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Au Malawi, le manioc est la deuxième culture de base après le maïs, et la principale denrée de base cultivée par les populations des districts situés sur le littoral du lac Malawi. Il est de plus en plus commercialisé, et sa production a presque triplé durant les dix dernières années.

En plus de vendre des tubercules frais sur les marchés locaux, les agriculteurs peuvent vendre le manioc aux petites boulangeries et marchandes de mandaazi et de kanyenya. Il existe un important marché potentiel pour la farine de manioc de haute qualité utilisée par les brasseries et les fabricants de biscuits et d’emballages.

Le présent feuilleton radiophonique explique comment une maladie dangereuse, appelée maladie du virus de la mosaïque, peut causer une perte totale de vos cultures si elle se propage, et explique comment on peut l’éviter.

Ce feuilleton a été produit à partir d’informations recueillies lors d’interviews réalisées avec des experts et des agriculteurs au Malawi. Vous pourriez présenter ce feuilleton dans le cadre de votre émission agricole courante, en faisant interpréter le rôle des intervenants par des comédiens et des comédiennes de doublage. Si tel est le cas, assurez-vous d’informer votre auditoire au début de l’émission qu’il s’agit des voix de comédiens, et non celles des personnes avec lesquelles les interviews originales ont été réalisées.

Sinon, vous pourriez utiliser le présent feuilleton comme document de recherche ou vous inspirer pour réaliser une émission sur la prévention de la maladie de la mosaïque du manioc dans votre région.

Prenez note des points suivants :

1. La première étape consiste à planter de bonnes boutures de manioc saines pour prévenir la maladie de la mosaïque du manioc et obtenir une bonne récolte.

2. Deux autres moyens de prévention de la maladie consistent à semer des variétés résistantes ou tolérantes, et à inspecter vos plants de manioc pour déceler les signes précurseurs de la maladie

3. Le virus de la mosaïque du manioc est transmis par les mouches blanches qui prélèvent le virus des plants infectés et le propagent aux plants sains.

4. Il est difficile de se débarrasser des mouches blanches. La meilleure façon d’éviter toute propagation de cette maladie consiste à déraciner les plants infectés et à les enfouir loin du champ.

5. Il n’existe aucun pesticide contre la maladie de la mosaïque du manioc. Le neem peut repousser les mouches blanches et les empêcher d’infecter les plants sains, mais les scientifiques n’ont pas encore testé et validé cela.

6. La maladie du virus de la mosaïque du manioc peut être désastreuse pour les récoltes de manioc et les revenus des producteurs, mais elle n’est pas dangereuse pour la santé humaine.

Durée estimée de ce texte radiophonique : 20 minutes avec la musique d’intro et de fin.

Script

PERSONNAGES :

FATSANI :
Célèbre producteur de manioc dans le village de Watch. Il ravitaille les pêcheries de Maldeco en farine de haute qualité. Époux de Nasiwero.
NASIWERO :
Épouse de Fatsani.
DAVIE :
Habite dans le village de Watch. Un de ses champs jouxte le champ de manioc de Fatsani. Mari de Grace.
GRACE :
Épouse de Davie.
JOHN :
Célèbre producteur de manioc, spécialisé dans le manioc doux et qui vend aux fournisseurs. Récemment, il s’est joint à Fatsani pour ravitailler les pêcheries de Maldeco en farine de manioc de haute qualité.

