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Script 58.9

Notes to broadcasters

Le dialogue décrit quatre différentes façons d’entreposer le manioc.  Il explique aussi pourquoi il est important pour les fermiers d’expérimenter de nouvelles techniques et d’adapter leurs méthodes actuelles pour répondre à des besoins nouveaux.

Suggestions: Les personnages peuvent être joués par un homme ou une femme.  L’acteur qui tiendra le rôle de Sammi doit avoir une voix drôle ou une façon particulière de parler afin d’ajouter un effet comique au dialogue.  Les mots ou les phrases entre parenthèses au début d’une ligne du dialogue sont des suggestions destinées à donner aux acteurs des indices sur la façon de lire leurs textes et ne devraient donc pas être lus à voix haute.
Par exemple, «Hors micro», signifie que l’acteur lit son texte d’une voix forte, mais loin du micro. Ainsi, son personnage semble loin de l’autre personnage.  La musique indique un changement du style narratif ou un changement dans le temps. À la fin de l’émission, encouragez les auditeurs à vous faire parvenir leurs propres expériences.
Le manioc est aussi connu sous les noms de manihot et yuca.  Vous devriez utiliser le terme qui est le plus familier à vos auditeurs

Script

Les personnages

Maria:
Une fermière et narratrice de l’histoire
Sammi:
Le voisin de Maria, également fermier

MUSIQUE (Faire jouer la musique du thème de l’émission pendant dix secondes. Fond sonore jusqu’à l’arrivée de Maria.).

Maria:
Mon nom est Maria. Je cultive du manioc. J’avais l’habitude de ne pas trop travailler au moment des récoltes. Je laissais simplement les tubercules dans le sol, à l’endroit où ils avaient été plantés, jusqu’au moment de les consommer.

Cependant, l’année dernière, j’ai planté plus de manioc qu’à l’habitude. Je voulais en entreposer pour ma famille et ensuite vendre le reste au marché. Mais j’ai eu des complications. Je ne pouvais pas laisser autant de nourriture si longtemps dans le sol parce que j’avais besoin de la terre pour d’autres cultures. J’avais donc besoin d’une façon de récolter tout le manioc à maturité et l’entreposer de façon propre et sécuritaire afin qu’il ait un bon goût frais. Et vous savez quoi? J’ai réussi!
MUSIQUE (Fond sonore pendant quelques secondes).

Sammi:
(Hors micro — des voix viennent de loin et se rapprochent de plus en plus). Maria! Comment allez-vous?
Maria:
(Hors d’haleine, comme si elle avait couru) Allo Sammi! Etes-vous occupé?
Sammi:
J’ai toujours du temps pour mes voisins (il rit un peu). Il fait chaud aujourd’hui, allons nous asseoir sous cet arbre.

(Pause)

Sammi:
Alors, comment puis-je vous aider?

Maria:
Sammi, vous êtes l’une des personnes les plus intelligentes du village. Connaissez-vous une façon d’entreposer le manioc?

Sammi:
Bien sûr. En fait, j’entrepose mon manioc chaque année et il reste frais pendant des semaines. Je trouve qu’il n’est pas aussi bon quand je le laisse dans le sol trop longtemps.

Maria:
J’ai le même problème!

Sammi:
D’habitude, j’utilise de la paille que je dispose en rond sur le sol, d’une dimension aussi large que la portée de mes bras.

Maria:
Pourquoi?

Sammi:
Lorsque j’empile le manioc sur la paille, celle-ci le protège. Ça prend cependant une couche épaisse de paille. Lorsque vous obtenez cette bonne couche de paille comme protection, empilez votre manioc par-dessus.

Maria:
Simplement l’empiler?

Sammi:
Eh bien! La pile doit être large à la base et étroite sur le dessus. En d’autres mots, chaque nouvelle couche de manioc doit être plus petite que la précédente. Ainsi, ça empêche le manioc de tomber par terre.

Maria:
Évidemment. Une épaisse couche de paille aussi large que possible. Ensuite, je superpose les racines de manioc sur le dessus.

Sammi:
Exactement. Ensuite, il faut couvrir la pile de manioc avec une autre couche épaisse de paille ensuite couverte avec de la terre empêchant ainsi la paille de s’envoler au vent.

Maria:
Ça n’a pas l’air trop compliqué. Merci. Je dois aller essayer votre méthode…

Sammi:
Ne partez pas tout de suite Maria, je connais une autre méthode.

Maria:
Deux méthodes pour entreposer le manioc?

Sammi:
Trois méthodes, si vous comptez notre ancienne façon qui consiste à laisser le manioc dans le sol jusqu’au moment de le consommer.

Maria:
Quelle est la deuxième méthode?

Sammi:
Je creuse un trou dans le sol assez profond pour contenir tout le manioc. Je mets une couche de tubercules et ensuite une couche de terre suivie d’une autre couche de manioc: terre, manioc, terre, manioc… Aussi simple que ça.

Maria:
D’où vient la terre?

Sammi:
Du trou que j’ai creusé. Il faut toujours alterner le manioc et la terre jusqu’au rebord du trou. Couvrez la dernière couche de manioc avec une couche de terre aussi profond que votre pouce et vous avez terminé.

Maria:
C’est merveilleux Sammi. Cette méthode semble aussi efficace que celle qui consiste à utiliser de la paille. Quelle est la différence?

