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La mangue a été introduite au Mali au début du 20ème siècle. La mangue voit sa culture s’y développer depuis des années, au sud du pays, à Sikasso et Koulikoro, régions à fort potentiel agricole.

On cultive la mangue à la saison pluvieuse. Le processus post récolte de la mangue comprend d’activités que l’on peut classer en deux catégories : les activités techniques comme la récolte, le triage, le lavage, le conditionnement/stockage et la transformation et les activités économiques comme le transport, la commercialisation, le contrôle de qualité, la nutrition et la vulgarisation.

Pour ce texte radiophonique, trois personnes ont été interviewées, y compris l’expert Oumar Assarki, conseiller technique chaine de valeur mangue au niveau du Centre des Innovations Vertes piloté par la GIZ, Keletigui Berthe, producteur de mangue et président de l’Union Locale des Associations de Producteurs(trices) de Mangue de Sikasso, et Halassane Kone, producteur de mangue dans la région de Sikasso.

L’expert et l’agriculteurs(trices) parlent des défis auxquels ils sont confrontés dans les activités post-récolte de la mangue, et des solutions à ces défis.

Vous pourriez vous inspirer de ce texte pour produire une émission à votre station sur les activités post-récoltes de la mangue. Si vous décidez de le présenter dans le cadre de votre émission agricole, vous pourriez utiliser des acteurs vocaux ou des collègues pour représenter les personnes réellement interviewées pour le texte. Dans ce cas, veuillez informer votre auditoire au début de l’émission qu’il s’agit de voix des acteurs vocaux ou des collègues et non celles des personnes réellement interviewées.

Si vous souhaitez diffuser des émissions sur les activités post-récoltes de la mangue, entretenez-vous avec des agriculteurs(trices) qui plantent la mangue, des experts et d’autres parties prenantes de la chaîne de valeur de l’agriculture. Vous pourriez leur poser les questions suivantes par exemple :

• Quelles sont les difficultés rencontrées dans les activités post récoltes?
• Comment solutionner les difficultés rencontrées?

Durée estimée du texte radiophonique avec la musique, l’intro et l’extro : 20 minutes

Script

SFX:
signature sonore

ANIMATEUR(TRICE) :
Bonjour tout le monde, aujourd’hui, nous allons parler d’une filière rentable et importante de l’économie du Mali — la filière de la mangue.

NotreexpertOumarAssarki et deux producteurs(trices) de mangue vont nousédifier sur la filière et toutes sesactivités post-récolte.

Nous allons parler des défis liés aux activités post-récoltes de lamangue et de la manière dont les agriculteurs(trices) peuvent résoudre leurs problèmes.

Monsieur Assarki, quelles sont les difficultés et les solutions disponibles liées à la récoltede la mangue?

OUMAR ASSARKI :
Les suivantes sont les principales difficultés que rencontrent les producteurs(trices) sont les suivantes: mauvaise formation de cueilleurs des mangues, manque d’outils de récolte tels que des caisses de récolte, le problème de financement de la campagne, et des chocs causes par le changement climatique, la pandémie de la COVID-19 et les crises sécuritaires.

Les solutionsà ces problèmes incluent la provision d’accès au financement, aux équipements, aux intrantset provision de l’accompagnement et du conseil de proximité des acteurs de la chaîne de valeur de la mangue. Cela pourrait comprendre du conseil numérique, des vidéos court et éducatifs et des conseils fournis par les réseaux sociaux et la radio.

D’autres solutions incluent la promotion de l’agriculture biologique et de l’agroécologie, la facilitation de l’accès à la mécanisation et aux énergies renouvelables, et soutien pour les personnes impliquées dans la chaîne de valeur de la mangue pour se protéger contre le COVID-19.

ANIMATEUR(TRICE) :
Quelles sont les difficultés post-récolte qu’on rencontre dansle secteur de la mangue?

OUMAR ASSARKI :
Parmi les difficultés rencontrées, il y a la faible capacité d’installation des infrastructures telles que les chambres froides ou les usines, et le coût élevé des intrants, notamment les emballages.

Ces problèmes sont aggravés par le coût élevé de la certification, le non accès du pays à la mer et le coût élevé du transport.

D’autres difficultés incluent un pauvre accès aux et le coût élevé des équipements et des matériels de transformation pour créer de l’emploi et de la valeur ajoutée et le non accès des acteurs au crédit de campagne.

