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Le maïs est une des principales cultures vivrières produites en Tanzanie. Plusieurs agriculteurs investissent dans la culture du maïs. Mais, depuis quelque temps, beaucoup sont menacés par un risque élevé de dommages causés par les insectes dans leurs champs. Cette situation entraîne une baisse de la production de maïs à l’échelle nationale.

Le district de Karagwe une des grandes régions productrices de maïs de la Tanzanie. Situé à l’ouest du pays, ce district a récemment subi des attaques de foreurs du maïs. La chenille légionnaire d’automne est un autre insecte nuisible qui a envahi la région récemment. Elle a détruit les champs de maïs, provoquant ainsi une baisse des récoltes et une famine en 2016 et en 2017.

Dans le présent texte radiophonique, des agriculteurs des arrondissements de Kihanga, Nyakahango et Kayanga du district de Karagwe parlent de ces insectes nuisibles et des méthodes qu’ils emploient pour les combattre.

Ce texte est inspiré d’interviews réelles. Vous pourriez le faire interpréter dans votre station par des comédiens et des comédiennes de doublage à la place des intervenants. Si tel est le cas, assurez-vous d’informer votre auditoire au début de l’émission qu’il s’agit de voix de comédiens et non celles des personnes avec lesquelles les interviews originales ont été réalisées.

Vous pourriez utiliser ce texte radiophonique comme document de recherche ou vous en inspirer pour réaliser vos propres émissions sur la lutte contre les organismes nuisibles au maïs et à d’autres cultures. Entretenez-vous avec des agriculteurs, des agents agricoles et d’autres experts. Vous pourriez leur poser les questions suivantes :
• Quels sont les principaux organismes nuisibles qu’on rencontre dans cette région?
• Quels pratiques et produits sont disponibles pour combattre organismes nuisibles?
• Quels sont les forces et les défis de ces pratiques et ces produits?

En plus de vous entretenir avec des agriculteurs et d’autres experts, vous pourriez vous inspirer de ces questions pour une tribune téléphonique ou une émission avec envoi de messages textes.

Durée estimée du présent élément avec l’indicatif sonore, l’intro et l’extro : 15 minutes.

Script

ANIMATEUR:
Bienvenue à l’épisode de ce jour de votre émission agricole. Aujourd’hui, nous nous entretiendrons avec des agriculteurs du district de Karagwe, dans la région de Kagera, à l’ouest de la Tanzanie. Nous discuterons avec des cultivateurs de maïs à propos d’insectes nuisibles qui se nourrissent du maïs et des mesures qu’ils prennent pour combattre ces insectes.

(PAUSE) Environ 30 kilomètres séparent la ville de Karagwe du village de Katanda dans l’arrondissement de Kihanga. À mon arrivée, je rencontre une agricultrice de 58 ans. Elle nous accueille chez elle.

Je la questionne d’abord sur l’impact que les insectes nuisibles ont eu sur sa ferme.

JANE JOSEPH:
Ces insectes nuisibles sont le résultat du changement climatique. La sécheresse et la chaleur favorisent leur multiplication. Nous cultivons beaucoup de maïs, mais ils endommagent une grande partie de celui-ci, causant ainsi d’énormes pertes.

ANIMATEUR:
Est-ce vrai que le manque de pluies favorise la multiplication des insectes nuisibles?

JANE JOSEPH:
Très souvent, lorsqu’il pleut beaucoup, les insectes nuisibles meurent dans le champ. Leur nombre diminue. L’humidité empêche les insectes nuisibles de se multiplier.

ANIMATEUR:
Connaissez-vous les espèces d’insectes nuisibles qui sont présentes sur votre exploitation agricole?

JANE JOSEPH:
On les appelle chenilles légionnaires d’automne. Elles rongent la tige des feuilles du maïs et s’enfoncent dans les tiges du maïs et s’y cachent.

