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Qu’est-ce qu’un son ambiant?

En radiodiffusion, un son ambiant est un son provenant de la nature ou émis par une personne, et qui est enregistré dans un endroit particulier et incorporé dans une émission. Il peut s’agir de sons enregistrés en arrière-plan d’un enregistrement principal tel qu’une interview, ou de sons enregistrés séparément et mixés par la suite dans une émission. Un son ambiant peut être également appelé ambiance sonore.

Tout comme la télévision utilise les images, toutes les formes de sons, qu’ils soient ambiants et contrôlés ou planifiés, sont des éléments constitutifs des productions radiophoniques.

Vous pouvez enregistrer le son ambiant séparément ou le mixer avec l’interview plus tard, afin de recréer le décor.

En quoi l’utilisation d’un son ambiant peut m’aider à mieux servir mon auditoire?

  • Un son ambiant permet à l’auditoire d’avoir une meilleure idée de l’endroit où l’action se déroule.
  • Un son ambiant permet de donner le ton ou de créer une ambiance.
  • Un son ambiant ajoute une impression de réalisme ou d’authenticité à la production en montrant aux auditeurs et aux auditrices que le radiodiffuseur ou la radiodiffuseuse se trouve sur la scène plutôt qu’en train de faire un reportage depuis le studio.

Comment un son ambiant peut-il m’aider à produire de meilleures émissions?

  • Un son ambiant aide le radiodiffuseur ou la radiodiffuseuse à réaliser des émissions qui semblent réelles et authentiques.
  • Un son ambiant permet au narrateur ou à la narratrice de narrer des histoires plus clairement, efficacement et de façon théâtrale.
  • Un son ambiant facilite l’imagination. Contrairement à la télévision, la radio ne produit pas d’images visuelles. Les auditeurs et les auditrices doivent faire preuve d’imagination.

Par où dois-je commencer? (Vous en saurez davantage sur ces points et d’autres points dans la section « Détails » ci-dessous.)

  1. Prévoyez, faites des recherches et imaginez le type de son ambiant pouvant vous aider à mieux narrer un récit.
  2. Transportez le bon matériel avec vous.
  3. Familiarisez-vous avec les deux types de sons ambiants et leur fonctionnement.
  4. Sachez quelles sont les limites du son ambiant. Évitez les sons distrayants.
  5. Soyez soucieux des niveaux pendant l’enregistrement ou le mixage d’un son ambiant.
  6. Développez une passion pour les bons sons.

Détails

1. Prévoyez, faites des recherches et imaginez le type de son ambiant pouvant vous aider à narrer un récit.

L’enregistrement d’un son ambiant peut être utile lorsque vous voulez créer un effet particulier, ce qui se produit parfois au début et à la fin d’un élément. Par exemple : si vous faites un reportage sur la production du miel, vous pourriez enregistrer le bourdonnement d’abeilles avant de réaliser vos interviews et faire vos commentaires. Pour une émission sur les inondations, vous pourriez enregistrer le bruit du tonnerre et d’une pluie forte.

Les radiodiffuseurs ne doivent pas interrompre abruptement un son ambiant dès qu’une interview prend fin. Vous pourriez plutôt ouvrir le fond sonore en fondu, le maintenir pendant quelques secondes, puis le diminuer graduellement. Cela peut vous permettre d’économiser du temps quand vous procéderez au montage de vos interviews. Cependant, un son ambiant sera utile seulement à la fin d’une interview si on le perçoit clairement et s’il est pertinent pour le sujet de l’interview.

Lorsque vous élaborez un plan (un découpage technique, une feuille de route ou un scénario) pour votre émission, incluez-y des notes sur les sons dont vous aurez besoin, y compris les sons ambiants.

Après avoir enregistré le son ambiant sur le terrain, écoutez-le à nouveau pour vous assurer qu’il contient tous les sons dont vous avez besoin.

Après avoir recueilli les sons ambiants, étiquetez-les et archivez-les. On ne sait jamais à quel moment ils pourraient être utiles.

2. Transportez le bon matériel avec vous.

Une connaissance de base des types de microphones et une bonne utilisation des outils d’enregistrement élémentaires vous aideront à enregistrer efficacement les sons ambiants.

Pour enregistrer un son ambiant au bon niveau, vous devez savoir d’où provient le son ambiant, et le type d’appareil enregistreur et de microphone que vous devez utiliser.

