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Introduction

 
Que signifie « adapter un contenu pour diffusion radiophonique »?

Il existe une énorme quantité d’informations et un nombre incalculable d’histoires en version imprimée, sur Internet, à la télévision, sous forme de films et sur d’autres supports. Certaines de ces informations et ces histoires peuvent être adaptées pour réaliser des émissions radiophoniques efficaces, divertissantes et instructives.

Depuis l’invention de la radio, il y a plus de 100 ans, une quantité inestimable de films, d’œuvres littéraires, de bandes dessinées, d’émissions télévisées, de bandes dessinées dans les journaux, de pièces de théâtre, de jeux vidéo et d’autres sortes de contenus ont été adaptés pour la radio.

Dans le présent guide pratique pour la radiodiffusion, nous nous focaliserons sur l’adaptation des informations de la presse écrite et en ligne pour la radio, y compris les éléments des ressources de Radios Rurales Internationales (textes radiophoniques présentés sous forme d’interviews, feuilletons radiophoniques et fiches documentaires) et les nouvelles agricoles de Barza infos. Mais rappelez-vous que plusieurs des principes et des pratiques examinés dans le présent document sont utiles pour l’adaptation d’un contenu quelconque pour la radio.

En quoi l’adaptation d’un contenu pour les radiodiffuseurs peut-elle m’aider à mieux servir mon auditoire?

En adaptant un contenu de la presse écrite ou d’autres médias, cela vous procure une plus grande variété de contenus pour tenir vos auditeurs mieux informés et divertis.

Comment cela peut-il m’aider à produire de meilleures émissions?

  • Vous couvrez un vaste éventail d’informations et de nouvelles.
  • Vous présentez différents, et peut-être des aspects moins connus de sujets importants pour votre communauté.
  • Vous montrez comment d’autres communautés ont géré les problèmes auxquels est aux prises votre communauté.
  • Vous suggérez différentes façons d’aborder un sujet, par exemple : au moyen de feuilletons radiophoniques, de conversations entre deux animateurs, de débats, de poèmes, etc.)

Par où dois-je commencer? (Vous en saurez davantage sur ces points et d’autres dans la section « Détails » ci-dessous.)

  1. Traduction
  2. Lieu, nom et culture
  3. Astuces pour l’adaptation à partir de différents médias
  4. Choses à faire et à ne pas faire lorsque vous adaptez un contenu existant
  5. Exemples d’adaptation de différents contenus de RRI
    • Fiches documentaires
    • Feuilletons radiophoniques
    • Textes radiophoniques présentés sous forme d’interview
    • Nouvelles de Barza infos

Détails

 
Traduction

Traduire les contenus dans votre langue de diffusion peut-être que le moyen le plus simple et le plus nécessaire d’adapter des contenus pour la radio.

Voici une astuce pour être certain que votre traduction convient à votre auditoire et éviter de modifier des aspects importants du contenu original : Songez à demander à un traducteur de traduire le contenu de la langue d’origine vers la langue de diffusion. Puis, demandez à un autre traducteur de retraduire de la langue de diffusion vers la langue d’origine. Si la version retraduite diverge considérablement de la version de la langue originale, peut-être que vous avez un problème.

La traduction n’est que le début de l’adaptation. Vous voudrez peut-être changer des détails, de format et de sujets afin de les rendre plus pertinents pour votre auditoire local, et modifier beaucoup d’autres choses. Rappelez-vous, le cas échéant, qu’il pourrait être plus facile d’adapter le contenu suivant ces autres manières premièrement, et une fois les adaptations prêtes, les traduire ensuite dans votre langue de diffusion.

Lieu, noms et culture

Une autre façon simple d’adapter des contenus pour la diffusion radiophonique est de changer les lieux où l’action se déroule et les noms de personnes impliquées. N’oubliez cependant pas de notifier ces changements à votre auditoire. Par exemple : vous pourriez leur dire qu’un segment particulier de l’émission est adapté d’un contenu original qui s’est déroulé à (lieu initial), et qui impliquait des personnes dont les noms ont été changés pour rendre le segment plus utile ou convenable pour votre région.

