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Script 107.3

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La fèverole (appelée haricot Faba en Éthiopie) est un aliment de consommation courante dans le pays, et est surnommée gourgane ou fèverole à petits grains dans d’autres pays. Cette légumineuse concourt à la fertilité des sols en y fixant l’azote, rendant celui-ci utile pour la rotation avec des céréales vivrières telles que le blé ou le tef.

En Éthiopie, le rendement moyen de la fèverole est de 1 800 kilogrammes par hectare, bien que certains agriculteurs produisent jusqu’à 4 800 kilogrammes. Les paysans éthiopiens préfèrent cultiver les fèveroles sur des sols limoneux ou des sols sableux rouges. Au nombre des difficultés liées à la production de fèveroles en Éthiopie figurent : les insectes ravageurs, les maladies, les semences inappropriées, la stérilité des sols et les terrains engorgés.

Le présent texte radiophonique explique comment les agriculteurs éthiopiens préparent leurs terres pour les semailles, y compris la préparation du compost, la prise de mesures pour les semis en lignes et le labour. En Éthiopie, certains producteurs de fèveroles labourent leurs champs de fèverole trois fois, même si d’autres labourent moins souvent.

Dans ce texte, il est également question d’inoculants qu’on utilise parfois lorsqu’on cultive des légumineuses. Il s’agit de produits mélangés avec les semences au moment des semis. Les inoculants contiennent des organismes vivants qui favorisent la croissance des plants en leur permettant de disposer davantage des éléments nutritifs importants du sol.

Le présent texte radiophonique est adapté d’interviews réelles. Vous pourriez le présenter dans le cadre de votre émission agricole, en faisant interpréter les différents rôles par des comédiens et des comédiennes de doublage. Si tel est le cas, assurez-vous d’informer votre auditoire au début de l’émission qu’il s’agit de voix de comédiens de doublage, et non celles des personnes avec les interviews originales ont été réalisées.

Sinon, vous pourriez vous servir de ce texte comme document de recherche pour votre article sur la préparation des terres, pour les haricots ou une autre culture.

Entretenez-vous avec des agriculteurs et des agricultrices qui ont de très bonnes récoltes de fèveroles, en leur posant les questions suivantes :

  • Quelles sont les plus importantes pratiques en matière de préparation des terres?
  • Que faites-vous pour être certain d’avoir un sol fertile?
  • Labourez-vous votre sol? Si non? Pourquoi pas? Si oui, combien de fois labourez-vous votre sol? Pourquoi?
  • Quand mettez-vous en œuvre ces pratiques? Comment savez-vous à quel moment vous devez commencer à préparer la terre?

Durée estimée de ce texte radiophonique : 10-15 minutes avec la musique de début et de fin.

Script

ANIMATEUR:
Bienvenue à (titre de l’émission). Aujourd’hui, nous sommes dans la circonscription de Bakelo, une collectivité de la région d’Amhara, en Éthiopie, non loin de la capitale, Addis-Abeba. Nous parlerons des fèveroles, ce qui est une bonne chose, puisqu’en amharique, une des principales langues éthiopiennes, «bakela» signifie «fève»!

Nous sommes dans la première semaine de juin, et c’est presque le moment de semer les fèveroles. Alors, je vais m’entretenir avec Yohannes Kelile et Askale Kasaye concernant la façon dont ils préparent leurs terres. C’est une région vallonnée, où la nature du sol, et ce qu’on y cultive varient d’une pente à l’autre.

Un petit agglomérat de bâtiments se trouve au bas d’une colline, près d’une route goudronnée. Là, je rencontre l’agriculteur Yohannes Kelile, et l’agent de développement, Negesse Woldemariam.

Yohannes, sur quelle superficie comptez-vous cultiver la fèverole?

YOHANNES KELILE:
Je cultiverai les fèveroles sur un hectare. Je vais également cultiver de l’orge, du blé et des pois.

ANIMATEUR:
À quel stade de la préparation de la terre êtes-vous actuellement?

YOHANNES KELILE:
Nous procédons actuellement au deuxième labour. Nous labourerons une troisième fois et nous sèmerons en fin juin.

ANIMATEUR:
Quel conseil les producteurs de fèveroles doivent-ils retenir?

YOHANNES KELILE:
Il est important de bien choisir votre terre. Assurez-vous d’exploiter une terre sur laquelle le blé et l’orge ont été les dernières denrées à être cultivés. Si cette terre a servi en dernier à la culture de haricot, elle ne sera pas aussi productive. C’est que j’ai appris par expérience.

NEGESSE WOLDEMARIAM:
Ici, les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures. Ils alternent le blé, l’orge, les pois et la fèverole. Lorsque les pois et la fèverole poussent, ils fixent l’azote dans le sol, qui servira au blé et à l’orge qui seront cultivés la saison suivante. Les agriculteurs ajoutent de l’engrais pendant la saison de culture du blé et de l’orge. Cet engrais sera utile à la fèverole.

