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Script 59.5

Script

Les personnages:

L’animateur.
Le professeur d’école peut être l’animateur.
Nuzhat, Jaya, Saida: trois camarades de classe.

L’animateur:
Nous continuons aujourd’hui notre discussion sur le HIV et le sida. Dans notre dernière dramatique sur cette maladie mortelle, nous avons appris quelques faits sur le VIH et sur le sida, y compris la façon dont elle se transmet et les moyens de se protéger. La discussion d’aujourd’hui entre trois camarades d’école démontre la façon dont le VIH et le sida influencent les jeunes et leur vie familiale. Cette discussion va peut-être vous aider à comprendre les problèmes vécus par quelqu’un de votre entourage et comment ils ont influencé leur famille.

[Note: La scène d’ouverture se déroule dans une classe où les élèves récitent leurs tables de multiplication.]

Une classe (tous ensemble):
Deux fois deux font quatre. Quatre fois deux font huit. Huit fois deux font seize…

EFFETS SONORES
(Cloches d’école qui sonnent au loin).

Le professeur:
Bravo tout le monde! Je veux vous voir de bon matin demain.

Classe (tous ensemble):
Merci Mademoiselle Ndovi!

EFFETS SONORES
(Bruits d’élèves qui se lèvent de leur chaise, qui parlent et quittent l’école. Ces bruits sont en fond sonore pendant quelques secondes en même temps que le dialogue suivant).

Nuzhat:
Eh! Jaya, attends-moi.

Jaya
: Allo Nuzhat!

Nuzhat
: Pourquoi es-tu pressée ? Tu ne m’as même pas dit au revoir.

Jaya
: Pardon! Je vais rendre visite à Saida avant de rentrer à la maison pour aider à préparer le repas.

Nuzhat
: Saida? Tu vas visiter Saida?
Texte3, page 2

Jaya
: Oui! Pourquoi? Elle est mon amie. En fait, elle est aussi ton amie n’est-ce pas?

Nuzhat
: Oui, mais tu sais qu’elle a la maladie.

Jaya
: Pas vraiment! Je sais que son père est mort il y a deux ans de cette maladie appelée sida et que sa mère est morte de cette maladie cette année. C’est tout ce que je sais. Ça ne veut pas dire que Saida a la même maladie. Même si c’était le cas, je veux quand même la voir. Elle est mon amie. Je m’ennuie d’elle. Elle n’est pas venue à l’école depuis trois mois.

Nuzhat
: Mais Jaya, tu n’as pas peur que Saida te transmette le sida?

Jaya
: Et comment?

Nuzhat
: Et bien! Si elle te touche ou si elle tousse ou n’importe quoi.

Jaya
: Tu ne peux pas avoir le sida en touchant quelqu’un Nuzhat. Tu aurais dû venir hier pour écouter l’infirmière parler du sida. Elle a tout expliqué sur le sujet.

Nuzhat
: Tu y es allée ? Ma mère ne voulait pas que j’y aille. Elle a dit que ce genre de discussion encourage les jeunes à avoir des relations sexuelles.

Jaya
: Nuzhat, ta mère est une femme intelligente, mais elle a tort. En fait, je crois que la plupart d’entre nous pensent que c’est mieux d’attendre avant d’avoir des relations sexuelles. C’est la meilleure façon de se protéger contre cette maladie.

Nuzhat
: Vraiment?

Jaya
: Vraiment! La façon principale de transmettre le sida est en ayant des relations sexuelles sans utiliser de condom. Donc, la meilleure précaution est de ne pas faire l’amour. Mais si tu décides d’avoir des relations sexuelles, fais-le avec un partenaire uniquement et utilise un condom à chaque fois.

Nuzhat
: L’infirmière vous a dit ça? Wow! Quoi d’autre?

Jaya: Je vais t’en dire plus mais il faut se dépêcher. Nous devons parler en marchant parce que je veux rendre visite à Saida et je dois rentrer à la maison pour aider ma mère.

PAUSE MUSICALE

Nuzhat
: Regarde! Voici Saida, assise sous un arbre.

Jaya
: Je me demande ce qu’elle fait seule.

Nuzhat
: Es-tu certaine que ce n’est pas dangereux d’aller prêt d’elle?
Texte 3, page 3

Jaya
: Absolument! Tu penses que je mettrais ma vie en danger? Est-ce que tu viens ou non?

