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Les changements climatiques peuvent être définis comme une modification considérable des conditions météorologiques moyennes d’un état ou d’une condition à un autre, que ce soit à court ou à long terme. Par exemple, de nombreuses régions de l’Afrique connaissent récemment des hausses des températures moyennes et des événements météorologiques plus imprévisibles, comme des inondations ou des sécheresses.

Les agriculteurs peuvent influencer les conditions sur leur ferme par leurs pratiques, qui peuvent empirer les effets des changements climatiques ou les aider à s’y adapter. Par exemple, un secteur pourrait avoir bénéficié d’une relative fraîcheur grâce à la présence d’arbres. Mais une fois que ces arbres sont abattus, les cours d’eau auront également tendance à se tarir et la température locale changera graduellement. Ce profil météorologique changeant affecte tout l’environnement, y compris les populations, les arbres, les cultures et d’autres animaux.

Les changements climatiques touchent les gens de façon différente selon leur entourage et leurs moyens de subsistance, mais ils sont très difficiles pour les personnes qui sont déjà vulnérables.

Lorsque les changements climatiques affectent la durée et la prévisibilité de la saison des pluies, cela signifie une baisse de la sécurité au niveau de l’eau. En Afrique, on estime que, d’ici 2050, les précipitations auront diminué de cinq pour cent.

Lorsque les températures montent, l’évaporation de l’eau augmente, ce qui dessèche le sol. Cette situation contribue à des rendements agricoles très faibles ou à une production nulle de produits frais. Les températures n’affectent pas seulement les cultures mais aussi le bétail, qui est peut-être plus vulnérable à la maladie.

Il y aura de nombreux impacts négatifs à moins que les agriculteurs ne prennent des mesures positives pour s’adapter aux effets des changements climatiques. Parmi ces mesures positives, citons le choix des bons systèmes de travail du sol et de culture pour s’adapter aux situations climatiques locales.

Dans le texte qui suit, nous entendrons comment un agriculteur apprend de sa fille et d’un ami au sujet de stratégies d’adaptation aux changements climatiques. Si vous voulez diffuser ce texte ou l’adapter à votre situation locale, vous voudrez peut-être inviter un vulgarisateur ou un agriculteur local pouvant fournir davantage de détails pratiques sur les méthodes culturales mentionnées dans le texte ainsi que des conseils sur la façon dont il faudrait les utiliser dans votre région.

Script

Personnages

ANIMATEUR

OLIMA (Père, agriculteur)

VIVIAN (Fille)

BELL (ami d’Olima – également agriculteur)

Musique pour amorcer l’émission

ANIMATEUR :
Bonjour chers auditeurs et auditrices et bienvenue à votre émission préférée sur la lutte contre les changements négatifs. Aujourd’hui, nous apprendrons comment une fille conseille son père et son ami sur des façons de surmonter la sécheresse. Peut-être que la sécheresse ou le temps sec vous a également posé un problème. Restez à l’écoute pour en savoir davantage.

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné sous la voix de l’animateur

VIVIAN :
Bonjour, papa. Tu as fait une longue marche sous le soleil brûlant, n’est-ce pas (Note de la rédaction : si le tutoiement n’est pas courant dans votre culture, utilisez le vouvoiement)? Le soleil était si chaud qu’il écorchait presque la peau de mon corps. Je me demande comment les habitants de Siaya (Note de la rédaction : utilisez le nom de la région locale) réagissent au sujet de la mauvaise gestion de toutes les ressources qui pourraient contribuer à empêcher de telles difficultés. Sais-tu que, si les arbres n’étaient pas coupés, il ne ferait pas aussi chaud? À part cela, comment a été ta journée?

OLIMA :
Bonne, ma fille. Mais tu parles beaucoup sans laisser le temps à mes oreilles de suivre le sens de tes paroles. Tu parles des habitants de Siaya qui gèrent mal les ressources. De quel genre de ressources parles-tu, ma chère fille? Et en quoi les gèrent-t-ils mal? Parfois, j’ai l’impression que tu n’es pas toute ta tête et que le fait de t’avoir envoyée à l’école ne donne pas de bons résultats parce que tout ce que tu sais faire c’est de critiquer. Ah, peu importe….

VIVIAN :
(L’interrompant)…papa! Pourquoi te plais-tu à me mettre de mauvaise humeur?

OLIMA :
Désolé, ma fille. Si seulement tu pouvais me laisser savoir ce que tu veux dire.

VIVIAN :
C’est très clair et très simple. Je voulais dire que nos sols ont été lessivés par le vent et la pluie à cause des mauvaises pratiques agricoles insouciantes de nos agriculteurs. Et d’autres abattent les arbres qui pourraient nous aider à préserver les sols et notre environnement dans son ensemble.