Astuces concernant le changement de noms et de lieux :
• Lorsque vous choisissez un nouveau nom pour remplacer le nom de la personne initiale, N’UTILISEZ pas un nom courant dans votre région. Il y a des chances que vos auditeurs supposent que vous parlez d’une de leurs connaissances. Choisissez plutôt un nom très rare.

Astuces pour adapter des contenus à partir de différents médias

Si vous transcrivez une interview de votre émission et comparez ensuite sa présentation sur une page avec un texte devant être lu silencieusement, vous remarquerez que les deux textes sont structurés très différemment.

Cela signifie que, si vous voulez adapter un contenu imprimé pour la radio, vous devez faire un gros travail d’adaptation. Le dialogue radiophonique doit être rédigé dans un français parlé plutôt que dans les styles généralement utilisés pour les rapports, les romans, les livres non romanesques ou les journaux.

Cependant, les ressources de RRI telles que les textes radiophoniques présentés sous forme d’interviews, les feuilletons radiophoniques et les nouvelles de Barza infos sont rédigées pour être « faciles à utilisées à la radio ». Elles sont rédigées dans un langage familier et ne contiennent généralement ni jargon et ni termes techniques. Toutefois, même si les ressources de RRI sont adaptées pour la radio, il vous faudra tout de même les parcourir soigneusement et faire les ajustements nécessaires, surtout si vous avez l’intention de les diffuser dans une langue différente de l’original en anglais ou en français.

Choses à faire ou à ne pas faire lorsque vous adaptez un contenu existant

1. Ne présentez pas d’interviews fictives ou simulées :

  • Si vous voulez adapter une interview existante ou des nouvelles, vous devez notifier vos changements aux auditeurs. Vous pourriez effectuer des changements mineurs, comme changer les noms et les lieux. Mais si vous présentez l’interview, avec des noms et des lieux différents des ceux de l’interview initiale, comme s’il s’agissait vraiment desdites personnes et desdits lieux, c’est malhonnête. Vous présentez une interview fictive comme si elle est réelle. Voici quelques options de ce que vous pouvez plutôt faire.
    • Utilisez les noms et les lieux initiaux, mais faites savoir que l’interview a été réalisée avec les véritables personnes interviewées dans le lieu initial, et à une date initiale, même si vous ne résidez pas dans cette région, voire dans le même pays.
    • Dites à vos auditeurs que vous avez romancé une interview originale en changeant le(s) nom(s) et le(s) lieu(x) de l’interview et modifié d’autres détails pour rendre l’interview plus utile et plus pertinente pour votre auditoire. Ainsi, vous diffusez une œuvre fictive, une interview dramatisée, bien qu’elle soit inspirée d’une interview réelle.

2. Peut-être que la solution la plus efficace (bien qu’elle nécessite plus de temps et de ressources) consiste à réaliser vos propres interviews sur le même ou un sujet similaire avec des agriculteurs et d’autres personnes de votre région. Vous pouvez vous inspirer de l’interview originale.

Lorsque vous adaptez un contenu :

a. Vérifiez tous les « chiffres ». Plusieurs textes radiophoniques de RRI et nouvelles de Barza infos contiennent beaucoup de chiffres : des informations sur le nombre de sacs ou de kilogrammes de maïs récoltés, la récolte moyenne de haricot dans une région, le nombre de fois où un agriculteur doit sarcler ou pulvériser des pesticides, le montant d’argent qu’il gagne par kilogramme vendu. Ne vous contentez pas d’emprunter les chiffres inscrits dans le contenu original. Vous devez remplacer les chiffres contenus dans le texte radiophonique ou la nouvelle agricole par des chiffres valables pour votre zone d’écoute. Attention : cela nécessite des recherches!

b. Assurez-vous que tout dans le texte radiophonique convient à la culture de votre région. Par exemple : il est possible que les femmes soient celles qui s’occupent surtout de la commercialisation du maïs dans votre région et pas dans la région où l’interview ou la scène initiale s’est déroulée. Pour rendre le contenu plus adapté aux besoins de votre région, changer ces détails avant de diffuser.

