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Dans la plupart des collectivités rurales du nord de l’Ouganda, les agriculteurs ont des chèvres comme une sorte de sécurité ou de police d’assurance. En cas d’échec avec des cultures, de maladie grave dans la famille ou pour payer les frais de scolarité des enfants, une chèvre est pratique car elle peut être échangée contre des espèces en vue de satisfaire ces besoins immédiats. Dans le nord de l’Ouganda, les chèvres font également partie de la dot culturelle de la fiancée, remise à sa famille par celle du fiancé.

D’autres considèrent les chèvres comme des actifs ou une richesse. Certains choisissent d’élever un grand nombre de chèvres ou de les échanger contre des vaches. C’est une façon de grimper dans l’échelle de la richesse – de la possession de chèvres à l’élevage de bovins.

Les races indigènes de chèvres sont des bêtes robustes et résilientes qui peuvent survivre dans des environnements difficiles et sont capables de mieux s’adapter à des pénuries de fourrages au cours de la saison sèche que les races améliorées (par exemple les chèvres Boer) ou même que les bovins. Cela est particulièrement dû au fait que les chèvres broutent et mangent les arbustes et les buissons qui survivent toujours, contrairement à l’herbe. Des pratiques d’élevage améliorées sont nécessaires en matière de santé, d’alimentation et de reproduction pour que les races locales atteignent leur plein potentiel.

Le gouvernement ougandais encourage actuellement les petits exploitants agricoles à se tourner vers des activités plus commerciales comme moyen de combattre la pauvreté. Les Services nationaux de conseils agricoles, ou NAADS, sont un organisme qui aide les petits exploitants agricoles à devenir des producteurs commerciaux. Les NAADS ont encouragé certains agriculteurs à entreprendre l’élevage des chèvres comme une bonne source de revenu.

Le présent texte concerne deux agricultrices et un agriculteur qui ont essayé d’améliorer leur vie et celle de leurs familles en élevant des chèvres et en vendant des bêtes vivantes et du lait de chèvre. Vous pourriez vous en inspirer pour faire des recherches et rédiger un texte sur l’élevage des chèvres comme entreprise rémunératrice, sur l’élevage d’autres bovins ou sur d’autres pratiques agricoles qui pourraient aider les petits exploitants agricoles de votre région. Vous pourriez également choisir de théâtraliser ce texte à votre station, en utilisant des voix d’acteurs pour représenter les gens qui parlent. Si tel est le cas, veuillez vous assurer de préciser à votre auditoire, au début de l’émission, que les voix sont celles d’acteurs et non pas des personnes initialement impliquées dans les entrevues.

Les chèvres sont-elles élevées pour le lait ou pour la viande dans votre collectivité? Pourquoi ou pourquoi pas?

Quelle sorte de revenu les agriculteurs peuvent-ils obtenir en vendant des chèvres ou des produits caprins?

Quelles sont les choses les plus importantes qu’un agriculteur doit savoir pour réussir à élever des chèvres? Entre autres choses, vous pourriez envisager la prévention des maladies, les méthodes d’abreuvement et d’alimentation et les pratiques de commercialisation. Les techniques d’alimentation changent-elles à différentes périodes de l’année? Y a-t-il des périodes spéciales, par ex. Eid al-Adha, durant lesquelles les chèvres sont très demandées?

Il est important de noter que les jeunes chèvres (les chevreaux) meurent souvent, en particulier à cause de soins inappropriés. Souvent, les chèvres n’ont même pas d’abris et meurent de maladies, comme la pneumonie, qui sont courantes durant la saison des pluies.

Vous pourriez effectuer une entrevue en ondes avec un agriculteur qui élève des chèvres et inviter les auditeurs à téléphoner ou à envoyer des messages-textes pour poser des questions et faire des commentaires.

Le présent texte pourrait être diffusé à n’importe quel moment de l’année. Avec l’introduction, la conclusion et les effets sonores, il devrait durer environ 15 minutes.

Script

GRACE AMITO :
Bonjour, chers auditeurs et auditrices. Au micro votre animatrice Grace Amito pour votre émission populaire «Le monde agricole». Au cours de l’émission d’aujourd’hui, nous rencontrerons une agricultrice, madame Opira, qui a quitté un emploi de col blanc comme enseignante pour se lancer dans un élevage commercial de chèvres. Nous rencontrerons aussi la mère d’une enfant maladive qui a fait quelque chose d’inhabituel dans son village, vendre du lait de chèvre, et un mécanicien qui a quitté sa profession pour devenir agriculteur. Il doit y avoir des secrets derrière ces changements et nous allons les découvrir!

