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Mangochi est un district au Malawi, en bordure du lac Malawi. La majorité des habitants de Mangochi travaillent comme pêcheurs ou petits exploitants agricoles. Dans le passé, un certain nombre de collectivités du district n’avaient pas accès à de l’eau potable. Il en résultait des éclosions de maladies d’origine hydrique. À l’époque, les villageois ne réalisaient pas que ces éclosions étaient reliées au fait de boire de l’eau non potable. Les maladies hydriques ont peut-être ralenti le développement dans la région, parce que les flambées de maladies ont empêché les gens de participer à des projets d’entraide. Au lieu de cela, ils étaient malades ou s’occupaient des malades. Hilda Jambo, journaliste à la Station de radio communautaire Dzimwe, fait un reportage depuis Mangochi sur la façon dont les gens ont résolu leurs problèmes d’eau et d’assainissement.

Le présent texte est un mélange d’entrevues et des extraits sonores de villageois qui discutent de la situation de l’eau et de l’assainissement dans leur village. Un chef du village est interviewé et nous entendons les voix d’autres membres de la collectivité qui ont aussi été interviewés. Si vous souhaitez changer le format afin que toutes les discussions soient présentées comme des entrevues, il faut modifier légèrement les paroles de la journaliste. Une autre option consiste, comme d’habitude, à utiliser ce texte comme un guide ou une inspiration pour effectuer des entrevues dans votre propre collectivité. Quels sont les problèmes auxquels font face votre collectivité ou les collectivités voisines? Comment se sont regroupés les membres de la collectivité pour aborder ces problèmes? Quels défis ont-ils rencontrés et comment les ont-ils relevés? N’oubliez pas qu’il vaut toujours mieux recourir aux propres paroles de gens. En outre, lorsque vous parlez des solutions aux problèmes d’eau et d’assainissement, mettez-y beaucoup de détails sur les technologies utilisées pour résoudre leur problème.

Script

HILDA JAMBO :
Je m’appelle Hilda Jambo et je suis journaliste à la Station de radio communautaire Dzimwe. Je suis à Nsumbi 1, un village éloigné dans le district de Monkey-Bay Mangochi au Malawi, à trois kilomètres de la Station de radio communautaire Dzimwe à Mangochi. Le village de Nsumbi compte quelque 9 000 habitants. Environ 60 % de la population sont des pêcheurs, tandis que les 40 % restants sont des agriculteurs.

La population de Nsumbi 1 a augmenté car des migrants sont arrivés, à la recherche de rivages de pêche et de débouchés commerciaux. En conséquence, les familles ont moins de terres, en moyenne 900 mètres carrés. La région est proche du lac et repose sur des sols sablonneux, ce qui complique le creusage des puits et des toilettes.
Même si le gouvernement et des agences non gouvernementales ont fini par mettre la collectivité au courant de la menace posée par les maladies d’origine hydrique, il fut difficile de trouver des solutions viables au problème d’assainissement en l’absence d’une source d’eau potable.

J’ai parlé au chef Nsumbi, qui a expliqué les problèmes d’assainissement dans son village.

CHEF NSUMBI :
Je suis le chef des villages groupés de Nsumbi, de l’Autorité traditionnelle Nankumba. Dans le passé, les gens de mon village avaient l’habitude de boire l’eau directement du lac. Nous n’utilisions habituellement pas de chlore pour tuer les germes contenus dans l’eau. Parfois, nous utilisions du chlore mais cela ne marchait pas parce qu’on ne l’employait pas de la bonne façon. Par conséquent, nous avions des poussées de maladies d’origine hydrique comme le choléra et la diarrhée. Bien des gens ont perdu la vie. Vous pouvez voir que notre collectivité repose sur du sable, si bien qu’il était difficile de construire des toilettes. Les gens qui ont réussi à construire des toilettes ont constaté qu’elles s’effondraient moins de 20 jours après leur construction. Les villageois ont donc continué à déféquer dans la nature – dans le sable ou dans les buissons.

HILDA JAMBO :
Comment avez-vous abordé ce problème?

CHEF NSUMBI:
Je n’avais pas l’esprit tranquille, étant donné que beaucoup de gens mouraient d’une flambée de choléra. Pendant les réunions communautaires, les gens me demandaient sans cesse de faire quelque chose au sujet de ce problème. J’ai décidé de prendre des mesures, puisque je suis un surveillant du village. J’ai présenté le problème à un Comité de développement régional, qui fait partie de notre administration locale, et j’ai demandé de l’aide. La question a été transmise à l’Assemblée du district, qui a contacté d’autres personnes dans le district de Mangochi.

HILDA JAMBO :
Quelle a été la réponse?

