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Script 107.10

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Le Nigeria produit environ 1,5 million de tonnes de tomates chaque année. Cela pourrait vous sembler énorme, mais ce n’est rien comparativement à la production d’autres pays. Et, puisque les tomates sont une denrée très prisée au Nigeria, cette production est loin de satisfaire la demande. Outre les grands producteurs comme l’Inde et la Chine, même des petits pays, tels que l’Italie, produisent presque cinq fois autant que le Nigeria, et ce, avec moins de terres. Cela signifie que le Nigeria doit importer la majeure partie des tomates qu’il consomme, généralement sous forme de pâte de tomate afin de compenser le déficit.

La tomate est de plus en plus cultivée dans le pays. La demande exprimée par les acheteurs au détail et les transformateurs, ainsi que la période relativement courte qui s’écoule entre les semis et les récoles, rendent attrayante cette culture pour les agriculteurs qui pensent aux nairas qu’elle pourrait leur rapporter.

Cependant, il est important que les producteurs sachent que la culture des tomates n’est pas aussi aisée que celle d’autres denrées. La tomate est très délicate et sa production nécessite d’importants capitaux. Dans le présent radiophonique, nous nous entretiendrons des réalités de la culture de la tomate avec un agronome dans une grande ferme de tomates, et, par la suite, deux agriculteurs nous raconteront leurs expériences avec cette culture. Nous en saurons plus sur les variétés de tomates les plus répandues, les stratégies pour réduire les coûts de production et les moyens pour obtenir un capital auprès des banques ou des fonds agricoles.

Les agriculteurs qui désirent cultiver des tomates et d’autres denrées de grande valeur et à haut rendement trouveront ce texte radiophonique pratique. Il explique aux producteurs de tomates en herbe quelles peuvent être leurs attentes, quels sont les difficultés et les avantages liés à cette culture, et il leur permettra de savoir que, même s’il n’est pas simple de cultiver les tomates, les avantages qu’elles offrent sont nombreux.

Vous pourriez vous inspirer de ce texte pour faire des recherches pour la rédaction d’un texte radiophonique sur la culture de la tomate ou d’autres denrées de grande valeur dans votre région. Sinon, pourquoi ne feriez-vous pas interpréter ce texte dans votre station, par des comédiens et des comédiennes de doublage à la place des intervenants? Si tel est le cas, assurez-vous d’informer votre auditoire au début de l’émission qu’il s’agit de voix de comédiens de doublage et non celles des personnes avec lesquelles les interviews originales ont été réalisées.

Si vous décidez de vous inspirer du présent texte radiophonique pour produire votre propre émission, vous pourriez vous entretenir avec des agriculteurs qui cultivent des tomates ou d’autres denrées de grande valeur dans votre région, ainsi que les experts qui leur prodiguent des conseils, en leur poser les questions suivantes :

  • De quel marché disposent les producteurs de tomates dans cette région?
  • Que faut-il pour pénétrer ce marché, en termes de capitaux, de connaissances, etc.?
  • Combien de temps un agriculteur doit-il investir la culture des tomates avant de pouvoir faire de bons profits?

Durée estimée du texte radiophonique : 20 minutes avec la musique de début et de fin.

Script

ANIMATEUR :
Aujourd’hui, nous parlerons de la production de tomates au Nigeria.

Les tomates sont une culture vivrière très importante pour les Nigérians, et servent d’ingrédients pour la préparation de repas dans tout le pays. Presque chaque groupe ethnique a une spécialité dont la cuisson nécessite la tomate, et il est presque impossible pour certaines personnes de préparer le plat national appelé riz jollof sans la tomate.

Cependant, la production de tomate est très déficitaire au Nigeria, surtout lorsqu’on la compare à celle d’autres pays. Il en est de même en ce qui a trait à la capacité du pays à satisfaire la demande. Bien que le Nigeria produise 1,5 million de tonnes de tomates chaque année, il lui faut en importer plus pour compenser le déficit.