 

BRUITS DE HOUE ET D’OISEAUX

FATSANI :
Nasiwero, ma femme. (AGRÉABLEMENT SURPRIS) Shaa! … cette variété de manioc produit autant que la variété amère qui s’appelle Sauti.
NASIWERO :
C’est vrai, mon mari, Fatsani. Elle a un très haut rendement. C’est une variété douce qu’on appelle Manyokola.
FATSANI :
Regarde ce tubercule, il est aussi gros que mon bras.
NASIWERO :
Et celui-là est aussi gros que ta jambe!
FATSANI :
(RIRES) Ha! Ha! Ha! Pourquoi ne le compares-tu pas à ta jambe à toi?
NASIWERO :
Eh bien, tu as comparé le premier à ton bras, c’est pour cela que j’ai maintenu la relation.
FATSANI :
D’accord. Je crois qu’ils sont aussi gros parce que nous les avons plantés dès qu’il a commencé à pleuvoir, et que nous les avons récoltés quand ils ont atteint leur pleine maturité.
JOHN :
Bonjour, Fatsani.
FATSANI :
Bonjour, John, sois le bienvenu.
JOHN :
Ahhhh … Cette variété de manioc douce, qui je pense est le Manyokola, produit presque autant que le Sauti, la variété amère.
NASIWERO :
C’est ce à propos de quoi nous nous réjouissons juste avant ton arrivée. Nous étions en train de dire que nous devrions à nouveau cultiver cette variété si nous décidons de cultiver du manioc doux.
JOHN :
En effet, son rendement est très élevé. Mais le problème avec ces variétés douces, c’est qu’elles ne sont pas très résistantes au virus de la mosaïque du manioc…. Comme j’aurais aimé que les sélectionneurs de manioc reproduisent une variété douce tolérante et résistante à la mosaïque du manioc et qui produit autant que le Sauti.
FATSANI :
Tu as raison. Et pour ceux et celles d’entre nous qui vendent la farine de haute qualité, nous l’aimons, car elle contient peu de fibres.
JOHN :
(RIRES) Bien, les variétés douces sont destinées aux agriculteurs qui n’ont pas peur d’expérimenter et de tester de nouvelles choses.
NASIWERO :
Que veux-tu dire par là?
JOHN :
Vous savez que je gagne beaucoup d’argent avec le manioc doux. Donc, lorsque les mouches blanches surgissent, je m’assure de les éliminer avant qu’elles ne propagent des maladies dans mon champ, et ce, par tous les moyens possibles.
FATSANI :
Comment luttes-tu contre les mouches blanches? Je croyais qu’il n’existait aucun produit chimique qui pouvait les tuer?
JOHN :
Je pensais vous l’avoir dit …ah, vous ne le savez pas?
NASIWERO :
Savoir quoi?
JOHN :
Eh bien, les scientifiques disent qu’il n’existe aucun pesticide qui puisse détruire les mouches blanches qui propagent la mosaïque du manioc. Mais nous les producteurs utilisons le neem qui les tue et les tient à l’écart de nos champs.
FATSANI :
J’utilise aussi le neem. (PLAISENTANT) Plutôt que d’essayer de tuer les mouches blanches avec un fusil, ce qui est impossible, j’ai testé le neem.
NASIWERO :
(RIRES) Fatsani, tu vas me tuer avec tes blagues. Comment peut-on tuer une mouche avec un fusil?
FATSANI :
(TOUJOURS SUR UN TON DE PLAISANTERIE) Si quelque chose est difficile à tuer, quoi d’autre utiliserais-tu pour le tuer?
Mais l’agente agricole m’a dit que le neem n’avait pas fait l’objet d’essais poussés pour confirmer son efficacité contre la maladie de la mosaïque du manioc. Par conséquent, ils ne peuvent pas le conseiller. Elle a également ajouté que cela vaut uniquement la peine de le tester dans cette région si on retrouve cinq mouches blanches ou plus sur les feuilles de manioc. Autrement, les mouches ne causent pas suffisamment de dommages pour que cela vaille la peine qu’on dépense pour essayer de s’en débarrasser.
JOHN :
Je sais, mais ça a fonctionné pour moi.
