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Cette émission a pour but d’aider les gens à réfléchir et à faire face à leurs émotions à la suite de toute catastrophe. L’émission vise également à aider les gens à s’adapter à la suite d’une catastrophe. L’émission comprend les témoignages d’une famille, d’une personne âgée et d’une secouriste; toutes ces personnes ont survécu à un séisme. Vous pouvez vous servir de cette émission telle qu’elle est écrite ou l’adapter pour qu’elle comprenne des événements mieux connus de vos auditeurs.

Les survivants des catastrophes peuvent se sentir isolés de leurs communautés. Ils ont peut-être l’impression d’avoir perdu quelque chose et ils peuvent se sentir vulnérables. Ils font face à une gamme d’effets physiques et mentaux. A la suite d’une catastrophe, il est important de dire aux survivants qu’il est normal de penser ainsi et d’avoir de telles réactions. Il est essentiel de mettre l’accent sur l’importance de retourner au travail ou à l’école ainsi que de reprendre ses occupations journalières. Pour les aider à se remettre des événements, les survivants devraient également participer à des cérémonies de guérison, à des thérapies ainsi qu’à d’autres rituels et services communautaires.

Les effets psychologiques et sociaux qui touchent une personne à la suite d’une catastrophe varient selon les différentes cultures et les mots employés pour décrire les expériences des survivants peuvent être très précis selon la culture (voir les notes à la fin du texte). Dans certaines cultures, il est défendu ou mal perçu d’exprimer un traumatisme. Les gens peuvent avoir recours à des méthodes scientifiques ou spirituelles pour expliquer les événements. Etudiez les symptômes régionaux et les idiomes locaux utilisés pour exprimer le chagrin et d’autres sentiments. Vous pourriez au départ discuter de ce sujet avec un travailleur de la santé communautaire qui pourra peut-être vous référer à d’autres sources de renseignements. Vous pouvez aider votre auditoire en adaptant cette émission pour qu’elle comprenne des traditions régionales ainsi que des pratiques pour exprimer et pour guérir le traumatisme et le chagrin.

Les communautés doivent travailler ensemble pour tendre la main aux survivants. Au cours de vos émissions axées sur les survivants de catastrophes naturelles :

  • Incitez les secouristes, les enseignants, les travailleurs de la santé, les leaders communautaires et religieux à partager des renseignements pour des émissions et à participer à des discussions en ondes.
  • Impliquez autant de gens de la région qu’il est possible de le faire, y compris des survivants, lors des opérations de reconstruction et de reprise.
  • Rencontrez des agriculteurs et demandez-leur comment l’agriculture et les pratiques agricoles ont changé à la suite d’une catastrophe et ce qu’ils pensent des changements.

Autres suggestions pour des émissions :

  1. Aidez vos enfants à s’adapter à la suite d’une catastrophe.
  2. Comment reconnaître les symptômes du stress qui vous touchent vous et votre famille à la suite d’une catastrophe?
  3. Interviewez un travailleur de la santé ou un conseiller concernant certains symptômes comme le chagrin et le stress à la suite d’une catastrophe. Après l’entrevue, posez des questions pour répondre aux inquiétudes des auditeurs qui présentent de tels symptômes.

Script

Personnages

Narrateur

Uri
, un agriculteur
Jagit
, une agricultrice. Épouse de Uri.
Elda
, une femme âgée
Sara
, une secouriste

INTRODUCTION DU THÈME MUSICAL QUI CONTINUE LORSQUE LE NARRATEUR PARLE.

Narrateur
: Comment les gens s’adaptent-ils aux catastrophes ? Vous allez bientôt entendre des témoignages personnels de gens qui ont survécu à une catastrophe : un séisme. Le séisme a ravagé la région près de la capitale. Il a causé des glissements de terrain dans les montagnes. Un grand nombre de routes, d’écoles, de cliniques et d’édifices publics ont été détruits. Des gens sont morts. Beaucoup d’autres ont perdu leurs maisons.

En premier, nous nous entretiendrons avec Uri et Jagit, un jeune couple, qui en compagnie de leurs enfants, a survécu au séisme.

MUSIQUE EN FONDU.