ANIMATEUR:
Merci, monsieur Woldemariam. Yohannes, quelle denrée avez-vous cultivée en dernier dans le champ?

YOHANNES KELILE:
J’ai cultivé et récolté du blé en janvier. Puis, en février, j’ai procédé au premier labour. C’est la saison sèche et le sol a besoin d’être exposé au sol pour réduire la présence d’organismes nuisibles et de maladies.

ANIMATEUR:
Quel outil utilisez-vous pour labourer votre champ?

YOHANNES KELILE:
J’utilise l’Aybar BBM, une charrue servant à ériger des billons et tracer des sillons. Je l’ai acheté il y a trois ans, car elle est pratique pour les terrains engorgés. Elle permet également de réduire les frais de main-d’œuvre. Le labour se fait plus rapidement et facilement avec cet outil.

Avant, je devais recruter 30 personnes pour labourer un hectare de terre, et je versais à chacune d’elle 100 birr [4,25 $US] par jour. Mais, maintenant, il me faut juste une personne pour m’aider pendant une journée, chaque fois que je veux labourer.

ANIMATEUR:
L’Aybar est une billonneuse améliorée servant à ériger des billons élargis et tracer des sillons, qui a été fabriquée en Éthiopie pour résoudre le problème de terrains engorgés dans le pays. Cette charrue trace des sillons qui permettent de drainer l’eau des champs. L’Aybar BBM vous a-t-elle coûté cher, Yohannes?

YOHANNES KELILE:
Non, je ne pense pas. Ça coûte 193 birr [8,20 $US].

ANIMATEUR:
C’est presque la période de semis. Quelle variété de fèveroles allez-vous semer?

YOHANNES KELILE:
Je vais semer une variété locale, et utiliserai des semences que j’ai conservées de la récolte de l’an dernier. S’il m’en manque, j’en achèterai. Mais j’échange aussi mes semences avec d’autres agriculteurs.

NEGESSE WOLDEMARIAM:
Beaucoup d’agriculteurs font des échanges de semences. De cette façon, si leurs semences sont bonnes pour les terrains engorgés d’eau, mais qu’ils cultivent sur un sol non engorgé, ils peuvent faire un échange avec des agriculteurs pour avoir des variétés mieux adaptées à leurs sols.

Dans cette région, la qualité des sols varie d’un endroit à l’autre. Les terrains situés sur les collines, à plus haute altitude, auront des types de sols différents de ceux des terrains localisés plus bas ou dans la vallée. Les producteurs de cette région possèdent des terrains dans chacune de ces différentes zones, plutôt qu’à seul endroit.

ANIMATEUR:
Cela complique davantage leur travail, surtout si les agriculteurs doivent transporter leurs charrues d’un terrain à l’autre?

NEGESSE WOLDEMARIAM:
Ça fait que certaines choses demandent beaucoup de travail, mais la charrue a ses avantages, car certaines régions sont plus susceptibles de recevoir de la pluie, ou d’avoir différents types de sols.

ANIMATEUR:
Alors, Yohannes, quand viendra le temps de semer, comment sèmerez-vous vos graines?

YOHANNES KELILE:
Comme j’utilise l’Aybar BBM qui érige des billons élargis, je vais semer à la volée.

ANIMATEUR:
Eh bien! Bonne chance, monsieur.

Bienvenue à madame Askale Kasaye, une autre agricultrice de la circonscription de Bakelo. Vous avez apporté votre contribution à l’émission agricole sur les fèveroles que diffuse Fana FM, en Éthiopie. Quels conseils prodiguez-vous aux cultivateurs de fèveroles?

ASKALE KASAYE:
Alors, tout d’abord, autrefois, nous labourions le champ une fois le champ puis semions à la volée. Mais j’ai suivi une formation avec le bureau agricole, donc je sais qu’il est important de labourer trois fois. Il est nécessaire de labourer trois fois pour éliminer les maladies, les mauvaises herbes et les organismes nuisibles. J’ai également expliqué aux radiodiffuseurs et aux radiodiffuseuses comment fabriquer du fumier de compost.

ANIMATEUR:
En ce qui concerne le labourage, utilisez-vous aussi l’Aybar BBM, la nouvelle charrue qui érige des billons élargis et trace des sillons, et qui est utilisée en Éthiopie?

ASKALE KASAYE:
Non, j’utilise une charrue traditionnelle, mais en écoutant Yohannes, il semble qu’on fait plus d’économies avec l’Aybar. Nous devons engager cinq personnes pour nous aider à labourer le terrain engorgé afin de drainer l’eau. Par conséquent, l’Aybar pourrait nous faire économiser de l’argent.

ANIMATEUR:
Semez-vous également à la volée?

