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Notes to broadcasters

Nous de cette station de radio faisons partie d’un réseau mondial d’information qui collige l’information dans différents pays en voie de développement à la grandeur du monde. C’est le Réseau de Radio Rurale des Pays en Développement, patronné par l’Agence Canadienne de Développement International, la Massey Ferguson et l’Université de Guelph.
Par ce Réseau, nous vous apportons de l’information portant sur les moyens d’augmenter les ressources alimentaires pour votre famille, ou pour la vente des moyens que d’autres cultivateurs ont mis en œuvre avec succès.
Aujourd’hui, nous allons parler du “taro”. Voici George Atkins.

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GEORGE ATKINS :
Palao est un petit pays insulaire dans l’Océan Pacifique. A Palao les cultivateurs produisent du taro dans des baissières marécageuses qui ne s’assèchent jamais. S’il y a de la terre comme celle-là dans le coin où vous cultivez, vous pourriez peut-être essayer d’y produire du taro. Si vous en cultivez déjà, mais sans pratiquer la méthode dont nous allons parler, pourquoi ne pas l’essayer?
En visite à Palao, je suis allé, en compagnie de la commentatrice Roberta Louch, chez Martha Aderiano voir comment elle cultive le taro pour les besoins de sa famille.
Il y a déjà très longtemps, Martha a défriché plusieurs parcelles dans une baissière marécageuse et c’est là qu’elle cultive son taro.

Mais pourquoi se donner le mal de cultiver son taro dans cette terre marécageuse toujours boueuse? Le taro qui pousse là est-il diffèrent de celui qui pousse en terre plus sèche? A ce qu’on nous a répondu, le taro ainsi produit à beaucoup plus de goût que s’il poussait en terre sèche.

Quand nous étions là, debout sur un monticule entre les parcelles, devant du taro prêt à récolter, Roberta nous a expliqué que “vous avez le choix de récolter à chaque fois seulement ce qu’il vous faut pour votre famille”.
“A la récolte, arrachez les racines, faites tomber le plus gros de la boue, puis lavez les racines et mettez les dans un panier. Dans ce panier mettez des feuilles de taro sous les racines, tout autour et dessus, pour empêcher les racines de se dessécher trop vite. Vous pouvez ainsi les amener à la maison et les apprêter pour l’usage de la famille.

Et maintenant, comment entreposer le taro?

Si vous vous proposez de conserver du taro, n’enlevez pas la boue des racines lorsque vous les séparez du plant. Coupez le taro près de la tige, apportez-le à la maison et gardez-le à l’ombre, couvert de feuilles pour l’empêcher de se dessécher.

De cette façon, vous pouvez conserver les racines de taro pendant un mois, mais il faut leur verser de l’eau dessus pour les garder humides. C’est ainsi qu’elles peuvent se conserver tout un mois.
Son panier étant prêt à partir à la maison, Roberta s’est mise tout de suite à planter dans une parcelle voisine pour la prochaine récolte.

Mais voyons d’abord ce qu’il faut faire pour produire du taro dans des parcelles de taro. Tout d’abord, il faut débroussailler. Ensuite on bêche le sol de la parcelle et, comme engrais on enfouit du feuillage de taro qu’on mélange au sol.

C’est alors qu’on plante le taro. Après la plantation, on recouvre le sol entre les plants de grandes feuilles. Ces feuilles posées sur le sol empêchent les mauvaises herbes de pousser et conservent l’humidité du sol pour la croissance du taro. Ces grandes feuilles, on les laisse en place pendant 8 à 10 mois, jusqu’à la récolte. Comme cela, tant que les feuilles couvrent le sol, vous n’avez pas besoin de sarcler votre culture de taro.
Vous aurez remarqué que Martha n’achète jamais d’engrais pour son taro. Elle se sert plutôt du feuillage du taro qu’elle vient de récolter. Elle prend un bon paquet de feuilles et les enfonce dans la boue, tout juste à la place où va pousser le nouveau plant de taro avec ses racines.

Pour ce qui est d’empêcher les mauvaises herbes d’envahir sa parcelle de taro, elle recouvre donc le sol de grandes feuilles, feuilles de taro, feuilles de bananier, toutes sortes des feuilles qui vont couvrir le sol et arrêter la pousse des mauvaises herbes. Ces feuilles, je le répète, empêchent le sol de se dessécher.

Mais il y a autre chose. Beaucoup de gens nous ont dit récolter leur taro après qu’il a poussé pendant 10 mois dans les parcelles marécageuses. Nous avons appris par la suite, de trois scientistes de Zambie et de Hawaï, qu’en laissant pousser le taro pendant deux mois de plus, les rendements peuvent atteindre jusqu’à 40% de plus.

Dernière question: combien de temps Martha laissetelle s’écouler entre la récolte du taro et une nouvelle plantation en vue de la prochaine saison? Et bien, une fois qu’elle a récolté tout le taro de la parcelle et puis bien bêché le sol ce qui peut lui prendre d’une semaine à un mois, elle se met à repiquer son taro tout de suite.
Il me fait plaisir de remercier en votre nom Roberta Louch, éducatrice à Palao, dans les Carolines de l’Ouest de l’Océan Pacifique, qui nous a aidé à réunir cette information.

Au Service de “l’Agriculture, l’Industrie de Base”, vous venez d’entendre un message du Réseau de Radio Rurale par la voix de Jean Boisjoly.

Information Sources

1. Les rendements rapportés dans ce topo ont été repris d’une présentation faite en 1979, au 5e Congrès International sur les cultures tropicales de racines, Manille, Philippines. “Yield and Related Components of Flooded Taro (Colocasia esculenta) (L. Schott): as affected by land preparations, planting density and planting depth”, par Robert B. Kagbo, Donald L. Plucknet et Wallace G. Sanford. http://www.istrc.org/images/Documents/Symposiums/Fifth/5th_symposium_proceedings_0059_629.pdf