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Script 59.10

Notes to broadcasters

Les jeunes représentent l’avenir des communautés. Ils peuvent toucher un revenu pour eux-mêmes ou leurs familles. Pour mettre leurs entreprises sur pieds, ils ont besoin de financement.

Remarque au diffuseur: Veuillez adapter le scénario en fonction de votre auditoire. Vous pouvez ainsi changer les noms des personnages, remplacer les mots «riz» et «desserts de riz» par d’autres céréales ou spécialités culinaires de votre région. Avant la diffusion, informez-vous au sujet des regroupements locaux ou organismes de gestion commune de crédit qui accordent des prêts aux jeunes. Nommez-en un ou deux à la fin de l’émission.

Script

Les personnages:

L’animateur.

Geraldo:
Un jeune qui exploite une petite entreprise.
Miguel:
Un ami de Geraldo.
Nadia:
Une jeune femme qui a fondé un organisme de gestion de crédit dans son village.

L’animateur:
Les jeunes d’aujourd’hui peuvent rencontrer toutes sortes de difficultés dans la quête d’un emploi ou d’un revenu. Cela est surtout vrai dans les régions rurales. Nombreux sont les jeunes qui désertent leurs villages pour migrer vers les centres urbains. Dans ces conditions, les villages perdent leur vitalité et leurs idées neuves. Voici l’histoire de jeunes gens qui ont trouvé le moyen de gagner leur vie au sein de leur communauté.
PAUSE MUSICALE.

Miguel:
Bonjour! Y a-t-il quelqu’un? Ohé! Geraldo! Tu es là? You-hou!

Geraldo:
He Miguel! Content de voir! Mais que fais-tu ici?

Miguel:
L’équipe de «foot» de l’école affronte nos rivaux! Ça te tente de venir?

Geraldo:
J’aimerais, mais je ne peux pas maintenant. J’ai du travail.

Miguel:
Travail, travail! Tu fais que ça, travailler! Moi, je ne trouve jamais assez de travail à faire! Que fais-tu au juste, Geraldo?

Geraldo:
Je fais de l’argent, voilà ce que je fais!

Miguel:
Fais-moi rire! Il n’y a pas un rond à faire dans ce village!

Geraldo:
Bien sûr! Il suffit de chercher.

Miguel:
Laisse-moi te dire une chose, Geraldo, j’ai cherché tant bien que mal à faire de l’argent ici mais en vain. C’est pour ça que je me barre en ville le mois prochain. Je vais chercher du travail là-bas. Beaucoup de nos amis ont déjà quitté.

Geraldo:
Notre village perd beaucoup quand nous, les jeunes, l’abandonnent. Je ne crois pas honnêtement que la vie en ville soit meilleure qu’ici. On est loin de sa famille et de ses amis; il faut payer le loyer, la nourriture et beaucoup de ces emplois sont mal payés.

Miguel:
Alors quoi? Ma famille a besoin de moi pour sa subsistance et il est rare que nos rizières rapportent assez d’argent.

Geraldo:
Mais il y a d’autres façons de gagner de l’argent ici même au village. Suis-moi donc, j’aimerais te montrer de quoi je parle.

Miguel:
Bon, d’accord, mais ne me déçois pas, Geraldo, car je manque le «foot» à cause de cela.

PAUSE MUSICALE.

L’animateur:
Souvent, les idées les plus créatives germent dans la tête des jeunes, mais ces derniers ne disposent pas des fonds nécessaires à leur réalisation. Geraldo a eu une idée géniale pour bâtir sa petite entreprise. Il s’est dit qu’en conservant une partie des récoltes familiales de riz pour le transformer en desserts préparés, il pourrait trouver preneur au marché public. Les desserts se vendraient plus cher que le riz en tant que tel.

PAUSE MUSICALE (Bruits de marché villageois).

Miguel:
Qu’est-ce qu’on fait ici? Je n’ai pas besoin d’acheter quoi que ce soit en ce moment. Je croyais que tu voulais me parler de ton projet pour faire plus de fric!