Les collectivités rurales du nord de l‘Ouganda offrent des possibilités limitées de gagner un revenu. Les cultures commerciales traditionnelles, comme le coton, exigent beaucoup de main d’œuvre avec des rendements financiers minimes. Lorsque l’insurrection de Kony est survenue dans le nord de l’Ouganda, des gens ont profité des villageois gardés dans des camps pour clôturer d’énormes parcelles de terres temporairement abandonnées. Souvent, les propriétaires d’origine ne pouvaient pas accéder à leurs terres ou les utiliser en raison de l’insécurité. Même après l’insurrection, certains chefs de ménage ont vendu une partie de leurs terres, en laissant très peu en partage à leurs fils, neveux et cousins, ce qui a provoqué des conflits. D’autres personnes ont lancé des entreprises commerciales, par exemple cultiver la canne à sucre pour des compagnies sucrières, et ces entreprises ont privé de terres les propriétaires d’origine. La situation est pire pour les femmes, qui ne sont traditionnellement pas autorisées à posséder des terres.

Bon nombre d’Ougandais du nord n’ont aucun moyen de gagner un revenu en dehors de fabriquer de l’alcool illicite à la maison pour le vendre. Mais certains essaient d’autres options.

Dans le district de Lamwo, j’ai rencontré Pamela Opira et Pauline Akello. Ces femmes ont commencé à élever des chèvres sur une base commerciale, avec l’aide des Services nationaux de conseils agricoles ou NAADS. Les NAADS sont un programme gouvernemental ayant pour but d’offrir des services de vulgarisation agricole aux agriculteurs ruraux. L’objectif des NAADS vise à aider les agriculteurs à démarrer des entreprises agricoles.

Je me suis d’abord assise avec Pamela Opira, du village de Loi bol kol. Mme Opira est mère de quatre enfants et c’est la première membre de sa collectivité àélever des chèvres laitières. Elle est avec sa fille, qui souffre d’anémie drépanocytaire. Elle est émaciée et présente clairement des signes de mauvaise santé.

SFX :
MONTÉE D’EFFETS SONORES DE LA FERME – CHÈVRES, OISEAUX, ETC. – PUIS FONDU ENCHAÎNÉ PENDANT L’ENTREVUE

GRACE AMITO :
Qu’est-ce qui vous a incitée à élever des chèvres, Mme Opira?

PAMELA OPIRA :
J’ai assisté à une réunion des NAADS il y a cinq ans, où j’ai appris les bienfaits du lait de chèvre. Cela m’a énormément encouragé parce que j’ai une fille de cinq ans qui souffre d’anémie drépanocytaire. Les responsables des NAADS ont dit qu’elle pourrait bénéficier du lait de chèvre.

GRACE AMITO :
Je suis désolée pour votre fille. Comment avez-vous débuté l’élevage des chèvres?

PAMELA OPIRA :
Eh bien, ce ne fut pas facile, si l’on considère qu’aucun ménage du village n’avait jamais fait cela et qu’on n’avait jamais entendu parler de boire du lait de chèvre. Je n’avais donc pratiquement aucune expérience sur laquelle m’appuyer. Mais j’ai acheté deux chèvres et avec l’aide de mon frère qui est agent vétérinaire le projet a démarré.

GRACE AMITO :
Quand avez-vous commencé à voir des résultats?

PAMELA OPIRA :
Ce fut plutôt lent. J’ai attendu environ un an et demi avant de commencer à boire le lait de mes deux chèvres. Même si j’étais déterminée à lancer mon entreprise, j’ai mis du temps à trouver un bouc pour l’accouplement. N’oubliez pas que nous rentrions à peine des camps pour les populations déplacées à l’intérieur de leur propre pays et que personne dans le village n’avait de biens dignes de mention. Mais j’ai ajouté deux autres chèvres et j’ai commencé à vendre un peu de lait localement la troisième année.

GRACE AMITO :
Vous avez dit qu’on n’avait jamais entendu parler de boire du lait de chèvre dans le village. Alors, où est votre marché?

PAMELA OPIRA :
Je suis membre de la section locale de l’Union des mères (Note de la rédaction : une œuvre de bienfaisance chrétienne). Parfois, nous tenons des réunions chez moi. Lorsque nous avons eu des réunions ici, j’ai servi aux membres du thé préparé avec du lait de chèvre. Elles ont immédiatement adoré cela. Et c’est ainsi que le mot s’est répandu. Je gagne maintenant environ 15$US par semaine en vendant du lait. J’obtiens environ trois litres de lait par jour. Je garde un litre et demi pour ma fille malade et pour les autres membres de ma famille, et je vends le reste.