ANIMATEUR(TRICE) :
Comment se fait l’entreposage et la transformation de lamangue?

OUMAR ASSARKI :
Au Mali, nous avons les centres de conditionnements publics, notamment à Sikasso et Bamako, qui sont des centres collectifs. Il y’a aussi les centres de conditionnement privés, 36 entreprises d’exportation de mangues fraîches, 60 entreprises de transformation de la mangue et deux grandes usines, COMAFRUIT et CEDIAM.

L’entreposage de produits à base de mangue se fait dans les centres de conditionnement et les entreprises de transformation.

ANIMATEUR(TRICE) :
Quelles solutions proposez-vous, pour remédier l’entreposage et la transformation de la mangue?

OUMAR ASSARKI :
Pour remédier aux problèmes liés au conditionnement et la certification de la mangue, il est nécessaire de mettre en place des infrastructures de conditionnement.

Il est aussi important d’aider les entreprises d’exportation et de transformation à accéder aux crédits de campagne, aux intrants, aux équipements et aux matériels.

Enfin, il faut mettre en œuvre des mesures d’adaptation au changement climatique, et renforcer les capacités de gestion des entreprises.

ANIMATEUR(TRICE) :
Quels sont les effets du changement climatique à la récoltede la mangue?

OUMAR ASSARKI :
Le changement climatique a beaucoup d’impacts. Les mangues tombent avant murissement, cela est une perte énorme de revenus pour les producteurs(trices), les pisteurs et les entreprises de commercialisation et de transformation. Autres impacts comprennent les érosions hydriques et éoliennes, qui entrainent la perte de la fertilité des sols, et les pluies torrentielles ainsi que les températures extrêmes, qui causent une grosse perte de productivité, entraînant une perte de revenu et d’emploi à tous les niveaux de la chaine de valeur.

ANIMATEUR(TRICE) :
Qu’est-ce que les producteurs(trices) peuvent faire pour remédier aux effets du changement climatique?

OUMAR ASSARKI :
Actuellement, les producteurs(trices) utilisent les méthodes traditionnelles d’adaptation aux changements intervenus dans leur environnement. Il est recommandé qu’ils adoptent les pratiques suivantes : collecter des eaux de surface, adopter des mesures pour contrôler l’érosion et protéger les sols et les eaux, pratiquer de l’agroécologie et de la gestion durable des terres, poser de haies vives, collaborer avec les services météorologiques, et utiliser les pratiques de l’agroforesterie, y compris le reboisement.

ANIMATEUR(TRICE) :
Pouvez-vous nous parler de l’agriculture biologique, de la mécanisation et de l’utilisation des énergies renouvelables dans le cadre du secteur de la mangue?

OUMAR ASSARKI :
La mécanisation est très utile au niveau des entreprises y compris les centres de conditionnement qui utilisent la calibreuse automatique qui coûte très chère. Aussi, les équipements de transformation et de transport peuvent augmenter les volumes des produits à base de mangue destinés aux marchés.

Le développement de l’agriculture biologique peut contribuer à améliorer la sécurité alimentaire parmi les familles pauvres des zones rurales.

Aussi, des technologies adaptées à l’exigence locale et alimentées par les énergies renouvelables peuvent être introduit: par exemple, se servir des déchets de la mangue pour faire du gaz butane. Les déchets de mangue peuvent également être placés dans un milieu sans. Ceci favorise la naissance des microorganismes qui transforment les déchets en biogaz au bout de troisjours. Mais ces innovations technologiques doivent être à la portée des petit(e)s producteurs(trices) des mangues.

SFX:
MUSIQUE DE TRANSITION

ANIMATEUR(TRICE) :
Après avoir interviewé Oumar ASSARKI, nous nous sommes adressés à Keletigui Berthe, président de l’association des producteurs(trices) des mangues de la zone, ensuite nous nous sommes adressé au producteur de Sikasso pour nous parler des activités liées à la mangue.

Keletigui Berthe, quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de la récolte et quelles solutions proposez-vous?

KELETIGUI BERTHE:
Par rapport à la récolte, nous devons renforcer les capacités des récolteurs(trices) dans leur travail. Les récolteurs(trices) ne sont pas formés en techniques tels que l’identification des mangues qu’on doit récolter, et ils sont non éduqués sur le taux de muricissement et de sucre des mangues. Également, nous n’avons pas de caisse de récolte dans lesquelles on peut mettre les mangues. Il y’a un manque de financement pour recruter plus de récolteurs(trices).