Geraldo:
C’est juste! C’est pourquoi nous voici au marché. Je veux t’expliquer mes nouvelles affaires!

Miguel:
Tes quoi? Tes affaires? Qu’est-ce que tu connais aux affaires; tu sors à peine de l’école!

Geraldo:
Pas besoin d’être mûr pour être en affaires, Miguel. En fait, si tu veux mon avis, les jeunes, ouverts aux nouvelles idées, font de biens meilleures gens d’affaires.

Miguel:
Tu ferais mieux de m’expliquer, car j’ai du mal à croire que toi, tu sois en affaires!

Geraldo:
Quand j’ai terminé l’école, je ne pouvais trouver aucun travail dans le village. J’ai donné un coup de main à ma famille dans les rizières; mais je voulais faire autre chose. Quand je suis venu vendre le riz au marché, j’ai remarqué que les desserts au riz se vendaient très bien.

Miguel:
Tiens! C’est mon dessert préféré.

Geraldo:
Tout le monde en raffole. Fais comme moi, passe un peu de temps au marché et tu remarqueras que les desserts au riz se vendent tous. Quand j’ai vu ça, l’idée m’est venue de mettre de côté une partie des récoltes familiales de riz pour en faire des desserts et les vendre au village. Ça rapporterait un revenu supplément pour la famille. Mais il y avait un problème…

Miguel:
Je sais lequel; tu ne sais pas cuisiner.

Geraldo:
(en riant) Très drôle, Miguel. Mais non, ce n’est pas ça. Le problème est que je devais acheter d’autres ingrédients pour le dessert et des matériaux d’emballage. Donc, des dépenses en perspective. Malheureusement, mes parents n’avaient pas les moyens de m’aider. Je suis donc allé à la banque, mais on n’a pas voulu m’accorder de prêt.

Miguel:
Pourquoi pas?

Geraldo:
Même les adultes ne réussissent pas à obtenir un prêt facilement. Imagines pour nous les jeunes… L’agent de crédit m’a dit que j’étais trop jeune et trop inexpérimenté pour obtenir un prêt. Il a eu des doutes quant à ma capacité à rembourser la somme empruntée. Je me suis souvenu alors du Fonds commun de crédit pour la jeunesse, un bureau qu’une amie à moi, Nadia, a fondé dans notre village.

Miguel:
(perplexe) Nadia? Je crois la connaître. Elle a fondé un…un quoi? Je ne te suis pas.

Geraldo:
Ce n’est pas grave. En fait, c’est facile à comprendre; mais il vaudrait mieux que tu rencontres Nadia toi-même. Elle explique mieux les choses que moi. Elle n’habite pas loin. Allons lui parler.

PAUSE MUSICALE.

L’animateur:
Le Fonds commun de crédit pour la jeunesse accorde des prêts aux jeunes qui désirent mettre sur pied de petites entreprises. Ce sont des jeunes qui dirigent ses opérations. Quand on accorde un prêt, on dit qu’on fait «crédit» à une personne. Nadia et cinq de ses camarades ont mis en commun une partie de leur argent chaque mois. A force de grossir, ce fonds est devenu suffisamment important pour qu’un jour, Nadia et ses amis accordent de petits prêts aux personnes qui en faisaient la demande. Quand une personne obtient un prêt, elle accepte de payer un petit supplément, qu’on appelle les «intérêts». On injecte de nouveau l’argent et les intérêts dans le fonds commun et c’est ainsi que le montant continue de grossir. L’organisme est donc en mesure de prêter aux autres jeunes de la communauté.

PAUSE MUSICALE.

Geraldo:
Salut, Nadia! Ça va bien?

Nadia:
Geraldo, contente de te revoir. Qui est ton ami? Un autre jeune entrepreneur?

Geraldo:
Je te présente Miguel. Je viens tout juste de lui expliquer mon projet de desserts au riz et la façon dont vous m’avez aidé à démarrer. J’ai cru bon que vous fassiez connaissance. Miguel, voici Nadia.

Miguel:
Enchanté, Nadia! J’ai été surpris d’apprendre que mon ami Geraldo s’était lancé en affaires. Je me disais que si cela avait été possible pour lui, j’en suis tout aussi capable! J’aimerais en savoir un peu plus sur votre organisme.