Bref, je vois que les mouches blanches ont infesté les feuilles de ce plant de manioc. Et, malheureusement, j’aperçois de signes de la maladie de la mosaïque sur ces autres plants.
FATSANI :
Tu es vraiment un producteur de manioc. Donc, tu as remarqué que le manioc était infecté même à ce stade moyen?
JOHN :
Oh oui. Je t’ai dit : mon pire ennemi, ce sont les mouches blanches. Il est très important d’inspecter ton champ régulièrement, pour pouvoir détecter tôt les symptômes de la maladie de la mosaïque.
NASIWERO :
Tu as raison. Les mouches blanches sont arrivées alors que mon manioc était déjà mûr. Si elles étaient venues plus tôt, nous aurions perdu toute notre récolte.
FATSANI :
C’est sûr que cela aurait pu être un désastre. Il ne faut pas plaisanter avec la maladie de la mosaïque, c’est grave! Vous pouvez perdre toute votre production!
JOHN :
J’aimerais juste savoir : que vas-tu faire avec ces plants infectés? Vas-tu prélever des boutures sur eux pour les planter par la suite?
FATSANI :
Pourquoi poses-tu cette question stupide? Bien sûr que non!
De toute façon, comme nous avons un bon marché pour le manioc de haute qualité à Maldeco, nous pourrions juste cultiver le Sauti, cette variété amère qui résiste à la maladie de la mosaïque.
JOHN :
Je voulais juste m’assurer que tu protègerais notre secteur du manioc en ne cultivant pas des boutures infectées.
NASIWERO :
Ces plants infectés me serviront de bois de chauffe cette année. Nous les empilerons ici pour les faire sécher, et je pourrais les utiliser comme bois de chauffe à la maison.
JOHN :
Pourquoi ne pas le faire sécher chez toi?
FATSANI :
Nous les transporterons à la maison plus tard aujourd’hui. Je vais les entasser près de chez notre voisin Davie, et ensuite je les emporterai chez moi pour finir de les faire sécher lorsque nous reviendrons du marché.
DAVIE :
(S’APPROCHANT) M. Fatsani, est-ce que ce manioc dont sont remplies tes deux charrettes est du manioc doux ou amer?
FATSANI :
Davie, c’est du manioc doux. Ne sais-tu pas à quoi ressemblent les tubercules de mon manioc amer?
GRACE :
Fatsani, je sais qu’ils sont plus gros (BAISSE LA VOIX) Davie, mon mari …
DAVIE :
(CALMEMENT) Oui, Grace …
GRACE :
Nous devons faire quelque chose. (PLUS FORT) Deux charrettes provenant de ce petit lopin de terre? Tu seras riche.
NASIWERO :
Si, cela me rapportera beaucoup d’argent. Nous n’avons même pas utilisé d’engrais, et une charrette nous rapportera plus 100 000 cash.
FATSANI :
(S’ÉLOIGNANT) Non … il ne faut pas prendre Nasiwero au sérieux. Nous n’avons pas eu beaucoup d’argent.
JOHN :
Grace et Davie, il faut prendre Nasiwero au sérieux. Vous pouvez faire un bon paquet d’argent avec le manioc doux.
FATSANI :
D’accord, vous devrez choisir qui croire. Nous sommes sur le point de partir. Nous devons arriver au marché avant que le soleil soit haut, afin que nous puissions rencontrer les fournisseurs de la ville.
DAVIE :
(D’UNE VOIX PLUS FORTE) Bonne route, voisin. Je vous souhaite le meilleur. (TENDREMENT) Grace, tu as raison. Il faut qu’on fasse quelque chose. Cultivons du manioc sur le lopin situé juste à côté de celui de Fatsani.
GRACE :
En effet, nous pouvons nous servir de ces plants. Lorsqu’ils les entassent de cette façon, je sais qu’ils sont en train de sécher. Nous pouvons les transporter dans notre champ pour les planter.
DAVIE :
Oh oui! Je me rappelle la dernière fois où ils nous ont remis quelques-uns pour qu’on les utilise pour faire du feu lorsqu’ils étaient entassés comme ça.