Microphones

Les microphones ne captent pas les sons de la même manière que nos oreilles. De manière générale, les microphones captent d’une oreille plutôt que de deux oreilles. Ils sont incapables de filtrer les bruits de fond comme l’oreille et le cerveau humains le font.

Voici une vieille astuce pour aider vos oreilles à entendre de la manière qu’entend votre microphone. Cette astuce vous aidera à choisir de bons endroits pour les interviews.

– Écoutez d’une oreille, et non de deux. Placez votre doigt dans une oreille et écoutez les autres personnes parler, ainsi que le bruit qui les entoure. Cela réduira la capacité de votre cerveau à filtrer les bruits. Vous entendrez des échos et des bruits que vous n’aviez pas remarqués auparavant. Le microphone les captera tous. Il est essentiel que vous entendiez uniquement le son que vous recherchez, par exemple : la personne que vous interviewez, en écoutant d’une seule oreille. Sinon, le microphone enregistrera des sons auxquels vous ne vous attendez pas.
– Quand vous utilisez un casque pendant l’enregistrement, couvrez une oreille avec votre casque et laissez l’autre non recouverte. Cela vous permet d’entendre ce que vous enregistrez sur la bande, tout en restant en contact avec la personne que vous interviewez et cela vous permet d’entendre les sons provenant de votre environnement immédiat.

Types de microphones

Les deux grands types de microphones sont les microphones unidirectionnels et omnidirectionnels. Les microphones omnidirectionnels prennent des sons provenant de toutes les directions, tandis que les microphones unidirectionnels prennent les sons provenant d’une seule direction.

Pour les interviews sur le terrain, il est généralement préférable d’utiliser les microphones unidirectionnels, car ils vous permettent de vous concentrer sur la voix de votre invité et de garantir que les sons (bruit) distrayants sont derrière vous, à un endroit où le microphone les capte moins.

Il est préférable d’utiliser un microphone omnidirectionnel quand vous voulez enregistrer plus d’une voix à la fois, par exemple : une discussion en petit groupe.

Dans un environnement où il y a du vent, assurez-vous que le vent ne souffle pas directement dans le microphone. Sinon, trouvez un endroit à l’abri du vent. Si vous voulez donner l’impression d’une journée venteuse, vous pourriez par exemple : enregistrer le son de feuilles d’arbres que le vent balaie, ou de vêtements qui claquent sur une corde à linge. Cela est différent du son étouffé du vent qui souffle à travers le microphone.

Positionnement du microphone

Quel que soit le type de microphone que vous utilisez, la règle générale est la suivante : tenez le microphone à une distance d’environ dix centimètres de l’invité. Dix centimètres c’est la distance entre un pouce tendu et le plus petit doigt. Tenez le microphone juste en dessous de la bouche et hors de votre champ de vision à vous et à l’invité. Cela vous permettra d’éviter les bruits explosifs, et de vous assurer que le microphone ne distrait pas l’invité.

Si vous utilisez un microphone omnidirectionnel et qu’il y a un grand fond sonore général que vous ne pouvez pas éviter, rapprochez-vous du son que vous souhaitez enregistrer. Si, par exemple : vous enregistrez une interview, vous pourriez tenir le microphone à environ une distance d’un poing de l’invité pour minimiser l’effet du fond sonore.

Si vous utilisez un microphone unidirectionnel et qu’un grand fond sonore provient d’une direction particulière :
– Placez votre invité de sorte qu’il fasse face au bruit indésirable. Puis, la partie la plus sensible du microphone devra faire face à l’invité, et la partie la moins sensible sera orientée vers la source du bruit.
– Vous pouvez également rapprocher le microphone de l’invité, mais les microphones directionnels ont tendance à accroître les tonalités de basse lorsqu’ils sont situés trop proches, ce qui ne paraît pas naturel. Si vous placez le microphone près de l’invité, trouvez le bouton situé sur le microphone directionnel, et qui sert à diminuer ou éliminer la basse.

Les journées venteuses nécessitent un pare-vent.

Beaucoup de microphones sont recouverts d’un pare-vent en mousse. Utilisez celui-ci chaque fois que cela est possible. Si vous n’avez pas de pare-vent, vous pouvez en fabriquer avec des bas pour femmes ou d’autres tissus fins. Découpez le tissu et enroulez-le plusieurs fois autour du microphone. Faites un essai avec quelques couches. Trop de couches pourraient étouffer le son.