Nadia:
L’objectif du Fonds commun de crédit pour la jeunesse est d’aider les jeunes de notre village. Notre porte est ouverte à tous. Par contre, il faut soumettre un bon projet qui générera des revenus.

Miguel:
C’est comme ça que Geraldo a obtenu son prêt?

Nadia:
C’est exact. Geraldo a été l’une des premières personnes à venir nous voir pour solliciter un prêt. Nous avons compris qu’il était plein d’ambition et son projet nous a convaincu. Sauf qu’il lui manquait l’argent…!

Geraldo:
J’ai partagé avec Nadia et ses collègues mon idée de desserts au riz. Je leur ai expliqué qu’il me fallait ce prêt pour acheter le premier lot d’ingrédients alimentaires, des ustensiles de cuisine et des sacs de plastique pour l’emballage. Ils ont accepté.

Nadia:
Nous nous sommes entendus sur la façon dont Geraldo rembourserait le prêt et verserait les intérêts.

Miguel:
Votre Fonds commun de crédit pour la jeunesse me semble une bonne idée. Je peux cependant bien concevoir qu’il puisse y avoir des problèmes lorsqu’un membre ne rembourse pas son prêt.

Nadia:
Ça peut arriver. Certains emprunteurs éprouvent des difficultés qui échappent à leur contrôle. Par exemple, l’un d’eux peut perdre ses récoltes à cause du mauvais temps ou encore un de leurs proches peut tomber malade et nécessiter des soins, une situation qui empêche l’emprunteur de poursuivre ses affaires. C’est la raison pourquoi nous discutons entre nous des meilleures options de remboursement. Même s’il est question de rembourser par petits versements sur une longue période, il est important que l’argent soit remis pour permettre aux futurs emprunteurs d’en profiter.

Miguel:
Alors dis-moi, Geraldo, ton commerce de desserts, ça rapporte?

Geraldo:
Oui, Miguel! (En riant) Ne sois pas si surpris!

Nadia:
Geraldo a acquis des connaissances en comptabilité, en transformation des aliments, en prise de décision et en vente. Il peut maintenant aider d’autres jeunes de la communauté à réaliser leurs plans d’affaires. Cela demande beaucoup d’efforts. C’est rentable!

Miguel:
Plus j’entends parler de tes affaires, Geraldo, plus je réalise que nous pouvons rester dans nos villages et gagner de l’argent… Sauf, qu’il nous faut travailler ensemble. Merci à vous deux de m’avoir renseigné. Je ferais mieux de rentrer, j’ai un plan d’affaires à préparer!

PAUSE MUSICALE.

L’animateur:
Pour en savoir plus sur la possibilité d’emprunter, contactez un organisme jeunesse de votre région, adressez-vous aux fonctionnaires et autres organismes locaux pour leur présenter votre projet. C’est un fait: les jeunes ont de bonnes idées! Avec un coup de pouce, tout est possible.

– FIN –

Acknowledgements

  • Contribution: Elinor Bray-Collins, recherchiste/rédactrice, Toronto, Canada.

Note:
La Grameen Bank constitue un exemple d’organismes qui aident les habitants des communautés rurales à obtenir un financement pour petites entreprises. Contactez: Grameen Bank, Mirpur Two, Dhaka 1216, Bangladesh. Tel./Fax: 800-2-803-559.

Information Sources

Interview:Yogendra Shakya, Ph.D. candidate. University of Toronto, Canada. Rerseach: Micro-Credit Programmes in Rural Nepal.
Ideas that worked,” YouthWorks, vol. 12, no 1, 1998. Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Viale delle Terme di Caracalla, 00100, Rome, Italie.
Site web: www.fao.org/ruralyouth/default.htm
Ideas tht worked,” YouthWorks, vol. 12, no 2, 1998/99, FAO.
Role in Support of Youth Programmes, W. Seiders, juillet, 1998, FAO.
The Virtual Library on Micro Credit.
Site web: www.soc.itech.ac.jp