c. Adapter les renseignements agricoles par rapport à ce qui est courant dans votre région. Par exemple : vous pourriez les remplacer par :

  • Les ravageurs et les maladies répandus dans votre région.
  • Les cultures vivrières et d’autres cultures largement répandues dans votre zone.
  • Les pratiques agricoles courantes (ou nouvelles) dans votre région en matière de préparation de la terre, de sarclage, de récolte, de lutte contre les ravageurs et les maladies, d’entreposage, de commercialisation, etc. Cela peut nécessiter quelques recherches.

Exemples d’adaptation de ressources de RRI :

 

Adaptation de fiches documentaires et de séries d’enjeux

Abubakar A. Kadir de North Star FM, à Tamale, au Ghana, a pris les dispositions suivantes pour adapter la fiche documentaire sur la chenille légionnaire d’automne de RRI.

  1. Il a choisi la chenille légionnaire d’automne comme un sujet pour l’émission agricole régulière, car il s’agit d’un véritable problème dans la zone d’écoute.
  2. Il a lu cette fiche, accessible sur le site Web de RRI. Il a divisé la fiche documentaire en six sections, suivant son plan visant à diffuser deux épisodes sur la chenille légionnaire d’automne par mois pendant trois mois, et s’assurer de diffuser des épisodes appropriés pour le calendrier agricole. Les six thèmes étaient :
    • Techniques visant à distinguer la chenille légionnaire d’automne des ravageurs qui lui ressemblent.
    • Mesures préventives pour faire face à la chenille légionnaire d’automne.
    • Pulvérisation des pesticides. (Comme les pesticides étaient pulvérisés tout au long de la saison de culture, ce thème a été abordé durant la série.)
    • Mythes et idées fausses concernant la chenille légionnaire d’automne.
    • Épisode consacré aux agricultrices.
    • Épisode récapitulatif sur tous les thèmes.
  3. Il a remis la fiche documentaire à tous les membres de l’équipe de production (regroupant un présentateur, un réalisateur et deux techniciens) pour qu’ils la lisent. L’équipe a ensuite choisi les sujets les plus importants et les plus pertinents dans la fiche.
  4. Kadir (animateur) et le réalisateur ont traduit les informations importantes en langue dagbani, et ont par la suite écrit les épisodes en dagbani. Chaque épisode était divisé en trois parties : 1) Introduction et micro-trottoir; 2) interview avec une personne-ressource; et 3) tribune téléphonique.
  5. L’équipe a contacté les personnes-ressources les plus compétentes pour chaque épisode. Ils ont envoyé les questions à l’avance et réalisé des interviews préalables avec des agents du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture la semaine précédant la diffusion.
  6. L’équipe se rendait sur le terrain le cas échéant avant la diffusion des épisodes particuliers pour compiler des micros-trottoirs.
  7. L’équipe organisait une rencontre de postproduction pour voir si elle avait atteint ses objectifs pour l’épisode et ce qu’elle pouvait améliorer.

Abdul Dahim est un ancien radiodiffuseur de Might FM qui est actuellement à Radio 123, à Tamale, au Ghana. Il a adapté la série d’enjeux sur les activités après récolte du niébé de RRI.

  1. Dahim et l’équipe de production (un coanimateur, le directeur des programmes, un réalisateur et un comptable) ont lu chacun la série d’enjeux.
  2. Après l’avoir lu, Dahim et le coanimateur ont formulé des questions à poser une personne-ressource lors d’une interview en direct au studio.
  3. Deux ou trois jours avant la diffusion de l’épisode, ils choisissaient des éléments de série d’enjeux pour les insérer dans différents segments. Par exemple : lors des visites de terrain, ils ont rencontré un agriculteur ayant subi des pertes à cause d’une maladie fongique provoquée par le mauvais drainage du sol. Ils ont démarré l’épisode par un micro-trottoir réalisé avec cet agriculteur qui raconte son histoire. L’épisode a également parlé de l’utilisation des sacs PICS, dont les informations et les détails provenaient de la série d’enjeux sur le niébé.
  4. L’équipe a conservé un exemplaire de la série d’enjeux au studio pour consultation pendant l’émission en direct.