CHEF NSUMBI :
Vision Mondiale Internationale et le Conseil de l’eau de Monkey-Bay ont entendu parler de nos problèmes et sont venus travailler dans mon village en 2001. Ils ont installés trois robinets communaux et deux trous de forage, ce qui a considérablement réduit les problèmes d’accès à l’eau et de maladies hydriques. Ils ont utilisé des briques, de petites pierres et du ciment pour construire des puits et des forages solides. Mais comme il y a tellement de gens dans la région, les forages n’étaient pas suffisants. Un autre genre de réaction est venu par le biais d’un club d’écoute radiophonique de notre village appelé Le développement par la radio. Ce club d’écoute radiophonique d’auditeurs réalise des émissions radiophoniques sur les enjeux du développement. Ces émissions sont diffusées à la Station de radio communautaire Dzimwe et à la Malawi Broadcasting Corporation.

HILDA JAMBO :
J’ai rencontré la présidente du club d’écoute radiophonique d’auditeurs Le développement par la radio de Nsumbi 1, qui m’a expliqué le rôle qu’ils jouent pour s’attaquer aux problèmes d’eau et d’assainissement à Mangochi.

CECILIA MILANZI :
Je m’appelle Cecilia Milanzi. Je suis du village de Nsumbi 1 et j’ai 42 ans. En 1998, nous avons entendu dire que la Station de radio communautaire Dzimwe émettrait à partir de Mangochi et qu’il y aurait un club d’écoute radiophonique Le développement par la radio. C’était passionnant parce que cela signifiait que les collectivités auraient une voix à la radio pour parler des défis rencontrés. Ensuite, si des partisans favorables, soit une organisation non gouvernementale soit un organisme gouvernemental, écoutent l’émission, ils peuvent nous aider à prendre des mesures.

En tant que village de Nsumbi, nous estimions que c’était le moment idéal pour soulever nos problèmes d’eau et d’assainissement. Notre club d’écoute radiophonique discuta de la question de l’eau et des toilettes et enregistra une émission sur la situation dans le village. L’émission fut diffusée à la Station de radio communautaire Dzimwe et à la Malawi Broadcasting Corporation, ce qui incita les travailleurs en santé environnementale à se pencher sur le sujet. Des fonds furent débloqués pour acheter du ciment afin de construire des toilettes familiales, mais ce ne fut suffisant que pour 10 familles. Ce projet particulier ne fut pas continué parce que le financement était limité. Toutefois, les collectivités collaborent actuellement avec l’Agence islandaise de développement international, également appelée ICEIDA, sur des projets d’eau et d’assainissement.

HILDA JAMBO :
J’ai rencontré un autre homme qui est un membre de la collectivité dans le village de Nsumbi et qui a donné son point de vue sur les problèmes d’eau et d’assainissement, et sur la façon dont la collectivité les a surmontés

LAWE :
Je m’appelle Lawe et je suis du même village que le chef Nsumbi. J’avais deux enfants. Malheureusement, l’un d’eux est mort. Celui qui a survécu m’a fait grand-père de huit petits-enfants. Je voudrais commenter les propos du chef du village. Oui, il est vrai que, pendant les réunions du village, notre chef recevait des plaintes au sujet de nos problèmes d’eau et d’assainissement. Depuis lors, le chef du village et les villageois ont fait de leur mieux pour surmonter les problèmes. Aujourd’hui, Nsumbi va mieux. Au moins, nous avons des forages et des robinets communaux. Mais, comme nous avons tellement d’habitants, il n’y a pas assez d’eau, car l’offre n’est pas suffisante pour l’ensemble de la collectivité. Nous avons seulement trois robinets communaux et deux forages pour 9 000 habitants.

À l’heure actuelle, nous avons un très gros défi avec les toilettes, puisque notre région est sablonneuse et qu’il est difficile de construire une bonne toilette. Mais il semble que nous surmonterons bientôt ce problème par le biais du nouveau projet de l’ICEIDA. Le gros problème dans nos villages surgit durant la saison des pluies, parce que des gens dépendent encore d’une eau potable non traitée, qui apporte le choléra et la diarrhée dans le village. Nous avons demandé au chef de notre village de s’assurer que les familles ont au moins des toilettes. Si nous avons du ciment, les gens peuvent construire leurs propres toilettes. Nous venons tout juste d’apprendre que l’ICEIDA va venir nous aider dans le cadre d’un projet en matière d’eau et d’assainissement. Nous sommes en train de nous organiser pour contribuer à la mise en œuvre du projet.

Musique

HILDA JAMBO :
Chef, quels sont vos plans futurs concernant les problèmes de toilettes et d’eau?