1re partie : Uri et Jagit

Uri
: Jagit et moi vivons dans la montagne. Je rentrais du champ quand le séisme a frappé. Nous n’avons pas eu le temps de penser.

Jagit
: C’était épouvantable! La terre tremblait et notre maison s’ébranlait. Une branche en tombant a heurté l’épaule d’Uri. Des pierres et des débris me heurtèrent moi et les enfants. Nous sommes chanceux d’être sortis vivants.

Uri
: Quand nous sommes arrivés au refuge, c’était le chaos. Les enfants pleuraient.
Le premier jour, je souffrais. J’avais mal à la tête et j’étais désorienté. Je voulais aider et réconforter ma famille, mais je ressentais le besoin de m’allonger.

Jagit
: Je ne ressentais rien en premier. Je ne pouvais pas croire ce qui s’était passé. Nous ne savions pas si nous étions pour être capables de retourner à la maison. Mon fils, Dani, faisait des cauchemars et il se réveillait en criant. Ensuite, je devins triste. Il semblait que j’avais mal partout. J’avais peur parce que je ne savais pas ce que nous ferions et où nous irions.

Uri :
Un grand nombre de nos amis sont morts. Quand je pensais à ce qui était arrivé, mon coeur battait fort et j’avais mal au ventre. Je trouvais cela très difficile de parler de ce que je ressentais. Après avoir quitté le refuge, nous sommes allés vivre avec mon cousin et sa famille.

Jagit
: Plusieurs mois se sont écoulés depuis le séisme, mais nous sommes encore déprimés. Notre cadette pleure parfois et elle dit qu’elle ne veut pas aller à la nouvelle école. En premier, je me fâchais. Nous avons tellement de choses pour nous préoccuper. Mais j’ai appris qu’il est parfois très difficile pour les enfants d’affronter ces changements. Ma fille craint qu’il va nous arriver quelque chose de terrible pendant qu’elle est à l’école. Nous essayons de lui dire que les choses vont bien aller. Mais nous écoutons également ses craintes.

Uri
: Les week-ends, je retourne à notre village en compagnie d’un groupe de personnes pour nettoyer les débris et pour discuter des façons de rebâtir ce que nous avons perdu. Nous voulons tous recommencer à cultiver de nouveau.

PAUSE MUSICALE.

MUSIQUE EN FONDU QUI CONTINUE PENDANT QUE PARLE LE NARRATEUR.

2e partie : Sara, une secouriste

Narrateur
: Sara est secouriste. Son travail est très stressant. C’est aussi un travail essentiel. Le bien-être mental et physique des gens qui aident à la suite d’une catastrophe est très important. Si les secouristes ne sont pas en bonne santé, ils ou elles ne peuvent pas aider les autres.

MUSIQUE EN FONDU.

Sara
: Comme vous pouvez l’imaginer, les premiers jours après le séisme furent difficiles. J’avais déjà travaillé au cours de d’autres situations critiques, mais cette fois-ci les effets étaient tellement dévastateurs.

Nous devions nous occuper de beaucoup de gens et j’avais très peu de temps pour me reposer. Après cinq jours, j’ai commencé à me sentir faible, et à une occasion, je me suis évanouie. Quand je me suis réveillée, je me suis sentie très coupable de ne pas avoir fait mon travail. Ma surveillante m’a assurée que je réagissais normalement. Elle m’a dit de prendre régulièrement des pauses. Elle m’a aussi dit de parler à quelqu’un la prochaine fois que je me sentirais malade. Après notre conversation, j’étais rassurée.

Je travaille beaucoup avec les enfants. J’ai rencontré des enfants qui avaient des fractures et des blessures à la tête ainsi que des enfants qui se sentaient perdus et désorientés. Des enfants ont vu leurs parents mourir. Il est important d’écouter les inquiétudes qu’a un enfant. Aidez les enfants à parler de leurs craintes et de leurs anxiétés. Certains enfants sont trop jeunes pour exprimer leurs sentiments verbalement. Ils deviennent agressifs ou reprennent leurs anciennes habitudes comme mouiller le lit. Nous demandons aux parents d’être patients envers les enfants.

