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Personnages :
Animateur (présentateur au studio)
Reporter de terrain (George Kalungwe)
Agriculteurs (membres de la coopérative Nthiransembe)

  • Kuliyani Chadooka (president, homme)
  • Hapisoni Paulo (secrétaire, femme)
  • Marietta Lameck (member, femme)

ANIMATEUR :
Bonjour, je m’appelle (nom de l’animateur) et je vous souhaite la bienvenue au programme. Aujourd’hui, nous nous pencherons sur les manières dont les agriculteurs d’exploitations familiales peuvent ajouter de la valeur à leurs arachides pour accroître leur revenu. Nous écouterons également des membres d’une coopérative nous expliquer la façon dont les agriculteurs peuvent obtenir du financement pour l’achat d’équipement de transformation.

Les agriculteurs peuvent augmenter la valeur de leurs arachides en produisant, entre autres produits, de l’huile de cuisson. Dans la plupart des pays en développement, ce type de transformation fait partie d’une tendance populaire nommée « valeur ajoutée ».

Comme vous avez pu l’entendre dans les programmes antérieurs sur la production de l’arachide, les agriculteurs peuvent rehausser l’efficacité de leur entreprise en se regroupant. Un de ces regroupements est la coopérative.

En deux mots, une coopérative est un regroupement de personnes qui travaillent à obtenir un résultat similaire dans leur statut socioéconomique. Les membres sont les propriétaires de leur coopérative.

Un exemple de coopérative qui aide les agriculteurs à améliorer leur statut économique par l’ajout de valeur à leurs arachides est Nthiransembe, laquelle est située dans le district de Mchinji, dans la partie occidentale du Malawi, en bordure de la Zambie.

La coopérative a été créée dans le cadre du programme One Village One Product (un village un produit dont l’acronyme en anglais est OVOP) du gouvernement du Malawi.

Avant d’en dire plus, je vous laisse écouter une chanson sur la valeur de l’arachide interprétée sur un fond de musique avec l’ingoma, un instrument de musique populaire parmi les Ngoma au Malawi.

INSERTION CHANSON:
Travaillons fort à la culture d’arachides (x 6)

La culture d’arachides est très productive (x 6)

Elle nous rapporte de l’argent

Elle nous donne de l’huile x 2

Elle nous rend sains

Mon ami, qu’attendez-vous?

Venez, venez, venez vous joindre à nous et cultiver l’arachide x 2

Venez, venez, venez vous joindre à nous et cultiver l’arachide si vous voulez vous enrichir.

ANIMATEUR :
Bienvenue à nouveau. À la fin des 20 prochaines minutes, vous aurez compris la manière dont les agriculteurs peuvent constituer une coopérative pour transformer et commercialiser leurs arachides et trouver l’aide financière pour l’achat d’équipement de transformation.

Mon réalisateur, George Kalungwe, s’adressera à Kuliyani Chadooka, président de la coopérative Nthiransembe, ainsi qu’à des membres du groupe, Marietta Lameck et Hapisoni Paulo Banda. Avant d’écouter leurs explications sur la façon dont ils exploitent leur entreprise de transformation, laissons-les nous parler d’eux d’abord.

M. CHADOOKA :
Je m’appelle Kuliyani Chadooka. Je suis un cultivateur d’arachides et le président de la coopérative Nthiransembe qui produit de l’huile de cuisson à partir d’arachides. Je suis marié et j’ai cinq enfants. Tous mes enfants vont encore à l’école, sauf le premier-né qui est marié.

KALUNGWE :
Donnons maintenant la parole à M. Banda.

M. BANDA :
Je suis le secrétaire de la coopérative. Je viens du village de Mphanga. Je suis un cultivateur d’arachides, je suis marié et j’ai sept enfants – deux garçons et cinq filles. Le premier-né est en troisième année de l’école secondaire Magawa tandis que le dernier-né est très jeune et est encore allaité.

KALUNGWE :
Merci beaucoup. Mme Lameck?

MME LAMECK :
Je viens aussi du village de Mphanga. J’ai cinq enfants et ils sont tous mariés, sauf le dernier-né qui est en deuxième année à l’école secondaire communautaire Kasiya.