GRACE AMITO :
C’est encourageant. Quel appui avez-vous obtenu de votre mari? Je ne vous ai pas entendu parler de lui.

PAMELA OPIRA :
Avec le conflit qui dure depuis 20 ans dans le nord, les hommes ont abandonné leur responsabilité pour diriger les ménages. Tout repose désormais sur les épaules des femmes. Grâce au petit revenu que je gagne, je dois prendre en charge presque tous les besoins du ménage, notamment payer les frais de scolarité de nos quatre enfants et satisfaire leurs besoins sanitaires. C’est difficile (D’UNE VOIX RÉSIGNÉE), surtout lorsque vous avez une maladie chronique comme ma fille. Mais la santé de ma fille s’améliore, grâce à un meilleur régime alimentaire incluant le lait de chèvre qu’elle boit depuis plus d’un an maintenant.

GRACE AMITO :
Avec seulement quatre chèvres, pensez-vous que votre projet a de l’avenir?

PAMELA OPIRA :
C’est mon seul espoir. Mon mari boit, ce qu’il a commencé à faire quand nous restions dans les camps durant la guerre. Je suis le seul gagne-pain, alors je dois travailler dur pour mettre du pain sur la table.

GRACE AMITO :
C’est effectivement une lourde responsabilité. Mais où espérez-vous trouver d’autres chèvres?

PAMELA OPIRA :
Elles vont assurément se multiplier en se reproduisant. Les quatre chèvres ont déjà quatre chevreaux. J’ai aussi l’intention de vendre une partie de ma récolte cette saison afin de pouvoir acheter davantage de chèvres.

SFX :
FONDU ENCHAÎNÉ SUR LES BRUITS DE LA FERME

GRACE AMITO :
Le cas de Mme Opira n’est pas isolé. Beaucoup d’hommes du nord de l’Ouganda ont laissé à leurs femmes la responsabilité de diriger le ménage. Leurs femmes et leurs enfants sont ceux qui travaillent pour nourrir la famille. Le modeste revenu gagné est mis de côté pour les besoins de la famille, notamment pour payer les frais de scolarité des enfants, répondre aux besoins sanitaires, acheter des vêtements, etc.

Les principales occupations de leurs maris consistent à boire de l’alcool, à jouer aux cartes et à flâner dans les centres commerciaux. Ils retournent à la maison pour exiger de la nourriture alors qu’ils n’ont pas participé à sa production. Dans la plupart des cas, ces situations entraînent de la violence conjugale.

GRACE AMITO :
Après avoir parlé avec Mme Opira, j’ai discuté avec l’agent vétérinaire du district à Gulu, le DrTony Aliro.

Docteur, quels sont les avantages d’élever des chèvres pour l’agriculteur ordinaire?

DR ALIRO :
Dans des pays en développement comme l’Ouganda, où l’agriculture est tributaire des pluies, les animaux, dont les chèvres, sont une police d’assurance contre les mauvaises récoltes. On peut alors les vendre pour acheter des céréales et d’autres aliments. Le bétail peut survivre plus longtemps que les cultures aux catastrophes, telles les sécheresses. Par conséquent, les animaux agissent comme une police d’assurance contre les périodes difficiles, parce qu’on peut les vendre ou les manger quand la récolte est mauvaise ou nulle.

GRACE AMITO :
Quels sont les avantages économiques de l’élevage des chèvres?

DR ALIRO :
Comme je l’ai mentionné, les chèvres sont une sorte de police d’assurance. En outre, la plupart des agriculteurs ruraux ne recourent pas régulièrement aux institutions bancaires. Le bétail, comme les chèvres, fait office de banques vivantes que les agriculteurs peuvent vendre contre des espèces.

Les chèvres conviennent mieux que les gros animaux pour les agriculteurs ruraux pauvres car elles se reproduisent plus vite et donnent donc aux éleveurs un rendement plus rapide sur leur investissement. Pour quelqu’un qui se débat pour sortir de la pauvreté et qui n’a pas beaucoup d’options, c’est une qualité importante.

GRACE AMITO :
Y a-t-il d’autres avantages, docteur?

