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Script 72.8

Notes to broadcasters

La banane est une culture très importante non seulement en Afrique mais dans le monde entier. Parmi les cultures vivrières les plus cultivées dans le monde, la culture de la banane occupe le 4 e rang après le riz, le blé et le maïs. La banane constitue l’aliment de base le plus important dans un grand nombre de pays en Afrique. On cultive la banane dans les pays d’Afrique de l’Est. La banane plantain, qui ressemble à la banane, est un aliment de base en Afrique de l’Ouest. Au cours des dernières années, la productivité des bananiers en Afrique a diminué en raison des parasites et des maladies, en raison de la réduction de la fertilité du sol et en raison de facteurs socio-économiques tels que les problèmes liés à la main-d’oeuvre et à la commercialisation. Le texte suivant met l’accent sur des mesures simples que les petits agriculteurs peuvent prendre pour lutter contre le charançon du bananier. On insiste sur l’importance d’utiliser une approche viable de lutte intégrée contre les parasites – en d’autres mots, utiliser une variété de méthodes (culturelles, biologiques, génétiques et chimiques) pour lutter contre les parasites des récoltes tout en protégeant l’environnement, la santé de l’homme et la rentabilité économique.

En Afrique, la main d’oeuvre dans les plantations de bananiers est composée en grande partie de femmes, une tendance causée de plus en plus par la migration des hommes en quête d’emploi. Il est important de diffuser l’émission au moment où les femmes écoutent la radio.

Script

Personnages
Animateur
M. Emmanuel Kagaro
: agriculteur

OUVERTURE EN FONDU DE LA MUSIQUE; FONDU SOUTENU PENDANT LA NARRATION.

Animateur
– Bonjour (bonsoir). Ici, (nom de l’animateur). Aujourd’hui, nous allons nous entretenir avec M. Emmanuel Kagaro sur la question suivante : comment M. Kagaro lutte-t-il contre le charançon du bananier… sans utiliser de pesticides! Bonjour ( bonsoir ) M. Kagaro et bienvenue.

M. Kagaro
– Bonjour (bonsoir).

Animateur
– Allons-y. D’abord, j’ai une question à vous poser. Est-il vrai que vous réussissez à lutter contre le charançon du bananier sans l’aide de pesticides?

M. Kagaro
– Oui, c’est vrai. Mais pour trouver des méthodes couronnées de succès, j’ai dû observer et faire un grand nombre d’expériences.

Animateur
– Vous dites méthodes au pluriel. Cela veut-il dire que vous utilisez plus d’une méthode à la fois?

M. Kagaro
– C’est exact. J’ai appris que les mesures qu’on prend pour lutter contre un parasite doivent être fondées sur ce que l’on sait de la récolte et du parasite. En savoir plus sur ces deux sujets permet de prendre un plus grand nombre de mesures et d’obtenir plus de succès dans la lutte contre le parasite.

Animateur
– Alors comment luttez-vous contre le charançon du bananier?

M. Kagaro
– Avant de commencer, il est important de ne pas oublier, lorsqu’on lutte contre tout parasite, qu’une plante en bonne santé a une meilleure résistance aux parasites et aux maladies qui attaquent cette plante.

Animateur
– Tout comme une personne en bonne santé a une meilleure résistance à la maladie qu’une personne malade.

M. Kagaro
– C’est juste. Garder les plantes en bonne santé, voilà la première façon de se défendre contre les parasites. J’utilise un bon paillis composé de tige de maïs et de graminées que j’étends autour des bananiers. Le paillis aide aussi à conserver l’humidité et à limiter le développement des mauvaises herbes. Il fournit au bananier des nutriments importants.

Animateur
– Voilà de bons conseils, M. Kagaro. Et le parasite?

M. Kagaro
– Comme je l’ai déjà dit, j’utilise plusieurs méthodes pour lutter contre le charançon du bananier. Mais je commence toujours par la devise : « propreté d’abord, propreté toujours ». Propreté d’abord, cela veut dire que les agriculteurs doivent utiliser du matériel de plantation qui n’est pas infesté de charançons ou d’autres parasites. Les charançons ont une mobilité limitée, ils ne se déplacent que d’environ un mètre. Mais les charançons peuvent envahir les lieux quand les agriculteurs utilisent, d’un champ à l’autre, des produits déjà infestés.