OLIMA :
Tu dis cela simplement parce que tu es jeune et que tu n’as pas vécu les temps difficiles qu’ont connus ceux qui pratiquent de telles activités.

VIVIAN :
Mais qui est le perdant ici, papa? Qui? (Bruissement de feuilles à l’arrivée de Bell. Vivian interrompt la conversation pour voir qui arrive, alors que Bell commence ses salutations avant d’arriver à l’endroit où la fille et le père discutent).

BELL :
Comment vas-tu, fille du lac? On dirait que tu confies quelque chose d’essentiel à ton père! Et comment vas-tu, mon ami Olima?

VIVIAN/OLIMA :
(À l’unisson) Nous allons bien.

VIVIAN :
Oui, et je vous laisse ensemble, les deux grands amis.

OLIMA :
Vivian, apporte une chaise pour que mon ami puisse s’asseoir sous cet arbre. (À Bell) Tu le pensais vraiment quand tu disais que tu allais passer exactement une semaine en ville.

Bell :
Oui, la ville n’est pas un endroit où rester bien longtemps quand on est agriculteur. J’essayais seulement de trouver de nouvelles idées et de les mettre en œuvre pour surmonter cette saison sèche. Cela ne t’inquiète-t-il pas?

OLIMA :
Comment peux-tu poser une question de ce genre? Parle-moi donc de tes nouvelles idées.

BELL :
(Vivian entre avec une chaise pendant que les deux amis poursuivent leur conversation). Mes nouvelles idées concernent nos systèmes de travail du sol et nos systèmes de culture. À mesure que le climat devient plus chaud et plus sec, il nous faut des cultures et des variétés de plantes qui peuvent tolérer la chaleur et la sécheresse. Nous possédons déjà certaines de ces cultures – comme le manioc, le mil et le sorgho. Certaines des méthodes culturales sont cependant très difficiles à retenir, à moins de me référer au livre que j’ai reçu de mon fils. Ah! Vivian est ici et je crois qu’elle a appris quelque chose à ce sujet.

OLIMA :
Oui, je pense même que, lorsque tu es arrivé, nous avions une sorte de discussion sur la cause du temps sec et…

BELL :
(L’interrompant)… J’ai donc interrompu votre conversation. Viens, ma fille, tu sais que nous dépendons de jeunes esprits comme le tien pour obtenir de nouvelles idées.

VIVIAN :
Ouais, j’en arrivais là mais papa ne m’a pas laissé la chance de le faire.

OLIMA :
Saisis la chance, ma chère fille, et dis-nous tout.

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné sous la voix de Vivian

VIVIAN :
Très bien. Certains des systèmes de travail du sol qui peuvent nous aider à nous adapter au temps sec et chaud sont : le compostage – cela signifie accumuler les résidus des cultures et d’autres déchets agricoles en couches pour accélérer leur décomposition rapide; le bêchage double profondeur, par lequel le sol est bêché à 60 cm de profondeur, puis on ajoute de l’engrais au fond et le sol est retourné dans le trou; le trou à neuf graines de maïs, où un trou carré ou rond de 60 cm de côté ou de rayon est rempli de matières organiques et de terre végétale puis ensemencé avec neuf graines de maïs; ensuite, il y a…

BELL :
(L’interrompant)… Désolé, Vivian, mais veux-tu dire que ce type de jardinage – ce trou à neuf graines de maïs – ne peut utiliser que des graines de maïs?

VIVIAN :
Non, vous pouvez aussi repiquer cinq plantules de chou frisé (sukuma wiki) ou même cinq graines de gourgane, en les semant dans les quatre coins et au milieu du trou carré de 60 cm de côté. Cette pratique est aussi appelée les 5 à 9 graines par trou. Il existe d’autres techniques culturales comme les tranchées de fertilité, où l’on creuse des tranchées profondes, puis on les remplit de couches de sol, de mauvaises herbes, d’herbe, de fumier et de déchets de cuisine, et enfin de paillis.

OLIMA :
Si je peux me permettre de poser une question, en quoi toutes ces techniques sont-elles utiles, Vivian?

VIVIAN :
Je vais parler des avantages de ces techniques une à la fois. Le compostage produit des matières organiques pour fertiliser les champs. Le bêchage double profondeur crée dans le sol des espaces qui lui permettent de retenir davantage d’eau, laisse de la place aux racines des plantes pour pénétrer facilement dans le sol et fournit suffisamment d’espace aérifère pour une meilleure croissance des cultures.

BELL :
Qu’en est-il des 5 à 9 graines par trou?

