English

Script 54.4

Script

L’ANIMATEUR :

Voici l’histoire d’une femme qui a trouvé une façon de retenir plus d’eau dans le sol pour ses récoltes.

Son nom est Azmera Atseba, et elle a 39 ans.

Elle possède une ferme au Tigré de l’Est, une région de l’Éthiopie, en Afrique.

Elle cultive des céréales, principalement le teff, le blé, l’orge et le sorgho.

La superficie de sa ferme couvre un hectare.
MUSIQUE (AMBIANCE GAIE, CLIMAT D’ATTENTE).
DIMINUTION GRADUELLE DE LA MUSIQUE.
Dans la communauté où Mme Azmera Atseba vit, les gens laissaient souvent des ordures traîner un peu partout.

Cela était devenu un problème, car les mouches et les autres insectes se nourrissaient des ordures et répandaient ensuite des maladies.

Pour remédier à ce problème, l’agent immobilier qui rendait visite à Azmera de temps à autre lui a conseillé d’enfouir ses ordures.

Azmera voulait une famille en santé, aussi a-t-elle suivi le conseil de l’agent immobilier.

Elle a creusé un fossé dans sa terre et l’a utilisé pour y jeter ses ordures.

Le fossé mesurait un mètre de largeur, un mètre de longueur et un mètre de profondeur.

Il était donc assez profond — une personne pouvait y tenir debout jusqu’à la taille.

Le fossé était situé près de la maison, sur une pente faiblement inclinée, en haut de la colline près de son lopin de blé.

Après avoir creusé le fossé, elle n’y pensa plus.

Cependant, au début de la saison pluvieuse, elle remarqua quelque chose d’intéressant.

En effet, le fossé aux ordures s’emplissait d’eau de pluie.
PAUSE MUSICALE.
À mesure que les semaines passaient, le temps devenait plus sec et l’eau devenait plus rare.

Les fermiers, de même qu’Azmera, ont vu les récoltes dans leurs champs sécher et périr du manque d’eau.

Mais il y a eu une exception.

Le blé qui avait poussé près du fossé aux ordures était encore résistant et vivace.

À la fin de la saison, Azmera a moissonné plus de blé près du fossé aux ordures que partout ailleurs dans la ferme.

Il n’y avait qu’une seule explication.

Le blé près du fossé poussait bien parce qu’il recevait plus d’eau, et cette eau provenait du fossé.

L’eau s’écoulait du fossé en s’infiltrant dans la terre jusqu’aux racines de la culture.
PAUSE MUSICALE
L’année suivante, Azmera a creusé des fossés partout sur son domaine au début de la saison des pluies.

Elle a creusé des fossés dans une pente faiblement inclinée, à un endroit plus élevé et très rapproché de
l’endroit où le blé allait être planté, c’est-à-dire au-dessus du lopin, de sorte que l’eau s’écoulerait dans la terre en descendant.

Elle a essayé des fossés de différentes dimensions; dans ce cas-ci, elle les a creusés suivant différentes dimensions.

Elle a creusé de profonds fossés de deux mètres de longueur et d’un mètre et demi de profondeur.

Elle s’attendait à une meilleure moisson.

Et elle n’a pas été déçue.

Elle a récolté plus de trois quintaux (300 kilogrammes) sur un quart d’hectare — trois fois ce qu’elle récoltait habituellement !
PAUSE MUSICALE.
Vous pourriez juger utile de creuser quelques-uns de ces fossés dans votre ferme ou dans votre potager.

Azmera utilise cette technique pour ses cultures de céréales, mais vous pourriez tout aussi bien l’utiliser pour les arbres fruitiers ou les fourrages — cultures à racines profondes.

Souvenez-vous qu’il faut travailler durement pour creuser des fossés — vous pourriez avoir besoin d’aide de la famille ou des amis.

Ce qui importe, c’est de creuser vos fossés à proximité de vos cultures.

Ces fossés retiendront de l’eau pour irriguer vos plants.

Il vaut mieux creuser les fossés tout juste à l’approche de la saison des pluies.

Aménagez les fossés légèrement au-dessus, et à deux ou trois pieds de distance des cultures, de sorte que l’eau puisse s’écouler en descendant, à travers le sol, jusqu’aux racines des plants.

– FIN –

Acknowledgements

Contributions : Jennifer Pittet, éditeur en chef, Réseau de la Radio de la Ferme des Pays en voie de développement.
Révision : Dr Anne Eau-Bayer, conseillère, Indigenous Soil and Water Conservation (ISWC) (Sol indigène et conservation de l’eau – Programme Éthiopie.

Information Sources

« Farmers’ innovations in land and water management », Fetien Abay, Mitiku Haile, Ann Waters-Bayer, ILEIA, juillet 1998, volume 14, no 1.

 

Note:
Cette technique (l’infiltration des fossés) produit les meilleurs rendements dans les sols argileux profonds à faible débit d’infiltration. Elle est utile dans des conditions climatiques sèches, où les précipitations sont irrégulières. Dans la région où vit Azmera, les précipitations sont de l’ordre de 500 millimètres par année, concentrées en juillet et en août et en quelques jours d’averse seulement.