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Il y a un nombre impressionnant d’orphelins du sida dans de nombreuses régions de l’Afrique. Selon les plus récentes estimations d’ONUSIDA, 12 millions d’orphelins du sida vivent en Afrique sub-saharienne et les pays suivants comptent plus de 100 000 orphelins du sida : Angola, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, République Centrafricaine, Congo, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, Éthiopie, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique, Nigeria, Rwanda, Afrique du Sud, Ouganda, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. L’Afrique du Sud a plus de 1,7 million d’orphelins du sida. Une personne sur 12 de tous les âges est un orphelin du sida au Zimbabwe, une sur 14 au Botswana et une sur 16 en Zambie.

Nous sommes peut-être familiers avec la perte de santé et les décès provoqués par le VIH et le sida. Mais le présent texte introduit une autre façon dont le VIH et le sida influent sur la société rurale : la perte des connaissances agricoles. Si les parents meurent du sida (ou pour d’autres raisons, quand les enfants sont jeunes, ils ne peuvent pas transmettre leurs connaissances agricoles. Ces connaissances agricoles locales englobent la connaissance des variétés végétales locales, des plantes médicinales locales, du bétail local, des conditions de sol locales, du climat local, des besoins locaux de conservation des eaux et de nombreuses autres sortes de connaissances. À moins que ce savoir ne soit transmis d’une génération à l’autre, il est facile de le perdre. Sans cette connaissance locale, les terres agricoles peuvent être inutilisées ou exploitées avec insouciance et dégradées jusqu’à la limite. Les variétés végétales et les races de bétail reproduites depuis des générations peuvent être perdues à un moment où les pressions démographiques et les changements climatiques posent déjà tout un défi à la capacité des terres de nourrir les populations rurales.

Dans certains cas, les orphelins du sida sont pris en charge par des parents. Mais souvent, les familles élargies et les autres mécanismes d’adaptation traditionnels sont déjà stressés jusqu’au point de rupture par le VIH et le sida. Des orphelins peuvent être maltraités dans leurs nouvelles familles, ils peuvent être vendus ou incités à se livrer à la prostitution ou bien ils peuvent tout simplement n’avoir personne pour s’occuper d’eux et se retrouvent à prendre soins d’eux même dans des ménages dirigés par un enfant.

Les pays africains prennent des mesures pour s’occuper de ces orphelins. Certains pays sont en train de reconnaitre l’importance de transmettre les connaissances agricoles d’une génération à l’autre. Le texte suivant repose sur des activités se déroulant au Swaziland, où des organismes locaux, des ministères gouvernementaux et des chefferies s’occupent de quelques orphelins et essaient de s’assurer que les connaissances agricoles sont transmises des parents aux enfants.

Vous pouvez adapter ce texte en interviewant des interlocuteurs de vos agences gouvernementales locales et nationales, d’ONG nationales et internationales et d’organisations religieuses. Essayez de savoir s’il existe des stratégies pour soutenir les orphelins du sida dans votre collectivité et pour garder vivantes les connaissances agricoles locales. Vous pouvez également parler à des familles agricoles et à des organismes d’agriculteurs. Demandez à des agriculteurs s’ils jugent important de transmettre les renseignements agricoles à leurs enfants, et quelles sont les meilleures façons de transmettre ces précieuses connaissances.

Script

Animateur :
Bonjour (Bonsoir). L’émission d’aujourd’hui porte sur les orphelins du sida. Certains orphelins sont accueillis par des parents et réussissent bien. Mais d’autres sont blâmés par leurs aidants qui supposent que le sida est une conséquence de la promiscuité. Des orphelins sont également blâmés parce qu’ils constituent un fardeau pour leur nouvelle famille. Ces orphelins sont parfois maltraités de toutes les façons possibles – verbalement, physiquement et sexuellement. Des filles peuvent être accueillies par des parents en échange de travaux ménagers, mais elles peuvent aussi être forcées de se livrer à la prostitution pour gagner de l’argent pour la famille. La lutte contre le sida amène les gens à s’unir pour opposer la discrimination et la stigmatisation. (Pause) Mais cette émission porte sur une manière différente que le sida touche les communautés. Il s’agit de la perte de connaissances précieuses. Il s’agit de ce qui se passe lorsque les parents ne peuvent pas transmettre leurs connaissances agricoles à leurs enfants.

Montée de gros bruits de la grande ville – voitures klaxonnant, gens marchandant au marché, enfants demandant de l’argent aux passants. Tenir pendant 10 secondes, puis fondu enchainé sous la voix de l’animateur.

Animateur :
Les villes sont remplies d’orphelins du sida. Ils peuvent mendier au coin des rues ou rechercher de petits boulots en échange d’un repas. Mais certains d’entre eux ne viennent pas de la ville. Ce sont des enfants de ferme partis de chez eux parce qu’ils ne savent pas cultiver la terre. Leurs parents sont morts du sida avant de pouvoir leur apprendre ce savoir.