ASKALE KASAYE:
Non, je vais semer en lignes sur mon champ d’un quart d’hectare cette saison, et ce, même s’il s’agit de la première saison où je vais semer en lignes.

ANIMATEUR:
Quelles mesures devez-vous utiliser pour semer la fèverole en ligne?

NEGESSE WOLDEMARIAM:
Les agriculteurs doivent semer dans des lignes espacées les unes des autres de 40 centimètres, et il doit avoir un espace de 20 centimètres entre les plants.

ASKALE KASAYE:
Je peux mesurer cela facilement à la main, car 20 centimètres c’est à peu près la distance entre l’extrémité de mon pouce et l’extrémité de mon index lorsque mon pouce et mon index forment un «L». Quand nous procèderons au troisième labour, je suivrai derrière la charrue, et je laisserai tomber les graines. Je vais mesurer pour les premières semences, mais à terme je suis certaine que je serai capable d’évaluer la distance. À la fin de la ligne, quand on tournera pour labourer la prochaine ligne, la charrue repoussera la terre par-dessus les semences se trouvant dans la ligne précédente.

ANIMATEUR:
Monsieur Woldemariam, les semis à la volée et les semis en lignes sont-ils efficaces pour les fèveroles?

NEGESSE WOLDEMARIAM:
Certains agriculteurs utilisent l’Aybar BBM, et, par conséquent, ils ne peuvent pas semer en lignes. Cependant, cette charrue est une bonne solution pour les champs engorgés. D’autres cultivateurs sèment en lignes, et cela augmente la quantité de la récolte.

ANIMATEUR:
Madame Kasaye, expliquez-moi davantage la façon dont vous fabriquez le fumier de compost.

ASKALE KASAYE:
Je creuse une fosse qui mesure quatre mètres sur quatre. À l’intérieur, je mets des résidus de cultures, des restes de fourrage et des feuilles. J’ajoute également de la bouse de vache, et j’arrose le tout chaque jour, et ce, pendant 15 jours. Puis je remue le mélange de temps en temps.

ANIMATEUR:
À quel moment commencez-vous à fabriquer le compost?

ASKALE KASAYE:
Je ne veux pas qu’il perde ses éléments nutritifs, donc je commence en fin février ou vers début mars, et je le conserve pendant trois mois seulement. Je le répands dans le champ premièrement juste avant le troisième labour, pour que lorsque nous labourerons, il se mélange à la terre.

ANIMATEUR:
Monsieur Woldemariam, existe-t-il d’autres pratiques que les agriculteurs doivent adopter pour s’assurer que leurs sols soient bien fertiles pour les fèveroles?

NEGESSE WOLDEMARIAM:
Les agriculteurs de cette région font tout ce qu’ils peuvent pour améliorer la fertilité de leurs sols. Lorsqu’ils cultivent le blé et l’orge, ils utilisent des engrais chimiques comme le NPS et l’urée. Le NPS est un mélange d’azote, de phosphore et de soufre.

Pour la fèverole, les cultivateurs utilisent du fumier de compost, du NPS et des inoculants. Dans d’autres localités du pays, les agriculteurs utilisent également de l’engrais de mélange qui est un engrais mélangé en particulier pour les besoins des sols de leurs régions. Les agriculteurs d’ici ont entendu parler de l’engrais de mélange et ils veulent s’en servir, mais il n’y en a pas pour l’instant.

Ces agriculteurs sont bien sensibilisés par rapport aux pratiques agricoles et ont diverses activités, y compris l’élevage de vaches laitières, le maraîchage irrigué, ainsi que la rotation de l’orge, du blé, des pois et du haricot, dont ils ont entendu parlé. Je pense qu’ils s’en sortent bien.

ANIMATEUR:
Bien, merci à tous d’avoir partagé vos connaissances. Je vous souhaite le meilleur pour la saison de fèverole.

Acknowledgements

Rédaction : Kathryn Burnham, coordonnatrice de la production, la distribution et l’évaluation, RRI
Révision : Mlesse Temesgen, directeur général, Aybar Engineering PLC, Addis-Abeba, Éthiopie

Information Sources

Interviews réalisées avec :

Yohannes Kelile, agriculteur de la circonscription de Bakelo Région d’Amhara, 9 juin 2017
Askale Kasaye, agricultrice de la circonscription de Bakelo, région d’Amhara, 9 juin 2017
Beyene Eshete, agriculteur de la circonscription de Bakelo, région d’Amhara, 9 juin 2017
Negesse Woldemariam, agent de développement de la circonscription de Bakelo, Région Amhara, 9 juin 2017
Tefera Gonfa, circonscription de Fodu Gora, région d’Oromia, 12 juin 2017
Dawit Getahun, agent de développement de la circonscription de Fodu Gora, région d’Oromia, 12 juin 2017

Le présent texte radiophonique a été produit avec l’appui de la Bill & Melinda Gates Foundation dans le cadre du projet Staples en Éthiopie.