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L’agriculture de conservation, ou AC, est un ensemble de pratiques simples que les agriculteurs peuvent adopter pour pallier les conséquences négatives du changement climatique et apprendre à « cultiver avec la nature. » Cela pourrait parfois nécessiter un changement ou un ajustement des méthodes agricoles traditionnelles pour tirer profit au maximum des pluies peu abondantes ou irrégulières, ainsi que d’autres ressources en eau disponibles pour les cultures.

Plusieurs agriculteurs et agricultrices d’exploitations familiales pensent que seules les personnes instruites comprennent et pratiquent l’AC. Mais celle-ci convient à tous les agriculteurs et agricultrices, quel que soit leur niveau d’instruction.

Au nombre des pratiques importantes de l’AC figurent la perturbation minimale du sol, la rotation des cultures et le maintien du couvert végétal avec du paillis et des plantes vivantes tout au long de l’année. Pour les agriculteurs disposant de peu de ressources, l’AC implique un apport financier minimal, y compris une moindre dépendance aux engrais chimiques.

Le présent texte radiophonique illustre les expériences d’agriculteurs et d’agricultrices qui vivent et cultivent dans la zone d’Amanchia, dans la région Ashanti, au centre du Ghana. Ces agriculteurs pratiquent la culture sans labour et d’autres méthodes de l’AC avec l’appui du Dr Boa et d’autres agents du No-till Centre, à Amanchia. Ces paysans parlent de leurs difficultés et leurs réalisations, ainsi que des connaissances qu’ils ont sur ces pratiques. Ce texte radiophonique montre également comment les agriculteurs gèrent les infestations de ravageurs au niveau des plants de semis, et fournit des informations sur la façon dont ils gèrent leurs exploitations agricoles tout en pratiquant la culture sans labour et d’autres méthodes de l’AC.

Vous pourriez présenter ce texte dans le cadre de votre émission agricole régulière, en le faisant interpréter par des comédiens et des comédiennes de doublage. Si tel est le cas, assurez-vous d’informer votre auditoire au début de l’émission qu’il s’agit de voix de comédiens, et non celles des personnes avec lesquelles les interviews originales ont été réalisées.

Vous pourriez également utiliser ce texte radiophonique comme document de recherche ou vous en inspirer pour réaliser vos propres émissions sur l’agriculture de conservation ou des sujets similaires dans votre pays.

Entretenez-vous avec des agriculteurs, des agricultrices et des experts qui pratiquent l’agriculture de conservation ou qui possèdent de solides connaissances sur ce type d’agriculture. Vous pourriez leur poser les questions suivantes :

  • Quels sont les problèmes agricoles locaux que la culture sans labour ou le travail réduit du sol pourraient aider à résoudre?
  • Les agriculteurs de votre région ont-ils du succès avec la pratique de la culture sans labour ou du travail réduit du sol?
  • Quels sont les obstacles à l’adoption du travail réduit du sol et d’autres pratiques de l’agriculture de conservation dans votre région, et comment peuvent-ils être surmontés?

Durée estimée du texte radiophonique : 15 minutes, avec la musique de début et de fin.

Script

PERSONNAGES :
Hamdia Hawah Mohammed : Animatrice principale
Abena Danso Dansoa : Animatrice sur le terrain
Dr Kofi Boa : Fondateur et directeur, Centre for Not-Till Agriculture
Kwami Anane : Agriculteur
Akua Abrafi : Agriculteur
HAMDIA :
Bonjour (Bonsoir), je m’appelle Hamdia Hawah Mohammed, et je souhaite la bienvenue à tous mes auditeurs et auditrices de l’émission Farm broadcast. Aujourd’hui, nous discuterons de culture sans labour et de plantation à travers le paillis, deux composantes importantes de l’agriculture de conservation, également appelée AC. Nous parlerons aussi de la lutte contre les ravageurs des plants de semis dans le contexte de l’AC.

L’émission d’aujourd’hui est spéciale, car nous aurons une retransmission en direct d’interviews qu’Abena Danso Dansoa s’est rendue sur le terrain pour réaliser au Centre for No-Till Agriculture (Centre d’agriculture sans labour), situé dans la petite ville de Nkawie, dans la région Ashanti, au centre du Ghana.