Gideon Sarkodie d’ADARS FM, à Kintampo, au Ghana, a adapté une fiche documentaire sur le maïs.

  1. Il a organisé des discussions en groupe au sein des communautés pour évaluer leur compréhension des sujets. Il a emporté une version électronique de la fiche documentaire sur son téléphone et l’a utilisée pour formuler les questions d’interviews avec les agriculteurs. Il a mis l’accent sur la section « Renseignements clés » de la fiche documentaire et a posé des questions telles que : Quelle est votre compréhension de ces renseignements clés? Que comprenez-vous par récolte précoce, tri, décorticage, séchage complet, traitement recommandé, etc.?
  2. Il a découvert que les agriculteurs avec lesquels il s’était entretenu se demandaient à quel moment il était préférable pour eux de récolter, sécher et entreposer. Il a noté que la majorité des gens veulent entreposer le maïs dans des pièces très peu aérées. Par conséquent, il a expliqué des stratégies pour avoir de bons entrepôts et fait la promotion de l’utilisation des sacs, des récipients et des sacs PICS.
  3. Il s’est servi des voix des agriculteurs comme micros-trottoirs dans son émission agricole.

Adaptation des feuilletons radiophoniques

Abdul Dahim de Radio 123, à Tamale, au Ghana, a adapté un feuilleton radiophonique intitulé Amitié et agriculture : cultiver le niébé en association avec les céréales.

L’équipe de production a contacté leur fidèle troupe de théâtre pour lui demander de créer une discussion improvisée entre deux comédiens-agriculteurs pour un segment de l’émission. L’équipe avait déjà lu la fiche documentaire sur le niébé et pris des notes en langue dagbani sur les sujets à inclure dans la discussion (par exemple : les sacs PICS, les maladies fongiques), et ils ont demandé aux comédiens et aux comédiennes de doublage d’intégrer ces sujets dans la discussion improvisée.

Voici les étapes que Dahim et l’équipe de production ont suivies pour adapter le feuilleton radiophonique :

  1. Après avoir lu le texte radiophonique, l’équipe a choisi les détails qui devaient être changés. Par exemple : des noms chrétiens remplacés par des noms musulmans, le genre pour assurer un équilibre entre les sexes, les noms des lieux et les sons (par exemple : si l’effet sonore dit « tambour », l’équipe spécifie un tambour/chant local pour convenir au contexte).
  2. L’équipe a pris note de ces modifications sur papier et les a distribuées aux comédiens de doublage.
  3. L’équipe a raccourci l’introduction au feuilleton radiophonique (les Notes aux radiodiffuseurs) en choisissant des points clés et en prenant des notes en dagbani pour les remettre à lire aux comédiens de doublage ou au narrateur. L’extrait narratif obtenu durait cinq secondes et présentait les personnages et le contexte en dagbani. Dahim note que l’introduction plus longue en anglais a été utile, car elle leur a servi de guide pour la production de la version raccourcie de la narration en dagbani.
  4. Plutôt que de traduire littéralement le texte radiophonique, les comédiens de doublage ont étudié et répété le texte à l’avance et pris des notes durant ce processus. Cela leur a permis de créer en langue dagbani un texte radiophonique similaire qui était beaucoup plus libre et pas bien scénarisé.
  5. Dahim et son équipe ont enregistré tout le feuilleton radiophonique en direct sur le terrain et l’ont ramené au studio pour le montage.

Gideon Sarkodie d’ADARS FM a adapté un feuilleton radiophonique intitulé Papa Akwesi découvre qu’une gestion prudente après récolte permet de maximiser les revenus du maïs.