DR ALIRO :
Les familles musulmanes préfèrent la viande de chèvre. Le pilaw de chèvre est un mets délicat durant les fêtes religieuses comme Eid al-Fitr et à Eid al-Adha, ainsi que pour les mariages et les autres fêtes familiales.

GRACE AMITO :
Maintenant, nous allons nous entretenir avec Pauline Okello. Mme Okello a quitté son emploi d’enseignante pour commencer à élever des chèvres. En Ouganda, la profession d’enseignante a perdu son statut et tout respect, et un instituteur du primaire gagne un maigre salaire, environ 100$US par mois. Parfois, les enseignants restent plusieurs mois sans être payés. Certains n’ont même pas été payés deux ans après avoir été recrutés. C’est la raison pour laquelle des enseignants comme Pauline Akello décident de partir et d’essayer autre chose. J’ai rencontré MmeAkello dans son village natal à Lamwo. Elle vit sur les terres familiales, environ 10 kilomètres carrés de verdure luxuriante.

SFX :
MONTÉE DE BRUITS DE LA FERME, PUIS FONDU ENCHAÎNÉ ET MAINTIEN PENDANT L’ENTREVUE

GRACE AMITO :
On me dit que vous êtes enseignante de profession. Qu’est-ce qui vous a poussée à abandonner ce métier pour faire le travail ingrat d’agricultrice?

PAULINE AKELLO :
J’ai quitté l’enseignement il y a environ cinq ans pour me lancer dans l’agriculture et certaines personnes ont jugé ma décision stupide. À l’époque, j’étais institutrice principale d’une école primaire dans le district d’Amuru.

GRACE AMITO :
Je dois dire que je partage un peu leurs sentiments, en sachant combien cela est frustrant lorsqu’il ne pleut pas.

P. AKELLO :
Pour moi, il n’y a pas de retour en arrière. Ce que j’ai appris des fonctionnaires des NAADS au sujet des avantages de l’élevage des chèvres m’a inspirée et je savais qu’il n’y avait pas de limites.

J’ai chargé sur un camion mes possessions terrestres, y compris deux chèvres Boer sud-africaines que j’avais reçues des NAADS, et je suis partie pour mener une nouvelle vie dans le village.

GRACE AMITO :
Pourquoi avez-vous choisi de vivre dans le village au lieu de vous installer dans une ville dans laquelle vous pouviez vous permettre de louer des terres?

P. AKELLO :
Parce que les terres ne coûtent pas cher. En outre, j’ai grandi sur cette terre; je la connais comme les doigts de ma main. Il aurait été impossible de gérer cette entreprise sans une terre aussi grande.

GRACE AMITO :
Mais n’était-il pas possible d’élever des chèvres tout en enseignant?

P. AKELLO :
Non. Mon idée consistait à améliorer et à élargir mon troupeau de chèvres. Le projet d’élevage de chèvres avait besoin de plus de terres et ces terres ne coûtent pas cher puisqu’elles appartiennent à ma famille et à moi. En ville, j’aurais eu besoin d’acheter des terres et vous savez combien cela coûte cher à l’heure actuelle. Il aurait été absolument impossible pour mon mari et pour moi de gérer cette entreprise en milieu urbain; nous avions besoin d’un gros lopin de terre.

GRACE AMITO :
Je peux voir que vous avez beaucoup de terres, mais je voudrais voir comment vous les avez utilisées pour élever des chèvres.

SFX :
MONTÉE DE BRUITS DE LA FERME – CHÈVRES, OISEAUX, ETC. FONDU ENCHAÎNÉ ET MAINTIEN SOUS LES VOIX

Pauline Akello me conduit derrière la maison vers sa cour arrière où un jeune homme garde un gros troupeau de chèvres dans les buissons proches. Avec une expression de fierté sur son visage, Pauline aborde ma question pendant que nous marchons vers les chèvres.

P. AKELLO :
Après cinq ans en affaires, je possède maintenant un troupeau de 50 chèvres locales et huit chèvres Boer exotiques d’Afrique du Sud. Durant les périodes festives, comme à Noël dernier, j’ai vendu quatre boucs locaux à 90000 shillings ougandais (35$US) pièce. Je loue également les services d’un bouc Boer d’Afrique du Sud à raison de 5000shillings (2 $US) par semaine pour qu’il s’accouple avec les races locales.

La demande ne cesse de croître. Le revenu m’aide à payer les frais de scolarité de mes quatre enfants – deux au secondaire et deux au primaire. Je suis aussi en mesure de mieux satisfaire d’autres besoins familiaux quotidiens que lorsque j’étais enseignante.

