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Notes to broadcasters

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Notes au radiodiffuseur.euse

L’économie du Mali est basée sur l’agriculture en général et sur la production du riz en particulier. Le Mali est le deuxième producteur du riz en Afrique de l’Ouest. Au fil des années, la production du mil, du sorgho et du maïs a diminué au profit du riz, qui maintenant représente plus de 30 % des céréales produits dans le pays. Les autorités maliennes prennent des dispositions afin d’aider le secteur à se développer et contribuer à l’autosuffisance en riz. Cependant la filière riz est confronté à plusieurs défis.

Dans ce texte radiophonique, nous discutons avec quatre interviewés. Un coordinateur, un expert, et deux présidents engagés pour la cause. Ils parlent de la commercialisation du riz au Mali et des problèmes auxquels la filière riz est confronté.

Pour produire une émission similaire sur des nouvelles stratégies pour vendre leurs riz, vous pourriez vous  inspirer de ce texte. Si vous décidez de le présenter dans le cadre de votre émission régulière, vous pouvez choisir de faire représenter les personnes interviewées par des acteurs.trices vocaux ou des animateurs.trices. Dans ce cas, veuillez informer votre auditoire au début de l’émission, qu’il s’agit de voix des acteurs.trices vocaux et des animateurs.trices et non celles des véritables personnes interviewées.

Si vous souhaitez créer des émissions sur les producteurs.trices du riz qui adoptent des nouvelles stratégies pour vendre le riz, entretenez-vous avec les personnes qui ont des connaissances relatives à la production et à la commercialisation du riz, les spécialistes du riz et d’autres parties prenantes intervenant sur les questions relatives à la production et à la commercialisation du riz. Vous pourriez, par exemple, leurs poser les questions suivantes :

  • À quels défis les riziculteurs.trices sont-ils confrontés lorsqu’ils essaient de commercialiser leur riz?
  • Quelles sont les stratégies mises en place pour faire face à la concurrence du riz importé?
  • Quelles sont les dispositions prises par l’État pour aider le secteur?
  • Quel est l’apport des femmes dans le secteur de la commercialisation du riz?

Durée estimée du texte radiophonique avec la musique, l’intro et l’extro : 20 minutes

Script

ANIMATEUR.TRICE :
Bonjour, chers auditeurs et auditrices, bienvenue dans notre émission.

Aujourd’hui, nous parlons de la commercialisation du riz, les défis de la commercialisation du riz et les solutions, en mettant l’accès sur la participation des femmes.

NotreexpertAbdoulaye Koureicihi et d’autres personnes impliquées dans la filière riz, vont nousédifier sur ce sujet.

Premièrement, nous nous entretenons avec AbdoulayeKoureicihi, il nous donne un brefaperçu sur la culture du riz, au Mali. Ilest coordinateur national de la plateforme des producteurs et productrices du riz, au Mali. Deuxièmement, nous nous entretenons avec ingénieure agronome ZoumanaGoita, ilpartage avec nous son expérience sur les défis liés à la production du riz. Troisièmement, nous nous entretenons avec FaliryBoly, il parle de la commercialisation du riz local et importé. Ilest Président de l’interprofession, c’est-à-dire les associations qui travaillent dans la riziculture au Mali. Enfin, nous nous entretenons avec ModiboKoita, sur le rôle que les femmes jouent à la commercialisation du riz. IlestPrésident de SOCREM, la Société Coopérative des commerçants du riz étuvé.

ANIMATEUR.TRICE :
Bienvenue, Monsieur Koureicihi.

ABDOULAYE KOUREICHI:
Merci de me recevoir.

ANIMATEUR.TRICE :
Comment se porte le domaine de la riziculture au Mali?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Le domaine se porte bien. La culture du riz au Mali, occupe la deuxième place en termes de production après le maïs. La production globale du riz est actuellement à trois millions de riz par an. Le riz est consommé par une grande partie de la population. En 1990, la consommation était de 13 kg par personne par an, en outre, aujourd’hui, la consommation est de 75 kg par personne par an.

Depuis 2008, les autorités maliennes ont lancé des initiatives qui ont provoqué cet essor du riz, notamment la subvention des semences de riz et d’autres intrants. Ces mesures prisent par les autorités maliennes ont permis d’augmenter la production du riz. Actuellement au Mali, la production du riz local occupe 95% de la production totale. Ceci montre que le Mali est autosuffisant en riz local. Cela veut dire que la marge importée ne doit pas être énorme.

ANIMATEUR.TRICE :
Est- ce qu’on peut dire que le Mali est autosuffisant en riz?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Oui, le Mali est autosuffisant à 95 % en riz locale parcontre, il a besoin de 5% de riz importé.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que la qualité du riz malien permet-il d’être commercialisée?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Oui et non. Oui, parce que le riz de la campagne est consommé dans l’immédiat. Non parce qu’au niveau de l’usinage, nous avons un problème. Ilaplusieurs variétés de riz qui n’ont pas les qualités recherchées sur le marché.

