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Les pénuries d’eau croissantes, les rendements réduits des cultures, la fréquence accrue des inondations et les augmentations des maladies humaines et animales figurent parmi les graves problèmes causés par les changements climatiques. Les agriculteurs ne peuvent plus se fier aux saisons des pluies comme auparavant. La montée des températures a laissé de nombreux trous de forage à sec et des cours d’eau taris. Ces impacts des changements climatiques sont dus à la grande quantité de gaz, comme le dioxyde de carbone et le méthane, qui sont libérés dans l’air par les activités humaines et les industries.

On prétend que, dans un avenir rapproché, la glace disparaîtra sur les montagnes, comme le Kilimanjaro et le Rwenzori, et que de nombreuses régions du monde connaîtront des inondations, des sécheresses et des feux de forêt, par suite des changements climatiques. Cela signifie que beaucoup de gens auront peu de nourriture à manger et qu’il n’y aura pas de produits frais à vendre pour satisfaire les besoins de base et payer les frais de scolarité.

Les changements climatiques posent aussi un problème dans un endroit comme Karamoja, qui connaît déjà un climat difficile. Située dans la partie nord-est de l’Ouganda, Karamoja est une savane semi-aride, avec des zones de brousse et de montagnes. En tant que région semi-aride, elle peut avoir de brèves précipitations en avril et une longue saison des pluies de juin à début septembre. Ce modèle n’est pas fiable et, au cours des dernières années, les pluies ont été clairsemées ou inexistantes. La sécheresse et la famine sont des caractéristiques récurrentes de la vie à Karamoja. Le sorgho et le mil représentent une grande partie de la nutrition. Les peuples Dodoth, Jie et Karimojong se sont adaptés à cet environnement souvent difficile en concentrant une grande partie de leur énergie sur leurs troupeaux de bétail.

Entre 1991 et 2000, l’Ouganda a connu sept sécheresses en 10 ans. Le pays est actuellement témoin de la variabilité accrue des modèles de précipitations.

Dans ce texte, nous insistons sur la façon dont un agriculteur de Karamoja bénéficie de la culture d’une nouvelle sorte de sorgho amélioré à maturation rapide appelée Sekedo, amélioration réalisée à partir de Seredo, variété à semences brunes adoptée pour toutes les zones en Ouganda. L’utilisation de Sekedo peut aider les agriculteurs à s’adapter à la saison des pluies raccourcie.

Script

ANIMATEUR:
Bonjour et bienvenue à l’émission de cette semaine. On craint que l’Afrique connaisse, dans un avenir rapproché, une réduction des rendements de ses principales cultures comme le maïs, le mil et le sorgho, qui sont consommés par un grand nombre de gens. Cela est dû à l’augmentation des températures et au changement des saisons des pluies. Quand il n’y a pas suffisamment d’eau, les agriculteurs ne peuvent pas irriguer leurs cultures et n’en ont pas assez pour abreuver leurs animaux. Cette situation ne fera qu’accroître les niveaux de pauvreté et de malnutrition. En Ouganda, par exemple, les agriculteurs pensaient cette année que les pluies tombées en janvier continueraient et ont donc commencé à semer. Mais les pluies ont cessé, laissant les cultures se dessécher.

De nos jours, le soleil est trop chaud dès les premières heures du matin. Les gens ne peuvent pas travailler aussi longtemps dans les fermes qu’il y a quelques années. Cela signifie qu’on fait moins de travail dans les fermes pour produire des denrées alimentaires.

Cultiver des plantes qui résistent à la sécheresse constitue une forme d’adaptation aux incidences des changements climatiques. Les gouvernements, par leurs ministères de l’Agriculture, font continuellement des recherches pour développer des cultures qui peuvent arriver plus rapidement à maturité afin de fournir des aliments aux agriculteurs touchés par les sécheresses. Une telle culture est une variété améliorée de sorgho appelée Sekedo, dont le gouvernement ougandais fait la promotion dans des secteurs comme les régions de Karamoja et de Teso. Le sorgho Sekedo résiste à la sécheresse et arrive à maturité en trois mois ou 100 jours et peut donner deux récoltes. Il résiste au perce-tige, à la mouche de la tige et au moucheron. Il peut produire entre quatre et cinq tonnes à l’hectare. Les graines de Sekedo sont également utilisées pour nourrir des poussins à griller afin qu’ils arrivent rapidement à maturité. En Ouganda, le sorgho est la troisième culture vivrière de base en importance après le maïs et le mil.

L’an dernier, Nile Breweries, une des principales brasseries, a donné 3,7 milliards de shillings ougandais à 8 000 agriculteurs dans 16 districts de l’Ouganda pour les inciter à cultiver du Sekedo pour la production brassicole (Note de la rédaction : environ 2,3 millions de dollars américains). Selon le directeur des affaires générales de Nile Breweries, Onapito Ekomoloit, l’argent servira à former les agriculteurs pour qu’ils abordent l’agriculture comme une entreprise. Le programme s’appelle « Des projets de richesse pour les producteurs de sorgho ». La bière est également exportée en Zambie, en Tanzanie et au Zimbabwe. Comparativement aux autres cultures, le prix des semences de Sekedo est le plus bas. Un agriculteur peut dépenser seulement un demi-dollar pour un kilo et il a besoin de dix kilos de semences à l’hectare. Les semences sont maintenant produites par Victoria Seeds Company et sont disponibles dans les magasins de fournitures agricoles. Cette variété améliorée à maturité hâtive servira à la fois pour assurer la sécurité alimentaire et pour rapporter un revenu supplémentaire aux agriculteurs. Après une courte pause, nous entendrons un agriculteur de Karamoja qui cultive du Sekedo. Restez à l’écoute.