Il a trouvé le feuilleton radiophonique trop long pour le créneau de son émission, et a, par conséquent, utilisé une petite portion du feuilleton et demandé à des agriculteurs de se porter volontaires pour incarner les personnages. Il y avait quatre personnages et ils ont utilisé les noms des personnages initiaux. Gideon a orienté chaque volontaire et ils ont répété le feuilleton quatre fois, puis il a enregistré la version définitive de 15 minutes. Pendant la première moitié de l’émission, le segment a surtout parlé de l’aflatoxine en faisant la lecture de la partie du feuilleton qui parle d’aflatoxine.

Autres notes sur l’adaptation des feuilletons radiophoniques

  • Un radiodiffuseur ghanéen a adapté un feuilleton radiophonique sur l’utilisation du fumier en diffusant un débat dans lequel une personne faisait la promotion des avantages du fumier et un autre parlait des difficultés liées à l’utilisation du fumier et encourageait l’utilisation des engrais chimiques.
  • Regina Suwie de Radio Progress à Wa, au Ghana, a tiré des poèmes d’un texte radiophonique sur le niébé présenté sous forme de feuilleton radiophonique.
  • Selorm Deyegbe de Jubilee Radio, à Keta, au Ghana, a utilisé les informations contenues dans un feuilleton radiophonique sur les étangs de poissons en guise de décor, car il n’avait pas accès à une troupe théâtrale.
  • Un radiodiffuseur du nord du Ghana a une troupe théâtrale permanente avec laquelle la station collabore. Les radiodiffuseurs remettent des textes radiophoniques à la troupe qui choisit des acteurs et créent une pièce. Ensuite, ils répètent les textes que la troupe a modifiés pour en faire un feuilleton. La troupe emporte le texte radiophonique à la répétition pour s’assurer qu’aucun élément important n’y manque, et les radiodiffuseurs apportent des corrections au texte. Deux répétitions sont organisées pour s’assurer que le texte radiophonique est prêt pour diffusion, et ils l’enregistrent par la suite.
  • Une radiodiffuseuse du nord du Ghana a affirmé que sa station travaille également avec une troupe théâtrale qu’ils sollicitent chaque fois que RRI leur envoie un feuilleton radiophonique. Ils se réunissent avec la troupe et lisent le feuilleton. Après la traduction de celui-ci en dagbani, la troupe répète le texte radiophonique. Parfois, l’équipe supprime ou ajoute des points au texte. « Il existe des termes qu’on ne peut pas traduire en dagbani. » Puis, ils enregistrent le feuilleton radiophonique.

Adam Hussein de Might FM à Tamale, au Ghana, soutient que la station a deux façons de produire un feuilleton radiophonique : en studio avec une troupe théâtrale, ou sur le terrain en faisant appel à des agriculteurs et d’autres membres de la communauté.

  • En studio :
    • Adam imprime et remet un exemplaire du texte radiophonique au directeur artistique. Les deux s’asseyent et discutent du feuilleton radiophonique, apportent les changements nécessaires (il s’agit généralement juste des noms et des lieux) et le directeur distribue les rôles.
    • Le groupe répète ensuite le feuilleton.
    • Après beaucoup de répétitions, ils retournent en studio et enregistrent le feuilleton. Les effets sonores sont recueillis lors des visites de terrain (pas en ligne). Aucun des comédiens de doublage ne dispose d’un exemplaire du texte radiophonique. Ils mémorisent plutôt leurs lignes ou agissent suivant les instructions du directeur artistique.
  • Sur le terrain :
    • Adam désigne un agriculteur chef de file comme directeur artistique. À l’instar des pièces interprétées en studio, l’agriculteur chef de file et lui discutent du texte radiophonique, distribue les rôles et la pièce est répétée.
    • Les comédiens de doublage sur le terrain ne disposent d’aucun exemplaire du texte radiophonique. C’est plutôt le directeur qui leur lit leurs lignes et ils les répètent. Cela est pratique lorsque les comédiens ne savent pas lire. Adam enregistre les voix.
    • Adam enregistre également tous les effets sonores sur le terrain.
    • Adam rapporte tous les enregistrements à la station et le chef de programmes et lui procèdent au montage du contenu. Le processus de collecte et de préparation du contenu pour la diffusion dure environ trois jours. Ensuite, ils diffusent le feuilleton radiophonique.