ANIMATEUR.TRICE :
Quelles sont les étapes de la commercialisation du riz?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Premièrement, on a la commercialisation primaire qui consiste à vendre le riz localement au Mali.

Deuxièmement, on a les producteurs et productrices qui donnent leurs riz aux organisations afin d’être vendu aux commerçants et commerçantes étrangers et aux petits détaillants.

Troisièmement, on parle d’achat institutionnelle c’est la commercialisation entre les organisations et les institutions de l’État.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels sont les difficultés auxquelles les riziculteurs et rizicultrices de riz sont confrontés?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Premièrement, les riziculteurs et rizicultrices n’ont pas des outils de transformation moderne tels que les rizeries de taille normale et plus petite.

Deuxièmement, l’État ne contrôle pas la manière dont le riz est distribué à l’intérieur du pays ni l’exportation et l’importation de riz dans le pays. Ainsi, le prix du riz importé peut être inférieur à celui du riz local, ce qui désavantage les riziculteurs et rizicultrices locaux.

ANIMATEUR.TRICE :
Quel rôle jouent les femmes dans la commercialisation du riz?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Les femmes sont la pièce maitresse de la filière. Quand vous regardez le Mayon de la production c’est les femmes qui font le repiquage, les travaux post récoltes et la commercialisation. Elles sont groupées en coopérative et sont l’épine dorsale de la riziculture.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que les femmes sont impliquées dans toutes les étapes de la commercialisation?

ABDOULAYE KOUREICHI:
Oui, les femmes sont impliquées au niveau de toutes lesétapes de la commercialisation. Les femmes sont impliquées au niveau de la commercialisation et du repiquage. Elles contribuent beaucoup à vendre le produit même si c’est en petite quantité.

ANIMATEUR.TRICE :
Merci à vous Abdoulaye Koureichi. Nous allons nous entretenir maintenant avec Mr Zoumana Goita, ingénieure agronome.

Merci d’avoir accepté notre invitation.

Quelles sont les difficultés auxquelles les producteurs et productrices sont confrontés dans la commercialisation du riz?

ZOUMANA GOITA :
Les producteurs et productrices manquent de magasin de stockage, des matériels tels que des machines de traitement, des tracteurs et l’accès aux subventions de l’État.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est- ce qu’il faut faire pour remédier à toute ses difficultés rencontrées lors de la commercialisation?

ZOUMANA GOITA :
L’État doit améliorer les conditions d’accès au marché, c’estàdire il faut faciliter aux producteurs et productrices de vendre leur riz à l’étranger. Aussi, l’État doit valoriser le riz malien et donner plus de viabilité au secteur de la riziculture en demandant aux institutions d’acheter le riz local.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que la qualité du riz malien permet sa bonne commercialisation?

ZOUMANA GOITA:
Le riz malien est de bonne qualité et très apprécié au niveau de la sous-région. C’est pourquoi il est beaucoup plus acheté et consommé par les autres pays qu’au Mali. Environ 85% du riz malien est exporté.

ANIMATEUR.TRICE :
Est-ce que chaque année, le Mali arrive-t-il à commercialiser beaucoup de tonnes de riz?

ZOUMANA GOITA:
La quantité évolue selon l’année—il y’a des années ou on peut commercialiser jusqu’à 200000 tonnes.

ANIMATEUR.TRICE :
Est- ce que les femmes sont impliquées dans la commercialisation du riz?

ZOUMANA GOITA:
Les femmes sont impliquées dans la commercialisation du début à la fin. Elles sont la fondation de la commercialisation du riz. Elles achètent le riz et revendent aux consommateurs et consommatrices. Donc elles sont les pièces maitresses de la commercialisation.

ANIMATEUR.TRICE :
Que ce que l’État fait pour aider les producteurs et productrices du riz à commercialiser le riz?

ZOUMANA GOITA:
L’État achète le riz malien pour l’approvisionnement des banques de céréales nationale afin de permettre aux producteurs et productrices de produire plus de riz aux prochaines campagnes de riz. Il demande aux institutions maliennes tels que le programme mondial alimentaire et les ONG locales qui sont dans l’humanitaire à acheter le riz malien pour que les producteurs et productrices gagnent plus.

ANIMATEUR.TRICE :
Est- ce que le Mali arrive à exporter son riz dans les sousrégions?

ZOUMANA GOITA:
Le Mali arrive à commercialiser son riz sans problème surtout le riz étuvé.
Le Mali est un modèle en matière de commercialisation du riz parce que le riz du Mali est acheté à travers l’Afrique et le monde entier. Le Mali possède de mécanismes de commercialisation qui sont bien adaptés au marché.

ANIMATEUR.TRICE :
Merci à vous Mr. Zoumana Goita. Le troisième intervenant estM. Faliry Boly. Il est Président de l’interprofession riz, au Mali.