GRACE AMITO :
Avez-vous des défis à relever?

P. AKELLO :
Au début, les chèvres tombaient souvent malades. Cela m’a coûté cher. Mais j’ai obtenu par la suite l’appui du personnel vétérinaire qui m’a appris les étapes de l’élevage du bétail. Maintenant, la situation s’est améliorée.

GRACE AMITO :
Quelles leçons peuvent tirer les gens de votre expérience s’ils sont intéressés à élever des chèvres?

P. AKELLO :
Il y a des choses qu’il est important de savoir: comment gérer les chèvres, quels vaccins leur donner et comment le faire, comment savoir quand une chèvre est malade et comment nourrir les chèvres. Mais, par-dessus tout, croyez en vous et démarrez modestement. Et informez-vous auprès de professionnels en respectant leurs conseils.

GRACE AMITO :
Avez-vous des regrets?

P. AKELLO :
Je n’ai aucun regret d’avoir quitté le métier d’enseignante parce que je gagne actuellement beaucoup plus que lorsque j’avais un salaire d’institutrice d’école primaire. À 48 ans, il vaut mieux quitter l’enseignement maintenant pendant que je suis encore assez forte pour me lancer dans des activités rémunératrices.

Ce projet m’a donné plus de confiance en moi parce que je suis capable de subvenir à tous mes besoins sans devoir attendre des gestes de mon mari ou un salaire qui ne vient pas, ou m’endetter pour joindre les deux bouts. Je demande à mes collègues féminines de suivre mes traces. Ne restez pas des ménagères mais utiliser vos capacités innées pour gagner de l’argent et améliorer vos moyens de subsistance, ainsi que ceux de vos familles. Cela renforcera assurément votre estime de soi ainsi que votre mariage.

SFX :
DISPARITION DES BRUITS DE LA FERME

GRACE AMITO :
Dans le district de Gulu, j’ai parlé à un homme du nom de Bosco Otto, qui a une histoire inspirante à raconter au sujet de l’élevage des chèvres. C’est le fils d’un agriculteur analphabète du village d’Abwoch, dans le district de Gulu. Malgré son manque d’instruction, le père d’Otto s’est assuré qu’Otto et ses 15 frères et sœurs bénéficient d’une éducation.

Otto a fréquenté l’école jusqu’aux niveaux «O ». Ensuite, il est allé dans une école technique où il a appris à fabriquer des pièces détachées pour des véhicules à moteur, des charrues à bœufs et des bicyclettes.

Il avait un emploi mais il n’était pas satisfait, surtout parce qu’il ne gagnait qu’environ120$US par mois. Alors, il a quitté son emploi en 1995 et il s’est lancé dans l’agriculture.

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MONTÉE DE BRUITS DE LA FERME PENDANT QUELQUES SECONDES, PUIS FONDU ENCHAÎNÉ ET MAINTIEN PENDANT L’ENTREVUE

GRACE AMITO :
Est-ce seulement la paie qui vous a obligé à prendre une retraite anticipée?

BOSCO OTTO :
Oui, en fait. J’ai réalisé que je perdais une grande partie de ma vie productive à être sous-employé. J’ai donc choisi de me joindre à des gens qui gagnaient jusqu’à 150$US par mois grâce à l’agriculture.

GRACE AMITO :
Qu’avez-vous fait?

BOSCO OTTO :
J’avais fait auparavant une étude de marché sur le manioc et je m’étais rendu compte que je pourrais en tirer beaucoup d’argent.

GRACE AMITO :
Et ensuite?

BOSCO OTTO :
J’ai obtenu 100 sacs de manioc de ma première récolte et je les ai vendus à 10000 shillings ougandais le kilo (4$US). J’ai aussi vendu des boutures de manioc à 7000 shillings ougandais le kilo (2,80$US). Cela m’a énormément encouragé à cultiver davantage de manioc.

GRACE AMITO :
Mais Otto n’était pas satisfait de cultiver seulement du manioc. Il s’est diversifié en faisant pousser des bananes, du café et des ananas. Il a aussi planté des contains de pins. Les gains tirés de ces projets l’ont aidé à construire une maison permanente pour lui, ainsi que des huttes à toit de chaume qu’il a louées pour environ 8$US par mois.

Otto, Je m’intéresse à votre projet d’élevage de chèvres. Quand avez-vous commencé à élever des chèvres?