Pour remédier à cela, on doit former les récolteurs(trices) dans les techniques de récolte, acheter plus de caisse pour les mangues et chercher le financement pour recruter plus derécolteurs. Tout ceci ne peut se faire sans l’accompagnement de l’État du Mali et des partenairesfinanciers.

ANIMATEUR(TRICE):
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors du triage et du lavage des mangues et quelles solutions proposez-vous?

KELETIGUI BERTHE:
Il faut former les gens au triage et au lavage sur la traçabilité pour que les consommateurs(trices) savoir d’où vient la mangue. Il y’a une insuffisance de chambre froide pour stocker les mangues. La solution c’est de construire des chambres froides et de former les gens sur les compétences qu’il faut pour faire le boulot. Ils’agit de former les gens sur les techniques de triage et d’identification des mangues à choisir pour la transformation et la commercialisation.

ANIMATEUR(TRICE):
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de la transformation et quelles solutions proposez-vous?

KELETIGUI BERTHE:
Bien sûr, nous avons des difficultés lors de la transformation. Il y’a un manque d’équipements modernes de la transformation, c’est pourquoi le Mali est le dernier des pays dans la sous-région, en matière de la transformation de la mangue. En un mot, nous n’avons pas d’usines de la transformation adaptées.

ANIMATEUR(TRICE):
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors du transport de la mangue et quelles solutions proposez-vous?

KELETIGUI BERTHE:
Nous n’avons pas de camions de transport appropriés. Pourl’exportation, il faut des camions frigorifiques. Ilfautque l’État et les partenaires nous aident à acquérir des camions frigorifiques.

ANIMATEUR(TRICE):
Avez-vous des difficultés au niveau du contrôle de qualité de la mangue?

KELETIGUI BERTHE:
On a des difficultés, oui, mais on a commencé à former des agents des services phytosanitaires sur le choix de la bonne qualité de la mangue.

ANIMATEUR(TRICE) :
Pourquoi cette année, il n’y a pas eu assez des mangues?

KELETIGUI BERTHE :
Cela est due au changement climatique, et plus spécifiquement, le changement du calendrier de la saison des pluies et de l’augmentation de la chaleur. Ceci affecte aussi les pays voisins comme le Burkina Faso et laCôted’Ivoire.

ANIMATEUR(TRICE):
Le manque de mangues cette année aura-t-il un impact négatif sur la commercialisation de la mangue?

KELETIGUI BERTHE:
Ça beaucoup jouer sur la commercialisation dela mangue malienne, parce que cette année, nous n’avons pas exporter des mangues comme on le voulait.

ANIMATEUR(TRICE) :
Quelles sont les difficultés post-récolte rencontrées dans le secteur de la mangue?

KELETIGUI BERTHE :
Les difficultés que nous rencontrons au niveau de la commercialisation de la mangue est un problème de certification, puisqu’au Mali nous n’avons pas de certificateur. Tous les certificateurs viennent des autres pays d’Afriques pour venir certifier la mangue malienne. Ily’a aussi le problème de la qualité des mangues, vue que la plupart des mangues avant qu’on les cueille sont piquées par des mouches ou des insectes. Cela nous créé beaucoup de problèmes puisqu’on peut plus les exporter, donc, c’est une perte pour nous.

Il faut trouver d’autres pays à l’exception de la France et de la Hollande qui sont moins exigeants. Nous travaillons pour trouver d’autres pays vers lesquels nous exporterons des mangues.

Un défi postrécoltes c’est que nous n’avons pas de personnes qualifies pour faire la récolte, donc il faudrait former ses personnes aux techniques de récolte. Ensuite, nous n’avons pas de chambres froides suffisantes pour stocker les caisses des mangues et nous n’avons pas plus assez de caisses pour stocker les mangues.

Au niveau du triage, il faut former les gens à identifier les mangues pour le lavage parce qu’il y’a des mangues qui sont abîmées par les insectes qui ne sont pas vendues et qui doivent être mises de côté. Enfin, au niveau de la transformation, nous avons besoin s’un usine.

ANIMATEUR(TRICE):
Comment avez-vous remédié des difficultés de la commercialisation de la mangue?