EFFETS SONORES :
BIP INDIQUANT QUE LA LIGNE TÉLÉPHONIQUE EST UTILISÉE.
HAMDIA :
Bonjour, Abena, m’entendez-vous?
ABENA :
Si, Hamdia, je vous entends bien fort et clairement.
HAMDIA :
Formidable, vous êtes en direct à Farm broadcast. Mes auditeurs et moi sommes impatients d’avoir des nouvelles des travailleurs et des agriculteurs réunis au No-Till Centre.
ABENA :
En effet, Hamdia, nous sommes au No-Till Centre, à Amanchia, un petit village de Nkawie, et je suis emballée de voir une large superficie de terre où poussent différentes sortes de denrées. J’ai hâte de goûter à chacune des denrées cultivées ici. (TOUT LE MONDE RIT)

Je suis ici avec le Dr Kofi Boa, fondateur et directeur du centre. Il est prêt à nous raconter son expérience. Et certains agriculteurs et agricultrices des environs d’Amanchia sont également réunis ici pour interagir avec nous.

Mais, avant, j’aimerais que le Dr Boa nous explique brièvement en quoi consistent la culture sans labour et d’autres pratiques de l’AC, telles que la plantation à travers le paillis et le fait de ne pas brûler les résidus de cultures.

HAMDIA :
Merci Abena. Dr Boa, soyez le bienvenu à Farm broadcast. Mes auditeurs et moi sommes reconnaissants de vous avoir à l’antenne.
DR BOA :
Merci. Je dirai d’abord que la culture sans labour consiste à cultiver des denrées sur votre terre année après année sans travailler la terre ou perturber le sol recouvert de paillis.
ABENA :
Bien.
DR BOA :
En agriculture de conservation, le fait de ne pas brûler les résidus signifie qu’après les récoltes, les agriculteurs laissent tous les résidus se décomposer sur le champ afin de s’en servir comme éléments nutritifs pour le sol. Ces résidus sont plus bénéfiques lorsqu’on les laisse dans le champ que si on les brûle.

Planter à travers le paillis signifie semer vos graines à travers le paillis organique répandu sur le champ. Le fait de répandre du paillis organique vous épargne le sarclage et cela profite aux plantes en ce qu’il empêche la majeure partie des semences de mauvaises herbes de germer. Le paillis maintient le sol frais et humide, ce qui réduit le besoin d’eau pour l’arrosage. Le paillis se décompose lentement, et libère les éléments nutritifs dans le sol. Les agriculteurs de cette région considèrent ces pratiques agricoles comme étant une seule et même chose, et l’appellent proka dans la langue locale.[Note de la rédaction : Proka est un terme en langue twi qui signifie « Laisser pourrir. »]