BOSCO OTTO :
En 1999, j’ai acheté sept chèvres, dont deux boucs, grâce aux produits de mes autres projets. Le troupeau est monté par la suite à 15 têtes et j’en ai vendues 10 à 50000 shillings ougandais (20$US) chaque.

GRACE AMITO :
Pourquoi avez-vous vendu une partie d’un troupeau de chèvres qui était prometteur?

BOSCO OTTO :
Mon projet visait à élever des chèvres pour les vendre, surtout durant des saisons comme Noël, Eid Al-Adha, les remises de diplômes et d’autres festivités. Une fois que mon troupeau arrive à 15 têtes, j’en vends 10. Mais le personnel vétérinaire m’a informé que je pourrais aussi bénéficier de la vente du lait de chèvre pour tirer un revenu et utiliser le lait pour nourrir ma famille. Actuellement, j’ai deux contenants de 20litres de lait prêts pour le marché.

GRACE AMITO :
Ouah, c’est impressionnant! Combien vaut un litre?

BOSCO OTTO :
Je vends un litre à 800 shillings ougandais (31 cents US).

GRACE AMITO :
Vous pourriez peut-être dire à nos auditeurs à quel point vous avez bénéficié du projet.

BOSCO OTTO :
Beaucoup. J’ai construit ma maison grâce au revenu tiré de mes projets antérieurs, mais elle n’était pas terminée. C’est le projet des chèvres qui m’a aidé à la finir dans le bel état où elle se trouve maintenant. J’ai pu ajouter des vitres aux cadres des fenêtres et finir le plafond, le plâtre et même la peinture. J’ai également pu envoyer mes quatre enfants à l’école et satisfaire sans difficultés les besoins de ma famille.

GRACE AMITO :
Quels gros défis avez-vous rencontrés avec le projet d’élevage des chèvres?

BOSCO OTTO :
Le prix des médicaments pour les traiter est élevé. Je dépense jusqu’à 100000 shillings ougandais (38$US) de traitement en une saison. Même si la saison humide est bonne car l’herbe et l’eau sont abondantes, c’est aussi la période durant laquelle les chèvres sont sujettes aux maladies. La saison sèche a ses propres problèmes, surtout la pénurie d’herbe et d’eau, ce qui provoque une faible production de lait et une diminution de mon revenu.

GRACE AMITO :
Comment relevez-vous ces défis?

BOSCO OTTO :
Je demande habituellement conseil au personnel vétérinaire et ils ne m’ont pas déçu.

GRACE AMITO :
En conclusion, que pouvez-vous dire à nos auditeurs?

BOSCO OTTO :
Je les encourage, surtout les jeunes, à ne pas mépriser l’agriculture parce qu’elle peut changer leur vie pour le mieux. J’ai essayé d’avoir un emploi, mais je me suis rendu compte que je me faisais tout simplement exploiter. Regardez où j’en suis maintenant! Je ne m’attendais jamais à me construire une maison ou à instruire mes enfants, mais je mène dorénavant une vie sécurisante avec une famille heureuse. Avec un revenu annuel d’environ 20 millions de shillings ougandais (7700 $US), je ne me plains pas.

GRACE AMITO :
Merci pour votre temps et pour avoir partagé votre histoire avec notre auditoire. Chers auditeurs et auditrices, j’espère que les histoires de ces trois agriculteurs et agricultrices vous ont incités à démarrer un projet de votre choix pour vous aider à lutter contre la pauvreté. Au micro votre animatrice Grace Amito qui vous souhaite une bonne journée en attendant de vous retrouver la semaine prochaine.

Acknowledgements

Rédaction : Grace Amito, réalisatrice d’émissions radiophoniques agricoles, Acholi Broadcasting Services FM, Gulu.
Révision : Saskia Hendrickx, Institut international de recherche sur l’élevage, Maputo, Mozambique.
Traduction : Jean-Luc Malherbe, Société Ardenn, Ottawa, Canada.

Information Sources

Interviews avec :
1. Pamela Opira, membre de la collectivité de Loi bol kol dans le district de Lamwo, au nord de l’Ouganda. Interviewée le 25 mai 2013.
2. Dr Tony Aliro, agent vétérinaire du district, Gulu. Interviewé le 28 mai 2013.
3. Pauline Akello, enseignante retraitée, sous-comté de Lukung dans le district de Lamwo. Interviewée le 26 mai 2013.
4. Bosco Otoo, agriculteur et membre de l’Association des agriculteurs du district de Gulu. Interviewé le 1er juillet 2013.

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