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Lorsqu’un fort pourcentage de la population d’une nation travaille dans l’agriculture, les spécialistes du développement prétendent souvent que c’est un signe de sous-développement. En conséquence, des programmes gouvernementaux ont mis l’accent sur la réduction du nombre de gens employés dans les fermes en encourageant les investissements dans d’autres secteurs de l’économie, comme celui des services.

En Ouganda, la contribution de l’agriculture au produit intérieur brut (PIB) est en baisse et les spécialistes du développement se félicitent pour cette tendance à la baisse. À l’heure actuelle, l’agriculture contribue au PIB de l’Ouganda pour 31,9 pour cent, en baisse par rapport à 39,9 pour cent il y a cinq ans. Mais 77 pour cent de la population active des zones rurales est encore employée dans l’agriculture. Ceci montre bien l’importance cruciale de l’agriculture pour la réduction de la pauvreté et le développement rural en Ouganda.

Un projet appelé Seeing the difference a été amorcé par la Uganda National Farmers Federation. Il essaie de donner un élan aux agriculteurs, afin que le métier d’agriculteur puisse concurrencer les emplois disponibles dans les autres secteurs. Le principe du projet est que l’agriculture sera en mesure de concurrencer les autres secteurs si on utilise de meilleures méthodes culturales, si on améliore l’accès aux marchés et si la production est axée sur les débouchés.

Quelle est la situation dans votre région? Y-a-t-il des projets semblables? Est-ce que les agriculteurs de votre auditoire pensent que l’agriculture est une bonne profession? Les jeunes de votre région se tournent-ils vers d’autres genres d’emplois? Vous voudrez peut-être parler à des auditeurs et à des chercheurs de votre zone d’écoute au sujet de ces questions. Comment pourrait-on rendre l’agriculture plus attrayante à la fois pour les jeunes et pour les gens plus âgés? Ces questions sont cruciales pour la pérennité des collectivités rurales. Vous voudrez peut-être animer une table ronde avec des gens ayant des points de vue différents sur ce sujet.

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ANIMATEUR:
En Ouganda, l’agriculture emploie plus des trois quarts des personnes âgées de plus de 10 ans. Parmi les plus de cinq millions de ménages vivant en Ouganda, 75 pour cent sont impliqués dans l’agriculture et 68 pour cent tirent leurs moyens d’existence de l’agriculture de subsistance.

Même si la contribution du secteur agricole au produit intérieur brut de l’Ouganda est quelque peu en baisse à cause de la croissance rapide du secteur des services, les activités agricoles demeurent importantes, car la majorité des Ougandais sont employés dans l’agriculture.

Chose surprenante, même certaines personnes qui travaillent comme chercheurs agricoles ne savent pas qu’elles sont employées ou qu’elles comptent pour le bien-être de l’économie ougandaise. Elles vivent dans des conditions précaires et passent des heures au champ tous les jours. Et pourtant, le montant qu’elles reçoivent pour leur travail est disproportionnellement petit, comparé à la quantité de travail qu’elles effectuent.

À l’émission Farming World d’aujourd’hui, nous présentons une journée dans la vie d’un agriculteur de subsistance. Plus tard au cours de l’émission, nous partagerons avec vous la façon dont un regroupement d’agriculteurs – la Uganda National Farmers Federation – a fait équipe avec d’autres organismes pour amener un sourire sur le visage de certains agriculteurs.

Un coq chante. Fondu enchaîné sous la narration.

ANIMATEUR:
John Okurapa est un lève-tôt. À 54 ans, son programme quotidien lui est familier. Les chants du coq, dont ses aïeux se servaient pour savoir l’heure, lui rappellent aussi qu’une autre journée de travail est arrivée.

JOHN OKURAPA:
À 5 heures du matin, je suis réveillé car j’ai une bonne distance à parcourir jusqu’à mon jardin et je dois y arriver tôt.

Bruits d’instruments agricoles comme une houe et/ou une panga que l’on prépare pour aller travailler.

ANIMATEUR:
John Okurapa travaillait dans un ministère du gouvernement avant d’être licencié. Il est ensuite retourné dans son village natal dans le district de Kumi pour exercer le travail de ses aïeux. Il aimerait trouver un autre emploi, mais il s’inquiète de ne peut-être jamais pouvoir en trouver un autre car il a presque atteint l’âge de la retraite.

JOHN OKURAPA:
Je travaillais dans un bureau. C’était un travail propre, assis dans un bureau. Mais regardez maintenant! Je dois me lever tôt pour aller au champ et je travaille plusieurs mois pour un maigre salaire. Vous n’êtes même pas certain de gagner quelque chose, car votre revenu est tributaire des conditions météorologiques – alors vous ne gagnez de l’argent que s’il fait beau. Même les enseignants, que nous avions l’habitude de mépriser, gagnent bien plus que nous à l’heure actuelle.

ANIMATEUR:
L’histoire de John Okurapa représente celle de milliers d’autres agriculteurs ougandais qui vivent dans des conditions misérables, même s’ils constituent l’épine dorsale de l’économie de l’Ouganda.

Mais agriculteurs! Si vous êtes dans la situation de John Okurapa, ne vous lamentez plus. La Uganda National Farmers Federation a fait équipe avec une foule d’autres organismes dans un projet destiné à faire de l’agriculture un emploi enviable. Dans le cadre du projet Seeing the difference, financé par plusieurs donateurs internationaux, les agriculteurs ont appris comment utiliser leurs petits lopins de terre pour obtenir de meilleurs rendements. Les résultats sont encourageants. Jusqu’à présent, le projet a été mis en oeuvre dans les districts ougandais de Arua, Kumi et Soroti, mais il sera étendu à d’autres districts à mesure que les fonds le permettront.