Monsieur Faliry Body, bonjour!

FALIRY BOLY:
Bonjour!

ANIMATEUR.TRICE :
Merci d’être là, aujourd’hui avec nous.

FALIRY BOLY:
C’est moi qui vous remercie.

ANIMATEUR.TRICE :
Quel est le processus de commercialisation du riz et qui sont les acteurs et actrices dans ce secteur?

FALIRY BOLY:
La commercialisation du riz local ou importé se fait sur l’ensemble du territoire en mettant en exergue les zones de concentration qui sont la région de Ségou, Sikasso et le nord du pays y compris Gao et Tombouctou. Le riz qui vient de ses zones est vendu aux pays tels que le Niger, le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, le BurkinaFaso et la Côte d’Ivoire et viceversa. La transformation du paddy en riz s’effectue par les mini-rizeries. Cesmini-rizeries transforment et commercialisent le riz à travers les coopératives des commerçants et commerçantes et les coopératives du riz.

ANIMATEUR.TRICE :
Quels sont les stratégies pour une bonne distribution et commercialisation du riz?

FALIRY BOLY:
Depuis 2016, l’interprofession riz au Mali a été créé et est constituée de quatre familles professionnelles: la plateforme nationale des producteurs et productrices de riz du mali, l’association nationale des commerçants maliens du riz, l’association nationale des transformateurs du riz et la fédération nationale des transporteurs routiers. L’objectifde cette organisation est de coordonner les activités entre l’État et ces organisations.

ANIMATEUR.TRICE :
Quel rôle jouent les femmes dans la production et la commercialisation du riz?

FALIRY BOLY:
Les femmes sont les piliers de la production et de la vente du riz mais elles sont moins impliquées dans la commercialisation du riz car les commerçants grossistes sont des hommes. Lesfemmes vendent en petit quantité.

ANIMATEUR.TRICE :
Merci à vous Mr Faliry Boly. Notre dernier intervenant estModibo Koita. Il est Président de SOCREM, la Société Coopérative des commerçants du riz étuvé.

ANIMATEUR.TRICE :
Quelles sont les difficultés auxquelles les producteurs et productrices sont confrontés dans la commercialisation du riz?

MODIBO KOITA:
Premièrement, il y’a le manque d’organisation capable de bien encadrer toutes les transactions du riz. Les organisations qui s’occupent des transactions de riz ne sont pas compétentes pour contrôler le flux important du riz qui rentre et sort le pays. Deuxièmement, au Mali, il y a un rendement minimum par superficie de 1000 à 2000 tonnes de riz par an, c’est-à-dire que le rendement est petit par rapport aux producteurs et productrices du riz à l’étranger. Enfin, les producteurs et productrices manquent de magasin de stockage et des matériels tels que des machines de traitement, des tracteurs et l’accès aux subventions de l’État.

ANIMATEUR.TRICE :
Qu’est- ce qu’il faut faire pour remédier à toute ses difficultés?

MODIBO KOITA:
L’État peut aider les petits riziculteurs et rizicultrices en achetant leur riz ou bien en les aidant à faire la promotion de leurs produits. Si possible, l’État pourrait les financer et les permettre d’avoir accès au marché mondial.

ANIMATEUR.TRICE :
Quel est le rôle que les femmes jouent au niveau de votre structure?

MODIBO KOITA:
Actuellement, il n’y a pas de femmes au niveau de lacoopérative. Les femmes sont surtout au niveau de laproduction. Elles ont leurs coopératives à part. Mais elles peuvent adhérer à n’importe quel moment—nous sommes prêts à les accueillir.

ANIMATEUR.TRICE :
Chers auditeurs et auditrices, nous avons parlé de la commercialisation du riz et l’implication des femmes dans le processus. Durant ses temps nous avons eu à interroger plusieurs experts du domaine dont les services de l’État et indépendant et les filières durant les interviews.

On a parlé des défis de la commercialisation et des solutions. Nous avons aussi mis en relief les rôles des femmes dans le domaine de la commercialisation. Nous espérons que vous avez été bien édifié sur tout le processus de la commercialisation et espère que vous pourrez mettre en pratique tout ce qui a été appris.

Merci beaucoup pour votre aimable attention. Aurevoiret à bientôt.

Acknowledgements

Remerciements :

Rédigé par : Aly Ibrahim, journaliste à Gao au Mali

Révisé par : Zoumana Dao, Chargé de Programme, Secteur de l’agriculture de Koutiala, Mali.

Entretiens et interviews :

Abdoulaye Koureicihi, Coordinateur national de la plateforme des producteurs du riz, au Mali.

Faliry Boly, Président de l’interprofession du riz, au Mali.

Zoumana Goita, Agronome

Monsieur Modibo Koita, Président de SOCREM, la Société Coopérative des commerçants du riz étuvé, au Mali.

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale ZusammenarbeitGmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.