Casques et écouteurs

Ce sont des outils pratiques pour le contrôle de qualité du son enregistré, et ils permettent au preneur de son d’ajuster le niveau d’enregistrement au point désiré. Quand vous entendez clairement ce que vous enregistrez, vous n’avez pas besoin de faire trop de modifications par la suite. Vous gérez plutôt le son en temps réel.

3. Familiarisez-vous avec les deux types de sons ambiants et leur fonctionnement.

Un son en avant-plan est un son ambiant qui a un contenu que vous voulez diffuser avec le même niveau sonore que la voix dans une interview. Nous appelons souvent ce type de son « clip sonore ».

Un son en arrière-plan est un son ambiant qui crée la toile de fond d’un lieu et donne une bonne idée de l’environnement. On l’appelle également « Son nat » (son naturel), ambiance ou « AP » (pour « arrière-plan. »)

Les sons ambiants en avant-plan et en arrière-plan requièrent différentes techniques.

Avant-plan :
– Ne tenez pas le microphone ou l’appareil enregistreur fermement dans la main. Il pourrait enregistrer le son émis par votre main elle-même à mesure que celle-ci bouge nerveusement.
– Vous pourriez monter le microphone ou l’appareil enregistreur sur un support et le laisser enregistrer le son en avant-plan sans devoir le toucher.
– Assurez-vous d’être assez proche pour obtenir un bon niveau de son et ne pas surcharger l’appareil enregistreur de sons indésirables.
– Protéger le microphone du vent. Servez-vous de votre corps comme pare-vent si nécessaire.
– Enregistrez assez de son en avant-plan pour être certain d’avoir un bon contenu pour la diffusion. Il pourrait s’agir de quelques secondes du chant d’un coq, et de plusieurs minutes de discours.

Arrière-plan :
– Enregistrez des sons différents et intéressants. Un climatiseur ou un groupe électrogène bruyant ne sont guère utiles pour votre reportage.
– Maintenez votre appareil enregistreur à une certaine distance pour qu’il puisse enregistrer l’ambiance complète sans qu’une partie de l’arrière-plan submerge la scène.
– Évitez le vent en protégeant le microphone ou l’appareil enregistreur avec votre corps.
– Enregistrez assez de son en arrière-plan, afin que vous puissiez le repasser sous la voix sans que cela donne l’impression d’être répétitif. Deux ou trois minutes devraient suffire.

4. Sachez quelles sont les limites du son ambiant. Évitez les sons distrayants.

Un son ambiant est une épée à double tranchant : il peut améliorer ou réduire la qualité de votre émission.

Si l’enregistrement de votre son ambiant est trop fort, il peut détourner l’attention de l’auditoire de votre émission en couvrant la voix de la personne qui parle.

N’exagérez pas; trouvez le bon équilibre. Par exemple : si vous voulez enregistrer les sons provenant d’une ferme pour montrer que l’interview a eu lieu sur une ferme, n’enregistrez pas 500 poules criaillant bruyamment. Cela détournera l’attention des auditeurs de la partie la plus importante de l’enregistrement.

Soyez prudent quant au mixage du son ambiant et des effets sonores. Par exemple : si vous enregistrez une interview dans une ferme avec un son ambiant en arrière-plan, par exemple : des poules et des vaches, ce n’est probablement pas une bonne idée d’utiliser des effets sonores. Cela pourrait en fait faire oublier aux auditeurs que vous enregistrez dans un endroit réel.

De manière générale, on utilise des sons ambiants plutôt que des effets sonores dans les documentaires. Il en est de même pour les interviews dans les fermes. En revanche, les émissions dramatiques utilisent généralement les effets sonores, et pas les sons ambiants.

Ne craignez pas le silence, et rappelez-vous que le silence absolu n’existe pas. Même dans un endroit très calme, prenez le temps d’enregistrer l’ambiance de la pièce. « L’ambiance de la pièce » est le silence enregistré dans un lieu particulier. Tous les lieux ont un type de « silence » distinct. Pour être certain de ne pas noter les vides au niveau de la piste audio correspondant aux endroits où vous avez fait des modifications, vous pouvez soit a) inclure une autre bande-son dans l’ambiance de la pièce qui est de la même longueur que l’extrait intégral, soit b) insérer l’ambiance de la pièce où vous avez fait des modifications. L’ambiance de la pièce est toujours plus « animée » que le silence de votre logiciel de montage.