KALUNGWE :
Donc, vous cultivez tous des arachides. Est-ce chacun d’entre vous peut me dire la taille de votre champ et la quantité d’arachides que vous produisez?

M. CHADOOKA :
Mon champ mesure quatre acres, mais je l’ai divisé en deux parties pour cultiver des arachides d’un côté et du maïs de l’autre. Cette saison-ci, j’ai planté deux hectares d’arachides, tout comme l’année dernière. Si je prends bien soin de ces deux hectares et s’il pleut suffisamment, je pourrai récolter deux tonnes d’arachides. Selon ce que disent les conseillers agricoles, la sorte d’arachide qui donne le rendement le plus élevé et qui peut se transformer en huile est la variété que nous appelons CG7.

KALUNGWE :
J’aimerais maintenant vous entendre, M. Banda. Quelle est la taille de votre champ et combien d’arachides produisez-vous?

M. BANDA :
Mon champ mesure cinq acres et demie. Je le partage aussi en deux parties; trois acres sont destinées à la culture du maïs et les deux acres et demie restantes, à celle des arachides. Je cultive deux sortes d’arachides. Une acre sert à la culture d’arachides que nous appelons Nkhalatsonga Chalimbana. Elles sont blanches. Et j’utilise l’autre acre et demie pour cultiver des arachides CG7, ces dernières se produisant en plus grande quantité.

KALUNGWE :
Si les arachides CG7 vous permettent de générer un profit supérieur, alors pourquoi cultivez-vous aussi l’autre sorte?

M. BANDA :
Parce que nous pouvons en faire de la poudre d’arachide que nous utilisons comme épice sur les légumes et la bouillie. Je veux que mes enfants et mon épouse soient en santé en mangeant de la poudre

d’arachide.

À l’usine, les gens préfèrent les arachides CG7 et j’en vends environ une tonne.

KALUNGWE :
Et de votre côté, Madame?

MME LAMECK :
Je cultive deux acres d’arachides. Une acre et demie est destinée à la culture des CG7 et la demi-acre restante, à la culture de l’arachide blanche dont mon collègue vient de parler.

Je vends la CG7 à l’usine parce qu’elle me permet de faire plus de profit par le biais de la coopérative. Je fais de la poudre d’arachide à partir des arachides blanches pour que mes enfants mangent des aliments nutritifs.

ANIMATEUR :
Vous vous questionnez peut-être sur la façon dont la coopérative Nthiransembe a obtenu les fonds pour l’achat d’équipement de transformation. Il s’agit d’un défi majeur pour les agriculteurs qui souhaitent ajouter de la valeur à leurs cultures.

Un des moyens de relever un tel défi est d’obtenir un prêt. Certaines organisations non gouvernementales et certains organismes gouvernementaux offrent des prêts à faible taux d’intérêt aux entrepreneurs à petite échelle.

Au Malawi, cet organisme gouvernemental s’appelle One Village One Product (un village un produit, dont l’acronyme en anglais est OVOP). La coopérative Nthiransembe a reçu une mise de fonds initiale qui lui a permis d’acheter de l’équipement.

M. CHADOOKA :
Nous produisions beaucoup d’arachides dans l’Extension Planning Area (zone de planification étendue dont le sigle en anglais est EPA) de Chioshya, mais nous ne faisions pas assez de profit parce que les fournisseurs achetaient nos produits à bas prix. Alors, en 2005, nous avons décidé de trouver un moyen de produire de l’huile à partir de nos arachides. Ensuite, nous devions trouver un moyen d’obtenir de l’équipement.

Nous sommes allés au bureau du commissaire de district et on nous a dit d’essayer d’obtenir un prêt par l’entremise du programme OVOP.

En 2007, nous avons reçu un message selon lequel notre demande avait été acceptée et nous recevrions de l’équipement de production d’huile. En 2009, on nous a conseillé d’enregistrer notre groupe auprès du gouvernement à titre de coopérative et c’est ce que nous avons fait.