ANIMATEUR:
Alors, pour permettre à d’autres agriculteurs de reconnaître la chenille légionnaire d’automne, en voici une description. Elle a tête noire avec une marque pâle en forme de Y renversé sur le devant. Chaque segment de son corps a un motif formé par quatre taches surélevées vues de dessus. Finalement, sur l’avant-dernier segment du corps, il y a quatre taches noires qui forment un carré.

(PAUSE) Ensuite, j’ai parlé à un agriculteur de 53 ans du nom de monsieur Protas Patrice, chef du village de Katanda, et à monsieur Christopher Gabriel, un agriculteur de 74 ans. Ils ont expliqué pourquoi les organismes nuisibles étaient si nombreux et comment ils les combattaient. Je leur ai demandé ce qui causait ces problèmes d’insectes nuisibles.

(PAUSE) En dehors de la sécheresse, existe-t-il d’autres causes à ces problèmes?

CHRISTOPHER GABRIEL:
Je pense que les insectes, à l’instar d’autres espèces, vivent parmi nous. Ils sont toujours là.

ANIMATEUR:
De quelles sortes d’insectes avez-vous connaissance sur votre terre?

PROTAS PATRICE:
Je connais leurs noms en langue locale, nyambo. Ils s’appellent mtobere et kamshokweine. Ce sont de petits insectes qui rampent et percent les tiges. Ils ont causé tellement de dégâts dans le village que près de trois cents agriculteurs ont cessé de cultiver le maïs.

ANIMATEUR:
D’où viennent ces insectes nuisibles?

PROTAS PATRICE:
Ils vivent dans le sol, et à cause de la longue sécheresse et des températures plus chaudes, ils sortent du sol pour chercher à manger.

ANIMATEUR:
Quelles méthodes utilisez-vous pour lutter contre ces insectes nuisibles?

PROTAS PATRICE:
Je n’ai jamais utilisé de pesticides chimiques, car ça coûte cher. Je n’ai pas 50000 shillings (22 $ US) pour acheter des pesticides, et même cela ne suffirait pas à pulvériser toute l’exploitation.

ANIMATEUR:
(PAUSE) Il est environ 4 h de l’après-midi, et je suis maintenant dans le quartier de Nyarutuntu, dans le village de Nyakahanga. Madame Catherine Kaungya habite sur la rue Nyarutuntu, dans le quartier de Kihanga, et elle a toujours cultivé. Elle possède une acre de terre où elle cultive du maïs, du haricot, des bananes et du café. À mon arrivée, madame Kaungya soigne son champ. Je lui pose des questions sur les insectes nuisibles qui se nourrissent du maïs.

ANIMATEUR:
Pensez-vous que ces insectes nuisibles existaient avant ou est-ce juste récemment qu’ils sont apparus?

CATHERINE KAUNGYA:
Il n’y a pas de nouvel insecte nuisible comme tel. Ces insectes étaient là depuis le commencement. Ce n’est que récemment que nous avons appris leur existence et que nous avons commencé à leur donner des noms.

ANIMATEUR:
Comment combattiez-vous ces insectes autrefois?

CATHERINE KAUNGYA:
Cela fait 48 ans que je cultive. Avant, nous avions l’habitude de déraciner les plants de maïs atteints dans le champ pour les remettre aux anciens. Les anciens rassemblaient tout le maïs atteint du village et le jetaient loin. Pendant cette cérémonie, nous ne cultivions pas. Le lendemain, nous allions au champ, croyant que le reste du maïs serait débarrassé des insectes nuisibles.

ANIMATEUR:
Quelles méthodes utilisez-vous pour combattre les insectes nuisibles maintenant?

CATHERINE KAUNGYA:
La majeure partie des agriculteurs utilisent de la cendre et de la terre pour les combattre. Je recueille la cendre et la mélange avec de la terre, et, ensuite, je verse le mélange sur la tige de la plante.