Animateur
– Alors que doit-on faire pour éviter que les charançons n’envahissent les champs?

M. Kagaro
– La meilleure façon : acheter du matériel de plantation sain d’une pépinière.

Animateur
– Mais ce n’est pas toujours possible de le faire!

M. Kagaro
– Non. Mais si vous ne pouvez pas acheter des produits sains, vous devez nettoyer les produits vous-même avant de les planter.

Animateur
– Et comment nettoyer le matériel de plantation?

M. Kagaro
– Une des meilleures façons : parer les surgeons du bananier. Utilisez un couteau bien aiguisé pour enlever un tiers de centimètre des racines et des couches externes du bulbe. Assurez-vous que vous écrasez les oeufs et les larves pour les détruire.

Animateur
– Vous avez nettoyé le matériel de plantation. Que faire maintenant?

M. Kagaro
– Il faut planter les surgeons peu de temps après les avoir parés pour éviter que les charançons ne les infestent de nouveau. Il est préférable de les planter à une profondeur de 60 centimètres. Des recherches ont démontré que si on plante les surgeons dans des trous profonds, les charançons ne peuvent pas les trouver.

Animateur
– J’ai entendu dire que certains agriculteurs, en plus de parer les surgeons, utilisent des insecticides de fabrication artisanale.

M. Kagaro
– Oui, c’est fréquent. À l’aide d’un mélange d’eau et de poudre fabriquée à partir de graines de neem, on peut éloigner les charançons des bananiers. Si vous pouvez vous procurer du neem, c’est une bonne idée de l’utiliser. Vous épandez la solution à base de neem directement sur le bulbe avant de planter les surgeons.

Animateur
– Avant de commencer le traitement, les agriculteurs devront savoir précisément comment préparer cette solution ainsi que comment et quand l’épandre.

M. Kagaro
– C’est juste. Il est important de suivre ces conseils lorsqu’on utilise tout pesticide.

Animateur
– Quels autres renseignements au sujet du charançon du bananier peuvent nous aider à lutter contre ce parasite?

M. Kagaro
– Eh bien!… Nous savons que les femelles pondent les oeufs dans les bulbes et dans les tiges. Nous savons aussi qu’elles sont attirées par les plants qui viennent d’être taillés. Il est donc utile de couper de vieilles tiges en deux et d’étaler les deux moitiés sur le sol près du bananier, la surface taillée vers le sol. Si vous laissez les tiges taillées dans les champs, pendant une semaine, les charançons pondront leurs oeufs à l’intérieur des tiges. Une semaine plus tard, détruisez les tiges.

Animateur
– Vous dites qu’il faut d’abord préparer un piège pour attirer les charançons en plaçant des tiges taillées sur le sol. Une fois qu’ils sont pris au piège, il faut détruire les charançons.

M. Kagaro
– C’est exact! C’est aussi une excellente idée de déterrer les bulbes au début de la saison des pluies. On conseille de couper et de fendre les tiges et de les laisser sécher. Cette mesure permet de tuer les oeufs et les larves de charançons. On détruit aussi les sources de nourriture des charançons et les endroits où ils se reproduisent. Mais ce ne sont là que quelques suggestions. Plus vous êtes renseignés sur la façon de vivre des parasites, plus vous découvrez de méthodes pour lutter contre ces derniers.

Animateur
– Vous nous avez certainement appris de bonnes stratégies pour lutter contre le charançon du bananier. Et je suis convaincu que les agriculteurs utilisent d’autres méthodes. Comme vous l’avez dit plus tôt, la clé du succès : observer et faire des expériences.

M. Kagaro
– De plus, la lutte demande énormément de temps et d’énergie mais les résultats en valent la peine.

Animateur
– Je vais résumer rapidement :

  • D’abord, il est important de garder les bananiers en bonne santé afin qu’ils aient une meilleure résistance aux parasites qui les attaquent.
  • Puis vous avez mentionné la devise : « propreté d’abord, propreté ensuite » c’est-à-dire utiliser du matériel de plantation sain afin que le charançon n’envahisse pas les champs.
  • Vous nous avez ensuite expliqué comment parer les surgeons. Vous avez proposé d’utiliser du neem si le prix est abordable.
  • Vous avez aussi parlé de prendre au piège les charançons dans des tiges taillées, placées sur le sol.