 

SCÈNE DE TRANSITION

EFFETS SONORES
TOC! TOC! ABOIEMENTS D’UN CHIEN
FATSANI :
(CHASSANT LE CHIEN) Davie, tu es là?
GRACE :
(LE CHIEN CESSE D’ABOYER) Fatsani, attends! Davie se lavait, mais il s’habille maintenant et sera là bientôt.
DAVIE :
(SE RAPPROCHANT), Mon frère Fatsani. Veux-tu que je t’accompagne en ville pour acheter une voiture avec l’argent que tu as eu?
FATSANI :
Davie! Arrête ça! Pourquoi tires-tu toujours des conclusions hâtives?
En passant, où sont mes plants de manioc?
DAVIE :
Hé! Mon gars, quand tu es parti ce matin, n’as-tu pas demandé à ma famille de surveiller ce manioc?
GRACE :
Aha! Donc tu es fâché, Fatsani parce que nous avons pris le bois de chauffe que tu as laissé près de notre champ?
FATSANI :
Je ne suis pas énervé parce que vous avez volé mes plants de manioc, mais parce que vous avez planté du manioc contaminé dans un champ proche du mien.
DAVIE :
Volé? Ai-je volé ton manioc?
FATSANI :
Qui vous a autorisé à prendre mes plants?
GRACE :
Tu nous donnes toujours du bois de bois de chauffe, et cette fois-ci nous avons décidé de planter notre part.
FATSANI :
De quelle part es-tu en train de parler? Vous ai-je dit que vous pouviez les prendre?
GRACE :
Non, nous avons décidé de devenir riches comme vous, et, par conséquent, nous les avons plantés.
FATSANI :
Je vous ordonne de déterrer ce manioc. Il va propager la maladie de la mosaïque du manioc dans cette région.
DAVIE :
Non, nous ne les déterrerons pas. Nous pouvons te rembourser les plants que nous t’avons volés. Combien veux-tu qu’on te paie?
GRACE :
Oui, nous pouvons te payer.
FATSANI :
Je ne veux pas votre argent, mais …
DAVIE :
(L’INTERROMPANT) … Mais quoi? Tu veux simplement que nous restions pauvres. Ça te plaît de nous voir plus pauvres que vous …?
FATSANI :
(L’INTERROMPANT) … Ces plants étaient contaminés.
GRACE :
S’ils étaient contaminés, pourquoi veux-tu que nous les déterrions? Est-ce nous qui les avons plantés dans ton champ?
DAVIE :
Il ne veut pas qu’on gagne de l’argent comme lui.
FATSANI :
Non, ce n’est pas ça. Ce n’est pas que je ne veux pas que vous soyez riches. Je ne veux tout simplement pas que vous propagiez la maladie. Ne vous ai-je pas offert des boutures avant?
GRACE :
Si. Mais pourquoi t’inquiètes-tu à propos d’une maladie qui est dans notre champ?
FATSANI :
C’est parce que cette maladie est très dangereuse, et qu’elle peut envahir toute la région si nous ne faisons pas attention. Nous ne pouvons tirer aucun bénéfice du manioc si la maladie prolifère.
GRACE :
Hum … Tes plants étaient de meilleure qualité que les plants qu’une ONG a donné aux agriculteurs d’un village où j’ai été. Et ces derniers ont planté lesdites boutures.
FATSANI :
Si, je sais que certaines ONG ignorent qu’elles distribuent des boutures malades …. Mais cela ne signifie pas que ces producteurs ne tirent pas profit des boutures.
Alors, déterrez ceux-ci avant que toute la région soit contaminée.
DAVIE :
J’ai compris, mais je ne les déterrerai que lorsque j’aurai vu jusqu’à quel point la maladie est dangereuse.
GRACE :
Nous ne les déracinerons pas. Nous n’allons pas déterrer simplement parce qu’une personne jalouse nous oblige à le faire.
FATSANI :
Je vous préviens : cette maladie est dangereuse et pourrait anéantir la production du manioc dans cette région.
DAVIE :
Nous sommes prêts à l’affronter.
FATSANI :
J’ai tout essayé, mais vous n’écoutez pas mes conseils.
Eh bien, je vais vous donner des boutures saines à planter dans votre champ. Je ne vous facturerai pas cela trop cher.
DAVIE :
Merci pour cela. Je vais les acheter et les comparer avec le manioc que j’ai déjà planté, à savoir : la variété qui je sais a un haut rendement. Mais je ne déracinerai pas ceux-ci.
FATSANI :
Vous ne me laissez qu’un seul choix : informer le chef du village que vous avez volé mes plants de manioc.
Mais si vous les déterrez simplement, vous pouvez les garder pour en faire du bois de chauffe.
DAVIE :
Que dis-tu?
FATSANI :
Je vais dire au chef que vous avez volé mes plants!
DAVIE :
Non, s’il te plaît! Il ne faut pas qu’on en arrive à ça? Trouvons un terrain d’entente.
FATSANI :
S’entendre sur quoi? … j’ai essayé de vous raisonner, et maintenant je vais aller chez le chef.
GRACE :
Non, attends! … Si on les déterre, nous permettras-tu de les garder?
FATSANI :
Vous pouvez les conserver comme bois de chauffe.
DAVIE :
Vas-tu me donner les matériaux sains comme tu l’as promis?
FATSANI :
Si vous acceptez de déterrer ceux qui sont infectés, oui.
DAVIE ET GRACE :
Bien, nous allons les déterrer.
FATSANI:
Merci. Je m’en vais. Faites comme nous avons convenu.
GRACE :
Vas-tu nous dénoncer au chef?
FATSANI :
Non. C’est réglé maintenant.
GRACE :
Merci, M. Fatsani. (TENDREMENT) Mon mari, déterrons ce manioc et plantons-le dans le champ qui se trouve dans mon village.
DAVIE :
(PARLANT TOUT BAS) Oh oui, brillante idée. Je n’y avais jamais pensé. (D’UNE VOIX NORMALE) Fatsani, considère que c’est chose faite. Mais nous pouvons planter les boutures saines que tu nous as données dans le champ situé près du tien, c’est exact?
FATSANI :
Pas de problème. Je veux juste protéger les producteurs de manioc de notre région.
GRACE :
Merci.