Adaptation des textes radiophoniques présentés sous forme d’interview

Eric Wilson est radiodiffuseur à Word FM à Bolgatanga, au Ghana. Il note que l’équipe de production essaie d’intégrer un texte radiophonique de RRI dans chaque épisode chaque fois que cela est possible et pertinent.

Il a adapté un texte radiophonique présenté sous forme d’interview intitulé Agriculture de conservation : Rendements élevés, faibles coûts de production et sols plus fertiles.

Voici les étapes que son équipe de production et lui ont suivies :

  1. S’inspirant du texte radiophonique, le réalisateur a identifié une personne-ressource à interviewer.
  2. Le réalisateur a remis le texte radiophonique à la personne-ressource.
  3. Le réalisateur a traduit le texte dans la langue locale, pas littéralement, mais en prenant des notes dans la langue locale sur une version imprimée du texte. Par la suite, le réalisateur et la personne-ressource ont interprété le texte radiophonique présenté sous forme d’interview en direct à l’antenne, en gardant un exemplaire du texte pour consultation pendant la diffusion de l’émission en direct.
  4. La deuxième moitié du texte est une interview avec un agriculteur. Le réalisateur s’est rendu sur le terrain pour interviewer un agriculteur local. Il a enregistré une interview, en posant les mêmes questions contenues dans le texte radiophonique, et a changé les noms des personnages et des lieux.

Earl Samuels est l’animateur de l’émission du matin et des émissions agricoles à Suhupielli FM, à Tamale, au Ghana, et il utilise très souvent les textes radiophoniques présentés sous forme d’interview. Il commence par lire la ressource et examine les principaux thèmes avec son équipe de huit stagiaires (un groupe d’animateurs, de réalisateurs et de rédacteurs de nouvelles de différentes stations de radio).

Monsieur Samuels utilise parfois les textes radiophoniques présentés sous forme d’interview en association avec les fiches documentaires. Par exemple : dans le cadre d’une émission récente sur le sol, voici la stratégie qu’il a suivie :

  1. Il a lu le texte radiophonique présenté sous forme d’interview (Agriculture de conservation : Rendements élevés, faibles coûts de production et sols plus fertiles).
  2. Il a rendu visite à des agriculteurs et leur a posé des questions sur les problèmes qu’ils avaient concernant le sol.
  3. Il a envoyé le texte radiophonique à une personne-ressource qui connaît bien ce sujet. Ensemble, ils ont déterminé les domaines clés à aborder à l’émission, sur la base de ce que monsieur Samuels avait appris sur le terrain.
  4. Monsieur Samuels a inséré d’autres informations provenant d’une fiche documentaire intitulée Utiliser la couverture permanente du sol en agriculture de conservation qui en dit plus sur certaines questions du texte radiophonique présenté sous forme d’interview.
  5. Le texte radiophonique a été traduit dans la langue locale.
  6. Monsieur Samuels a lu la partie de l’intervieweur pendant l’interview en direct avec la personne-ressource. Cette personne et lui n’ont pas reproduit textuellement les questions et les réponses du texte original. Ils se sont plutôt exprimés avec leurs propres termes. Le texte radiophonique a fourni certaines questions d’interview, mais monsieur Samuels l’a également utilisé comme guide pour l’ordre des questions et la stratégie à suivre pour les questions de suivi. Monsieur Samuels et la personne-ressource avaient chacun une copie papier du texte radiophonique présenté sous forme d’interview pendant l’interview en direct. Tout a été traduit en langue locale.

Gideon Sarkodie d’ADARS FM à, Kintampo, au Ghana, a adapté le texte radiophonique présenté sous forme d’interview, intitulé Vendre ensemble c’est mieux : les avantages de la mise en marché collective.