Nous avons demandé à Mme Mira Mehta et à M. Art Cardoso de nous parler des problèmes que les producteurs de tomates nigérians rencontrent, et de nous expliquer les raisons pour lesquelles les niveaux de production sont si bas.

Mme Mehta est la fondatrice de Tomato Jos, une entreprise sociale à but lucratif qui travaille avec les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales locaux en vue d’améliorer la production et mieux desservir les marchés locaux. M. Cadoso était l’agronome en chef et est désormais le vice-président de la production. Tomato Jos est basée à Panda, dans l’État de Nasarawa, au nord du pays.

Bonjour Mira et Art.

MIRA & ART :
Bonjour!
ANIMATEUR :
Quel est selon vous, le problème majeur afférent à la production de tomates au Nigeria?
MIRA MEHTA :
Je dirais que l’acquisition de la matière première, à savoir les tomates, constitue le problème majeur. Nous voyons très souvent que les gens accordent beaucoup d’importance à la construction d’usines, et dépensent beaucoup d’argent pour cela.

Les usines sont sans aucun doute nécessaires pour la production de la pâte de tomate, mais je crois qu’un des problèmes se situe en fait au niveau du transport de la denrée de chez les producteurs au lieu où elle peut être transformée.

ANIMATEUR :
Qu’en est-il en ce qui concerne les producteurs?
MIRA MEHTA :
Je dirais que l’instruction est un gros problème. Même s’il y a beaucoup de programmes et de ressources de développement, les producteurs semblent ne pas comprendre ou savoir comment y accéder. Par exemple : il existe des prêts dont pourraient tirer profit les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales.

De plus, ce manque d’instruction génère également des lacunes par rapport aux connaissances, par exemple : les stratégies de lutte contre les maladies, en particulier celles qui touchent les plants de tomates. L’an dernier, un si grand nombre d’informations erronées ont circulé à propos du problème de maladie des tomates que cela a empiré la situation.

ANIMATEUR :
Comment expliquez-vous cela?
ART CARDOSO :
Par exemple : les gens, même dans les médias, appelaient ça « Ebola de la tomate » comme s’il s’agissait d’un virus, alors qu’elle était en réalité causée par un papillon nocturne. Par conséquent, les agriculteurs ont été incapables de traiter correctement cette maladie.
MIRA MEHTA :
Il y a un problème qu’on rencontre très souvent. Les producteurs n’ont pas toujours accès aux bons produits chimiques. Ainsi, ils se rendent au marché ou dans une boutique locale et achètent une petite bouteille non étiquetée contenant un liquide vert, et se font dire de verser celui-ci dans un pulvérisateur à dos et d’en pulvériser sur leurs plants. Ils n’ont aucune idée de ce qu’ils pulvérisent, et si cela est dangereux, efficace ou si c’est de l’eau colorée par un engrais vert.
ANIMATEUR :
Quels autres problèmes les cultivateurs de tomates rencontrent-ils au Nigeria?
MIRA MEHTA :
Le capital pose problème. La tomate est une culture extrêmement imprévisible, et ses prix varient considérablement. Il arrivait que les producteurs investissent beaucoup d’argent, et récoltent quand le marché était saturé, ce qui faisait qu’ils recevaient des prix très bas. Cela peut être assez décourageant. Certains producteurs en arrivent à se poser la question suivante : « À quoi cela sert-il? »
ART CARDOSO :
Les attentes des agriculteurs constituent un autre point. Pour que votre production de tomates réussisse vraiment, il vous faut beaucoup investir, aussi bien en termes de finances que de temps. Si les producteurs se lancent dans cette activité en pensant qu’il s’agit d’une denrée facile à cultiver, à l’instar du maïs ou du riz, ils peuvent parfois être choqués que ce n’est pas comme le maïs avec lequel ils peuvent semer une graine et obtenir une récolte assez bonne pour couvrir le coût des semences et obtenir en retour un petit plus. Ce n’est pas aussi facile.
ANIMATEUR :
Donc, les agriculteurs sont-ils trop optimistes?
ART CARDOSO :
Pas vraiment. On a plus l’impression que certains ne s’attendent pas ou ne sont pas prêts à assumer la charge de travail nécessaire pour réussir dans la production de tomates.
MIRA MEHTA :
Art a mentionné que les attentes des producteurs dépassaient autant les récoltes que le rendement des investissements. Mais les transformateurs, les acheteurs ou les intermédiaires avaient également des attentes envers les producteurs. Ces derniers ne sont pas toujours conscients de ces attentes. Ils ne comprennent pas toujours ce qu’on attend d’eux.
ANIMATEUR :
Pourriez-vous expliquer davantage?
MIRA MEHTA :
Au Nigeria, et à travers le continent, il y a eu beaucoup de programmes d’aide aux petits planteurs qui n’ont pas été explicites par rapport à ce qu’on attendait des producteurs. Ainsi donc, parfois, les producteurs n’étaient pas toujours nécessairement sur la même longueur d’onde que les transformateurs en ce qui avait trait à ceux qu’ils espéraient tirer des programmes.
ANIMATEUR :
Donc, les agriculteurs ont été déçus par les programmes?
MIRA MEHTA :
C’était en fait dans les deux sens. Certains agriculteurs avaient promis quelque chose à un groupement ou un transformateur, peut-être une certaine quantité de produits agricoles, et ils ont été incapables de livrer la quantité promise à temps, voire pas du tout, pour une raison ou une autre.