Nuzhat
: Oui, j’arrive. Moi aussi, je m’ennuie de Saida.

Jaya
: Faisons la course!

EFFETS SONORES
(Bruits de deux filles qui courent, pendant quelques secondes et ensuite fondu).

Jaya
: Bonjours Saida! Comment vas-tu? Nous ne t’avons pas vue à l’école depuis longtemps?

Saida
: Ça va! Et vous?

Nuzhat
: Nous allons bien. Nous venons te rendre visite.

Saida
: Vraiment? Ça fait tellement longtemps que je vous ai vues que je pensais que vous m’aviez oublié.

Jaya
: Voyons Saida, comment pourrait-on t’oublier?

Saida
: Pourquoi n’êtes-vous pas venues aux funérailles de ma mère?

Jaya
: Nous sommes désolées, n’est-ce pas Nuzhat?

Nuzhat
: Oui, nous sommes désolées Saida. Nous ne voulions pas te blesser.

Jaya
: Je… nous… j’avais peur Saida. Je ne voulais pas être malade. Je sais que ton père et ta mère sont morts du sida et je ne voulais pas que tu me transmettes cette maladie.

Nuzhat
: C’est la même chose pour moi. Tu nous manquais, mais nous avions peur.

Saida
: Je sais. Presque personne vient nous rendre visite maintenant. Tout le monde pense que nous pouvons leur transmettre la maladie. Mais ce n’est pas vrai. Le médecin nous a tout expliqué sur la maladie. Je sais de quelle façon elle est transmise. Mais si vous avez si peur, pourquoi venez-vous me voir?

Jaya
: Nous sommes mieux renseignées maintenant, Saida. Hier, quelqu’un est venu à l’école pour nous parler du VIH, le virus qui cause le sida.

Nuzhat
: Ma mère ne voulait pas que j’y aille, mais Jaya m’a tout dit sur le sujet.

Jaya
: Je ne t’ai pas tout dit encore. Il y a beaucoup d’autres choses que tu dois savoir. Moi aussi je veux en savoir plus afin être capable de renseigner les autres sur cette maladie. Mais je veux que tu saches que nous savons que ce n’est pas dangereux de te rendre visite. C’est pour cette raison que je voulais venir te voir immédiatement.
Texte 3, page 4

Saida
: Je suis surprise qu’il parle de ce sujet à l’école. Ça n’aurait jamais pu arriver avant. Il y a tellement de choses que les gens peuvent faire pour se protéger contre cette maladie. J’aurais seulement aimé que mon père les connaisse. Vous savez qu’il a transmis la maladie à ma mère. Nous avons gardé ça secret pendant longtemps.

Jaya
: Maintenant, je comprends pourquoi il t’arrivait d’être silencieuse et d’avoir ce regard si triste.

Nuzhat
: Mais pourquoi ne vas-tu pas à l’école Saida?

Saida
: Crois-tu que je voulais que tout le monde me regarde? Que les autres élèves se moquent de moi?

Nuzhat
: Voyons Saida, ça ne serait jamais arrivé.

Saida
: Tu crois? Vous êtes mes amies. Où étiez-vous pendant tout ce temps?

Jaya
: Mais Saida, tu es forte et courageuse. Et tu aimes tellement apprendre de nouvelles choses que je n’ai jamais pensé que tu avais peur de retourner à l’école.

Saida
: La vérité, c’est que ce n’est pas le peur qui m’empêche d’aller à l’école, c’est ma famille. Elle a besoin de moi. Depuis que mes parents sont décédés, ma grand-mère essaie de prendre soin de nous tous, mais c’est trop pour elle. Quelqu’un devrait prendre soin d’elle au lieu qu’elle soit obligée de se promener avec un enfant dans le dos. Je suis la plus vieille. Elle n’a pas eu à me le demander. Je connais mes responsabilités.

Nuzhat
: Tu l’aides donc à prendre soin des enfants.

Saida
: Oui! Et je travaille dans les champs. Parfois, je vais en ville pour vendre des produits au marché. Il y a aussi le lavage à faire, l’eau à aller chercher et le bois à ramasser.

Nuzhat
: Tes frères et sœurs ne peuvent pas t’aider?