Montée de bruits de la ville pendant 5 secondes, puis fondu enchainé sous des bruits de chants d’oiseaux, d’enfants jouant et parlant, de vaches et de chèvres. Baisser et maintenir sous les voix des orateurs.

Animateur :
Les enfants qui désherbent ce carré de légumes près d’un petit village sont aussi des orphelins du sida. Mais, grâce à une entente intervenue dans leur village, ils restent là où ils sont nés. Et ils apprennent comment cultiver en même temps qu’ils vont à l’école.

Maswati :
Je m’appelle Maswati. Cette semaine, je désherbe les légumes. La semaine dernière, j’ai appris à traire les chèvres.

Yvonne :
(l’interrompant) Moi aussi! Je m’appelle Yvonne. J’aime traire les chèvres. C’est mon activité préférée. En fait, la deuxième – après l’école (rire).

Suranjika :
(riant devant l’enthousiasme d’Yvonne) Je m’appelle Suranjika. Je m’occupe de Maswati et d’Yvonne et je leur apprends à cultiver. Mon mari et moi avons deux enfants. Mais avec le VIH qui nous touche tous si durement, nous avons pensé qu’il était de notre devoir de faire quelque chose. Ces deux enfants ont vécu des moments difficiles. Lorsque leurs parents sont morts du sida, l’organisation de la chefferie m’a nommée comme aidante. Les enfants vont à l’école le jour et nous leur apprenons à cultiver après l’école. (Pause puis reprise de la discussion avec passion) Si nous n’apprenons pas à nos enfants à cultiver quand ils sont jeunes, que leur arrivera-t-il quand nous mourrons?

Maswati :
Mon père est mort il y a six ans. J’avais trois ans. Le chef a donné nos terres parce que les femmes ne peuvent pas posséder de terres dans notre village. Ma mère a essayé de trouver du travail, mais elle était déjà malade. Elle est morte quand j’avais quatre ans.

Yvonne :
Ma mère est morte il y a trois ans, alors que j’avais cinq ans. Mon père ne savait pas comment prendre soin des aliments que ma mère avait fait pousser, si bien que je n’avais pas assez à manger. Ensuite, mon père est tombé malade et il est mort quand j’avais six ans.

Zaba :
Je m’appelle Zaba. Je suis le mari de Suranjika. Ces deux enfants sont chanceux. De nombreux orphelins finissent à la ville et sont perdus pour nous. Certains meurent tout simplement. Dans notre village, nous n’avons pas de rituels ni de cérémonies pour enseigner l’agriculture à nos enfants. Ils apprennent comment cultiver en allant dans les champs avec nous. Lorsqu’un père décède, sa connaissance des tracteurs et du matériel, ainsi que de l’élevage du bétail, meurt. Lorsqu’une mère décède, les enfants n’apprennent pas comment faire pousser de nombreux aliments et ils n’apprennent pas comment cuisiner et aller chercher de l’eau. Mais c’est bien que le chef attribue dorénavant les enfants orphelins à une famille aidante.

Suranjika :
Dans notre village, il y a des terres communales appelées champs Indlunkhulu*. La nourriture tirée de ces champs sert à nourrir les enfants orphelins. Nous estimons qu’il est important d’apprendre aux enfants comment cultiver quand ils sont jeunes. Un organisme local a quelques projets générateurs de revenus qui nous aident à subvenir aux besoins des enfants. Il dit que les garçons et les filles devraient tous apprendre comment soigner les animaux, et que les garçons et les filles devraient savoir comment faire pousser toutes les cultures dont nous avons besoin. Comme je l’avais mentionné, le VIH a un grand impact sur notre communauté. Si l’un des parents décède, l’autre doit tout savoir.

Yvonne :
Je veux aussi apprendre la charpenterie. Maman, un jour, je te fabriquerai une grosse charrue.

Suranjika :
Merci, Yvonne. Peut-être que nous pourrons la fabriquer ensemble.

Montée de bruits de chants d’oiseaux, d’enfants jouant et parlant, de vaches et de chèvres pendant 5 secondes, puis coupure.

Animateur :
Comme le disait Zaba, ces enfants sont chanceux. On s’occupe bien d’eux et ils apprennent à cultiver. Mais trop d’orphelins finissent encore dans les rues de la grande ville.

Montée de gros bruits de la grande ville –voitures klaxonnant, gens marchandant au marché, enfants demandant de l’argent aux passants. Tenir pendant 10 secondes, puis fondu enchainé lentement.

Acknowledgements

Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur, Réseau de radios rurales des pays en développement.
Révision : Rebecca Hodes, Candidate au doctorat en philosophie de l’histoire médicale, Oxford University, Focus : VIH/sida dans les médias.

Information Sources

* Indlunkhulu est un terme Siswati qui désigne la fourniture d’aliments provenant des champs du Chef pour les membres de la collectivité qui sont dans l’incapacité de subvenir à leurs propres besoins.