J’ai parlé à Richard Mindiriya, l’un des bénéficiaires du projet. (Pause) Ainsi, vous êtes l’un des bénéficiaires du projet Seeing the difference. Pouvez-vous me dire quelles différences vous avez remarquées?

MINDIRIYA:
Je suis un producteur de riz. Avant d’adhérer au programme, j’obtenais 1500 kilos de riz à l’acre, mais après avoir adhéré au projet j’ai été en mesure de doubler mes rendements.

ANIMATEUR:
Quel remède magique vous ont-ils donné?

MINDIRIYA:
Ils nous ont appris à utiliser les engrais et ils nous ont dotés des technologies appropriées pour effrayer les oiseaux. J’ai réussi à tirer 3000 kilos de riz de mon unique acre de terre.

ANIMATEUR:
Pour parler du projet Seeing the difference, j’ai avec moi en studio M. Augustine Mwendya, secrétaire général de la Uganda National Farmers Federation, et M. Benjamin Anker, deuxième secrétaire chargé des affaires politiques, économiques et culturelles à l’Ambassade des Pays-Bas à Kampala. Bienvenue à notre émission. Je vais commencer par vous, Augustine Mwendya. De quoi s’agit-il avec ce projet Seeing the difference?

MWENDYA:
Ce projet vise à améliorer les revenus des ménages d’agriculteurs dans les régions agricoles de Lango, de Teso et de Western Nile.

ANIMATEUR:
Pourquoi avez-vous choisi ces régions en particulier, alors que les agriculteurs de l’ensemble du pays sont dans le besoin?

MWENDYA:
Nous avons choisi ces régions parce qu’elles se relèvent à peine d’un conflit violent et que les agriculteurs de ces régions sont dans une situation pire qu’ailleurs.

ANIMATEUR:
Et vous, M. Benjamin Anker, comment vous intégrez-vous dans le projet?

BENJAMIN:
À l’Ambassade des Pays-Bas, nous avons été approchés par la Uganda National Farmers Federation pour contribuer au financement du projet. On nous a convaincus que c’était le genre d’intervention qui conviendrait pour les moyens d’existence des agriculteurs ougandais. Les Pays-Bas sont aussi une nation agricole et nous avons réussi à utiliser de meilleures méthodes agricoles pour obtenir de meilleurs rendements, même sur notre très petite superficie de terres agricoles.

ANIMATEUR:
De retour à vous, Augustine Mwendya. Qu’avez-vous exactement fait dans le cadre de ce projet?

MWENDYA:
Nous avons approvisionné les agriculteurs en semences améliorées, nous leur avons donné accès à des services financiers et nous leur avons fourni la technologie adéquate. Par exemple, nous avons appris aux producteurs de riz à utiliser la bande noire et brillante qu’on trouve à l’intérieur des cassettes audio pour effrayer les oiseaux de leurs champs. Les agriculteurs ont aussi été mis en relation avec le marché, parce que nous avons réalisé que le manque d’accès au marché est un obstacle majeur au développement de l’agriculture.

ANIMATEUR:
Comment avez-vous établi un lien entre les agriculteurs et le marché?

MWENDYA:
Nous avons travaillé avec des sociétés comme Olam, Dunavant, Mukwano et Outspan. Elles nous ont assurés qu’elles achèteraient nos produits frais – et c’est ce qu’elles ont vraiment fait!

ANIMATEUR:
Y-avait-il d’autres composantes au projet?

MWENDYA:
Oui, nous avons également collaboré avec des institutions financières pour nous assurer qu’elles pourraient financer les agriculteurs. En Ouganda, les institutions financières rechignaient à accorder des prêts aux agriculteurs à cause des risques. Selon la Uganda National Farmers Federation, les banques impliquées dans le projet devraient maintenant voir des raisons de financer les agriculteurs.

ANIMATEUR:
Benjamin, cela semble être une bonne initiative. Accorderiez-vous une aide financière pour étendre ce projet au reste du pays?

BENJAMIN:
Nous nous rendons compte que c’est un bon projet. Nous sommes évidemment redevables aux contribuables hollandais, mais je puis vous assurer que, si les fonds sont disponibles, nous souhaitons continuer à financer le projet.

ANIMATEUR:
Et enfin à vous, Mwendya. Ce projet sera-t-il étendu à d’autres agriculteurs ougandais?

MWENDYA:
Je dois expliquer qu’il s’agit d’un projet pilote dans ces trois régions du pays. La Uganda National Farmers Federation organisera des visites par des agriculteurs d’autres régions pour s’informer auprès de leurs homologues dans les régions pilotes. Ensuite, si l’agriculture est aussi profitable que l’a démontré l’étude pilote, il n’y aura peut-être pas besoin d’un autre financement étranger. Nous sommes reconnaissants envers nos bailleurs de fonds et envers tous les agriculteurs qui ont participé à ce projet; nous estimons que l’agriculture devrait être considérée comme un travail lucratif, tout comme les autres emplois.

ANIMATEUR:
(Pause) Chers auditeurs et auditrices, nous devons nous arrêter pour cette semaine, mais donnons-nous rendez-vous la semaine prochaine. Au micro votre animateur Joshua Kyalimpa et c’était l’émission Farming World. Bonne soirée.

Acknowledgements

Rédaction : Joshua Kyalimpa, Opsett Media/African Farm Radio Bureau

Révision : John Wamatu, phytogénéticien, Brotherton Seed Co. Inc., Moses Lake, Washington, États-Unis; Dr J.G. Mowo, coordonnateur régional de l’African Highlands Initiative, programme écorégional du GCRAI hébergé par le Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF), Kampala, Ouganda