M. Kagaro
– Si les agriculteurs prennent ces mesures, je suis sûr que la production des bananiers augmentera. Les résultats ne seront peut-être pas immédiats mais s’ils persistent, leurs champs seront moins endommagés et les rendements seront meilleurs.

Animateur
– Merci, M. Kagaro, pour vos conseils sur ce parasite tenace. Vous nous avez tellement donné matière à réfléchir.

M. Kagaro
– Je vous en prie.

Animateur
– Votre animateur (nom de l’animateur). Au revoir

Acknowledgements

  • Collaboration : Vijay Cuddeford, recherchiste/rédacteur, North Vancouver, Canada.
  • Révision : Godfrey Kagezi, associé de recherche, International Institute of Tropical Agriculture (IITA) – East and Southern Regional Center (ESARC), Kawanda Agricultural Research Institute (KARI), PO Box 7065, Kampala, Ouganda.

Remarque

Voici les principaux cycles biologiques du charançon. Ces renseignements peuvent être intégrés à une émission de radio qui traite de méthodes autres que celles mentionnées ci-dessus pour lutter contre le charançon du bananier sans utiliser de pesticides.

  • Les femelles pondent les oeufs dans le bulbe et le pseudo-tronc mais aussi dans les premiers centimètres de la tige nouvellement taillée
  • Après l’éclosion des oeufs, les petites larves blanches se creusent un chemin dans le bulbe. Les larves vivent entre 5 et 7 semaines. Elles causent des dégâts parce qu’elles creusent des tunnels ce qui empêche la plante d’absorber l’eau et de consommer les nutriments du sol. Par conséquent, le rendement des arbres fruitiers est moins élevé. La plante est aussi affaiblie. Elle peut se casser net et tomber au grand vent.
  • Après 5 ou 7 semaines, les larves se transforment en insectes adultes de couleur noir qui atteignent la longueur de l’ongle du pouce. Ces adultes vivent plus d’un an. Les adultes n’abîment pas les plantes mais les femelles pondent des oeufs dans le bulbe et dans la tige.

Information Sources

  • Masanza, Michael. « Effect on crop sanitation on banana weevil Cosmopolites sordidus (Germar) populations and associated damage».
  • Gold, Clifford S., Jorge E. Pena et Eldad B. Karamura. « Biology and Integrated Pest Management for the Banana Weevil Cosmopolites Sordidus (Germar) (Coleoptera: Curculionidae) », Integrated Pest Management Review, volume 6: 79-155.
  • Frison, E.A., C.S. Gold, E.B. Karamura, et R.A. Sikora, éditeurs. « Mobilizing IPM for sustainable banana production in Africa: Proceedings of a workshop on banana IPM held in Nelspruit, South Africa – 23-28 November 1998 ».
  • « Research on Banana and its Pests », International Centre of Insect Physiology and Ecology (ICIPE).
  • Tinzaara, W., A. Barekye, C.S. Gold, C. Nankinga, G.H. Kagezi, P. Ragama, W. Tushemereirwe, et G. Blomme. « Use of cultural practices for the management of the banana weevil, Cosmopolites sordidus (Germar) and nematodes in Masaka District, Uganda. »
  • Masanza, M., C.S. Gold, A. van Huis et P.E. Ragama. « Effects of covering highland banana stumps with soil on banana weevil Cosmopolites sordidus (Germar) oviposition. »
  • Masanza, M., C.S. Gold, A. van Huis, P.E. Ragama et S.H.O. Okech. « Effect of crop sanitation on banana weevil Cosmopolites sordidus (Germar) (Coleoptera: Curculionidae) populations and crop damage in farmers’ fields in Uganda. »
  • « Project 7: Improving Plantain- and Banana-Based Systems. » International Institute of Tropical Agriculture (IITA). IITA, c/o Lambounr (UK) Limited, Carolyn House, 26 Dingwall Road, Croydon CR9 3EE, UK.
  • Picq, C., E. Fouré et E.A. Frison, éditeurs. « Bananas and Food Security. » International symposium, Douala, Cameroun, du 10 au14 novembre 1998.
  • McIntyre, B.D., C.S. Gold, H. Ssali et S.J. Riha. « Effects of mulch location on banana weevil, soil and plant nutrients, soil water and biomass in banana fields. » 2004. Biology and Fertility of Soils, décembre 2003: 74-79.