HAMDIA :
Merci, Dr Boa, de nous avoir expliqué ces termes. S’agit-il du seul type de pratiques agricoles que vous apprenez aux agriculteurs qui viennent dans votre centre pour avoir de l’aide?
DR BOA :
Pas du tout. Nous apprenons également aux agriculteurs à tirer profit de la culture intercalaire, la rotation des cultures et d’autres pratiques qui vont souvent de pair avec l’AC, y compris la lutte contre les ravageurs des plants de semis, ainsi que la réduction de l’utilisation des produits chimiques.
HAMDIA :
Excellent. Mais avant de rentrer dans les détails, Abena …?
ABENA :
Oui …?
HAMDIA :
J’aimerais savoir le type de pratiques que les agriculteurs suivaient avant d’adopter la culture sans labour.
ABENA :
Tous les agriculteurs présents ici disent qu’ils avaient l’habitude de défricher leurs champs et brûler les résidus de cultures. Localement, ils appellent cette pratique m3hye. [Note de la rédaction : Il s’agit d’un terme twi qui signifie « Je vais brûler. »] Monsieur Anane ici présent à quelque chose à dire à ce propos.
KWAME ANANE :
Merci madame. Mon nom est Kwame Anane, et je suis un agriculteur qui cultive du cacao, du maïs, du manioc, du plantain et d’autres denrées. Le m3hye consiste à faire brûler les résidus se trouvant sur l’exploitation pour faciliter le défrichage pour la plantation. Je suivais cette pratique avant ma rencontre avec le Dr Kofi Boa qui m’a appris le proka.
ABENA :
Bien, merci, monsieur Anane. Hamdia, veuillez noter que le proka consister à planter à travers le paillis, cultiver sans labourer et ne pas brûler les résidus.
HAMDIA :
D’accord, Abena, c’est compris. Pouvez-vous nous citer quelques problèmes que rencontrent les agriculteurs avec la pratique du proka?
ABENA :
Monsieur Anane?
KWAME ANANE :
Le proka est une procédure lente, mais il est plus avantageux pour moi que le m3hye.
ABENA :
Akua Abrafi est un autre agriculteur qui s’est joint à nous ici aujourd’hui. Avez-vous quelque chose à dire par rapport à cette question?
AKUA ABRAFI :
Le proka est lent et le sarclage est très difficile pour moi. Alors, il me faut plus de bras, plus d’ouvriers pour faire le travail.
HAMDIA :
Merci, Abena, et, à vous, mes chers agriculteurs et agricultrices. Bien, chers auditeurs et auditrices, ce sont là quelques-unes des difficultés que les agriculteurs rencontrent lorsqu’ils utilisent ces pratiques de l’AC.

Marquons une petite pause. À notre retour, nous découvrirons comment gérer ces problèmes. Mais avant cela, écoutons quelques commentaires rapides provenant d’autres agriculteurs concernant les difficultés qu’ils ont avec la pratique du proka.

EFFETS :
BIPER, PUIS DIFFUSER DES MICROS-TROTTOIRS AVEC DES BIPS ENTRE CHAQUE VOIX.
VOIX 1 :
Je m’appelle Akua Afriyie. Je cultive du piment, du plantain, du manioc et du maïs. Le proka est difficile, car ça salit mes mains. Je me coupe beaucoup parce que je dois travailler beaucoup avec les mains. C’est encore plus difficile quand il y a des arbres sur la terre agricole.
VOIX 2 :
Je m’appelle Ama Fosua, je viens du village de Seidi. Je cultive du cacao et du piment. Le proka est difficile parce que cela demande des efforts pénibles pour déraciner les arbres et se débarrasser des arbres et des branches, les découper en morceaux et laisser les résidus au sol. Mais c’est avantageux, car ça empêche les mauvaises herbes de pousser lorsqu’il pleut, et le sol reste humide.
VOIX 3 :
Je suis Abena Bio de Seidi. Je cultive les aubergines blanches en forme d’œuf et la tomate [Note de la rédaction : L’aubergine blanche en forme d’œuf est une culture vivrière dans plusieurs pays africains. Il s’agit de petits fruits blancs qui ont une forme ovale ou ronde, et qui sont appréciés pour leur amertume.] Je brûle les résidus et je ne pratique pas le proka.
VOIX 4 :
Je m’appelle Alex Mensah, et je cultive du plantain, du cacao, du manioc, du maïs, de la tomate et des aubergines blanches. Le proka prend du temps, mais c’est plus avantageux pour moi que de brûler les résidus. Les choses vont plus vite quand vous brûlez les résidus, mais vous payez les conséquences plus tard et cela vous met à terre. Désormais, je n’ai plus besoin de trop sarcler, car je recouvre mon sol avec une culture-abri appelée pois mascate. [Note de la rédaction : une culture dont le nom scientifique est Mucuna pruriens.]
EFFETS SONORES :
QUELQUES SECONDES DE MUSIQUE, PUIS L’ANIMATEUR REVIENT.
HAMDIA :
Nous sommes de retour et vous écoutez Hamdia de l’émission Farm broadcast qui vous est retransmise en direct d’Amanchia, dans la région Ashanti. Notre animatrice sur le terrain est en ligne pour nous transmettre plus d’interviews.

Salut, Abena.