Sara
(suite) : La meilleure chose à faire, surtout s’ils vont vivre dans un refuge pour un bon moment, c’est de faire reprendre aux enfants leurs routines le plus tôt possible. Nous incitons les enfants et les adultes à exprimer leur tristesse, leur colère et leurs craintes.

PAUSE MUSICALE.

MUSIQUE EN FONDU PENDANT QUE PARLE LE NARRATEUR.

3e partie : Les besoins des aînés

Narrateur
: Nous devrions nous rappeler que les aînés ont des préoccupations particulières à la suite d’une catastrophe. Ils ne sont pas eux-mêmes et ils agissent différemment. Nous pensons peut-être que c’est parce qu’ils sont âgés, mais en réalité ils sont tristes et effrayés. Nous allons nous entretenir avec Elda, une aînée dont la maison a été détruite pendant le séisme.

MUSIQUE EN FONDU.

Elda
: J’ai tout perdu. J’ai perdu la maison dans laquelle je vivais depuis quarante ans et j’ai perdu toutes mes choses.

Il y a six ans, mon mari est décédé et ce fut très difficile.

Lors du séisme, toute ma vie a été lavée en un instant. J’ai tout perdu et je voulais mourir. À mon âge, comment pourrais-je un jour refaire ma vie?

Quand on m’a installée dans un refuge, j’ai refusé de parler à quiconque. Il y avait beaucoup d’étrangers. Et je n’ai pas confiance aux fonctionnaires. Ma colère était aussi vive que le scintillement d’une étoile.

J’avais faim et j’étais faible, mais les secouristes ne semblaient pas se rendre compte que je souffrais. J’avais l’impression qu’ils ne pouvaient pas me voir.

Trois jours après le séisme, une vieille amie m’a trouvée et elle m’a demandé d’aller avec elle. Elle m’a amenée rencontrer d’autres gens âgés de mon village, d’autres qui, comme moi, avaient survécu. En premier, je me tenais là comme une pierre. Mais mon amie est allée s’asseoir avec eux. Ensuite, je me suis écroulée. Le torrent en moi s’est déferlé.

Le lendemain, je suis retournée et j’ai chanté avec eux. Mon amie m’a dit, ” Nous avons l’une l’autre. Nous avons nos histoires et nos souvenirs. Et nous pouvons aider pendant les opérations de secours. Tiens bon, Elda. ”

Et me voici, en train de vous parler. Je suppose que cela veut dire que je tiens bon.

PAUSE MUSICALE.

MUSIQUE EN FONDU PENDANT QUE PARLE LE NARRATEUR.

4e partie : Diverses expériences, diverses émotions

Narrateur
: Avez-vous remarqué qu’une catastrophe touche les gens de différentes façons?
Certaines personnes ne ressentent pas tout l’impact avant des mois ou même des années plus tard. D’autres ont de la difficulté à se sentir en sécurité de nouveau.

Si vous êtes parent, vous pensez peut-être que vous auriez pu faire plus pour protéger vos enfants. Vous vous en voulez et vous êtes frustré.

Si vous êtes enfant, vous avez probablement peur qu’il arrive quelque chose à vos parents quand ils se déplacent sans vous. Vous faites peut-être des cauchemars et vous avez mal un peu partout quand vous pensez à l’horrible événement.

Si vous avez perdu quelqu’un, la personne vous manque tellement que vous rêvez à son retour.
Vous avez peut-être un nouveau rôle à jouer dans votre famille maintenant. Vous êtes peut-être parti vivre en ville où tout est différent. Ou vous avez accepté un emploi pour la première fois. S’adapter à ces sentiments et à ces changements prend du temps. N’oubliez pas qu’il est normal de ressentir des émotions comme celles que vous ressentez présentement.

Ce qui est le plus important pour les survivants d’une catastrophe : s’entraider et reprendre ses occupations journalières le plus tôt possible. Faites ce que vous pouvez pour aider à rebâtir votre maison ou votre communauté. Par exemple, si l’édifice consacré au culte que vous fréquentez a été détruit, aidez à organiser des rencontres de prières ou de méditation dans un foyer ou un centre communautaire. Devenez membre d’un groupe de soutien ou fondez un tel groupe.