En 2009, nous avons obtenu le prêt ainsi que d’autres équipements, le tout d’une valeur totale de 3,2 millions de kwacha et nous avons commencé à rembourser le prêt en 2010.

KALUNGWE :
J’aimerais maintenant entendre Monsieur le secrétaire. Votre collègue a fait état de l’absence de marchés fiables en tant que facteur majeur vous ayant inspiré à procéder à la transformation des arachides.

M. BANDA :
C’est, en effet, ce qui s’est produit. Nous étions inquiets du fait que la plupart de nos arachides étaient achetées par des fournisseurs qui, eux, les apportaient aux usines et puis faisaient beaucoup de profit alors que nous étions en train de travailler pour trois fois rien.

KALUNGWE :
Quels sont les critères à respecter pour se joindre à votre coopérative?

M. BANDA :
Premièrement, nous nous assurons que la personne est citoyenne du Malawi et qu’elle vient de cette région traditionnelle de Simphasi. Deuxièmement, nous leur demandons de payer les frais d’adhésion et d’acheter des actions.

KALUNGWE :
Monsieur le président, pourriez-vous expliquer ce qui se passe lorsque les arachides sont cultivées et prêtes à se faire transformer en huile?

M. CHADOOKA :
Nous fournissons des conseils aux agriculteurs sur la façon de prendre soin de leurs arachides sur le terrain et après la récolte. Et nous achetons les arachides sur les lieux mêmes de leur récolte.

Nous menons une enquête pour connaître le prix le plus élevé sur le marché et nous achetons les arachides de nos membres à un prix légèrement plus élevé pour qu’ils fassent un bon profit. Par exemple, la saison dernière, le prix le plus élevé était de 250 kwacha le kilo et nous avons acheté les arachides de nos agriculteurs à 270 kwacha. Les agriculteurs étaient très heureux parce qu’ils ont fait un bon profit.

Après avoir transformé toutes les arachides que nous avions achetées, nous avons fait un profit de 600 000 kwacha qui a été partagé parmi les agriculteurs. La plupart des agriculteurs ont reçu entre 14 000 et 30 000 kwacha, selon les actions qu’ils avaient achetées. Donc, notre vie est en train de changer. Nous croyions que ce n’était possible que dans les pays développés, mais maintenant nous constatons que les agriculteurs d’ici qui produisent de l’huile de cuisson peuvent aussi partager des profits énormes.

KALUNGWE :
Y a-t-il une limite en ce qui concerne la quantité d’arachides que les membres peuvent vendre à la coopérative?

M. CHADOOKA :
Nous achetons toutes les arachides que les membres peuvent nous vendre. Si la quantité d’arachides vendue par les agriculteurs est insuffisante, alors nous en achetons d’agriculteurs qui ne sont pas membres de la coopérative.

KALUNGWE :
Combien d’arachides avez-vous vendues à la coopérative la saison dernière?

M. CHADOOKA :
Environ 1 250 kilos. J’ai gagné environ 270 000 kwacha.

KALUNGWE :
Et qu’en est-il de vous deux? Combien d’arachides avez-vous vendues et combine d’argent avez-vous fait?

M. BANDA :
J’ai vendu une énorme quantité d’arachides à la coopérative et j’ai gagné environ 180 000 kwacha. Ma récolte globale remplissait deux chars à bœufs. Je ne peux pas vraiment dire la quantité d’arachides récoltées en kilogrammes parce que nous faisons la récolte à l’aide de chars à bœufs.

MME LAMECK :
La saison dernière, j’ai vendu l’équivalent de 150 000 kwacha à la coopérative. Comme c’était un bon profit, j’ai arrêté de vendre mes arachides à des fournisseurs. Les vendeurs ne faisaient que nous voler. Depuis que j’ai commencé à vendre mes arachides à la coopérative, je fais assez d’argent.

KALUNGWE :
Quel est le processus de production?

M. CHADOOKA :
Lorsque nous achetons les arachides, nous les gardons dans un entrepôt à l’intérieur de ce bâtiment. Nous les séparons soigneusement afin de ne transformer que les meilleures arachides en huile. Nous enlevons celles qui sont pourries ou contaminées par l’aflatoxine.

