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Pourquoi ce sujet est-il important pour les auditeurs?

La maladie du virus de la mosaïque du manioc (MVMM) est la maladie des plantes la plus grave et la répandue en Afrique subsaharienne. Selon la gravité de la maladie et l’âge des plants de manioc au moment de l’infection par la MVMM, ces derniers produiront peu ou pas de tubercules. La MVMM cause d’importantes pertes de production (jusqu’à 90 % dans les cas graves). Par conséquent, il est indispensable que les producteurs connaissent cette maladie, l’insecte vecteur*, le mode de propagation et les moyens de lutte afin d’éviter les pertes qu’elle entraîne.

Quelques données essentielles

  • On rencontre la MVMM dans toutes les régions productrices de manioc en Afrique, y compris au Malawi. Les chercheurs sont tous d’avis qu’il s’agit de la maladie la plus importante du manioc.
  • Les variétés de manioc résistent très différemment à la MVMM.
  • Les variétés résistantes à la MVMM présentent des symptômes moins graves que les variétés vulnérables, surtout pendant les derniers stades de la croissance.
  • La MVMM est généralement répandue par des boutures de tige infectées. On cultive le manioc à partir de boutures. Elle se propage également lorsque les mouches blanches (Bemisia tabacci) qui s’en nourrissent transportent le virus des plants malades vers les plants sains et exempts de maladie.

Grandes difficultés liées à la lutte contre la maladie du virus de la mosaïque du manioc

  • Le manioc se cultive à partir de boutures, et la MVMM peut être diffusée d’une saison agricole à une autre par le biais de boutures infectées utilisées en guise de matériaux végétaux. Ainsi, l’infection peut s’intensifier d’une saison à l’autre, surtout lorsque les mouches blanches contribuent à la répandre de façon significative.
  • Lutter contre la MVMM par le contrôle des populations de mouches blanches est une tâche ardue, car les mouches blanches sont présentes dans toutes localités, et ce, qu’on y cultive du manioc ou non. Cela complique et rend coûteuse la lutte contre les mouches blanches.
  • L’épuration* des plants infectés par la MVMM constitue un moyen de lutte contre la maladie, mais les agriculteurs sont généralement réticents à éliminer les plants infectés, augmentant ainsi le risque d’infection.
  • Au moment des récoltes, les producteurs doivent sélectionner des tiges exemptes de maladie pour la vente, l’échange d’éléments végétaux avec d’autres producteurs ou la replantation. Malheureusement, plusieurs agriculteurs négligent ce conseil, ce qui favorise la propagation de la maladie.

Existe-t-il de fausses informations sur ce sujet que je devrais aborder?

  • Les gens pensent souvent que les feuilles de manioc atteintes de la MVMM ont meilleur goût que les feuilles des plants sains. Par conséquent, les agriculteurs conservent souvent les plants infectés.

Répercussions prévues du changement climatique sur la maladie du virus de la mosaïque du manioc

  • La hausse des températures provoquée par le changement climatique créera des conditions plus propices à la multiplication des mouches blanches qui propageront la MVMM.
  • La modification des régimes climatiques nuira à la production d’autres cultures de base, telles que le maïs. Par conséquent, les cultures adaptées à la sécheresse telles que le manioc seront hautement recommandées pour assurer la sécurité alimentaire. Une telle situation entraînera l’échange accru d’éléments végétaux atteints de la MVMM, et par la même occasion une prolifération plus importante de la maladie parmi les agriculteurs.

Renseignements essentiels sur la maladie du virus de la mosaïque du manioc
Symptômes
Les symptômes de la maladie de la mosaïque du manioc englobent la chlorose* des feuilles qui se manifeste par des feuilles jaunes ou presque blanches avec seulement une teinte de vert, des feuilles déformées, des folioles plus petites et une atrophie générale de la plante.

Propagation
La MVMM se transmet de deux façons : par la plantation de boutures de tiges, ainsi que les mouches blanches. Ces dernières transfèrent la maladie des boutures infectées aux plants sains avoisinants dans les champs nouvellement plantés.

Suivi
Les agriculteurs peuvent déterminer la gravité de la maladie et son niveau de propagation en examinant visuellement leurs plants de manioc. Cependant, les symptômes de la MVMM peuvent être difficiles à détecter, surtout en période sèche lorsque la croissance des cultures ralentit, ou quand les plantes présentent des symptômes de carence en minéraux ou sont lourdement attaquées par l’acarien vert du manioc ou la cochenille du manioc. Dans ces cas, les producteurs doivent demander conseil aux agents de vulgarisation agricole ou aux soigneurs de plantes.

Impact sur le rendement et les revenus
La MVMM est probablement la plus importante maladie virale qui attaque les cultures vivrières en Afrique. Les pertes de rendement pour la culture du manioc en Afrique subsaharienne varieraient généralement entre 15 et 24 % chaque année, ce qui représente 12 à 23 millions de tonnes, soit une perte annuelle de 1,2 à 1,3 milliard de dollars américains. Les pertes de rendements pour les variétés individuelles varieraient entre 20 à 95 %. Ces pertes dépendent de la variété et du stade d’infection, mais sont généralement importantes.

Moyens de lutte
Il existe deux principaux moyens de lutte contre la MVMM qui consistent à : utiliser des variétés résistantes et appliquer les mesures sanitaires.

L’utilisation de variétés résistantes ou tolérantes comporte des avantages indéniables lorsqu’on veut réduire les pertes, et les programmes de sélection en Afrique travaillent depuis longtemps à développer lesdites variétés. L’approche de base consiste à sélectionner des boutures pour la plantation, et qui proviennent de plantes mères exemptes de symptômes. La sélection d’éléments végétaux exempts de symptômes est facile et peut s’avérer très efficace si les plantes mères ont une croissance vigoureuse et ne présentent aucun symptôme de la maladie.

Lorsque la MVMM se propage lentement, les agriculteurs peuvent également lutter contre elle en déterrant les plants malades (épuration) peu de temps après la germination.

Où puis-je trouver d’autres ressources sur le sujet?

  1. CABI. Cassava mosaic disease (African cassava mosaic disease). Invasive Species Compendium. www.cabi.org/isc/datasheet/2747
  2. CABI. Cassava mosaic disease. http://www.invasive-species.org/invasive-species/cassava-mosaic-disease/
  3. Integrated Cassava Project. Publications on cassava at: http://cassavabiz.org/
  4. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 2007. Combattre la mosaïque du manioc. http://www.fao.org/newsroom/fr/field/2007/1000693/index.html
  5. ikipédia. Virus de la mosaïque du tabac. https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_la_mosa%C3%AFque_du_tabac

Définitions clés
Chlorose : réduction anormale ou perte de la coloration verte normale des feuilles.
Épuration : élimination des plants qui croissent mal ou malades du champ.
Vecteur : organisme qui ne cause pas lui-même la maladie, mais qui propage l’infection en transportant l’organisme pathogène d’un hôte à un autre.

Acknowledgements

Rédaction : Vito Sandifolo, directeur national, Cassava Adding Value for Africa Project, Chancellor College, Malawi

Le présent texte radiophonique a été produit avec le soutien de CABI Plantwise par l’entremise de Farm Radio Trust.

 

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