Pause musicale

ANIMATEUR :
Charles Lon’goli est agriculteur à Nakapiripirit dans la région de Karamoja. Il cultive une nouvelle sorte de sorgho appelée Sekedo, qui a été introduite pour fournir assez de nourriture aux habitaants de Karamoja et des autres zones sèches du nord-est de l’Ouganda.

Le Sekedo est une variété de sorgho aux semences brunes, qui a été développée pour améliorer les provisions alimentaires et le revenu des ménages dans les régions sèches de l’Ouganda.

ANIMATEUR :
Charles, depuis combien de temps cultivez-vous du sorgho Sekedo?

CHARLES :
Pas très longtemps. Cela fait maintenant deux ans car la variété normale de sorgho que nous avions l’habitude de cultiver ne donnait pas de bons résultats.

ANIMATEUR :
Que voulez-vous dire par ne donnait pas de bons résultats?

CHARLES :
La récolte était modeste. Il est prêt à récolter au bout de quatre mois seulement, tandis que le Sekedo prend moins de trois mois. En outre, ce dernier résiste à la sécheresse, ce qui signifie qu’il pousse bien même quand les pluies sont insuffisantes.

ANIMATEUR :
Comment semez-vous le Sekedo?

CHARLES :
Je le sème en rangs, espacés de deux mètres, et il ne faut pas verser trop de semences ensemble. Avant cela, nous avions l’habitude de répandre simplement les semences sur le sol et la récolte posait un problème. Mais si vous semez du Sekedo en rangs, il est plus facile de le cultiver et la récolte est également suffisante.

ANIMATEUR :
Semez-vous seulement du sorgho ou d’autres cultures aussi?

CHARLES :
Oui, je plante quelques légumes locaux entre les rangs où pousse le Sekedo. Cela me permet d’avoir suffisamment de légumes verts pour nourrir ma famille.

ANIMATEUR :
De quelle façon le Sekedo est-il venu en aide à votre famille?

CHARLES :
Maintenant, nous avons suffisamment de nourriture à la maison et nous pouvons même vendre certaines récoltes pour acheter des produits comme du sucre, du pain, de l’huile et du sel. Vous savez que nous étions tributaires des vaches. Mais, avec ces conditions climatiques changeantes, la plupart des vaches sont mortes de maladie ou de faim.

ANIMATEUR :
Êtes-vous au courant des changements climatiques?

CHARLES :
Je connais les changements climatiques.

ANIMATEUR :
Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

CHARLES :
Je pense que cela signifie un manque de pluie et un excédent de soleil.

ANIMATEUR :
Musa Ecweru (prononcez Echuweru) est le secrétaire d’État chargé de l’Aide humanitaire et des catastrophes. Il explique pourquoi le gouvernement s’est concentré sur Karamoja.

MUSA ECWERU :
Karamoja possède quelques coins très fertiles, mais reçoit très peu de pluies. Les agriculteurs éprouvent également des problèmes à synchroniser les semailles de céréales comme le sorgho. Ce genre de sorgho appelé Sekedo a été développé à Serere et on a constaté qu’il pourrait bien pousser à Karamoja. Le gouvernement a obtenu des tracteurs grâce à une directive du président et un institut de recherche à Karamoja, nommé Nabuin, a été prié d’identifier des zones fertiles où l’on pourrait semer le sorgho.

ANIMATEUR :
Pourquoi avez-vous décidé de réaliser ce projet maintenant?

MUSA ECWERU :
Karamoja est touchée par la guerre depuis longtemps. En tant que gouvernement, nous ne pouvions pas être d’un grand secours en raison de l’insécurité. Maintenant que la guerre est finie, nous estimons qu’il est temps d’intervenir et d’aider ces gens. C’est la seule façon de pouvoir garantir la sécurité alimentaire à Karamoja si bien que, s’il y a une aide à donner, ce devrait être seulement pour appuyer les efforts déployés par la collectivité locale.

ANIMATEUR :
Merci d’avoir été des nôtres à l’émission d’aujourd’hui. Nous espérons que vous avez appris quelque chose sur une culture qui pourrait vous aider à vous adapter aux changements climatiques et à mettre en pratique vos nouvelles connaissances. Au revoir et à la prochaine.

Acknowledgements

Des remerciements spéciaux sont adressés au Fonds de justice sociale du Syndicat des travailleurs et travailleuses canadiens de l’automobile (TCA) pour l’appui accordé à cette texte radiophonique.

Rédaction : Pius Sawa Murefu, Radio Sapientia, Soroti, Ouganda.

Révision : John Ajigo, agent de programme (projet pilote), Nigerian Environmental Study/ Action Team (NEST), Ibadan, État d’Oyo, Nigeria.

Information Sources

  • Institut de recherche en production agricole et animale de Serere (SAARI)
    B.P. Soroti, Ouganda
    Tél. : 256-45-61192
    Courriel : saaridir@infocom.co.ug
  • Organisation nationale de recherche agricole (NARO), sans date. Disponible au SAARI (Institut de recherche en production agricole et animale de Serere)
  • Musa Ecweru, secrétaire d’État chargé de l’Aide humanitaire et des Catastrophes, mecweru@parliament.go.ug
  • C. Kyarisiima, M. Okot et B. Svihus, 2005. Use of wood ash extract and germination to improve the feeding value of Ugandan sorghum Sekedo for broiler chicks. Animal Feed Science and Technology, Volume 120, Numéro 1-2, Pages 67–77.
  • Charles Lon’goli, agriculteur.