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Avec toutes les inquiétudes concernant le réchauffement de la planète provoqué par le brûlage de combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole, c’est la ruée vers d’autres sources d’énergie respectueuses de l’environnement. On accorde beaucoup d’attention aux «biocarburants», qui sont des carburants produits à partir de plantes vivantes. Le mais, la canne à sucre et d’autres plantes vivrières sont transformées en biocarburants aux États Unis et ailleurs. Les cultures africaines qui pourraient être utilisées pour produire des biocarburants déclenchent beaucoup d’enthousiasme. Une culture qui retient beaucoup l’attention est le jatropha (aussi appelé pourghère). Dans ce texte, nous allons examiner les avantages du jatropha pour les petits agriculteurs.

À l’heure actuelle, il est peu probable que les petits agriculteurs fassent pousser des jatrophas pour les transformer en biocarburant, à moins de participer à un plus gros projet en ce sens, où à moins qu’il y ait une unité de transformation du jatropha près de leur ferme. Mais il y a beaucoup d’autres raisons pour lesquelles les petits agriculteurs pourraient faire pousser du jatropha, qui sont toutes détaillées dans le présent texte.

Le RRRPD ne prend pas position pour dire si le jatropha ou une autre culture produisant des biocarburants est une bonne réponse au réchauffement de la planète, car la science et l’économie relatives à cette question sont trop complexes à l’heure actuelle pour adopter une position précise. À titre de radiodiffuseur dont l’auditoire est constitué de petits agriculteurs, c’est une bonne idée d’orienter votre programmation vers leurs besoins. Le présent texte parle donc des avantages du jatropha pour les petits agriculteurs.

Script

Animateur :
Bonjour tout le monde! Beaucoup de gens parlent du jatropha, une plante qui produit de l’huile pour faire du biocarburant. Avec toutes les inquiétudes entourant le réchauffement de la planète, le jatropha et d’autres cultures générant des biocarburants retiennent beaucoup l’attention et font l’objet d’un grand «battage publicitaire». Les biocarburants pourraient constituer une solution de rechange au lieu de brûler des «combustibles fossiles» comme le charbon et le pétrole. Que le jatropha soit ou non la solution «magique» au réchauffement de la planète espérée par les populations, ce n’est pas la question à laquelle nous répondrons aujourd’hui. Peut il aider les petits agriculteurs ou est il seulement approprié pour l’agriculture à grande échelle? C’est la question que nous aborderons dans cette émission. Nous vous dirons ce qu’est le jatropha et comment il peut être utilisé par les petits agriculteurs pour protéger leurs sols, produire du combustible pour les lampes à l’huile, fabriquer du savon et créer de nouvelles sources de revenu. Restez à l’écoute. Nous serons de retour dans une minute pour parler à un expert en matière de jatropha.

Courte pause musicale.

Animateur :
Oui, aujourd’hui nous allons parler du jatropha. Nous avons la chance d’avoir avec nous un producteur expérimenté de jatropha qui nous dira comment ce dernier peut bénéficier aux petits agriculteurs. Bienvenue, monsieur Z.

M. Z :
Merci de m’avoir invité. J’ai bien hâte de vous transmettre quelques bonnes informations au sujet de cette plante intéressante et utile.

Animateur :
Pouvez vous commencer par me parler de la plante elle même et de son aire de culture?

M. Z :
Le jatropha est une plante vivace qui vit jusqu’à 50 ans et produit des graines durant toute sa vie. Il résiste à la sécheresse et pousse sur des sols assez infertiles. C’est un petit arbre ou un arbuste qui atteint entre trois et cinq mètres de haut, mais qui peut aller jusqu’à huit à dix mètres dans des conditions favorables. C’est une bonne plante à utiliser comme culture intercalaire avec des cultures vivrières. Elle réussit mieux dans les régions plus sèches de l’Afrique, où les précipitations annuelles se situent entre 60 et 100 centimètres. Elle préfère les températures annuelles moyennes supérieures à 20° mais peut pousser à des altitudes plus élevées et tolère les gelées légères.

Animateur :
Dernièrement, nous avons entendu beaucoup de nouvelles au sujet de grosses plantations de jatrophas dans différentes régions de l’Afrique, en vue de produire du biocarburant. Ce dernier remplacerait les combustibles fossiles, comme le pétrole et le gaz, pour les voitures et les camions et à d’autres fins. Des gens ont raconté comment ces plantations pourraient générer de gros revenus pour les pays et les agriculteurs africains. Mais le jatropha peut il également bénéficier aux petits producteurs?

M. Z :
Toute cette attention qui est accordée à la culture du jatropha pour fabriquer du biocarburant est relativement nouvelle. Le fait est que le jatropha n’est pas une plante nouvelle en Afrique et il bénéficie depuis de nombreuses années à de petits agriculteurs partout en Afrique. Par exemple, des agriculteurs du Mali et d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest plantent des haies de jatrophas depuis des années pour arrêter l’érosion des sols et la mouvance des dunes de sable et pour stabiliser de petits barrages. Le tourteau de jatropha constitue également un excellent engrais organique.

Animateur :
Le jatropha a t il d’autres usages?