 

SCÈNE MUSIQUE DE TRANSITION

EFFETS SONORES
FONDU ENCHAÎNÉ AU MILIEU DE GAZOUILLIS D’OISEAUX ET MAINTENU BAS
DAVIE :
Grace, Fatsani avait raison. Le manioc que nous avons pris de lui est malade. Regarde!
GRACE :
La plante est chétive comme un enfant qui souffre de malnutrition. Les feuilles sont enroulées, entortillées et difformes comme du chanvre indien (RIRES) … et on voit des tâches vert jaunâtre là-dessus.
DAVIE :
Tu as raison.
GRACE :
Ce qui me stupéfie, c’est que dans le champ où nous avons planté les boutures saines de Fatsani, les tubercules sont gros, et il y a des fissures dans les stries qui démontrent que les tubercules se développent. Mais pas ici. Pourquoi?
DAVIE :
En effet, tu as raison, ma femme. Déterrons quelques plants de manioc pour voir ce qui se trouve en dessous.
GRACE :
D’accord …

 

BRUIT DE HOUES

DAVIE :
Hé, je suis foutu! Regarde les racines! Aucun manioc. Rien que de très petits tubercules.
GRACE :
Je n’y crois pas. Déterrons un autre.

BRUITS DE TERRE QU’ON BÊCHE

DAVIE :
Nous devons juste déterrer ces plants pour les utiliser comme bois de chauffe. Nous avons gaspillé nos énergies en les plantant ici.
GRACE :
Tu as insisté pour qu’on les plante.
DAVIE :
Nous voulions faire une comparaison, rappelle-toi.
GRACE :
Fatsani avait raison de nous avertir. C’est une perte totale d’énergie. Je pourrais à peine le regarder. Je voudrais que la terre s’ouvre et m’engloutisse.
DAVIE :
Je me sens simplement très faible. Plus d’énergie. Laisse-moi m’asseoir. Huwwu (PARAISSANT TRÈS FATIGUÉ).
GRACE :
Pourquoi es-tu fatigué? N’est-ce pas un signe que ta pression artérielle a augmenté?
DAVIE :
Peut-être. Je pense à tout ce temps que nous avons gaspillé sur des choses pour lesquelles j’avais été prévenu … Mais si Fatsani a insisté pour que nous déterrions les plants, cela ne signifie-t-il pas que la maladie peut contaminer les êtres humains? Il a dit qu’il s’agissait d’un virus.
GRACE :
Je croyais que c’était un virus pour les végétaux. Celui-ci peut-il nuire aux êtres humains. Posons-lui la question avant d’en déterrer plus.

SCÈNE DE TRANSITION

EFFETS SONORES
BRUITS D’OISEAUX
FATSANI :
(SURPRIS) Shaa, Davie … est-ce le champ où vous avez planté le manioc que j’ai tenté de vous dissuader de ne pas planter?
DAVIE :
Si, Fatsani, c’est bien celui-là. Merci d’avoir accepté de venir constater notre malheur.
FATSANI :
Est-ce un malheur ou le fait d’un mauvais choix?
GRACE :
Comme nous étions décidés à cultiver des plants malades, c’est nous même qui avons fait un mauvais choix.
FATSANI :
Ce que vous avez fait n’est pas différent de ce que les gens font lorsqu’ils refusent de quitter les zones inondées. C’est chercher leur propre mort.
DAVIE :
Donc c’est vrai que le virus de la mosaïque peut tuer les gens?
FATSANI :
Non, ce n’est pas ce que ça veut dire. C’est une maladie qui attaque les plantes, mais pas l’être humain, et elle ne peut vous faire aucun mal. Ça signifie simplement que vous avez invité les pertes sur votre chemin.
GRACE :
D’accord. Ouais, tu as raison. Mais nous pouvons consommer les petits tubercules de manioc que nous avons ici dans le champ, n’est-ce pas?
FATSANI :
Si, vous pouvez les manger. Écoutez, la mauvaise chose c’est que vous avez répandu la maladie dans cette région.
DAVIE :
Nous sommes désolés. Cependant, que pouvons-nous faire?
FATSANI :
Déterrez tous les plants de manioc et enfouissez-les dans le sol. On n’a pas le temps de les faire sécher maintenant avant que les pluies commencent.