Nous avons reçu une formation du ministère de l’Agriculture et dans le cadre d’un programme gouvernemental intitulé le Rural Livelihoods Economic Enhancement Program (programme d’amélioration des moyens de subsistance économique des collectivités rurales dont le sigle en anglais est RLEEP) sur la façon de détecter ce genre de problème.

KALUNGWE :
Que faites-vous des arachides avariées?

M. CHADOOKA :
On nous a appris que nous ne devions pas consommer les arachides avariées donc nous les jetons.

KALUNGWE :
Combien d’arachides la coopérative a-t-elle achetées la saison dernière?

M. CHADOOKA:
La saison dernière, nous avons acheté environ 10 tonnes d’arachides.

KALUNGWE :
Nous entendons souvent parler d’usines ayant des saisons de production et des saisons d’arrêt de production. Est-ce le cas de votre coopérative?

M. CHADOOKA :
En tant qu’agriculteurs d’exploitations familiales, nous sommes confrontés à un problème majeur de manque de capital. Notre seul capital consiste en nos actions qui sont très faibles. Ce petit montant ne nous permet pas d’acheter suffisamment d’arachides pour que nous puissions les transformer tout au long de l’année. Nous avons des problèmes, par exemple, au cours des mois de mars et d’avril. Nous ne fermons pas l’usine, mais la production est très faible pendant cette période-là.

KALUNGWE :
Avez-vous un certificat du Bureau de normalisation du Malawi?

M. CHADOOKA :
Nous venons d’entamer le processus visant l’obtention d’un certificat de transformation des aliments. Comme vous pouvez le voir, nous avons du contreplaqué ici que nous voulons utiliser pour séparer le bâtiment en sections de sorte que chaque processus de production ait sa propre salle, tel que le requiert le Bureau de normalisation.

Cependant, nous avons déjà demandé l’aide du gouvernement afin que nous puissions avoir un bâtiment construit à cet effet.

Nous travaillons fort à l’obtention du certificat. Vous avez également vu que nos fenêtres étaient munies de grillages. C’est le Bureau de normalisation qui l’exige. Nous avons déjà reçu une formation sur les normes et nous tenons à répondre à toutes les exigences d’ici à 2015.

Si nous recevons assez d’argent, nous reconstruirons cet édifice. Nous espérons que nos efforts de collecte de fonds porteront fruit. Si nous n’obtenons pas l’aide du gouvernement, nous nous servirons du peu de ressources dont nous disposons pour obtenir le certificat.

KALUNGWE :
Comme vous n’avez pas encore reçu d’approbation de la part du Bureau de normalisation, à l’heure actuelle, comment assurez-vous vos clients que le produit qu’ils achètent n’est pas nocif pour leur santé?

M. CHADOOKA :
Présentement, notre assurance de la qualité repose sur le processus de fabrication d’huile que nous suivons. Nous respectons toutes les exigences relatives à la transformation des aliments énoncées par le Bureau de normalisation.

Par exemple, nous prenons bien soin de notre récolte du champ à l’usine. Notre entrepôt est très propre et nous tamisons l’huile à l’aide d’une machine. Nous avons de bons emballages. Nous ne faisons pas qu’utiliser des bouteilles vides pour emballer notre huile; nous achetons de nouvelles bouteilles de fabricants recommandés et nos produits sont étiquetés. De plus, nous n’utilisons aucun produit chimique pour transformer les arachides en huile. Les produits chimiques peuvent causer des maladies comme le cancer ou l’hypertension, c’est pourquoi nous ne nous en servons pas.

En plus de tout ça, nous travaillons sous la direction de nos collègues du Japon par l’entremise de l’Agence japonaise de coopération internationale. Les bénévoles de cette organisation nous rendent visite régulièrement pour évaluer nos méthodes d’assurance de la qualité.

KALUNGWE :
Quelle est la taille de votre équipement de transformation?