M. Z :
Assurément. Dans la tradition, les femmes rurales utilisaient le jatropha comme médicament et pour produire du savon. Le processus traditionnel de fabrication du savon exige beaucoup de main d’œuvre et produit de petites quantités de savon d’une qualité relativement médiocre. Mais lorsqu’on utilise l’huile de jatropha, seule ou combinée à d’autres huiles de plantes locales comme le beurre de karité, on produit de grandes quantités de savon de meilleure qualité. Les femmes peuvent vendre ce savon sur les marchés locaux et dans les villes proches, et ainsi augmenter leur revenu à l’aide de ressources locales.

Animateur :
La fabrication de savon semble être une bonne idée pour accroitre les revenus dans les régions rurales. Le jatropha a t il d’autres avantages pour les petits agriculteurs?

M. Z :
Le bétail n’aime pas les feuilles ni les tiges de jatropha, si bien qu’il ne broute pas les haies de jatrophas. Pour cette raison, les haies de jatrophas peuvent servir de barrière vivante en protégeant les cultures vivrières contre le bétail. Et l’huile est également très appréciée.

Animateur :
Parlez nous de l’huile de jatropha.

M. Z :
Eh bien, environ 1/3 de la graine de jatropha est constituée d’huile et cinq kilos de graines produisent environ un litre d’huile. En outre, une haie d’un mètre produira environ un kilo de graines. En plus de servir à fabriquer un très bon savon, l’huile est utilisée comme combustible. De tout temps, elle a été utilisée pour alimenter les moulins à grain et les pompes à eau. En outre, elle est très bonne pour les lampes et les lanternes parce qu’elle brûle sans émettre de fumée. On dit même que l’huile tue les escargots vecteurs qui provoquent la schistosomiase!

Animateur :
J’ai entendu dire que certaines personnes nous mettent en garde en disant que la culture du jatropha et d’autres plantes non vivrières pour fabriquer du biocarburant en Afrique n’est peut être pas une stratégie durable et pourrait causer des problèmes. Qu’en pensez vous?

M. Z :
Si les petits agriculteurs peuvent faire pousser du jatropha pour obtenir du biocarburant et l’utiliser, par exemple, comme combustible pour les lampes, les poêles ou les moulins et les pompes à eau, je pense que c’est une bonne chose. Dans de nombreux pays africains, la déforestation pose un grave problème. Nous abattons nos forêts pour obtenir du bois de chauffage et du charbon de bois. Si on peut utiliser le jatropha et d’autres plantes pour fabriquer du combustible, nous pourrons alors mettre fin à l’abattage de nos forêts. Mais il est difficile de prédire ce qui arriverait si on plantait beaucoup de terres africaines en produits à biocarburant, comme le jatropha. Certaines personnes s’inquiètent, à cause du prix élevé actuel du pétrole, que des agriculteurs pourraient planter des cultures à biocarburant sur des terres qu’ils utilisaient pour faire pousser des cultures vivrières. Cette situation est particulièrement inquiétante dans des régions de l’Afrique où les prix élevés des aliments constituent la principale raison pour laquelle les gens meurent de faim.

Animateur :
Mais vous recommanderiez aux petits agriculteurs de faire pousser du jatropha non pas parce que c’est une culture à biocarburant mais en raison de ses nombreuses utilisations – n’est ce pas?

M. Z :
Oui, c’est exact. Le jatropha peut accroitre le revenu familial, réduire certains des coûts énergétiques du foyer, contribuer à lutter contre l’érosion des sols et accroitre la fertilité. Il présente tous ces avantages et il est facile à faire pousser, même dans des régions sèches qui n’accueillent pas facilement des cultures vivrières! Je fais cependant une mise en garde importante pour un village qui souhaiterait augmenter la production de jatrophas et peut être effectuer une transformation locale ou ériger des barrières de jatrophas sur une plus grande échelle. La mise en garde concerne le fait qu’il faut faire très attention de s’assurer que les femmes conservent leurs responsabilités traditionnelles de récolte et de transformation des graines. Dans le cas contraire, la situation financière du village n’en bénéficiera pas.

Animateur :
Tous ces conseils me semblent judicieux, monsieur Z. J’apprécie le fait que vous nous ayez parlé aujourd’hui du jatropha pour nous aider à comprendre ses avantages pour les petits agriculteurs.

M. Z :
Tout le plaisir fut pour moi.

Animateur :
Je remercie tous nos auditeurs qui sont à l’écoute aujourd’hui. Si vous avez des questions au sujet du jatropha, des biocarburants ou d’autres produits, n’hésitez pas à téléphoner à notre station au numéro (numéro de téléphone). Nous n’aurons peut être pas la réponse à vos questions, mais nous essaierons de trouver des experts pour y répondre! Au revoir et à la prochaine.

Indicatif musical pendant 10 secondes, puis fondé enchainé.

Acknowledgements

Rédaction : Vijay Cuddeford, rédacteur, Réseau de radios rurales des pays en développement.
Révision : Reinhard Henning, Bagani, cabinet d’experts conseils spécialisés en énergies renouvelables dans les pays en développement, Rothkreuz 11, D 88138 Weissensberg, Allemagne.

Information Sources