ABENA :
Salut, Hamdia.
HAMDIA :
Dr Boa, pouvez-vous nous donner vos impressions concernant les micros-trottoirs que nous venons juste de diffuser?
DR BOA :
Les agriculteurs trouvent qu’il est difficile de passer de l’agriculture conventionnelle à la culture sans labour parce qu’ils croient que cela demande beaucoup de travail et que sa pratique est plus difficile. Cette situation est due au fait que les agriculteurs d’exploitations familiales de cette région n’ont pas accès aux semoirs pour semis direct ou à des machines pour faciliter leurs travaux champêtres. Les outils qu’ils ont sont les coutelas, les houes, les faucilles, etc., et il vous faut beaucoup plus de temps pour défricher afin de pouvoir étaler uniformément les résidus de culture lorsqu’il s’agit des seuls outils qui sont à votre disposition. Par conséquent, ils pensent que le brûlage des résidus leur fera économiser du temps et de l’argent.

Toutefois, leur plus gros problème se situe au niveau de la technique de plantation à travers le paillis s’ils ne brûlent pas les végétaux. Les agriculteurs ont également l’impression qu’il leur faut plus d’ouvriers pour pratiquer convenablement la culture sans labour. Nous les encourageons à venir suivre les formations pour apprendre comment se pratique la culture sans labour. Cela s’explique par le fait qu’en plus de pratiquer la culture sans labour, nous encourageons les paysans à défricher leurs terres agricoles dans le but de morceler les résidus. De cette façon, ils peuvent semer à travers le champ recouvert de paillis immédiatement plutôt que d’attendre que les résidus se décomposent avec la plantation.

Mais, malgré le ralentissement que cela leur cause, les agriculteurs réalisent à la fin que l’application de ces pratiques leur fait gagner du temps et de l’argent. Cela est dû au fait, qu’à long terme, ils jouissent de plusieurs avantages. Les résidus protègent le sol des rayons du sol, empêchent la couche arable d’être emportée par les pluies, et, lorsque les résidus se décomposent bien, ils servent d’éléments nutritifs pour le sol, ce qui en retour permet d’accroître le rendement des cultures des agriculteurs.

Leurs cultures poussent bien aussi, car les racines ne rencontrent aucune cuirasse constituée par le labour fréquent.

Le brûlage des résidus sur les terres agricoles permet aux paysans d’avoir facilement accès au sol pour les semis. Mais cela crée plus de problèmes à la fin. La couche arable est emportée par les pluies, et le sol perd beaucoup d’éléments nutritifs, ce qui entraîne une baisse de rendements. Les paysans finissent par perdre beaucoup d’argent et de ressources lorsqu’ils doivent gérer les problèmes qui découlent du brûlage des résidus. Si les cultures ne poussent pas bien, les agriculteurs peuvent perdre leurs revenus pour une saison entière.