M. CHADOOKA :
Notre équipement est grand par rapport à ce dont disposent la plupart des autres coopératives et même les entreprises au Malawi. Il peut fonctionner 24 heures par jour. Pour ce faire, nous aurions besoin d’environ quatre tonnes d’arachides, mais nous ne parvenons pas à en acheter autant en raison du peu de capital que nous avons. Si nous voulions fonctionner à pleine capacité, nous aurions besoin d’un énorme tonnage d’arachides, mais en revanche nous ferions beaucoup de profits grâce à la vente de toutes ces arachides.

KALUNGWE :
Combien de litres d’huile produisez-vous par jour?

M. CHADOOKA :
Notre équipement peut produire plus de 1 000 litres par jour, mais parce que nous n’avons pas assez d’arachides, nous rationnons la production à environ 200 ou 250 litres par jour pour garder l’usine en marche pendant plusieurs mois.

Toujours est-il que nous ne travaillons pas tous les jours parce que notre capital est faible. Voilà pourquoi nous demandons aux sympathisants – les organisations non gouvernementales ou les institutions financières de prêt – de nous prêter main forte à l’aide d’un prêt pour que nous puissions produire de l’huile tous les jours et à l’année.

KALUNGWE :
L’entretien d’équipement de transformation n’est pas une tâche facile. Avez-vous des compétences en la matière? Et d’où vous vient l’argent pour réparer l’équipement en cas de panne?

M. CHADOOKA :
Nous ne pouvons éviter les pannes mécaniques. La plupart du temps, les problèmes sont en lien avec les courroies, les coussinets, l’arbre du compresseur d’huile et l’appareil de chauffage utilisé pour griller les arachides. Nous réglons les problèmes mineurs comme ceux-là, mais nous rapportons les gros problèmes à OVOP et ils envoient des techniciens. Si nous résolvons le problème nous-mêmes, nous payons les frais, mais si nous obtenons l’aide d’OVOP, c’est le gouvernement qui paie.

KALUNGWE :
Les frais assumés par le gouvernement s’ajoutent-ils au prêt que vu avez reçu dans le cadre d’OVOP?

M. CHADOOKA :
Oui.

ANIMATEUR :
Vous écoutez (titre du programme) à (nom de la station de radio) et je m’appelle (nom de l’animateur). Nous venons d’entendre les membres de la coopérative Nthiransembe nous expliquer la façon dont ils gèrent leur usine de transformation d’arachides en huile. Comme ils n’ont pas encore reçu de certificat du Bureau de normalisation du Malawi, leur produit est uniquement vendu dans le district de Mchinji. Néanmoins, les agriculteurs font un bon profit et ils espèrent qu’il augmentera quand ils pourront vendre à l’échelle nationale ou de l’autre côté de la frontière de Chipata en Zambie.

M. BANDA :
Beaucoup de gens dans la région entourant le Chioshya Trading Centre et à Mchinji aiment notre huile de cuisson. Nous vendons également notre huile à Lilongwe par l’intermédiaire d’OVOP.

KALUNGWE :
Comment vendez-vous votre huile? Vous avez mentionné précédemment que vous l’emballiez dans des bouteilles étiquetées.

M. BANDA :
Oui, nous emballons notre huile dans des bouteilles comprenant l’étiquette Huile de cuisson Nthiransembe. Nous l’emballons dans des bouteilles d’un quart de litre, d’un demi-litre, d’un, deux, cinq, dix ou vingt litres.

KALUNGWE :
La coopérative fait-elle des profits?

M. BANDA :
À notre avis, oui, nous faisons du profit. Nos vies ont changé. Au cours de la dernière saison, notre revenu s’est élevé à environ 1,6 million de kwacha grâce à la vente de toute notre huile. Avant de commencer à transformer les arachides en huile, nous n’arrivions pas à faire d’aussi grandes sommes d’argent.

KALUNGWE :
C’est votre revenu total, mais en déduisant les coûts liés à l’achat des arachides, à l’entretien de l’équipement, au salaire des employés et aux autres dépenses, combien de profit vous reste-t-il?