Regardez, ces petits insectes sont des mouches blanches. Ce sont elles qui propagent le virus de la mosaïque du manioc lorsqu’elles se nourrissent de plants infectés et vont par la suite manger des plants de manioc sains.
DAVIE :
Je vois, c’est comme ça que se propage la maladie de la mosaïque alors?
FATSANI :
Oui. Nous devons nous assurer que les mouches n’ont aucune autre chance de se nourrir de ce manioc infecté. Déterrez les plants et ensevelissez-les.
GRACE :
Déterrons tout le manioc, et nous pourrons utiliser les plants comme bois de chauffe.
FATSANI :
J’ai bien peur que non. Si vous voulez vous en servir comme bois de chauffe, débarrassez-les de toutes leurs feuilles et enfouissez-les ici même. Ensuite, vous pourrez utiliser les tiges comme bois de chauffe. Il en va de l’intérêt du secteur du manioc? Vous ne vous en rendez pas compte?
DAVIE :
Nous te comprenons. Nous avons eu beaucoup d’argent avec les boutures saines que tu nous as offertes. Par conséquent, nous n’utiliserons même pas ces plants en guise de bois de chauffe. Nous avons causé suffisamment de dégâts.
Merci, Fatsani, pour tes conseils. Nous allons enfouir tous ces plants sous terre.
GRACE :
Oui, mon mari, Davie. Déterrons tout ce manioc immédiatement.
FATSANI :
Ouais, déterrez le tout et enfouissez les feuilles. Vous avez déjà causé beaucoup de dégâts ici. Je vais commencer à pulvériser du neem sur mon champ tout de suite.
GRACE :
Pourquoi?
FATSANI :
Pour tenir les mouches éloignées, au cas où elles se déplaceraient d’ici vers mon champ pour l’infecter.
DAVIE :
Nous pulvériserons du neem sur notre autre nouveau champ, celui se trouve près du tien.
FATSANI :
Oui, vous ferez mieux d’agir ainsi. Alors, Davie, toi et ta famille, rappelez-vous que planter des boutures saines et en bonne santé constitue la première étape de prévention de la maladie de la mosaïque du manioc. Mais ce ne sont pas tous les plants en bonne santé qui sont sains. Certains peuvent être porteurs de la maladie qui pourrait se manifester au cours de la saison suivante.
GRACE :
Oui. Nous avons appris par la manière forte et nous ne planterons plus jamais de boutures infectées. Regardez ces petits plants qui n’ont rien, même pas un tubercule!
FATSANI :
Des plants sains sont synonymes d’une bonne récolte. Rappelez-vous que le virus de la mosaïque du manioc est propagé par les mouches blanches qui les transportent des plants de manioc infectés vers les plants en bonne santé. Alors, assurez-vous de déterrer tous les plants infectés et de les enfouir loin du champ, c’est compris?
GRACE :
Oui, monsieur.
FATSANI :
(RIRES) Tu m’appelles « monsieur » maintenant.
Bien, n’oubliez pas que vous pouvez utiliser la poudre faite à base de feuilles de neem ou de graines de neem pour garder les mouches blanches à l’écart de votre champ et les empêcher d’infecter les plants en bonne santé. Même si cela n’a pas été testé et confirmé par les scientifiques, nous les agriculteurs l’avons tout de même testé. Si vous promettez d’appliquer toutes ces choses, Davie et Grace, vous pourrez vous joindre à notre coopérative qui vend de la farine de haute qualité.
DAVIE :
Merci, Fatsani. Nous pensons que tu devrais être le responsable des producteurs de manioc de cette région. Tu n’es pas jaloux et tu désires que chaque producteur tire profit de cette culture. Eh oui, nous accepterons de devenir membres de votre coopérative. Merci.
FATSANI :
Je vous en prie. Je suis à votre disposition.