HAMDIA :
Donc, vous êtes en train de dire que les avantages de la culture sans labour et des autres pratiques de l’AC dépassent les inconvénients?
DR BOA :
Tout à fait.
HAMDIA :
S’il vous plaît, expliquez-nous le terme cuirasse que vous venez juste d’employer.
DR BOA :
Le fait de labourer continuellement la terre provoque la formation d’une couche dure juste en dessous de la profondeur de la partie labourée. On appelle souvent cette couche dure une cuirasse. Les racines ne peuvent pas facilement transpercer cette cuirasse, ce qui limite la pénétration de l’eau, et finit par donner lieu à des plantes ou des semis fragiles. C’est une bonne raison pour laquelle nous conseillons aux agriculteurs de labourer très peu, voire même pas, leurs terres.
HAMDIA :
Merci, Dr Boa. Avez-vous accès aux bons outils manuels pour semer à travers le paillis?
DR BOA :
Ici, au No-Till Centre, nous avons des semoirs pour semis direct. Cependant, nous recommandons à la majorité des agriculteurs d’exploitations familiales de cette région d’utiliser un coutelas, car ils peuvent en acheter facilement au marché.
HAMDIA :
Abena, passons à un autre sujet. J’aimerais entendre les agriculteurs. Lorsque les paysans laissent les résidus de cultures sur leurs champs, ces résidus peuvent parfois abriter des ravageurs. Quels types de problèmes de ravageurs les paysans qui pratiquent la culture sans labour ont-ils lorsqu’ils plantent les semis?
ABENA :
Bien, Hamdia, je vais commencer par Akua Abrafi. Quels sont les problèmes que vous rencontrez au niveau des semis?
AKUA ABRAFI :
Parfois, les foreurs de tiges ou les grillons attaquent mes semis.
ABENA :
Et quelle méthode employez-vous pour les combattre?
AKUA ABRAFI :
Quand je plante, je pulvérise un insecticide sur les résidus et les ravageurs s’enfuient. J’utilise également une ficelle pour tracer des lignes, afin de pouvoir semer dans les lignes. Cela m’aide à garder mes plants de semis en bonne santé et éviter ainsi qu’ils soient exposés aux attaques de ravageurs.
KWAME ANANE :
Je pratique la culture intercalaire pour faciliter mon combat contre les ravageurs.
ABENA :
Hamdia, il semble que l’infestation de ravageurs soit une chose avec laquelle tous les agriculteurs doivent composer. Et la liste de ravageurs est longue, en passant des grillons, aux foreurs de tiges jusqu’aux fourmis rouges qui se nourrissent des semis de piment jusqu’aux légionnaires, etc. Akua Afriyie affirme que lorsqu’elle plante ses piments, les semis sont généralement attaqués par des champignons ou des moisissures. Elle les pulvérise généralement avec de l’alata samina, un savon noir de fabrication locale. [Note de la rédaction : L’alata samina est un savon ghanéen fait à base d’huile de palme rouge, d’huile de coco, de pelures grillées de plantain, de cabosses de cacao grillées, de sel de mer et de beurre de karité ou de beurre de cacao.]
HAMDIA :
Wow, Abena, c’est une contribution très intéressante.
ABENA :
En effet, Hamdia. Et d’autres comme Akua Abrafi utilisent un insecticide.
HAMDIA :
Bien, merci pour ces informations, Abena.
ABENA :
Je vous en prie, Hamdia.
HAMDIA :
Ma prochaine question s’adresse au Dr Boa. Que suggérez-vous aux agriculteurs qui ont ces problèmes?
DR BOA :
Notre philosophie consiste à amener les agriculteurs à introduire des plantes protectrices dans leurs exploitations. Ce sont des plantes qui repoussent les ravageurs qui pourraient attaquer les plantes voisines. La rotation des cultures est également une bonne pratique agricole qui permet de réduire le risque d’infestation de ravageurs. Sinon, nous leur suggérons de détruire efficacement les ravageurs à l’aide des bons produits chimiques, et de ne plus réutiliser ces derniers par la suite.
ABENA :
Est-il conseillé aux agriculteurs d’utiliser des produits chimiques, ou des poisons, comme les appellent les agriculteurs, pour gérer les infestations de ravageurs?
DR BOA :
Nous demandons aux paysans de ne pas utiliser beaucoup trop de produits chimiques sur les cultures. Nous n’utilisons pas de produits chimiques au centre, et nous conseillons aux agriculteurs de limiter leur utilisation d’intrants externes tels que les pesticides et les engrais. Nous leur demandons de considérer les cultures comme des êtres humains qui prennent des médicaments seulement quand ils sont malades et diagnostiqués par le médecin comme tel. Ensuite, les agriculteurs doivent utiliser uniquement les types de produits chimiques recommandés lorsque leurs semis sont très touchés et diagnostiqués par un spécialiste des cultures ou un agent de vulgarisation de notre centre ou du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture. L’agriculteur ou l’agricultrice doivent respecter et appliquer la solution prescrite au moment prescrit. Une fois la situation sous contrôle, les agriculteurs doivent cesser d’utiliser les produits chimiques. Cela leur permettra d’être certains d’avoir des denrées saines propres à la consommation humaine.
HAMDIA :
Merci, Dr Boa. Chers auditeurs et auditrices, nous allons marquer une courte pause. Au retour, nous entendrons à nouveau nos agriculteurs et nos agricultrices. Vous écoutez Farm broadcast, et je suis votre animatrice, Hamdia, qui coanime avec Abena. Restez bien à l’écoute et nous vous revenons tout de suite.
EFFETS SONORES :
QUELQUES SECONDES DE MUSIQUE, PUIS L’ANIMATRICE REVIENT.
HAMDIA :
Nous sommes de retour, chers auditeurs et auditrices, et vous écoutez Farm broadcast, la meilleure émission agricole de la ville. Je suis votre animatrice, Hamdia, et je travaille avec Abena qui nous apporte en direct les contributions d’agriculteurs et de travailleurs au niveau du No-Till Centre, à Amanchia, dans la région Ashanti, au Ghana. N’appuyez pas sur cette touche.