Saida
: Ils font leur possible, mais ils sont tellement jeunes Nuzhat. Ils sont aussi très tristes d’avoir perdu nos parents. Nous sommes tous tristes. Nous sommes seuls.

Jaya
: Non, vous n’êtes pas seuls. Plus maintenant.

Nuzhat
: Nous sommes avec toi.

Jaya
: Tu sais que nous sommes occupées avec l’école et nos corvées domestiques, mais nous pouvons trouver du temps pour venir te rendre visite et t’aider à aller chercher de l’eau ou du bois ou à prendre soin des enfants.

Saida
: (en pleurant) Oh! Jaya, Nuzhat… (en sanglotant).
Texte 3, page 5

Nuzhat
: Vous ne comprenez pas. Ce fut tellement difficile ces dernières années de garder le secret. De voir mon père mourir. De prendre soin de ma mère et de la voir mourir elle aussi. De voir le fardeau de ma grand-mère. De ne pas voir mes amis ou de ne pas pouvoir aller à l’école. Ça compte tellement ce que vous faites pour moi. Je suis tellement contente de vous avoir vu aujourd’hui.

Jaya
: Nous aussi Saida, nous aussi.

– FIN –

Acknowledgements

  • Contribution: Adiat Junaid, Researcher/writer, Toronto, Canada.
  • Révision: Peggy Florida, Program Manager, International Programs, UNICEF Canada.

Information Sources

Youth-To-Youth: HIV prevention and young people in Kenya, Glen Williams, Lucy Ng’ang’a and John Ngugi, Strategies for Hope Series No. 13, September 1999. Actionaid, Hamlyn House, Macdonald Road, Archway, London N19 5PG, England.
Open Secret: People facing up to HIV and AIDS in Uganda, Noerine Kaleeba, Joyce Namulondo Kadowe, Kaniel Kalinaki, Glen Williams, Strategies for Hope Series No. 15, July 2000. Actionaid, Hamlyn House, Macdonald Road, Archway, London N19 5PG, England.
Choices: A Guide for Young People, Gill Gordon, 1999. Macmillan Publishers Limited, 25 Eccleston Place, London, England, SW1W 9NF.
“HIV/AIDS: a rural issue,” Food and Agriculture Organization (FAO) of the United Nations, (see also series of related articles and links).
URL: www.fao.org/Focus/E/aids1-e.htm
“Children Orphaned by AIDS: Front-line responses from eastern and southern Africa,” December 1999, UNICEF, Division of Communication, 3 United Nations Plaza, H-9F, New York, NY 10017, USA.
E-mail: pubdoc@unicef.org
URL: www.unicef.org
“Adolescents and HIV/AIDS: XIII International AIDS Conference,” July 2000. UNICEF, Durban, South Africa.
URL: wysiwyg://29/http://www.unicef.org/programme/hiv/youth/durban.html
“Heightening Awareness of HIV/AIDS in the Caribbean Region: Bridging the Gap from Denial to Acceptance to Prevention — Preparing for the Next Millennium,” Peggy McEvoy. Speech given by P. McEvoy, Team Leader, UNAIDS Caribbean Team (Caribbean Conference on HIV/AIDS, February 24-25, 2000).
URL: www.unicef.org/lac/ingles/aids_caribe.htm
“Young Lives At Risk: Adolescents and sexual health,” Panos Briefing No. 35, July 1999. Panos London, 9 White Lion Street, London N1 9PD, England. Tel: (0171) 278 1111, Fax: (0171) 278 0345.
E-mail: panoslondon@gn.apc.org
URL: www.oneworld.org/panos

Texte 3, page 6

“Youth: A Right to Sexuality,” SafAIDS Fact Sheet No. 1:99.  SafAIDS, PO Box A509, Avondale, Harare, Zimbabwe. Tel: 263 4 336193/4  Fax: 263 4 336195.
E-mail: info@safaids.org.zw
Radio and HIV/AIDS: Making a Difference: A guide for radio practitioners, health workers and donors, Gordon Adam and Nicola Harford. Media Action International, Villa de Grand Montfleury, Versoix, Geneva 1290, Switzerland.  Tel: (+41 22) 950 0750, Fax: (+41 22) 950 0752.
E-mail: info@mediaaction.org