  1. Il a consulté le texte radiophonique sur son téléphone lors d’une visite de terrain récente au cours de laquelle son coanimateur et lui ont rencontré des agriculteurs pour parler des avantages de la mise en marché collective. Ils ont utilisé le texte radiophonique en guise de document d’information sur la commercialisation collective. Ils ont observé qu’ils pouvaient s’en inspirer pour parler du maïs au Ghana même si le texte original parlait du manioc en Tanzanie.
  2. Ils ont posé quelques questions du texte radiophonique directement au groupe d’agriculteurs et ont comparé leurs réponses à celles du texte radiophonique.

Parfois, Gideon et son coanimateur lisaient simplement les parties de l’agriculteur et de l’intervieweur en direct, tout en traduisant le texte dans la langue locale, le twi, dont chacun avait une copie papier en main pendant l’émission en direct. Ils ont changé les noms, les décors et les noms des lieux pour cadrer avec le contexte ghanéen.

Adaptation des nouvelles de Barza infos

Abubakar A. Kadir de North Star FM, à Tamale, au Ghana, a suivi les étapes ci-dessous pour adapter une nouvelle de Barza infos, intitulée RDC : Des agriculteurs testent trois méthodes pour lutter contre la légionnaire d’automne.

  1. Il a lu la nouvelle et visité le site Web de RRI à la recherche d’informations pertinentes.
  2. Dans la nouvelle il était question de surveiller le champ pour voir s’il n’y avait pas de chenilles légionnaire d’automne et de dommages causés aux plantes. Cela a rappelé à Kadir le moment où la chenille légionnaire d’automne avait été aperçue pour la première fois au Ghana en 2016. Le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture a diffusé des informations sur l’identification du ravageur et l’incinération des plants, mais cela a été insuffisant.
  3. Kadir a mentionné la nouvelle à l’antenne et abordé les trois stratégies, en notant comment la surveillance des champs et l’incinération des plants infectés étaient particulièrement importantes, car il s’agit d’une bonne stratégie pour les fermes non entièrement infestées par le ravageur.

Earl Samuels de Suhupielli FM utilise également les nouvelles de Barza infos. Il se sert souvent de nouvelles d’autres pays. Il lit la nouvelle à l’antenne, précise qu’elle provient d’un autre pays et suggère aux agriculteurs de tester les méthodes qui y sont mentionnées. Dans les épisodes suivants, il demande aux agriculteurs comment les méthodes ont fonctionné pour eux et s’ils ont eu besoin de faire des ajustements, et décide s’il doit ou pas rediffuser l’information.

Gideon Sarkodie d’ADARS FM lit les nouvelles agricoles de Barza infos à l’antenne. Il traduit les principaux concepts en langue twi, explique que ce qu’il lit est une nouvelle de Barza infos provenant d’un autre pays, puis demande à ses auditeurs s’il existe des connaissances locales au Ghana qui peuvent s’appliquer.

Edwin Mpokaye est le directeur de la station Radio Fadhila FM dans la région de Mtwara en Tanzanie. Il utilise fréquemment les nouvelles de Barza infos à l’antenne pendant son émission Farmers Forum. Il a adapté et diffusé la nouvelle de Barza infos, intitulée Malawi : Des agriculteurs fabriquent de l’engrais à base d’urine et de feuilles pour économiser de l’argent. Il l’a traduite en swahili et l’a ensuite lue à l’antenne. Il a présenté le sujet et le lieu d’origine au début de la nouvelle. Bien qu’il eût conservé plusieurs détails de la nouvelle originale, il avait supprimé les chiffres qui n’étaient pas pertinents pour les agriculteurs de sa région, tels que les prix de l’engrais au Malawi. À la fin de la nouvelle, il a précisé que la nouvelle provenait de Radios Rurales Internationales, au Canada.

Acknowledgements

Rédaction : Vijay Cuddeford, Rédacteur en chef, Radios Rurales Internationales.

Information Sources

Interviews réalisées avec des radiodiffuseurs au nord du Ghana par Maxime Betteridge-Moes, volontaire d’Uniterra à Radios Rurales Internationales
Atelier de restitution des radiodiffuseurs à Tamale, mars 2017, animé par Vijay Cuddeford, Rédacteur en chef, Radios Rurales Internationales