Cela aide, mais il est difficile de produire une quantité suffisante pour tout le champ. Nous appliquons le mélange aux plantes touchées et à titre préventif pour les plants en bonne santé.

ANIMATEUR:
Après, je me suis entretenu avec une agricultrice nommée Julie Zimulinda. Je lui ai demandé si elle avait déjà utilisé d’autres moyens, comme les insecticides par exemple, pour combattre les insectes nuisibles.

JULIE ZIMULINDA:
J’utilise un pesticide chimique. Je l’achète à 3000 shillings (environ 1,30 $ US), et je prépare une solution avec la quantité d’eau recommandée. Ensuite, je pulvérise les plants de maïs touchés. Le principal problème est le manque d’argent pour acheter suffisamment de pesticide pour pulvériser l’exploitation entière.

ANIMATEUR:
J’ai demandé à un agriculteur du nom d’Avit Theophil s’il pensait que ces insecticides étaient efficaces.

AVIT THEOPHIL:
Si. Mais vous verrez beaucoup d’agriculteurs qui ont pulvérisé ces insecticides se plaindre qu’ils ne tuaient pas les insectes, mais que par contre, le plant flétrissait, qu’il y avait de la rouille sur la tige et les branches et qu’elles blanchissaient ou jaunissaient.

ANIMATEUR:
Pensez-vous que les agriculteurs connaissent les bons procédés pour l’application des pesticides chimiques?

AVIT THEOPHIL:
Il y a des agriculteurs qui savent les utiliser. Ils suivent les mesures recommandées par les agents de vulgarisation agricole et les instructions figurant sur le couvercle du contenant. Mais, malgré tout, les insecticides ne sont pas très efficaces. Les chercheurs doivent trouver d’autres types de pesticides qui fonctionnent.

ANIMATEUR:
J’ai rencontré un autre agriculteur nommé Kokotuna Alfred.

Pensez-vous que le fait de réutiliser des semences de la saison précédente fait que les insectes nuisibles se multiplient et attaquent le champ?

KOKUTONA ALFRED:
Ce n’est pas vrai. Cela fait des années que nous plantons les semences traditionnelles, et les insectes ne leur nuisaient pas.

ANIMATEUR:
Après, j’ai parlé avec Cleophace Kanjagaile, l’agent de vulgarisation agricole du district de Karagwe. Il affirme que l’augmentation du nombre d’insectes nuisibles qui se nourrissent du maïs est le résultat de la hausse des températures.

Je lui ai posé des questions sur l’ampleur des dommages causés par les insectes nuisibles.

CLEOPHACE KANJAGAILE:
De 2016 à 2018, les températures étaient extrêmes. Beaucoup d’insectes ont pondu des œufs et ont eu des petits. Ils ont infesté un grand nombre de cultures dans les champs, provoquant ainsi la famine.

ANIMATEUR:
Quelles sortes d’insectes nuisibles attaquent le maïs?

CLEOPHACE KANJAGAILE:
Il y a les vers qui percent la tige. Vous pouvez tuer les vers en pulvérisant une solution d’insecticide sur la tige perforée. Mais il y a d’autres insectes nuisibles comme les chenilles qui se nourrissent en creusant la tige du maïs et fabriquent autour du trou une couche de protection qui empêche l’insecticide d’atteindre l’insecte et de le tuer.

ANIMATEUR:
Y a-t-il des insecticides qui peuvent tuer ces insectes, notamment les chenilles?

CLEOPHACE KANJAGAILE:
Si, il existe des insecticides dans les magasins. Leurs prix varient de 14000 à 16000 shillings le litre (environ 6 à 7 $ US). Un litre suffit pour pulvériser deux acres.

ANIMATEUR:
Les pesticides traditionnels sont-ils efficaces?

