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Script 73.8

Notes to broadcasters

Dans un grand nombre de régions et de pays, les gens ont de la difficulté à admettre l’existence du VIH/sida; en fait, ils nient que le problème existe. Cette tendance se manifeste à beaucoup d’échelons – au niveau personnel, dans les familles, au sein des communautés régionales et des gouvernements. La courte émission suivante aborde ce problème. La question du déni de la réalité doit être résolue avant que d’autres mesures puissent être prises pour combattre le sida. On doit aborder d’autres questions importantes telles que la peur de la maladie et la discrimination à l’égard de ceux qui ont contracté le VIH/sida.

Script

Personnages
Animateur
MaRedebe : mère d’une jeune fille atteinte du VIH/sida
MaMhlongo : amie de MaRedebe

MaRadebe:
Gugu ne reviendra pas ici, un point c’est tout! Maintenant, si ça ne te dérange pas, je dois assister à une réunion à l’église. Tu trouveras la sortie.

MaMhlongo:
Mais MaRadebe – tu n’es pas sérieuse! Nous parlons de ta fille. Songe au fait qu’elle se sente rejeter. Tu lui as flanqué une peur bleue. Elle ne peut pas se confier à toi, même pas te parler. Tu n’aurais pas dû la chasser comme tu l’as fait. Reviens à la raison!

MaRadebe:
MaMhlongo, je ne sais pas pourquoi tu te mêles de ce qui ne te regarde pas. J’ai pris une décision. Point final! Il est inutile de me rappeler que Gugu est ma fille, merci beaucoup. Je l’ai attendue pendant neuf mois. Garde-toi bien de me parler de rejet. On me rappelle constamment qu’il faut que je mette de l’ordre dans mes affaires. Je suis déjà la risée du village alors ne retourne pas le couteau dans la plaie. Je n’ai pas couché avec n’importe qui et je ne me suis pas réveillée atteinte d’un virus, mais je suis un objet de risée et de honte. Je ne peux pas marcher sans être sur mes gardes pour voir si quelqu’un me désigne du doigt. Qui veut vivre ainsi? Peut-être toi, mais certainement pas moi!

MaMhlongo:
Écoute-toi. Moi,…moi,…moi,…toujours. Je n’aurais jamais cru que tu étais aussi égoïste. Essaye, juste pour une fois, de te mettre à la place de Gugu. Je suis ton amie et je suis vraiment navrée qu’un tel malheur afflige ta famille. Mais ça n’arrange pas les choses de rejeter ta fille. Plus que jamais, elle a besoin de ton amour et de ton soutien. Le rejet n’entraînera que le suicide. Si tu n’es pas au courant, je devrais te dire qu’elle est à l’hôpital – elle a de nouveau tenté de se suicider.

MaRadebe:
(surprise) Je n’en savais rien.

MaMhlongo:
Ta fille souffre. J’ai tenté de la réconforter. Après que tu l’as chassée, elle a habité chez-moi pendant sept semaines. J’ai partagé avec elle cuillères, assiettes, serviettes. Ai-je l’air malade? Tu ne contracteras pas le sida en serrant ta fille dans tes bras. Je la serre souvent dans mes bras. Elle cherche à obtenir l’assurance qu’elle est encore digne d’être ta fille. Elle m’a demandé de ne pas le répéter, mais je vais te dire ce qu’elle m’a confié. En tentant de se suicider, elle essayait de mettre fin à ton angoisse. Elle voulait mourir, être enterrée et être oubliée plutôt que de vivre et de te déshonorer. Il n’est jamais trop tard pour se réconcilier. Réveille-toi avant qu’il ne soit trop tard. Je n’ai plus rien à te dire.

Animateur:
Qu’arrivera-t-il? MaMhlongo a-t-elle fait comprendre à MaRedebe qu’elle avait des idées fausses? Si Gugu survit, quels seront les rapports entre la mère et la fille? Un grand nombre de personnes ont du mal à admettre que le sida existe et que des membres de leur famille en sont atteints. Il est temps d’accepter la réalité qu’est le VIH/sida et d’accorder du soutien aux personnes qui nous sont chères et qui en sont atteintes.

-FIN-

Acknowledgements

  • Collaboration : Ntombi Sis N Radebe, responsable de la programmation, “Maputaland Community Radio”. Texte publié à l’origine par le RRRPD, texte 64-2, janvier 2002
  • La station “Maputaland Community Radio” est située à Jozini, dans la province du KwaZoulou-Natal, en Afrique du Sud, 100.3/107.6 FM. Cette station de radio diffuse de Jozini dans les régions rurales de UBombo et de Ingwavuma en isizoulou et en anglais.