English

Script 72.1

Notes to broadcasters

Les agriculteurs doivent évaluer à quel moment ils peuvent justifier des dépenses visant à lutter contre les insectes nuisibles. Un agriculteur ou une agricultrice qui achète des pesticides pour lutter contre les organismes nuisibles qui causent très peu de dégâts peut en fait perdre de l’argent. Afin de minimiser les dégâts causés par les parasites, les agriculteurs doivent évaluer régulièrement l’état de leurs champs pour surveiller le niveau d’infestation. Les agriculteurs ne doivent épandre les produits antiparasitaires qu’au moment où l’infestation entraîne des « pertes économiques ». Les pertes économiques se définissent ainsi : le moment où les pertes de revenus attribuées à la récolte endommagée sont plus grandes que les coûts d’achat et d’épandage des pesticides.

Dans le texte suivant, nous démontrons qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des pesticides ou d’autres méthodes pour lutter contre les parasites si les dégâts sont minimes. Nous vous proposons de vous entretenir avec un agent de vulgarisation pour savoir quel niveau les pertes économiques ont-elles atteint dans les récoltes cultivées fréquemment dans votre région. Nous vous proposons aussi de diffuser ces renseignements au cours de votre émission. L’information aidera les agriculteurs de votre auditoire à mieux comprendre le concept de pertes économiques. Par exemple, au Guatemala, des agriculteurs ont appris à analyser l’ampleur des pertes économiques dans les haricots stockés. On leur a appris à vérifier, tous les 30 jours, des échantillons de haricots entreposés pour évaluer les dégâts causés par les charançons. Lorsque les pertes touchaient plus de 4 haricots sur 100 haricots (4 %), on conseillait aux agriculteurs de lutter contre les parasites. Si le taux de graines endommagées atteignait moins de quatre pour cent, on croyait qu’il n’y avait pas de diminution importante de la germination, de la qualité nutritionnelle ou du prix de vente des haricots.

Script

1er animateur
– Bonjour et bienvenue à l’émission. Aujourd’hui, au cours de notre discussion, nous allons parler de la lutte contre les parasites dans les récoltes. N’oublions pas les deux questions suivantes : quand un agriculteur doit-il lutter contre les parasites? De plus, est-il toujours nécessaire de lutter contre les parasites – particulièrement s’il n’y a que quelques insectes qui détruisent votre récolte? La discussion sera intéressante… nous vous prions de bien vouloir rester à l’écoute.

INTERMÈDE MUSICAL (3 secondes).

1er animateur
– Certains agriculteurs n’ont pas d’idées qui font plaisir quand ils entendent les insectes bourdonnant près des récoltes.

2e animateur
– Et pourquoi pas? Ces insectes vrombissants sont des organismes nuisibles!

1er animateur
– Vraiment? Est-ce que tous les insectes sont des insectes nuisibles?

2e animateur
– Évidemment, la réponse à cette question c’est… oui! Je crois que tout insecte qui dévore mes récoltes est un parasite.

1er animateur
– Je ne suis pas d’accord avec vous. Je vois les choses différemment. Selon moi, un insecte devient un parasite uniquement lorsqu’il endommage les récoltes et que les agriculteurs perdent de l’argent. Et c’est à ce moment-là que les agriculteurs doivent choisir une méthode pour lutter contre les parasites.

2 e animateur
– Je ne suis pas entièrement d’accord avec vous. Si je vois des mouches blanches dans mon chou, je veux qu’elles cessent immédiatement de dévorer ma récolte! Je n’ai pas le temps d’attendre et de calculer l’ampleur des dégâts causés par ces mouches!

1er animateur
– Eh bien! Vous pouvez aussi envisager la chose autrement. Combien de choux les mouches blanches mangent-elles? Disons qu’elles mangent trois choux. Disons que ces choux valent un dollar (insérez la devise locale ) au marché. Les insectes mangent donc l’équivalent d’un dollar (insérez la devise locale ) de profit.

2e animateur
– Mais je ne veux rien perdre du profit de la récolte.

1er animateur
– Bien sûr. Mais si les insectes ne mangent que l’équivalent d’un dollar de votre profit, cela n’a pas de sens de dépenser plus d’un dollar pour lutter contre les parasites. Si cela vous coûte deux dollars pour pulvériser des produits chimiques dans les choux, vous dépensez donc deux dollars pour empêcher les insectes de manger trois choux qui valent en tout un dollar. Vous perdez en fait de l’argent.

2e animateur
– Ce que vous voulez dire c’est que je perds de l’argent en pulvérisant des pesticides. Heu… Je ne veux certainement pas perdre d’argent en le consacrant aux récoltes!

1 er animateur
– Tout ce que je veux dire c’est que vous ne devez pas être pris de panique quand vous commencez à voir des insectes.

2e animateur
– D’accord. Je ne devrais pas être pris de panique et croire que je dois pulvériser dès que je vois des insectes près de mes récoltes.

1er animateur
– Nous connaissons maintenant une autre façon de percevoir les insectes et les parasites. Un insecte est un organisme nuisible quand l’ampleur des pertes causées aux plantes justifie des dépenses pour lutter contre les parasites.

OUVERTURE EN FONDU ET FONDU SOUTENU PENDANT LA NARRATION.

1er animateur
– Agriculteurs, n’oubliez pas : il peut y avoir un certain nombre d’insectes qui causent des dégâts avant que ces insectes posent un vrai problème. Vérifiez l’ampleur des dégâts que causent les insectes. Prenez ensuite une décision : est-ce que cela a du sens ou non de dépenser de l’argent pour lutter contre les insectes. Ce n’est pas vraiment grave si vous récoltez quelques choux abîmés; s’ils sont trop endommagés et que vous ne pouvez pas les vendre au marché, vous pouvez toujours les garder et votre famille peut les manger.

FERMETURE EN FOND.

Acknowledgements

  • Adapté d’un texte publié par le Réseau de Radios Rurales des Pays en Développement, pochette 28, numéro 4 – Les insectes sont-ils tous des organismes nuisibles?
  • Collaboration : Jennifer Pittet, recherchiste/rédactrice, Thornbury, Canada.
  • Révision : Hélène Chiasson, titulaire d’un doctorat, Codena inc., Saint-Charles-sur-Richelieu, Québec, Canada

Information Sources

  • Cours portant sur de la lutte intégrée contre les parasites présenté par Hermogenes Castillo, ALTERTEC, Guatemala, 1992.
  • Rappaport, Rosalyn. Controlling crop pests and diseases, MacMillan Press, 1992. Guides portant sur la vulgarisation agricole dans les Tropiques.