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Le repassage (ou écrasement) des seins est une pratique culturelle répandue dans certaines régions du Cameroun. Elle est aussi pratiquée dans des pays comme la Guinée-Bissau, le Chad, le Togo, le Bénin et la Guinée. Le repassage des seins est le fait de masser et d’aplatir les seins des jeunes filles à la puberté avec des objets chauds comme des bâtons traditionnels, des pilons et des bananes. Le but est d’arrêter la croissance des seins afin de limiter ou de stopper les avances sexuelles des hommes. La plupart des jeunes filles mentionnent que les effets du repassage des seins sont douloureux et provoquent un grand stress psychologique. Dans les régions rurales, les jeunes hommes peuvent refuser d’épouser des femmes ayant subi le repassage des seins. Les victimes se retrouvent avec des marques, des plis et des taches noires sur les seins.

De nos jours, de nombreuses ONG essaient de faire prendre conscience des incidences du repassage des seins. L’Association des tantines, qui travaille pour l’émancipation des filles-mères, et le Centre pour la défense des droits humains et la paix à Bamenda, au Cameroun, disent que le repassage des seins est une injustice sociale qui devrait être punie en vertu de la loi camerounaise. Mais les personnes qui exécutent cette pratique culturelle affirment qu’elles n’ont pas l’intention d’infliger des souffrances à leurs victimes.

Le repassage des seins n’est peut-être pas pratiqué dans votre zone d’écoute. Cependant, il y a peut-être d’autres pratiques, incluant des pratiques traditionnelles, qui ont une incidence négative sur la santé des femmes et des jeunes filles. Vous voudrez peut-être interviewer des jeunes filles et des femmes qui ont subi ces pratiques, ainsi que ceux qui sont impliqués dans ces pratiques ou les défendent. Après l’entrevue, une tribune téléphonique constitue une façon de sensibiliser davantage les gens de votre collectivité à ces problèmes. Il serait également bon d’interviewer des médecins, des intervenants traditionnels et des juristes et de parler de mesures éducatives qui peuvent être prises pour réduire cette pratique.

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Animateur 1 :
Bonjour et bienvenue à notre émission.

Animateur 2 :
Bonjour. Aujourd’hui, nous allons parler d’une pratique culturelle appelée “repassage des seins”, qui est largement répandue au Cameroun.

Animateur 1 :
C’est exact. Nous savons que quelques pratiques culturelles impliquent de la violence à l’égard des femmes. Au fur et à mesure que les régions rurales deviennent plus intégrées aux centres urbains, bon nombre de ces pratiques sont maintenant mises en lumière. Un groupe appelé l’Association des tantines travaille à l’autonomisation des filles-mères au Cameroun. Récemment, elles ont fait connaitre leur opinion à l’effet que, même si le repassage des seins est une pratique culturelle répandue dans le pays, elle provoquent chez les jeunes filles un stress psychologique et des souffrances physiques.

Animateur 2 :
Tout d’abord, expliquons ce qu’est le repassage des seins. C’est le fait de masser et d’aplatir les seins naissants des jeunes filles pour arrêter leur croissance. De nombreuses femmes âgées dans les villages considèrent le repassage des seins comme la meilleure façon d’empêcher leurs filles de se prostituer et de se marier jeunes. Ces femmes prétendent que les poitrines qui se développent rapidement sont un signe de délinquance juvénile et doivent être surveillées. Des objets chauds sont utilisés, comme des bâtons, des bananes chauffées et des pilons.

Animateur 1 :
Un quart des jeunes filles camerounaises ont subi le repassage des seins. Cette pratique a cours dans les 10 provinces du Cameroun et elle est très répandue dans la province du Littoral, où un sondage a révélé que plus de la moitié des jeunes filles avaient subi cette pratique. Dans plus de la moitié des cas, ce sont les mères qui l’ont appliquée. La plupart des victimes restent avec des douleurs physiques et un stress émotionnel. Elles se retrouvent également avec des taches noires et des plis sur les seins. Dans de nombreuses collectivités, des femmes sont expertes du repassage des seins et sont payées pour exécuter l’acte. Le paiement est souvent sous forme de bois et d’huile de palme.