Narrateur
: Si vous vous sentez accablé par vos sentiments ou si vous avez des impulsions ou des comportements étranges, parlez à un ami ou une amie, un travailleur ou une travailleuse de la santé ou un leader religieux. Obtenez de l’aide quand vous en ressentez le besoin. N’oubliez pas, vous n’êtes pas seul.

MUSIQUE DE FIN D’ÉMISSION.

– FIN –

Acknowledgements

Collaboration : Belinda Bruce, Vancouver, Canada.
Révision : John H. Ehrenreich, Ph. D., professeur de psychologie, State University of New York, College à New Westbury, New York, États-Unis.

Information Sources

Coping with disasters: A guidebook to psychosocial intervention, John H. Ehrenreich, Ph. D., 2001. Ressource : Center for Psychology and Society, State University of New York, Box 210, Old Westury, NY, 11568 ou Mental Health Workers Without Borders, 100 W. 94th Street, New York, NY 10025. Tél. : 212-663-0131. Adresse Web : http://www.mhwwb.org

Older people in disaster and humanitarian crises: guidelines for best practice. Adresse Web : http://www.reliefweb.int/w/lib.nsf/WebPubDocs/1B8B70825D1CC03EC1256C25002856A2?OpenDocument

HelpAge International, 67-74 Saffron Hill, London, EC1N 8QX, UK. C. Élec. : hai@helpage.org Adresse web : http://www.helpage.org

Notes portant sur les symptômes précis selon la culture et la langue:
Dans un grand nombre de sociétés et de groupes culturels, les modèles traditionnels d’expression de la détresse émotionnelle prennent la forme d’un agencement de symptômes qui n’ont pas d’équivalence exacte dans les catégories standard et internationales des maladies mentales. La réponse à moyen terme à la suite d’une catastrophe peut prendre la forme d’un des désordres spécifiques aux cultures suivantes. Ce ne sont que des exemples et il peut y avoir diverses façons d’exprimer des réponses au stress dans votre région. N’oubliez pas que certaines personnes peuvent penser que ce ne sont pas des réponses au stress mais plutôt des problèmes indépendants (par exemple, des problèmes causés par les mauvais esprits).

Susto est une maladie prévalant chez les Latinos aux États-Unis et parmi les populations du Mexique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Les symptômes typiques comprennent des troubles d’appétit, un sommeil insuffisant ou excessif, un sommeil perturbé ou des rêves, de la tristesse, un manque de motivation, des sentiments de dévalorisation et des symptômes somatiques.

Ataques de nervios est reconnu principalement parmi les latins d’Amérique, les latins de la Méditerranée et les Latinos des Caraïbes. Les symptômes fréquents comprennent cris incontrôlables, crises de pleurs, tremblements, sensation de chaleur dans le thorax montant à la tête, agression verbale et physique, sensation d’être hors de contrôle et parfois des expériences dissociatives, des convulsions ou des évanouissements et des gestes suicidaires.

Amok est reconnu en Malaisie et sous divers noms, aux Philippines, à Puerto Rico et ailleurs. Il est décrit comme un épisode dissociatif caractérisé par une période de cafard suivi par un comportement extrêmement violent, agressif ou homicide envers des personnes ou des objets et finalement un état d’épuisement.

Dhat est un terme utilisé en Inde pour décrire un syndrome d’anxiété grave, des maux de tête et des douleurs corporelles, une perte d’appétit, des inquiétudes hypocondriaques associées à des pertes de sperme et des sensations de faiblesse et d’épuisement.

Latah, connu sous d’autres noms dans le Sud du Pacifique et en Asie du Sud-Est, comprend l’hypersensibilité à une frayeur soudaine, souvent accompagnée de répétitions de mots ou d’actions insensées et automatiques et un comportement dissociatif ou un état ressemblant à des transes.

Khoucherang, que l’on retrouve au Cambodge, comprend des anxiétés excessives et des ruminations en pensant à des événements qui ont eu lieu antérieurement.

Source : Coping with disasters: A guidebook to psychosocial intervention, John H. Ehrenreich, 2001. (Voir les sources de renseignements plus bas.)