Cela provoque une rupture de confiance et amène un groupement à être moins enclin à travailler avec les producteurs une autre fois. Une telle situation fait également en sorte que les transformateurs et les acheteurs préfèrent travailler avec des agriculteurs qui produisent en grandes quantités, car ils pensent qu’ils peuvent compter plus sur eux.

ANIMATEUR :
Ce qui signifie que les petits producteurs n’ont pas de chance?
MIRA MEHTA :
Il y a de fortes chances que les petits producteurs se regroupent pour former des coopératives. Toutefois, ces coopératives ne sont pas toujours gérées par des producteurs. Parfois, elles sont essentiellement gérées par des intermédiaires. Donc, la communication entre les agriculteurs et les acheteurs ou les transformateurs n’est pas directe, et, parfois, il y a des renseignements qui ne ressortent pas dans la traduction.
ANIMATEUR :
Merci, Mira et Art. Maintenant, nous allons nous entretenir avec quelques agriculteurs qui nous parleront de leurs expériences en matière de culture de tomates. Nous allons commencer par Mallam Sagir Bala, qui est originaire de l’État de Kaduna, au nord du Nigeria. Bienvenue, Mallam.
MALLAM BALA :
Merci.
ANIMATEUR :
Pouvez-vous nous parler un peu de vous?
MALLAM BALA :
Je vis à Hunkuyi, dans la collectivité locale de Kudan, dans l’État de Kaduna. L’agriculture a toujours occupé une grande place dans ma vie. Je vivais avec mon grand-père, et tout petit déjà je l’observais travailler à sa ferme, et cela a suscité l’amour de l’agriculture en moi. Il cultivait beaucoup de choses, et tout ce que j’ai appris sur l’agriculture, c’est auprès de lui que j’ai appris.
ANIMATEUR :
Vous cultivez essentiellement des tomates désormais?
MALLAM BALA :
Si. L’an dernier, j’ai cultivé du maïs pendant quelque temps, au moment où il y avait les problèmes de maladies des tomates, mais je cultive surtout des tomates.
ANIMATEUR :
Qu’est-ce qui vous a poussé à cultiver les tomates?
MALLAM BALA :
Cela m’a toujours intéressé depuis tout petit. Peut-être que c’était dû à leurs couleurs vives. Pour moi, les tomates sont faciles à cultiver et je n’ai pas besoin de dépenser beaucoup d’argent.
ANIMATEUR :
Vraiment? J’ai entendu dire qu’il s’agissait d’une des denrées les plus difficiles à cultiver.
MALLAM BALA :
En effet, ce n’est pas aussi simple que d’autres cultures. Même ce que j’ai dit concernant le fait de ne pas dépenser beaucoup d’argent, c’est juste parce que je cultive les tomates depuis tout jeune. Par conséquent, c’est presque une seconde nature pour moi.
ANIMATEUR :
Vous êtes un expert.
MALLAM BALA :
Je n’irai pas jusqu’à dire cela. Tout ce que je sais, c’est que la culture des tomates m’a toujours intéressée, et lorsque quelque chose vous passionne et vous intéresse réellement, vous vous investissez à fond pour être certain de réussir. Même lorsque j’étais au secondaire, et que j’étudiais en science agricole, cela m’intéressait. Quand il nous fallait choisir une denrée à cultiver, je me focalisais sur les tomates. Au début, c’est difficile, mais une fois que vous comprenez ce que vous faites, cela est facile à faire.
ANIMATEUR :
Alors, quels sont quelques-uns des problèmes que vous rencontrez au niveau de la culture des tomates?
MALLAM BALA :
Les insectes. Je pensais que mes tomates étaient infestées de nématodes, mais j’ai su par la suite que c’était la larve d’un papillon nocturne. Cela m’a vraiment porté préjudice l’an dernier.