Animateur 2 :
Une jeune fille nommée Manka Sirri, de la région de Bafut au nord-ouest du Cameroun, a gardé de mauvais souvenirs du repassage de ses seins. L’expérience lui a laissé des marques sur la poitrine. Par la suite, elle a développé le cancer. Elle se souvient du repassage de sa poitrine avec un couteau de cuisine brûlant en acier. L’opération l’a laissée avec de grosses douleurs. Ses frustrations se sont intensifiées lorsqu’elle a, par la suite, perdu un sein suite à une chirurgie pour éliminer le cancer. Manka se souvient que, par la suite, sa mère a confondu le cancer en pleine croissance dans sa poitrine avec un mauvais sort ne pouvant être éliminé que par un autre repassage des seins.

Animateur 1 :
L’Association des tantines a déclaré que tout acte qui va à l’encontre de la justice sociale, qu’il s’agisse d’une pratique culturelle ou non, devrait constituer une infraction à la loi camerounaise.

Animateur 2 :
Il faudra du temps et de l’éducation pour changer cette norme culturelle. Dans les régions du Cameroun où le repassage des seins est pratiqué, les gens qui le défendent comme une pratique culturelle disent qu’ils n’ont nullement l’intention d’infliger des douleurs et un stress psychologique aux jeunes filles. Mais la résistance des jeunes filles face au repassage des seins est souvent considérée comme une rébellion contre les règles établies du village. Par conséquent, la plupart de ces jeunes filles innocentes souffrent en silence.

Animateur 1 :
Selon le Dr Nick Ngwayam, chirurgien à la Clinique St-Louis à Bamenda dans le nord-ouest du Cameroun, très souvent les tissus en croissance dans le sein sont détruits par la chaleur appliquée lors du repassage des seins.

Animateur 2 :
Les jeunes filles qui ont eu les seins repassés ont également d’autres problèmes. Un étudiant a admis qu’il n’épouserait pas une jeune fille dont les seins ont été repassés. Pour d’autres hommes, les femmes aux seins repassés n’ont pas une silhouette attrayante.

Montée de la musique sous la voix des animateurs.

Animateur 1 :
Les victimes du repassage des seins subissent un stigmate psychologique sur une base quotidienne. Il faudra encore travailler davantage pour briser le silence dans les zones rurales à propos de ce tabou culturel. Il faut rappeler que les personnes qui ?uvrent pour la libération des femmes doivent agir vite pour changer cette situation.

Montée de la musique pendant 5 secondes, puis fondu enchainé sous la voix des animateurs.

Animateur 2 :
Merci d’avoir été à l’écoute de notre émission aujourd’hui. Au revoir.

Animateur 1 :
Au revoir.

Montée de la musique, maintien et fondu enchainé.

Acknowledgements

Rédaction : Aaron Kah, Abakwa FM, Bamenda, Cameroun.
Révision : Caroline Kilo Bara, associée de programme /communications, Fonds des Nations Unies pour la population, Cameroun.

Information Sources

Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), non daté. Breast Ironing.
Plus News, 28 juin 2006. Campaign launch to counter ‘breast ironing’.
Femmes sous lois musulmanes, 2007. Cameroun : ‘Breast Ironing’ of young girls: a harmful custom.
WLUML, 20 octobre 2007.
Femmes sous lois musulmanes,
Bureau de coordination de l’Afrique et du Moyen-Orient,
Groupe de Recherche Femmes et Lois au Sénégal (GREFELS),
B.P. 5330, Dakar Fann, Dakar, Sénégal.
Courriel : grefels@gmail.com.
Deutsche Gesellschaft fur Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH (Agence allemande pour la coopération technique), 2007.
‘Aunties’ for sexual and reproductive health: How unwed young mothers become advocates, teachers and counsellors in Cameroon.