CHEF NSUMBI :
Nous avons fait de notre mieux pour résoudre ces problèmes. L’accès à l’eau potable est meilleur que jamais auparavant. Comme l’a déjà mentionné la présidente du club d’écoute radiophonique Le développement par la radio, les toilettes posent encore un problème. J’ai rapporté la question à l’administration locale et aujourd’hui ICEIDA Malawi est venue dans mon village. Ils envisagent de construire des toilettes à fosse pour les familles et de creuser davantage de forages. Ils changeront l’avenir de Nsumbi!!

HILDA JAMBO :
L’ICEIDA a aidé le village de Nsumbi à élire un Comité de l’eau et de l’assainissement dans le village. Je voulais savoir ce que le comité a fait jusqu’à maintenant.

Mme AGNES LADWECK :
Je suis Mme Agnes Ladweck. J’ai six enfants et un petit-enfant. Un représentant d’ICEIDA nous a aidés à élire un Comité de l’eau et de l’assainissement avec dix personnes pour représenter le village. Nous avons convenu de fabriquer des briques pour construire les toilettes et nous avons reçu une formation et des matériaux pour les fabriquer. Malheureusement, nos briques ont été détrempées et abîmées à la fin de novembre 2007, si bien que nous n’avons pas pu construite les toilettes. L’ICEIDA a organisé une visite d’échange en septembre de cette année. Les villageois de Nsumbi 1 ont visité une collectivité qui a déjà construit des toilettes. En tant que village, nous sommes en train de nous organiser en groupes pour fabriquer des briques. Notre plan vise à offrir 400 briques à chaque habitant du village pour contribuer à construire de bonnes toilettes et des forages communautaires.

HILDA JAMBO :
J’ai visité les bueaux d’ICEIDA à Monkey-Bay pour savoir pourquoi ils ont décidé de mettre en œuvre un programme d’eau et d’assainissement dans cette région.

Mme MERRY MAKANDE :
Je m’appelle Mme Merry Makande et je travaille au bureau d’ICEIDA à Monkey-Bay sur des projets d’eau et d’assainissement. L’ICEIDA a effectué des recherches sur l’eau et l’assainissement dans la péninsule de Nankumba et a constaté que les collectivités situées sur le rivage n’avaient pas accès à de l’eau potable et qu’il était difficile pour elles de construire de bonnes toilettes parce que le sol est sablonneux. Nous voulions aider les collectivités à construire de bonnes toilettes sans ciment, mais uniquement avec des briques. L’ICEIDA souhaite autonomiser les collectivités, alors nous fournissons les matériaux pour le moulage des briques et nous les avons formées sur la façon de les construire. C’est le travail des villageois de fournir la main d’œuvre pour mouler les briques et construire les forages et les toilettes.

Nous avons formé un Comité de l’eau et de l’assainissement, dans le village de Nsumbi, pour contribuer à construire de bonnes toilettes et pour avoir un meilleur accès à de l’eau potable. L’ICEIDA encourage la collectivité à s’approprier le projet. En septembre 2008, nous sommes allés, avec quelques villageois de Nsumbi, au village de Zimbawadi, où l’ICEIDA a déjà aidé les villageois à construire des toilettes et à avoir accès à de l’eau potable. Nsumbi est intéressé par ce projet. Ils ont mis sur pied trois groupes de travail. L’un d’eux fabrique des briques. Nsumbi a conscience de ses problèmes. C’est pourquoi ils veulent poursuivre ce projet.

HILDA JAMBO:
Ainsi, Nsumbi 1 a presque réussi à résoudre ses problèmes d’eau et de toilettes. (Pause). Chers auditeurs et chères auditrices, le fait de passer à l’action, aussi peu soit-il, a aidé Nsumbi 1 à passer de graves problèmes à une situation améliorée. La connaissance de votre problème est proche de sa résolution. Grâce au chef de leur village, le club d’écoute radiophonique s’est uni au reste des membres de la collectivité pour se pencher sur le problème. (Pause) Je crois que vous avez appris plusieurs choses. Premièrement, parlez de vos problèmes avec vos voisins en groupes et à la radio – c’est bien d’avoir quelques chiffres et des renseignements par écrit sur le problème. Deuxièmement, appuyez le chef pour soulever ces problèmes auprès des autorités. Troisièmement, demandez de l’aide externe auprès du gouvernement et d’ONG. Quatrièmement, soyez prêts à appuyer ces agences externes avec vos propres efforts. Cinquièmement, rendez visite à d’autres villages qui ont résolu ces problèmes et apprenez de leur expérience. Et, sixièmement, la persévérance fait toute une différence. En attendant la prochaine fois, c’est moi, Hilda Jambo, qui vous dit au revoir.

Acknowledgements

Rédaction : Hilda Jambo, Station de radio communautaire Dzimwe, Mangochi, Malawi, un partenaire radio de Radios Rurales Internationales.

Alan Etherington, expert-conseil indépendant en eau, en assainissement et en promotion de l’hygiène, et ex-employé de WaterAid.