Normalement, je gagne 300 000 nairas (940 $) par an, mais, l’an dernier, j’ai eu seulement 50 000 nairas (155 $). C’est pour cette raison en fait que je me suis tourné vers le maïs. Je n’y croyais pas. Durant les bonnes années, j’ai même pu acheter une moto et il me restait encore de l’argent. Cependant, l’an dernier, ma famille et moi avons réellement éprouvé des difficultés.

ANIMATEUR :
Comment vous en êtes-vous sorti?
MALLAM BALA :
Il nous a fallu trouver des gens pour pulvériser les cultures. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils ont utilisé, mais ils nous ont avertis d’éviter d’aller dans les champs pieds nus pendant quelques jours après qu’ils eurent pulvérisé le produit.
ANIMATEUR :
Espérons que le problème est réglé.
MALLAM BALA :
Bien, le conseil que nous avons reçu c’est que nous devrions pulvériser régulièrement pour tenir les ravageurs à l’écart. Cela coûte cher, mais c’est mieux que de tout perdre.
ANIMATEUR :
Quels sont les autres problèmes que vous rencontrez?
MALLAM BALA :
L’argent pose problème. J’aimerais cultiver et augmenter ma production, mais pour satisfaire la demande du marché, il vous faut de l’argent.
ANIMATEUR :
Que voulez-vous dire?
MALLAM BALA :
Au début, quand j’ai commencé, j’utilisais une variété locale. Nous l’appelons Darita. Les gens ne l’aiment pas autant que la variété Beefsteak, donc, c’est celle que je cultive maintenant. Cela fait presque trois ans que je cultive la Beefsteak. Elle coûte plus cher à produire que la variété locale.
ANIMATEUR :
Pourquoi? Les semences coûtent-elles plus cher?
MALLAM BALA :
Si. Vous pouvez vous procurer les semences locales partout, mais je trouve les semis de la Beefsteak uniquement à Lagos ou à Ibadan. Ensuite, vous devez dépenser de l’argent pour recruter des ouvriers qualifiés, car cette variété ne ressemble pas à la variété ordinaire. Donc, vous avez besoin de personnes ayant de l’expérience pour vous aider.
ANIMATEUR :
Qu’en est-il de faire affaire avec les vendeurs et faire parvenir vos denrées sur le marché? Comment cela se passe-t-il?
MALLAM BALA :
Il m’a fallu faire preuve d’une grande créativité pour faire affaire avec les vendeurs. J’avais l’habitude de leur offrir des échantillons de tomates en guise de stratégie commerciale, pour leur donner une idée de ce que je cultivais.
ANIMATEUR :
Merci, Mallam Bala. Après, nous aurons un court entretien avec Tijani Mohammed, un agriculteur de Kaduna, qui nous expliquera pourquoi il cultive les tomates plutôt que d’autres plantes. Bonjour, monsieur Mohammed.
TIJANI MOHAMMED :
Merci.