M. CHADOOKA :
Nous tenons des registres des dépenses relatives aux matières premières, aux salaires des travailleurs, aux factures d’électricité, au loyer et à bien d’autres choses. Par exemple, la saison dernière, nous avons fait un profit net de 673 850 kwacha après la déduction de toutes les dépenses. Le profit net est réparti entre les membres sous forme de dividende des actions.

KALUNGWE :
Vous semblez faire un bon profit. Je voudrais que chacun d’entre vous me donne un exemple ou deux de ce que vous avez fait avec votre argent.

MME LAMECK :
La transformation des arachides m’a beaucoup aidé. Les profits que me rapporte la coopérative m’ont permis d’acheter tous mes biens. J’ai acheté des ustensiles de cuisine, des chèvres, un vélo et bien d’autres choses. J’ai huit chèvres et je me sers aussi de l’argent pour envoyer mes enfants à l’école.

KALUNGWE :
Et vous, M. Banda?

M. BANDA :
Grâce à la transformation des arachides, ma vie complètement changé par rapport à l’époque où je cultivais beaucoup de tabac. Il manquait beaucoup de choses dans ma maison. Je n’avais pas assez de nourriture, je n’avais pas d’argent pour envoyer mes enfants à l’école …. Mais depuis que j’ai commencé à cultiver les arachides et que je me suis joint à la coopérative, j’ai suffisamment d’argent pour combler tous les besoins du ménage. J’ai maintenant des employés qui m’aident à la ferme. J’achète de la nourriture et des vêtements appropriés à mes enfants et j’ai trois chèvres. J’ai aussi construit une maison dont il reste maintenant à faire le toit. Ce sont les profits générés par la coopérative qui me permettent de faire tout ça.

KALUNGWE :
Et vous, M. Chadooka, en tant que président du groupe, quels profits avez-vous réalisés grâce à la transformation des arachides?

M. CHADOOKA :
Premièrement, je peux dire que, contrairement à avant, nous n’avons pas de problème à obtenir des semences d’arachides parce le RLEEP nous aide en ce sens. Et deuxièmement, depuis que j’exploite une entreprise agricole, ma propriété a beaucoup changé. J’ai cinq chèvres, j’ai acheté de beaux meubles et j’ai construit une maison faite d’un toit de tôles. Je n’éprouve aucune difficulté à acheter des vêtements et de la nourriture à mes enfants qui vont à l’école. Donc ma vie a considérablement changé.

ANIMATEUR :
Si je me fie à ce que j’ai entendu pendant ce programme, il est évident qu’ajouter de la valeur à un produit rapporte plus aux agriculteurs que de vendre sa récolte telle quelle.

Au Malawi, il y a un vieux dicton, Wandisokosera n’kulinga utamva, qui se traduit comme suit: « Même si vous m’accusez de faire du bruit, vous avez entendu ce que j’ai dit ». J’espère que les trois agriculteurs auxquels j’ai parlé n’ont pas que fait du bruit; ils ont communiqué des informations importantes sur la façon dont les agriculteurs peuvent oser s’aventurer dans la transformation rentable de leur récolte. Avant de mettre fin au programme, écoutons les conseils qu’ils ont à donner à ceux d’entre vous qui seraient prêts à prendre exemple sur leur succès et leurs plans futurs pour leur entreprise.

M. CHADOOKA :
Le conseil que j’aimerais donner aux agriculteurs de Mchinji et même du monde entier est que nous devons commencer à apprécier le fait que la culture de l’arachide est productive. L’arachide est aussi une noix très nutritive alors quand nous la transformons en huile, nous sommes assurés de recevoir plus de revenus et de mieux nourrir notre personne et nos enfants. La culture de l’arachide nous permet de rester loin des problèmes nutritionnels et des difficultés économiques puisqu’elle génère des revenus et nous nourrit.

KALUNGWE :
Merci beaucoup. Quels sont vos plans d’avenir personnels et collectifs?

MME LAMECK :
Cette année, j’ai dans ma ligne de mire l’amélioration de mon élevage. J’ai cultivé deux acres d’arachides. J’espère faire plus que 150 000 kwacha, soit la somme d’argent que j’ai gagnée la saison dernière.