INDICATIF SONORE

ANIMATEUR :
Chers auditeurs et auditrices, vous avez entendu ce qui est arrivé à nos amis Davie et Grace lorsqu’ils n’ont pas écouté les conseils de leur ami. Toutefois, s’ils n’ont pas cru en Fatsani, pourquoi la famille de Davie n’a-t-elle pas posé de questions sur la maladie aux agents agricoles avant de planter?
Non, il fallait qu’ils apprennent leurs leçons de la manière forte. Ne commettez pas la même erreur!

Acknowledgements

Rédaction : Gladson Makowa, de Story Workshop Educational Trust, Blantyre, Malawi.
Révision : S.V. Mangochi, ministère de l’Agriculture, de l’Irrigation et de l’Aménagement hydraulique, bureau agricole du district de Nkhotakota, Nkhotakota, Malawi

Information Sources

Interviews :
Prof Vincent Saka, phytopathologiste, département de phytotechnie, University of Agriculture and Natural Resources (LUANAR) de Lilongwe, 23 novembre 2016
Stella Mangochi, agente agricole, bureau agricole du district de Nkhotakota, 23 novembre 2016
Andrew Nganga, technicien en recherche, Institut international d’agriculture tropicale, 25 novembre 2016, 21 décembre 2016

Le présent texte radiophonique a été produit avec le soutien de CABI Plantwise par l’entremise de Farm Radio Trust.

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