Il est malhonnête d’enregistrer un son ambiant dans un endroit et d’utiliser celui-ci pour un reportage qui se déroule ailleurs. Par exemple : si j’enregistre le bruit de voitures dans un village, mais que je donne aux auditeurs l’impression que ce bruit provient d’un autre village, je trompe ces derniers. L’utilisation du son ambiant vise à représenter la réalité, et ne pas donner de fausses informations.

5. Soyez soucieux des niveaux pendant l’enregistrement ou le mixage d’un son ambiant.

Il n’existe aucune formule magique pour déterminer la proportion de son ambiant qu’il vous faut pour enregistrer et procéder au mixage dans une émission radiophonique.

Le meilleur conseil consiste à faire tout avec modération. Vous n’avez pas besoin de son ambiant pour chaque partie de l’audio de votre émission. Utilisez-le seulement s’il apporte un plus à votre travail.

Un son ambiant ne doit pas résonner trop fort au point de noyer les autres sons ni être trop calme au point que les auditeurs ignorent de quoi il s’agit. En outre, les autres sons, par exemple : la voix de l’animateur, ne doivent pas couvrir le son ambiant. Si tel est le cas, il se peut que les auditeurs ne reconnaissent pas le son et que celui-ci devienne un bruit inutile ou une distraction monotone. Les casques sont très pratiques pour rectifier les niveaux.

Si vous avez besoin de décrire l’action qui accompagne un son ambiant, il est important de la décrire correctement. Par exemple : le son du sarclage avec une machette diffère de celui d’un sarclage effectué à l’aide d’une houe. Par conséquent, assurez-vous d’utiliser les bons termes pour décrire ce qui se passe. Rappelez-vous que les auditeurs, et surtout les agriculteurs, perçoivent assez bien les sons provenant d’un milieu rural. Ils constateront s’il y a quelque chose qui ne va pas.

6. Développez une passion pour les bons sons.

En tant que radiodiffuseur, il est important que tout ce que vous produisez soit de bonne qualité. La perception d’un bon son diffère considérablement d’une personne à une autre. Il est toujours important de faire attention aux distorsions et à tous les bruits émis qui ne figuraient pas dans l’enregistrement original. Il n’est pas nécessaire qu’un bon son sonne comme s’il était enregistré en direct. Cependant, il doit sonner authentique.

Si vous prenez le temps d’apprendre de bonnes techniques d’enregistrement et de montage, cela fera toute une différence pour la qualité du son que vous enregistrez, et cela peut être même très amusant. Si vous êtes un passionné des bons sons, tout ce que vous produirez motivera les auditeurs à écouter sans qu’ils soient distraits. Cela leur donnera une idée de ce qui se passait pendant l’enregistrement, et cela vous permettra de perfectionner vos compétences radiophoniques.

Où puis-je avoir d’autres renseignements sur le son ambiant?

Fowkes, Stuart, undated. The top 5 things you need to make a great field recording. http://citiesandmemory.com/2014/08/top-5-things-need-make-great-field-recording

24 hours in a newsroom, undated. Audio recording. http://www.24hdansuneredaction.com/en/radio/19-audio-recording/

Yamauchi, Willow, undated. The do’s and don’ts of gathering ambient background, or harvesting ‘wild sound.’ CBC: The Doc Project. http://www.cbc.ca/radio/docproject/blog/the-do-s-and-don-ts-of-gathering-ambient-background-or-harvesting-wild-sound-1.3553842

Définitions

Fond sonore : Son ambiant qui recréé l’ambiance d’un lieu et donne une idée de l’environnement. Également appelé « Son nat » (son naturel), ambiance ou « AP » (pour « arrière-plan. »)

Microphone omnidirectionnel : les micros omnidirectionnels enregistrent les sons provenant de toutes les directions.

Ambiance de la pièce : le « silence » enregistré dans un endroit particulier.

Microphone unidirectionnel : Les micros unidirectionnels captent les sons provenant d’une seule direction.

Acknowledgements

Rédaction : Kumah Drah, formateur assistant en radio, Radios Rurales Internationales, Ghana; Busisiwe Ngcebetsha, consultant, Community media; Sylvie Harrison, Chef d’équipe des métiers radiophoniques, Radios Rurales Internationales; et Vijay Cuddeford, Rédacteur, Radios Rurales Internationales