VIVIAN :
Cette méthode est utile à maints égards. Premièrement, vous obtenez une production maximale d’une petite parcelle. Deuxièmement, l’humidité dans le trou signifie que les cultures sont protégées contre la sécheresse. La tranchée de fertilité agit de la même façon que les neuf graines par trou. La différence réside uniquement dans la méthode utilisée. Le paillis, qui consiste à utiliser de la matière organique comme de l’herbe sèche pour recouvrir la terre végétale, empêche l’évaporation de l’eau dans l’air. De cette façon, le sol demeure humide, si bien que les cultures peuvent tolérer des périodes de sécheresse.

OLIMA :
Y-a-t-il des techniques particulièrement utiles dans les zones marécageuses?

VIVIAN :
Oui. Si vous utilisez des planches surélevées, elles permettront à l’eau de traverser les espaces séparant un billon d’un autre. Toutes les techniques que j’ai mentionnées empêchent l’érosion des sols et conservent leur fertilité. Elles présentent également un avantage pour ceux qui ont de petites parcelles de terre. Et n’oubliez pas que tout cela est réalisable si nous pouvions seulement entretenir nos jardins de la bonne façon. Vous seriez surpris de constater combien tout sera luxuriant, que le temps soit sec ou non. Des familles seront nourries – sécheresse ou pas. Ce sont les seules façons qui peuvent nous donner la paix – la paix sur la peau, le cœur et l’estomac toujours pleins.

BELL :
Ce sont là toutes des paroles de sagesse, ma fille, mais de vieilles têtes comme les nôtres ne comprennent pas à moins de mettre ces idées en pratique. Si nous pouvons commencer dès maintenant, alors nous pourrons sauvegarder l’environnement.

VIVIAN :
Oui, la sauvegarde de l’environnement est importante pour assurer le développement durable. Nous pouvons nous perfectionner sur le plan agricole en préservant le petit lopin de terre que nous possédons déjà et en essayant de l’améliorer avec les idées utiles que nous acquérons chaque jour. Cela concerne également l’abolition de la pauvreté parce que, quand nous aurons préservé le peu que nous avons, nous ne mendierons pas de nourriture pas plus que nous ne dépendrons de l’alimentation d’urgence qui n’est jamais suffisante. C’est l’un des fondements de la paix et de la sécurité. Parce que, lorsque nos cerveaux seront remplis de compétences, nous ne nous battrons pas pour les ressources. Au lieu de cela, nous serons en sécurité et en paix.

OLIMA :
Vous savez tous les deux que des sécheresses régulières constituent un élément permanent dans toutes les terres sèches. Et les terres sèches auront toujours besoin de cultures résistantes à la sécheresse – nous ne pouvons pas changer le climat de base d’une région.

VIVIAN :
Oui, papa. C’est la raison pour laquelle nous disons que les terres sèches ne conviennent pas pour faire pousser à grande échelle des cultures assoiffées d’eau comme les tomates, parce que, quand on utilise autant d’eau souterraine, on épuise la nappe aquifère. C’est pourquoi je pense sérieusement que nous devons signer un pacte avec notre Terre pour en tirer notre subsistance mais en la laissant en meilleur état que nous l’avons trouvée.

BELL /OLIMA :
(À l’unisson) Merci.

BELL :
Je crois que ma venue ici a été une bénédiction pour moi.

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné sous la voix de l’animateur

ANIMATEUR :
Nous voici de retour, chers auditeurs et auditrices. Nous avons entendu comment nos propres activités peuvent nous causer des problèmes. Lorsque nous coupons des arbres ou utilisons de mauvaises méthodes agricoles, cela peut aggraver les impacts des changements climatiques, ce qui rend nos vies et nos moyens de subsistance plus difficiles. Mais nous avons nos propres solutions lorsque nous apprenons au sujet des tranchées de fertilité, du travail du sol en profondeur, du paillis et des autres pratiques. Ne sommes-nous pas chanceux de savoir comment surmonter les situations difficiles, comme le préconise Vivian? Sécheresse ou pas, situation difficile ou non – il faut garantir une vie saine. Maintenant que nous avons parlé de ces méthodes, chers auditeurs et auditrices, je crois que nous sommes bénis aujourd’hui et que nous relèverons de tels défis. En attendant notre prochaine émission, au micro votre animateur (nom de l’animateur). Au revoir.

Montée de l’indicatif musical, puis fondu enchaîné pour sortir

Acknowledgements

Rédaction : Rachel Awuor, Centre de ressources communautaires d’Ugunja, Ugunja, Kenya.

Révision : John FitzSimons, professeur agrégé, École de design environnemental et de développement rural, Université de Guelph, Canada.

Information Sources