KELETIGUI BERTHE:
Nous sommes en train de chercher à nous former dans la commercialisation pour pouvoir faire un bon travail. Par rapport la certification, nous sommes en train de demander à l’État de former des malien(ne)s en certification afin que nous n’ayons pas besoin de demander à des personnes d’autres pays de certifier notre mangue. Quant aux mouches, il faudrait que l’État nous aide en nous fournissant des produits pour les contrôler.

ANIMATEUR(TRICE) :
Qu’est-ce qu’il faut faire pour résoudre ces difficultés?

KELETIGUI BERTHE :
Nous demandons à l’État de nous acheter des chambres froides car les anciennes chambres froides sont tombées en panne. L’État doit encadrer les producteurs(trices) durant tout le processus post-récolte. Nous avons besoin de financement pour toutes ces étapes post-récolte, y compris le stockage des mangues et la commercialisation. La seule manière de résoudre cela est que l’État aide financièrement les producteurs(trices) et leur donne les produits phytosanitaires pour lutter contre la mouche des fruits de la mangue. Il faut que l’État aide les producteurs(trices) à être autonomes.

SFX:
MUSIQUE DE TRANSITION

ANIMATEUR(TRICE) :
Après l’interview avec Keletigui Berthe, nous interviewons Halassane Kone, producteur de mangueàSikasso.

Quelles sont les activités que vous pratiquez aprèslarécolte, Monsieur Halassane Kone?

HALASSANE KONE :
Après la récolte, je fais du maraichage pour avoir quelque chose à manger et avoir un peu d’argent pour mes petitsbesoins.

ANIMATEUR(TRICE) :
Quelle sont les difficultés que vous rencontrezpendant les activités de la mangue?

HALASSANE KONE :
L’eau et les mouches des fruits sont les problèmes que nous rencontrons.

ANIMATEUR(TRICE):
Que faut-il faire pour lutter contre les mouches de fruits?

HALASSANE KONE:
On surveille les populations des mouches dans les vergers en mettant des pièges et puis, à travers le nombre de mouches capturées par jour, on se prépare à utiliser un produit pour contrôler les mouches.

Il existe un certain nombre de produits qui peuvent être utilisés pour lutter contre les mouches des fruits.

Au Mali, l’absence de certificateur, constitue une autre difficulté pour l’exportation de la mangue. Faire appel à un certificateur coûte cher, alors que sans cela on ne peut pas exporter de la mangue, donc, c’est une perte pour nous.

L’autre difficulté, c’est l’accès des produits de lutte contre les mouches parce que pour traiter un hectare, il faut 50000 FCFA ($90 US) et les banques ne sont pas prêtes à le financer. Les mouches créé un problème de commercialisation puisque si les mangues sont piquées par les mouches nous ne pouvons pas les exporter.

ANIMATEUR(TRICE):
Que faites-vous pour résoudre ces difficultés?

HALASSANE KONE:
Par rapport à l’eau, je suis en train d’épargner l’argent pour faire un puit dans mon jardin et concernant les mouches, je me suis procurée un produit qui peut les tuer. Quant aux difficultés d’exportation, je demande à l’État du Mali de nous aider. Aussi, pour aider aux agriculteurs(trices) à obtenir le crédit pour acheter les produits pour contrôler les mouches, les banques doivent recruter des gens qui comprennent le secteur agricole et qui peut les orienter.

Comme vous l’avez entendu, durant ses entretiens, chers auditeurs et auditrices, nousavons parlé du secteur de la mangue et des activités postrécoltes, y compris les difficultés auxquelles les producteurs(trices) sont confrontés pendant la transformation, le séchage, le stockage et la commercialisation. Nous avons aussi parler des solutions à ces problèmes tels que la formation des producteurs(trices), la facilitation à l’accès aux équipements comme les chambres froides, les usines de transformation et la contribution financière que l’État doit amener.

Sur ceux merci à tout le monde et au revoir.

Acknowledgements

Rédigé par : Aly Ibrahim, journaliste à Gao au Mali

Révise par : Oumar Assarki, Centre d’Innovations Vertes (CIV), Equipe AFC/ECO pour le compte de la GIZ, Conseiller Technique CVA Mangue

Entretiens et interviews :

Oumar Assarki, Centre d’Innovations Vertes (CIV), Equipe AFC/ECO pour le compte de la GIZ, Conseiller Technique CVA Mangue

Keletigui Berthe, producteur et président des producteurs de mangue de Sikasso

Halassane Kone, producteur à Sikasso

Cette nouvelle a été produite grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale ZusammenarbeitGmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.