CLEOPHACE KANJAGAILE:
Beaucoup d’agriculteurs utilisent la cendre et la terre pour lutter contre les insectes nuisibles, mais cette méthode n’est pas efficace. Les agriculteurs doivent utiliser des insecticides. Ils coûtent un peu cher, mais ils sont efficaces et aident les agriculteurs à obtenir une bonne récolte en empêchant ces insectes d’infester les cultures.

ANIMATEUR:
Les agriculteurs savent-ils comment appliquer les pesticides?

CLEOPHACE KANJAGAILE:
Quelques-uns le savent. Il y a des émissions radiophoniques qui enseignent aux agriculteurs comment utiliser les pesticides, et je conseille vivement à ces derniers de les écouter pour apprendre les meilleures pratiques pour la culture du maïs.

ANIMATEUR:
Chers auditeurs et auditrices, il semble que plusieurs agriculteurs préfèrent les méthodes traditionnelles pour combattre les insectes nuisibles dans leurs champs plutôt que d’utiliser les pesticides chimiques que beaucoup dans la région n’ont pas les moyens de s’en procurer. Il faut noter pour avoir du succès dans l’utilisation des pesticides pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne ou tout autre organisme nuisible dépend de quatre facteurs. Premièrement, le produit chimique spécifique utilisé. Certains produits chimiques sont efficaces contre des ravageurs particuliers, et ne fonctionneront pas pour d’autres. Deuxièmement, la période d’application. Pour combattre la chenille légionnaire d’automne, il est préférable d’utiliser les pesticides tôt le matin, en fin d’après-midi ou le soir. Troisièmement, la concentration utilisée. Suivez toujours les instructions écrites sur le contenant pour savoir quelle concentration utilisée. Et, enfin, les insecticides sont plus efficaces à certains stades de la chenille légionnaire d’automne qu’à d’autres. Il est beaucoup plus facile de contrôler les petites chenilles que les grosses chenilles adultes.

Les agents de vulgarisation agricole et d’autres experts proposent parfois des démonstrations physiques sur la façon de lutter contre la chenille légionnaire d’automne ou d’autres organismes nuisibles. Essayez d’y participer, et consultez également les dépliants, les affiches et les brochures qui contiennent des représentations visuelles concernant la manière d’identifier et de combattre la chenille légionnaire d’automne.

Pour terminer, rappelez-vous que la lutte contre la chenille légionnaire d’automne est toujours plus facile lorsque les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures, plantent le maïs en début de saison et pratiquent un dépistage régulier.

Merci d’avoir écouté et suivi nos entretiens avec les agriculteurs concernant les insectes nuisibles qui se nourrissent du maïs et les mesures qu’ils adoptent pour les combattre.

Acknowledgements

Rédaction : Dinna Maningo, journaliste pigiste, district de Trime, région de Mara, Tanzanie.
Révision : Magdalena William, pathologiste des plantes/semences, agent principal en recherche agricole, Institut de recherche agricole Maruku

Cette nouvelle a été produite avec le financement de l’AGRA, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, dans le cadre du projet « Projet intégré pour une augmentation des revenus et une amélioration de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance des petits exploitants agricoles à l’ouest de la Tanzanie, dans la région de Kigoma. » Les points de vue exprimés dans cette nouvelle ne reflètent pas nécessairement ceux de l’AGRA ou de toute autre organisation.

Information Sources

Interviews réalisées avec
Cleophace Kanjagaile, agent de DAICO (District Agriculture and Irrigation Co-operatives), 21 novembre 2018
Avit Theofil, Kokutona Alfred et Julie Zimulinda, agriculteurs du canton de Kayanga, district de Karagwe, 21 novembre 2018
Catherine Kaungya, agricultrices, quartier de Nyakahanga, 20 novembre 2018
Christopher Gabriel, village de Katanda, 20 novembre 2018
Protas Patrice, agriculteur et chef du village de Katanda, 20 novembre 2018
Jane Joseph, agricultrice, village de Katanda, 20 novembre 2018