ANIMATEUR :
Alors, pourquoi les tomates?
TIJANI MOHAMMED :
Bien, la demande pour les tomates est forte sur le marché. À l’échelle locale, certains supermarchés ont conclu un marché avec les producteurs pour que ces derniers les ravitaillent régulièrement. Même lorsqu’il y a une pénurie sur le marché, ces magasins disposent toujours d’une bonne réserve souvent. Par conséquent, je savais que ce serait une bonne chose financièrement pour moi d’en cultiver. J’avais l’habitude de cultiver du maïs, mais je suis content d’avoir effectué ce changement. En outre, les tomates sont plus faciles à surveiller que les autres cultures après que vous les avez plantées.
ANIMATEUR :
Que voulez-vous dire?
TIJANI MOHAMMED :
Il y a des méthodes que nous producteurs utilisons pour retarder la croissance des plants de tomates pendant une certaine période de temps.
ANIMATEUR :
Pourquoi faites-vous cela?
TIJANI MOHAMMED :
OK, imaginons par exemple que vous plantez des semis et qu’ils commencent à germer, et que vous rendez compte que la demande n’est pas forte. Alors, vous pouvez ralentir un peu la croissance jusqu’à ce que la demande soit plus forte.
ANIMATEUR :
Comment faites-vous cela?
TIJANI MOHAMMED :
J’ai suivi une formation spéciale pour apprendre cette méthode. Ce n’est pas quelque chose que je peux expliquer facilement, mais cela implique un émondage des plants.
ANIMATEUR :
Merci, Tijani. Pour la suite, nous nous entretiendrons avec John Jonathan, un autre agriculteur qui fait également du commerce, et qui est installé à Kaduna. Merci d’accepter de nous parler aujourd’hui, monsieur Jonathan.
JOHN JONATHAN :
Il n’y a pas de problème.
ANIMATEUR :
Comment vous êtes-vous retrouvé dans la culture des tomates?
JOHN JONATHAN :
J’ai commencé il y a longtemps. Cela fait près de dix ans que je cultive des tomates. Mais j’ai toujours cultivé. Quand j’étais petit, nous avions l’habitude d’aller au champ après l’école, et quand nous avons atteint un certain âge, on nous a donné un lopin de terre à tous pour cultiver tout ce que nous voulions. J’ai finalement commencé à cultiver des tomates.
ANIMATEUR :
Quelle sorte de tomates cultiviez-vous?
JOHN JONATHAN :
Quand j’ai commencé à cultiver les tomates, je cultivais la variété locale, Darita. Depuis mon enfance, c’est la variété que nous cultivions et, donc, c’est par celle-là que j’ai commencé.

Mais durant mon parcours d’agriculteur, je me suis retrouvé à discuter avec d’autres agriculteurs, à apprendre d’eux et à partager mes connaissances avec eux. C’est ainsi que je me suis intéressé aux autres variétés. Actuellement, je cultive la variété EVA. Sa chair est onctueuse et paraît très fraîche. Cela fait maintenant cinq ans que je la cultive, et je n’ai reçu aucune plainte.