Abena, ma dernière question s’adresse à tous les agriculteurs et les agricultrices : quels sont les avantages que vous procure la culture sans labour ou le proka?

AKUA ABRAFI :
Je dirais que le proka m’aide beaucoup. Je ne suis pas la plus riche, mais je suis très heureuse, car je n’ai pas beaucoup de problèmes sur mon exploitation.
Merci, Akua Abrafi. Monsieur Anane?
KWAME ANANE :
J’avais l’habitude de brûler les résidus sur ma ferme jusqu’à ce je rencontre le Dr Boa qui m’a parlé de la culture sans labour et de toutes les autres pratiques de l’agriculture de conservation. À cette époque, mon sol était dur et je réalisais peu de bénéfices, mais ce n’est plus le cas. Cette pratique contribue à augmenter ma récolte qui double chaque année. Je recommande à tous les agriculteurs d’adopter et de pratiquer le proka pour jouir d’une meilleure vie.
ABENA :
J’ajouterai également la voix de ma contributrice silencieuse, Ama Fosua, qui est trop gênée de parler au micro. Mais elle souhaite que tous nos auditeurs et auditrices sachent que le proka est avantageux, car il empêche les mauvaises herbes de pousser lorsqu’il pleut et il permet au sol de rester humide.

(PAUSE) Je dis un grand merci à tous les agriculteurs et agricultrices réunis ici pour avoir contribué au succès de cette émission. Et je vous suis reconnaissante, Dr Boa, de nous avoir ouvert les portes de votre centre. S’il vous plaît, applaudissez pour vous-mêmes.

EFFETS SONORES :
CRIS D’ENCOURAGEMENT ET APPLAUDISSEMENTS DES PERSONNES INTERVIEWÉES
ABENA :
Merci, chers auditeurs et auditrices, d’avoir participé à cet épisode de Farm broadcast. Mon nom est Abena Danso Dansoa et je suis votre animatrice de terrain pour l’émission d’aujourd’hui, qui diffuse en direct depuis Amanchia dans la région d’Ashanti.
HAMDIA :
Et je suis Hamdia Mohammed, votre animatrice principale pour l’émission d’aujourd’hui. Ne ratez pas Farm broadcast la semaine prochaine, le même jour, à la même heure. Dites à un ami de dire à un autre ami d’être à l’écoute de Farm broadcast. Au revoir!
EFFETS SONORES :
INDICATIF SONORE MONTE, SE MAINTIENT, PUIS DISPARAÎT.

Acknowledgements

Rédaction : Abena Danso Dansoa, consultante, rédaction de textes radiophoniques et recherche, Eagles Roar Creatives
Révision : Kofi Boa, fondateur et directeur du Howard G. Buffett Foundation Centre for No-Till Agriculture.

Ce document a été produit avec l’appui de la Banque canadienne de grains dans le cadre du projet « Conservation Agriculture for building resilience, a climate smart agriculture approach. » (L’agriculture de conservation pour le renforcement de la résilience : une approche agricole intelligente face au climat) Ce travail est financé par le gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca.

Information Sources

Interviews :
Dr Okuani Kofi Boa, fondateur et directeur du No-till Centre à Amanchia.
Fidel Apraku Gyeu Baafour, agent technique, No-till Centre.
Kwame Anane, agriculteur.
Alex Mensah, agriculteur.
Akua Abrafi, agricultrice.
Abena Bio, agricultrice.
Ama Fosua, agricultrice.
Akua Afriyie, agricultrice.