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Script 83.9

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Les agriculteurs du District de Kibaale, dans l’ouest de l’Ouganda, font face à un certain nombre de défis, dont l’un des principaux est l’irrigation des cultures. Les modèles météorologiques sont devenus imprévisibles et ne sont pas fiables. Traditionnellement, les pluies tombaient de mars à mai de d’août à novembre. Le point médian de ces saisons pluvieuses marquait généralement l’intensité maximale des précipitations.

Les agriculteurs planifient leurs activités agricoles pour qu’elles coïncident avec les conditions météorologiques attendues. Par exemple, pendant les saisons sèches les agriculteurs préparent la terre, récoltent et sèchent les récoltes. Pendant les saisons pluvieuses, ils plantent les semences et appliquent les engrais.

Mais, au cours des dernières années, les modèles météorologiques ont changé. Les pluies peuvent arriver durant n’importe quel mois, y compris ceux qui avaient l’habitude d’être relativement secs – décembre, janvier, février et juin.

Une solution à cette imprévisibilité consiste à récolter le plus d’eau possible, à l’entreposer de façon sécuritaire et à l’appliquer sur les cultures pendant les périodes sèches ou même les sécheresses. Mais les agriculteurs n’ont pas les moyens d’acheter individuellement le matériel d’irrigation conventionnel comme les pompes à pédales et les ensembles d’arroseurs. Fort heureusement, dans de nombreuses régions de Kibaale, il y a de vastes affleurements rocheux aux surfaces planes. On peut recueillir beaucoup d’eau sur ces roches pendant les chutes de pluie et l’entreposer à des fins d’irrigation future.

Le présent texte va montrer comment un agent agricole a conçu une méthode pour capturer l’eau de pluie d’un vaste affleurement rocheux et la canaliser vers un réservoir souterrain en ciment. Jusqu’à présent, la méthode a été utilisée uniquement pour fournir de l’eau aux animaux domestiques. Cependant, l’eau peut également servir à irriguer les légumes, les bananes et d’autres cultures pendant les périodes de sécheresse. À Kibaale, on pense que le district financerait la construction du réservoir souterrain, qui est l’élément le plus coûteux du système.

Les agriculteurs de votre région irriguent-ils leurs cultures? Dans l’affirmative, cherchez à savoir s’ils utilisent des méthodes novatrices pour collecter et entreposer l’eau de pluie à des fins d’irrigation? S’ils n’irriguent pas leurs cultures, quelle en est la raison? Y-a-t-il un manque de connaissances techniques ou un manque de fonds? S’il existe de vastes affleurements rocheux dans votre zone d’écoute, le gouvernement de votre district serait-il intéressé à tenter l’expérience de collecter l’eau d’irrigation à partir des surfaces rocheuses? Le projet pourrait peut-être aussi être financé par des groupes d’agriculteurs.

Script

Indicatif musical de l’émission

AGRICULTEUR:
Bonjour, chers agriculteurs et agricultrices, et bienvenue à notre émission agricole. Aujourd’hui, nous allons parler de la récupération de l’eau provenant de la surface de vastes rochers pour l’utiliser à des fins d’irrigation. Nous avons le privilège d’avoir avec nous M.Bahindura John. C’est un agent agricole qui se spécialise dans les pratiques d’irrigation et la vulgarisation de la technologie auprès des agriculteurs. Restez à l’écoute.

Courte pièce musicale

ANIMATEUR:
Nous revoilà après la pause. Nous allons maintenant demander à l’agent de vulgarisation de partager son expérience sur ce sujet.

M. BAHINDURA JOHN:
Merci et bonjour chers auditeurs et auditrices. C’est un grand privilège de partager mon expérience de la technologie de captage de l’eau de pluie des affleurements rocheux et aussi de son entreposage et de son utilisation pour irriguer les cultures.

ANIMATEUR:
Pour commencer, pourriez-vous nous expliquer simplement cette technologie?

M. BAHINDURA JOHN:
En bref, cette technologie implique d’utiliser des surfaces rocheuses, des canalisations d’eau et des réservoirs souterrains pour entreposer l’eau. Elle ressemble aux méthodes de récupération de l’eau de pluie qui récoltent l’eau des toits et la stockent dans des cuves à eau ou dans des réservoirs en ciment. La différence avec cette méthode c’est que l’eau peut être utilisée non seulement par le ménage, mais aussi pour abreuver les animaux domestiques et pour irriguer les cultures dans les champs. Parlons tout d’abord des surfaces rocheuses. Nous recherchons des affleurements rocheux relativement larges et plats dotés d’une forte pente afin que l’eau puisse s’écouler facilement vers un point de collecte. Il faut apporter certains changements à la surface rocheuse: enlever la saleté et les débris, y compris les algues, et ériger ensuite des rangées de briques ou de pierres pour diriger l’eau vers le bas. Cette mesure oriente l’écoulement de l’eau de pluie vers le réservoir et contribue à accélérer la collecte de l’eau.