ANIMATEUR :
Quelles difficultés rencontrez-vous?
JOHN JONATHAN :
L’argent. Vous devez dépenser de l’argent pour avoir de l’argent. Vu la situation agricole actuelle, vous devez dépenser plus d’argent qu’autrefois. Maintenant que les techniques agricoles sont plus mécanisées, il vous faut de l’argent pour acheter ou louer des outils agricoles, et payer leur entretien. Si vous voulez agrandir votre exploitation agricole ou développer vos activités agricoles, vous avez besoin d’avoir un plus gros capital, et cela est toujours difficile à obtenir.
ANIMATEUR :
Comment êtes-vous parvenus à surmonter ce problème?
JOHN JONATHAN :
Nous avons créé des coopératives. Cela donne l’impression que nous sommes plus influents et « plus sérieux » lorsque nous faisons affaire avec les banques ou vendons nos tomates.
ANIMATEUR :
Que voulez-vous dire par « plus sérieux »?
JOHN JONATHAN :
Peut-être que je n’emploie pas les bons termes. Je veux dire que lorsque nous allons à la banque, par exemple, je sens qu’ils nous respectent plus quand nous nous présentons en tant que coopérative que si nous y allons individuellement. Notre coopérative, par exemple, a obtenu un prêt auprès de la Banque agricole.
ANIMATEUR :
Le prêt vous a-t-il été utile?
JOHN JONATHAN :
L’argent que nous avons obtenu ne suffisait pas pour l’achat des outils agricoles dont nous avions besoin. Aussi, avons-nous décidé de les louer plutôt à leurs propriétaires. Cela coûte cher quand même, mais pas aussi cher que de les acheter purement et simplement.
ANIMATEUR :
Avez-vous d’autres problèmes?
JOHN JONATHAN :
La conservation. Vous savez que la tomate est une denrée très périssable. Elle ne se conserve pas du tout longtemps. Quand mes tomates sont mûres, je dois agir vite, en les emportant au marché pour les vendre immédiatement ou en trouvant un moyen de les conserver. Heureusement, nous avons également utilisé le prêt de la Banque agricole pour louer un local pour entreposer les produits agricoles.
ANIMATEUR :
Avez-vous des conseils à donner aux gens qui essaient d’améliorer leurs activités agricoles?
JOHN JONATHAN :
Ce qui a fonctionné pour moi c’était de former une coopérative avec des personnes qui étaient sur la même longueur d’onde que moi. Puis, nous sommes allés à la banque pour demander des prêts. Et le plus important, lorsque nous avons obtenu le prêt, nous avons dépensé l’argent judicieusement pour les activités agricoles.
ANIMATEUR :
Merci, John. Comme vous pouvez le voir chers auditeurs et auditrices, l’accès au capital et aux prêts semble constituer un gros problème pour les producteurs de tomates nigérians. Comme l’a déclaré John Jonathan, vous devez dépenser de l’argent pour avoir de l’argent. Tournons-nous maintenant vers Art Cardoso pour qu’il nous donne le mot de la fin.
ART CARDOSO :
Mira et moi aimons dire qu’avec les tomates vous devez travailler trois fois plus et dépenser trois fois plus qu’avec les autres cultures pour une récolte décuplée. Je crois que les agriculteurs, nouveaux ou anciens dans le métier, et les transformateurs doivent comprendre cela.
ANIMATEUR :
Merci encore, Art. Nous espérons que cette émission a été instructive pour vous, chers auditeurs et auditrices. À bientôt.

Acknowledgements

Rédaction : Ted Phido, The Write Note Limited, Lagos, Nigeria
Révision : Osaki O. Alalibo, propriétaire, ferme maraîchère Abiding Wealth et doctorant en agriculture à la University of Science and Technology de l’État de Rivers, au Nigeria

Information Sources

Interviews :
Mira Mehta (fondatrice/directrice générale) et Art Cardoso (vice-président de la production/agronome en chef) de Tomato Jos, Panda, État de Nassarawa, Nigeria, 7 mars 2017
Sagir Bala, agriculteur, Kaduna, 21 mars 2017
Umma Abdullahi, agriculteur, Kaduna, 21 mars 2017
John Jonathan, agriculteur, Kaduna, 21 mars 2017
Tijani Mohammed, agriculteur, Kaduna, 7 juin 2017