Bamako, Mali, un partenaire radiodiffuseur de Radios Rurales Internationales.
  • Révision: Paul Van Mele, Responsable du Programme Apprentissage et systèmes d’innovation / Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice)
  • Dramane Tounkara, Radio Fanaka
  • Bureau IRRRA (conseils et saisie de données)
  • Kamboula Sakiliba, rizicultrice, interviewée le 30 octobre, à Kalban-Coro/Bamako
  • Lassana Sidibé, chasseur de moineaux, interviewé le 30 octobre, à Kalban-Coro/Bamako

Des remerciements très particuliers sont adressés aux organisations suivantes : Commonwealth of Learning (COL), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le gouvernement du Canada par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), La Fondation canadienne Donner, l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Inter Press Service (IPS) Afrique et le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), pour leur appui du concours de rédaction de textes radiophoniques sure les innovations des petits exploitants agricoles.

Information Sources