ANIMATEUR:
Pouvez-vous nous expliquer ce que sont les algues?

M. BAHINDURA JOHN:
Ce sont de minuscules organismes qui adhèrent aux surfaces rocheuses. Habituellement, les algues ressemblent à des grappes de petits fils verts.

ANIMATEUR:
Quels matériaux faut-il utiliser pour construire le réservoir?

M. BAHINDURA JOHN:
Les réservoirs de forme ovale sont fabriqués avec du grillage de basse-cour et du ciment. Ils mesurent environ deux mètres et demi de longueur et deux mètres et demi de largeur et de quatre mètres et demi à six mètres de profondeur. Ils doivent être revêtus intérieurement de feuilles de plastique ou bien il faut en cimenter le sol et les murs.

ANIMATEUR:
Et comment construit-on la canalisation d’eau?

M. BAHINDURA JOHN:
Les murs de la canalisation peuvent être faits de briques recouvertes de ciment pour les protéger contre l’usure au contact de l’eau. La largeur de la conduite doit être déterminée par la taille et la qualité de la surface rocheuse servant à récolter l’eau. Il faut placer deux ou plusieurs filets à intervalles le long de la canalisation pour s’assurer d’attraper tous les débris dans l’eau avant qu’ils ne pénètrent dans le réservoir. De temps en temps, il faut retirer les débris des filets à la main pour assurer un écoulement régulier de l’eau jusqu’au réservoir en aval. Il est important de recouvrir complètement le dessus de la canalisation de feuilles de bois, de fer ou d’un autre matériau solide. Cette mesure empêche l’eau d’être contaminée par des matières étrangères comme de la terre ou des feuilles.

ANIMATEUR:
Merci pour votre explication précise. Après tout, cette technologie ne semble pas très compliquée. J’espère que de nombreux agriculteurs pourront en faire l’essai. Pouvez-vous nous dire comment on prend soin du réservoir de stockage?

M. BAHINDURA JOHN:
Les murs et le fond du réservoir doivent être grattés de temps à autre. Il faut le faire quand il y a peu d’eau dans le réservoir. Il convient d’ôter physiquement les contaminants, qu’ils soient solides ou liquides. Le dessus du réservoir doit toujours être couvert pour éviter toute contamination provenant de l’extérieur. Cette couverture empêche aussi l’eau de s’évaporer et minimise toute fissuration de la surface du réservoir due à l’expansion et à la contraction provoquées par la lumière directe du soleil. Si des fissures surviennent, il faut les faire sceller par un technicien.

ANIMATEUR:
Merci, M. Bahindura. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les coûts et les avantages du système?

M. BAHINDURA JOHN:
Le réservoir coûte 850000 shillings ougandais (500 dollars américains). À Kibaale, on prévoit que le bureau de production du district financera la construction du réservoir. L’apport aux cultures d’eau canalisée venant des rochers présente de nombreux avantages. Le premier est que l’eau sera plus facilement disponible pour l’irrigation durant toute la saison sèche. Le second c’est que les minéraux des roches seront capturés dans l’eau et pourront ensuite être récupérés et utilisés par les plantes. L’eau des affleurements rocheux améliorera également les conditions du sol, puisqu’un plus grand nombre de particules rocheuses seront décomposées et disponibles pour la croissance des plantes. L’eau servira principalement à irriguer les cultures annuelles et les légumes, par exemple les choux, les tomates, les épinards, les carottes et les poivrons verts.

ANIMATEUR:
Quelle superficie pourra être irriguée par l’eau stockée dans un réservoir de cette taille?

M. BAHINDURA JOHN:
L’eau devrait suffire pour couvrir au moins un acre pendant trois mois.

ANIMATEUR:
Quel sera l’impact sur les rendements et sur la sécurité des rendements?

M. BAHINDURA JOHN:
Étant donné que nous n’avons pas encore essayé cette technologie pour les cultures, nous n’avons pas de chiffres, ni d’estimations. Mais il est raisonnable de dire que, si les cultures ont une source garantie d’eau d’irrigation, les rendements augmenteront et la récolte sera moins risquée.

ANIMATEUR:
Pensez-vous que l’investissement dans le réservoir sera rentable?

M. BAHINDURA JOHN:
Nous estimons que l’investissement sera rentable. La demande de nourriture a augmenté, mais les agriculteurs dépendent encore de l’agriculture pluviale, si bien que l’eau d’irrigation est précieuse et indispensable.

ANIMATEUR:
Merci beaucoup, M. Bahindura, de nous avoir expliqué cette nouvelle technologie d’une manière aussi complète.

M. BAHINDURA JOHN:
Merci d’avoir organisé cette émission. Merci de votre écoute. Au revoir.

ANIMATEUR:
Auditeurs et auditrices, c’est la fin de notre émission. Si vous avez des questions au sujet de cette technologie, communiquez avec nous, ici même à la station, et nous transmettrons vos questions à M. Bahindura. Et n’oubliez pas d’être à l’écoute la semaine prochaine, même jour même heure, pour une autre émission fort utile.