Sammi:
Cette année, j’ai essayé la méthode du trou parce que quelqu’un volait constamment le manioc sur ma pile de paille. C’était tellement évident. Maintenant, je ne dis à personne où j’entrepose ma nourriture.

Maria:
Mon frère a également des problèmes avec les voleurs. Je crois que je vais aussi essayer la méthode du trou. Manioc, terre, manioc, terre, c’est bien cela?

Sammi:
C’est exact. Me direz-vous comment ça s’est passé, Maria?

Maria:
Absolument. Merci beaucoup pour votre aide, Sammi.
MUSIQUE (Fond sonore pour signaler la fin du dialogue et le maintenir jusqu’à la reprise de la narration.).
Maria:
J’ai quitté la ferme de Sammi pour retourner chez-moi. La partie de terre que je possède est petite. « Où vais-je creuser mon trou », me suis-je demandé. Il doit être creusé dans en endroit plat.

J’ai levé les yeux vers le soleil couchant. Il y avait des nuages à l’horizon. Des nuages! J’ai grogné. Les plans de Sammi ne fonctionneraient pas. Le sol était humide, très humide. Si je creuse un trou et qu’il pleut, l’eau va y pénétrer et mon manioc sera abîmé.

Je commençais à me sentir fatiguée. C’était presque le soir et je ne savais pas comment entreposer mon manioc. Je me suis assise à l’extérieur et j’ai posé mes pieds sur une boîte. La pile de paille était une bonne idée mais je ne peux pas me permette de me faire voler de la nourriture. La méthode du trou était une bonne solution, mais ma terre est plus humide que celle de Sammi. J’ai alors eu une idée. Je me suis levée précipitamment en ramassant la boîte. Pourquoi ne pas faire ma pile à l’intérieur de la boîte?

J’étais tellement excitée que je courais un peu partout à la recherche de contenants de tout genre: boîtes, paniers et même des boîtes en carton. J’avais besoin d’une couche protectrice, comme de la terre battue ou de la paille. Heureusement, j’avais beaucoup de sciure. J’ai donc couvert le fond de chaque contenant avec cette sciure. J’ai étendu une couche de manioc sur la sciure en faisant bien attention que les racines ne se touchent pas. Je les ai couvertes avec une autre couche de sciure.

J’ai suivi ces étapes jusqu’à ce que les boîtes soient remplies: sciure, manioc, sciure, manioc. Aucune racine ne se touchait. J’ai même étendu une couche additionnelle de sciure sur la partie supérieure des contenants comme protection finale.
Maria (cont): Quelques jours plus tard, j’ai remarqué que le manioc devenait un peu sec alors j’ai mouillé les racines avec de l’eau. Je dois maintenant les mouiller à tous les trois jours, mais mon manioc est encore frais et ça fait plus de six semaines que je l’ai récolté!

[NOTE: A partir de maintenant jusqu’à la fin, le dialogue de Sammi met fin à l’histoire de Maria. Elle est encore la narratrice mais elle raconte sa conversation avec Sammi, au lieu de l’interpréter, comme dans le dialogue précédent.]

Maria:
Mon voisin Sammi fut très impressionné quand je lui ai expliqué mon nouveau système.

Sammi:
— «Il est très important pour les fermiers de faire des expériences» —

Maria:
— a-t-il dit. Et je suis d’accord avec lui.

Sammi:
— «Mon système est bon pour moi, mais pas pour vous. Vous avez donc apporté les changements nécessaires. Vous l’avez adapté.» —

Maria:
«C’est exact», lui ai-je dit. «Ce sont de bonnes idées pour protéger le manioc avec de la paille ou de l’entreposer dans le sol, mais ces méthodes ne me conviennent pas. C’est l’idéal d’utiliser des boîtes et d’alterner les couches de manioc et de sciure. Je peux même apporter le manioc au marché dans ces boîtes».
MUSIQUE (Fond sonore) (La musique doit être maintenue pendant quelques secondes jusqu’à la reprise de la narration par Maria.).
Maria:
J’ai pensé à ce que Sammi a dit, même après qu’il ait quitté. Non seulement j’ai appris que je pouvais entreposer le manioc, mais j’ai également appris au moins quatre méthodes différentes pour le faire. Le laisser dans la terre, le couvrir de paille, le mettre dans un trou ou l’entreposer dans des boîtes avec des couches de sciure. Mais plus important encore, j’ai appris que les fermiers doivent faire des expériences. Nous devons mettre au point des systèmes qui nous conviennent le mieux, comme je l’ai fait dans mon histoire. Merci d’avoir écouté et bonne chance!

Acknowledgements

Ce texte est basé sur des informations qui nous proviennent de M. Vandi, Sierra Leone; d’un membre du Réseau, Peter Afekoro, Nigeria; et du Réseau de Radios Rurales des Pays en Développement, texte 16-2, Janvier 1990.

Autres recherches: Jennifer Pittet, Chercheur/auteur, Toronto, Canada.

Rédaction: Krystyn Tully, Auteur, Toronto, Canada.

Révision: Daniel Sonke, Directeur des Programmes d’information, Educational Concerns for Hunger Organization (ECHO), 17391 Durrance Road, N. Ft. Myers, FL 33917 USA. URL: www.echonet.org