M. BANDA :
Mon plan cette année est d’utiliser l’argent de la coopérative pour finir de construire ma maison. Je veux faire un toit en tôle. Cette saison, j’ai cultivé deux acres et demie et j’espère, si nous réussissons à avoir de bons prix comme l’année dernière, gagner plus de 300 000 kwacha.

M. CHADOOKA :
Cette année, j’ai cultivé trois acres. Donc, si les pluies sont abondantes, je vais récolter plus d’arachides que les deux dernières années. Si je fais un bon profit cette saison, j’aimerais acheter du bétail.

En ce qui concerne notre coopérative, nous aimerions être autonomes d’ici à 2015 ou 2016 pour en quelque sorte ne plus dépendre de l’aide du RLEEP, d’OVOP et d’autres sources. Nous voulons avoir notre propre bâtiment et produire de l’huile de cuisson certifiée par le Bureau de normalisation du Malawi que nous pourrons vendre n’importe où au pays et au-delà des frontières.

Nous espérons que le gouvernement, par le biais du RLEEP ou d’OVOP, nous aidera à obtenir ce qui nous manque, soit un entrepôt et une usine qui répondent aux exigences du Bureau de normalisation du Malawi.

ANIMATEUR :
Je m’appelle (nom de l’animateur) et vous venez d’écouter (nom du programme) sur les ondes de (nom de la station de radio). Avant de vous quitter, voici un poème rédigé par un agriculteur de la Umodzi Business School Farm (école d’exploitations agricoles Umozdi), un des clubs cultivant des arachides au Malawi.

INSERTION POÈME :
Je m’appelle Mussa Skenala et je viens du village Khuzi. Voici mon poème intitulé « Je suis une arachide ».

Je suis une arachide; je crois facilement, contrairement à beaucoup d’autres cultures.

J’ai entendu dire que d’autres cultures manquaient de nourriture. De quel type de nourriture est-ce?

Ils parlent d’engrais ternaire et de la carbamide.

Ah, mon ami!

Je suis une arachide; je crois facilement, contrairement à beaucoup d’autres cultures.

Assurez-vous que les mauvaises herbes ne s’approchent pas de moi.

Voulez-vous des tôles pour votre maison?

Vous n’avez qu’à cultiver une demi-acre d’arachides.

Vous allez sourire sur votre chemin vers la boutique.

Je suis une arachide; mes propriétés ne vous impressionnent-elles pas?

N’ai-je pas effacé votre honte?

Ne vous ai-je pas rendu fier?

Je suis une arachide.

N’avez-vous pas acheté du bétail grâce à moi?

Ne vous ai-je pas rendu riche?

Quand vous plantez mes graines sur deux rangées sur le billon, vous savez que je n’ai pas d’ami. (NDR : En d’autres termes, aucune autre culture ne se compare à moi.)

Plus précisément, lorsque vous plantez mes graines à 10 centimètres les unes des autres, les voisins se rétractent. (NDR : En d’autres termes, l’arachide éclipse les autres cultures.)

Je suis une arachide.

ANIMATEUR :
C’était un poème d’un jeune agriculteur, Mussa Skenala, du village Khuzi à Mchinji portant sur la productivité de l’arachide en plus d’être un aliment facile à cultiver.

Nous voici dons à la fin de cette édition de (nom du programme) sur les ondes de (nom de la station). Au cours de l’émission, nous avons examiné le traitement la commercialisation de l’arachide. Nous avons reçu trois agriculteurs membres de la coopérative Nthiransembe à Mchinji au centre du Malawi qui produit de l’huile de cuisson à partir d’arachides.

Joignez-vous à nous pour une autre édition de (titre du programme) à (heure de diffusion). Vous étiez en compagnie de (nom de l’animateur).

Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet du programme de transformation d’arachides OVOP au Malawi, veuillez communiquer avec :

Madame Kamia Kaluma-Sulumba Coordonnatrice nationale
One Village One Product
C.P. 31762, LILONGWE 3
MALAWI
Téléphone : + 265 1 772 506 / + 265 1 770 698 / + 265 1 770 698 606
Courriel : ovop@globemw.net
Télécopieur : 01 770 698